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Episode : Les condamnés ( Condemned ).
7) Lorne à cran
Le major Lorne se jeta sur son lit, anéanti. Il s'était comporté comme un imbécile. Pire, comme le dernier des salauds. Il ne se reconnaissait pas. Lui, Lorne, le garçon sincère, gentil, loyal. L'ami, le copain sur qui on pouvait toujours compter, qui ne faisait jamais de coup fourré était en fait un fieffé salaud.
Il avait agi d'une façon épouvantable avec Carson, lui faisant une véritable scène de jalousie et lui balançant des horreurs. Il avait été terriblement injuste, il le savait. Mais pourquoi était-il entré dans une telle rage ? Il respira un bon coup et tenta de se détendre. La réponse n'était pas loin. Il la connaissait. Il savait pourquoi. Il pouvait bien se l'avouer à lui même.
Parce que…parce que je.. Allez, vas-y Lorne, s'exhorta –t-il Il faut que ça sorte, personne ne t'entend, tu es seul. Courage.
Il n'osa tout de même pas formuler sa pensée à voix haute. C'était tellement énorme ! Il avait si honte !
C'est parce que je crois bien que je l'aime, voilà. Je crois que je suis amoureux du docteur Beckett et j'ai envie qu'il me prenne dans ses bras et qu'il me touche et qu'il.. et c'est terrible !
Les jours passèrent. Le major Lorne était déprimé. Il n'avait goût à rien et dormait mal. Il était à cran. Il veillait tout de même à ce que son travail ne s'en ressente pas. Lorne était un professionnel et avait une équipe à diriger. Il était responsable de ses hommes.
Mais il était profondément malheureux.
Il avait tenté de revoir le docteur Beckett mais quand il s'était présenté à l'infirmerie, ce dernier l'avait reçu avec froideur.
Il était là, discutant avec une infirmière quand Lorne avait timidement ouvert la porte.
Le médecin n'avait pas eu l'air étonné de le voir mais son regard était glacé.
-Vous avez un problème, major Lorne ? avait demandé Carson.
-Non, euh, je…
-Alors dans ce cas, je vous demande de sortir de l'infirmerie. Nous avons du travail.
Carson lui avait ostensiblement tourné le dos et feint de s'intéresser à quelques papiers posés sur une petite table en verre.
Lorne était reparti mortifié et malheureux. Il devait parler au médecin, s'expliquer mais pour cela il fallait l'approcher. Ce n'était pas gagné d'avance. Et pas question non plus d'aller le voir dans ses quartiers. Lorne n'osait pas.
Heureusement une occasion allait bientôt se présenter. Une heure plus tôt le docteur Weir l'avait contacté pour l'accompagner avec son équipe sur une planète du nom d'Olésia. McKay et Sheppard s'y trouvaient déjà. Lorne avait observé les deux hommes. Maintenant qu'il savait, il remarquait certaines choses qui devaient échapper aux autres : Les petits sourires, les doigts qui se frôlaient, et même une fois le jeu des pieds sous la table du mess où ils déjeunaient face à face en compagnie de Teyla et Ronon. Et bien, ils ne manquaient pas de culot, il fallait le faire tout de même !
Et puis il y avait autre chose. Le docteur McKay avait changé. Il montrait moins les dents, avait moins de morgue et même l'expression de son visage était plus douce, plus sereine.
Mais il restait McKay tout de même, très conscient de sa personne.
En tout cas cette mission sur Olésia arrangeait les affaires de Lorne car qui disait mission disait…passage obligatoire à l'infirmerie au retour. Et là, le docteur Beckett serait bien obligé de l'écouter.
Mais en attendant, il était sur les nerfs.
Cette mission allait lui changer les idées. Et puis il estimait Elisabeth Weir. C'était une femme de caractère et Lorne s'entendait bien avec elle.
Le docteur Weir semblait l'apprécier aussi. Elle lui faisait confiance et savait qu'elle pouvait compter sur lui en cas de pépin. Il réagissait promptement et comprenait instantanément quand il fallait intervenir.
A l'infirmerie, le docteur Beckett se pencha sur son patient, un sourire forcé aux lèvres.
Comme il aurait aimé ouvrir les bras à Lorne, lui assurer que c'était pardonné, qu'il comprenait que ses paroles avaient dépassé ses pensées.
Mais deux raisons le retenait.
La première, c'était qu'il n'avait toujours pas digéré l'allusion de Lorne à propos de sa mère. Carson adorait sa mère. Son père avait disparu alors qu'il était très jeune et sa mère n'avait jamais baissé les bras, l'avait élevé et poussé dans la voie qu'il s'était choisi, l'encourageant toujours et ne cherchant jamais à l'influencer ni à s'ingérer dans ses choix. Elle avait respecté l'enfant qu'il avait été, puis l'adolescent et enfin l'homme qu'il était devenu.
Les liens déjà forts s'étaient resserrés entre eux et elle aurait sûrement préféré garder son fils unique près d'elle. Mais elle ne lui avait jamais fait subir de pression. Et Carson lui en était reconnaissant.
Et la réflexion du major lui avait fait trop mal, réveillant le sentiment de culpabilité qu'il avait enfoui quelque part en lui. Carson se sentait coupable d'avoir en quelque sorte abandonné celle qui avait tant fait pour lui, qui s'était sacrifiée pour son bien-être et son avenir. Mais à quelque part, il savait que sa mère aurait été horrifiée qu'il ait des pensées pareilles. Ce qu'elle avait fait pour son fils lui semblait naturel et allant de soi. Voilà tout.
La seconde raison qui poussait Beckett à tenir Lorne éloigné de lui, c'était les sentiments qu'il portait toujours au jeune homme. Ils n'avaient pas changés malgré leur querelle et ouvrir de nouveau sa porte à Lorne, c'était repartir sur cette amitié qui ne pouvait plus le satisfaire.
Il avait pensé qu'il suffisait de cultiver son amitié avec le major puisqu'il ne pouvait avoir son amour.
Et il savait que maintenant qu'il ne s'en contenterait plus. L'avoir tous les soirs à presque un mètre de lui sans pouvoir le toucher, l'embrasser, l'aimer…Non, ce n'était plus possible.
Désormais c'était tout ou rien.
Et comme il pensait être un homme sensé et raisonnable, il avait choisi la deuxième option : Rien.
Au même instant, sur Olésia, le major Lorne, posté derrière Elisabeth Weir, tendu et attentif, une main sur son P90 se tenait prêt à intervenir. La conversation était plutôt tendue entre le magistrat d'Olésia et la dirigeante d'Atlantis.
Elisabeth Weir n'était pas le genre de personne disposée à se laisser marcher sur les pieds.
Le major Lorne avait déjà catalogué le magistrat comme un faux jeton de la pire espèce. Hypocrite et mielleux. Les traits bouffis et l'air veule. Il l'écoeurait et dans l'état d'esprit où il était actuellement, ça ne l'aurait pas gêné de vider son chargeur dans la panse du magistrat.
D'ailleurs le ton montait entre les deux dirigeants. Lorne se raidi, prêt à l'action. Une fois de plus, il admira le docteur Weir. Elle forçait le respect. Pas le genre à perdre son sang froid, elle. Une véritable diplomate. Elle ne l'avait pas volée sa nomination au poste de dirigeante d'Atlantis . Et elle la méritait bien !
Le ton du gouverneur monta. Il devint menaçant. Lorne n'hésita plus. Il donna l'exemple et épaula son P90 , visant le magistrat. Ses hommes suivirent. Les armes se levèrent.
La tension monta d'un cran. Weir et le magistrat s'affrontèrent du regard.
Lorne se tint prêt à tirer. Sa mission était de protéger Weir et il n'hésiterait pas une seconde à faire feu si cela s'avérait nécessaire.
Le magistrat céda.
La tension se relâcha.
Dès qu'ils furent de retour sur Atlantis, Lorne se précipita à l'infirmerie pour s'entendre dire que le docteur Beckett était retenu ailleurs. Un autre médecin procéderait à l'examen.
A suivre…
