Après plus d'un an de silence (bien occupé par ailleurs) me revoilà avec un nouvel épisode des aventures intimes d'Athrun et Cagalli. Il est peut-être un poil plus explicite que d'autres, alors gare à vos yeux ! Non, je blague, je ne pense pas faire beaucoup de dégâts avec si peu, mais bon, au cas où, vous êtes prévenus, ce texte mentionne une activité sexuelle même si rien n'y est détaillé. Et si tout va bien, un jour, j'en écrirai un autre !
Position
Il n'avait jamais été d'un tempérament vraiment jaloux. Ce n'était pas dans sa nature de comparer ce que les autres avaient par rapport à lui et il n'avait jamais vu d'intérêt à se morfondre pour ce qu'il ne possédait pas.
Pourtant, là, il sentait sa patience faiblir un peu plus à chaque seconde et le sentiment qui lui vrillait les entrailles n'avaient rien à voir avec une simple colère due à un désaccord majeur. Non, ce qui mettait vraiment Athrun en rage, c'était la manie qu'avec Yuna de toujours poser sa main sur la cuisse de Cagalli à chaque fois qu'il cherchait à attirer son attention et donc, dès qu'il ouvrait la bouche.
Si encore ce qu'il avait eu à dire avait un sens, ou un vague lien avec la conversation, peut-être qu'il aurait pu supporter son comportement déplacé et puéril, mais là, c'était juste intolérable. Et comme si ça ne suffisait pas, ce parasite crut malin de demander à Athrun d'aller lui chercher à boire comme s'il n'était qu'un vulgaire domestique.
Il savait que c'était une très mauvaise idée de répondre à pareille provocation, mais à la deuxième sommation, Athrun s'emporta et d'un ton glacial, fit remarquer qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant la visite de la princesse sur la base militaire d'Estenos et qu'il aimerait bien savoir à quoi s'attendre, Cagalli comprit que la situation allait déraper. Alors, contre toute attente, elle se leva et foudroyait son garde du corps d'un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait de son attitude puis avec un sourire mielleux, elle demanda à Yuna de sortir. Elle avait des comptes à régler avec l'homme en charge de sa sécurité.
Un instant, Athrun crut réellement qu'elle allait lui reprocher son refus de servir l'émir et il s'apprêtait à lui sortir tous ses arguments quand elle désigna son siège et d'un ton qui ne laissait aucune place à la contestation, elle ordonna :
« Assieds-toi. »
Athrun ouvrit la bouche, près à se défendre et Cagalli le poussa brusquement, le forçant à s'installa dans le fauteuil.
« Assis, j'ai dit. »
Elle avait une lueur curieuse dans les yeux et il nota enfin son sourire en coin alors qu'elle se penchait au-dessus de lui. D'un mouvement leste du poignet qu'il ne lui connaissait pas, elle lui retira sa ceinture et avant qu'il ne réalise ce qu'elle avait en tête, elle avait utilisé l'objet pour lui coincé les bras sur les accoudoirs de son fauteuil.
« Qu'est-ce que...
- Chhh... tu me fais confiance ? »
La question est absurde et il ne vit pas l'intérêt d'y répondre, pour autant, comme elle gardait les yeux rivés sur lui tout en s'agenouillant, il finit par hocher la tête comme un idiot. Son cœur s'emballa et il se demanda s'il avait l'esprit mal tourné en imaginant la suite ou si elle avait simplement perdu la raison. Pourtant, comme il le supposait, et l'espérait un peu il devait bien l'avouer au fond de lui quand Cagalli se plaça entre ses jambes, elle se mit bel et bien à défaire un à un les boutons de sa braguette. D'une voix tout ce qu'il y a de plus de sérieuse, elle annonça platement tout en continuant sa progression vers ses sous-vêtements :
« Il y a plusieurs sortes de personnes dans mon entourage, tu vois Athrun et si je veux m'en sortir, il faut que chacun reste à sa place suivant sa position. Je pensais que tu pouvais comprendre ça sans problème mais apparemment, tu as besoin d'un petit rappel. »
Stupéfait, Athrun cilla puis fronça les sourcils devant le coup d'oeil amusé de Cagalli qui posa les coudes sur ses cuisses et croisa les doigts juste au-dessus de son caleçon avant de poser le menton sur ses mains.
« Certains travaillent pour moi, les domestiques et autres assistants n'ont pas tellement d'avis à donner. »
La gorge nouée, l'ex-pilote se demandait de plus en plus où elle voulait en venir tant ses actions et ses paroles étaient contradictoires. À l'écouter, il n'avait rien à dire puisqu'il n'était qu'un employé et pourtant, elle devait bien le considérer comme un peu plus que son garde du corps vu la façon de sa langue glissait contre lui.
« Ceux qui travaillent avec moi comme les émirs ou les conseillers peuvent éventuellement me dire ce qu'ils pensent de mes décisions et s'ils argumentent correctement, je pourrai tenir compte de leurs recommandations. »
Elle ne lui quittait pas des yeux en reprenant son petit jeu et elle laissa sa langue s'aventurer un peu plus longtemps avant d'ajouter :
« Et enfin, il y a mes relations personnelles, qui n'ont rien à voir avec ma place ou mon rang et qui pourtant ont véritablement tous les droits pour m'influencer. »
Elle se remit à l'ouvrage et Athrun resta impuissant face à sa force de conviction et il oublia bien vite ce qui avait déclenché cette séance privée entre eux.
Quand elle le libéra, un sourire satisfait aux lèvres, Athrun réussit à retrouver l'usage de ses capacités cérébrales et reboutonnant sa braguette, il demanda d'une petite voix :
« Et donc, que suis-je supposé faire au juste ? »
Il voulut se lever mais Cagalli le repoussa à sa place et s'installa sur ses genoux avant d'enrouler les bras autour de son cou.
« Ne pas t'emporter pour des broutilles et te souvenir de ta position dans la hiérachie.
- Ma position... »
Les mots lui écorchaient la gorge et il n'eut pas la force de poursuivre. Cagalli lui sourit et leva les yeux au ciel.
« Je pensais avoir été claire. Combien de personne, crois-tu, ce sont retrouvé dans ce fauteuil ? »
Pris au dépourvu, Athrun resta à la dévisager et la jeune fille posa le front sur son épaule le temps qu'il réalise qu'il était assis sur son siège à elle, à la place du représentant en chef d'Orb.
« Et combien de personne, à ton avis, m'ont eu à leurs pieds, agenouillée face à eux ? »
Comme il gardait toujours le silence, elle finit par soupirer et détourna la tête.
« Je suis navrée de ne pas pouvoir te traiter de cette manière en public, Athrun, et je suis vraiment désolée que Yuna te traite de cette manière, mais dis-toi que tu as une place qu'il n'aura jamais. Et que jamais je ne lui donnerai ce que je te donne à toi. »
Enfin, Athrun réagit et il resserra les bras autour d'elle et lui embrassa la tempe.
« Tu as raison, j'ai été idiot. Je sais bien qu'il ne cherche qu'à me provoquer, seulement ce n'est pas facile de te voir toujours collée à lui.
- Si ça peut te rassurer, pour moi non plus ce n'est pas facile. »
Sa voix était teintée d'un tel dégoût qu'il ne put que sourire à son aveu et il se blottit un peu plus contre elle avant d'ajouter doucement :
« Je vais me résigner patiemment alors. »
Il aurait voulu encore lui dire combien il détestait cette situation, même s'il la comprenait, mais Yuna frappa à la porte et l'ouvrit sans attendre d'être invité à entrer ce qui laissa tout juste le temps à Cagalli de se lever. L'émir l'étudia d'un air suspicieux mais avant qu'il ne puisse demander des explications sur la place du garde du corps, la jeune femme se tourna vers Athrun et avec un sourire espiègle, glissa :
« Tu ne veux pas être un amour et aller me chercher un truc à grignoter, s'il te plaît ? »
Comme le garde du corps s'exécutait, Yuna parut satisfait et il oublia ses griefs sans même réaliser le coup d'œil qui était passé entre sa fiancée et son protecteur qui pourtant en disait long sur ce qu'elle voulait vraiment.
Et bien entendu, à partir de là, les tentatives de provocations de Yuna furent très loin d'avoir l'effet escompté. Au contraire.
