Auteur : Sasha

Titre :Der Schlüssel Zu Meinem Paradies ( La clé de mon paradis, merci à X-HEILIG-Xpour la traduction)

Disclamer : Ben les membres du groupe Tokio Hotel ne m'appartiennent pas... heureusement pour eux d'ailleurs... par contre le reste de ma fiction oui, alors si vous voulez en utiliser des bouts, ou l'intégralité pour... ben chais pas moi, qu'est-ce qu'on peut faire avec une fiction ? A méditer...

Bref, prévenez moi

Rating : Yaoï/Slash et twinceste, vous êtes prévenus.

Synopsis : Ahem... toujours du mal avec ce résumé... Lorsqu'un orphelin fugueur se retrouve à la rue, rien de pire ne peut lui arriver... au contraire...

Note de l'auteur :

Ahem…youhouuuuuuuuuuuu ?! Ya quelqu'un ?

[seul un silence pesant lui répond

Hum…bon c'est vrai que ça fait longtemps…très longtemps…si longtemps que certaines me croyait carrément morte…enfin dans une certaine mesure elles avaient pas tout à fait tort mais bon…

Explications ? Explications donc :

Moi, Sasha, grande fan de fanfictions et de yaoi devant l'éternel, se retrouve en pleine cure de désintoxication NON VOULUE de fanfictions pour cause de travail intensif… comme vous le savez (peut-être) je suis en prépa et j'ai beaucoup de travail blablabla… ceci expliquant cela, ça fait maintenant…euh…plusieurs semaines dirons-nous (plus de 6 en réalité) que je n'ai pas lu de fic et un peu plus d'un mois que j'ai pas eu l'occasion de taper (ENFIN !) cette suite.

Mais j'espère quand même que quelques âmes perdues errent par ici et apprécieront le chapitre...

Merci pour vos reviews !!! Ca me fait chaud au coeur de voir que malgré tout yen a encore pour me lire !

Bref…bonne lecture à vous et encore milles excuses


Chapitre 7

La main fine aux doigts agiles courait sur le papier, entraînant dans son sillage une plume dont l'encre noire parsemait à présent les feuilles étalées sur le bureau. Le visage dissimulé derrière ses cheveux, l'orphelin prenait scrupuleusement des notes alors que Mme Baruch faisait son cours.

Il n'avait pas décroché un mot depuis qu'il s'était assis, et n'avait échangé avec ses voisins qu'un sourire timide et des coups d'œil furtifs. Une sonnerie stridente retentit, et Bill sursauta, un peu paniqué par à ce bruit agressif auquel il n'était pas habitué. Un brouhaha emplit immédiatement la salle de classe, alors que le professeur leur criait depuis le tableau les exercices à faire pour le cours suivant. Le fugueur nota scrupuleusement le travail à faire dans la marge de sa feuille de cours et rangea ses affaires dans le sac à dos prêté par Tom. Ses gestes étaient lents et incertains, il n'avait aucune idée de ce qu'il devait faire une fois hors de la salle et ça le terrifiait.

Lorsque les derniers élèves passèrent la porte et que son professeur ferma son sac, il n'eut pas d'autre choix que de sortir à son tour.

Les couloirs étaient bruyants, pleins de monde et grouillait d'agitation. Figé de peur près de la porte (à présent fermée) de la salle d'anglais, Bill sentit monter en lui une angoisse sourde et brutale qui le poussait à fuir.

Mais fuir où ?

Sa respiration qui s'était accélérée devint saccadée, et ses doigts crispés sur le bas de son pull tremblaient convulsivement.

Il sentait quelque chose monter en lui… quelque chose de violent et dangereux, quelque chose de fort et terrifiant… quelque chose qu'il ne pouvait contrôler...

Dans une tentative désespérée pour reprendre le contrôle de lui-même, ou pour échapper à une partie de lui, il ne savait plus, l'orphelin se jeta brutalement contre le mur derrière lui.

Personne ne le remarqua.

Et pourtant en une seconde il avait totalement changé.

Au choc de son dos contre le mur, la petite clé sous son pull avait tressauté contre son torse, comme pour lui rappeler qu'elle était là.

Et toute la violence de la chose au fond de lui sembla disparaître dans l'ombre, se dissoudre dans les profondeurs de ses entrailles.

Seule la clé comptait à présent.

Seule la clé…

Respirant encore avec difficulté, Bill se demanda un instant ce qui lui était arrivé. Mais il n'eut pas le temps de se pencher d'avantage sur la question car déjà une voix connue retentit dans le couloir.

- Hey Bill, ch'uis là !

Tom lui souriait à quelques mètres plus loin, se frayant un passage à travers la foule, à grands coups de coudes dans les côtes. Bill tenta de lui rendre son sourire, mais la peur était toujours présente et il ne réussit qu'une vague grimace anxieuse.

Comprenant immédiatement la situation, Tom se dépêcha d'arriver à ses côtés et cria tout à coup le plus fort qu'il put dans le couloir bondé.

- HEY ! Y'A MONSIEUR SCHEU QUI DRAGUE MLLE LOWIN DANS LA SALLE AUDIOVISUELLE !!!

En quelques secondes la majorité des élèves avait déserté le couloir en direction de la fameuse salle. Tom se glissa près du fugueur et lui fit un grand sourire.

- Et voilà comment se débarrasser d'un troupeau de moutons gêneurs !

Bill eut un faible sourire et reprit doucement une respiration normale alors que Tom lui avait attrapé la manche et l'entraînait dans les couloirs.

- Bon là c'est la récré, après tu as une heure d'histoire et tu auras fini pour la matinée. Par contre il faudra que tu attendes encore une heure avant que je sorte de cours. J'ai double cours de chimie…beurk…

- Comment est-ce que tu sais tout ça ?

- Tout ça quoi ?

- Mon emploi du temps… Je le connais même pas moi-même…

- Ah… Et bien en fait… Je sais pas si t'as remarqué mais y'a une meu… euh une fille dans ta classe qui s'appelle Lotte, c'est une petite brune, avec souvent des barrettes dans les cheveux et plutôt sex… hum…mignonne "

- … Oui je vois, elle a un joli sourire… gentil sourire…, murmura l'orphelin en se rappelant l'attitude de Lotte un peu plus tôt en cours.

- Ouais, elle est sympa… Bref, je suis sorti avec elle au début de l'année, c'était plutôt fun mais bon ça a pas duré, du coup je connais son emploi du temps et donc le tien. Enfin en gros quoi…

- …"sorti", "fun" ? Tu veux dire que c'est ton amie ?

- Euh…" Nan pas vraiment… Sortir avec quelqu'un ça veut dire… euh… Ben avoir des renc… euh des rendez-vous, se voir souvent, se balader, être ensemble… Ce genre de truc quoi.

- Mais alors… quelle différence y a-t-il entre un ami et "quelqu'un avec qui tu sors" ? Tu ne fais pas toutes ces choses avec tes amis ? Je croyais que c'était pourtant ce que faisaient les amis entre eux…

- Euh ben… On va simplifier les choses : on fait ce genre de choses avec ses amis aussi, mais la personne avec qui tu sors, on appelle ça petite ou petit ami(e), a une relation plus poussée avec toi… Enfin je veux dire généralement y'a de l'amour quoi.

Le dreadé rougit un peu à ces mots et enfonça ses mains plus profondément dans ses poches. Ce n'était pas vraiment le genre de conversation qui le mettait à l'aise.

- Tu veux dire que c'est un amoureux ou une amoureuse, c'est ça ?

- Euh… Ouais, c'est ça… Plus ou moins… sauf que dit comme ça, ça fait très gamin mais bon…

- Mais je comprends pas… Si tu aimes Lotte et qu'elle t'aime, pourquoi tu sors plus avec elle ?

- Parce que je l'aime pas et elle non plus.

- Mais alors pourquoi vous êtes sortis ensemble avant ? Vous avez arrêté de vous aimer, comme ça ?

- Mein Gott… c'est difficile !… Non en réalité on s'est jamais aimé, on se plaisait et on s'entendait bien, c'est tout.

- Vous… vous vous plaisiez ?

- Oui… On se désirait quoi. Mais bon y'a un moment où on se désirait plus vraiment et voilà.

- …

- Bill ?... Bill ça va ?

Ils avaient continué de marcher durant leur conversation mais n'avaient pas encore atteint la cour. Bill s'était arrêté à coté d'un extincteur et fixait Tom, les yeux exorbités.

- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dis quelque chose de mal ?

- …

- Bill ?

Inquiet, Tom se pencha vers le visage baissé de l'orphelin, mais en le voyant de si près celui-ci eut un mouvement de recul.

- …P-pourquoi tu dis ça ?...

- Quoi ?

Le dreadé était complètement désarçonné, Bill le regardait les larmes aux yeux, le ton à la fois accusateur et déçu.

- Tu ne peux pas… C-c'est mal…mal…c'est m-mal…

- Mais de quoi tu parles ? Qu'est-ce qui est mal ?

L'orphelin ne répondit pas, il fixait de son regard troublé et incertain le jeune homme face à lui.

- Bill ? Ca va ?

Tom approcha sa main de l'épaule frêle du fugueur, mais celui-ci eut à nouveau un mouvement de recul. Il ouvrit ses lèvres tremblantes, mais aucun son ne les franchit.

Inquiet, le dreadé avança de nouveau la main et cette fois Bill ne bougea pas. Les doigts calleux du guitariste effleurèrent la joue froide de l'adolescent face à lui. Ce dernier ne savait visiblement plus quoi faire, alors, sans lui demander son avis, Tom l'attrapa par l'épaule plus fermement pour qu'il ne s'échappe pas et plongea ses yeux noisettes dans ceux si ressemblants de son vis-à-vis.

- Ecoute, quoi que ce soit hésite pas en m'en parler. Tu sais que je te jugerai pas, je t'aiderai. Tu le sais, hein ?

- …

- Tu le sais…Bill ?

- … Oui.

Il n'avait que murmuré l'unique mot, mais Tom s'en contenta amplement et lui sourit, un peu rassuré. Pourtant l'orphelin continuait de le dévisager avec une crainte mêlée de curiosité qui l'intriguait.

Qu'avait-il bien pu se passer dans la tête de l'orphelin pour qu'il réagisse ainsi ?

La sonnerie retentit à nouveau, les faisant sursauter. Tom grogna un peu, les récréations lui avaient toujours semblé beaucoup trop courtes…

Il accompagna Bill jusque devant sa salle de cour en silence, un certain malaise régnant entre eux. Face à la porte, l'orphelin se retourna pour le regarder sans rien dire, et ce fut à ce moment que Lotte arriva, un grand sourire accroché aux lèvres.

- Tom ! Salut, ça va ?

Elle se tenait debout entre les deux garçons qui se fixaient, et son regard alla de l'un à l'autre avec curiosité. Tom lui adressa un bref signe de tête avant de lui marmonner un "Super, et toi ?" peu convaincant. Il ne savait pas très bien pourquoi, mais le regard fixe de Bill sur lui le mettait mal à l'aise et il n'osait pas se montrer plus familier avec son ancienne petite amie.

Un silence pesant s'installa entre les trois adolescents, et ce fut l'arrivée du professeur d'histoire qui y mit fin.

Après un dernier signe de tête à Lotte et un regard vers l'orphelin, Tom s'éloigna dans le couloir, plus confus que jamais.

Le double cour de chimie risquait d'être long…

En effet, il fut long.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO

Et lorsque deux heures plus tard Tom sortit de la salle carrelée, il ne souhaitait qu'une chose : rentrer chez lui et s'écrouler dans son canapé en avalant la première chose qui lui passerait sous la main.

Mais ces doux rêves éveillés s'estompèrent brutalement lorsqu'il vit Bill adossé au mur face à la porte de la salle de cour. Le dreadé lui fit un sourire un peu incertain auquel répondit l'orphelin par un regard anxieux.

- Comment t'as su que j'avais cour ici ?

- …Lotte me l'a dit… Elle m'a accompagné pour pas que je me perde…

- C'est sympa. Bon euh… On y va ?

Le fugueur hocha la tête avant de lui emboîter le pas. Ils traversèrent les couloirs et la cour sans rien dire et ne s'adressèrent pas non plus la parole du trajet qui les mena de retour à l'appartement.

Un silence complet les accueillit, Tom appela sa mère mais celle-ci ne répondit pas. Il finit par revenir au salon où l'attendait Bill alors qu'il passait de pièce en pièce pour chercher sa mère. C'est à ce moment qu'il remarqua le petit bout de papier qui trônait sur la table basse. Le dreadé poussa un soupir et laissa tomber son sac sur la moquette tout comme il se laissa lui-même tomber sur le canapé pour lire le mot. Il en fit la lecture à voix haute tout en étendant ses longues jambes sur la table basse.

Tomi, Bill,

J'ai dû partir à Munich pour des détails urgents à régler sur une commande. Je devrais être de retour demain dans l'après-midi. Je n'ai pas encore tout à fait fini la chambre de Bill, elle devrait être prête d'ici quelques jours s'il n'y a pas encore de problème de dernières minute.

J'espère que tout se passe bien pour vous deux, pour ce soir il y a des spaghetti dans le placard (j'ai refait les courses !) et de la sauce bolognaise déjà préparée (avec amour ! ) dans le frigo.

Passez une bonne journée, à demain !

Bisous,

Claire.

PS : j'ai préparé une nouvelle tenue pour Bill pour demain, elle est dans l'atelier sur le fauteuil.

RePS : Tom, descends tes pieds de cette table basse immédiatement !

Le dreadé grogna sur le dernier PS, mais enleva tout de même ses jambes de la table. Il leva les yeux vers l'orphelin et le fixa un instant sans rien dire avant de finalement ouvrir la bouche en voyant Bill mal à l'aise.

- Est-ce que des sandwichs au fromage avec du jambon ça te va pour déjeuner ?

Bill hocha la tête et suivit Tom lorsque celui-ci se dirigea vers la cuisine. Ils sortirent tout ce qui leur fallait sur la table et commencèrent à manger. Le repas se déroula dans un silence tendu troublé seulement par le bruit de leur mastication.

Une fois la cuisine rangée, Tom soupira en observant le fugueur qui restait obstinément silencieux et finit par sortir de la pièce en lançant :

- Bon euh… Chuis un peu naze… Je vais prendre une douche… Si tu as besoin de quoique ce soit, n'hésite pas.

L'orphelin le regarda disparaître dans le couloir et resta figé au centre de la cuisine jusqu'à ce qu'il entende l'eau couler. Il ne savait pas quoi faire, ses pensées tourbillonnaient dans sa tête sans qu'il puisse les contrôler et ça l'affolait.

Tom était quelqu'un de bien, il le savait, il l'avait aidé lorsque personne ne se souciait de lui, il lui avait donné ce dont il avait besoin. Bien plus qu'un toit, de la nourriture et des vêtements. Il lui avait donné de la chaleur.

Un peu de chaleur dans ce gouffre béant qui le dévorait.

Ce gouffre béant qu'il était devenu.

Tom était quelqu'un de bien.

Mais alors pourquoi…

Pourquoi avait-il dit ça… Il en avait parlé comme si c'était la chose la plus naturelle du monde… Mais à lui on lui avait tellement dit que ce n'était pas naturel, que c'était le Mal, le péché… Pourquoi Tom faisait-il le Mal ? Pourquoi quelqu'un comme Tom ferait-il le Mal ?

Bill ne comprenait plus rien.

Et il avait si peur de se tromper.

Il ne voulait pas se tromper…

Il savait que Tom était quelqu'un de bien…

Il fallait juste qu'il en soit sûr… sûr et certain…

Ce fut pour cette raison qu'il s'avança dans le couloir, suivant le bruit de l'eau tombant sur le carrelage de la douche.

Ce fut pour cette raison qu'il hésita un instant devant la porte, avant de pousser doucement le battant qui n'avait pas été fermé à clé.

Ce fut pour cette raison qu'il observa Tom se laver dans la petite douche attenante à la baignoire où lui-même s'était débarrassé de sa douleur.

Et il ne comprit pas.

Il ne comprit pas pourquoi voir Tom nu accélérait son pouls dans ses veines.

Il ne comprit pas pourquoi l'eau coulait si gracieusement sur son corps harmonieux.

Il ne comprit pas pourquoi les longues mains de guitariste qui parcouraient ce corps humide le faisaient frissonner, lui.

Il ne comprit pas pourquoi cette douce chaleur qui l'envahissait avait un tel goût d'interdit…

Ce fut le bruit de la porte de la salle de bain qui se referma brutalement qui sortit Tom de la douce somnolence dans laquelle l'avait plongé l'eau chaude. Fronçant les sourcils, il sortit rapidement de la douche et se ceignit les reins d'une serviette avant de sortir.

- Bill ? Bill est-ce que ça va ?

Aucune réponse ne lui fut rendue, et le silence de l'appartement l'angoissa un peu plus. Il traversa rapidement le couloir en direction du salon, mais celui-ci était vide. Ce fut alors qu'il se tenait sur le seuil de la pièce qu'il entendit comme un sanglot. Le son était presque imperceptible, et Tom crut un instant qu'il l'avait rêvé. Mais il l'entendit à nouveau et, de plus en plus inquiet, il suivit le bruit et entra dans la cuisine.

Bill se trouvait recroquevillé derrière la table, entre une chaise et le mur, le visage enfoui entre ses genoux ramenés contre son maigre torse, qui se soulevait convulsivement au rythme de ses sanglots presque silencieux.

Anxieux, le dreadé s'approcha doucement du fugueur pour ensuite s'accroupir à sa hauteur. Il avança une main un peu incertaine, et effleura les cheveux de Bill du bout des doigts.

Ce dernier sursauta violement et redressa brutalement la tête pour rencontrer le regard inquiet de Tom.

Le dreadé eut lui aussi un brusque sursaut en plongeant ses yeux dans ceux de l'orphelin.

Les prunelles, d'habitude si douces, timides, presque naïves, de l'adolescent s'étaient obscurcies, et la rage de l'incompréhension, la violente douleur de l'incertitude, les habitaient.

La même brutalité, qui l'avait pris le matin même, l'embrasait de nouveau. Et il sentit une vague de fureur déferler dans ses veines, l'envahir sauvagement et l'aveugler dans une terreur incontrôlable.

Quelque chose, de tapi au fond de l'orphelin, s'était de nouveau réveillé.

A suivre.


[Pointe le bout de son nez…

Hum…

[se racle la gorge

Euh…

[petit sourire contrit

Ca…ça vous a plut ?

[espère fortement

Sasha.