Every day I Love You Less And Less
Auteur: Lymnilia
Disclaimer: Sont pas à moi, ça se saurait. Keira et Franck le sont, par contre, pour ce qu'ils servent... Et je ne gagne pas d'argent pour cette piètre production. Le titre extrait d'une chanson de The Last Shadow Puppets, My Mistakes Were Made for You, qui au départ collait à l'ambiance. Au départ.
Genre: AU/Slash/Romance/Drama
Pairing: SB/SS; SB/OC; RL/OC; PP/OC; JP/OC.
Warnings divers : Ceci est un univers alternatif donc sans magie. Ceci est également un slash, ie cette fanfic met en scène des relations homosexuelles. Si ça vous dérange, d'une façon ou d'une autre, rien ne vous oblige à lire
Rating: T pour le langage, mais rien de graphique.
Blabla de l'auteur : Bon ben chose promise chose dûe, me revoilà. Je n'avais pas prévu de mettre autant de temps à poster ce chapitre, ni même à l'écrire mais bon, après une bonne dizaine de remaniements et de redémarrage à zéro, le voilà. Donc euh, voilà, je m'excuse pour le délai, s'il y en a encore qui me lisent, et je reprendrai mon blabla de l'autre côté du chapitre si vous voulez bien.
Chapitre 6 : About as subtil as an earthquake
Pour ce qu'il en savait, ils pouvaient très bien être là depuis des heures, ou quelques minutes. Il ne savait pas combien de temps, il lui avait fallu pour reprendre conscience de ce que la situation avait de malsain ; mais il avait alors posé ses deux mains à plat contre le torse de Regulus et avait essayé de le repousser, détournant légèrement la tête pour échapper à ses lèvres, sans pour autant réussir à le faire reculer.
Le torse du garçon se soulevait trop sous ses mains, lui-même sentait sa respiration ralentir lentement, mais mis à part le bruit d'un souffle contre son oreille et celui, assourdissant, de son propre sang dans ses veines, ils étaient coincés dans un silence inconfortable. Severus était coincé entre la bibliothèque et la fenêtre, incapable de se dégager, pas sûr d'en avoir forcément envie parce qu'ils étaient si semblables que s'il fermait les yeux…
Et le temps passait, glissait sur eux sans qu'ils ne trouvent la volonté de bouger même s'il l'aurait fallu, même si vraiment il ne pouvait pas continuer, même s'il avait conscience d'à quel point son attitude était injuste et égoïste. Regulus était un peu plus grand que lui, et franchement plus musclé, mais il sentait, dans sa posture et sa façon de presque s'appuyer contre lui, qu'il ne réagirait pas. Il devait même s'attendre à une réaction extrême, et Severus avait effectivement envie de le frapper. Il ne le ferait pas.
Parce que ce serait stupide, parce que ça ne résoudrait rien, parce qu'il savait déjà qu'il ne se sentirait pas mieux, parce que ce n'était pas son genre, parce que ce serait se montrer encore plus injuste que les yeux de Regulus, qu'il voyait au coin de son champ de vision, ne voulaient bien le lui crier. Il redressa la tête. Il refusait de croire qu'il était injuste. Il refusait de croire que c'était sa faute ; il voulait bien se reconnaître beaucoup de torts, mais pas celui-là. Il était responsable de beaucoup de choses, qu'il savait et probablement qu'il ignorait, mais pas ça.
Il réussit, à force de contorsions, à s'échapper de l'étau de bois et de chaleur, et sentit son dos se redresser. Il se sentait plus grand que Regulus tout à coup, ou peut-être était l'autre qui lui semblait plus petit, une sorte d'enfant perdu et recroquevillé sur lui-même.
Et il n'y pouvait rien.
Il marcha à reculons en direction de la porte et répétant, pas forcément assez fort, que ce n'était pas une bonne idée, qu'il ne pouvait pas, que vraiment, non vraiment pas. Quand il ouvrit la porte, à tâtons, le poignet tordu en arrière, Regulus leva la tête et en le regardant dans les yeux, Severus fit « non » de la tête.
Il sortit, Regulus n'avait pas bougé, il regardait toujours dans la direction de la porte en train de se refermer ; et une fois à l'abri de la fine planche de vieux bois, Severus relâcha la respiration qu'il ne se souvenait pas avoir jamais retenue. Il s'appuya contre le mur et regarda la porte, les derniers rayons du soleil qui frappaient le bois sombre à travers les fenêtres troubles et trop vieilles pour être propres, luttant contre l'envie d'entrer et de tout expliquer à Regulus, de s'excuser, d'essayer.
oO Oo oO Oo
Les jours passèrent enveloppés de brouillard givrant. Il y avait ses potes, il y avait les cours, il y avait Keira, encore et toujours, il y avait le basket. Il y avait le reste du monde et Sirius qui restait en arrière, à un bout de seconde de décalage. Ça n'était qu'à peine visible. Il ne s'en rendait qu'à peine compte.
Il dessinait n'importe quoi sur ses feuilles de cours, il ramassait des heures de colle ou leur échappait, il ébouriffait les cheveux de James, il prenait Keira sur ses genoux et la faisait rire aux éclats – un rire de crécelle qui retroussait ses lèvres et dévoilait ses gencives – il fumait avec Remus, il faisait enrager Peter et l'ignorait la plupart du temps, pour faire enrager James, il était désagréable avec Juliet, il évitait Evans et essayait de lui arracher un sourire.
Il sentait que quelque chose avait changé, pourtant. Keira le laissait complètement indifférent, ne l'agaçait même plus. Il ne se lançait plus dans de longues joutes verbales avec James. Les engueulades des profs lui passaient dessus sans qu'il n'y fasse vraiment attention. Il répondait poliment à Peter, juste un peu moins souvent qu'à n'importe qui. Quand il fumait avec Remus, ils ne refaisaient plus le monde en pouffant à leurs propres idées ; il fumait jusqu'au moment où le froid qui l'engourdissait devenait un cocon doux qui l'enserrait comme une camisole et l'empêchait de penser trop loin.
Ce genre de détails insignifiants qui changeaient la donne.
Il refusait de parler de son frère, il évitait Severus. Normal. Quand quelqu'un abordait la Rumeur, ou une de ses nombreuses versions, devant lui, il fusillait l'importun du regard. Si l'autre insistait, il demandait d'une voix sifflante s'il n'avait rien de plus intéressant à faire – comme, peut-être, aller poliment se faire voir ailleurs ? Normal. Ou pas.
Il arrivait de moins en moins à se convaincre que tout était faux. À mesure que les jours passaient, il était de plus en plus difficile de se dire que tout ça n'était qu'une rumeur de plus aux fondements douteux. Comment l'aurait-il pu, quand il était noyé sous les murmures et les regards en coin, qui n'arrêtaient jamais de tourbillonner autour de lui pour le ramener au cœur du cyclone estudiantin ?
***
Keira le quitta.
Comme elle lui avait sauté dessus, avec ses copines en renfort, sans prévenir, au détour d'un couloir pour mieux partir en courant après, toujours à fond dans son rôle – les hanches qui tangueraient, les talons qui claqueraient, les cheveux qui flotteraient – vers le bataillon de bras réconfortants qui l'attendaient, numéro parfaitement rodé. Il les entendait glousser derrière le mur, parce qu'elle allait larguer Sirius Black et que ça n'était jamais arrivé de mémoire de Poudlard. Il hésita à gâcher leur plaisir, puis se dit qu'il avait une réputation à préserver et qu'à ce jeu-là, on ne le battait pas encore.
Comme quand elle lui avait sauté dessus, il l'avait laissée faire son numéro. Il n'avait rien dit, avait regardé juste derrière son épaule la plupart du temps, dans les yeux sinon, avec un petit sourire qui flottait sur ses lèvres. Il dut acquiescer, ou dire quelque chose comme « Okay » ou « C'est bien », il ne savait plus bien. Au moment où elle repartait, il lui lança un sourire en coin et partit de son côté, mains dans les poches, en se retournant juste assez lentement pour voir l'incertitude s'installer dans ses yeux. Lui tournant le dos, il lui fit juste un signe de la main avant de s'éloigner alors qu'elle restait immobile, indécise sur les dalles de pierre. Il mettait un point d'honneur à être le salaud de l'histoire.
Juste ce qu'il fallait.
On était jeudi soir, et il était à nouveau célibataire. On était jeudi soir et pour la première fois depuis des mois, il était vraiment et totalement célibataire. Cette réalité le frappa en début de soirée, alors qu'il était enfin seul, affalé sur son lit, le dos enfoncé dans le matelas trop mou. Parce que quand il commença à se demander si quelqu'un avait trouvé le chemin de la chambre grise, il se rendit compte qu'il n'y retournerait plus.
Quand il réfléchit à comment expliquer à Keira pourquoi non, vraiment, pas ce soir non plus, il réalisa qu'il n'y aurait plus de petite main baladeuse et de moue pas convaincue.
Quand il s'interrogea sur comment il enverrait James sur les roses la prochaine qu'il lui demanderait où ils en étaient, James entra dans la pièce les cheveux en bataille, les maxillaires crispés d'avoir trop souri, les muscles bandés sous les manches trop blanches de sa chemise. Il le regarda s'asseoir au bord de son lit et hésita à prendre la parole. Il décida qu'il valait mieux attendre. James aurait forcément des questions à poser, il faudrait forcément des réponses, et comme il savait déjà que ça ne serait pas les bonnes réponses, il se dit qu'il n'était pas nécessaire de précipiter les choses.
-Tu t'es fait larguer. » Pas une question. Une affirmation toute bête. Il était au courant et toute la tour devait l'être. Avec quelques heures de patience, toute l'école le saurait. Genre, au petit-déjeuner. Il avait déjà vu des regards curieux au dîner, et ceux qui se demandaient à quoi pouvait bien ressembler un Black descendu de son trône pouvait ressembler n'avaient pas tous été assis à sa table.
-Apparemment.
-Ça t'était jamais arrivé, avant. Il ne regarda pas tout de suite n'était pas sûr de pouvoir maintenir son masque de je-m'en-foutiste en place à cet instant précis. Parce que ça lui était arrivé, juste avant. S'il s'était intéressé à ces trucs à la mode il aurait parlé de karma ; s'il avait cru en quelque chose il aurait dit qu'il était maudit. S'il avait été honnête il aurait dit qu'il ne faisait jamais d'efforts. Il se disait juste qu'il avait la poisse, en ce moment. Il savait qu'il était de mauvaise foi, mais ça lui allait très bien. Il allait rester malhonnête encore un peu, merci beaucoup. La sincérité c'était très surfait, de toute façon. Enfin il n'allait pas dire ça à James, pas tout de suite. Ou bien ?
Il marmonna quelque chose qui finalement sonna comme un bâillement, ce qui lui allait très bien aussi.
-C'est tout ce que ça te fait, continua James en se laissant tomber sur le dos à côté de lui. Cette fois Sirius soupira. Il se redressa sur un coude, passa la main dans ses cheveux et se risqua à faire une moue ennuyée.
- Je m'en foutais un peu de Keira à vrai dire. » Là- dessus James ouvrit des yeux ronds. Parce que Keira n'était pas le genre de filles dont on se foutait. Même un peu.
-Non mais attends mais… Qu'est-ce que tu lui reproche ? »
Et là, ce fut comme si le cerveau de Sirius s'arrêtait. Parce que non, bien sûr, il n'avait rien à reprocher à Keira qu'il n'aurait pas eu à reprocher à toutes celles avec qui il était sorti. Objectivement. Sauf une chose. Une toute petite chose, essentielle, triviale. Une chose qu'il savait bien qu'il devrait révéler un jour ou l'autre ; il ne s'était juste jamais dit que ce jour viendrait si vite. Trois mots, à dire maintenant ou jamais. Il s'assit contre un des montants du lit et leva les yeux au plafond- ce serait plus simple qu'en le regardant, même s'il faudrait bien à un moment qu'il le regardât dans les yeux ; à un moment mais pas à cet instant, il n'y arrivait pas.
-Sérieusement ? C'est une fille. C'est ça, mon problème avec elle.
Silence.
Il s'y était un peu attendu, à ça. Un silence épais, lourd, interminable. Une nappe de brouillard qui au lieu de se dissiper avec la révélation fracassante s'épaississait de seconde en seconde et menaçait de l'asphyxier si James ne disait pas quelque chose là, maintenant.
Mais James ne disait rien alors Sirius cessa d'étudier la tête de lit et fixa son ami dans les yeux jusqu'à ce qu'il cesse de faire son petit sourire goguenard qui disait Bonne blague, allez dis- moi.
Il fut tenté, l'espace d'un instant.
Ce serait si simple, d'inventer un mensonge là, dans la seconde, d'exploser de rire et de voir le visage de James se détendre, de faire marche arrière.
Le rire sonnerait faux mais James ferait semblant de ne pas l'entendre ; le mensonge serait bancal mais Sirius était secoué par sa rupture, et c'était pour ça qu'il avait du mal à rassembler ses idées. Ils reviendraient comme avant, cette conversation n'aurait jamais eu lieu et si James avait des doutes et si Sirius du mal à la regarder dans les yeux parfois ils diraient que c'était parce que Sirius traitait vraiment trop mal Peter et qu'il ne méritait pas ça.
Mais il ne fit rien et laissa le silence durer. Peu à peu le sourire de James disparut. Silence, encore et se dit qu'il aurait dû le briser, ne pas le laisser même une seconde de plus parce que s'il attendait, s'il le laissait il sentait, il savait qu'il n'y aurait plus de manœuvre possible.
S'il laissait James se lever, partir sans qu'un mot, un seul mot n'ait été échangé, il y aurait à jamais, entre son meilleur ami et lui, cette bannière diffuse qui les maintiendraient juste assez hors de portée l'un de l'autre pour qu'ils ne puissent plus jamais se considérer comme amis.
Sauf que sa gorge était sèche et son esprit était vide. Quelque part il avait l'impression que ça faisait des années qu'ils étaient là, à se fixer. Des heures qu'ils étaient immobiles sur son lit, comme s'il fallait une vie pour que les conséquences de sa phrase se mettent en place.
Puis il s'entendit commencer à parler sans avoir la moindre idée de ce qu'il disait. Il supposait confusément que c'était des excuses, alors qu'il n'avait pas à s'excuser, ou alors juste de ne pas lui avoir dit plus tôt mais quand il voyait sa réaction ça lui semblait plutôt une bonne chose, et voilà qu'il se levait et James, pars pas !
Et la porte claquée.
Et le silence.
Il ne le suivit pas. Il savait depuis longtemps que la vie ne ressemblait pas à une série télévisée et qu'il ne lui suffirait pas de lui courir après pour que tout se remette en place. Il savait aussi qu'il fallait qu'il le fasse. Qu'un jour ou l'autre la vérité serait sortie et qu'elle aurait fait aussi mal
Il était incapable par contre de se dire qu'il avait bien fait. Il ne savait pas si James lui pardonnerait les mensonges et les secrets, il ne savait pas s'il réussirait à lui parler, il ne savait pas s'il le regarderait à nouveau dans les yeux. Il ne savait rien et ne désirait pas savoir.
Il voulait rester là, allongé sur son lit, les bras en croix à attendre que les choses reviennent en places seules. Il voulait croire qu'avec de la volonté il pourrait retrouver sa vie telle qu'elle était quelques semaines auparavant, avec James d'un côté et Severus de l'autre et pas de Keira pour jouer les trouble-fêtes. S'il restait là, s'il respirait lentement, s'il ne bougeait pas il pourrait faire comme si rien n'avait changé. Il suffisait de ne pas bouger.
Puis Remus entra et brisa l'armure de tissu dans laquelle Sirius s'était réfugié. Il apportait avec lui la rumeur de la salle commune et le récit d'un James blanc de rage, et de pas lourds sur les parquets, et la voix pleine de questions, et Sirius se dit qu'il devait vraiment avoir l'air misérable, parce qu'il ne dit rien quand il s'allongea à côté de lui sur le lit pas encore défait et tourna la tête, le regard tendre sur son profil en attendant qu'il parle.
Il n'y avait jamais de questions avec Remus. Il n'en avait pas besoin. On finissait toujours par lui parler. Et s'il y en avait eu, Sirius n'aurait probablement pas réussi à parler. Il avait du mal à rassembler ses idées et à y mettre des mots.
Il aurait voulu être capable de s'énerver. Il aurait voulu avoir la force de gueuler, de lui jeter la vérité au visage pour enfin arriver à cet instant où il verrait son regard se fermer et être seul, se laisser couler tranquillement. Mais il ne se sentait pas l'énergie de créer un drame alors il se contenta de parler à voix basse, de dire les faits.
Il dit Severus et Matthew, il dit Regulus, il dit James, il dit Keira. Il dit tous les secrets et les moments où il avait eu envie de les fuir, tous, d'être seul avec Severus et construire sa vie autour de lui. Il dit les disputes, la chaleur, les sourires, les mains dans les cheveux et les genoux dans la terre et le vide des dernières semaines.
Puis il évoqua Keira qui broyait tout et ensuite les questions de James, les mots qui lui échappaient et le froid glacial alors qu'il n'était même pas seul.
Il parla peut-être longtemps. Il parla à voix cassée, cherchant ses mots et les faisant rouler sur sa langue pour être sûr de ne pas se tromper avant de les libérer. Quelques fois il s'étranglait, bafouillait et devait s'arrêter, réfléchir, respirer, alors Remus attendait, posait une main près de son épaule et ne disait rien, lui laissait le temps de retrouver ce qu'il voulait dire et repousser les larmes qui inondaient sa gorge.
Enfin il arriva à la fin de l'histoire. Et il attendit. Il attendait de longues secondes la réaction de Remus. Il attendit qu'il crie, s'en aille, l'insulte. Mais le silence dura alors il tourna la tête et le regarda, plongea dans ses yeux jaunes à la recherche de quelque chose de familier et ne trouva qu'un sourire. Un sourire doux, un sourire qui comprenait. La main à côté de son épaule passa rapidement sur sa joue.
« On est pas dans la merde, tous les deux », lâcha Remus après un autre silence, tellement plus léger. Et Sirius lui en voulut presque de le faire rire, même si ce n'était pas aux éclats. Un petit rire clandestin qui passa ses lèvres et tira d'un coup son esprit de la déprime qui l'immobilisait depuis trop longtemps.
Il y aurait des questions à poser. Il y avait l'aveu à peine voilé de Remus qui planait, il y avait la surprise qu'il avait capté du bout de l'œil à certains moments de sa confession, il y avait ce qu'il n'avait qu'effleuré du coin de la mémoire. Et puis il y aurait James aussi. James avec qui il faudrait parler, s'expliquer, à qui il faudrait redire toute l'histoire et tout ça pour, peut-être, sûrement, le perdre, définitivement. Créer une fracture nette pour avancer.
Il y aurait tout ça, et Keira, et Peter, et Severus, et même Regulus. Mais il y aurait tout ça plus tard. Pour l'instant il ne gardait que le soulagement, un poids qu'il avait oublié et qui quittait sa poitrine. Il y avait le sourire qui revenait sur ses lèvres.
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Pour Severus, les choses reprirent très vite une apparence normale. Le lendemain soir, Regulus vint le voir, s'excusa. Il dit que ça n'arriverait plus, que c'était arrivé parce qu'il était seul et que Severus était le seul en qui il avait vraiment confiance mais qu'il avait été impulsif, qu'il comprenait sa réaction et que vraiment, si on pouvait oublier cette histoire ?
Il n'y avait pas cru une seule seconde. Mais il avait dit oui, que bien sûr, il avait bien compris dès le début d'ailleurs, et il lui avait tapoté l'épaule (hors de question qu'il le prenne dans ses bras, parce que d'abord ce n'était pas son genre et qu'ensuite Regulus n'attendait que ça) avant de le faire se tourner dans la direction de son cours de maths et de dire quelque chose d'insignifiant, d'une voix qu'il entendit un peu trop froide.
Puis les cours s'enchaînèrent, parce rien ne s'était arrêté pendant leur petit drame, et ils avaient fait semblant d'oublier. Severus était resté moins longtemps dans la salle commune, Regulus s'était assis moins près de lui dans les sofas, et un jour il avait traversé un couloir avec la main autour de la taille d'une fille de son année que Severus ne reconnaissait qu'à ses boucles rondes, dont il était de notoriété publique qu'elle n'attendait que ça depuis des années.
Puis un soir la rumeur atteignit leur sous-sol. C'était arrivé, c'était historique, Black senior s'était fait larguer. Mieux encore, Potter refuserait de lui parler.
En entendant ça – quand miss Bouclettes jugea bon de s'enrouler sur les genoux de Regulus pour lui raconter toute son histoire, oubliant visiblement qu'elle parlait à son frère – Ils firent tous deux comprendre que ce n'était pas le genre de nouvelles qui allait les empêcher de dormir, merci beaucoup.
Il ne sut pas ce qu'il en était de Regulus, mais lui ne dormit pas cette nuit là.
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A suivre !
Blabla de l'auteur, encore :
Donc voilà, j'ai du réécrire ce chapitre entièrement cinq fois au total, j'ai failli tuer au moins Regulus, Dumbledore devait pointer ses lunettes, mais on fait pas toujours ce qu'on veut et je suis toujours pas contente de ce que j'ai fait. Mais bon, si je m'écoutais je ne posterais jamais donc hein, on va dire que mon avis ne compte pas tant que ça.
Je ne sais pas du tout quand le prochain chapitre sera écrit, ceci dit pour une fois je sais où je vais pour les prochains chapitres, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps, et le sixième film m'ayant motivée (même si franchement déçue, mais c'est un autre débat), je pense mettre moins d'un an, cette fois. Enfin j'espère quoi.
Lymnilia
