CECI EST UN RECEUIL

Pairing : Camus - Milo, demande en mariage


Cela faisait trois ans maintenant. Trois ans que Milo avait supplié Camus, à terre, en larmes, d'accepter ses sentiments pour lui. Trois ans de relation parfois chaotique, leurs deux caractères n'étant pas toujours compatibles. Quelques mois à se cacher parce que Camus ne voulait pas que ses pairs sachent, puis une révélation qui n'avait pas vraiment étonner. Des problèmes, des moments de doutes, mais aussi une tranquillité, une perfection, des joies. Et leurs vies se passaient comme ça.

Bien sûr Milo aurait aimé plus d'attentions parfois. La façade froide de son amant lui déplaisait de temps en temps. Avec le temps il avait fait des efforts, mais Camus n'était pas de ceux qui faisaient des grands discours pour exprimer leur amour. Et il s'en contentait, parce qu'il savait qu'il l'aimait. Il le voyait dans ses yeux quand ils étaient seuls, il le voyait dans ses caresses tendres.

Dans le taxi, il posa sa tête contre l'épaule de Camus, qui eut un mouvement d'écart.

"Milo, pas en public.

- C'est juste un chauffeur, on s'en fiche.

- C'est un être humain et je ne pense pas qu'il veuille voir ta langue dans ma bouche."

Le Scorpion leva les yeux au ciel mais ne dit rien, se contentant de serrer la main de Camus sur sa cuisse, là où le chauffeur ne pouvait pas voir. Dehors, les rues défilaient. Il se contentait de ce contact parce qu'il était heureux. Pour leurs trois ans, Camus avait tenu à l'inviter dans un grand restaurant d'Athènes, dont il savait la renommée si grande qu'il fallait réserver des mois à l'avance. Alors tout allait bien puisque Camus avait décidé de lui même de lui faire plaisir.

Le restaurant était encore plus merveilleux que dans ses rêves. Même en restant légèrement éloigné de Camus, même en ne lui tenant pas la main sur la table comme leurs couples voisins, il se sentait bien et leur complicité était visible. Le repas fut absolument divin, le Verseau était splendide dans son costume, il n'en fallait pas plus pour que Milo soit comblé.

Après leurs desserts, Camus demanda deux verres de champagne français, expliquant à Milo qu'il devait absolument goûter ce breuvage délicieux. Le serveur les servit mais avant qu'il puisse prendre son verre, Camus posa sa main sur la sienne, un sourire sur le visage.

"Attends. Nous devons parler."

L'estomac de Milo se serra et une bouffée d'angoisse monta dans sa gorge. Il prit le temps d'inspirer.

"Milo … Je sais que tu voudrais que je sois plus expressif, plus démonstratif. Je voudrais aussi que tu sois un peu plus calme parfois. Mais ce sont nos différences qui me plaisent et qui m'ont fait tombé amoureux de toi. Je ne te le dis pas assez souvent, mais je t'aime Milo et je suis fier d'être avec toi. Tu me rends heureux."

Ses doigts tremblaient. Les larmes montèrent aux yeux de Milo, qui se demanda quatre fois s'il rêvait. Il crut défaillir quand Camus se mit à genoux devant lui, sans détourner le regard. De la poche de son costume, il sortit un écrin et l'ouvrit, dévoilant une bague.

"Milo, veux tu me faire l'honneur de devenir mon mari ?" déclara la voix de Camus, légèrement plus basse.

Il resta figé quelques instants, réalisant ce qui était en train de se passer. Les yeux voilés d'eau salée, il fit oui de la tête. La bague brillait. Camus se redressa et approcha son visage. Milo put voir ses joues rouges.

"Tu dois le dire Milo …

- Oui. Oui oui oui … Oui Camus."

Il eut un éclat de rire et embrassa son amant, sous les applaudissements de ces autres couples qui se tenaient la main sur la table.