On vous souhaite à tous de bonne fêtes !
Bonne lecture,
Yzan & Lili.
~Journée off et rencontres avec les proches.~
- Alors ? Qu'est-ce que t'en penses ? Ça me va bien ?
Sasuke observa Naruto qui sortait de la cabine d'essayage, vêtu d'un pantalon large écossais particulièrement affreux. Le pire, c'était qu'effectivement ça lui allait plutôt bien à ce crétin. Mais pas question de l'avouer. Faisant une moue dubitative, il lâcha :
- Aussi bien qu'une moumoute rose à un caniche.
Naruto éclata de rire avant de retourner dans la cabine d'essayage. Aujourd'hui, il avait réussi à kidnapper le bachelor de ses dames au nez et à la barbe de la production, et surtout d'Itachi ! Passer le portail, extrêmement bien gardé par deux gardes et leurs chiens, ne fut pas bien difficile. Kiba lui avait prêté sa moto, et avec un casque sur la tête Sasuke était méconnaissable. Quand il avait demandé à son amant ce qu'il voulait faire, celui-ci avait proposé qu'ils aillent au centre commercial.
Ils se retrouvèrent donc à écumer les magasins, critiquant les articles et les clients comme deux amis de longue date. En passant devant la vitrine d'une enseigne de fringues branchées, ils n'avaient pu s'empêcher de se moquer des dites fringues. Sasuke avait mis Naruto au défi d'en essayer, et ce fut ainsi que le blond se retrouva dans une cabine d'essayage à enfiler tous les articles que le bachelor lui tendait, articles tous plus moches les uns que les autres.
- Tiens, enfile ça !
Naruto fixa le pantalon en cuir rouge vif que Sasuke lui tendait.
- Sas'ke, je veux pas être pessimiste, mais ça... je rentre même pas dedans ! fit-il remarquer.
- C'est ta taille pourtant. Tu te défiles ?
- Jamais !
Naruto attrapa le pantalon et s'enferma dans la cabine. Mais après de nombreuses minutes à batailler avec le vêtement, il finit par rendre les armes.
- Ça rentre pas !
Sasuke, ainsi interpellé, écarta le rideau, et éclata de rire devant le spectacle de son majordome engoncé dans un pantalon qui n'atteignait même pas le milieu de ses cuisses.
- Te moques pas ! C'est impossible de rentrer là-dedans ! protesta Naruto.
- Bien sûr que si, c'est juste toi qui est trop gros ! se moqua Sasuke.
- Ah oui ? Ben essaye le toi pour voir ! râla Naruto en ôtant, non sans difficultés le vêtement.
Sasuke sourit narquoisement et récupéra l'objet de son fou rire avant d'aller investir la cabine voisine.
Naruto se rhabilla, non sans marmonner dans sa barbe inexistante contre son amant qui se foutait de sa gueule à la moindre occasion.
Mais il perdit toute idée de vengeance quand il le vit vêtu du fameux pantalon. Le cuir rouge moulait à la perfection les longues jambes et le postérieur parfait du brun. De chaque côté du vêtement, un lacet noir descendait en croisillons mettant en valeur le galbe de ses jambes.
- C'est quoi cette tête? s'enquit Sasuke, amusé par l'air bovin du majordome.
- C'est totalement injuste... soupira Naruto. Même dans un pantalon ridicule t'es sexy...
- Je l'achète alors ? demanda Sasuke, plus pour rire que par envie réelle.
- Certainement pas ! S'exclama Naruto. Si tu le mets, tu vas te faire violer à peine sorti de chez toi ! Je t'interdis de l'acheter !
Et juste parce que Naruto le lui avait interdit, Sasuke acheta le pantalon qu'il ne mettrait jamais au grand jamais, Dieu l'en garde. Mais cela, bien évidemment, fit râler l'employé de maison.
Tout en déambulant dans la galerie marchande, les deux complices discutèrent tranquillement, plaisantant entre eux parfois au dépend des autres. Ils ne virent pas la matinée passer, et ce fut l'estomac de Naruto qui les rappela bruyamment à l'ordre.
- Aurais-tu faim, par hasard ? Se moqua gentiment Sasuke.
- Carrément, répondit Naruto. Tu veux manger quoi ? Je crois qu'il y a un restau bio pas loin...
- Y'a un fast-food juste là, rétorqua Sasuke en désignant l'enseigne un peu plus loin.
- Quand je dirai à Kiba que tu n'aimes pas sa cuisine, il va en faire une jaunisse, et s'en sera fini de tes petits privilèges culinaires, menaça Naruto en suivant son amant dans le fast-food.
- Tu ne comprends rien. J'aime la cousine de Kiba. Juste j'en ai marre de bouffer bio, sain et équilibré. De temps en temps, la mal-bouffe c'est tout aussi bien.
Sur ces mots, Sasuke passa sa commande et alla s'installer à une table, Naruto sur ses talons.
- En parlant de Kiba, reprit Naruto entre deux bouchées, tu sais que tu as de la concurrence ?
- Hm ?
- Kiba craque complètement sur l'une de tes "prétendantes", développa Naruto, mimant les guillemets avec les doigts.
- Ah oui ? Laquelle ?
- Devine !
Sasuke passa rapidement en revue les candidates, cherchant laquelle pouvait bien avoir tapé dans l'œil du cuisinier. Ino ? Non, trop superficielle. Karin ? Trop exubérante. Mei ? Trop vieille. Ne restait qu'Hinata. Réfléchissant rapidement, le jeune homme se dit que oui, elle pouvait plaire à Kiba. Il lâcha donc le prénom de la jeune femme, sûr de lui, mais le sourire narquois et le geste de négation de Naruto le fit revoir son jugement.
Il refit son raisonnement, ne trouvant pas la faille. Puis soudain,ce fut l'illumination. Sa bouche s'entrouvrit sous le choc.
- Non !
- Et si ! s'amusa Naruto.
- Mais... Mais je croyais qu'il était hétéro ! s'exclama Sasuke.
Naruto ricana et rétorqua :
- Il est bi, mais il a toujours eu une préférence pour les filles. Et Haku ressemble à une fille... donc c'est parfait pour lui.
- C'est la seule chose qui l'intéresse ? s'étonna Sasuke.
- Oh que non ! Si tu savais tout ce qu'il me dit sur lui... il est complètement accro en fait.
Sasuke sourit, et écouta d'une oreille attentive son amant lui raconter comment Kiba et Haku s'étaient rencontrés lors d'une promenade dans le parc, Kiba sortant Akamaru et Haku fuyant les candidates. Les deux jeunes hommes avaient discuté, puis s'étaient progressivement rapprochés. Depuis, Haku allait souvent visiter la cuisine de Kiba pour la plus grande joie du cuisinier, et de son chien qui visiblement adorait le travesti.
Tout en écoutant Naruto, Sasuke se promit de tester le terrain de son côté pour savoir si Kiba avait ses chances. De ce qu'il en savait, Haku aimait les hommes assez primaires, un peu sauvages, ce qui correspondait parfaitement au profil du cuisinier. Intérieurement, le brun se jura de tout faire pour que ces deux-là se mettent ensemble. Il les trouvait vraiment bien assortis, et jouer les cupidons l'amuserait beaucoup. Ainsi, ce jeu stupide de télé réalité aurait au moins quelques bons côtés.
Après un repas vite avalé, les deux fuyards reprirent leurs déambulations dans l'immense centre commercial, s'amusant d'un rien et riant joyeusement à tout bout de champs. Une salle d'arcade attira leur attention, et ils se lancèrent dans une compétition sans merci à différents jeux vidéos. Ils découvrirent ainsi qu'ils étaient aussi compétiteurs l'un que l'autre... et tout aussi mauvais perdants.
Pendant que le bachelor et son majordome prenaient du bon temps loin de la villa, la vie suivait son cours au sein de la bâtisse. Orochimaru passa sa journée à revoir le déroulement des prochains jours, s'assurant que les invités spéciaux étaient bien en route et seraient bien logés. Les candidates restantes se prélassèrent au soleil, discutant de choses diverses et variées mais surtout futiles, toutes impatientes de faire connaître Sasuke à leurs familles et amis.
Haku avait fuit ces conversations sans intérêt dés la fin de la matinée et avait trouvé refuge dans la cuisine où Kiba l'avait accueilli d'un grand sourire. Après avoir déjeuné ensemble, ils s'étaient promenés dans le parc avec Akamaru, jouant avec l'immense chien jusqu'à l'épuisement. Puis Kiba avait proposé à Haku de l'aider à préparer le dessert du soir, ce que le travesti avait accepté avec joie, avouant son incompétence totale en cuisine, ce qui ne découragea nullement le cuisinier qui se transforma pour l'occasion en professeur.
Bref, c'était une journée parfaitement paisible dans la villa. Mais c'était sans compter Itachi Uchiwa. Celui-ci avait largement profité de son lit le matin même, s'accordant une grasse matinée amplement méritée. Il était midi passé quand il avait enfin émergé de sa chambre, apparaissant dans le salon de sa suite les cheveux en batailles, les yeux bouffis, et son pyjama en pilou vert pâle avec des smileys jaunes dessus complètement chiffonné.
Quatre tasses de café et une heure dans la salle de bain plus tard, Itachi avait soudain remarqué l'absence de Sasuke dans son champ de vision. La chambre vide de son cadet l'alarma légèrement, mais il se raisonna, se disant que son frère avait sûrement profité du beau temps pour aller lire dans le parc. Il s'empressa d'attraper son téléphone portable pour le contacter et s'assurer qu'il allait bien.
Quelques minutes plus tard, ce fut un Itachi complètement paniqué qui sortit de la suite en courant, son portable à la main. Un malheur était arrivé ! Sasuke... Sasuke... était peut-être blessé dans un coin, ou pire : mort dans un fossé ! C'était une catastrophe, il devait absolument retrouver son frère ! Il avait fouillé toute la suite, retournant même les matelas au cas où. Il avait aussi sillonné l'intégralité du parc, cherchant dans chaque buisson et creusant même sous la pelouse. Mais rien, son cadet était introuvable. Et surtout, pire que tout... et signe incontestable que Sasuke était en danger : il ne répondait pas à ses appels !
Ce n'était pas la première fois que cela arrivait. Quand il était en cours, en réunion ou au volant, Sasuke ne décrochait pas son téléphone. Mais il lui envoyait toujours rapidement un texto pour le prévenir. Alors que là, il avait essayé de l'appeler une dizaine de fois déjà, avait laissé autant de messages sur le répondeur, et toujours aucun signe de vie de son frère. Pas même un petit sms... rien de rien ! Et Itachi savait avec certitude que Sasuke n'était ni en réunion, ni en cours !
Ouvrant toutes les portes sur son passage, Itachi fouilla l'étage entier avant de descendre et de recommencer ses recherches frénétiques à l'étage du dessous. Pas un coin ne fut épargné. Les tapis furent violemment soulevés, les rideaux brusquement écartés, les tiroirs brutalement ouverts et pas refermés. Chaque pièce fut passée au crible du sol au plafond et du plafond au sol ! Les récriminations des moutons de poussières qui furent dérangés dans leur sommeil furent royalement ignorés, et les araignées virent leurs toiles arrachées sans ménagement.
Mais en arrivant au bout du premier couloir du premier étage, Itachi réalisa que ces fouilles lui prenaient énormément de temps. Et il n'avait toujours aucune nouvelle de Sasuke ! Mais qui avait eu l'idée stupide de construire une maison aussi grande ? Décidant qu'il avait besoin d'aide, il descendit au rez-de-chaussée en catastrophe et chercha à trouver ce foutu producteur qui n'était jamais là quand on avait besoin de lui !
En ouvrant une porte, il arriva dans les cuisines, surprenant le cuisiner et l'une des candidates en train de faire il ne savait quoi, mais ça ressemblait vaguement à un gâteau. Peu soucieux de les interrompre, il attrapa le cuistot par les épaules et le secoua sans ménagement en hurlant de manière hystérique :
- Sasuke a disparu ! Il a dû être enlevé ! Il a été attaqué ! Il est blessé ! Il faut le retrouver ! Vite !
Haku tenta de calmer le jeune dirigeant d'entreprise.
- Il doit être dans le parc. Vous avez essayé de l'appeler ?
- Oui, mais il ne répond pas ! Cria Itachi, lâchant Kiba pour faire les cent pas dans la cuisine. J'ai bien essayé de prévenir la police, mais ils n'ont rien voulu savoir ! Soit disant que comme il est majeur, on ne peut pas signaler sa disparition avant quarante-huit heures ! Ils n'ont même pas voulu faire une alerte enlèvement !
Kiba, qui avait récupéré de s'être fait secouer comme un prunier, soupira lourdement. Et qui allait devoir couvrir l'escapade des deux amants secrets ? Lui bien sûr ! Ôtant son tablier, il échangea un regard entendu avec Haku et dit :
- On va vous aider à le retrouver. Il ne peut pas être bien loin. Et la maison est hyper sécurisée, aucun risque qu'il ait été enlevé ou agressé. Il a dû s'endormir quelque part...
- Vous croyez ? Demanda Itachi, un air de chiot éploré sur le visage.
- Mais oui, assura Kiba en donnant une tape amicale sur l'épaule du jeune homme. J'ai un chien vous savez, il est très doué pour retrouver les gens. Vous auriez quelque chose appartenant à Sasuke et ayant son odeur ?
Itachi sortit de sa poche un boxer noir, et le tendit au cuisinier en disant :
- C'est le seul vêtement qui n'ait pas encore été lavé...
Haku se mordit les lèvres pour ne pas rire. Profitant que toute l'attention d'Itachi soit sur Kiba et Akamaru qui reniflait le sous-vêtement, il envoya discrètement un texto au disparu pour le prévenir de l'état de son frère.
- Il va le retrouver rapidement hein ? s'enquit Itachi en voyant Akamaru flairer le sol en tournant en rond.
- Oui, oui, rassurez vous, affirma Kiba. Je propose qu'on se sépare. Vous suivez Akamaru, pendant que Haku et moi on va fouiller le parc.
- Excellente idée. Donnez moi votre numéro de téléphone. Je vous préviendrais dés que je l'aurais retrouvé et vous ferez de même.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Kiba échangea son numéro avec Itachi et les duos se séparèrent pour se lancer dans des recherches parfaitement inutiles mais nécessaires pour le bien du grand frère.
Sur la terrasse, Kiba et Haku croisèrent les candidates et leur expliquèrent la situation : Sasuke avait mystérieusement disparu, et les encouragèrent à aider Itachi dans ses fouilles. Rapidement, la nouvelle fit boule de neige et toutes les personnes vivant de la villa furent mises à contribution pour retrouver le bachelor disparu.
- Il faudrait prévenir les gardes, suggéra soudain Hinata. Si quelqu'un est entré ou sorti, ils le sauront. Peut-être même ont-ils des caméras de surveillance.
- On s'en charge, s'empressa de dire Haku en saisissant le bras de Kiba. Vous, occupez vous de l'intérieur.
Au pas de course, le jeune travesti entraîna le cuisinier vers les grilles de la propriété.
- Tu parles d'un bordel ! Il pourrait répondre à son téléphone quand même cet imbécile ! Il connaît son frère, non ? râla Kiba.
- Peut-être est-il trop occupé pour l'avoir entendu, se moqua gentiment Haku. Bon, attendons les là, ajouta-t-il en désignant des buissons à proximité du poste de garde.
- Ouais, ben ils ont intérêt à se magner le cul. J'ai un repas à finir moi...
- Arrête de te plaindre. Je l'aime bien Itachi moi. Et puis c'était assez drôle de le voir te secouer comme un prunier.
- Parle pour toi, il a failli me déboîter les cervicales !
Un hululement le fit sursauter, attirant son attention sur son compagnon de galère. Haku sortit son téléphone de sa poche et sourit.
- Ils rentrent, annonça-t-il.
- Ah ben quand même ! ronchonna Kiba. Dis lui d'appeler son frère.
Haku tapa le message et attendit la réponse qui ne tarda pas, et le fit éclater de rire.
- Quoi ? demanda Kiba.
- Il dit : Et vous priver d'un Itachi au bord de la crise de nerf ? Jamais...
- Sadique !
- Et fier de l'être en plus, plaisanta Haku devant l'air ronchon de Kiba.
Le cuisinier bougonna mais resta à sa place, assurant qu'il faisait ça pour son meilleur ami et certainement pas pour l'enfoiré sadique qui lui servait de sex-friend, enfin plus ou moins.
Le bruit d'une moto retentit, faisant surgir des buissons les deux planqués. Kiba se mit au beau milieu de l'allée, attendant de pied ferme les deux évadés. La moto et ses deux passagers passèrent la grille pour s'arrêter juste devant lui. Sasuke descendit souplement de la bécane, ôtant son casque au passage. Il tendit celui-ci à Kiba et le remercia de les avoir couvert Naruto et lui.
- Ouais ben dépêche toi de trouver une excuse pour expliquer ton absence, parce qu'il est fou ton frangin !
- Je sais, lança Sasuke avant de partir en courant vers le bois en bordure de la propriété.
Une fois qu'il eut disparu, le cuisinier se tourna vers Naruto et demanda :
- Ça valait le coup au moins ?
- Carrément, répondit Naruto, un air rêveur sur le visage.
Pendant que Kiba, Naruto et Haku rejoignaient la villa en se racontant leur journée respective, Sasuke courrait à travers les bois. Il fit un grand détour pour rejoindre le jardin, faisant bien attention à ne pas se faire repérer. Juste avant de revenir dans les allées bien entretenues aux abords de la villa, il s'assura de sa tenue et de sa coiffure, sortit un livre du sac qu'il avait emmené pour sa journée de shopping et reprit sa route d'un pas nonchalant. A peine avait-il fait trois pas qu'un aboiement attira son attention.
Il faillit éclater de rire en voyant Akamaru courir vers lui, la langue pendante, la queue battante et Itachi accroché à sa laisse tel un drapeau secoué par un violent vent d'automne.
- Sasuke ! Oh mon Dieu, merci, tu n'as rien ! Tu vas bien ? Où étais-tu ? Pourquoi tu ne répondais pas à mes appels ? Il s'est passé quelque chose ? On t'a enlevé ? On t'a agressé ?
Sasuke soupira discrètement, laissant son aîné l'examiner sous toutes les coutures avec frénésie.
- Il ne m'est rien arrivé de tout ça, le rassura-t-il. Je me suis bêtement endormi en lisant dans une clairière un peu plus loin dans les bois. Et là-bas, je n'avais pas de réseau.
Inutile de dire à Itachi que la seule raison pour laquelle il n'avait pas décroché c'était tout simplement qu'il était en train de se battre aux jeux vidéos contre Naruto. Il avait d'ailleurs eu un peu peur en voyant les cinquante appels en absence et au moins autant de messages.
Mais en voyant les textos d'Haku, il avait mieux compris la situation et avait décidé de laisser mariner son frère. C'était sa petite vengeance personnelle pour l'avoir obligé à participer à cette mascarade ridicule. Et puis, imaginer Itachi en train de mettre la villa entière sur le pied de guerre l'amusait beaucoup. Il n'y avait pas de raison qu'il soit le seul à subir la paranoïa de son aîné, il voulait bien partager avec les autres, avec grand plaisir même.
~oOo~
- N'est-ce pas qu'elle est magnifique ma petite fille ?
Sasuke hocha vaguement la tête, amusé par l'enthousiasme débordant de son interlocuteur. Après son escapade de la veille, Itachi ne l'avait pas lâché d'une semelle, craignant qu'il ne lui arrive un quelconque malheur s'il le perdait de vue ne serait-ce que dix secondes. Et ce matin, il avait eu droit à une liste de recommandations longue comme le bras en guise de préparation au déjeuner avec Ino et son invité, déjeuner auquel Itachi n'assisterai pas, la rencontre avec les proches de Sasuke devant avoir lieu ultérieurement.
Dés qu'il l'avait vu, Sasuke avait tout de suite su que ledit invité était le père de la jeune femme. Les mêmes longs cheveux blonds, les mêmes yeux bleus, le même enthousiasme débordant... La ressemblance était plus que frappante. Inoïchi l'avait salué chaleureusement, avant de partir dans un long monologue sur les multiples qualités de sa fille, rappelant furieusement son propre frère au bachelor.
- Papa, arrête ! dit Ino d'une voix lasse.
- Mais enfin ma chérie ! Un père a quand même le droit de vanter les mérites de sa fille ? s'offusqua Inoïchi.
- C'est embarrassant, rétorqua Ino en reprenant du poil de la bête.
- Je ne vois pas en quoi c'est embarrassant ! Ce jeune homme a quand même le droit de savoir à quel point tu es merveilleuse et à quel point je suis fier de toi !
Sasuke pouffa discrètement derrière son verre en assistant à la dispute familiale qui ne semblait pas être la première sur le sujet, ni la dernière sûrement. Le père et la fille argumentèrent chacun de leur côté, chacun campant fermement sur ses positions. Finalement, ce fût Inoïchi qui mit fin au débat stérile, se tournant brusquement vers Sasuke et lui disant :
- Mais nous ne sommes pas là pour ça. Dites-moi Sasuke, que faites vous dans la vie ?
Un peu surpris du soudain changement de sujet, le bachelor prit le temps de finir sa bouchée, avant de répondre poliment :
- Je suis directeur adjoint d'une entreprise publicitaire.
- Oh ! Oui, évidement Uchiwa Corp ! C'était l'entreprise de votre père, si je ne m'abuse. Et c'est votre frère qui la dirige à présent.
- Tout à fait.
Inoïchi but une gorgée du vin qui accompagnait la souris d'agneau et l'assortiment de légumes frais cuits à la plancha et arrosés d'huile de pépin de raisins, puis reprit, ses yeux s'illuminant d'un éclat intéressé :
- Vous avez fait toutes les publicités pour Messmer ! Cet homme me fascine ! Ce qu'il arrive à faire est absolument fabuleux. Entrer comme ça dans l'esprit des gens et les manipuler ainsi c'est génial, et assez effrayant aussi.
Sasuke acquiesça de la tête, puis se penchant légèrement vers son interlocuteur, assis face à lui, avoua :
- Je l'ai rencontré, et je dois avouer qu'il est effectivement assez effrayant.
- Il vous a hypnotisé ? demanda Inoïchi avec un intérêt non feint.
- Hm. Et c'est une expérience étrange et très déstabilisante.
- Je veux bien vous croire. J'ai toujours été fortement intéressé par les mécanismes plus ou moins conscients de l'esprit et de la mémoire. Alors forcément, l'hypnose est un sujet sur lequel je me suis penché. Mais je n'en ai jamais fait l'expérience.
- Si vous voulez je peux vous avoir des billets pour son prochain spectacle, proposa Sasuke.
- C'est vrai ?! S'enthousiasma Inoïchi. Mais je ne voudrai pas abuser...
Sasuke sourit et sortit son portable de sa poche tout en rassurant le père de sa prétendante.
- Ça me fait plaisir, vraiment.
- Alors dans ce cas...
Collant son téléphone à son oreille, Sasuke demanda à Itachi de lui fournir trois places pour le prochain spectacle de Messmer afin que la famille Yamanaka puisse y assister.
Une fois ce détail réglé, il se lança dans une discussion à bâtons rompus avec Inoïchi sur l'hypnose, les méandres de l'esprit humain et la complexité de la mémoire. Tout en faisant son service, Naruto écouta attentivement la conversation, s'étonnant de tout ce que les deux hommes connaissaient sur le sujet, et apprenant des choses qu'il n'aurait même jamais soupçonné. Il devait bien reconnaître qu'il n'avait jamais réfléchi là-dessus.
Attablée avec eux, Ino mâchouillait vaguement ses légumes, soupirant intérieurement devant le peu d'intérêt que son père et le bachelor lui portaient. Elle était prête à parier que même si elle quittait soudainement la table ils ne s'en rendraient absolument pas compte. Boudeuse, elle détailla le profil de Sasuke, admirant les traits fins et réguliers de son visage. Son humeur morose s'assombrit d'avantage encore quand elle vit les yeux noirs de son prince charmant briller d'un intérêt qu'elle n'avait jamais vu, ni pour elle, ni pour aucune des candidates.
Le dessert arriva dans l'indifférence générale, Sasuke et Inoïchi toujours plongés dans leur discussion et Ino boudant ouvertement. Elle savait que c'était une mauvaise idée d'inviter son père, celui-ci ayant tendance à monopoliser toute l'attention sans le vouloir. Elle aurait préféré que ce soit sa mère qui vienne, mais empêcher Inoïchi de venir aurait été impossible. Rien, ni personne n'aurait pu l'arrêter.
Quand elle avait appelé sa mère pour lui demander de venir rencontrer Sasuke, son père avait littéralement arraché le combiné à sa femme pour assurer à sa fille qu'il se faisait une joie de venir et qu'il était très impatient de rencontrer celui qui serait, sans le moindre doute, son futur gendre. Ni elle, ni sa mère n'avaient pu protester. Et c'était un Inoïchi plus qu'enthousiaste qui avait débarqué le matin même, pressant sa fille de questions sur ce fameux Sasuke.
Au grand désespoir de la jeune femme, le repas s'éternisa, les deux autres convives n'étant visiblement pas pressés de clôturer leur conversation si passionnante pour eux, et si ennuyeuse pour elle. Ils discutaient de toutes les possibilités offertes par l'hypnose et la manipulations de l'esprit. Bref, rien qui la concernait. Soupirant lourdement devant sa tasse de café, vide depuis longtemps, elle se demanda si cette torture durerait encore.
Finalement, ce fut Sasuke qui mit fin au repas.
- Je suis désolé, mais je crois qu'il faudra remettre la fin de cette discussion à une autre fois. J'ai des obligations auxquelles je me dois de répondre.
- Je comprends parfaitement, assura Inoïchi en se levant en même temps que son interlocuteur. J'ai bien assez abusé de votre temps.
- Ce fut un plaisir de vous rencontrer, Monsieur Yamanaka, reprit Sasuke en tendant la main vers le père de sa prétendante.
- Pour moi aussi, répondit Inoïchi en serrant la main tendue. Je vous remercie pour cette délicieuse conversation.
- De même. Je vous souhaite un bon retour et une bonne journée. Transmettez mes salutations à votre femme.
- Je n'y manquerai pas. Bonne fin de journée à vous aussi.
Sasuke quitta le salon où s'était déroulé le déjeuner et rejoignit son frère dans leur suite, laissant le père et la fille en tête-à-tête. Dés que la porte se referma derrière lui, Inoïchi se jeta sur Ino en s'exclamant :
- Oh ! Il est parfait ! Non seulement c'est un très beau garçon, mais en plus un excellent parti ! En plus il est intelligent, extrêmement bien élevé, charmant, drôle, et sa conversation est très agréable ! Vraiment, ma chérie, tu as tiré le gros lot ! Je suis si fier de toi !
Ino repoussa en râlant son père qui s'était pendu à son cou.
- Tu parles, c'est toi qui devrais l'épouser plutôt que moi !
- De quoi tu parles, s'étonna Inoïchi. Si je faisais ça, ta mère ne me le pardonnerait jamais.
Ino leva les yeux au ciel, désespérée par l'attitude de son géniteur, avant de lui répondre d'un ton empli de reproche :
- Tu l'as monopolisé ! Je n'ai pas pu en placer une !
- Mais enfin ma chérie, tenta Inoïchi en suivant sa fille qui quittait la pièce. Je devais bien discuter avec lui pour faire sa connaissance !
Le père et la fille se disputèrent tout en rejoignant la chambre que le plus âgé occuperait pour la nuit avant de repartir le lendemain matin. Ainsi il aurait, en théorie, amplement le temps de discuter avec sa fille, d'en apprendre plus sur la relation entre elle et son prince charmant, et bien évidemment de donner son avis sur la question.
Mais Ino ne semblait pas encline à écouter son père, qui se confondait en excuse tentant tant bien que mal de lui faire comprendre que c'était le seul moyen qu'il avait pour se faire une opinion sur son futur gendre. Quand cette dernière claqua la porte, l'enfermant dans sa chambre, Inoïchi soupira lourdement :
- Ah... C'est si difficile d'être père !
Itachi sourit en voyant Sasuke arriver, et, ôtant ses lunettes, il demanda :
- Alors ? Comment ça s'est passé ?
Sasuke se laissa tomber dans le fauteuil face à son frère et répondit :
- Mieux que je ne le pensais. Inoïchi est très intéressant. Si sa fille avait ne serait-ce qu'un dixième de son intelligence, elle serait bien moins fatigante.
- Allons, ne dis pas ça. Ino est une demoiselle remarquable par bien des aspects, tempéra Itachi.
Sasuke plissa les yeux et fixa un regard suspicieux sur son frère.
- Toi... Si tu fais allusions à sa poitrine... je t'étripe !
- Vas-tu arrêter de me prendre pour un obsédé des seins ? s'offusqua Itachi.
Sasuke secoua la tête avant de répliquer :
- Non. C'est ce que tu es après tout, Monsieur le Mamellophile !
- Ce mot n'existe pas, répliqua Itachi. Et puis excuse moi de préférer avoir les mains bien pleines plutôt que de ne rien sentir d'autre que des os.
- Tsss... Avant d'avoir les mains pleines, il serait temps que tu songes à te caser déjà, fit remarquer Sasuke.
- Il n'y a pas d'urgence. Après tout, je suis sûr que tu te chargeras très bien de perpétuer notre lignée.
Sasuke blêmi au sous-entendu et préféra aller s'isoler dans sa chambre, mettant fin à cette discussion devenue plus que gênante pour lui. Des enfants ? Grand Dieu, non ! Il n'était pas question qu'il en ait un jour ! Mais alors qu'il allait refermer la porte, son frère l'interpella :
- Au fait Sasuke... Tu ne devineras jamais avec qui tu dînes ce soir.
- Hinata non ? s'assura Sasuke en fronçant les sourcils.
- Certes... mais pas seulement.
Quelques heures plus tard, Sasuke comprit bien mieux le sourire entendu de son frère ainsi que l'avertissement qu'il lui avait glissé à l'oreille avant de le laisser partir.
- Ne fais pas d'esclandre, lui avait-il soufflé.
Debout devant lui se tenait sa prétendante Hinata, et près d'elle celui qui avait été un caillou dans sa chaussure durant tout son cursus universitaire : Neji Hyuuga !
Les deux anciennes connaissances se fixèrent froidement, et Hinata bredouilla de vagues présentations. Quand ils se serrèrent la main, la jeune femme vit des éclairs sortir de leurs yeux et elle frissonna devant l'ambiance soudain glaciale.
- Vous vous... connaissez ? bafouilla-t-elle.
Ils hochèrent la tête avant de prendre place à table, Sasuke tirant la chaise de sa prétendante, comme tout gentleman qui se respecte.
Un silence de plomb s'installa dans la pièce. On entendait une mouche voler. Naruto osa à peine ouvrir la bouche pour présenter les plats qu'il déposa devant les convives. Il échangea un regard contrit avec Hinata qui ne semblait plus savoir où se mettre, Sasuke et Néji se fixant sans sourciller et d'un air assassin depuis le début. Ce fut finalement le bachelor qui rompit le silence pesant.
- Alors comme ça, tu es le cousin d'Hinata. Je l'ignorais.
- Rien d'étonnant, tu ne t'es jamais intéressé qu'à ta petite personne, répondit platement Néji. D'ailleurs, il n'y a rien de surprenant à te voir participer à ce genre d'émission, tu as toujours été si imbu de toi-même. Tu te prends carrément pour un prince charmant maintenant !
Sasuke eut un rictus narquois et rétorqua :
- Toujours aussi jaloux à ce que je vois...
Néji fronça les sourcils et nia férocement :
- Je n'ai absolument rien à t'envier, ni maintenant, ni jamais.
- Vraiment... Rappelle-moi à quel rang tu as obtenu ton diplôme ? Et ton oncle t'a embauché malgré tout ? Comme quoi, le piston, ça marche toujours aussi bien...
- Venant de celui qui bosse dans l'entreprise de son père, laquelle est dirigée par son frère, c'est d'une ironie absolue.
- Certes, mais moi je n'ai pas fini cinquième au classement général.
Néji serra les poings sous la table et grinça des dents, signe que Sasuke venait de toucher un point sensible. Inconsciente du désarroi de son cousin, Hinata demanda :
- Et toi Sasuke ?Tu as fini combientième ?
Sasuke fit un sourire éblouissant de mépris au cousin de sa prétendante avant de lâcher calmement :
- Premier. Avec les félicitations du Jury.
Sasuke : un, Néji : zéro, pensa Naruto debout prés de la porte.
Son amant semblait penser la même chose au vu de son léger rictus victorieux alors qu'il dégustait tranquillement son vin. Hinata profita du silence pour intervenir timidement :
- Vous vous connaissez déjà... C'est... c'est un drôle de hasard.
- Oui, nous étions à l'université ensemble, répondit platement Sasuke.
Il sourit moqueusement avant de rajouter :
- C'est un hasard amusant effectivement, mais peut-être que tes cartes te l'avaient prédit, Néji ?
- Elles m'avaient prédit une rencontre fort désagréable. Et elles ne se sont pas trompées ! rétorqua Néji d'un ton cassant.
- Et t'ont-elles dit si j'épouserai ta cousine finalement ?
Néji posa brutalement ses couverts et fusilla le bachelor des yeux :
- Jamais je ne laisserai une chose pareille arriver ! Elle mérite mille fois mieux que toi !
- Allons, allons, tempéra Sasuke, le destin est inéluctable... N'est-ce pas toi qui le répétait sans cesse ?
- Moi au moins, je ne vis pas pendu aux jupons de mon frère ! cracha Néji énervé.
- Normal, tu n'en as pas. On comprends tes parents ceci dit, un comme toi c'est amplement suffisant.
Néji fulmina visiblement et Naruto compta mentalement un point de plus à son amant. Hinata tenta de parler, mais abandonna quand elle ne réussit qu'à bafouiller lamentablement. Gentleman, Sasuke lui servit un verre de vin en s'excusant :
- Je suis vraiment désolé que tu assistes à ceci. Ton cousin et moi-même n'étions pas en bon termes durant nos années études, mais aucune querelle, même ancienne, ne viendra fausser mon jugement sur toi, je te l'assure.
La harpiste sourit au bachelor et acquiesça, ravie de savoir que Néji n'influencerai nullement le choix de Sasuke. Elle ne se faisait cependant pas d'illusions et se doutait bien qu'elle ne serait pas l'heureuse élue, mais elle aurait été très déçue que son cousin fasse capoter son aventure au sein de la villa. Elle dégusta son plat principal dans un silence total, observant les deux garçons se fusiller des yeux tout en se demandant lequel attaquerait le premier.
Le rictus sarcastique de Sasuke s'agrandit alors que Néji semblait vouloir l'étrangler rien que par la pensée. Le cousin d'Hinata était toujours aussi facile à décrypter songea-t-il. Déjà à l'université, il savait, rien qu'à sa façon de le regarder, que ce dernier le détestait. Pour quelles raisons ? Il n'en savait fichtre rien et cela lui importait peu. En fait, il n'avait jamais vu Néji autrement que comme un opportuniste fataliste.
Le cousin d'Hinata était convaincu que le destin de chacun était déjà tracé et qu'il était inutile de se battre contre ça. Il suivait donc la voie que son oncle avait choisie pour lui, se préparant à intégrer l'entreprise familiale, sans véritable envie, ni aucune ambition. Bien qu'il soit résigné, il souhaitait battre Sasuke dans tous les domaines et s'était échiné durant toutes ses études à faire mieux que lui autant en terme de notes qu'en terme de conquêtes.
Sasuke n'avait pas la moindre idée de pourquoi Néji le voyait comme un ennemi, mais cette compétition instaurée par le jeune Hyuga l'avait beaucoup amusé. Il avait pris un malin plaisir à approcher des filles, plus ou moins jolies et à l'intelligence plus ou moins limitée, juste assez pour faire courir des rumeurs sur un potentiel couple. Et cela ne ratait jamais ! Toujours Néji s'empressait de draguer la demoiselle et de sortir avec elle, s'affichant à son bras avec un air supérieur qui faisait hurler de rire Sasuke, intérieurement bien sûr.
Il avait même fait exprès de choisir des laiderons, juste pour le plaisir sadique de voir son "rival" se forcer à séduire des thons. Oui, vraiment, le comportement de Néji l'amusait beaucoup... les deux premières années. Au final, ça lui avait juste tapé sur les nerfs. Le moindre de ses faits et gestes étaient copiés par son camarade de classe qui avait réussi à s'incruster dans son groupe d'amis, par l'intermédiaire du trop sociable Deidara, le blondinet hyperactif qui animait le groupe à lui tout seul.
Comment Néji et Dei avaient sympathisé, ça il n'en savait rien. Mais Néji s'était incrusté dans sa vie, le copiant en tout et tentant désespérément de le surpasser, tout en assurant que le destin était inéluctable. Sasuke ne le supportait pas... et au fil du temps la compétition avait tourné à la lutte acharnée entre les deux étudiants, Sasuke savourant avec délectation chacune de ses victoires. Alors non, il ne le laisserait pas gagner ce soir non plus, pas même un combat de regards.
S'il n'y avait pas eu les caméras, ils en seraient sûrement venus aux mains. Il y avait longtemps que ça les démangeait tous les deux. Se battre physiquement, une bonne fois pour toutes ! Mais pas question de s'exposer ainsi sous l'œil des objectifs. Aussi se contentèrent-ils de se fusiller du regard durant presque tout le repas dans un silence monacal. Ce ne fut qu'au moment de se séparer que Néji se décida enfin à desserrer les dents.
- Et bien, au plaisir de ne plus jamais te revoir, Sasuke. Je te laisse avec tes... groupies...
Sasuke serra la main tendue de Néji et fit discrètement un clin d'œil complice à Hinata.
- Allons Néji, nous nous reverrons au mariage ! Et sois rassuré, j'ai gardé contact avec toutes tes admiratrices de l'époque de l'université. Elles seront toutes absolument ravies de venir à mon mariage pour pouvoir t'y revoir.
Néji blêmi, bleui, imita à la perfection la carpe ébahie et finalement, prit la main de sa cousine et partit à grande enjambées pressées loin du bachelor qui souriait comme un dément, enchanté de son petit tour. Une fois loin, très loin de Sasuke, il mit fin à sa course et se retourna vers Hinata pour lui dire d'un ton sans réplique :
- Je t'interdit d'épouser ce type ! Moi vivant, jamais je ne te laisserai épouser Sasuke Uchiwa !
Hinata se dégagea de la prise de son cousin et se redressa, lui rendant son regard ferme et déterminé.
- Tu n'as pas à me donner d'ordre ! J'épouserai qui je veux, et tu n'as rien à dire sur le sujet !
Puis elle tourna les talons, plantant là un Néji éberlué de la voir, pour la première fois, lui tenir tête. Depuis quand la douce et timide Hinata se rebellait-elle ainsi ? Il était sûr et certain que tout ceci était la faute de Sasuke ! De toute façon, tous les malheurs de sa vie étaient dus à Sasuke Uchiwa !
De son côté, ledit Sasuke rejoignit tranquillement sa suite, où il fut accueilli par un Itachi amusé et fier comme un paon. Il avait assisté au dîner de loin et avait été ravi de voir Sasuke moucher cet arrogant Néji avec autant de brio.
- Je n'ai pas fait d'esclandre, annonça Sasuke en se laissant tomber dans un fauteuil.
- Je sais, répondit Itachi. Et je suis fier de toi. Il est toujours aussi orgueilleux et stupide ce garçon. Il faudra que j'en touches deux mots à Hiashi.
- Hn, approuva Sasuke. Fais lui penser de dire à Néji de se couper les cheveux. Il a l'air ridicule avec ses cheveux aussi long.
- C'est vrai que ça ne fait pas très sérieux pour un homme d'affaires, rajouta Itachi.
- Et de dos, il ressemble à une fille... renchérit Sasuke.
- Une fille très plate, conclut Itachi.
Sasuke éclata de rire, sous l'œil amusé et ravi de son frère. Il lui fallut plusieurs minutes pour se calmer, son imagination fertile lui présentant un Néji en robe courte et à la poitrine plus qu'avantageuse. Ce fut finalement Itachi qui l'envoya dans sa chambre, arguant qu'il avait besoin de se reposer pour le lendemain. Au petit matin, il n'avait pas assez dormi à cause de la visite nocturne d'un certain blond, majordome le jour et amant la nuit.
Il profita donc largement de sa matinée pour rester bien au chaud, au fond de son lit. Ce midi, il déjeunait avec Mei et l'un de ses proches. Et clairement, il n'avait pas envie d'y aller... pas du tout. Tout ceci le fatiguait. C'était sans le moindre intérêt. Et il n'avait toujours pas trouvé comment il allait y mettre un terme, sans blesser Itachi. Il se fichait bien de briser le cœur de ses prétendantes, ou de qui que se soit... Mais il ne voulait pas que son frère le déteste.
Cette situation était à s'arracher les cheveux, et c'est ce qu'il fit, en rageant contre lui-même pour ne pas trouver une solution acceptable. Il n'avait plus qu'Itachi comme famille, il ne supporterait pas de ne plus l'avoir. Mais s'il avouait son homosexualité, il était certain qu'Itachi aurait du mal à avaler la pilule. Il le renierait peut-être, le mettrait dehors sûrement... et l'ignorerait. Il ne pouvait pas supporter l'idée de ne plus faire partie de la vie de son frère, le seul parent encore de ce monde qu'il lui restait.
Qui veillerait sur Itachi s'il n'était plus là ? Qui le soignerait quand il se rendait malade à force de trop travailler ? Qui s'assurerait qu'il mange bien et surtout suffisamment ? Qui lui arracherait son PC des mains pour qu'il aille dormir ? Itachi était un bourreau de travail, et c'était lui, Sasuke, qui veillait à ce que son frère n'oublie pas le minimum vital : manger et dormir. Si Itachi le rayait de sa vie, qui sait combien de temps le jeune dirigeant pourrait tenir sans le moindre garde-fou pour éviter qu'il ne se tue à la tâche.
- Debout la marmotte !
La voix joyeuse de Naruto le sortit de sa léthargie. Tout en s'emmitouflant encore plus dans sa couette, Sasuke marmonna :
- Non... Laisse moi dormir...
- Pas question ! rétorqua Naruto. Tu dois te préparer pour le déjeuner avec Mei et son frère !
- Je veux pas y aller !
Naruto sourit en entendant la réplique enfantine.
- Très bien. Si tu le prends comme ça, je me vois dans l'obligation d'utiliser les grands moyens.
Sur ces mots, Naruto attrapa la couette et tira brutalement dessus, en extirpant le bachelor de ces dames qui se retrouva soudainement étalé sur le tapis.
- Espèce de sauvage ! Repose moi tout de suite !
Sasuke se débattit et protesta mais rien n'y fit. Naruto l'avait attrapé et jeté sur son épaule comme un vulgaire de sac de patates et l'emmenait tout droit vers la salle de bain. Une fois dans la pièce, il le déposa dans la douche et actionna immédiatement le jet d'eau. Complètement trempé et en boxer, Sasuke fusilla son amant du regard.
Mais celui-ci se contenta de lui faire un grand sourire et de lui lancer :
- Je refait ton lit et te sort une tenue. Si quand j'ai fini, tu n'es pas lavé, je te laverai moi-même !
- Tortionnaire ! cria Sasuke, très contrarié de se faire traiter comme un gamin.
Seul l'éclat de rire du blond lui répondit. Désabusé, le brun ôta son boxer mouillé et ferma la porte de la cabine de douche, avant d'entamer un savonnage et shampouinage en règle.
Quelques minutes plus tard, il sortit de la salle et bain et se dirigea vers son lit où l'attendait un jean et une chemise gris pâle. Sans tenir compte une seule seconde de la présence de son majordome, il laissa tomber la serviette qui ceignait ses hanches. Il entendit Naruto manquer s'étrangler dans son dos, et savoura sa petite vengeance personnelle. On n'avait pas idée de le réveiller de manière aussi brutale !
Il avait bien conscience de l'effet qu'il faisait à son amant, surtout quand il était entièrement nu et encore humide au sortir de sa douche. Il prit tout son temps pour enfiler un sous-vêtement propre, se penchant en avant pour exposer outrageusement son fessier ferme et rebondi, lequel portait encore les marques de leurs ébats de la nuit précédente. Tout aussi lentement, il enfila son jean puis sa chemise, sous l'œil gourmand de Naruto.
- Mon boxer est dans la salle de bain. Puisque c'est toi qui l'a trempé, je compte sur toi pour le laver, lança Sasuke juste avant de quitter sa chambre.
Laissé en plan au beau milieu de la pièce avec dans les mains une paire de baskets blanches censées aller avec la tenue du bachelor, Naruto fixa un long moment la porte close avant de se ressaisir. Vraiment, ce type lui faisait trop d'effet... Beaucoup trop...
~oOo~
Sasuke se laissa tomber en soupirant sur son lit, éreinté par sa journée et le ventre tellement plein qu'il avait peur d'exploser à tout moment. Kiba s'était surpassé et les deux repas de la journée avaient été plus que copieux et délicieux. Il s'en était mis plein la panse. En plus, le déjeuner avait duré tellement longtemps qu'il avait à peine eu le temps de digérer avant d'attaquer le dîner. Bref, il n'en pouvait plus.
Le midi, il avait rencontré Chôjûro, le petit frère de Mei. Si physiquement, ils se ressemblaient beaucoup, au niveau caractère ils n'avaient rien à voir l'un avec l'autre. Chôjûro était tellement timide, qu'il avait à peine osé le regarder durant tout le repas. A chaque fois qu'il avait pris la parole, il avait bafouillé, rougissant comme une tomate, rendant son propos totalement incompréhensible. Sasuke ne s'attendait vraiment pas à rencontrer l'équivalent d'Hinata au masculin.
Le pauvre avait même failli s'étouffer avec une asperge. Heureusement, Naruto lui avait sauvé la vie d'une bonne claque dans le dos, faisant violemment ressortir le légume qui atterrit à plusieurs mètres de la table. Sasuke en aurait bien rit s'il n'avait pas été aux prises avec une prétendante bien décidée à lui faire subir un interrogatoire en règle. Le moins qu'il puisse dire c'était que Mei était tenace... et légèrement susceptible...
Dés le début du repas elle s'était lamentée sur l'absence d'Itachi, avant de finalement l'accabler de questions sur son aîné. Elle voulait tout savoir : ce qu'il aimait, ses habitudes, ses occupations, ses goûts vestimentaires, musicaux, cinématographiques, son cursus scolaire, ses angoisses, ses tics, le nom de ses amis, de ses ex... Bref, tout absolument tout, elle avait tout voulu savoir. Et Sasuke avait dû feinter pour ne pas divulguer plus que nécessaire à la demoiselle.
Non pas qu'elle lui était antipathique, mais il ne la connaissait pas encore assez pour lui donner carte blanche avec son aîné. En plus, même si elle était très jolie, même lui devait le reconnaître, il lui manquait quelque chose d'essentiel : plusieurs tailles de bonnets ! Pour l'amateur de grosses poitrines qu'était Itachi, sa prétendante, par ailleurs bien faite de sa personne, manquait cruellement d'arguments sur ce point.
Le repas avait donc été long et pénible. Mei n'était pas seulement une esthéticienne, mais aussi, sûrement, une espionne spécialisée dans les interrogatoires. Sasuke avait dû faire preuve de toutes ses facultés pour ne pas répondre, tout en donnant l'impression d'avoir répondu. Et le petit frère de la demoiselle ne l'avait pas aidé, loin de là. En fait, il se demandait même s'il était resté avec eux tout le long du repas tant il était transparent.
Quand enfin, Sasuke avait pu prendre congé, il s'était pressé de fausser compagnie à ses invités. Mais juste avant de partir, il avait surpris une conversation entre les deux autres :
- Tu es sûre de toi ? avait demandé Chôjûro.
- Sasuke ne m'intéresse pas, il est trop jeune. Son frère par contre...
Il n'avait pas pu en entendre davantage, le duo s'éloignant de son côté et n'étant plus audible.
Il avait passé le temps restant avant le dîner avec Itachi, l'observant du coin de l'œil et se demandant si Mei était une compagne acceptable pour lui. Sasuke avait la vague impression que sous ses airs de jeune femme moderne et douce, se cachait en fait un tyran qui mènerait son frère à la baguette et lui ferait vivre un véritable enfer. Et non, il ne voulait pas de ça pour son aîné. Hors de question ! Celui-ci méritait quelqu'un qui le choierait comme le plus précieux des trésors.
Ok, c'était naïf au possible de penser ainsi, mais Itachi avait tout sacrifié pour lui et l'entreprise familiale. Il méritait d'avoir ce qu'il y avait de mieux. Il lui fallait quelqu'un de compréhensif, d'attentionné, quelqu'un d'intelligent et cultivé aussi. Bref, il lui fallait quelqu'un de bien, qui prendrait soin de lui sans jamais le freiner dans ses ambitions, ni profiter de son argent ou de son statut. Oui, il était difficile, mais Itachi méritait la crème de la crème !
Puis était venu le dîner... dîner qu'il avait réellement appréhendé. Ce soir, il allait dîner avec Karin et l'un de ses proches. Et si ce dernier était de la même trempe que la vendeuse, Sasuke craignait fortement pour son corps... Le moins qu'il puisse dire c'était qu'il n'avait nullement été déçu : le meilleur ami de la demoiselle, Suigetsu, était fait dans le même moule qu'elle : bruyant et exubérant.
Mais visiblement, ces deux là ne communiquaient pas autrement qu'en se disputant. A chaque tentative, plus ou moins subtile de la demoiselle pour le séduire, Suigetsu se moquait d'elle, et elle répliquait immédiatement. Bref, ils avaient passé le repas à s'engueuler, enchaînant les noms d'oiseaux tous plus farfelus les uns que les autres (quoiqu'il devait bien admettre que "tête de sushi" allait très bien à Suigetsu).
A défaut d'être intéressant, c'était fortement divertissant, tout en lui garantissant la sécurité de sa vertu. Sasuke s'amusa beaucoup à les écouter s'insulter mutuellement, devinant sans mal que le jeune homme face à lui aurait bien aimé que Karin soit plus que sa meilleure amie. Cela fût d'ailleurs confirmé quand à la fin du repas, en lui serrant la main, Suigetsu se pencha vers lui et lui souffla :
- C'est moi qu'elle devrait épouser. Pas toi !
Malheureusement pour lui, Karin l'entendit et lui hurla que jamais elle n'épouserait une tronche de hareng pas frais comme lui, déclenchant ainsi une énième dispute. Sasuke les observa partir côte à côte, s'amusant de voir que même alors qu'ils s'engueulaient, ils restaient physiquement proches l'un de l'autre, leurs mains se frôlant presque quand ils marchaient. Ce fut donc avec un sourire aux lèvres et une épouvantable migraine que le bachelor rejoignit enfin sa suite, bien décidé à rattraper tout le sommeil en retard qu'il avait accumulé.
Quand Naruto pénétra en catimini dans la pièce, il trouva son amant profondément endormi. Un sourire flotta sur ses lèvres alors qu'il s'approchait pour mieux l'observer. Du bout d'un doigt, il repoussa une mèche brune qui barrait le front pâle du dormeur, s'amusant de voir celui-ci froncer le nez sous l'attouchement léger. Renonçant à ses projets lubriques, il se glissa sous la couette et enlaça la silhouette fine du directeur-adjoint d'Uchiwa-corp qui se lova immédiatement contre lui. Naruto rejoignit le pays des rêves avec un sourire béat aux lèvres, serrant contre lui celui qu'il aimait.
La sonnerie du réveil sortit les deux endormis de leur sommeil, l'un en grommelant, l'autre en baillant. Naruto s'étira langoureusement, avant de glisser une main dans la chevelure brune qui reposait sur son torse.
- Qu'est-ce que tu fous là ? demanda Sasuke d'une voix ensommeillée sans bouger d'un centimètre.
- Quand je suis venu te voir, tu dormais déjà. Alors, j'ai dormi avec toi.
- Profiteur, marmonna le bachelor.
- J'ai rien fait ! Protesta immédiatement le majordome.
- Si ! Tu as profité de mon sommeil pour te glisser dans MON lit !
- Et tu t'es servi de moi comme oreiller. Donc, on est quitte !
- Tsss...
Naruto sourit largement, plus qu'amusé par la réaction puérile de son amant. Il embrassa le sommet du crâne de celui-ci avant de se glisser hors du lit, prêt à attaquer sa journée de travail. Mais alors qu'il se dirigeait vers la porte, il fut retenu par une main qui agrippa son caleçon. Se retournant, il vit Sasuke, la mine encore froissée par le sommeil, le fixer intensément. Comprenant la demande muette, il se pencha vers ce dernier et déposa un doux baiser sur les lèvres du brun.
Ledit brun ne daigna sortir du lit que quelques heures plus tard, juste à temps pour se préparer pour la dernière rencontre avec les proches de ses prétendantes. Aujourd'hui, il déjeunait avec Haku et son meilleur ami, un certain Zabuza. Haku l'avait prévenu que Zabuza, surnommé Boubou, pouvait paraître impressionnant au premier abord, mais qu'il était très gentil. Le travesti était d'ailleurs sûr et certain que Sasuke s'entendrait bien avec.
Ce fut donc avec une certaine impatience que Sasuke prit la direction de la terrasse où se déroulerait le déjeuner. Avant de partir, Itachi lui avait fait une liste complète des diverses recommandations d'usage, puis lui avait expliqué qu'aujourd'hui il avait un repas d'affaire, et donc serait absent jusqu'à tard le soir. Sasuke avait fait la moue, pas particulièrement ravi que son frère ne soit pas dans les parages en cas de problème, mais Naruto l'avait rassuré en lui promettant de le protéger contre toutes tentatives de viol.
Quand il arriva sur la terrasse, il constata que ses invités étaient déjà présents, et qu'effectivement Zabuza était impressionnant. Il était grand, très grand, et musclé, faisant paraître Haku encore plus petit et menu qu'il ne l'était en réalité. Sa tenue était simple, un pantalon noir, une paire de bottes noires et un débardeur gris, mais suffisamment ajustée pour qu'on devine sa musculature. Mais ce qui le rendait vraiment impressionnant, c'était son visage.
Le bas de celui-ci était caché par un foulard, rappelant à Sasuke celui qui les avait pris, son frère et lui, en charge à la mort de leurs parents : Kakashi. Ce dernier portait en permanence un foulard autour du cou, lequel masquait sa bouche et son nez. Il n'avait jamais compris quelle était l'utilité de la chose, mais il avait fini par s'y faire. Zabuza avait les cheveux bruns, coiffés à la diable, et des yeux noirs, perçants et froids, lui conférant un air sauvage.
- Bonjour, salua Sasuke tout en s'approchant du duo.
- Salut Sasuke, répondit Haku avec enthousiasme.
- 'lut, répondit Zabuza.
- Sasuke, je te présente Zabuza, commença Haku. Boubou, voici Sasuke.
- Ne m'appelle pas comme ça ! rugit ledit Boubou.
- Ravi de te rencontrer, dit Sasuke en tendant la main à Zabuza.
- Ouais, pareil, marmonna celui-ci en serrant la main tendue.
Tous trois prirent place autour de la table et commencèrent à discuter tranquillement. Ou plutôt, Sasuke et Haku commencèrent à discuter tranquillement, Zabuza se contentant de les écouter en grognant de temps en temps quand Haku tentait de le mêler à la conversation.
Amusé par l'opposition parfaite entre les deux amis, Sasuke leur demanda comment ils s'étaient rencontrés, faisant rire Haku.
- C'était au collège, expliqua celui-ci après s'être repris. A l'époque, une fille de ma classe m'avait fait sa déclaration. Je l'avais repoussé, mais elle avait fait courir la rumeur qu'on sortait ensemble. Ce que je ne savais pas, c'était que Boubou avait des vues sur elle, et donc un soir il m'a attendu à la sortie pour me provoquer en duel.
- Tsss... Intervint Zabuza.
- Et donc ? S'enquit Sasuke.
- Et donc, je me suis retrouvé nez à nez avec cette armoire à glace énervé. Il a commencé à me hurler dessus avant de soudain s'arrêter. Puis il m'a dit : "je frappe pas les gonzesses", m'a reposé au sol et est parti en bougonnant.
- Il t'a pris pour une fille ? s'étonna Sasuke.
Haku sourit malicieusement et expliqua qu'à l'époque il avait déjà les cheveux longs, était déjà plus petit que la moyenne et que donc la grande majorité des élèves le prenaient pour une fille. Même certains professeurs l'appelaient Mademoiselle. Il ne le vivait pas très bien, mais était trop timide pour contredire les autres, aussi le quiproquo était-il resté jusqu'au collège, où il s'était rasé le crâne et s'était baladé torse nu une journée entière pour dissiper tout malentendu.
- Après ça, à chaque fois qu'il me croisait, il bougonnait avant de repartir, reprit Haku. Et puis un jour, un groupe de fille m'est tombé dessus parce que j'étais soi-disant lesbienne. Elles pensaient que j'étais une fille et la rumeur disait que je sortais avec une autre fille. C'est là que Boubou est intervenu. Il a rétamé ces folles furieuses et m'a engueulé après en me disant que c'était la honte de pas savoir se défendre devant une bande de fillettes. Et c'est comme ça qu'on est devenu amis.
- Pourquoi l'avoir défendu ? demanda Sasuke à Zabuza.
- Aucune idée... Mon corps à bougé tout seul, répondit Zabuza.
Sasuke et Haku s'entre-regardèrent avant d'éclater de rire.
- C'est l'excuse la plus minable que j'ai jamais entendu, pouffa Sasuke. Avoue que tu craques pour lu.. elle !
- Pas du tout ! protesta Zabuza.
- Et pourquoi pas ? insista le bachelor.
- J'aime les grosses poitrines... et Haku a que dalle à ce niveau là.
Sasuke fut prit d'un fou rire monumental, se pliant sur la table, des larmes sourdant de ses paupières closes.
- Fau... Faudra... que je te... prés.. présente...Itachi hihihihi, bafouilla-t-il entre deux rires.
Devant le regard surpris des deux autres, il mima avec ses mains une généreuse paire de seins et bredouilla un "mamélophile" difficilement compréhensible.
Le reste du repas se déroula dans une ambiance bon enfant, entre rires et conversations légères.
Ils en étaient au café quand Sasuke décida de tester un peu Haku.
- Alors, qu'avez vous pensé du repas ? demanda-t-il.
- C'était bon, répondit Zabuza.
- Super bon même, renchérit Haku. Kiba fait des merveilles en cuisine.
- Kiba ? s'enquit Zabuza.
- Le cuisinier, expliqua Sasuke. Un mec très sympa, hein Haku ?
- Super sympa, approuva Haku. J'aime bien passer du temps avec lui, il est marrant.
- Hn, il est cool aussi, ajouta Sasuke.
- Et intelligent ! Et pas mal du tout ! Et puis, il est passionné ! Tu le verrais parler de cuisine ou chiens, c'est fascinant.
Un sourire amusé étira les lèvres de Sasuke qui se pencha légèrement vers Zabuza pour lui souffler :
- Haku est littéralement fasciné par Kiba.
- Oh ? C'est vrai ça ? s'enquit Zabuza.
Haku parut gêné avant de hocher discrètement la tête.
- Il est vraiment sympa, se justifia-t-il.
- C'est lui que je devrais rencontrer alors, protesta Zabuza.
Haku voulut protester, mais Sasuke intervint avant :
- Chiche ! Tu ne pars que demain n'est-ce pas ?
- Euh... oui, confirma Zabuza.
- Donc ce soir, on peut se faire un dîner à cinq dans la cuisine. Naruto, mon majordome, est le meilleur ami de Kiba, ça vous permettra de vous rencontrer aussi.
- Ok, on fait ça, conclut Zabuza.
- Et moi, protesta Haku, mon avis intéresse quelqu'un ?
- Non, répondirent les deux autres en chœur.
Haku fit mine de bouder pendant que les deux autres s'organisaient pour le soir même. Sasuke remercia intérieurement le ciel qu'Itachi soit finalement absent aujourd'hui et ne rentre que très tard, ce qui lui éviterai d'avoir à trouver une excuse pour dîner en dehors de la suite. Les trois complices se séparèrent, Haku et Zabuza se dirigeant vers la chambre de celui-ci, pendant que Sasuke partait vers la cuisine pour prévenir Kiba de leur plan pour le dîner.
Kiba avait stressé tout l'après-midi et Naruto et Sasuke l'avaient aidés à préparer le repas, tout en le rassurant et le détendant. Quand Zabuza et Haku arrivèrent, le cuisinier était à deux doigts de tomber dans les pommes tant il angoissait. Et quand il vit Zabuza, cela ne s'arrangea pas. Heureusement, quelques verres de punch le calmèrent et il put faire face au meilleur ami de celui qui avait volé son cœur en restant égal à lui-même, tel qu'il était depuis le début de l'aventure du Bachelor.
Sans surprise pour Sasuke, qui était sûr que ça se passerait bien, Kiba, Zabuza et Naruto sympathisèrent rapidement et le repas se déroula parfaitement bien. Zabuza hurla de rire quand il apprit l'homosexualité du bachelor et sa relation, purement sexuelle (cette précision le fit rire encore plus fort) qu'il entretenait avec son majordome. Kiba et lui ne se gênèrent pas pour chambrer le couple, se moquant sans vergogne des prétendantes devenues les dindes incontestables de cette farce sans rien savoir des vrais dessous de l'histoire.
Lesdites prétendantes étaient, elles, déjà couchées et tentaient de trouver le sommeil. Mais le sifflement incessant qui résonnait dans leurs oreilles les en empêchaient. Elles crurent à une alarme incendie avant que la sécurité ne les rassure : rien ne sifflait. Orochimaru, appelé en urgence, leur promit qu'elles pourraient toutes voir le médecin dès le lendemain, et elles retournèrent se coucher, sans se douter une seule seconde que ce sifflement n'était que l'écho des nombreuses moqueries et fous rires dont elles furent l'objet de la part de cinq gaillards de connivence attablés dans la cuisine de la villa.
To be continued...
Commentaire des auteures :
Et voilà ! Chapitre fini ! Et oui, il a prit le temps, mais il est né dans la douleur et la sueur celui-là. C'est drôle comme certains coulent tout seuls et d'autres sont beaucoup plus laborieux à écrire.
Bref, on espère qu'il vous a plu quand même.
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
- C'est une trahison ! La pire des trahisons ! Je vous préviens, si vous continuez comme ça, je vous élimine totalement !
Assis sur le canapé, Sasu et Naru regardent Lili qui vient de hurler comme une folle devant un miroir. Jetant un coup d'œil vers Yzan, ils la voient le nez plongé dans sa tasse de café en train de pouffer de rire.
- Non, mais on a rien fait nous, proteste Naru.
- Si tu dois éliminer quelqu'un élimine Sakura et Hinata pas nous... On est des victimes ! renchérit Sasu.
- Je ne parle pas de vous, rugit Lili au bord de la crise de nerfs.
- Ah.. mais de qui alors ?
- De ses cheveux, ricane Yzan.
Se pinçant le nez, Sasu soupire :
- Elle va pas mieux elle...
Lili l'attrape par les épaules et commence à le secouer comme un prunier en vociférant :
- Tu ne te rends pas compte ! Toutes ces années de cohabitation sereine ruinées ! Et moi qui les laissais faire ce qu'ils voulaient. Je leur offrais des soins, des coupes de temps en temps chez le coiffeur, mais jamais je ne les ai empêché de faire ce qu'ils voulaient. Et c'est comme ça qu'ils me remercient !
Récupérant un Sasu légèrement secoué, Naru demande :
- Mais c'est quoi le problème exactement. Ils sont très bien tes cheveux.
- Le problème ? Le problème ? Ils viennent de me trahir ! De la pire des façons possibles ! Et moi qui suis pour la liberté capillaire... Ils étaient si bien comme ils étaient avant... Raides mais souples. Et là... maintenant...
- Oui ? s'enquit Naru en s'éloignant prudemment, Sasu toujours dans ses bras.
- Ils frisent ! hurle Lili complètement hystérique.
Pendant que Sasu et Naru tombent du canapé sous le choc, Yzan se tourne vers les lecteurs et demande :
- Tout ça pour des frisettes... Moi, ils frisent depuis ma naissance, j'en fais pas un drame. Et vous lecteurs ? Une petite review pour nous le dire ?
Rendez-vous au prochain chapitre : Chapitre 8 : Nuits agitées.
" Mais c'est le but non ? Que tu couches avec l'une d'elle..."
"Tu ouvres la bouche et tu formes des mots, puis des phrases. Je t'aime, c'est pas trop long, même pour un blond comme toi si ?!"
"Je pense que cette nuit, il y aura de l'action..."
"Mais Sasuke, je t'aime moi !"
.N.B : Pour raccourcir notre profil, devenu bien long du fait des nombreuses Guest reviews laissées par les lecteurs sans profils sur ce site auxquelles nous avons répondu concernant tous nos écrits, nous avons cependant dû prendre une décision. A partir de maintenant, quels que soient les écrits concernés, nous répondrons aux Guest reviews non pas sur notre profil mais sur le forum dédié que nous y avons spécialement consacré. Vous trouverez le lien sur notre profil. Ouvert à tous, vous n'aurez aucun problème à le parcourir pour prendre connaissance de nos réponses. Pour plus de simplicité, le forum est organisé par titres d'écrits. Donc, chers Guests, les réponses à vos reviews seront désormais là-bas. Nous vous remercions de votre compréhension.
