Bonjour !

Hé j'ai pas mis si longtemps cette fois hein ? Et je sais pas si vous avez remarqué mais j'essaie des faire des chapitres de plus en plus long :)

J'ai aussi eu une petite idée en fait, ce serait de vous faire un chapitre bonus et je dis bien bonus ! Un truc qui n'aura rien à voir avec le chapitre en cours hein. Mais comme je voulais que ce soit quelque chose spécialement pour vous chers lecteurs (je suis trop sympa ^^) c'est VOUS qui choisirez de quoi ça parle. Si ça vous intéresse envoyez moi un message ou alors dites-le dans les reviews.

Bonne lecture !


Le look Izou ? J'adhère !

Mon bras se tenait au-dessus de l'océan, dans la paume de ma main le fruit des ténèbres. Teach ne parvenait plus à réfléchir. Il aurait bien tenté la force, je n'en doute pas une seconde mais il savait ce qui se passerait alors. Ses expressions faciales se mélangeaient, de la colère au désespoir il n'y avait plus qu'une fraction de seconde. Tous ses rêves surréalistes devaient sûrement reposer dans ce simple fruit qui n'avait pour moi pas plus de valeur que ma première console de jeux. Mais malgré tout, je n'arrivais pas à ressentir pitié pour lui, à cause de ce qu'il m'a fait, à moi et à eux. Il s'avança d'un pas tremblant, puis deux. Je desserrai ma poigne sur le petit objet violet.

-Je te donnerais tout ce que tu voudras ! Absolument tout ! hurla le pirate par-dessus le bruissement des vagues.

-…

Tout ce que je veux ? C'est la phrase la persuasive que j'ai jamais entendue. Mais au final, qu'est-ce que je veux vraiment ? Autrefois je le savais, mais aujourd'hui ce vœu ne m'est d'aucune utilité. Une boule d'angoisse commençait à se former au creux de ma gorge, je me sentais de plus en plus mal. Le visage de Teach se déforma en une affreuse grimace, mon bras se mit à trembler dangereusement.

-Assez joué ! Maintenant tu vas me le donner ou je t'écrase gamine ! me menaça le gorille en posant une main sur le pistolet à sa ceinture.

Je ferma mes paupières un court instant, le temps de peser le pour et le contre. Mon bras se replia un peu, je ramenai le fruit vers moi tandis que Teach sortait son pistolet, prêt à tirer. Une petite larme roula sur ma joue même si je ne sais pas bien pourquoi. C'est bête puisque je suis déjà morte donc logiquement, je ne devrais pas avoir peur. Et pourtant si, la mort m'effraie comme elle le fait pour n'importe lequel des mortels. Je pouvais presque entendre mon cœur battre, accompagné du son des vagues… J'attendis un peu, sans savoir ce que j'attendais à vrai dire. Curieuse, j'ouvris un œil et vis à ma grande surprise que Teach rangeai son arme avec un grand sourire. Il me chuchota quelques mots.

-Toi c'est ton jour de chance… ou pas.

Je ne compris pas très bien ce qu'il voulait dire par là. Des bruits de pas nous interrompirent alors, je posa instinctivement le fruit des ténèbres contre moi tandis que le sourire de Teach s'accentua encore en voyant cet homme débarquer. Le nouvel arrivant fronça ses sourcils devant cette scène. Une étincelle passa dans le regard de Teach, qui vint alors près du blond.

-Bonjour Marco, tu te demandes sûrement ce qui se passe non ?

-Oui… murmura-t-il calmement sans me lâcher du regard une seule seconde.

Le brun croisa les bras sur sa poitrine toute recouverte de poils.

-Je me baladais tranquillement quand je l'ai surprise ici, elle était sur le point de manger ce fruit du démon et si je ne me trompe pas c'est bien Thatch qui l'a trouvé tout à l'heure, m'accusa le gorille en pointant du doigt le petit objet pourpre dans mes mains. J'ignore comment elle a réussi à le lui voler mais c'est interdit non ?

Nan mais quel bâtard… Je rageai intérieurement bien que ce qu'il a dit soit à peu près la vérité. Marco parut affreusement déçu lorsqu'il planta ses yeux noisette dans les miens.

-C'est exact Teach, « ce que l'on trouve nous appartient de droit ». Mot pour mot ce sont nos règles et les paroles de Père.

Le blond s'approcha lentement de moi.

-Tu sais, je commençais à croire que Izou ne s'était peut-être pas trompé sur toi mais on dirait bien que tu as failli réussir ton coup… nous sommes tous tombés dans le panneau, je te félicite, articula-t-il très lentement, un faux sourire très blessant sur son visage.

Je me sentais mal à l'aise vis-à-vis de ses paroles. Marco sortit des menottes en fer de sa poche et, sans me laisser le temps de protester, les refermait sur mes mains. J'essaya immédiatement de les retirer mais cela ne faisait que me blesser encore plus. Le fruit des ténèbres roula au sol, sous l'œil avide de Teach. Marco le ramassa et le rangea dans la poche de son pantalon tandis que je me débattais contre le fer sur mes poignets.

-Enlève-moi ça ! Je n'ai rien fait de mal ! Je te le jure Marco !

-Je ne crois que ce que je vois. Tu tenais le fruit de Thatch dans tes mains, c'est une assez bonne preuve pour que l'on t'enferme.

-Noooon ! Appelle Izou, il connaît la vérité !

-Et je le connais, il ne dira rien contre toi s'il est convaincu de ton innocence. Je ne veux pas courir ce risque, maintenant tais-toi et avance.

Sa voix glaciale me fit froid dans le dos, il n'a jamais été ainsi avec moi. Le blond posa une main ferme sur mon épaule et la poussa sans retenue pour me forcer à marcher. Il me fit descendre à l'intérieur du navire, là où étaient installées toutes les cellules. Marco sortit un trousseau de clé et en ouvrit une. Il me poussa à l'intérieur et referma la porte de barreaux de fer devant moi. Le commandant de la première division me lança un triste regard.

-Parce qu'Izou tient à toi… j'espère que Teach s'est trompé.

Et il repartit silencieusement. Le bruit de ses pas dans l'escalier combla le vide qui s'en suivit. Je m'assis contre un de ces quatre murs de pierre grise. Je me sentais exactement comme mon premier jour ici. Personne ne voulait entendre ce que j'avais à dire, on ne me croyait pas et je devais tout subir, sans jamais pouvoir vraiment m'exprimer. Izou, lui, il ne m'a jamais traitée de cette façon. Il me manque…

Une larme roula sur mon visage, jusqu'à tomber sur le sol en pierre. J'en laissai couler une deuxième et consciente que personne ne pourrait me voir pleurer, d'autres larmes suivirent le même chemin. Je voudrais tellement le voir, qu'il me réconforte comme toujours et s'occupe de moi comme d'une enfant. D'habitude je m'en plains sans cesse mais là, je sens que c'est la seule chose dont j'ai vraiment besoin. Un frisson me parcourut, je me recroquevillai dans un coin de ma petite prison. Ma main menottée passa doucement sous mes yeux rougis de larmes salées et je laissai ma tête retomber faiblement sur mes genoux. Quand je veux quelque chose, je n'abandonne pas facilement mais là il vaut mieux que j'arrête… tout ce que je voulais c'était me tirer d'ici. J'en peux plus de cette situation, ça me met mal à l'aise de devoir toujours craindre pour ma vie en permanence.

Dans le monde normal, quand on s'endort, on ne se demande même pas si le lendemain on reverra la lumière du jour. Et pourtant ici c'est la question que je me pose tout le temps, parce que je ne sais même pas comment j'ai pu atterrir ici et que je ne sais absolument pas quand ce cauchemar sera enfin terminé. Mon seul réconfort a été cet étrange travesti. Avec lui au moins j'avais l'espoir, mais on me l'a enlevé. Je me remis inconsciemment à pleurer comme une idiote, ça me donne l'impression d'être comme Nelly, je pleurs pour tout et n'importe quoi. Mais elle, elle a Marco qui la soutient dans ses caprices d'enfant. Ce n'est pas une critique, moi aussi je fais souvent des caprices à Izou pour qu'il me donne ce que je veux mais je ne suis jamais allé jusqu'à verser des larmes devant lui. Finalement je l'apprécie bien cette petite pile électrique à forte tension. Je soupirai bruyamment en faisant basculer ma tête contre le mur froid de la cellule. Mes paupières se fermèrent doucement et pour me détendre, je me mis en tête la ferme idée que si on m'avait juste filé un ou deux paquets de cigarettes et quelques plantes vertes, tout irait mieux. Vraiment mieux.

Deux pirates étaient postés devant l'escalier de pierre, au bout du couloir. Ils étaient jumeaux mais seulement de visage car l'un était blond aux yeux verts forêt et l'autre châtain avec des yeux bleu comme le ciel. Chacun possédait un long sabre à la ceinture et n'hésiterait pas à s'en servir si on prenait en compte le sérieux sur leurs visages fins. Les jumeaux se braquèrent soudainement, posant une main sur leur arme, en entendant les pas du commandant. Ils se détendirent lorsqu'ils reconnurent cette silhouette en kimono. Le travesti s'approcha d'eux.

-Je dois lui parler.

-Désolé commandant Izou mais… commença le blond.

-Sans l'autorisation de Père… poursuivit le brun.

-On ne passe pas, finit son jumeau.

L'homme en kimono soupira avant de rebrousser chemin dans le silence le plus total. Troisième tentative échouée. Mais il avait bien d'autres solutions… il n'allait sûrement pas la laisser tomber, pas après ça. Parce que sans même qu'il s'en rende compte, elle avait fait énormément de choses pour lui et jamais il ne l'avait remercié comme il se doit. Le brun sentit une boule lui tenailler le ventre mais il entra tout dans la gigantesque salle où un vieil homme d'une taille plus qu'imposante se reposait sur un trône. Une longue moustache blanche en forme de croissant de lune couvrait un peu le faible sourire qu'affichait le vieillard.

-Je me doutais bien que tu allais revenir mon fils mais nous en avons déjà discuté, il me faut des preuves pour agir.

-Mais Père, je vous en prie ! Eris n'a jamais menti, elle vient vraiment d'un autre monde et même si cela semble stupide c'est la vérité. Elle savait ce qui allait arriver, c'est pour cela qu'elle a agit de façon si étrange mais ce n'était en rien contre nous je vous l'assure. Elle… s'est juste retrouvée au mauvais endroit au mauvais moment et Teach en a profité. Tout le monde pense qu'elle m'a influencée Père, je ne dirais pas non là-dessus, c'est d'ailleurs bien pour cela que je prends sa défense mais si je le fais c'est parce qu'elle a toujours été honnête avec nous, sans jamais mentir sur ses intentions. Père, nous nous efforçons de respecter le code d'honneur du Moby Dick mais n'y a-t-il pas écrit aussi que nous devions faire confiance à ceux qui compte pour nous et ce peu importe la situation ?

L'Empereur hocha la tête en signe d'approbation bien que ce ne soit pas tout à fait le cas.

-C'est exact. Et le code d'honneur s'applique particulièrement dans ces moments-là. Si je pouvais écouter ta seule parole mon fils cela m'arrangerait mais malheureusement il me faut une preuve de son innocence.

-Je… je pense en avoir une, murmura timidement le travesti. Ce n'est pas grand-chose Père mais pour elle ça avait de l'importance, donc je l'ai gardé.

-Montre-moi ça.

Le travesti plongea sa main dans son kimono et en ressortit un fin rectangle noir dont la coque miroitait sous la lumière. Au dos de l'appareil, il y avait une petite pomme grise dont une partie avait été croquée. Le brun tendit l'étrange objet au géant qui le prit tout en douceur dans sa grande main, faisant très attention à ne pas briser le briser par inadvertance.

-Eris appelait ça un téléphone, c'est grâce à ce petit rectangle qu'ils arrivent à communiquer entre eux dans son monde. J'imagine que c'est l'équivalent d'un escargophone pour nous.

-Que cette gamine vienne d'un autre monde, ça je veux bien le croire mais qu'est-ce qui nous prouve qu'elle connaissait le futur pour oser agir de cette façon ? Tout repose là-dessus mon fils.

-Redonnez-le moi Père, je vais vous montrer ce qu'il y a de plus étonnant avec cet appareil.

Le brun reprit le téléphone et appuya sur un petit bouton noir, l'écran produit une lumière blanche et tapa un code qu'il connaissait maintenant par cœur. Le vieillard haussa un sourcil curieux en voyant son fils esquisser un sourire d'enfant devant cette technologie inconnue. Izou retourna alors l'écran vers son capitaine, tout fier de lui.

-Regardez Père, j'ai trouvé la messagerie !

-Oui, je vois ça…

Il soupira avec un faible sourire en coin, ses enfants ne cesseront jamais de le surprendre. Izou reprit son sérieux et retourna encore l'appareil mais pour montrer une image cette fois-ci. L'Empereur ouvrit de grands yeux, visiblement plutôt surpris. Le fameuse image que lui montrait le travesti se trouvait être une photo d'Ace… sur un lit… en petit caleçon. Le brun fit ensuite défiler tout un tas d'images compromettantes et même s'il y en avait aussi un bon paquet sur lui, ça ne le dérangeait pas plus que ça puisque la majorité ne faisait que flatter sa belle silhouette.

-Mais qu'est-ce que…

-Je sais Père, il y en a encore plein d'autres mais j'imagine que c'est suffisant.

-C'est… censé être une preuve ?

-Hé bien, ça montre qu'elle nous connaissait bien avant que nous on ne la connaisse, ce qui veut dire qu'elle connaît bien évidemment le futur. Et elle nous l'a prouvé en prenant le fruit des ténèbres à Thatch pour épargner sa vie, lui expliqua-t-il, très sûr de ce qu'il faisait. Je reconnais que Eris n'a pas toujours été très respectueuse ou aimable mais jamais elle n'a pensé à nous nuire de quelque façon.

-Fils, je te crois… enlève cette chose de ma vue à présent.

Le géant soupira, il se disait qu'il allait vraiment très compliqué lui d'oublier toutes ces… choses. Izou, quant à lui, se sentait soulagé d'un poids. Deux jours qu'il faisait de son mieux et s'efforçait de chercher la moindre preuve capable de l'aider un minimum dans son enquête. Il ne pensait pas que ce petit rectangle noir qu'il avait trouvé dans ses vêtements serait son dernier recours. Au final, il était bien content que son Père soit presque en accord avec son hypothèse, son dernier problème restait encore et toujours les autres commandants.

Déjà que le comportement de la brune ne leur avait pas plu, maintenant ils devaient choisir entre un de leurs frères et une inconnue accro de cigarettes qui se trouvait en plus être un cauchemar vivant. Le choix était vite fait. Le travesti soupira en y repensant… C'est dans ses moments-là qu'il aimerait être quelqu'un de tout à fait normal et avec une profession qui respecte ces fichues lois. Il en viendrait même à se demander ce qu'il lui a pris ce jour-là où tout a disjoncté dans sa tête, ce jour où il a sauté sur le Moby Dick comme si c'était son dernier espoir de survie. Non il ne regrette pas évidemment, sinon il ne serait pas resté mais là… il se rend compte à quel point les gens normaux ont de la chance. La chance de vivre nous appartient tous, mais à nous de choisir ce qu'on en fera.

Il faisait froid et chaque son résonnait entre ces quatre murs de pierre. Je ne relevai même pas mon visage en entendant ses pas que je pouvais désormais reconnaître entre mille. Si l'on ne faisait pas attention à ma poitrine qui se soulevait à un rythme régulier, n'importe qui croirait avoir en face de lui une femme morte. Je restai immobile, tête baissée et genoux repliés contre moi. Sa gigantesque ombre se plaça devant moi, implacable et menaçante.

-Ce petit séjour devrait te remettre les idées en place tu ne crois pas ? Je t'avais bien dis de ne pas jouer à ce petit jeu gamine, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même.

-La ferme…

-Ils sont allés jusqu'à t'enfermer ici ? Tu dois vraiment les effrayer ma parole ! ricana-t-il.

-La ferme !

Je me dressai soudainement sur mes jambes avec le peu de force qu'il me restait mais ce n'était pas assez, je m'écroulai contre le mur. Le pirate posa une main sur l'un des barreaux de fer qui nous séparait.

-Ce que tu peux être faible, j'ai presque pitié. Et maintenant si on parlait de ton cher Izou toi et moi ? Je me demandais si je devais le laisser vivre, me menaça-t-il en croisant les bras sur son torse très poilu.

-Me cause pas, tu empestes…

-Attention à tes paroles, si t'es encore en vie c'est uniquement parce qu'il a convaincu le Paternel de mener une enquête mais comme il n'a pas le droit d'intervenir c'est Marco qui s'en charge.

Je soupirai d'épuisement en haussant mes épaules. Ils sont toujours en train de tourner autour du pot dans ce monde, ça me soûle !

-Je sais déjà tout ça, viens en à l'essentiel !

-Izou me paraissait un peu trop joyeux aujourd'hui alors que ça fait quand même trois semaines qu'il déprime. J'en ai conclu qu'il avait trouvé quelque chose mais ne t'inquiète pas gamine, pour l'instant je ne m'occuperais pas de son cas même si ça ne saurait tarder.

-Touches à un seul de ses cheveux et je te le ferais regretter ! criai-je en serrant mes poings menottés.

Il eut un rictus sadique, je déglutis difficilement.

-Garde ta salive pour les interrogatoires et crois-moi ils vont pas te lâcher avec ça ! Zehahaha !

-Mais tu vas fermer ta gueule ouais ?!

Teach soupira bruyamment, poings sur les hanches. Ses yeux dérivèrent de droite à gauche d'un air méfiant puis, il sortit deux petites clés de sa poche et me les balança avec un sourire malicieux.

-J'ai encore besoin de toi gamine, c'est uniquement pour ça que je t'aide.

Il détala immédiatement, laissant devant moi un dilemme affreux. Saisir ma chance tout de suite ou attendre que l'on m'innocente ? Et merde… Je me servis de mes jambes pour ramener l'une des clés à mes mains. Je la pris entre mes dents et l'inséra dans les menottes à mes poignets. Les deux cercles de fer qui m'emprisonnaient tombèrent au sol en un délicieux cliquetis qui m'arracha un soupir de soulagement. Je m'étiras comme un chaton et pris l'autre pour la porte de ma cellule. Et vive la liberté ! Ah ben non y a encore les gardes… et le truc c'est que j'ai jamais assommé quelqu'un. Bon, si y a un truc qui marche à tous les coups c'est bien de passer en mode incognito alors on va tenter ça.

Je monta lentement les escaliers de pierre, la boule au ventre, et constata qu'il n'y avait personne dans les couloirs. Je me raclai la gorge au cas où et essaya même de tapoter le sol du pied mais non, il n'y avait vraiment personne et autant pour moi d'ailleurs. Je sautilla gaiement dans tout le couloir et m'arrêta devant la porte qui allait me conduire au pont du Moby Dick, là où je serais facilement repérée. Ce n'est vraiment pas simple de jouer les agents secrets en fait mais j'ai une solution ! Tous les jours on m'apportait de nouveaux vêtements et heureusement pour moi, aujourd'hui c'était une paire de ballerines une robe noire plissée en bas comme une jupe et qui s'arrêtait juste au-dessus du genou.

Je jeta les petites chaussures derrière moi et arracha une longue bande de tissu à la robe ce qui raccourcit considérablement l'habit, qui se terminait maintenant juste en dessous de mes fesses. J'enroula le tissu noir sur ma tête comme châle et ouvris la porte. La lumière aveuglante du jour m'éblouit un peu mais je me repris vite, je n'ai pas de temps à perdre. Des tas d'hommes se baladaient sur le pont, discutaient avec les infirmières ou pêchaient tranquillement derrière la rambarde du bateau. Mes pieds ne faisaient pas le moindre bruit. Je courus discrètement me plaquer contre le mur le plus proche, que je longeai jusqu'à une petite porte.

Je l'ouvris sans toquer et me glissa à l'intérieur de la pièce telle une ombre avec un soupir de soulagement. Je vis un grand homme aux longs cheveux noirs, qui était en train d'appliquer du fond de teint sur un visage qui frôlait de peu la perfection. Il était assis devant une belle coiffeuse, avec tous ses produits de cosmétique à portée de main. En m'entendant claquer la porte derrière moi, il eut le réflexe de se retourner à la vitesse de l'éclair pour pointer son pistolet à silex vers ma tête. Je levai mes mains en l'air avec un faible sourire.

-Yo Izou ! Tu peux ranger ça, on est pas encore dans The Walking Dead hein !

-E… Eris ? bégaya-t-il les yeux ronds, bouche bée.

-Nan c'est le Père Noël et là je t'apportes un petit cadeau du trou paumé où j'ai passé trois semaines.

Le brun abaissa lentement son pistolet, toujours bouche ouverte comme s'il n'arrivait pas à y croire. Il rangea son arme et couru me prendre dans ses bras. Je crus bien frôler l'asphyxie tellement il me serrait fort. Le travesti relâcha un peu son étreinte pour embrasser ma joue et caresser mes cheveux comme si j'allais disparaître d'une minute à l'autre.

-Je ne peux même pas te dire à quel point j'ai eu peur pour toi, soupira-t-il, visiblement soulagé de me voir en un seul morceau.

-Héhé ! C'est plutôt cool d'être de retour chez les gens normaux parce qu'être enchaînée comme une malade c'est vraiment pas ce qu'y a de mieux !

-J'imagine oui. Allez, il faut que tu me raconte ce qu'il s'est passé pour qu'ils te laissent enfin sortir ! reprit-il gaiement en tenant mes deux mains dans les siennes.

Ma bouche se tordit en une petite grimace assez dérangée. Pourquoi il a posé la question… Je laissa un blanc d'une minute, durant lequel son sourire se décomposa, puis je me décida à lui répondre par la vérité.

-En fait c'est Teach. Il m'a donné les clés pour sortir alors j'ai saisi l'occasion…

Je me reculai un peu en voyant que Izou commençait à ressembler à une bombe à retardement. Et la bombe explosa.

-Nan mais tu te fous de ma gueule ?!

-Hé ?

Le travesti se passa une main sur le visage, complètement désespéré.

-A ton avis… qui entre un innocent et un coupable s'enfuirait de prison ? Dépêche-toi de répondre j'ai des envies de meurtres…

-Ben le coupable puisque l'innocent n'a rien à se reprocher ! répondis-je, toute joyeuse.

-Alors pourquoi t'as fait ça ?! Si jamais quelqu'un te voit tu es fichue et moi aussi !

Il me donna une grande tape derrière la tête, j'eus une grimace douloureuse et lui tira la langue.

-Mais je ne savais pas moi ! Je voulais juste venir te voir ! me défendis-je en boudant.

-Ecoute, ce matin j'ai réussi à prouver à Père que tu venais bien d'un autre monde en lui montrant les photos du téléphone alors il ne faudrait pas tout gâcher maintenant.

J'ignorais qu'il m'avait chipé mon phone ! Mais bon, si ça peut aider… J'espère que le vieux a pas frôlé la crise cardiaque devant les photos parce qu'y en avait des olé olé quoi. Nous faisant sursauter tous les deux, quelqu'un toqua à la porte. Izou attrapa mon poignet et me fourra dans son placard, me coinçant les doigts dans la porte dans la précipitation. Je poussai un petit cri de douleur, il était appuyé contre la porte du placard. Mais dégage de cette porte purée, tu vas me briser les doigts ! J'entendis alors des bruits de pas puis la voix familière de cet ananas ambulant.

-Bonjour Izou, je t'ai entendu crier alors je venais voir si tu allais bien.

-Ahahaha… évidement, pourquoi ça n'irait pas ?

Le rire nerveux du brun mit la puce à l'oreille de Marco. Il s'approcha un peu du travesti qui restait dos plaqué contre l'armoire.

-Izou, il y a trois doigts qui dépassent de ton meuble, constata calmement le blond.

-Des doigts ? Non je ne vois pas… pas du tout de quoi tu parles !

-Si, il y a vraiment des doigts.

Je criai de toutes mes forces lorsque Izou s'appuya un peu plus contre la porte. La surprise le fit lâcher la porte. Je tombai brusquement par terre sous le regard suspicieux de Marco et la grimace exaspérée d'Izou qui était au bout de sa vie.

-Wesh Marco, bien ou bien ?

-C'est quoi ce crique ? nous demanda le blond en croisant les bras sur son torse.

Izou se hâta de lui expliquer la situation et le piège dans lequel j'étais tombée avant qu'il ne s'imagine autre chose. Je me releva du parquet, qui était loin d'être confortable, et partis rejoindre la conversation très sérieuse des deux hommes.

-Et si je piégeais Teach à mon tour pour vous prouver que j'ai pas menti ? leur proposai-je avec un mignon sourire.

-Eris je pense que tu as déjà assez de problèmes pour… attends, qu'est-ce que tu viens de dire ? demanda Izou en fronçant ses sourcils.

-Ben tu m'y a fais penser tout à l'heure en fait. J'avais complètement oublié qu'avec mon téléphone je pouvais aussi enregistrer les conversations.

Les deux hommes se consultèrent du regard un court instant puis finirent par se mettre d'accord d'un simple hochement de tête singulier. Marco me lança un regard assez satisfait.

-Bien, nous venons d'élaborer un plan.

Un plan en vous regardant juste dans les yeux, il se fout pas de ma gueule lui… Le commandant poursuivit.

-Tu vas discuter avec Teach, lui faire dire tout ce qui pourrait t'innocenter et faire de lui le coupable si c'est la vérité mais attention, il ne doit se douter de rien et en cas de problème, Izou aura exceptionnellement le droit d'intervenir. Par contre, il faut que vous le fassiez maintenant puisque les gardes vérifient toutes les deux heures que tu es bien dans ta cellule Eris.

Je lui fis un sourire très confiant tandis que Izou, lui, était limite en train de se ronger les ongles pour se retenir de m'étrangler.

-Pas de souci avec les gardes ils ont disparus ! Je crois que c'est Teach qu'a fait ça pour que je puisse m'échapper no problemo !

-Alors je vous laisse faire tous les deux mais attention, je ne voudrais pas que ça me retombe dessus.

-Merci Marco, on va essayer ça tout de suite, soupira le travesti.

Le blond nous lança un signe de tête comme salut avant de refermer la porte derrière lui. A peine était-il parti que Izou me saisit par les épaule set me secoua comme un punching ball.

-Toi ! Refais un truc de travers et je te noierais dans la salle de bain !

-Compris…

Il se laissa tomber mollement sur son lit et posa les coudes sur ses genoux, l'air de réfléchir sérieusement.

-Tu sais te servir d'un escargophone ?

-Hé ! Je te rappelle que je suis une fan de votre monde, évidemment que je sais le faire !

-Autant pour moi. On va procéder à l'aide de bébés escargophones, tu ne dois le perdre en aucun cas, on est bien d'accord ?

-Je suis pas une catastrophe ambulante hein…

-C'est tout comme, rétorqua-t-il calmement avant de poursuivre ses instructions. C'est moi qui t'appellerais pour te dire quoi faire mais toi Eris, tu ne dois m'appeler qu'en cas d'urgence. Je vais te donner celui-là.

Il sortit d'un tiroir un petit escargot gris pâle qui avait une forte ressemblance avec Izou. L'animal portait du rouge à lèvre vif, avait deux petites pommettes bien marquées et sa coquille avait les mêmes couleurs que le kimono du travesti.

-Trop mignon ! On dirait un mini-toi ! m'exclamai-je en serrant la bestiole contre ma poitrine.

-Si tu veux… marmonna le brun, pas plus flatté que ça.

Je m'assis sur le lit, juste à côté d'Izou, en ricanant face aux grimaces et mimiques que faisait le bébé escargophone. Le travesti soupira, un peu agacé.

-Dépêche-toi de le ranger quelque part avant de le perdre !

Je lui offris une mine boudeuse avant de poser l'animal sur mes genoux et retirer le tissu noir sur ma tête dans lequel j'enveloppai délicatement l'escargot. J'attachai ensuite la bande de tissu autour de ma taille, ce qui me donna comme une petite sacoche très discrète sur le côté. Le travesti tourna négativement sa tête de droite à gauche avec un sourire malicieux.

-J'ai une bien meilleure idée…

-Oh, c'est quoi ?

-Quelle chance que tu ai des cheveux comme les miens… poursuivit-il avec ce même sourire étrange.

On me traite de folle mais faudrait plutôt regarder ce genre de type ! Il est complètement malade de vouloir faire ça ! Je tiendrais pas une seule seconde dehors !

-Je refuse ! Impossible que ça fonctionne !

-Et tu crois que ça me fait plaisir de donner mon boulot à une inconsciente comme toi ? Tu devrais te sentir honorée au lieu de t'en plaindre !

-Bon… ok.

Un grand sourire malveillant apparut soudainement sur son visage. Le diable en personne, il n'attendait que ça. Le brun se leva en vitesse et sortit en deux temps trois mouvements un kimono comme le sien, des bandages et une trousse de cosmétique. J'eus une grimace dégoûtée rien qu'en pensant au résultat. Bref, la vision d'horreur quoi. Izou me poussa vers la salle de bain avec les vêtements identiques à ceux qu'il portait et les bandages.

-Va vite te changer, je t'attends là.

-J'ai l'impression de courir vers la mort.

-Et moi donc, file !

J'obéis et ferma la porte derrière moi en soupirant. La petite robe noire tomba à mes pieds, je déposai le bébé escargophone sur le lavabo avant de compresser ma poitrine à l'aide des bandages. J'étouffe et je me sens plus plate que je ne le suis à côté de ces infirmières à pastèques, c'est génial. Le kimono qu'il m'avait donné était exactement comme le sien, rose pâle avec un col violet comme celui d'une chemise. Je l'enfilai en faisant attention à ce qu'il cache bien ma poitrine avant d'attacher un grand tissu rouge à petites taches noires autour de ma taille. C'est vraiment bizarre de m'habiller comme lui…

J'ouvris la porte de la salle de bain. Les yeux du brun s'écarquillèrent de surprise et pourtant il ne dit rien, ce qui m'inquiéta un peu. Sans même me laisser le temps de réfléchir, le travesti me força à m'asseoir sur une chaise et commença à me maquiller après m'avoir faite la même queue de cheval que lui. Je me laissa faire bien que je n'ai jamais apprécié porter du rouge à lèvre. Le fond de teint me ne dérangeait pas du tout alors il y ajouta aussi du fard à joue pour changer un peu la forme de mon visage et du crayon à sourcil. Là je commence à me sentir comme un vrai pot de peinture mais bon, ma vie en dépend. Izou recula brusquement, comme s'il était choqué.

-Ben quoi ?

-C'est… incroyable. Il faut que tu voies ça !

Il attrapa mon bras et me ramena dans la salle de bain, face au grand miroir. J'étais bouche bée devant ce… ce spectacle ! Même Izou n'arrivait pas y croire : j'étais devenue la copie conforme d'un commandant de Barbe Blanche. Le travesti enroula son bras droit autour de mes épaules et me serra contre lui, fier de son travail. Et moi qui m'attendait à passer pour un termite en décomposition, je suis bluffée ! On se ressemblait comme deux gouttes d'eau, n'importe qui tomberait dans le panneau. Le seul problème parce que oui il devait forcément y avoir quelque chose de louche, c'était la taille. Je suis bien plus petite que Izou et il l'avait bien remarqué. Même des talons de dix centimètres ne pourraient pas rattraper l'écart entre nous. Bon, j'aurais qu'à dire qu'aujourd'hui j'ai… enfin qu'il n'a pas mis de talons. Izou embrassa soudainement mon front en riant un peu.

-Bonne chance mini-moi, tu vas avoir du pain sur la planche !

-Hey ! Je ne suis pas si petite !

-Mais pas si grande non plus, rétorqua le brun en resserrant un peu sa queue de cheval.

J'émis un petit grognement en croisant les bras sur ma poitrine toute plate, ce qui accentua encore son sourire. Je repris le bébé escargophone et le plaqua dans une poche du kimono, cachée par le grand tissu rouge. C'est bizarre mais j'ai l'impression de participer à une série américaine et là je partirais infiltrer Marshall le contrebandier… bah non, c'est encore plus grave que ça. Izou me donna les toutes dernières instructions, on était enfin prêts à agir maintenant.

Teach, tu vas te faire défoncer.


Merci d'avoir lu !

Des petites reviews s'il vous plaît ? C'est pour contribuer au plan extermination totale de Marshall l'affreux :)