Chapitre 6 : Rapprochement.

POV Edward :

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et bien trop vite à mon goût, Bella mit fin à notre baiser. Lentement, je rouvrais les yeux et la trouvais, hésitante, presque fuyante. L'inquiétude me prit soudain. Regrettait-elle ce qui venait de se passer entre nous ?

Les larmes restaient à sécher sur ses joues, alors, doucement, je levais la main et allais essuyer ses tendres joues qui n'avaient pas à être striées de larmes qui ne méritaient même pas de couler. Son regard semblait tenter de me dire quelque chose, mais je n'arrivais pas à savoir quoi.

Une fois ma tâche achevée, je gardais son visage entre mes mains, ne lâchant plus son regard. Bella paraissait perdu. Je ne comprenais pas pourquoi elle me fixait aussi intensément, mais ça ne me gênait pas. Mon regard sur elle ne devait pas être moins insistant. Au bout d'un moment, elle baissa les yeux et tourna la tête, m'obligea à lâcher son visage.

Je…j'suis désolée. Il faut que j'y aille.

Je restais comme deux ronds de flanc à la regarder se précipiter loin de moi. Elle était restée saucissonnée dans la couverture, qui menaçait de la faire trébucher dans son empressement. Je me levais et la rejoignais rapidement. Je lui laissai une distance qui lui permettait de ne pas être gênée de ma présence, mais assez près pour intervenir en cas de besoin..

Alors que nous rentrions dans le salon, toutes les têtes se tournèrent vers nous. Qu'es-ce que j'avais encore bien pu faire ? Cependant, l'attention était essentiellement concentrée sur Bella. Visiblement, les autres parlaient d'elle avant notre retour dans la maison. Au vue de leurs têtes d'un parfait assortiment entre le dégoût et la rage pure, ils devaient encore parler du mec d'hier soir…

Bella capta immédiatement tous les regards, et sans y réfléchir deux fois, elle s'enfuit de la salle en lâchant la couverture au passage. J'entendis ses pas précipités dans les escaliers, et même une chute rattrapée de peu. Nos familles l'avait suivit des yeux, mais personne n'avait essayé de la retenir.

Alice s'approcha de moi en sautillant, toute souriante. Comment pouvait-elle agir comme ça alors que sa meilleure amie été bouleversée ? Je ne la comprendrais jamais. Famille ou pas, s'était un véritable aliène. Ses réactions étaient toujours inexplicables.

Alors, lèvres en feu, tu nous l'as encore traumatisée ?

Mais de quoi parlait-elle ?! Je portais une main à ma bouche, cherchant à comprendre ses insinuations. La révélation me frappa : j'avais les lèvres gonflées à bloc. Je ne pensais vraiment pas avoir assez embrassé Bella pour en arriver à un style tout-juste-botoxé. De toute façon, j'avais encore envie de l'embrasser.

Cette fille n'était en rien comparable à celles que j'avais pu connaître auparavant. Elle était différente. Naturellement différente, et j'avais peut-être l'occasion d'arriver à découvrir le mystère. Je n'allais pas laisser passer ma chance.

Serait-ce mademoiselle j'ai-l'impression-qu'on-égorge-un-cochon-quand-je-jouis qui parle ?

J'avais lancé ça avec un sourire en coin ; et voir ma cousine choquée et rougir était génial. J'étais peut-être vexant, mais ce n'était qu'un juste retour des choses. Ils m'avaient empêché de dormir.

Faites pas vos prudes, je vous ai tous entendu cette nuit, pour mon plus grand écœurement.

Emmett s'en fichait royalement, mais visiblement les autres étaient gênés. Le sujet « lèvres en feu » fermé, je m'éclipsais vers la chambre de Bella, pendant que le ménage devenait l'activité principale et essentielle dans le salon.

En ouvrant sa porte, je la trouvais sur son lit, armée d'un carnet et d'un stylo qui avaient tous les deux l'air d'avoir bien servi déjà.

Je te dérange ? Demandai-je doucement.

Je ne savais pas pourquoi elle était partie, ni ce qu'elle voulait dire. Mais dans tous les cas, je n'allais pas m'avouer vaincue et la laisser tomber. Elle semblait être une personne qu'il fallait connaître à tout prix, et qui, une fois connu, devenait inoubliable. Ca devenait viscéral, une véritable obsession, d'être près d'elle. Réaction disproportionnée ? Surement…

Pour toute réponse, elle secoua doucement la tête en évitant mon regard. Ca me blessait plus que de raison. J'aimais ses yeux, et le fait qu'elle me les cache était réellement blessant. Je savais que j'avais brûlé les étapes avec Bella, mais cette fille était vraiment hors du commun. Ca se sentait.

Je m'approchais de son lit presque timidement, alors qu'elle regardait ce qui occupait ses mains, et m'assis à ses pieds. Elle ne levait toujours pas la tête, et jouait nerveusement avec ses mains.

Bella je suis désolé, si tu ne voulais pas tu aurais pu me le dire. Je ne suis pas un monstre, je ne t'aurais pas forcée…

Elle releva prudemment la tête et étudia scrupuleusement mes traits. Isabella semblait me tester, jauger mes propos. Pour appuyer mes dires, je lui fis un petit sourire contrit. J'avais tellement envie de la mettre en confiance.

Mon semblant d'explication sembla la contenter, et sa posture tendue s'adoucit un peu. Un poids énorme, dont je n'avais pas même remarqué la présence plus tôt, s'évanouit, me libérant soudainement. S'il fallait que je rampe à ses pieds pour qu'elle me fasse confiance, je le ferais avec joie. A vrai dire, je ferais vraiment énormément de chose pour que nous nous rapprochions en tant soit peu.

Une fois de plus, Bella rompit le contact et se mit à torturer ses mains. Ce tic nerveux était très prononcé chez elle, ainsi que ses rougissements. Mais au lieu de penser qu'elle était folle, ces petites réactions me prouvaient que Bella n'était pas comme toutes les autres filles, et sa timidité était vraiment passionnante.

Cette fille était magnifique, bien plus belle que n'importe quelle autres, et elle semblait être particulièrement plus intelligente que la grande majorité. Et pourtant, rien de cela ne lui donnait la confiance nécessaire en elle-même. Cette œuvre d'art devait vraiment en avoir vécu bien plus que ce qu'Alice et Emmett m'avaient raconté ces derniers temps…

Ne t'en fais pas, c'est ma faute. Je n'aurais jamais dû me laisser habiller comme Alice l'a fait. Mais ne te sens pas obligé de quoi que ce soit, tu peux t'en aller.

Perdu dans mes pensées, je n'avais pas remarqué que Bella avait quelque peu relevé la tête, et qu'elle me regardait avec une sorte de crainte mêlée à de la résignation dans les yeux.

Ses paroles avaient été rapides, et moins audibles sur la fin. J'aurais presque pu en rater une partie si je n'avais pas été habitué aux changements de tons made-in-Alice depuis mon enfance. C'est dans ces moments là qu'on a envie de dire merci au lutin obsédé de la dépense et du shopping. A croire que sa folie pouvait s'avérer utile…Parfois au moins…

Je ne vois pas ce que ta tenue vient faire là-dedans, elle t'allait à ravir, et je ne me sens obligé de rien. Tu es simplement quelqu'un de très intéressant et j'ai envie d'apprendre à te connaître, voilà tout.

Sur ce coup, ya pas plus franc. Si elle pensait que je lui mentais, je ne savais absolument pas comment je pourrais la convaincre de ma sincérité…

Pourtant le léger rougissement et le sourire timide m'indiquèrent que mon honnêteté n'était pas remise en question cette fois-ci. J'espérai simplement que Bella ne ferait pas marche arrière plus tard, et ne me rejetterait pas.

POV Bella :

Ce dieu aux yeux inimitable m'attirait. A un point tel que je n'arrivai plus à me contrôler. C'était vraiment flippant. Je ne savais pas ce qui m'avais prit, ni pourquoi je l'avais embrassé, mais quelque soit l'explication, je ne pouvais pas m'abandonner ainsi.

Malgré toute son attention, sa présence réconfortante et sa compréhension, Edward ne devait pas être mieux que n'importe qui d'autre. Et je ne me sentais pas la force d'être à nouveau trahie ou abandonnée. Surtout maintenant que Jasper s'éloignait…

Jasper…mon frère…mon jumeau…mon double… Il avait toujours été mon pilier, celui sur qui je me reposai, à qui je me confiai et qui me comprenait… Mais aujourd'hui, Alice débarquait et me le volait ! Jamais je ne serais arrivée jusqu'ici sans lui, et je ne m'imaginais pas continuer sans lui…

Sans lui, je n'aurais jamais surmonté le départ de notre mère. Renée. Elle était loin du modèle parfait de la mère, plus fantasque et immature que ce qu'exigeaient ses responsabilités envers nous. C'était surement pour cela qu'elle était partie, et que Charlie s'était retrouvé à devoir tout assumer.

Les rares souvenirs que j'avais de ma mère étaient douloureux. A cause d'elle je n'avais pas vécu une enfance normale, et ça ne s'était pas arrangé en grandissant… Charlie avait tout fait. Jusqu'ç me parler des problèmes féminins, rouge comme une tomate en fixant ses chaussures et en bafouillant. Autant dire que je n'avais pas comprit grand-chose ce jour là, mais c'était mignon de sa part d'avoir essayé pour moi.

J'avais des tonnes de souvenirs plus ou moins embarrassants avec mon père. Mais pas le moindre avec ma mère. A tel point que j'avais du mal à me rappeler son visage, et qu'ils s'effaçaient de plus en plus chaque année. Je ne voyais plus qu'un contour de visage, des cheveux auburn et des traits très flous…

Mais Edward dans tout ça ? Voulais-je vraiment qu'il fasse partie intégrante de ma vie ? Etre son amie ? Etais-je prête à risque d'être déçue ou trahie à nouveau ? Comment savoir quand rien de bon ne vous arrive ?

Tout ce qu'Edward m'avait dit m'avait touchée mais je ne savais pas quoi faire de cela. La seule « relation » que je n'ai jamais eue avait été une catastrophe de A à Z, même le garçon avec lequel j'étais sorti était une horreur à lui tout seul. Et j'avais déjà payé assez cher cette pseudo relation.

Non, je ne pouvais pas commencer quelque chose avec Edward. C'était impossible. Toute sa gentillesse n'y changerait rien. Je ne pouvais pas, et je n'étais pas faite pour lui. Il méritait mieux qu'une estropiée des sentiments, une handicapée de la confiance.

Mais je m'emballais, il n'avait jamais parlé de sortir ensemble. C'était encore mon esprit tordu qui s'emballait. Ce qui nous ramenait à l'instant présent, où Edward semblait sincère en me disant qu'il voulait me connaître. Je ne pouvais pas le laisser se tromper aussi lourdement sur moi, même si ses compliments me touchaient sincèrement.

- Il n'y a rien à connaître de moi. Tu t'es trompé. Et si je ne m'étais pas habillée comme une trainée, rien de cela ne serait arrivé, et tu ne perdrais pas ton temps avec moi. Je n'en vaux pas la peine…

- Laisse-moi en juger par moi-même tu veux bien? Je ne risque pas grand chose, au pire une petite déception, au mieux, une connaissance intéressante de plus.

Son petit sourire en coin me fit craquer. Je ne pouvais plus rien lui refuser dès l'instant où il avait prit ce petit air mi-supliant mi-souriant. Je soupirai lourdement. J'étais vaincue...

- D'accord. Mais ne vas pas croire que faire partie de la famille de Lili et Emmett te donne tous les droits. Je ne te connais pas et je veux pas me faire encore avoir.

Il hocha simplement la tête en souriant. Je ne savais pas pourquoi il souriait mais ça me donnait envie de sourire. En fait, il était contagieux. Voilà! C'est ça. Il dégageait une sorte d'aura à laquelle vous ne pouviez pas résister. Mais pourquoi tenter d'y résister? Edward paraissait bien trop parfait...

- Bon alors, explique-moi ce qui s'est passé hier soir. Demanda Edward.

Je fronçais les sourcils.

- De quoi tu parles?

Il soupira et leva les yeux au ciel.

- Qu'es-ce que t'as fait ce mec, là... Rahhh comment il s'appelle, Jason, Ja... Jacob?

Je me tortillai un sur place, mal à l'aise. Edward dut prendre sa comme une sorte d'autorisation et vint s'asseoir prêt de moi, s'appuyant dos à la tête de lit. Il ne me lâchait pas des yeux. Je baissai la tête, gênée.

- Euh... Rien. C'est pas grave.

- Arrête, m'interrompit-il. Je l'ai vu t'attraper et te parler. Qu'es-ce qu'il t'as dit? Pourquoi tu en as rêver? Et n'essaye pas de me mentir, c'est moi qui ais prit les coups cette nuit.

Même si la dernière partie avait été dite avec un petit sourire, Edward était vraiment sérieux, ça se voyait sur son visage. Mais je ne voyais pas pourquoi il voulait savoir ça, ni ce que ça pouvait lui faire. Et je n'avais aucune envie de parler de Jacob, encore moins avec un quasi-inconnu.

- Je ne suis pas en sucre, j'ai l'habitude qu'il me secoue. Et je n'ai pas envie d'en parler, alors basta!

Et ce n'était vraiment pas un sujet sur lequel je voulais m'étendre. Il n'y avait rien de plus à dire de toute façon.

- L'habitude?! Non mais je rêve; c'est pas possible d'entendre ça! Pourquoi personne ne fait rien?! Il n'a pas à te secouer comme tu le dis!

Visiblement, le fait que Jake puisse s'en prendre à moi faisait sortir Edward de ses gonds. Et il été vraiment chaud quand il était en colère. J'avais soudainement envie de jouer avec ses nerf. Je pris un visage serein et détaché.

- Et qui te dis que ça n'est pas ce que j'aime?...

J'ajoutais à ça un petit sourire espiègle, et je jure que la tête qu'il fit ensuite valait de l'or. Il était complètement hébété, la bouche entre-ouverte et les yeux écarquillés. Et, oh mon dieu! il rougit! Je ne pouvais me retenir plus longtemps, et riait comme jamais.

- Oui, oui, mazzo et fière de son petit effet...

J'avais des crampes au ventre à force de rire, mais Edward ne réagissait toujours pas. Je me tordais littéralement de rire sur mon lit. Et au moment où je croyais me prendre une nouvelle gamelle en glissant du lit, deux bras puissants m'attrapèrent et me balncèrent sur le milieu du matelas. Toujours est-il que je me retrouvais à gigoter dans tous les sens parce qu'Edward me torturait. J'aurais bien tenté de le mettre en garde, mais je n'arrivais pas à reprendre mon souffle. Et ce qui devait arriver arrivé : en me débatant, mon genoux frappa dans quelque chose qui, vu les yeux exorbités d'Edward et l'arrêt instantané de tout mouvement était le centre de la cible. Il s'écroula sur le lit, assit et tendant les mains vers son entre-jambe, ou ce qu'il en restait du moins...

- Oh mon Dieu! Criais-je.

Sans réfléchire, je me redressai et me jetai près de lui. Je ne savais pas quoi faire, et c'est un automatisme qui me poussa à essayer de le soulager. J'avais tellement honte de moi, peur de l'état dans lequel je m'étais Edward, et je savais par Jasper que c'était trèès douloureux. J'en souffrai pour lui.

Bien évidemment, c'est à ce moment qu'Emmett ouvrit la porte.

- Bordel Edward! T'as pas bientôt fini d'emmerder Bella?!

Ses yeux de posèrent sur nous, puis il chercha les raisons du problème, sourire aux lèvres. Sa mâchoire tomba. Forcément, mes réflexes n'avaient pas agis, et j'avais toujours la main sur les parties d'Edward (bien que toujours couvertes de ses vêtements et de ses mains).

Emmett et son cousin se mirent à rougir. Je recouvrai enfin mes capacité et retirais ma mai en baissant la tête sur mes couvertures, rouge de honte. J'avais déjà fait dans le gênant, mais alors là! Championne toutes catégorie et même hors classement. La barre était très haute! Pour me détrôner, il faudrait une bonne centaine de grandes échelles des pompiers, et encore...

je ne savais plus où me mettre. Et le fait qu'aucun d'eux ne réagisse ne me facilitait pas la tâche. A-t-on le droit de se faire, volontairement je le précise, noyer? Ensevelir? Je crois qu'actuellement; disparaître définitivement serait une solution. Plus de Jacob, plus d'abandon, et plus de honte!..

Enfin... C'était peut-être des raisons boiteuse pour justifier mon extermination... Et puis, à à peine 18 ans, je n'avais pas envie de voir tout s'achever. Ca me paraissait irresponsable... Juste un moment de détresse passagère, comblé par des énormités.

Un mouvement de la porte me fit sortir de ces pensées hautement philosophiques.* Visiblement, Emmett n'était pas remit du choc, et avait refermé la porte en sortant la bouche grande ouverte mais sans rien dire. Dieu merci...

Au bout d'un autre long moment, Edward sembla réagir. Du coin de l'oeil je le vis tourner la tête vers moi, toujours avec cet air hébété. Personnellement je ne pouvais plus bouger, ni quitter cette porte des yeux. Si je la franchissai à nouveau, j'entrerais dans mon Enfer personnel, j'ai nommé : Emmett Brandon.

- Eh bah, il m'a au moins fait oublier la douleur. Plaisanta Edward.

Des flash de la cause de notre situation me revinrent en mémoire. J'éclatais de rire, me tordant encore sur mon lit. Edward m'avait vite rejoint dans ce fou rire monstrueux.

Je ne savais pas si Emmett s'était remis de son état de choc, ni ce qu'il me ferait endurer par la suite. Mais à cet instants précis, je m'en fichais.

Pour une fois dans ma vie, je me sentais bien, j'avais envie de rire, et de ne plus m'arrêter. Jamais...


Bon, c'est la deuxième fois que je retape tout sur FF et j'en ai un peu ras le bol. C'est bien pour vous que je fais ça^^. C'est mon petit cadeau de Noël pour vous.

Je tiens à vous dire que sans ma poisse incroyable, ce chapitre aurait été posté plus tôt, surement même hier.

Enfin bref, je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année, un joyeux noël et pleins pleins de cadeaux géniaux.

Gros bisous à vous.

P.S: mon problème pour office avait trouvé une solution détournée, mais cette solution m'a claqué dans les pattes hier soir. Je mérite une review pour le mal que je me donne? ^^

Et encore, désolée pour le temps entre chaque poste, l'histroire n'a pas de trame précise, et si l'inspiration ou le temps n'est pas au rendez-vous tout prend beaucoup plus de temps...