Je vous préviens, il reste peut-être pas mal de fautes ou de passages un peu bancals... Mais j'ai vraiment plus le courage de reprendre ce chapitre. Si on attend que je le relise, il sera pas en ligne avant plusieurs semaines, donc je vous le met quand même. Si vous me dites qu'il y a vraiment des trucs à corriger, je l'améliorerai un peu avant de vous donner la suite... qui risque d'attendre un moment d'ailleurs parce que j'ai pas commencé à l'écrire.

Enfin voilà, bonne lecture... Il m'aura pris plus de temps que prévu ce chapitre. Désolée, je crois que j'avais promis la suite pour pendant les vacances.

Résumé des chapitres précédents :

Les Maraudeurs sont entrés en première année à Poudlard. Mais la rentrée n'est pas bien joyeuse. Sirius Black découvre un monde bien différent de l'univers familial et lors de sa répartition, il choisit d'être à Gryffondor plutôt qu'à Serpentard. A partir de ce moment, il doit faire face à l'hostilité de tous : les Gryffondors ne lui font pas confiance, James Potter le hait, et sa famille est furieuse.

Une vive rivalité naît entre James et Sirius, tous deux extraordinairement doués. Celle-ci aboutit à un défi de vol sur balais, remporté par James, mais qui leur vaut à tous deux une retenue, prévue pour le lundi suivant.

Sirius hésite, et ne sait plus bien quel comportement adopter, allant jusqu'à tenter de regagner la confiance et le respect des Serpentards. Après une après-midi passée en leur compagnie, sa cousine Bellatrix, fière de lui, lui demande d'empoisonner Lily Evans à l'aide d'une mixture de sa composition.

Pendant ce temps, pour d'inexplicables raisons, Remus Lupin se fait aussi discret que possible et s'isole souvent dans le dortoir, allant jusqu'à sauter régulièrement les repas. Le samedi soir, alors qu'il n'avait une fois de plus rien avalé pour le dîner, Sirius lui offre une pomme. Méfiant mais affamé, il la mange tout de même.

Mais dimanche, peut-être, rira lui aussi...

Le petit déjeuner du lendemain matin aurait pu être très convivial. Habituellement, le dimanche, les élèves arrivaient au compte goutte, à l'heure à laquelle ils se réveillaient. Sauf bien sûr lorsque Peeves décidait qu'il valait mieux qu'ils se réveillent tous en même temps. Et Peeves avait certainement apprécié son expérience de la veille sur James, puisque c'est sur le dortoir des Gryffondor de première année qu'il jeta son dévolu ce matin là. A six heures, poêle dans une main, fourchette dans l'autre, battant la mesure, il se mit à chantonner.

Les Gryffondor sont des crétintintin

Les gryffondor sont des lambinbinbins

Une heure plus tard, ils étaient tous les quatre en train de manger leur porridge dans la grande salle. Quelques rares élèves courageux arrivaient en même temps. Fort heureusement, James n'était pas suffisamment réveillé pour chercher des noises à Sirius, et ils se contentèrent de s'échanger des regards assassins. Remus, qui s'émerveillait de ne pas être mort empoisonné, fixait Sirius avec perplexité, mais celui-ci était trop occupé à fusiller James pour s'en rendre compte. Peter Pettigrow quant à lui, regardait alternativement les deux rivaux.

Aucune parole n'avait encore été échangée lorsque le courrier arriva, et qu'une jolie chouette au plumage sombre se posa sur les genoux de Sirius. Horreur ! C'était forcément sa mère, qui d'autre aurait pu lui écrire ? Bellatrix devait lui avoir raconté comment il s'était humilié devant Potter après un défi sur balai... la lettre allait être sanglante. Etonnant même que ce ne soit pas une beuglante. Peut-être que sa mère ne voulait pas alerter ceux qui n'auraient pas encore entendu parler de l'événement, puisque la priorité était de préserver l'honneur des Black. Alors qu'il regardait la lettre avec consternation, Potter se mit à ricaner.

- Bah alors Black... T'as encore fâché papa maman ?

Un nouveau regard assassin fut la seule réponse qu'il obtint, et Sirius entreprit à contre coeur d'ouvrir son courrier.

Et là... Oh bonheur, oh joie ! Il relut la signature trois fois pour être bien sûr de ne pas se tromper. Ce n'était pas une lettre de sa mère, mais bien de sa cousine Andromeda ! Pour la première fois depuis son arrivée à Poudlard se peignit sur ses lèvres un vrai sourire rayonnant alors qu'il se mit à lire.

Coucou mon ptit Sirichounet adoré !

Désolée de ne t'écrire que maintenant ptit cousin. Ça fait une éternité qu'on ne s'est pas parlé. Depuis que je suis fiancée à Ted en fait. C'est un moldu, j'imagine que tu en as entendu parlé en long et en large. Mais n'écoute pas ce qu'ils t'on dit Sirius, Ted un type formidable. J'aurai voulu te le présenter, je suis sûre que vous vous adoreriez... Malheureusement c'est pas dans les projets familiaux. Je sais que pour notre famille je n'existe plus... Je crois te connaître assez bien pour penser que toi tu ne m'as pas complètement rayée de ton histoire ?

J'ai eu du mal à avoir de tes nouvelles, mes parents et les tiens ne me facilitent pas la tache. C'est pour ça que je n'ai même pas essayé d'écrire pendant les vacances, j'étais sûre que tes parents ne voudraient pas que tu lises mes lettres. Ils doivent avoir peur que je te mette dans la tête des idées qui ne leur plaisent pas. Comme si tu avais besoin de moi pour ça...

J'ai finalement reçu un hibou de Dumbledore hier. Ce type est incroyable, il a du deviner à quel point j'étais impatiente d'avoir de tes nouvelles. Il m'a dit que tu avais été réparti à Gryffondor... je suis tellement fière de toi si tu savais !

Je n'avais pas été à Serpentard non plus, mais à Serdaigle et les Serdaigle sont moins détestés chez nous que les Gryffondor. Et mes parents ne sont pas tout à fait aussi fous que les tiens. Ou plutôt ils sont presque aussi fous, mais pas aussi terrifiants... pas tout à fait du moins. Et déjà, ils l'avaient assez mal pris. J'imagine donc ce par quoi tu es en train de passer.

Et j'imagine aussi le courage que ça t'as demandé d'aller autre part que là où tu étais attendu. Ça sera sûrement difficile, mais je ne doute pas que tu t'en sortiras très bien. J'ai foi en ta volonté. Dumbledore m'a parlé de la beuglante que ta mère avait envoyé. Pas étonnant qu'elle soit en colère, mais ne te laisse pas impressionner. Si tu restes à Poudlard pendant les vacances, ils ne peuvent rien pour toi avant un an. Et d'ici là, tu as le temps de savoir mieux ce que tu veux, ce que tu penses, d'être plus fort...

Il m'a dit aussi que tu n'étais pas particulièrement bien accueilli par tes camarades à Gryffondor. J'avais eu un peu plus de chance que toi, mais je sais que ça ne doit pas être facile à vivre. Je suis désolée, j'aurais du te préparer un peu mieux à ça. Parce qu'en fait, ça n'est pas très surprenant. C'est que vois tu, les gens ne peuvent pas savoir. Encore moins des sorciers de cet âge, qui n'ont jamais eu à s'opposer à leurs parents pour autre chose que la quantité de bonbons qu'ils ont le droit de manger avant le repas. Ils n'ont aucune raison de penser qu'on puisse être à ce point différent de ses parents. Je t'avais déjà dit que notre famille n'a pas une très bonne réputation. En fait on a une réputation exécrable, et plutôt méritée. Enfin tout ça c'est à toi de le découvrir. Tu connais le discours familial, tu sais ce qu'ils pensent de la plupart des êtres vivants. Oublie tout ça et fait toi ta propre idée petit cousin, je suis sûre que ce sera la bonne.

Enfin bref, j'imagine que ce ne sera pas évident pour toi de trouver ta place à Poudlard. Mais je sais que tu y arriveras, si tu ne trahis pas ce que tu penses pour ressembler à ce que les autres attendent de toi. Tôt ou tard, les gens finiront par te connaître toi, et pas seulement ton nom, et là, je suis sûre qu'ils t'apprécieront. Tu le mérites. Je sais que ce sera dur, mais ne cède pas à la facilité en ne côtoyant que ceux qui t'acceptent. Ce seront sans doute les pires. Quoique les autres puissent penser de toi, tu as toute mon estime à moi, et j'espère qu'elle comptera.

Pour finir, je pense ne pas me tromper en disant que Bella a été chargée de te surveiller et de te faire payer chaque écart de conduite. Méfie toi si elle n'est pas encore passée à l'acte à cause de ta répartition, ça ne saurait tarder. Enfin je n'écris pas ça pour te faire peur, mais pour te donner quelques combines qui m'ont bien servies pendant mon enfance. D'abord Bella est extrêmement chatouilleuse. Donc apprend le sort de chatouilles aussi vite que tu peux, il est d'une efficacité radicale contre elle. Bien sûr, elle risque de le bloquer, mais ça peut servir quand même. Il y a aussi ce grain de beauté particulièrement laid qu'elle a sur la fesse droite, elle déteste qu'on en parle. Mais ça ne marchera pas à chaque fois, alors attend d'en avoir vraiment besoin pour l'utiliser.

Tu peux aussi essayer le fait que son nouveau beau frère soit un moldu, je sais pas comment elle a digéré ça, mais sûrement pas très bien.

Très affecteusement

Ta cousine Andromeda.

PS : Tu peux essayer de m'écrire, maintenant que tu es à Poudlard et que je suis chez Ted, ils ne pourront plus nous en empêcher.

Sirius resta un moment à fixer sa lettre même après qu'il l'ait lue. Ce fut un ricanement qui le tira de ses pensées, et il constata avec horreur que James regardait par-dessus son épaule.

- Mon ptit... Sirichounet d'amour... lut-il en s'esclaffant entre chaque mot.

Assez curieusement, Sirius ne goûta pas à la plaisanterie... Mais alors pas du tout. James Potter pouvait bien se moquer de lui, il s'en fichait... Enfin non, il ne s'en fichait pas tout à fait. Mais il ne laisserait personne se moquer du surnom que lui donnait sa cousine Andromeda. Elle devait être la seule personne au monde qu'il aimait vraiment... et qui l'aimait vraiment. Et encore heureux que Potter ait été plié en deux de rire à la première ligne sinon il aurait bien été capable de lire la suite, et là... il aurait sûrement raconté ses problèmes de famille à tout le monde pour mieux se moquer de lui.

- Est-ce que je t'ai autorisé à lire mon courrier ? dit-il sèchement.

- Oh, Sirichounet est fâché, ricana James.

- Tu sais, tu peux penser ce que tu veux sur ma famille certainement bourrée de défauts, mais même chez moi, on m'a appris à ne pas lire le courrier des autres. On t'as pas appris ça chez toi ? Chez les Potter, on considère que la politesse est réservée aux autres, aux petites gens ordinaires ? C'est étonnant pour une famille teeeellement bien, généreuse et admirable que la famille Potter.

Remus était stupéfait par la réaction de Sirius. Il ne s'attendait pas à des phrases cohérentes, plutôt à une réplique sous la forme de coups de poing. Il avait bien eu envie de dire à James de ne pas lire quand il l'avait vu faire mais il ne voulait pas avoir l'air de prendre partie contre lui.

Mais James était encore plus stupéfait. S'il y'a bien une chose à laquelle il ne s'attendait pas, c'est que l'on s'attaque de cette manière à sa famille. Il était tellement surpris qu'il ouvrit la bouche à deux reprises pour la refermer aussitôt.

- Les Potter sont polis avec les êtres humains. On considère pas les pratiquants de magie noire comme des êtres humains. Finit-il pas dire, fier de sa réplique.

- Tu sais quoi, c'est un plaisir de discuter avec toi, mais là tout de suite, j'ai plus intéressant à faire. Dit-il en se levant, sa lettre à la main. En fait, il aurait bien bombardé James de coups de poing. Mais pour l'instant, il fallait qu'il soit seul et qu'il cogite sur la lettre de sa cousine.

Une fois Sirius parti, James regard les autres avec un sourire triomphant, et Peter le regardait avec admiration. Remus par contre était bien moins enthousiaste. Plusieurs fois, il sembla vouloir dire quelque chose, mais se retint au dernier moment.

- Vous avez vu ça ? Il est parti vite cette fois-ci. Il doit commencer à comprendre qu'on veut pas de lui ici ! fit James avec conviction, sans remarquer le manque d'entrain de son camarade.

- Tu... crois pas que t'y as été un peu fort quand même? dit Remus d'une petite voix timide

Non mais il était cinglé là non ? Les cucurbitacées lui étaient montées à la tête, ou alors la pomme de Sirius était ensorcelée pour le rendre fou, mais il n'avait pas consciemment donné tort à James Potter pour prendre la défense d'un mage noir en puissance. Non, il n'avait pas pu faire ça, il avait imaginé la phrase sortir de sa bouche...

- Tu prends sa défense ! s'exclama James avec stupéfaction.

Si, de toute évidence il l'avait vraiment dit.

- Non, bien sûr que non, il est sûrement méchant et tout mais... c'est juste qu'il l'est quand même... un être humain... dit-il d'une voix faible. 'Lui...' ajouta-t-il pour lui-même.

- Bien sûr que non Remus voyons, c'est un Black... Un amateur de magie noire et tout. On est plus un vrai humain quand on touche à ces trucs là. Et puis c'est pas comme si ce qu'on lui dit pouvait le toucher... Répondit James, un peu calmé.

Remus fit un sourire un peu forcé, et n'alla pas plus loin. Mais il était bien placé pour savoir ce que ça faisait, de ne pas être considéré comme un individu à part entière. Enfin, après tout il n'aimait pas non plus Sirius Black, alors pourquoi se fâcher avec James à cause de lui ? ' parce qu'il s'est excusé hier soir, et qu'il t'as empêché de mourir de faim cette nuit ?'. Oui, bon, chut.

Sirius était parti en direction du parc et il s'installa sur un rocher, pas loin de la forêt interdite. Il n'y avait encore personne dehors à cette heure-ci, et près de la forêt interdite il était certain que personne ne viendrait le déranger. Il sortit sa lettre et la lut à nouveau. Plusieurs fois... Et plus il la lisait plus il avait honte. Si Andromeda savait ce qu'il avait fait ces derniers jours, elle serait bien déçue. Il avait fait exactement tout ce qu'elle lui disait de ne pas faire. Il s'était associé avec les Serpentard parce que les Gryffondor ne voulaient pas de lui, par facilité. En se moquant Remus pour gagner leur estime, il avait trahi ce qu'il pensait pour ressembler à ce qu'on attendait de lui. Il avait même sérieusement envisagé d'obéir aux ordres de Bellatrix et d'empoisonner Evans. Il était lamentable... Le choixpeau lui avait demandé s'il avait le courage de tourner le dos à sa famille. Il avait dit oui, et s'était précipité à faire ce que sa famille aurait attendu de lui dès qu'il avait constaté que ce n'était pas si facile chez les Gryffondor. Plus question de se laisser aller. Alors il allait envoyer balader tous ces foutus Serpentard qui ne le respectaient que lorsqu'il montrait qu'il était bien un Black, et il allait montrer aux autres que justement, il n'était pas qu'un Black. Ensuite il allait survivre à Bellatrix qui ne manquerait pas d'essayer de l'envoyer six pieds sous terre et... comment il comptait faire tout ça au juste ?

- Ah ben ça ! C'est pas souvent que je vois un élève ici à une heure pareille un dimanche matin. On vient r'garder la nature en solitaire ?

Sirius sursauta et se retourna, pour se retrouver face à un bonhomme gigantesque. Celui qui leur avait fait traversé le lac, et qu'il soupçonnait d'être un géant. Et qui lui adressait la parole gentiment. C'était le premier depuis qu'il était arrivé à Poudlard. Il ne devait pas encore savoir qui il était...

- La vache, vous êtes super grand ! Vous m'avez presque fait peur. Fit-il d'une voix joyeuse. Après tout pour une fois que quelqu'un lui parlait, autant être un minimum sociable.

- Oh grand oui grand... Mais faut pas avoir peur, je suis pas aussi méchant que j'en ai l'air. Dit le grand bonhomme d'un ton enjoué.

- Vous êtes un géant dîtes ?

Cette question posée en toute naïveté provoqua chez le « géant » une réaction immédiate. Son sourire chaleureux s'effaça aussitôt pour laissé place à un regard où se mêlaient stupéfaction et embarras. Ça ne se posait pas une question comme ça ! Bien sûr, un réflexe de survie évident aurait voulu que le garde-chasse mente. Pourtant, peut-être par fierté, peut-être par honnêteté envers un enfant qui avait, plus que n'importe quel autre, besoin d'apprendre, il n'en fit rien.

- Euh... et bien... à moitié oui... souffla-t-il en regardant vers le sol.

- Ça c'est classe ! Super impressionnant... s'exclama Sirius qui ne comprenait pas l'embarras de son interlocuteur. Ça devait bien être chouette de dépasser tout le monde. Non ?

- Classe... Euh... c'est pas censé être classe... Les géants ne sont pas très bien vus chez les sorciers. M'étonnerait que ta famille à toi t'ai appris à aimer les géants.

- Bah, y aiment personne chez moi, alors je pensais que c'était juste mes parents qui n'aimaient pas les géants... depuis que la grand-mère de l'arrière grand tante de tante Truc a pris le thé avec un géant et qu'il a cassé une tasse en la reposant un peu trop fort... quelque chose comme ça... me souviens plus très bien, c'était ptet l'arrière grand tante de la grand-mère... non, la tante de l'arrière grand-mère...

Face aux explications de Sirius, le géant ne put que rire. Avant de s'interrompre en regardant le petit sorcier avec gravité.

- Mais y'a pas que tes parents tu sais. Les sorciers en général n'aiment pas les géants.

- Ils aiment pas les Black non plus... soupira le jeune garçon.

Le garde-chasse fit un sourire triste.

- Sans doute... Allez, assez discuté dehors, viens boire un thé, ce sont mes tasses de toute façon, alors tu m'en voudras pas si je les casse.

Sirius suivit le géant de bon cœur. Ça faisait un petit bout de temps qu'il n'avait pas discuté avec quelqu'un. Ça ne lui était pas arrivé depuis qu'il était à Poudlard, et chez lui... il y avait bien son frère de temps en temps, mais le demi-géant était quand même bien plus rigolo que son frère.

Lorsqu'ils furent installés dans la cabane, il lui offrit des gâteaux. Des gâteaux ! A lui ! Ces biscuits auraient toujours pour lui une saveur toute particulière. Bon, bien sûr, ils étaient immangeables tellement ils étaient durs, mais c'était si gentil de lui en avoir offerts...

Sirius apprit ainsi que ce grand bonhomme s'appelait Hagrid, et qu'il était le gardien des clés et des lieux à Poudlard. Ils discutèrent de tout et de rien, de thé 'sa mère à lui avait l'habitude de servir un thé aromatisé aux écailles de serpent absolument répugnant', de Quidditch, du temps, et de bêtes féroces... Et du chien d'Hagrid, Crokdur, qui semblaient être pris de passion pour leur invité et lui léchait les mains avec application.

- Sois toi-même Sirius Black, n'essaie pas de faire ce que les autres attendent de toi, et tu deviendras certainement quelqu'un de bien. Dit Hagrid après un moment de silence.

Le jeune gryffondor resta silencieux quelques secondes, accusant le coup.

- C'est... exactement ce que m'a dit Andromeda.

- Andromeda ? Ta cousine ? Je la connaissais... un peu. Une fille charmante. Si ta cousine veille, je ne me fais pas trop de soucis pour toi alors. Dit-il en lui faisant un clin d'oeil. Allez, ouste, file sinon tu vas louper le repas.

Avoir reçu des nouvelles de sa cousine et rencontré un bonhomme sympathique avait suffi à mettre Sirius de très bonne humeur. Il envisageait enfin l'avenir avec sérénité. Il savait au moins ce qu'il voulait faire, même s'il ne savait pas encore bien comment. Pour l'instant, il se contenterait de dire ce qu'il pensait, de penser autre chose que ce qu'on lui avait appris, et d'essayer d'être meilleur que Potter. Et de ne pas mourir assassiné par Bellatrix. Faciiiile !

En le voyant s'installer tout sourire à leur table, beaucoup de Gryffondors prirent peur. Il préparait quelque chose hein, pas possible autrement. Remus en particulier se mit à soupçonner quelque chose de louche. Ça devait bien avoir un rapport ave cette fichue pomme non ? Elle avait peut-être un effet à retardement qui allait bientôt se montrer.

Même lorsque James le chercha, il ne parvint pas à le mettre de mauvaise humeur.

- Et bien ptit Sirinouchet, passé une bonne matinée ?

- Excellente, Jimmychou d'amour, et toi ? Tu me passes les petits pois s'il te plait ?

Tout le monde, s'attendant à ce que Sirius pique une colère comme ce matin, le regarda avec des yeux ronds. Judith Watson en laissa échapper son couteau sur la main de Lena Parker qui poussa un hurlement.

Lorsque le repas tira à sa fin cependant, Sirius paraissait moins joyeux et plus vigilant. D'un coup, alors que chacun finissait sa part de gâteau, il se leva brusquement et se rua dehors pour une raison que lui seul connaissait... les Serpentard avaient fini de manger, et Mirkis et Prox s'était levés et s'approchaient de la table des Gryffondor... Pour l'inviter à passer l'après-midi avec eux de toute évidence. Hors de question.

L'après-midi, Sirius la passa seul, à explorer le château... en évitant soigneusement les Serpentard... Et Bellatrix. Et en cherchant vainement un stratagème pour faire oublier à sa cousine la mission dont elle l'avait chargé.

Aussitôt qu'il fut partit, James regarda les deux autres.

- Exploration du parc cette après-midi, ça vous va ?

- On te suit où tu veux, fit gaiement Peter.

Euh... j'ai... je... un livre à finir. Je vais aller au dortoir.

- Ah, pas question, tu nous as déjà fait le coup hier ! C'est mauvais de rester autant enfermé. Si tu veux vraiment lire, t'apportes ton bouquin dehors et Peter et moi on jouera aux échecs à côté.

- Mais je... je...

- Tatata... Remus, tu viens avec nous, pas de discussion. Il FAUT que tu profites du beau temps.

Le programme ainsi établit, Remus renonça à lire, ça attendrait bien ce soir. Et il accompagna donc les deux autres dans leurs explorations. Après tout il n'y avait aucune raison qu'ils soupçonnent quoi que ce soit avant la prochaine pleine lune. D'ici là il pouvait bien faire semblant d'être normal non ?

Ils firent le tour du lac, James essayant d'apercevoir le calmar géant sans y parvenir, longèrent le bord de la forêt interdite...

- Vous verrez, un jour on ira là dedans.

- Euh, cette forêt est interdite James !

- Oui, je sais... répondit James avec un sourire entendu.

... Pour finir devant une jolie petit cabane.

- Heee, comme dans les contes de fée. Tu crois qu'elle se mange ? J'ai entendu l'histoire d'une cabane en pain d'épice.

- Sans vouloir casser ta joie, je crois qu'elle est en bois. Fit Peter.

- Peter, tu manques d'imagination. Vous croyez que la fée Carabosse habite là dedans ? insista James en essayant d'apercevoir quelque chose par la fenêtre, dont les carreaux ne devaient pas avoir été lavés depuis une éternité.

- He bien, on essaie de m'espionner chez moi? fit une grosse voix derrière eux.

Le trio sursauta, et se retourna pour faire face à... un grand bonhomme, qui décidément faisait sursauter du monde ce jour là.

- C'est pas une jolie fée... murmura James.

- On... pas du tout... on... trouvait cette maison mignonne et... en fait on se demandait qui habitait là... On voulait pas du tout... tenta Remus.

Le géant s'avança vers eux d'un pas décidé. Il était impressionnant, son mince sourire caché sous sa barbe épaisse, et les trois garçons tremblèrent. Pourtant, arrivé à leur hauteur, il ne fit qu'ouvrir la porte.

- Et bien z'avez qu'à entrer puisque ma cabane vous plaît ! J'ai du thé et il me reste plein de gâteaux. Votre camarade n'en a pas mangé beaucoup ce matin, dit-il avec un sourire un peu plus prononcé.

- Attention, dans les contes, c'est souvent un piège quand la cruelle sorcière invite de pauvres enfants innocents... murmura Peter, à moitié sérieux.

Les deux autres sourirent, et ils suivirent le géant dans sa demeure.

- Alors... z'êtes des premières années hein ? Racontez moi comment se passe votre rentrée...

Ce fut James qui parla le plus. Il fut question des cours, des professeurs, de Quidditch, de Peeves, et naturellement, de Sirius Black. Aussitôt le visage du géant se fit plus attentif comme s'il avait attendu depuis le départ que la conversation s'oriente sur ce sujet.

...vous rendez compte ? Je l'avais déjà vu en plus au chemin de traverse ! Ce que sa mère a l'air méchante ! Et lui il vaut pas mieux ! Quand on l'a vu dans le Poudlard express, il a traité Lily de Sang-de-bourbe et tout...

Peter hochait la tête avec conviction. Remus lui restait étrangement silencieux.

- Heureusement, avec nous à Gryffondor, on ne lui laissera jamais l'occasion de nuire, pas vrai les gars ? Me demande ce qui est passé par la tête du choixpeau en l'envoyant à Gryffondor.

- Le choixpeau ne se trompe jamais... le corrigea Hagrid.

- Oui mais enfin... Un Black à Gryffondor...

- Les Gryffondor ne sont pas tous des anges, pas plus que tous les Serpentards ne sont diaboliques... Ou que les gens d'une même famille sont les mêmes. Parfois on juge un peu vite les gens sur ce qu'ils sont plutôt que qui ils sont... dit Hagrid avec sagesse.

Peut-être était-ce un effet de sa paranoïa, qui du reste n'était plus à prouver, mais Remus eu l'impression que Hagrid le regardait particulièrement en disant cela, et il se sentit singulièrement mal à l'aise.

- J'ai discuté avec Sirius Black moi. Je l'ai trouvé gentil. Rien à voir avec sa cousine de Serpentard...

- Méfiez vous Hagrid, ces gens là sont sournois. Peut-être qu'il prépare un mauvais coup contre vous. Fit aussitôt James

Le géant éclata de rire.

- Je crois pas qu'un gamin de première année puisse me faire tellement de mal... Mais ne le jugez pas trop vite, vous autres...

Lorsqu'ils reprirent le chemin du château, James était tout excité.

- Il est trop cool ce bonhomme ! répéta-t-il sur tout le chemin du retour.

- Bien sûr, il ne croyait pas un mot de ce qu'il avait dit sur Sirius. Hagrid ne pouvait pas savoir à quel point ce type pouvait être maléfique. Mais il était chouette quand même. Impressionnant avec sa barbe et tout, et puis bougrement sympathique.

Remus, lui ne souffla pas un mot. Non pas qu'il fut habituellement très bavard, mais il était particulièrement perturbé par la conversation qu'ils venaient d'avoir. Il n'avait pas rêvé, Hagrid le regardait quand il avait dit que parfois les gens vous jugeaient sur ce que vous étiez plutôt que sur qui vous étiez. S'il était vraiment gardien des lieux à Poudlard il devait savoir pourquoi un saule cogneur venait d'être planté... Il devait savoir ce qu'il était. Mais il ne l'avait pas dit méchamment. Comme s'il voulait dire que les gens avaient tort de le juger sur le fait qu'il était un loup-garou... Comme s'il voulait dire qu'ils avaient tort de juger Sirius Black sur le fait qu'il soit un Black. Mais il avait prouvé plusieurs fois qu'il n'était pas très fréquentable... Oui mais il s'était excusé, et il lui avait donné une pomme qui, à moins que l'effet à retardement soit vraiment très tardif, était comestible. Il n'y avait qu'une conclusion à tirer de tout ça : Sirius Black était un type bizarre qui n'obéissait à aucune logique.

Pendant le dîner, James jetait continuellement des regards noirs à Sirius, comme il en avait pris l'habitude, et Remus le fixait avec intensité, comme pour lire dans ses pensées. A tel point que ça en manquait de discrétion et Sirius finit pas s'agacer d'être l'objet de cet examen approfondi.

- Qu'est-ce qui y'a Lupin, t'as peur que j'empoisonne ton verre de jus de citrouille pendant que t'as le dos tourné ? Faut pas t'inquiéter, y'a déjà Potter pour surveiller mes faits et gestes. Dit-il d'un ton acerbe.

- Hein ? Non je... pardon... répondit Remus en baissant vivement la tête.

- T'excuse pas Remus, ce genre de personne n'en vaut pas la peine...

- Tiens... je suis devenue une personne... J'ai monté en grade on dirait... dit-il en tentant de rire.

Mais il n'y arriva pas vraiment. Le matin même tout semblait tellement simple. Bien sûr, il n'avait absolument pas changé d'avis. Mais le regard de Bellatrix posé sur lui le glaçait. On était dimanche soir. Evans était toujours en bonne santé, et à moins d'un coup du sort, elle le resterait, parce qu'il n'avait aucune intention de s'en prendre à elle. Sa cousine allait bientôt en tirer les conclusions qui s'imposaient et là...

Bref, en cette fin de week-end, l'ambiance n'était toujours pas à la joie, et l'animosité ne semblait pas devoir céder de terrain de sitôt...

... Pourtant...

Une fois de plus, Sirius, ne se sentant pas spécialement bienvenu dans la salle commune, monta au dortoir juste après la fin du repas. Remus, considérant qu'il avait suffisamment commis d'imprudence en se laissant entraîner à passer l'après-midi avec Potter et Pettigrow, le rejoignit très tôt.

Alors qu'ils étaient déjà couchés depuis un certain temps, la voix de Remus Lupin rompit le silence. Pour la première fois depuis son arrivée, il prenait la parole de lui-même.

- Black ?

L'intéressé ne réagit pas immédiatement. Il devait entendre des voix, qui pourrait bien s'adresser à lui. La voix se fit bien persistante cependant.

- Black ?

- Euh... Oui ?

- Merci...

- Hein ?

- Merci...

- Euh... pour ?

- Pour la pomme hier... merci...

- Ah... fut tout ce qu'il fut capable de répondre.

L'habituel silence dans lequel était plongé le dortoir depuis le début de l'année se réinstalla un moment avant qu'un Sirius perturbé ne se décide à le rompre à nouveau.

- Tu l'as mangée alors... Comment t'as su que je l'avais pas empoisonnée ?

- Je le savais pas... Je me suis dit qu'au pire une princesse charmante viendrait me ramener à la vie.

- Hein ?

Sirius ne le vit pas, mais Remus sourit sous sa couette.

- C'est un conte... Blanche neige... Enfin normalement, c'est le prince qui réveille la belle empoisonnée.

- Ah... connais pas...

- C'est normal, c'est moldu, expliqua Remus, aussitôt mal à l'aise. Comment pouvait-il avoir eu l'idée stupide d'évoquer un conte moldu devant Sirius Black.

- Oh... fut la seule réponse d'un Sirius encore plus mal à l'aise. Mal à l'aise de son ignorance qui le faisait passer une fois de plus pour un sang pur prétentieux et étroit d'esprit... Peut-être était-ce ce qu'il était ?

Après un silence un peu plus pesant qu'à l'accoutumée, il reprit la parole.

- Tu me raconteras l'histoire un jour ? demanda-t-il d'une voix timide qui lui était tout à fait inhabituelle.

- Hein ?

Ce mot pouvait sans aucun doute prétendre au titre de rengaine préférée des Gryffondors de l'année.

- Blanche neige, tu me raconteras l'histoire ? répéta-t-il.

Remus Lupin resta sans voix devant une demande aussi surréaliste. Il aurait presque été prêt à croire que Sirius Black n'était pas aussi méchant qu'on pouvait le penser, mais de la à imaginer, ne serait-ce qu'une seconde qu'il lui demande de lui raconter l'histoire de Blanche Neige... Malheureusement son silence s'éternisa un peu trop pour son interlocuteur.

- T'es pas obligé si tu me crois pas digne d'écouter des histoires moldus ! dit-il sèchement, passant du malaise à la colère.

Non mais quoi, il faisait pas des efforts pour que Mossieur Lupin l'ignore superbement. Et une fois de plus la réponse ne fut pas du tout celle qui l'attendait. Après un moment de silence, Remus Lupin fut secoué d'un fou rire incontrôlable. Sirius s'assit sur son lit pour mieux voir le jeune garçon qui convulsait de rire, et resta perplexe devant ce spectacle qu'il ne savait comment interpréter.

- Excuse-moi... Mais t'as des réactions encore plus bizarres que les miennes, c'est la première fois que je rencontre quelqu'un dans ce cas là. Articula finalement Remus lorsqu'il parvint à se calmer.

Et la colère de Sirius s'évanouit d'un coup, alors qu'il réalisa que c'était la première fois qu'il voyait Remus rire... Parfois, quand Potter et Pettigrow riaient aux éclats après une blague de Potter, il souriait un peu... mais il n'avait jamais vraiment rit. Jusqu'à ce moment là.

- Au moins je suis fixé, tu sais rire, même si ton sens de l'humour n'est pas tout à fait dans les normes habituelles.

Remus en resta muet de stupéfaction. D'abord parce qu'il n'avait pas réalisé qu'il venait d'avoir son premier vrai fou rire depuis un moment, mais surtout parce qu'il ne s'attendait pas à ce que Sirius l'ait remarqué. Il n'y avait aucune raison qu'il le remarque, ils ne s'aimaient pas. Pourquoi aurait-il fait attention à son naturel morose ? Et la question franchit ses lèvres avant même qu'il ait pu la retenir.

- Et toi ? Tu sais rire ?

Ce fut au tour de Sirius de rester muet un moment. Sirius s'était toujours considéré comme quelqu'un de plutôt jovial. Et comparé au reste de sa famille il l'était certainement. Pourtant, dans les circonstances actuelles, la question ne manquait pas de pertinence.

- Bonne nuit Lupin... fut tout ce qu'il trouva à répondre.

Quelques instants plus tard il s'en voulait d'avoir interrompu la première conversation cordiale qu'il avait avec un autre élève. Lupin n'en fut as vexé cependant, puisqu'il reprit la parole quelques instants plus tard.

- Je te la raconterais...

- Quoi ?

- Blanche-Neige, l'histoire, je te la raconterai.

- Ça me fera rire ?

- Euh... C'est un conte pour enfant... Mais si ça te fait rire un nain qui s'appelle grincheux.

- Oh... Euh, ça sera sûrement plus drôle avec le reste de l'histoire...

Le silence l'emporta une fois de plus, laissant les deux adolescents en proie à des sentiments étranges. Il n'était pas pesant comme les autres soirs. Chacun méditait sur le comportement farfelu de l'autre. Sirius en particulier avait du mal à comprendre Remus. Pendant tout le repas, celui-ci l'avait surveillé comme s'il s'attendait à le voir tuer quelqu'un d'un moment à l'autre, et voilà qu'il le remerciait et lui promettait de lui raconter une histoire. Non décidément, les gens défiaient toute logique dans cette école.

Pourtant, une fois la perplexité passée, il s'endormit avec un sourire enfantin collé au visage. On lui avait dit merci... Andromeda avait peut-être raison... En étant lui-même il pourrait finir par se faire apprécier un peu... et pas que par des Serpentards qui admiraient son nom de famille... Alors au diable Bella et les autres, il trouverait bien le moyen de s'en sortir...