La douce lumière du jour qui se levait à peine filtrait par la fenêtre de la salle commune des Gryffondor, et venait réchauffer la joue d'Hermione, paisiblement endormie sur une table. Depuis plusieurs heures déjà, le feu de la cheminée ne crépitait plus, et la pièce était pour l'instant silencieuse. Mais soudain une petite chouette au plumage blanc et doré vint toquer à la fenêtre réveillant ainsi la jeune Hermione. Celle-ci s'étira un instant et alla ouvrir la fenêtre à la chouette qu'elle connaissait si bien. L'animal ne se fit pas prier et s'engouffra dans la salle commune en quelques battements d'ailes, un lourd coli entre les pattes. Hermione l'en débarrassa et lu le parchemin :

Comme promis voilà votre matériel scolaire. J'espère que la chouette n'est pas trop en retard car le colis est assez conséquent. Je vous souhaite une très bonne année scolaire.

Professeur M. McGonagall

Ps : Gardez la chouette, je crois qu'elle vous aime bien et vous pourrez ainsi envoyer une lettre à vos parents.

Hermione caressa tendrement le bec de la chouette elle aussi l'aimait beaucoup car c'était elle qui avait entretenue le lien entre Hermione et le monde de la magie. Combien de fois ce pauvre animal avait dut affronter la pleine mer pour lui apporter ses cours ? Après une courte réflexion Hermione décida d'appeler la chouette Artémis. Le nom sembla plaire à la petite chouette qui se mit à sautiller sur la table allant même jusqu'à bondir sur la tête de Ron qui dormait aussi là, mais qui ne se réveilla pas pour autant. Hermione prit la plus belle plume que contenait son colis ainsi qu'un morceau de parchemin. Qu'allait-elle bien pouvoir dire à ses parents ? Ils devaient être blessés de l'abandon de leur fille unique… elle écrivit finalement :

Papa, maman, pardon. J'espère que vous allez bien et que le retour à Londres ne sera pas trop difficile. A bientôt.

Avec tout mon amour.

Hermione.

Pas vraiment satisfaite, Hermione enroula tout de même le parchemin et l'accrocha à la patte d'Artémis qui s'envola aussitôt par la fenêtre. La jeune fille se rassit à la table et regarda Ron dormir.

Le souvenir de la soirée d'hier la fit sourire. Ron et elle avaient parlé de longues heures pendant lesquelles il avait partagé avec elle des souvenirs précieux. Elle avait frissonné quand il raconta comment Voldemort avait tenté de récupérer une sorte de pierre pour devenir immortel et de tuer Harry. Mais elle avait éclaté de rire quand il lui décrivit avec précision leurs mésaventures avec un dragon qu'ils avaient dû emmener en haut de la tour d'astronomie tout en évitant Rusard le concierge. D'un côté elle ne pouvait s'empêcher d'envier Ron, il avait passé quatre ans à Poudlard, dans le monde de la magie dont à l'époque Hermione ne connaissait même pas l'existence. Mais elle se doutait qu'il ne lui disait pas tout, lui et Harry cachaient forcément quelque chose, elle en était certaine. « Peut-être qu'un jour ils auront assez confiance en moi pour m'en parler... » Se mit à rêver Hermione.

Sous la table un chat roux se frotta contre sa jambe en miaulant.

Hey salut toi ! murmura Hermione en prenant le chat dans ses bras.

Elle jeta un coup d'œil à sa montre : il était à peine 7h, une douche rapide ne serait pas de trop ! Elle monta l'escalier qui menait vers le dortoir des filles non sans un dernier regard pour Ron qui ronflait doucement. Perdu dans ses pensées, elle manqua de percuter une tornade rousse qui descendait à toute vitesse les marches, pieds nus et un balai sous le bras.

Hermione ! s'exclama Ginny.

Oh tu te souviens de mon prénom ? demanda Hermione agréablement surprise.

Bien sûr ! Comment oublier le prénom de la fille à moitié évanouie au milieu d'une rue où on dirait qu'une quinzaine de scrouts à pétards ont explosé ! fit la jeune fille avec un grand sourire. Tu vas mieux ? Luna m'a dit qu'elle t'avait vu à la bibliothèque mais que tu avais l'air fatigué…

Oh, dit Hermione, ma première journée à Poudlard a été assez mouvementé…

C'est donc toi la nouvelle élève dont tout le monde parle ?

Que… tout le monde parle de moi ? s'exclama Hermione soudain très anxieuse.

Ne t'en fait pas, les rumeurs à Poudlard ça ne dure pas très longtemps, enfin à par celles sur Harry mais…

Il y a des rumeurs sur Harry ? s'étonna Hermione.

Hum… oui, un certain nombre… dit Ginny visiblement mal à l'aise. Mais elles racontent n'importe quoi, il ne faut pas y faire attention. Et sinon qu'est-ce que tu fais debout si tôt ?

Je ramène ce chat, répondit Hermione qui tenait toujours Pattenrond dans ses bras, tu sais à qui il est ?

Lavande Brown, la préfète, mais il ne l'aime pas beaucoup. Parfois je me demande pourquoi elle l'a acheté…

Je le trouve plutôt mignon, j'ai toujours voulu un chat mais là où j'habitai ce n'était pas vraiment possible. Mais et toi alors,pourquoi es-tu si matinale ?

Et bien j'allais m'entrainer au Quidditch, fit la rousse en rougissant. Est-ce que tu pourrais éviter d'en parler avec mes frères ? je n'ai pas trop envie qu'ils se moquent de moi…

Hermione ne savait pas ce qu'était le Quidditch mais ça avait forcement quelque chose à voir avec le balai que Ginny tenait dans ses mains.

Tu as des frères à Poudlard ? Moi je suis fille unique.

Tu as bien de la chance ! Tous les roux que tu croiseras dans Poudlard sont forcément de ma famille ! Il y a les jumeaux, Fred et George, surtout n'accepte jamais un bonbon de leur part ! Et Ron il doit être de la même année que toi. D'ailleurs c'est vrai qu'il a fait cracher des limaces à Malefoy pour avoir traité une fille de sang-de-bourbe ?

Oui, dit Hermione en rosissant, et la sang-de-bourbe c'était moi…

Vraiment ? s'exclama Ginny. Tu es née moldu ? tu sais mon père les adorent, il collectionne toute sorte de vos trucs tu verrais ! enfin il faut que je te laisse il faut que j'aille m'entrainer avant que les autres ne se lèvent. On se voit plus tard Hermione !

Ginny commença à descendre quelque marche mais Hermione la rappela :

Ginny !

Oui ? fit la rousse en se retournant.

Ron est déjà en bas, il ronfle mais vas-y doucement on ne sait jamais…

Ginny lui fit un sourire amical est un clin d'œil avant de dévaler le reste de l'escalier.

Un peu plus tard Hermione se retrouva à l'entrée de la grande salle, trois lourds volumes sous les bras. La veille elle était en retard, mais aujourd'hui elle eut largement le temps d'observer la grande salle. Cette pièce était sans doute l'une des plus importantes de Poudlard car dans son livre elle était décrite avec une grande précision. Mais les mots ne seraient jamais suffisants pour d'écrire cet endroit des plus « magique ». Il y avait quatre longues tables en bois, une pour chaque maisons, où bavardaient et mangeaient les étudiants et la table des professeurs un peu plus loin. C'était un matin ordinaire, mais l'atmosphère était joyeuse. Mais le plus incroyable restait le plafond : en fait on avait l'impression qu'il n'y en avait pas du tout et que la salle était à ciel ouvert. Hermione aurait pu passer des heures à le contempler, rêvant d'être aussi capable d'exercer un tel sortilège. Elle avisa soudain Harry et Ron qui discutaient allègrement. Quand ils la virent, ils lui firent des signes de mains pour qu'elle les rejoigne. Pendant une poignée de seconde Hermione cru qu'elle avait rêvé. Est-ce possible qu'elle est déjà des amis ? Elle n'arriva pas à y croire, elle, Hermione Granger le rat de bibliothèque et la « fille qui vivait sur un bateau », avait des amis ! Le bonheur qui la traversa fut si immense qu'elle vacilla. Mais elle se reprit rapidement et couru presque pour rejoindre Ron et Harry.

Salut ! dirent les deux garçons en cœur.

Bien dormis ? demanda innocemment Harry.

Euh hum très bien merci ! Et vous deux ?

Ça peut aller, par contre j'ai retrouvé Ron qui bavait sur une table de la salle commune…

Hé ! fit l'intéressé rougissant jusqu'aux oreilles. J'y peux rien il fallait que je termine le stupide devoir que m'a donné Rogue.

D'ailleurs ça m'étonne que tu ais réussis à le finir, ricana Harry.

Hermione m'a un peu aidée, avoua Ron à voix basse.

Un peu ? s'indigna Hermione. J'ai rédigé les trois quart de ta copie !

Bon d'accord, d'accord, j'avoue sans toi j'aurais été fichu.

Hermione pourquoi tu l'as aidé ? fit Harry. Maintenant cette andouille va vouloir que tu l'aide pour tous ses devoirs…

C'est-à-dire que c'est un peu de ma faute si…

De ta faute ? cria Ron en tapant si fort sur la table que la moitié du contenu de son assiette fit un vol plané. C'est uniquement la faute de cette vermine de malefoy ! dire que ton sang est… n'importe quoi ! ton sang est dix mille fois plus pur que le sien !

C'est gentil Ron mais pas besoin de crier tout le monde nous regarde là…

En effet plusieurs tête s'étaient tournée vers eux et les dévisageaient. Ron se calma immédiatement et dit plus bas :

Vraiment ne t'inquiète pas Hermione, les punitions sa me connait. Et puis comme ça je serais assorti avec Harry ! ajouta-il en agitant sa main droite.

Comment ça ? Demanda Hermione en fronçant les sourcils.

Harry sortit sa main de sa poche et la posa sur la table. Hermione se pencha dessus et pu lire distinctement parce que c'était gravé dans sa chaire :

« Je ne dois pas dire de mensonges ».

Mais c'est horrible ! fit Hermione horrifiée. Cette bonne femme est tout simplement cinglée, il faut le dire à Dumbledore ! il ne laissera jamais faire ça…

je ne veux pas ennuyer Dumbledore avec ça, répondit Harry. Et puis je ne suis pas certain qu'il pourra y faire quelque chose. Ombrage a du pouvoir, c'est le ministère qui l'envoi elle s'est même autoproclamée grand inquisitrice de Poudlard, c'est pour ça qu'elle était en cours de potion hier : elle surveille les profs, vérifie qu'il rentre dans les normes du ministère, comme si ça suffisait pas de devoir la supporter en cour de défense contre les forces du mal…

de toute manière l'année prochaine elle ne sera plus là, intervint Ron. A oui, tu n'es pas au courant Hermione mais ce poste est maudit, chaque prof ne tiens pas plus d'une année. Personnellement je rêve qu'elle se fasse enlever par une bande de centaures, ou qu'elle se fasse manger par Aragog !

qui est Aragog ? voulu savoir Hermione.

Une araignée géante et velue qui se balade dans la forêt interdite, répondit Harry comme s'il racontait un fait tout à fait banal.

Quoi ? s'exclama Hermione. Vous me faites marcher…

Pas du tout, demande à Ron…

Et si on changeait de sujet, proposa brusquement le roux. Alors comme ça tu vivais sur un bateau ? tu ne t'ennuyais pas trop ?

Pas du tout, répondit Hermione, en fait il y avait toujours quelque chose à faire. Parfois j'étudiais les cartes avec mon père pour ne pas qu'on se perde en mer. Le plus souvent je tenais la barre ou m'occupait des voiles. Et sur mon temps libre je lisais et étudiait la magie, même si à l'époque je ne savais pas qu'elle existait réellement. Mon père me faisait aussi jouer au baseball, on essayait de lancer la balle le plus loin dans la mer, ça nous défoulait…

C'est quoi le baseball ? demanda Ron.

C'est un sport moldu, répondit Harry, ça se joue avec des battes et …

Des battes comme au quidditch ? interrompit Ron les yeux brillant.

Quidditch… cela faisait deux fois qu'elle entendait ce mot. Hermione ne put se retenir de demander :

C'est quoi le Quidditch ?

Le meilleur sport du monde ! fit Ron. Tu ne connais vraiment pas ? même pas le nom d'un joueur ? le nom de Victor Krum doit forcément te dire quelque chose ! il est super célèbre c'est le meilleur joueur de la planète…

Oui Ron est un peu amoureux de lui, ricana Harry.

Hey ! c'est quand même le meilleur attrapeur ! même Hermione serait tombé sous son charme…

Moi ? rit Hermione. Peu importe qu'il soit le meilleur je ne sais pas quoi, s'il n'a rien dans le cerveau ce n'est pas la peine d'y songer une seconde !

L'année dernière il a quand même été sélectionné pour la coupe des trois sorciers !

Il y a eu la coupe des trois sorciers à Poudlard? dit Hermione interloquée. Mais c'est très dangereux !

Euh oui on est au courant, dit Ron mal à l'aise. Mais Krum était là tu te rends compte ? et devine ce qu'il est a dû aller chercher au fond du lac pour la deuxième tâche ! Son balai !

Pendant le reste du petit déjeuné Ron tenta d'expliquer les règles du Quidditch à Hermione en utilisant divers aliments sur la table pour faire des schémas plutôt incompréhensibles. Hermione l'écoutait d'une oreille distraite à la voix préoccuper par les beaux yeux bleus du jeune homme et par Harry qui, depuis que le sujet du tournoi des trois sorciers avait été évoqué, abordait une mine très pâle.

Juste avant qu'il entre en cours de sortilège Ron chuchota à l'oreille d'Hermione :

Ce soir, on a entrainement avec Harry, viens nous voir.

Le reste de la journée passa incroyablement vite aux yeux d'Hermione. Le cours de sortilège fut particulièrement passionnant. D'un unique coup de baguette et sans prononcer un seul mot Hermione fit taire sa grenouille qui croissait. Ron et Harry en restèrent soufflés :

Tu sais déjà faire des sortilèges informulés ? s'était exclamé Ron. Mais c'est au programme de l'année prochaine !

J'ai appris comme ça, avait simplement répondu Hermione, je ne voulais pas que mes parents m'entendent alors je prononçais les formules dans ma tête.

Hermione eu aussi le plaisir d'assister à son premier cours de métamorphose et réussis les tous exercices avec brio. Elle se fichait pas mal des regards moqueurs des autres élèves quand elle bondissait sur sa chaise pour répondre aux questions des professeurs. Parce qui fallait qu'elle montre qu'elle savait, c'était primordial. Elle voulait se défaire ce cette image de sang-de-bourbe voilà tout. Et puis les diverses tentatives de Ron pour remonter le moral à Harry étaient véritablement hilarante : il alla même jusqu'à faire pousser des oreilles de cochon à sa grenouille qui se mit à bondir avant d'exploser en morceau sur le voisin de derrière.

Mais dehors il pleuvait des cordes et c'est dans la boue qu'ils rejoignirent tous les trois le terrain de Quidditch à 19h. Après s'être changé Ron et Harry rejoignirent Hermione avant d'entrer sur le terrain. Devant leur tenu rouge et or bardées de protection résistante la jeune fille ne put s'empêcher de demander :

Vous êtes sûr que ce sport est sans risques ?

Les deux garçons explosèrent de rire devant tant de naïveté. Leur joie fut de courte durée car l'entrainement fut laborieux. Le temps était si sombre pluvieux et venteux qu'Hermione ne distinguait rien de plus sur le terrain que des silhouettes sombre qui volait dans les airs. Hermione était familière à ce temps : en pleine mer c'était son lot quotidien. Mais à peine une heure plus tard l'équipe sortait avec un air dépité. Cependant Ron et Harry manquaient à l'appel. Hermione s'approcha du vestiaire des garçons quand elle entendit la voix de Ron dire à voix basse :

Il faut que tu le dises à quelqu'un, suggéra-t-il.

J'aurais voulu en parler à Sirius, fit Harry sombre.

Parles-en à Hermione ! Elle est intelligente elle saura quoi faire…

Non, fit Harry catégorique, je ne veux pas l'impliquer, elle ne mérite pas ça.

Alors, va voir Dumbledore.

Hermione risqua un œil à l'intérieur. Ron, dégoulinant d'eau, paraissait désemparé. Harry lui, était d'une extrême pâleur et avait la main plaquée à l'emplacement même de sa cicatrice. Qu'est-ce qui se passait ? La situation lui paraissait vraiment critique et elle se demandait bien ce que ces deux-là cachaient… Elle n'eut pas le plaisir de se poser plus de question car elle ressentit soudain un picotement atrocement familier au bout des doigts.

« Oh non ! Pas encore c'est pas possible ! » Hurla mentalement Hermione.

Mais c'était bien la réalité. Des étincelles bleu commençait à crépitées au bout de ses doigt gelée par le froid. Hermione quitta en toute hâte le terrain. Sous la pluie son cœur battait la chamade. Elle savait que ce n'était pas normal, mais alors pas normal du tout. Ce phénomène ne la touchait qu'une fois tous les six mois d'habitude… que devait-elle faire ? « Me cacher, c'est la seule solution »pensa Hermione. Mais où ? La forêt interdite ? Oh non elle n'avait certainement pas envie de tomber nez à nez avec le fameux Aragog… alors que ses mains dégageaient à présent une singulière lueur bleutée, Hermione entra dans le château en courant. Elle devait faire vite. Il était tard et les couloirs du château étaient vides. Elle ne pouvait pas non plus retourner à la salle commune au risque de se retrouver face à tous les Gryffondor… Hermione étaient complètement paniqué et c'était mise à faire des vas et viens devant un pan de mur vide l'esprit en ébullition :

« vite un endroit pour me cacher ! Vite ! ».

Et la soudain une lourde porte en bois apparue sur le mur. Hermione était persuadée qu'elle n'était pas la quelques secondes plus tôt. Elle saisit la poignée, l'abaissait doucement, ouvrit la porte et entra. La pièce s'éclaira en un instant et Hermione resta proprement stupéfaite.