Titre : Compte à rebours.
Auteur : Didou367 ou Fuckin' goddess.
Fandom : Hetalia.
Personnages, couple : Je ne parlerai que d'Allemagne et Japon. Il y a un troisième personnage, mais je ne dirai pas lequel pour garder un peu de suspense.
Rating : T.
Disclaimer : Les personnages d'Hetalia appartiennent à Hidekaz Himaruya.
Note de l'auteur qui sert à rien (ou pas) : Je commence donc, une fois de plus, par les traductions.
Konbawa, Nihon desu : Bonsoir, c'est Japon (Ou Japon à l'appareil, si on traduit de manière moins littérale).
Prost Neujahr : Bonne année, en Allemand si jamais.
Bruder : Frère, la même qu'au dessus.
Il y a une traduction que je donne pas, pour garder le suspense une fois de plus. Mais de toute manière, le sens est assez facile à deviner.
Dernière fic-cadeau pour... une cannibale cleptomane sadique à souhait, ma meilleure amie depuis la Sixième *verse une petite larme d'émotion*. T'as intérêt à aimer, connasse !
Joyeux Noël ! =D
« Konbawa, Nihon desu. Excuse-moi de te déranger mais... comme tu le sais, aujourd'hui, on fête le Nouvel An. Et, tu sais, je m'inquiétais pour Doitsu-san qui a dû passer Noël seul étant donné que son frère est... Quoi qu'il en soit, je me disais qu'il vaudrait peut-être mieux qu'il ne passe pas le Nouvel An seul et je me demandais si tu pouvais le passer avec lui. J'irai bien moi-même mais je suis trop loin. Je sais que tu as passé Noël avec Furansu-san, mais j'ai cru comprendre qu'il fêterait le Nouvel An avec Igirisu-san, je suppose donc que tu es libre. Merci beaucoup d'avance. Sayonara. »
Vingt-trois heures et trente-six minutes, très précisément.
Allemagne haussa les épaules, indifférent à ce temps qui lui semblât s'égrener aussi prestement qu'une grand-mère estropiée traverserait la route, puis rejeta la tête en arrière et porta à ses lèvres humectées le goulot de sa bouteille de bière.
Il laissa une conséquente gorgée chatouiller les remparts de son œsophage, par le biais de sa caresse délectablement âcre, puis propager une factice sensation de chaleur dans son estomac.
Lorsqu'il voulut réitérer cette expérience dont il ne lassât jamais malgré le fait qu'il la connût par cœur, il se rendit compte avec agacement que sa Bitburger était présentement aussi vide que le fût sa demeure depuis quelques temps.
Il se leva donc – il savait que cela n'était pas une bonne idée et il obtint gain de cause quand, confiant à ses jambes le port de son poids, celles-ci flageolèrent au point qu'il dût s'agripper au bras du canapé – et se dirigea vers la cuisine d'une démarche chancelante pour ensuite revenir s'effondrer dans ce meuble qu'il n'eût presqu'aucunement quitté depuis le début de la soirée, une bouteille dans chaque main – toutes deux déjà décapsulées, il en posa une sur la table basse et garda l'autre auprès de lui.
Le début de l'année 1950 s'annoncerait d'ici une vingtaine de minutes, une année que tout le monde saluerait – de manière moins enjouée que de coutume au vu des évènements, certes – comme on saluait une connaissance que l'on n'eût point vue trop longtemps et lui l'accueillerait aussi d'un ''Prost Neujahr'' caustique, avec nulle espérance quant au fait qu'elle s'avérerait meilleure que la précédente. Après tout, une année pouvait-elle se démontrer bonne alors qu'on l'attendît esseulé ?
Esseulé. Il semblait à l'Allemand que ce mot le caractérisât à la perfection – une perfection maupiteuse – depuis le 7 Octobre dernier. Depuis qu'Est, devenu République Démocratique Allemande – il ricana à l'écœurante ironie de ce nom –, s'en fût allé avec ce soviétique à l'exécrable sourire candide.
Evidemment, il avait à d'innombrables occasions revu ses congénères lors de réunions, succinctement parlé à certains d'entre eux, mais il n'appréciait pas leur compagnie car elle lui rappelait la réalité des temps actuels – qui plus est, la plupart des nations n'avaient pas encore amnistié la Seconde Guerre mondiale. Quelque part, il se figurait qu'il en fût de même pour tous, ne se retrouvant que pour discuter alliances, menaces, capitalisme et communisme et il s'estimait par ailleurs fortuné, aussi biscornu que cela pût paraître, d'être mis à l'écart de la grande majorité de ces réunions.
En dehors de cela, il ne faisait pas grand-chose – ce qui n'était en vérité qu'un euphémisme pour exprimer le fait qu'il ne fît absolument rien – de ses journées. Il ne s'en sentait pas la motivation, ses membres lui paraissaient appesantis par cette culpabilité que les autres lui astreignissent au moins autant que lui la subît.
De toute manière, que pouvait-il bien faire quand tous le regardaient avec une aversion que seules les années ébranlerait ? N'importe lequel de ses actes serait, dans le meilleur des cas, ignoré, dans le pire, immédiatement réprouvé. Il avait l'impression de ne vivre que pour incarner l'Allemagne – Oh, mille excuses ! La République Fédérale d'Allemagne.
Lorsqu'il en eût parlé à son aîné, ce dernier avait ricané et lui avait répliqué, exceptionnellement d'une gravité gouailleuse, ''Mais qu'est-ce que tu crois, Bruder ? Toi, comme moi, comme France ou n'importe qui, on existe que pour ça''. Assurément, il était impossible de remettre cela en cause, lui-même l'avait dit plusieurs fois à Italie toutefois, il le percevait aujourd'hui de façon si pesante qu'il en fût tout bonnement accablé. Et cela ne s'arrangeait aucunement – pour ne pas dire que cela empirait – avec l'absence de son frère.
Il intervertit la bouteille qu'il tînt jusqu'ici, vide, avec celle qui se dressât silencieusement sur la table basse après quoi il ingurgita sans tarder une quantité indéfinissable de ce spiritueux qui fît office de compagnie pour ce soir de festivité.
Ses prunelles corindon se posèrent sur l'horloge accrochée au mur lui faisant face et discernèrent, malgré le fait qu'elles fussent troubles, les chiffres pointés par les aiguilles.
Vingt-trois heures et cinquante-quatre minutes.
Il parcourut de son regard vitreux la salle. De la même manière que pour les journées antérieures à celle-ci, il constata l'ordre impavide qui y régnât en maître absolu. Maître despotique pour lequel Allemagne eût pourtant bataillé avec une ardeur placide, auparavant.
Ils lui manquaient, ces cadavres de verre vidés de leur sang enivrant éparpillés çà et là sur le sol, ces revues au contenu licencieux ainsi que ces objets créés pour donner lieu à des jeux lubriques – Prusse, contrairement, assumait complètement ses penchants amoraux – toutes ces preuves de l'existence du susnommé. Tout comme ces soirées au déroulement rendu vague dans leurs esprits de par cette abondance de spiritueux offerte à leurs corps, jusqu'à ce que l'un des deux ne reconnût sa défaite. Ces soirées qu'il condamnât ensuite à ne plus jamais avoir lieu, influencé par son naturel consciencieux, propre sur soi, sans sincèrement le penser – et son interlocuteur s'en rendait très bien compte puisqu'à chaque fois, il souriait d'un air moqueur tout en grommelant contre ce ''mal de crâne qu'en a quand même dans le pantalon pour s'imposer au gars le plus cool de cette planète''.
Peut-être qu'à présent, le gars le plus cool de cette planète donnerait tout pour subir une migraine plutôt que les faveurs douloureuses de son possesseur.
Dieu seul savait ce que Russie lui infligeât, là-bas, dans son royaume de glace que le régime communiste eût teinté d'un purpurin poisseux, dans quel état il se trouvât actuellement...
Le blond l'imagina inopinément à terre, meurtri et exsangue ; il vit la terrifiante nation bolchévique à ses côtés, arborant ce sourire facticement ingénu et tenant une pioche au métal maculé de sang. Un frisson agita son être tout entier et il s'empressa de boire le fond de sa Bitburger dans l'espoir que ses craintes – trop imagées pour son propre bien – fussent submergées par cet océan d'alcool, bien qu'il eût plutôt des allures de petit lac.
Inexplicablement, si la liqueur l'assoupissait à moitié, ses pensées, elles, demeuraient plus ou moins claires. Assez, tout du moins, pour comprendre qu'il aurait des difficultés à aller se chercher une autre bière s'il essayait. Ainsi décida t-il que, quoi qu'il en fût, il avait déjà assez bu et qu'il ne quitterait ce canapé qu'en cas d'extrême nécessité.
Il questionna, une fois de plus, ce cadran dont il avait vu l'aiguille bouger il n'y avait pas si longtemps que cela, sans saisir toutefois le nombre sur lequel elle se fût arrêtée.
Vingt-trois heures et cinquante-neuf minutes.
L'acerbité qui se manifestât soudainement à l'approche inexorable de cette nouvelle année étira ses lèvres en une torsion de lèvres sarcastique, un sourire sans joie qui durcit l'intégralité de son faciès blême, qui semblât même assombrir la blondeur de ses cheveux ébouriffés.
Dix.
Il s'apprêtait à s'allonger, cherchant à s'endormir afin de ne pas assister à cette transition, lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à sa porte.
Alors qu'il ne voulût que s'abandonner aux bras de Morphée, sa conscience l'implorait d'aller voir de qui il s'agît, d'accueillir cette compagnie impromptue il ne put que lui obéir.
Neuf.
Il se redressa, quitta la chaleur moelleuse de son canapé et fit peser tout son poids sur ses jambes vacillantes. A peine eut-il esquissé un pas que son pied frappa celui de la table basse. Les deux bouteilles vides, posées à proximité du rebord, oscillèrent quelque peu avant de s'éclater contre le sol boisé de son salon.
Huit.
Il évita, avec une admirable habileté pour quelqu'un qui vît trouble, les multiples morceaux de verre olivâtres et continua son petit bonhomme de chemin. Il pouvait bien s'occuper de cela plus tard, ce n'était pas comme si le temps lui manquait, de toute manière.
Sept.
Il réalisa qu'il ne fût certainement pas présentable et se ravisa tout juste un millième de seconde, avant de secouer la tête et de se remettre à marcher. Avec une risible justesse, incontestablement, il se perçut pareil à un vieil homme solitaire que la simple idée d'une éventuelle visite émoustillât au point de lui conférer sa vigueur de jeune garçon.
Six.
Soudain, une idée naquit en son esprit nébuleux, une idée qu'il catalogua immédiatement saugrenue, ridicule.
Jamais le communiste n'aurait laissé son tout récent compère – comme il le qualifiait lui-même –, Allemagne de l'Est, lui fausser compagnie, encore moins pour passer le Nouvel An avec son frère capitaliste.
Cinq.
Jamais un couloir de sa maison ne lui avait paru aussi long et interminable qu'en ce moment-même. Le blondin avait l'impression d'être parti en randonnée – sa démarche titubante rendait sûrement le trajet sensiblement moins aisé à effectuer que de coutume
Quatre.
Une autre possibilité, plus concrète que la précédente, se manifesta au milieu de ses songeries erratiques. Cet individu s'avèrerait possiblement n'être qu'un passant, une personne dénuée d'un quelconque intérêt. Pourquoi se dérangeait t-il pour quelqu'un qu'il ne connût peut-être même pas ?
Trois.
Il marmotta un ''Oh et puis... je... m'en fous, putain'' indistinct en même temps que la cadence de sa marche s'accéléra. Il réprima l'envie de rire à la constatation qu'il devînt pour le moins pitoyable à s'exalter à ce point pour... un peu moins de solitude.
Deux.
Il arriva finalement devant l'entrée et, sans tergiverser une seule seconde, posa une main tremblante sur la froide poignée de la porte qu'il ouvrit en grand devant un jeune homme auquel il ne s'attendît absolument pas. Pas plus qu'il ne s'attendît à sa réaction.
Un.
Ludwig eut succinctement le temps de reconnaître ces mèches d'un brun jovial, presqu'ambré, avant que le susmentionné jeune homme n'encercla son cou de ses bras. Etreinte rapidement suivie de lèvres qui vinrent se presser contre les siennes.
Reconnaissant leur goût indescriptible pour s'en être déjà délecté une fois, l'Allemand entrouvrit la bouche, en simultanéité avec son vis-à-vis, et leurs langues se retrouvèrent avec un empressement maladroit, en une danse que l'autre menât, expert en la matière, tandis que sa main se perdît dans les cheveux presqu'auburn de celui-ci.
Zéro.
Lorsque tous deux furent à bout de souffle, ils se séparèrent le plus grand en profita pour dévorer de ses orbes cérulescents ce faciès hâlé à l'éternel sourire d'une niaiserie qu'il se fût souvent surpris à trouver adorable.
« Veeeee, Ludwig, felice anno nuovo ! »
Note de l'auteur qui sert à rien (mais vraiment à rien) : On se positionne donc, encore une fois, dans la Guerre froide. Avec AwesomeMan qu'est parti avec CreepyMan.
Oui, c'est encore déprimant mais au moins, ça finit bien !
Bref, je conclus en souhaitant un joyeux Noël à tous !
