Coucou!
Sans attendre, voici la suite. On se retrouve en bas blablabla.
Bonne lecture!
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Hermione se passa une main sur le front. Elle avait l'impression d'avoir traversé le Sahel à genoux sans eau, puis d'être sur le point de mourir, un pied à peine posé dans un luxueux oasis.
Bon, ce n'était peut-être pas grave à ce point.
Hermione enviait sincèrement Malefoy. Bien que Blaise soit un sérial séducteur (ou plutôt, un céréale séducteur comme avait noté Pansy avec mépris), lui du moins parvenait à caser des horaires de travail entre deux promenades dans l'étage en embuscade pour renifler la piste de belles demoiselles aussi merveilleusement qu'un lévrier hargneux. Mais Malefoy, lui ? La brunette se demandait sérieusement quand il travaillait, bien que l'entreprise tourne parfaitement bien. Elle le détestait pour ce détail.
Un coup d'œil à son reflet dans la baie vitrée lui confirma ce qu'elle redoutait : sa chevelure se rebellait contre ses heures de travail, partant dans tous les sens comme un Filet du Diable particulièrement vivace, et de grandes cernes se dessinaient sous ses yeux ambre qui brillaient presque poétiquement. Elle bailla, révélant sa glotte, puis grimaça. Ce n'était finalement pas étonnant qu'elle n'arrive pas à avoir d'homme dans sa vie, si elle arborait régulièrement une tête de mort-vivant.
Pas qu'elle cherchait à avoir un homme dans sa vie, non.
Bien que l'idée avait quelque chose de séduisant. Un homme avec qui partager ses secrets, avec lequel se pelotonner sur le canapé tard le soir, avec lequel elle pourrait s'offrir des balades bucoliques le dimanche près de la mer.
Hermione se gifla mentalement. Si elle n'avait pas la chance d'avoir un homme, c'était parce qu'elle n'en voulait pas, point.
Pas parce qu'elle était tellement obsédée par son travail qu'elle n'avait pas le temps de chercher.
Pas parce qu'elle préférait se faire discrète plutôt que de mettre ses atouts physiques en valeur.
Pas parce que...
Sentant venir la dépression, Hermione se leva, éteignit les lumières dans le bureau, saisit un dossier pour le travailler à la maison, et sortit. L'étage était vide, tant mieux.
Elle se glissa dans l'ascenseur, décidant d'office qu'un verre de rouge et un bain délicieusement chaud l'attendraient chez elle, et bailla encore à s'en décrocher la mâchoire. Lorsqu'elle referma la bouche, et cligna des yeux, elle vit le visage perplexe de Drago Malefoy face à elle, l'inspectant comme s'il était face à un spécimen inconnu de la science et profondément intéressant à étudier. Il lui offrit un grand sourire en réponse à son regard foudroyant.
-Jolies amygdales, Granger, dit-il joyeusement.
Hermione eut envie de se taper la tête contre le miroir au fond de la cabine.
-Tu es encore là, toi ?
A son grand dam, Malefoy paraissait aussi frais et disponible que s'il revenait de vacances dans les Bahamas. Il lui sourit avec insolence, et elle frappa de toutes ses forces le bouton rez-de-chaussée. Les portes se refermèrent, et l'ascenseur entreprit sa lente descente vers les boyaux des Enfers. Ou en tout cas, c'était ce à quoi Hermione songeait quand elle était enfermée dans quelques mètres cube avec son trop séduisant et trop énervant patron.
Malefoy regarda le dossier soigneusement calé sous son bras et lui offrit un sourire moqueur. Hermione eut envie de lui briser un vase en cristal sur le crâne. Le seul ennui étant qu'il n'y avait pas de vase en cristal à proximité.
-Tu es tellement désespérée que tu retournes chez toi pour bosser ? demanda-t-il, incrédule.
-Tu es tellement désespéré que tu retournes chez toi confronter ta harpie de fiancée ?
Cela eut le mérite d'effacer instantanément le sourire de Malefoy et il lui jeta un regard mauvais. Elle lui sourit innocemment.
-Moi au moins, j'ai une vie sociale, rétorqua-t-il.
-Qui te dit que je n'en ai pas ?
-Granger chérie, étant donné que Potter et Weasley ne sont pas venus me casser la figure encore, j'imagine que tu n'es plus en contact avec eux ?
Les yeux de Hermione se fermèrent brusquement, et Drago eut l'impression d'avoir frappé une corde sensible. Il soupira et se prépara, encore une fois, à offrir des excuses à son inquiétante collaboratrice.
-Granger, écoute, je suis désolé...
Il n'eut jamais le temps de terminer sa phrase.
Parce qu'il tomba raide mort.
Non, ce n'était pas le cas, mais c'était en tout cas ce que Hermione aurait espéré. Ce qui se passa au lieu de cela était beaucoup plus dramatique. L'ascenseur offrit un bruit râpeux de corde en fer frottant contre masse en pierre, puis trembla et s'arrêta, entre les étages quarante et quarante-et-un. Les lumières s'éteignirent. Hermione laissa tomber son dossier, sous le choc.
-Merde. Merde. Merde. Merde. Merde !
-Granger, vint la voix traînante de Malefoy, cela ne nous avancera pas à grand chose. Lumos !
La lueur de la baguette de Malefoy vint illuminer l'espace réduit et le visage figé de peur de son employée. Il faillit sourire. Elle était...mignonne. Humaine. À des années lumière de la femme forte et infaillible qu'il fréquentait habituellement.
-Magnifique, murmura-t-il ébahi.
-Quoi ?
Il faillit se boucher les oreilles. Dans sa panique, la voix de Granger avait pris des tonalités suspicieusement proches de ce que devaient être les hurlements d'une banshee. Il se demanda soudainement si Hermione et Astoria n'avaient pas des parents en commun. Cela aurait été une théorie tout à fait plausible : elles étaient aussi chiantes l'une que l'autre.
-Rien, marmonna-t-il.
Il s'assit dans un coin de la cabine, attendant un renfort quelconque. Quelques personnes seules le savaient, mais l'ascenseur principal du bâtiment était relié à un système d'alarmes qui avertirait les Aurors en cas d'ennui. Ce n'était qu'une question de temps.
-Je boirai bien une Vodka, déclara-t-il sans pertinence aucune.
-Malefoy, s'écria Hermione en faisant les cent pas (ou plutôt, dans l'espace réduit, les deux pas et demi, demi-tour, deux pas et demi, demi-tour...), comment-peux-tu rester aussi calme dans un moment pareil ? Nous allons tous mourir, c'est une catastrophe !
Elle s'écroula à genoux dans un mouvement dramatique, plaquant le revers de sa main contre son front, visage congestionné dans une moue de détresse, et il la fixa, nullement impressionné.
-Granger, dès que cet ascenseur est tombé en panne, les Aurors ont été alertés, d'accord ? Dans quelques minutes, nous serons sains et saufs.
-Oh, marmonna-t-elle d'une petite voix.
Il y eut un moment de silence, puis Hermione s'assit face à lui, ses yeux perçants le dévisageant. Malefoy arborait un petit rictus qu'elle n'aimait absolument pas.
-Granger, tu as combattu les forces du Mal, et tu es terrorisée par une panne d'ascenseur ?
-La ferme, aboya-t-elle en plissant des yeux menaçants dans sa direction. Et toi, Malefoy, de quoi as-tu peur ?
-D'Astoria, avoua-t-il d'une voix moqueuse.
-Très drôle.
-Je suis ravi de constater que tu prends enfin mes qualités de comique à leur juste valeur.
-Étant donné que tout chez toi est risible, ce n'est pas bien difficile...
-Tout chez moi est risible ? Je suis l'héritier Malefoy, le célibataire le plus en vue d'Europe, le...
-Ta vie est un mensonge, Malefoy.
Il y eut un silence hostile.
-Granger, quand on sortira d'ici, je vais te dévergonder comme il se doit, promit-il avec une lueur prometteuse au fond des yeux. Tu te prends trop au sérieux.
Elle se hérissa.
-Il n'y a aucun mal à cela.
-Tu ne t'en rends évidemment pas compte. Lâche du lest, amour.
-Je ne suis pas ton amour, cracha-t-elle.
Pas encore, songea l'esprit démoniaque du patron.
-Granger...où sont Potter et Weasley ?
-La dernière fois que j'ai eu de leurs nouvelles, il y a trois mois, ils filaient le parfait amour au large de Buenos Aires, déclara-t-elle.
Malefoy eut envie de vomir. Il imaginait parfaitement les deux affreux, pris dans une étreinte, partageant un baiser collant et dégoûtant...
-Potter et Weasley sont...gais ?
Ce n'était finalement pas une bonne idée de parler de cela dans un espace où il ne pouvait décemment rendre son dernier repas.
-Oui. Et comme Harry a abandonné Ginny devant l'autel pour convoler avec Ron, autant dire qu'ils ont dû fuir...et m'envoient rarement de leurs nouvelles du fait de leur disparition.
Drago n'avait absolument rien contre l'homosexualité. Cependant, l'idée même que ses deux ennemis puissent être dans une relation avec qui que ce soit le sidérait. Alors l'un avec l'autre...
-Parlons d'autre chose, Granger, tu veux ?
…
Narcissa surveilla sa montre suisse Rolex, pour ne pas citer de marque, avec attention. Plus que dix minutes avant que...
Le bruit caractéristique du transplanage interrompit ses pensées, alors qu'elle vit avec stupéfaction une dizaine d'Aurors cerner le hall de la Malefoy Inc., où elle attendait actuellement la suite des événements.
-Put your motherfucker hands in the motherfuckin' air, you motherfuckin' criminal, hurla l'un des Aurors en brandissant sa baguette comme un pistolet, son faux accent américain à couper au couteau heurtant tout le monde.
-Mais tu vas arrêter, un peu, Jonas ? hurla une jeune blonde en le giflant derrière la tête. Tu te crois où exactement ?
-Ils font comme ça à la vélétision, jura ledit Jonas perplexe. Je l'ai vu chez ma cousine moldue...c'est classe. Enfin...enfin je croyais...
Narcissa secoua sa chevelure blonde en soupirant. Où allait le monde, sérieusement ?
…
Drago était sérieusement irrité à présent. Les minutes passaient avec la lenteur d'un escargot de Bourgogne à la persillade. Hermione fixait la porte de la cabine, et il fixait Hermione.
-Arrête de me regarder avec autant d'insistance, Malefouine, dit-elle calmement. On dirait un sociopathe.
-Que veux-tu que je regarde d'autre ? se plaignit-il. Il n'y a que toi pour trouver la porte intéressante. Tout comme il n'y a que toi pour pouvoir rendre un parchemin de trois mètres à Binns sur le protocole du service de table chez les Gobelins au XIIème siècle.
Elle renifla dédaigneusement et posa finalement les yeux sur lui.
-Il faut que tu sois constamment le centre du monde, hein Malefoy ?
-Je suis le centre du monde, s'offusqua-t-il. Que tu ne t'en rendes pas compte me blesse à un point inimaginable.
Elle ne daigna pas répondre.
-Granger, je te parle !
-Et je n'ai pas envie de t'écouter, s'exaspéra-t-elle.
…
Les Aurors passaient instantanément les menottes enchantées à Narcissa Malefoy, qui les regardait avec autant de venin qu'un cobra.
-Vous le regretterez, je vous le dis, siffla-t-elle avec majesté.
-Ce que je ne comprends pas, répliqua l'un des Aurors en caressant un peu trop sensuellement son adorée moustache, c'est pourquoi vous avez trafiqué le système électrique de la boîte de votre fils unique ?
-J'ai deux fils, s'enorgueillit Narcissa. Demandez à Blaise. Et ensuite, vous ne comprendriez pas. Je ne souhaite que le bonheur de mon bébé Drago. Et si je dois forcer le destin pour que Hermione Granger devienne ma belle-fille, ainsi soit-il, mouahahahahaha !
…
-Mais Grangeeeeer !
Décidé à attirer définitivement l'attention de son employée sur lui, Drago lâcha sa baguette, et bondit sur elle pour la secouer. Ce qu'il n'avait pas prévu c'était que Hermione, ancienne combattante de guerre, avait gardé quelques réflexes agiles de cette époque, ainsi qu'une méfiance innée, et roula hors de sa portée, avant de placer un coup de pied dans la rotule de son patron, manquant de lui briser la jambe. Il s'écroula sur elle en beuglant comme un veau à la tétée, et dans l'espoir de respirer, elle tenta de le pousser pour se retrouver dessus. À ce moment précis, l'ascenseur se remit en marche avec une secousse, sans qu'ils ne s'en rendent compte, et Drago prit le dessus, alors qu'ils continuèrent de lutter pour la suprématie de la cabine.
Les portes s'ouvrirent avec un ding sonore, et une dizaine d'Aurors, un moldu électricien en menottes, et une Narcissa presque hystérique qui hurlait au visage des Aurors qui tentaient de la maîtriser :
-La garde meurt mais ne se rend pas ! Cambroooonne !
Tout ce petit monde s'arrêta devant le spectacle : Hermione, allongée contre le tapis de l'ascenseur, ses jambes autour de la taille de Drago, qui était sur elle, maintenant ses poignets contre le sol. Narcissa sourit si fort que l'un des Aurors dut replacer sa « motherfuckin' » mâchoire du plat de la main.
…
-Qu'est-ce que tu fous ici, espèce de sale petite...
Pansy leva le doigt du milieu, le présentant à Blaise, avant de contourner le métis et de pénétrer dans le grand appartement.
-Fais comme chez toi, surtout, grommela-t-il en se retournant après avoir claqué la porte.
Pansy tapota sa cigarette, et la cendre tomba sur le tapis, où elle l'enfonça d'un talon bien placé. Elle regarda autour de la grande pièce, salon et cuisine en un avec bar américain, lumineuse et moderne, puis s'installa sur le canapé cuir beige, posant ses pieds chaussés de Prada sur la table basse en verre.
-Il y avait longtemps que je n'étais pas venue ici, s'amusa-t-elle en regardant Blaise dans les yeux.
-Et s'il n'en tenait qu'à moi, tu n'y serais jamais plus entrée, assura Blaise avec un rictus.
Le métis sortait de la douche, et était torse nu, arborant seulement un bermuda. Il passa derrière le bar et sortit une bouteille de Whisky Put Feu et deux shooters. Il fit léviter le tout au bout de sa baguette et l'installa sur la table basse, virant les pieds de Pansy d'un revers de bras.
-Je viens de la part de Cissy, assura Pansy froidement en acceptant le shooter qu'il lui tendait.
Elle le descendit cul sec sans une grimace.
-Par rapport à Hermione et Drago.
-Drago n'a pas besoin de l'aide de Cissy, rétorqua Blaise. Il veut...
-Je sais ce qu'il veut, mais tu conviendras qu'il ne se donne pas trop les moyens d'y parvenir ?
-Tu as un plan ?
Elle hocha la tête, songeuse, écrasant son mégot au fond de son shooter, et détailla son plan.
-C'est...bon, mais il faudra qu'elle se laisse convaincre, murmura Blaise.
-Cela reste mon boulot, répondit Pansy. Tu as compris ta part ?
Blaise hocha la tête et Pansy se leva, allumant une autre Chesterfield dans la foulée, avant de se diriger vers la sortie.
-On marche sur ce coup-là, Parkinson, mais sache que je ne cesserai jamais de te haïr, dit Blaise avec une rage sourde.
Elle se retourna, regard étincelant de rage, et ses lèvres se recourbèrent.
-Le sentiment reste mutuel, assura-t-elle avant de claquer la porte.
Blaise soupira, puis quelque chose attrapa son regard. Pansy avait perdu sur le canapé un petit mouchoir en soie émeraude et argent à ses initiales. Le métis le prit et le porta à son nez. Cela sentait...Pansy. Un riche mélange majestueux, mais aussi fragile et vulnérable. Il sentit son sexe réagir et se maudit.
Pansy était une garce, il ferait mieux de ne pas l'oublier. Il ne l'avait pas sortie de sa vie pour rien.
Néanmoins, le mouchoir vint reposer sous son oreiller cette nuit-là, à ses côtés.
.
Voilà!
Fin de chapitre beaucoup plus sérieux, mais c'était, je pense, adapté.
Voici donc passé la mission ascenseur, que croyez-vous que la mission avec Blaise et Pansy donnera?
MOUAHAHAHA!
Sur une note plus sérieuse, en revanche, j'ai remarqué que très peu de personnes reviewaient en ce moment. Folie groupée ou quoi? La review est le pain de l'auteur et blablabla, mais n'oubliez pas non plus que cela nous aide beaucoup et que cela est le but même pour lequel nous écrivons: pour satisfaire des lecteurs. Le minimum de retour c'est de laisser une review non? Je dis ça, je dis rien, je ne laisse pas de reviews à chaque fois que je lis quelque chose...mais j'essaie dans la mesure du possible. Le dernier chapitre de I'm Still Alive n'a accumulé que cinq ou six reviews: je n'ai jamais eue une audience si basse. J'ai fait quelque chose de mal? Parce que c'est à se demander!
Le chapitre du Mariage des Ténèbres devrait arriver bientôt, pour les Agneaux je ne sais pas quand: je vous l'avais promis, je sais, mais j'ai pris du retard donc faut que je le rattrape.
Dans le prochain chapitre, beaucoup d'embarras, une première cuite, des disputes, des aveux, et une Narcissa aussi folle que jamais.
Bises!
