Waouh ! L'esprit de Noël est passé par là et l'inspiration est revenue en courant ! J'ai enfin pu finir ce chapitre sur lequel je bloquais au départ ! Il est très important, c'est un peu la tournant de l'histoire. Il y a donc des explications qui, j'espère, ne vous ennuieront pas (trop) ! En espérant que ça vous plaise, voici mon petit cadeau de Noël (tu parles d'un cadeau !). Bonne lecture à tous, et si le cœur vous en dit, laissez-moi une petite review !
Chapitre V-2 : Ogondunos : La Loi d'Ogon'tsar
Woh ! Alors c'est ça écrire dans le Livre de bord ? Bah c'est pas si terrible,, j'vois pas pourquoi elle en fait toute une histoire Nami ! Bon faut que j'me grouille si elle me chope je vais passer un sale quart d'heure. Alors… L'île de la viande c'est top ! Je m'attendais pas à ça ! Moi je croyais qu'il y aurait de la viande partout, qui pousserait dans les arbres, ou comme les fleurs, des trucs comme ça ! Mais en fait c'est encore mieux, c'est une île de viande de dino ! Et c'est trop bon, la viande de dino. Merde ! Si je bave sur le livre je vais me faire tuer. Alors, sinon, les gens d'ici ont fait une fête terrible pour nous ! Avec un vrai festin ! Bon, ça manquait un peu de viande parce qu'ils sont pas très forts pour tuer les dinosaures, mais c'était quand même vachement bon ! Et après, ils ont allumé un grand feu et on a dansé autour ! C'était génial ! Les gens, ils avaient un peu peur de nous au début, rapport qu'on est des pirates, tout ça. Mais en fait il ont vu qu'on est cool, et en fait eux aussi ils sont trop sympas. Déjà y a Anaïs qui est une chouette fille, marrante et tout. Je voudrais bien qu'elle soit notre nakama mais ça va être difficile ! On verra ! Enfin ils sont tous super cools dans ce bled, même s'ils sont un peu bizarres quand même. Un truc en rapport avec leur religion, j'ai pas trop compris. En fait il y a Mahel, qui est une sorte de sorcière ou de magicienne parce qu'elle discute avec leur dieu qui a un nom tout pourri, et puis ensuite leur dieu il sauve tout le monde des dinosaures. Débile quoi ! Cette fille, Mahel, il faut voir comment tout le monde l'aime ! C'est dingue ! Mais les autres ils l'adorent. Elle est trop gentille, trop intelligente, trop marrante, bla, bla, bla ! Même Zoro il l'aime bien ! Dingue, je vous dis. Sanji, il dit que c'est la plus belle femme du monde. Rien que ça ? Faut pas déconner ! Robin elle est largement aussi belle qu'elle ! Et Nami elle est carrément
« Luffy ! ».
Le cri avait fusé, sec comme un coup de feu. Le jeune homme grimaça et regarda autour de lui d'un air coupable. Il était pris la main dans le sac. Il vit Nami, près du feu, qui le regardait avec un air terrible et qui s'avançait droit sur lui. Il eut juste le temps de griffonner une ultime phrase :
Par contre Mahel est beaucoup plus gentille que Nami
« Luffy, lâche ça tout de suite !, rugit la rousse en arrivant et en attrapant son capitaine par l'oreille, l'allongeant démesurément.
- Méheu, lâche-moi !
- Qu'est-ce que tu fous ?, cracha-t-elle en le lâchant et en se campant bien en face de lui. Je t'avais interdit d'y toucher !
- T'a rien à m'interdire !, répondit Luffy sur le même ton. Et puis d'abord pourquoi les autres ont droit et pas moi ?
- Parce que tu es un crétin ! »..
Les deux jeunes gens se faisaient face, les poings sur les hanches, se défiant du regard. Leur colère était palpable, on la sentait crépiter tout autour d'eux.
« Harpie !, jeta Luffy.
- Tu ne sais même pas ce que ça veut dire !
- M'en fous, bouda le jeune homme.
-Qu'est-ce que tu es allé écrire comme conneries ? », fit Nami en lui arrachant le livre de bord des mains.
Elle lut la dernière phrase et son regard se durcit.
« Oh…, dit-elle d'une vois dangereusement douce. Alors comme ça je ne suis pas gentille, hein ? ».
Quelque part, loin dans le cerveau de Luffy, diverses sirènes d'alarmes retentirent, des panneaux « Danger » s'élevèrent, à tel point que le jeune homme, pourtant long à la détente, comprit qu'il venait de poser le pied dans un champ de mines. Il se calma aussitôt et prit un air gêné.
« Mais attends, lis tout ce que j'ai écrit avant ! Regard, là j'ai mis…
-Je ne suis pas… Gentille, continua-t-elle sans faire attention le moins du monde aux efforts pathétiques de son capitaine pour lui montrer ce qu'il avait pu écrire de sympa à son sujet. Espèce de… Espèce de… ».
Luffy se prépara à affronter l'ouragan Nami.
« Abruti ! Débile ! Dégénéré !, hurla la jeune femme.
- Mais arrête…
- Crétin ! Pauvre type !
- T'abuse !, s'énerva Luffy. Rabat-joie ! ».
Les deux pirates ne s'étaient même pas aperçus que tout le monde les regardait. La musique, les chants et les danses s'étaient arrêtés dès l'échange des premières insultes. Alors que les villageois découvraient la force des colères de la rousse, les Mugiwaras eux serraient les poings, excédés.
« C'est pas vrai qu'ils remettent ça !, se plaignit Usopp.
- Comment peut-il parler comme ça à mon sucre d'orge, ce con ?, éructait Sanji.
- Ils me font peur, murmura Chopper.
- Ca commence à bien faire, ils sont insupportables !
- Je vais les calmer moi ! », dit sombrement Zoro en se levant, la main sur ses sabres.
Mais il fut pris de vitesse par Robin. La jeune femme ne disait rien, mais on sentait sa colère monter, chose exceptionnelle.
« Seis Fleurs ».
Des bras poussèrent soudain sur les corps de Nami et Luffy, bâillonnant et les ceinturant. Robin se leva dignement et se dirigea vers eux. Tous retenaient leur souffle. Personne n'entendit ce qu'elle leur dit. Ils la virent juste faire des gestes, mais l'expression de leurs amis était suffisante pour voir qu'ils passaient un mauvais moment. Finalement la brune indiqua deux directions opposées, fermement, et libéra les deux pirates qui obéirent et s'éloignèrent en traînant les pieds. Du côté des spectateurs, on aurait entendu une mouche voler. Ils virent Robin se recoiffer d'un geste élégant avant de revenir vers eux en souriant, comme si rien ne s'était passé. Tout le monde était bouche bée.
« La pacificatrice », murmura Usopp avec respect.
La jeune femme se rassit au milieu de ses amis et regarda les villageois.
« Excusez-les, s'il-vous-plaît, dit-elle. Où en étions-nous ? Si nous reprenions cette petite fête ? ».
Les gens se regardaient, hésitants. L'ambiance était complètement retombée. Finalement, ils se tournèrent vers Mahel, qui prenait toutes les décisions. Celle-ci sourit et fit un signe au père d'Anaïs et à un autre homme. Ils inclinèrent la tête avec respect et quittèrent la place.
« Mes amis, dit solennellement la prêtresse en se mettant debout, je crois que le moment est venu.
-La Lecture », souffla Anaïs aux pirates avant de se recueillir comme les autres villageois.
Les Mugiwaras se regardèrent, perplexes. Robin, elle, avait les yeux brillants. Elle était impatiente. Les deux hommes revinrent, portant deux paquets volumineux. Ils dévoilèrent deux fragments de stèle couverts d'une écriture étrange.
« La Loi d'Ogon'tsar », murmurèrent les villageois en se signant.
Les pirates s'étaient tournés vers Robin, guettant sa réaction. Tous connaissaient son histoire et son rêve. L'archéologue était restée stoïque, prenant sur elle pour cacher sa déception. Les deux stèles semblaient écrites en Harmeyan, une langue morte depuis des siècles, mais qui n'avait rien à voir avec les Ponéglyphes. Elle tenta de se ressaisir. C'était tout de même un témoignage historique de premier ordre, les vestiges de cette époque étaient rares, et pouvoir en voir un de si près était une chance unique. Mais sa déception restait intacte. Elle sentit les regards de ses amis posés sur elle et leu fit un signe de tête négatif. Ils comprirent. Chopper vint s'assoir près d'elle et posa sa petite patte sur la main de son amie pour la réconforter. Mais Mahel reprenait la parole, et ils se concentrèrent à nouveau sur la Lecture.
« En l'honneur de nos amis pirates, disait-elle, je vais vous lire les Tables d'Ogon'tsar, notre histoire et sa Loi, qu'Il nous a transmise pour nous éclairer et nous guider sur les chemins de la foi ».
Les villageois, le visage radieux, buvaient ses paroles. La prêtresse sourit aux Mugiwaras et posa la main sur le premier fragment de stèle.
« Il y a une vingtaine d'années, cet homme, commença-t-elle en désignant le père d'Anaïs, m'a trouvée errant dans la forêt, seule, entourée par les dinosaures. N'écoutant que son courage, il a bravement affronté les monstres pour me protéger. Mais c'était inutile. Ils ne me faisaient rien. Pourquoi, mes amis ?
- Grâce à la protection d'Ogon'tsar, notre dieu !, répondirent tous les villageois d'une seule voix.
- Exactement. A 8 ans, après avoir assisté à la mort de ma mère, tuée par un de ces monstres, je me suis retrouvée seule, perdue, mais la lumière divine est tombée sur moi, m'éclairant et me guidant, me protégeant de nos ennemis, dirigeant mes pas vers un abri sûr. Et quel était cet abri ?
-Le Sanctuaire », fit le chœur des villageois.
Les pirates se regardaient, un peu gênés, à l'exception de Sanji qui buvait littéralement les paroles de Mahel.
« Pendant cinq ans notre dieu m'a protégée, nourrie, abreuvée, Il m'a enseigné les secrets. Las de voir le peuple de cette île souffrir et être décimé, Il décida de nous aider. Il m'investit de cette mission sacrée : regrouper les hommes, vivre ensemble dans la paix et la joie, et dans Son amour, sans plus jamais craindre les dinosaures. N'est-ce pas ce qui s'est passé, cher amis ?
- Si !
- Au terme de ces cinq années, quand je fus prête, Il m'a renvoyée vers vous. J'ai erré dans la jungle jusqu'à ce que je sois trouvée. Et ensuite nous nous sommes réunis et avons battis Ogondunos. Et depuis ce jour, nous vivons en paix, protégés de nos ennemis. Nous ne manquons de rien. Les dinosaures, ainsi que les pirates, les mauvais pirates, ajouta-t-elle en souriant aux Mugiwaras, passent leur chemin, et plient devant la volonté d'Ogon'tsar. Mes amis je vous le dis, bienheureux ceux qui sont aimés de notre dieu, car ils vivront heureux et en sécurité pour toujours !
- Gloire à Ogon'tsar notre dieu, psalmodièrent les villageois.
- Fier de nous, Il nous a honoré de sa parole divine ! Gravant sur ses pierres notre histoire et sa Loi, ses commandements divins ! ».
Robin fronçait les sourcils, regardant tour à tour les fragments de roche et la prêtresse que tous acclamaient. Ses compagnons n'avaient pas remarqué son trouble et s'efforçaient de prendre un air intéressé et convaincu, même si la religion était pour eux un sujet délicat notamment depuis qu'ils avaient vu les ravages d'Eneru, le faux dieu, sur Skypiea. Mais tous, même Zoro, sentaient que leurs nouveaux amis accordaient beaucoup d'importance à leur religion, et ils gardaient leurs réserves pour eux. Enfin, tous sauf un. Depuis le début de l'histoire de Mahel, Luffy se tortillait sur le sol, ne pouvant pas rester tranquille. Il avait quelque chose à dire, ça se sentait. Soudain il n'y tint plus.
« C'est vraiment trop biz…, commença-t-il avant que Nami, qui l'avait senti venir et qui s'était approchée de lui, ne le bâillonne de sa main.
-Excusez-nous une minute, dit-elle en souriant à Mahel qui s'était interrompue. Continuez, ne faites pas attention à nous ! », ajouta-t-elle avant de traîner le capitaine à l'écart.
Les autres pirates firent des sourires gênés aux villageois, mécontents que la Lecture ait été interrompue, leur faisant signe de continuer. Ils ne jetèrent aucun regard derrière eux, malgré leur inquiétude. Mais il n'y avait pas de cris, ni d'insultes, donc ça devait aller. Au bout de quelques minutes qui leur parurent une éternité, Nami et Luffy les rejoignirent et se rassirent en silence. Sanji observa la jeune femme à la dérobée, étonné de ne pas la trouver énervée. Quant à Chopper, il essaya d'examiner Luffy avant de constater, étonné, qu'il n'avait aucun bleu, ni aucune ecchymose, ce qui était d'habitude le cas après une discussion animée avec Nami.
Pendant ce temps, les villageois récitaient les commandements d'Ogon'tsar d'une seule voix, regardant leur prêtresse avec adoration. Mais, au milieu d'eux, Anaïs se sentait étrangement mal à l'aise. Elle avait beaucoup observé Robin, pendant la Lecture, et avait remarqué sa réaction de surprise, et son air perplexe. Et l'attitude un peu gênée des autres Mugiwaras ne lui avait pas échappée non plus. Elle repensait à leur réserve quand elle leur avait parlé pour la première fois de sa religion. Mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de questions.
« Jeune pirates, disait Mahel, c'est la toute première fois que nous laissons des étrangers assister à la Lecture. Soyez conscients, je vous prie, de l'honneur et de la confiance que nous vous témoignons. Mais la lumière d'Ogon'tsar est sur vous, je la vois. Nous sommes donc heureux de vous accueillir dans notre communauté, comme de vrais habitants de cette île. Vous êtes ici chez vous, pour aussi longtemps que vous le souhaiterez. Maintenant, ajouta-t-elle en se tournant vers ses ouailles, après cette magnifique fête, il est temps de nous séparer. Allez en paix, mes amis, et que la lumière d'Ogon'tsar soit sur vous et vous assure à tous un sommeil paisible et réparateur !
-Grâce soit rendue à notre dieu et à son envoyée », psalmodièrent encore les villageois avant de se relever et de se serrer dans les bras les uns les autres.
Les pirates, sentant que la cérémonie était terminée, se levèrent à leur tour. Le père d'Anaïs, qui avait une grande maison, proposa d'accueillir les Mugiwaras qui acceptèrent avec plaisir l'invitation. Ils se dirigèrent en riant vers la demeure de leurs amis. Mais Robin resta en arrière, observant les villageois qui rangeaient la place et, surtout, brûlant de s'approcher des reliques. Finalement elle n'y tint plus et approcha pour les observer de plus près. Sentant une présence dans son dos, elle se rendit compte que Mahel était près d'elle.
« Excusez-moi, fit la jeune femme. Je suis bien consciente de leur caractère sacré, mais je suis archéologue et… Ma curiosité a été la plus forte !
- Ne vous excusez-pas, répondit la prêtresse en souriant. La curiosité, loin d'être un défaut à mes yeux, est plutôt une qualité indispensable. Pouvez-vous lire cette langue ?, demanda-t-elle en faisant signe à Robin de s'approcher des fragments de roche.
- Non, mentit la brune en n'hésitant pas un instant. Je ne connais pas ce langage. Comment avez-vous appris à la déchiffrer ?
- C'est notre dieu, Ogon'tsar, qui m'a montré leur signification, dans sa grande sagesse.
- Oh. C'est une histoire incroyable quand même, dit Robin, mine de rien. Une enfant seule dans la jungle qui survit toutes ces années…
- C'est mon dieu qui m'est apparu et qui a pris soin de moi.
- Et depuis, vous êtes la seule à pouvoir communiquer avec lui ? Vous avez dû avoir du mal à convaincre les autres de votre bonne foi au début, non ?
- Ils m'ont vue marchant au milieu des monstres sans crainte, et sans danger, et ils ont été convaincus sur le champ. Vous êtes une femme de science, ajouta-t-elle en souriant à Robin, je comprends votre scepticisme. Mais vous savez, après des générations à être persécutés par les dinosaures à vivre au jour le jour, chacun pour soi, les gens de cette île avaient besoin plus que tout d'une lueur d'espoir.
- Et de quelqu'un pour les guider, ajouta l'archéologue.
- C'est vrai. Et personne ne le regrette aujourd'hui.
- C'est ce que j'ai cru voir, effectivement. Je peux encore vous poser une question ?, dit Robin en regardant son interlocutrice dans les yeux.
- Bien sûr.
- Est-ce que vous pouvez me parler de ce brouillard qui entoure l'île ? ».
Mahel fronça les sourcils et réfléchit. Elle fit quelques pas jusqu'à un banc qui n'avait pas encore été rangé. Elle s'y assit et fit signe à Robin de la rejoindre.
« C'est une chose étrange, et à laquelle je ne comprends pas grand-chose moi-même. D'après ce que je sais, l'île a toujours été protégée par cette nappe de brouillard, la rendant difficilement accessible, avant même que le culte d'Ogon'tsar ne se répande parmi nous.
- Nous avons rencontré un homme qui est venu sur cette île, il y a longtemps, dit Robin. C'est lui qui nous a dit que le brouillard ne se levait que très rarement, et que l'île était quasiment introuvable.
- Un homme qui est venu sur cette île vous dites ? C'est étonnant, je ne me rappelle pas de ça…, répondit Mahel, déstabilisée pour la première fois. En ce qui concerne le brouillard, il se lève à chaque nouvelle lune, pendant environ 24 heures. Mais il faut vraiment avoir beaucoup de chance pour passer par là à ce moment, et pour la voir. Cet homme a exagéré bien sûr, en la disant introuvable, mais sans doute pas intentionnellement.
- E n plus, il ne savait sans doute pas que le brouillard se levait avec les changements de lune… Après tout, c'est souvent comme ça que naissent les légendes, à partir d'un élément mal compris, et qui se trouve amplifié par le bouche à oreille, dit l'archéologue, plus pour elle-même que pour son interlocutrice.
- Vous avez raison, acquiesça Mahel en riant.
- Mais pourquoi les villageois n'ont-ils pas le droit de sortir de chez eux ces jours-là ?
- Comment…, commença la prêtresse avant de comprendre. C'est Anaïs qui vous en a parlé, évidemment. Et bien, c'est le jour qu'a choisi Ogon'tsar pour communiquer avec nous, par mon intermédiaire. C'est une des Lois que nous devons respecter. Je dois me rendre, seule, au sanctuaire, pour la journée et la nuit, afin de communier et de purifier mon esprit par la prière et le jeûne. Les villageois, restant chez eux, doivent également jeûner et prier.
- Je vois… Merci d'avoir répondu à mes questions si gentiment. Vous savez, dit Robin en se levant, j'ai rencontré de nombreuses religions au cours de ma vie, mais celle-ci est étonnante. Pas de sacrifices, ni de cadeaux offerts au dieu, des commandements raisonnables, pas d'hystérie, un message de paix… Je dois avouer que je suis agréablement surprise.
- La voie d'Ogon'tsar est ainsi, répondit la prêtresse en se relevant également. Il n'attend de nous que de la confiance et de l'amour, que nous lui donnons avec plaisir. C'est pourquoi nous sommes si heureux et sereins.
- Je vous croie », dit Robin avant de la saluer et de prendre congé.
Elle s'éloigna en direction de la maison du père d'Anaïs, songeuse, repensant à sa conversation avec la prêtresse. Elle passa devant un vieil homme, assis sur le pas de sa porte, qui baragouinait des choses incompréhensibles. Soudain elle s'arrêta et revint en arrière, à hauteur de l'homme qui ne semblait même pas l'avoir remarquée.
« Êtes-vous le vieux Tomsen ? », demanda-t-elle en repensant à ce qu'Anaïs leur avait dit, au sujet du vieil homme qui racontait des histoires.
Le vieil homme arrêta de marmonner et releva la tête, fixant la jeune femme avec un regard pétillant de malice.
« Et vous êtes la pirate curieuse ?, répondit-il, provoquant le rire de Robin qui s'accroupit face à lui.
- Exactement. Je suis même très curieuse, et je suis sûre que vous avez beaucoup de choses à raconter, n'est-ce pas ?
- Ca se pourrait, dit-il avec un sourire malicieux. On voit pas souvent des pirates par ici, il se passe pas grand-chose, on s'ennuie… ».
Robin, qui avait relevé le « pas souvent », rit franchement.
« Si nous passions un marché ?, proposa-t-elle en tendant la main au vieil homme. Vos histoires contre les miennes ?
-Vendu ! », répondit Tomsen en lui serrant la main sans hésiter une seconde.
Robin sourit avant de tourner son regard vers la place. Elle vit que Mahel et Anaïs, qui venait de la rejoindre, l'observaient. Elles lui sourirent et lui firent un signe de la main avant de s'éloigner en parlant. Mais le vieil homme l'invitait à la suivre chez lui, et Robin se concentra sur son récit.
« Luffy réveille-toi ! ».
Le jeune homme protesta. Quelqu'un le secouait pour le tirer de son sommeil. Mais lui voulait rester dans son rêve, peuplé de côtes de porc, de gigots et autres pièces de viande qui dansaient autour de lui.
« Luffy ! », insista Nami en le secouant plus fort.
Au milieu de son rêve, le capitaine crut reconnaître la voix de sa navigatrice qui l'appelait. Mais elle n'était pas comme d'habitude. Elle tremblait, et on sentait l'urgence dans sa voix. Il commença à émerger. Il ouvrit les yeux pour voir le visage de Nami. La jeune femme, les yeux rouges comme si elle avait pleuré, semblait très inquiète.
« Nami qu'est-ce qu'il y a ? », demanda le jeune homme, complètement réveillé maintenant.
La jeune femme, tremblante, ne savait pas par quoi commencer. Il posa les mains sur ses épaules et lui sourit pour la rassurer. Elle se calma, respira, et lui dit :
« C'est Robin… ».
