Novembre
- C'est pas vrai ça ! S'énerve Blondie dans le silence de la salle commune. Qui est-ce qui vient de lâcher un pet ?
C'est moi. J'ai trop mangé au petit déjeuner et je suis ballonnée. Mais je ne suis pas assez stupide pour me dénoncer moi-même.
Et alors attention. Petite présentation du jour : Blondie c'est une blonde de mon année et même de mon dortoir dont je n'ai jamais pris la peine de retenir le nom. Donc, je l'appelle en fonction de ses cheveux. Les appellations en fonction du lieu de travail, c'est réservé à l'équipe pédagogique. Sinon, c'est truc ou machin. Ou alors le ou la moche, selon le faciès.
Blondie jette le magasine qu'elle tenait entre ses mains sur un fauteuil vide et nous avise tous d'un air soupçonneux.
- Je vous préviens, vous ne sortirez pas de cette pièce tant que je n'aurai pas eu le nom du coupable, menace t-elle en nous regardant tour à tour.
Ce qui m'inclut donc, évidemment, mais qui inclut aussi Mulciber, Avery, Kiki, Regulus, Philo, Wilkes, Daphnée Evan, Kevin Hidleton - en première année, c'est la mascotte de notre maison - et enfin le meilleur ami de Kevin, un petit brun aux joues potelées.
- Non mais meuf tu t'es cru dans le cluedo ?
- Je pense que le meilleur moyen pour toi de découvrir l'identité du coupable serait de sentir nos fesses tour à tour et de déterminer ainsi la provenance du pet, j'interviens en hochant doctement la tête.
- Merci pour tes conseils, Moonheart, renifle Blondie. Mais je préfère que le coupable se dénonce de lui-même et j'ai tout mon temps.
Ahah. Cours toujours.
- C'est l'autre, là, je déclare en pointant mon doigt sur Daphnée la pot de colle.
Mais je n'avais pas prévu que tout le monde fasse pareil pour pouvoir échapper le plus rapidement possible à notre bourreau.
- C'est lui, disent en effet Philo, Mulciber, Daphnée Evan, Wilkes et Kiki d'une même voix en désignant Regulus, Mulciber, Kevin et Avery.
- C'est elle, font en même temps Kevin, Avery et Regulus en nous accusant Philo et moi.
- ...
- Pourquoi personne t'accuse, toi ? Je demande à Kiki en me tournant vers lui.
Il fait craquer ses articulations et m'adresse un sourire carnassier. Je frissonne, car pas besoin d'être ingénieur pour comprendre. Mais du coup, voyant que nous avons tous eu la même idée au même moment, nous changeons nos plans et dénonçons ceux qui nous dénoncent.
Inutile de vous dire que ça ne fait pas avancer le schmilblick. Alors finalement, nous nous accordons pour dénoncer le copain potelé de Kevin, même ce dernier.
Car les gros font de très bons coupables et nous n'avons pas à nous justifier davantage.
- Mais c'est pas moi ! S'écrit le petit, scandalisé.
- Menteur, nous faisons tous.
Et nous le regardons se faire tirer l'oreille par Blondie et traîner hors de la salle commune.
Dumby s'est mis en tête d'organiser un speed dating géant en voyant Evans et Mulci se jeter des maléfices dans un couloir.
Résultat, nous sommes tous réunis dans la grande salle. Et quand je dis nous, je parle des sixièmes et septièmes années.
- L'objectif aujourd'hui sera de rapprocher vos maisons en faisant fi des préjugés et en accordant plus d'importance à vos points communs, nous explique patiemment Dumbledore. Et qui sait, peut-être rencontrerez vous l'âme sœur dans la maison adverse !
- Ahah. Je crois pas non, rigolent plusieurs personnes comme s'il s'agissait d'une bonne blague.
Mais Dumby est tout à fait sérieux et McGo se tient derrière lui, les lèvres pincées. On voit qu'elle n'était pas d'accord pour se livrer à une telle mascarade mais elle n'a pas toujours le cran de s'opposer aux idées farfelues du vieux.
Au passage, et puisque je parle d'elle, McGo s'est coupé les cheveux et ça lui fait une vraie tête de gland. Après, bon. C'est pas non plus de sa faute. Elle a été forcée de passer sous les ciseaux. Car l'autre jour en cours, pendant qu'elle passait dans les rangs, Black lui a jeté un chewing-gum dans les cheveux.
- Si c'est pour apprendre à connaître les cassos qu'on évite soigneusement d'habitude, non merci, dit un Serdaigle en croisant les bras.
- Toi t'es trop moche de toute façon, je lui apprends depuis ma chaise.
- Moonheart ! M'avertit McGonagall tandis que l'autre ouvre sa bouche pour répliquer.
Il se fait couper par un Serpentard.
- Y'en a marre de vos plans foireux censés encourager la mixité. Arrêtez d'y croire car ça n'arrivera pas ! On a déjà assez de Sang-Mêlés comme ça !
- Ouais, arrêtons de mélanger les serviettes avec les torchons ! Ca ne fait du bien à personne !
- Et puis après ça va copuler dans tous les coins, et qui sait qui va s'occuper de tous ces couples en chaleur en faisant sa ronde ? Moi ! Se lamente une préfète de Gryffondor. Alors je refuse d'encourager cette activité de dévergondés !
- Oui ! C'est pas un baisodrome ici !
- Mais qui vous parle d'une telle chose ? Interrompt tristement Dumbledore. Moi je vous parle d'amour ! De rencontre ! De tolérance !
- Tolérance ta mère, grommelle t-on à ma table en boudant.
Mais on a beau se plaindre, on finit tous par participer bon gré mal gré à son truc.
- Salut ! Je m'appelle Jamie.
- Je le sais bien abrutie.
Regulus croise les bras. On vient juste de tomber ensemble et il décide de se murer dans un silence pesant en voyant que je suis sa partenaire.
- Et bien puisque tu le demandes si poliment, je commence après quelques minutes, j'aime les jonquilles, les coquelicots et les marguerites, le rouge, le vert et le violet, le noir aussi, parfois, manger du chocolat, la rhubarbe, la glace à la pistache, porter un bonnet, faire du trampoline, monter un balai, sautiller en marchant, em-
- Ca va ! Je m'intéresse pas à tes goûts, inutile de me faire un autoportrait, me coupe sèchement Regulus en croisant les bras.
Et voilà. Comme d'hab, chaque fois que j'essaye de tenir la conversation, il m'envoie balader.
- Pourquoi t'es aussi désagréable ? Je lui demande en battant des cils. Tu ne veux pas jouer le jeu comme les autres ?
- Non.
- Bah ça ne casse pas trois pattes et un canard de dire ce qu'on aime dans la vie.
- J'aime rien.
- Personne n'aime rien.
- Si. Moi. La preuve.
- Non. Je suis sûre que tu aimes des choses. Donc essayons d'en discuter tant que nous sommes ici entre adultes.
Il lève les yeux au ciel.
- Est-ce que tu as des hobbies ?
- Comme tout le monde.
- C'est-à-dire ? On a peut-être les mêmes !
- Je ne crois pas non.
- Tu aimes te cultiver ?
- J'imagine.
- Et bien moi aussi j'aime qu'on me cultive ! C'est fou hein ! Comme c'est curieux !
- Et quel coïncidence.
- N'est-ce pas. On se trouve déjà des atomes crochus.
- C'est ta technique de drague ? Parce que tu me l'as déjà fait.
- Ah ?
- Oui. L'autre jour en retenue. Tu radotes.
- Peut-être mais c'est bon signe que tu me le fasses remarquer. Ca montre que tu m'écoutes !
- Mais oui. Bon. Il reste combien de temps ? Il demande en m'ignorant et en se tournant vers un Serdaigle assis à la table d'à côté.
- Trois minutes.
Regulus hoche la tête, soupire, et revient vers moi avec la tête d'un condamné à mort.
- Arrête avec ce regard, prévient-il après quelques secondes.
- Quel regard ?
- Celui-là ! Ce regard de perverse que tu plantes sur moi chaque fois que tu me croises. On dirait un taré dans une grotte qui n'a pas mangé depuis des jours et qui se jette sur le premier truc comestible qu'il voit.
- Je ne savais pas mon regard si révélateur. Et quel est le mal à exprimer ses sentiments ?
- Euh, je t'arrête. Quels sentiments. Tu t'es mis en tête toute seule que tu m'aimais bien et derrière tu sautes sur le premier mâle qui passe. J'appelle pas ça des sentiments.
- Bah. Je ne saute pas sur Rogue !
- Certes. Parce que tu as des critères. Comme tout le monde.
- Oui ben peut-être et alors. Je suis jeune. Je profite.
- Si l'on peut dire, il ricane. Toujours vierge ?
- Oui. On a pas tous l'opportunité de se faire dépuceler par un elfe.
Il perd le sourire.
- Ahah ! Se marre le Serdaigle derrière.
Lui aussi cesse vite de rire quand Regulus lui envoie son poing dans la figure.
- BLACK ! Hurle une voix.
- Moi ? Mais j'ai rien fait ! Je vous jure !
- Non. Pas vous.
- Vous avez dit Black.
- L'autre !
- Qui ?
- Votre frère !
- Bah dans ce cas-là dites Regulus ! Après on ne s'y retrouve plus !
- Ah vous ! N'essayez pas de m'embrouiller et occupez-vous de votre partenaire !
- Sans façon non, répondent d'une même voix Sirius et Blondie en se fusillant du regard.
Ils sont tombés ensemble et comme la plupart des binômes Serpentard-Gryffondor on ne peut pas dire que ça se passe très bien.
Heureusement qu'on est glué sur nos chaises le temps des rencontres et qu'on nous a confisqué nos baguettes sinon ce serait déjà devenu une véritable boucherie.
- De toute façon, je fais en me tournant vers Regulus, va discuter avec quelqu'un qui ne veut pas parler et qui ne fait aucun effort de sociabilité. T'as pas un semblant de politesse !
Je me recule sur ma chaise, ennuyée, tandis que Regulus tapote la table des doigts avec impatience.
A un moment, il commence à ouvrir la bouche - mais McGo s'approche en tirant la tronche d'un gros machin en ferraille qu'ils ont installé sur l'estrade où siège la table des professeurs. Un gigantesque "GONG" retentit dans la Grande Salle, les conversations cessent aussitôt et chaque binôme se sépare pour en former un nouveau.
- Moi je sais jouer de la musique, j'entends se vanter Ryan alors qu'il est appairé à Philo.
- Ah oui et quel genre ?
On sent l'agacement dans sa voix.
- Du triangle !
- ...
- Pas l'instrument le plus excitant du monde, renifle t-elle.
- Et bien détrompe-toi j'ai mon petit succès !
- Auprès des petites premières années de Poufsouffle ?
- Ouais !
- ...
- Mais pas que hein, essaye de rattraper Ryan.
Il se tourne vers moi comme pour me demander de l'aide et je me contente de lui rire au nez.
S'il continue comme ça il finira par perdre son pucelage avec une fillette de douze ans.
- Mais quelle idée géniale ce speed dating, tu te trouves pas ? Se réjouit Lerry.
Il se penche sur moi pour me confier fièrement :
- Je me suis arrangé avec le directeur pour que tu tombes avec Carrie. Vous pourrez apprendre à vous connaître.
- Ah mais non ! Je t'ai dit que ça ne m'intéressait pas !
- Pourquoi ? Elle est si gentille !
- M'en fous ! J'ai pas envie de mettre mes doigts dans un trou où t'as déjà fait ta vidange.
- Elle est très bonne ma vidange !
- Je ne dis pas le contraire, mais si c'est pour la gâcher dans la première conne qui passe, autant s'abstenir.
- Carrie n'est pas conne.
- C'est une handicapée mentale.
- C'est pas vrai !
- Elle baise des poules.
- Mais non !
- Ah, c'est dingue, ça, j'en apprends plus sur toi en les écoutant gueuler qu'en t'écoutant toi parler, commente une voix.
Il me suffit d'un regard pour comprendre que c'est l'actuel partenaire de Carrie la Moche qui dit ça.
Celle-ci nous lance des regards énervés. Elle croyait peut-être avoir ses chances avec le malheureux devant elle.
- Mais taisez-vous ! Dit-elle en battant des bras. Taisez-vous !
- Tu peux courir, oui. ET OH, TOUT LE MONDE ! CARRIE FLINT BAISE DES POULES !
- Ah ah ! Je te tiens ! S'exclame Evan en voyant que nous sommes appairés.
Ce matin, dans la salle commune, il nous a lu la rubrique nécrologique du journal.
Le passe-temps favori de la maison Serpentard si vous vous posez la question. Car après, on se fout de la gueule de ceux qui sont morts. Le plus souvent des Sang-de-Bourbe et des traîtres à leur sang.
- Tu me dois de l'argent, me dit-il avec un regard dur.
J'avais parié que le prochain Londubat à mourir serait le grand-père de Frank et en fait c'est sa cousine qui a passé l'arme à gauche.
Je me suis dépêchée d'évacuer la salle commune en apprenant la nouvelle car pas question de rendre des comptes. Mais la vie fait que. On se fait vite rattraper par les vautours.
- Est-ce que je peux te rembourser plus tard ? Je demande à Evan en battant des cils.
C'est lui qui s'occupe des paris et on peut dire qu'il s'en met pleins les poches chaque semaine depuis quelques années.
- Ca dépend. Est-ce que tu comptes réellement me rembourser un jour ? Car ton crédit commence à être élevé.
- Non non, ne t'inquiète pas, je trouverai l'argent !
- Mouais, dit-il. C'est ce que tu dis à chaque fois.
- Oui mais aujourd'hui c'est différent ! Je sais comment récolter des fonds ne t'inquiète pas !
Un petit racket par-ci, une petite arnaque par-là et des emprunts entre les deux, je devrais m'en sortir.
- ... Soit. On va dire que je t'accorde une semaine. Mais c'est la dernière fois ! Me prévient-il en plissant les yeux.
La conversation se tait. On pourrait entendre une mouche voler.
- Innocentes petites mouches, va, je commente à voix haute.
Evan me lance un regard interrogateur.
- Elles au moins n'ont pas à se soucier des difficultés de la vie. Elles ne vont pas à l'école, n'ont pas besoin de passer le code de la route pour voler, ne sont jamais au chômage et peuvent légalement pratiquer la polygamie. Quelle chance.
- Euh ouais. Si tu le dis.
Le silence règne de nouveau. On ne peut décidément pas dire que les Serpentards sont de grands bavards.
- Toi aussi ça fait vingt minutes que tu te coltine des Sang-de-Bourbe ? Finit par me demander Evan.
- Euh... non. Mais à un moment je me suis retrouvé avec Lerry.
- Et alors ?
- Bah c'est mon cousin. Et peut-être que dans ta famille la consanguinité ça ne pose pas de problème mais moi ça ne m'intéresse pas.
Il lève les yeux au ciel.
- Rappelle-moi quand même de faire un dépistage en sortant parce qu'à tous les coups ils ont eu le temps de me contaminer avec leur impureté ! Dit-il après quelques secondes. Et tant qu'on y est je suis tombé sur un vrai taré. Il parlait de nous déposséder de nos pouvoirs et de violer nos femmes. Quand on dit que c'est des sauvages ces gens-là ! Ils vont voir ce qu'ils vont voir !
- T'as jamais eu l'impression de ne pas être ce que tu devrais être ? Je demande à Potter.
- C'est-à-dire ?
Il ne m'écoute pas vraiment, il est trop occupé à surveiller le nouveau partenaire d'Evans. Un sixième année de Poufsouffle au sourire scintillant.
- Bah. Souvent en cours je me demande ce que ça ferait d'avoir une bite.
- Ah oui bah lui il se demande sûrement quand il va pouvoir planter la sienne.
Il carre la mâchoire. Evans vient de rigoler à une blague du Pousouffle.
- Euh, on parle de moi là.
- Oui oui. Je t'écoute. Vas-y.
Il serre les poings, le regard toujours vissé sur sa belle, et je lève les yeux au ciel.
- Puisque ça t'intéresse, et bien parfois je fais des rêves où j'ai une bite et où j'utilise les urinoirs ! Et en me réveillant le lendemain, j'ai comme un sentiment d'incomplétude.
- Peut-être parce que tu en avais vraiment une et qu'on te l'a prise, dit Black derrière car il écoutait notre conversation. Est-ce que tu y as pensé ?
- Je t'avoue que non.
- Lance un avis de recherche alors. Elle est peut-être toujours dans le coin.
- Aux objets trouvés ?
- Ou bien alors quelqu'un se l'est cousue et la porte en ce moment même.
- Sûrement le Poufsouffle, siffle Potter qui nous écoutait tout de même. Mais je ne le laisserai pas toucher Lily avec la sale bite de Moonheart. Je vais lui glisser une potion dans sa soupe qui lui donnera pleins de boutons, ça va calmer ses ardeurs moi je vous le dis !
- Salut Kevin ! Ca biche ? Je babille en m'approchant de lui d'un pas sautillant.
Pour rappel, c'est la mascotte de notre maison. Un petit garçon un peu chétif, les cheveux un peu trop longs, des yeux perpétuellement tristes, avec le teint maladif. Mais bien sûr, il ne faut pas se fier à son apparence.
C'est le grand manitou des premières années de Serpentard. Un être fourbe, tordu, machiavélique ! Bref. Pas pour rien qu'il est notre mascotte. C'est le digne représentant de notre maison.
Et c'est un grand privilège que de recevoir son titre, vous savez ? Les autres et moi nous n'avons pas eu cette chance. La mascotte précédente étant Lucius Malfoy.
- Euh... oui. Salut.
Il me regarde débarquer d'un air méfiant tandis que derrière lui, ses amis s'affairent à taper sur un Serdaigle récalcitrant. A comprendre : un abruti qui n'a pas voulu partager ses notes d'histoire.
Si petits et déjà si aptes à s'approprier des informations. Ahhh, je suis toute émue ! Ce sont nos dignes successeurs !
Car à Serpentard, si vous n'avez pas encore compris, nous ne chipotons pas. Qu'on obtienne une information par la force ou par un livre, c'est le résultat qui compte.
- Tu as besoin de quelque chose ? Me demande Kevin sur le ton de celui qui a un emploi du temps de ministre.
- Oui. On m'a dit que tu faisais crédit. Ce qui tombe bien car j'ai besoin d'argent.
Et quoi de plus normal que de demander poliment des sous à ses cadets ?
Il ricane tout en m'entraînant à l'écart.
- Elle est belle, la fierté du Serpentard.
- Ah, s'il te plaît, n'en rajoute pas. C'est assez rabaissant comme ça !
Et puis qu'est-ce qu'il a à toujours se croire supérieur aux autres, celui-là ? Il n'a que onze ans et il se prend pour le roi du monde. A ce train-là il va finir par nous pondre un coup d'État et pas sûr qu'Evan soit de taille à défendre sa position.
- Si tu veux des sous, il va falloir me rendre un service en échange, m'annonce t-il en croisant les bras.
- Quel genre ?
Il commence à ouvrir la bouche mais je préfère l'interrompre avant qu'il se fasse des idées.
- Je ne taille pas des pipes, moi.
- ...
- Ou alors ça dépend de la situation. Mais certainement pas avec des enfants !
- ...
- Ou alors ça dépend de la rémunération. Si on me propose un tas d'or pour sucer une petite bite bien lisse je ne suis pas âme à refuser ! Le problème c'est qu'on ne me fait jamais ce genre de proposition et je ne comprends pas pourquoi. Les enfants aussi ont bien le droit d'éprouver un peu de plaisir, non ?
Il ne répond pas. A dû être élevé par les prudes ou alors n'a pas lu ma petite fanfiction érotique sur Regulus et son elfe.
- Tu sais ce que c'est que tailler une pipe n'est-ce pas ? Je m'assure en me penchant sur lui.
Il rougit et se racle la gorge. Avant de s'énerver car en tant que grand manitou il faut bien qu'il se donne une contenance devant ses disciples.
- Oui, je sais ce que ça veut dire. Et non, ce n'est pas ce qui m'intéresse.
Ah bah tant mieux ! Ca me rassure.
- Quoi donc alors ? Faire tes devoirs ?
- Surtout pas, dit-il en m'avisant avec mépris. Tu ferais tomber ma moyenne.
- Non mais oh ! Ne me prends pas pour une bille surtout !
Cette fois-ci, il me lance un regard éloquent. Je croise les bras et me retiens de lui cracher dessus. Qu'il aille donc se rendre service à lui-même s'il se croit tellement mieux. Non mais.
- Je voudrais que tu ridiculises quelqu'un, m'apprend t-il après quelques secondes. Que tu l'humilies de façon à ce que seul le suicide puisse lui apporter réconfort.
- Ahah. Je ne sais pas si ce sera dans mes cordes.
Prenez Rogue. Sa tronche donnerait envie à n'importe qui de se jeter du haut d'une tour. Moi, je respire trop la joie de vivre.
- Et qui est ma cible exactement ?
- Benneth Lawliet. La mascotte des Gryffondors. Une petite brute arrogante avec le QI d'un poireau. Un sale Sang-mêlé pro Sang-de-Bourbe avec des idées extrémistes sur la liquidation des Sang-Pur. Il a même fait passer des affiches de propagande ! M'apprend t-il scandalisé en sortant un parchemin de sa poche et en me l'agitant sous le nez.
"Pour un monde plus pur, liquidons les Sang-Pur".
- ... Je comprends mieux Evan.
Je relève la tête vers Kevin, lequel a le regard brûlant de haine et se met à virer au vert.
- Ce sale petit eunuque du cortex cérébral je vais le niquer ! LE NIQUER T'ENTENDS ! LUI BROYER LES OS ! ET QUAND J'AURAIS SA SALE PETITE GUEULE FACE A MOI JE PRENDRAI GRAND SOIN A VIOLER SA MAMIE DEVANT LUI !
Il s'arrête, le temps de sortir calmement son inhalateur et de prendre une profonde inspiration, avant de ranger son appareil dans sa poche et de se tourner tranquillement vers moi comme si ce n'était pas un grand psychopathe.
- Tu vois le garçon sur la photo ? Me dit-il en désignant le portrait mouvant d'un gosse sur l'affiche qu'il m'a montrée précédemment. C'est la cible à abattre.
- Et quand commence la mission ?
- Maintenant. Si tu l'acceptes. Ce que tu ne serais pas obligée de faire si tu étais capable de faire des économies, ajoute t-il avec un regard réprobateur.
- Non mais t'as fini oui ?! Je m'excite. Pour qui tu te prends ? Mon conseiller financier ? C'est la crise ! Je fais ce que je peux !
Et même les petits premiers années n'ont plus assez de sous pour que je puisse les racketter. Donc comment voulez-vous que je rembourse mes dettes quand on me retire mon principal gagne-pain ?
- C'est un coup-monté moi je te le dis ! On veut me mettre sur la paille !
