Message pour Elyon : Oui, je me suis un peu inspirée du roi de Bohème pour le baron. Mais contrairement à l'affaire du « scandale en Bohème » ou on éprouve de la sympathie pour Irène, dans mon histoire, crois-moi, tu n'auras pas envie d'aider le maître chanteur ! Mais alors là non ! Et je te promets des dialogues de haut vol entre le baron et le maître chanteur ! L'affaire n'est pas prête d'être jugée au tribunal... mais les nobles n'aiment pas se sentir en position de faiblesse... l'honneur !


Sourire devant,

Souffrir dedans.

J'peux mentir comme ça

Quand j'ai le mal de toi.

Ton pull sur moi

Me donne moins froid,

Parfum qui r'vient

Quand j'ai le mal de toi.

T'écrire une lettre,

Partir peut-être.

Mourir, c'est rien

Quand j'ai le mal de toi. (...)

Et puis l'espoir, j'suis sûr de t'voir,

Demain, ce soir ou bien plus tard.

Je n'veux plus croire qu'on nous sépare

Quand j'ai le mal de toi.

Ça y est t'es là, j'entends ta voix.

J'ai l'cœur qui bat, tu cours vers moi.

T'es dans mes bras... J'délire comme ça

Quand j'ai le mal de toi.

Le mal de toi : François Feldman


Chapitre 170 : Le tribunal (Le 09 décembre 1885)

Watson et moi hélâmes un fiacre et nous nous fîmes conduire au tribunal pour tenter de rencontrer monsieur Paul Lassiter, assistant d'un avocat de son état, et pas d'un bon d'après mon client.

Me renseignant auprès d'un huissier, il m'indiqua l'endroit où je pourrais trouver ce monsieur.

Une fois en possession de ce renseignement, Watson et moi nous allâmes à la rencontre de ce maître chanteur.

Il sortait justement d'une audience avec son employeur ! Il était petit, les oreilles décollées et un air de suffisance affiché sur son visage poupin.

Son costume, tout froissé, avait l'air d'avoir connu des jours meilleurs.

Je me présentai à lui :

- Monsieur Paul Lassiter ? demandai-je.

- Oui, qui le demande ? fit-il d'un air vaniteux.

- Monsieur Sherlock Holmes et son ami le docteur Watson.

- Ainsi donc le baron Albano di Castelgandolfo est venu vous trouver ? me dit-il avec le petit sourire moqueur de celui qui sait déjà qu'il remportera la manche.

- En effet, répliquai-je comme si de rien n'était. J'aurais bien aimé avoir accès au fameux document pour l'examiner.

- Hors de question ! siffla-t-il en me toisant alors qu'il était plus petit que moi. Il a été authentifié comme étant de cette époque là ! Je refuse de le mettre à votre disposition ! Vous pourriez le détruire ! Ne cherchez pas à me cambrioler non plus, le codicille se trouve dans le coffre d'une banque ! Les différents feuillets sont répartis dans plusieurs établissements ! Seuls des experts ou le tribunal y auront accès en cas de non paiement de la somme que je réclame au baron pour l'acquisition de ce précieux codicille...

- Le chantage n'est-il pas punissable par la loi ? demandai-je avec un petit sourire moqueur.

- Ce n'est pas du chantage, c'est une proposition de vente ! Maintenant, si vous le permettez, je vous donne rendez-vous à dix-huit heures dans le bureau de votre frère ! Soit le baron conclut le marché, soit je divulgue le codicille en l'attaquant en justice pour vol et tromperie ! La mort du notaire signataire tombait un peu trop bien vous ne trouvez pas ?

Il m'avait dit ça de manière insidieuse, sûr de lui... un peu trop sûr de lui !

- Le fait de mettre la main sur ledit document tombe très bien aussi ne trouvez-vous pas ? fis-je innocemment. Vous auriez envie de faire tomber le baron avant son mariage que cela ne m'étonnerait qu'à moitié !

L'homme ne me répondit pas et il s'en alla en ricanant.

- Votre client est fichu ! constata Watson.

- Je n'ai pas encore dit mon dernier mot mon cher ami ! fis-je en souriant. Mais j'avoue que je suis coincé ! Aucun accès au document... que se soit de manière officielle ou officieuse ! Il me faudrait un autre éclairage sur l'affaire... Je m'en vais aller consulter quelques livres dans la bibliothèque qui se trouve en ces lieux... qui sait ?

- Qu'allez-vous faire comme recherches Holmes ?

- Une idée au sujet de... (Je m'interrompis brusquement, ce qui eut le don d'agacer Watson) je me demande si ce n'est pas à cette époque là qu'a eu lieu...

Laissant la fin de ma phrase en suspend, je me dirigeai à grands pas vers la bibliothèque dans le but de vérifier ce qui m'était venu à l'esprit.

Watson allait encore se plaindre que je resté dans le vague et que je ne lui avais pas communiqué mon idée.

Il ne put que courir derrière moi pour me rattraper et je ne répondis à aucune de ses questions. De guerre lasse, il ne me demanda plus rien.

Le tribunal comprenait une section avec des livres de droit. Connaissant bien le bibliothécaire depuis des années, il me permit de feuilleter des livres, mais je ne trouvai rien d'important à la date du sept octobre 1582. Tout était normal !

Watson et moi nous nous dirigeâmes alors vers la sortie, mon esprit tournant à plein régime pour essayer de trouver la faille ou une solution à ce problème, lorsque soudain, au détour d'un couloir, j'aperçu maître Charles Higgins, qui me tournait le dos, en grande discussion avec un magistrat. Chacun portait toujours sa toge, l'une noire et l'autre rouge.

Ce qui m'empêcha d'avancer vers lui fut la vue de Louis à ses côtés.

Mon intention première était de passer mon chemin, je n'avais pas trop envie de croiser le gamin, ma blessure était encore trop vive et il me la rappelait bien trop cruellement.

Las, ce fut lui qui nous vit et un grand sourire éclaira son visage enfantin.

- Sherlock ? fit-il étonné de me voir dans les couloirs du tribunal. Oncle John ?

L'avocat de retourna et nous salua d'un signe de la tête.

Il avait prit le temps de se raser et de passer un costume moins froissé que celui de ce matin !

- Je vous laisse Charles, fit le magistrat en lui serrant la main avant de s'en aller.

Les yeux de Louis allaient de l'avocat à moi, ne sachant trop ce qu'il devait faire maintenant qu'Hélène avait décidé de ne pas revenir en Angleterre.

- Bonjour mon bonhomme ! lui dit Watson en se dirigeant vers lui pour l'embrasser. Tu vas bien ?

- Oui... bredouilla-t-il en me regardant de ses yeux bleus. Bonjour oncle John... bonjour Sherlock...

- Bonjour tout le monde, grommelai-je à la cantonade.

- Je ne m'attendais pas à vous croiser dans les couloirs du tribunal, me dit Karl.

- Moi non plus ! En route Watson ! Nous avons une affaire à terminer !

- Il n'y a pas le feu Holmes ! s'indigna-t-il en me fusillant du regard. L'affaire est sans issue de toute façon ! Louis est ici et j'ai envie d'avoir de ses nouvelles, moi ! (Il se tourna vers lui, faisant fi de mon impatience à quitter les lieux). Dis-moi mon garçon, comment va-t-elle ?

Oh Watson ! Remuez le couteau un peu plus dans la plaie ! Allez-y ! Un kilo de sel versé dans chacune de mes blessures !

- Bien... lui répondit-il après un instant de réflexion. Elle va... bien...

Il y avait des choses qu'il ne pouvait pas dire devant Watson !

- Je doute fort qu'elle aille bien, enchaîna Watson tout en lui ébouriffant les cheveux. Son moral ne doit pas être bon... Ainsi tu es venu passer quelques jours chez ton parrain ? Tu l'as laissée toute seule ?

- Oui... Le temps qu'Hélène s'installe dans la grande maison, là où elle va travailler...

Ses yeux étaient rivés dans les miens, en quête sans doute d'un commentaire de ma part. Mais je restai silencieux. Mon visage fermé à la moindre émotion.

Ma cicatrice due au non retour d'Hélène était béante et la vue de Louis était un coup de poignard dans mon coeur déjà fort abîmé. Mais je ne laissai rien transparaître.

Il avait l'air de flotter dans son pantalon... le pauvre avait maigri.

- Elle va travailler ? fit Watson surpris. Pourtant elle a des revenus en quantité suffisante...

- C'est pour s'occuper l'esprit ! répondit le garçon en me fusillant du regard.

- Oh, fit Watson en constatant l'attitude de Louis à mon égard. Bien, mon garçon, je voudrais parler plus avec toi, mais je sens le regard noir de Holmes qui m'incendie. Tu remettras mon bonjour à Hélène ?

- Oui, je n'y manquerai pas... Il y a au moins quelqu'un qui prend de ses nouvelles !

- Watson vient de le faire, fis-je en haussant les épaules. Nul besoin de poser les mêmes questions que lui !

Louis me regarda avec une grimace où se mêlaient chagrin et dégoût :

- Je lui transmettrai votre bonjour oncle John. Mais je lui raconterai que je vous ai croisé par hasard, dans la rue. Je lui cacherai que monsieur Holmes était avec vous ! Cela lui ferait trop de peine si je lui disais qu'il n'a même pas daigné demander comment elle allait.

- Dois-je te rappeler que c'est elle qui est partie ? fis-je plus froidement que je ne le pensais.

- Oh ! s'indigna-t-il. Tu sais pourquoi elle est partie ? C'est parce que tu ne voulais pas de nous dans ta maison ! Voilà pourquoi !

- Je ne lui avais encore rien dit ! répliquai-je piqué au vif. Elle n'a pas attendu ma réponse !

- Elle savait que tu allais lui répondre : « non » ! me dit-il la lèvre tremblante. Tu n'as rien fait pour la retenir ! T'es un méchant ! Je ne te pensais pas aussi odieux ! Je te déteste !

- Louis ! cria Karl pour mettre fin à tout cela. Ce ne sont pas des choses à dire ! Hélène n'aurait pas aimé t'entendre parler ainsi à monsieur Holmes !

Il se tourna vers son parrain et vitupéra à mon encontre :

- Et moi je n'aime pas la voir aussi malheureuse alors que lui fait comme si de rien n'était et n'est même pas capable de me dire bonjour et de prendre de ses nouvelles !

D'un geste rageur, il essuya les larmes qui lui étaient montées aux yeux.

Karl posa une main apaisante sur son épaule :

- Louis... Va m'attendre sur le petit banc près de l'entrée s'il te plait.

- Non !

- Louis, fais ce que je te dis...

Le ton était doux mais ferme.

Il renâcla un peu mais s'exécuta :

- Au revoir oncle John, fit-il en embrassant Watson sur la joue.

Ce dernier le serra dans ses bras et lui frictionna le dos amicalement.

- à plus tard mon grand ! lui dit-il pendant qu'il s'en allait.

Avant de partir, Louis me lança un regard noir et brillant de larmes. Je savais que je n'aurais pas du lui dire ce genre de choses, mais en essayant de renier ma douleur, je ne faisais qu'empirer les choses.

J'étais parvenu à me faire haïr de Louis !

Watson se tourna vers moi et me fit un regard lourd de reproches.

- Holmes ! C'est un enfant de sept ans ! Vous auriez pu faire un effort non ?

- Docteur Watson, demanda Karl. N'auriez-vous pas laissé le gaz allumé, des pommes de terre sur le feu ou un patient qui requière vos soins en urgence ?

- Vous avez raison, lui répondit-il en empoignant sa mallette. Je viens de me rendre compte que Holmes avait encore oublié une chose importante : son tact !

D'un pas rapide mon ami s'en alla nous laissant planté au milieu du couloir.