Chapitre 7 : Dernière chance.
J'ai peur. Plus que jamais. Moi qui croyais que rencontrer Voldemort était plus effrayant que tout, je me rend compte qu'attendre qu'il vienne nous étriper est bien pire. Vous allez penser que je suis pessimiste, mais malgré l'aide des centaures, des êtres de l'eau et des membres de l'AD, sans oublier cette femme étrange, Isabel Torvik, que peut-on faire face à un détraqué qui a réussi à mettre de son côté les Détraqueurs et les loups-garous ? Sans compter les géants, et d'autres créatures dont je ne connais même pas l'existence.
Je vois Harry qui revient. Il s'est changé. Merlin, heureusement qu'il ne s'habille pas tous les jours comme ça, parce que je ne sais pas comment je ferais pour résister à cette envie de lui sauter dessus. Il m'a vu. Il s'approche. Lui aussi il a peur. Mais cette peur n'est rien comparée à la détermination et à la rage froide que je vois dans ses yeux verts …
Nous sommes tous les deux, à l'écart. Je sais que Granger nous regarde. Elle en veut encore à Harry. Et lui aussi lui en veut. La petite Weasley par contre est allée le voir et lui a dis qu'elle lui souhaitait tout le bonheur du monde avec moi. Il lui a répondu qu'il n'avait pas attendu son approbation pour être heureux avec moi. Elle a rougit, et il l'a prise dans ses bras. Et là, elle m'a lancé un de ces regards ! Comme si elle voulait dire « Je le récupèrerai ».
Ils s'approchent, tous. Ron est le premier. Il me serre la main, gentiment, et me dit qu'il souhaite vraiment ne pas s'être trompé en me faisant confiance. Granger renifle, comme si entendre ça était pour insupportable.
Il bomba
le torse, et prenant la main de Harry dans la sienne, il répondit
crânement :
- La seule erreur qui a été faite,
c'est d'abandonner votre ami alors qu'il avait besoin de vous.
Plus que jamais.
- Je sais que nous avons eut tort, Mal … Drago,
mais c'était difficile pour nous de te pardonner ce que tu
nous as fait pendant toutes ces années.
- Je lui ai
pardonné, moi ! Intervint Harry. De toute façon, ce
n'est pas le moment de régler nos comptes.
Severus
s'approcha du jeune homme et lui murmura à l'oreille :
-
Ce serait bien que tu fasses un discours. Ils n'attendent tous que
ça.
- Et qu'est-ce que je peux bien dire ? Demanda le
gryffondor, étonné.
- La vérité,
Potter, rien que la vérité, souffla l'homme,
mystérieux.
Rogue recula, et pris la main de Remus. Ce dernier, surprit, posa la tête sur l'épaule de son compagnon, plus grand que lui de quelques centimètre. Ceux qui n'avaient pas encore comprit pour leur relation, à l'instar de Ron, étouffèrent des exclamations surprises.
Harry se racla la gorge, en cherchant désespéramment ce qu'il pourrait bien dire. Ces gens comptaient sur lui pour tuer l'un des pires mage noir de tous les temps. Seulement voilà, malgré l'entraînement intensif qu'il avait suivit ces deux derniers mois, il ne voyait pas comment il pourrait battre quelqu'un d'aussi puissant, qui avait avec lui 'expérience accumulée depuis plus de cinquante ans. C'est en suivant ce raisonnement que Harry compris ce qu'il devait dire : inutile de leur dire qu'ils gagneraient, inutile de dire qu'il n'y aurait aucun mort, chacun ici savait que ce serait mentir, personne ne s'en sortirait intact.
- Au cour des dernières années, nous avons perdu beaucoup de personnes, des personnes qui auraient pu faire pencher la balance en notre faveur. L'autre camp aussi a souffert. Il y a deux moi de cela, deux personnes ne sont rendues à nous. On aurait pu les tuer, sans chercher à savoir, sans vouloir comprendre. Après tout, ils étaient responsables de la mort de Dumbledore, qui nous avait toujours guidés. Mais non, nous avons été plus intelligents que cela, nous avons pardonné, et mieux encore, nous avons appris à les connaître, à les comprendre, à les apprécier et même à les aimer. Oui, je dis bien les aimer, dit Harry en regardant chaque personne présente dans les yeux. Toutefois, ce n'est pas vraiment le moment de vous raconter mes histoires de cœur ou celle de Remus. Ce soir est grand soir. Quelle que soit l'issue du combat. Je ne vous dirais pas que personne ne mourra. Ce serait mentir. Vous savez comme moi qu'il y aura des pertes, mais songez que ces pertes dans notre camps signifieront également des pertes dans l'autre camps. Je ferais tout pour le tuer, mais jamais je ne vous promettrais une victoire qui n'est acquise ni pour moi, ni pour Voldemort. Faites ce que vous pouvez, donnez le maximum. Cette nuit vous allez tuer. Pas de quartier. Ils ne nous épargnerons pas, alors ne les épargnez pas non plus. Je ne sais pas si le ministère est au courant ou non, mais Voldemort est très faible, le dernier horcruxe étant lui-même. Bonne chance.
Un long silence accueillit cette déclaration. Soudain, on entendit quelqu'un frapper dans ses mains avec force. Hermione. Puis Remus et Drago se joignirent à elle, bientôt suivis par Severus. Quelques secondes plus tard, la Grande Salle résonnait des applaudissements pleins d'espoir de dizaines de personnes prêtes à donner leur vie pour la cause de leur vie.
Harry s'approcha de Hermione, occupée à
tresser ses cheveux touffus.
- Merci.
- De quoi ?
Demanda-t-elle sans se retourner.
- D'être là. De
me soutenir. Comme tu l'as toujours fais.
- Non, c'est faux,
je n'ai pas toujours su te soutenir, rectifia la jeune fille en se
retournant. Harry put voir ses yeux brillants de larmes. Je ne t'ai
pas soutenu pour Drago alors que tu en avais besoin plus que jamais,
plus que pour vaincre Voldemort. Il y a quelques temps de ça
je n'aurais jamais pensé réagir ainsi.
- On s'en
fout ! Cria-t-il. Tu es ma meilleure amie, et moi non plus je n'ai
pas toujours su te soutenir. J'aime Drago, c'est vrai, plus que
tout, mais je tiens aussi à ton amitié, énormément.
Je voulais te le dire. Je ne voulais pas prendre le risque de partir
sans te le dire. Que je t'aime. Que je te pardonne.
Elle se jeta
dans ses bras, et la tête posée sur l'épaule de
son ami, son regard croisa celui de Drago. Satisfait. Heureux. Emu.
Pour était-il satisfait ? Se pouvait-il qu'il tienne
réellement à Harry ? Elle le lui souhaitait de tout son
cœur. Vraiment.
Drago promena son regard sur la salle. Des
groupes se formaient. Ici et là les gens se faisaient leurs
adieux, ils souhaitaient de toutes leurs forces survivre à
cette nuit, mais ne voulaient pas prendre le risque de mourir ou de
voir des proches mourir sans leur avoir dit leur amour. D'autres
écrivaient des lettres. D'autres encore polissaient,
aiguisaient le tranchant de leurs épées, de leur
flèches, de leurs poignards. Chacun savait que dans cette
guerre, les ennemis ne prendraient pas de gans et ne se gêneraient
pas à utiliser d'autres armes que la magie, alors ils
avaient décidé de mettre toutes les chances de leur
coté.
Le blond s'avança vers Severus, en pleine
discussion avec Remus et Bill.
- J'ai une idée pour
Harry.
- Quoi ? Tout ce qui pourrait l'aider à gagner est
bienvenu, répondit aussitôt Remus.
- Voilà, je
sais que pour tuer le Basilic dans la chambre des secrets il a
utilisé l'épée de Godric Gryffondor. Si il est
son descendant comme Voldemort prétend être celui de
Serpentard, il pourrait l'utiliser.
- Ca ne me paraît pas
bête du tout, déclara Severus après un moment de
réflexion. L'idée serait qu'il utilise seulement
l'épée, enfin en apparence. Maintenant qu'il est
capable de lancer tous les sorts, même les plus complexes,
silencieusement, je trouve que l'idée est très
judicieuse. Il donnerait l'impression d'être plus
vulnérable, sans sa baguette.
- Mais… Pour le Protectus
Santus, on fait comment ?
- Comme prévu. Sauf qu'il
lancera le sort sans sa baguette. Tu as eu une très bonne idée
!
- Je ne connais pas précisément vos plans, mais si
je me souviens bien, Fumseck, le phœnix de Dumbledore, a toujours
apprécié Harry. Il pourrait voler près de lui,
non ? Intervint Bill.
- C'est une excellente idée,
approuva Remus.
- Qu'est-ce qui est une excellente idée ?
Demanda Harry, qui venait d'arriver. Il se plaça à
coté de Drago et lui prit la main, discrètement.
-
Nous avons pensé à quelques choses qui pourraient
t'aider ce soir, commenca Severus.
Il lui expliqua en détails
le nouveau plan, mais Harry se renfrogna lorsqu'il en arriva à
l'épée.
- Je sais que cette épée m'a
reconnu, mais elle est très longue, et tellement lourde. Je ne
sais pas si je vais réussir à la manier
convenablement.
- C'est pourquoi j'ai demandé à
Minerva d'aller la chercher. Nous allons nous entraîner. Et
je vais voir avec Isabel si elle peut faire quelque chose pour que tu
fasses corps avec l'épée. Elle maîtrise tous
les éléments, je veux dire pas seulement les cinq
éléments, mais TOUT. Dans une certaine mesure en tout
cas.
Cela fait maintenant trois heurs qu'il s'entraîne
sans relâche avec Severus. Moi aussi je m'entraîne.
Mais avec Isabel. Cette femme est incroyable. Elle est … tellement
surprenante. Je vois parfois un éclat rouge passer dans ses
yeux. Mais le plus étonnant c'est sa puissance … et d'un
autre coté son manque de puissance et sa fragilité.
Elle sait se rendre invisible, et indécelable pour n'importe
quelle carte, mais d'un autre côté elle ressent une
grande douleur physique à blesser quelqu'un ou à
tuer. Elle se contentera de surveiller et de nous indiquer le
chemin.
Elle ne me laisse aucun répit elle non plus. Elle
est assez douée avec une épée, se débrouille
très bien en magie, mais le plus incroyable, c'est qu'elle
est une véritable experte en arts martiaux.
Mais … j'entends la cloche de Poudlard, oh non …
Lorsque la
cloche retentit dans le château, chaque personne se figea. Tous
savaient ce que cela signifiaient : des intrus s'étaient
introduits dans l'enceinte de l'établissement.
-
Smarckz, Desman, allez vérifier pourquoi cette foutue cloche
sonne maintenant, hurla Severus, faisant sursauter toutes les
personnes présentes.
- Que nous nous battions tout de suite
ou ce soir, cela ne change rien ! Nous allons nous battre, quoi qu'il
arrive, poursuivit-il.
Le stress s'abattit sur la salle et ses occupants. Quelques interminables minutes plus tard, les deux hommes revinrent, le teint verdâtre. Ils hochèrent gravement la tête, confirmant la crainte générale. Le destin du monde se jouerait ce soir.
Du sang,
partout, poissant l'herbe, une odeur métallique. Des corps
éparpillés, des figures figées dans l'horreur
d'un moment. Tous. Mélangés. Sans distinction. Les
mangemorts et les soldats de la lumière. Des cris, des
murmures rauques de mourants ou de survivants attendant d'être
sauvés.
Un homme blond, grand. Il ressemblait à un
ange. Mais son regard était triste et désespéré.
Il cherchait parmi les corps, et son espoir s'amenuisait à
chaque corps passé.
Mon amour. Je cherche, je regarde
partout, ces corps entaillés, ces rictus de souffrance et
d'horreur, cette odeur nauséabonde, c'est pour toi que je
les supporte. Grâce à toi. Je sais pourtant que tu n'es
pas mort. Je l'aurais senti. Je l'aurais su. C'est juste ça
l'amour. Un + Un Un. Toi et moi ne formons qu'une seule
personne. Et si tu mourrais, ma vie ,n'aurait aucun sens.
Alors
je te cherche, j'essaie de forcer l'espoir à ne pas me
quitter, parce qu'il faut que tu vives, nous avons encore tellement
à vivre. Tu es un héros, je suis celui qui vivra
toujours dans ton ombre. Nous aurons une vie de rêve,
tranquille, loin de tout cet amassement de population qu'est
Londres. C'est étrange. Je te cherche, je fais des projets,
moi qui n'avais jamais voulu m'attacher jusqu'ici. Et je t'ai
rencontré. Tout différent maintenant. Quand on a Harry
Potter à ses côtés, que l'on est dans son lit
et dans son cœur, tout ne peut que être que différent.
Je vois une tête noir. Des cheveux de jais ébouriffés. Je m'agenouille. Je prends ta tête entre mes mains, et te rapproche de moi. L'espace d'un instant, j'oublie de vérifier ton pouls. Ouf, tu es en vie. Tes yeux s'ouvrent doucement, lentement, j'ai l'impression que tu n'arriveras jamais tout à fait à les ouvrir. Et pourtant, je finis par voir la flamme si connue dans tes yeux, seulement aujourd'hui c'est la douleur qu'elle exprime. Tu essaie de parler, je m'approche de toi, tes lèvres effleurent mon oreille.
- Drago … je l'ai
tué.
- Oui mon amour, tu l'as eu. C'est fini, d'accord
? Maintenant tu vas te reposer, on va te soigner et on va profiter de
la vie, juste toi et moi. Drago cligna des paupières pour
chasser ses larmes.
- Je … Merci … Je t'aime, balbutia
Harry, puis un voile noir tomba devant ses yeux.
Quelques minutes plus tard, quelques personnes arrivaient en courant vers une silhouette berçant un corps inanimé dans ses bras.
Un
lumière aveuglante le fit pleurer quand il ouvrit les yeux,
qu'il referma aussitôt. Au même moment, il sentit un
main chaude caresser la sienne. Il se força à ouvrir
les yeux, et ne vit cette fois que deux billes grises qui le
regardaient avec amour.
- Je crois que tu as dormi assez pour ta
vie entière, murmura Drago près de son oreille.
Il
tenta de sourire, mais la douleur jusqu'ici absente, afflua dans
son corps entier, et une migraine affreuse lui vrilla les tympans.
Des larmes, de douleurs cette-fois ci, coulèrent de nouveau
sur ses joues. Aussitôt, la main de Drago les essuya
tendrement.
- Combien … depuis … ?
- Trois jours. Tu es
resté inconscient trois jours. Mais Mme Pomfresh estime que tu
as eu beaucoup de chance.
- Est-ce que … Hermione ? Ron ? Re …
Remus ?
- Non, ils vont bien. Mais ne pense pas à cela tout
de suite.
- Ah, Harry, vous êtes réveillé !
Formidable ! Je vais vous faire des examens tout de suite, s'écria
Mme Pomfresh.
- En vérité PomPom, je pense qu'il
serait bien que Harry puisse se reposer encore un peu, récupérer.
Et être tenu au courant de la situation, déclara Severus
en entrant, alerté par les cris de l'infirmière.
Harry,
un sourire reconnaissant aux lèvres, s'endormit de nouveau.
Il avait vaincu, trouvé l'amour de sa vie, des amis qui lui
étaient fidèles, et vivait dans un monde presque
parfait. Que demander de plus ?
