Koala Sauvage : Haha, mais Bokuto EST un ange. /bam/ Bon courage pour écrire ! :D Tu verras c'est cool lol. Merci pour ta review !


Lundi

Plus je parle à Bokuto-san, plus je comprends.

Il se croit humain, mais je connais le monde et je connais les hommes, et les hommes ne sont pas comme ça.

Il est meilleur que la plupart d'entre eux. Ça se voit dans son regard et dans ses gestes. Ça s'entend à travers chacun de ses mots. Il est énergique et enthousiaste, prévenant et honnête, bien qu'un peu tête en l'air. Il a tendance à se rabaisser sans trop y faire attention, ce à quoi Kuroo répond toujours par des encouragements voilés, mais efficaces. Je ne sais pas si c'est la meilleure méthode. Il est gentil, aussi, et voit tout de suite quand quelque chose ne va pas. Il est un peu insistant, parfois, mais je suppose que ça fait partie de son charme.

C'est quelqu'un de bien. Ça m'a frappé, ce soir. C'est quelqu'un de bien, vraiment.

Mardi

J'ai pensé à Yū, en cours. Le temps que je m'en rende compte, l'heure était passée.

Je ne l'ai jamais aimé, pas comme on aime ses frères et sœurs — pas comme j'aime ma sœur. À l'époque, il me le rendait bien. Il ne me consacrait aucune attention. Il avait quatorze ans, quand je suis né, et je ne crois pas qu'il en ait été ravi, malgré les efforts de ma mère pour me faire aimer de lui. Pas de chance ; il a toujours vu ça comme l'ultime preuve de son irresponsabilité. Sans compter le fait qu'il haïssait mon père — mais Reiko non plus ne l'aimait pas, et ça ne l'a pas empêchée de me traiter comme un membre de la famille à part entière.

Je devrais arrêter de penser à tout ça. Ça ne sert à rien. Il est reparti dans sa propre famille, maintenant, et tout va pour le mieux.

Je crois.

Mercredi

J'ai rêvé de ma mère. Elle venait me chercher et m'emmenait loin d'ici, dans une voiture louée pour l'occasion.

Je me suis réveillé en sueur.

J'espère qu'elle ne viendra pas.

Jeudi

Il m'a apporté un taiyaki, aujourd'hui... il doit me trouver l'air triste. Il est trop gentil pour son propre bien. Honnêtement, ça m'inquiète un peu.

Et puis, quitte à m'offrir à manger, il aurait pu prendre des takoyaki.

Vendredi

Kuroo ne lâche pas l'affaire, pour la séance de cinéma. Il compte nous y traîner de force, demain. Ni moi, ni Kenma, ni Bokuto-san n'avons notre mot à dire. Après une discussion d'une bonne heure, Bokuto-san a réussi à négocier de ne pas prendre de film d'horreur. En échange, il devra jouer à un jeu choisi par Kenma la semaine prochaine sans se plaindre. Il a accepté.

L'imbécile.

Il ne sait pas dans quoi il se lance. Il m'a fallu deux jours et quatre regards pour cerner Kenma. C'est un malin, plus fourbe que Bokuto-san ne le pense, probablement plus sournois que ce que perçoivent les yeux pourtant clairvoyants de Kuroo. J'ai hâte de voir quel jeu il choisira pour lui.

Samedi

Aujourd'hui, c'était vêtements de ville obligatoires, et j'en ai encore appris beaucoup sur mes nouveaux compagnons.

Kuroo prend un soin désintéressé de sa tenue, mais je suis persuadé qu'il reste au moins une heure devant sa garde-robe pour choisir quel jean savamment troué impressionnera le plus ceux qui croiseront sa route. Kenma, lui, s'enterre dans des sweatshirts beaucoup trop larges pour lui (et dont je soupçonne fortement qu'ils aient un jour appartenu à un certain voisin/ami d'enfance de ma connaissance) malgré les températures plus que clémentes. Quant à Bokuto-san...

Mieux vaut oublier Bokuto-san. Pour toujours. Afin de préserver ma santé mentale, je ne conserverai de lui que l'image de son uniforme scolaire.

Nous avons été voir une comédie, tous les quatre, et il riait si fort que la moitié de la salle ne cessait de nous lancer des regards furieux. Kuroo pouffait sans s'arrêter. Kenma grignotait impunément le paquet de pop corn si bien que, lorsque Bokuto-san a enfin décidé d'en prendre une poignée, il n'a rien fait d'autre que gratter le fond du paquet.

Il s'est tourné vers moi. J'ai nié.

J'en avais peut-être pris quelques-uns. Ou beaucoup.

Quand on est sortis, Kenma m'a discrètement frappé dans la main. Et j'ai ri.

Ça m'a fait du bien.

Dimanche

Je me suis couché en pensant à Bokuto-san et Kenma, je me suis levé en pensant à Yū.

J'aimerais dire que je le déteste, mais ce serait mentir — et le ciel en témoigne, je suis tout sauf un menteur.

Je crois que j'ai appris ça de lui.

Non, j'ai appris ça tout seul.

Je n'en sais rien. Je n'en ai pas la moindre idée.

Yū, Yū, Yū, Yū. Il faut que j'arrête d'y penser.

Sauf que je ne peux pas. Je ne peux pas. J'ai essayé, mais ça revient à tenter de fuir son ombre — quoi que je fasse, il est toujours derrière, à m'épier, à crier sur ma sœur, à partir en claquant la porte.

Elle n'aurait jamais dû l'inviter, mais je ne peux pas lui en vouloir. C'est son frère.

J'en parlerai peut-être à Bokuto-san, demain. Peut-être. Je crois.

Je ne sais pas.