Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^

Couple : Une nouvelle histoire avec Harry, Lucius et Severus... et d'autres !

Résumé : Quelque chose se trouvant derrière une porte au manoir Malfoy a décidé Harry d'entrer dans la nouvelle équipe de Quidditch. Qu'a-t-il trouvé ?

Petit post it : Bonjouuuuuuuuuuuur ! Pardon pour le temps que j'ai mis à vous dévoiler ce nouveau chapitre ! Comme vous le saviez, j'étais en stage (ça s'est suuuper bien passé, pour ceux qui veulent savoir :p), et je n'ai du coup par trop eu le temps d'écrire. Mais ça y est ! Les vacances sont enfin là. ^^

J'espère vivement que ce chapitre vous plaira. C'est un tournant dans l'histoire, et vous allez enfin comprendre pas mal de chose, comme par exemple, pourquoi cette fic s'appelle "zone rouge". ^^ Bonne lecture !


Chapitre 7 : zone rouge.

Traînant les pieds dans les feuilles mortes, Harry Potter avançait entre les pierres tombales du cimetière de Godrics Hollow, un énorme bouquet de roses rouges dans les bras. Chaque mois, au jour de la grande bataille finale, il revenait ici déposer une fleur à côté de chaque nom qu'il connaissait. Il s'arrêta devant la tombe de son parrain et s'assit à même le sol, s'appuyant légèrement sur la pierre.

- Salut Sirius, murmura-t-il en sortant un journal de sa poche. Ecoute ça. Toi qui adorait le Quidditch, tu vas rire : "Le grand Potter change d'équipe, ou bien de camp ?", "Le serpent devient l'emblème de notre héros", "Jusqu'où ira le cercle d'Avebury maintenant qu'il a ensorcelé Harry Potter ?".

Le brun replia la Gazette et prit une rose dans le bouquet pour la poser sur le nom de son parrain.

- Des fois, j'aimerais bien dormir un peu aussi, murmura-t-il encore avant de se lever. Le monde devient compliqué ici.

Il suivit l'allée et se retrouva devant un grand tombeau blanc comme de la nacre. Dumbledore eut droit à sa rose, tout comme les autres. A gauche, il y avait Remus, puis plus loin plusieurs anciens camarades de Poudlard ayant tous faits partis de l'Ordre. A chaque fois, Harry leur murmurait les derniers titres des journaux sorciers, qui critiquaient ses choix sportifs. Bientôt, des éclats de rire muets et moqueurs semblèrent s'élevèrent au-dessus du cimetière : c'était les voix des morts qui, invisibles, se joignaient au plaisir de Potter d'être là, parmi eux, à leur raconter les dernières idioties publiées sur lui.

Il venait de déposer le reste du bouquet sur la tombe de Lily et James, à qui il réservait toujours plus de fleurs. Mais il conserva tout de même une, avant de se diriger vers le fond du cimetière, où deux petites tombes en marbre vert l'attendaient. Il resta un instant debout, lisant et relisant le nom de Narcissa Malfoy. Puis il passa à l'autre, et s'installa juste devant, en tailleur.

- Salut abruti…, murmura-t-il en appuyant ses avants bras sur la pierre et en faisant tournoyer la rose entre ses doigts.

A chaque fois qu'il venait ici, les mêmes mots sortaient inlassablement de sa bouche, sur un ton toujours identique, celui de la tristesse. Mais cette fois-ci, un rictus mauvais flottait sur ses lèvres.

- Tu t'es bien foutu de moi…, lâcha-t-il sans méchanceté.

Il déposa sa rose avec délicatesse, soulignant ainsi la gravure du patronyme de Draco Malfoy, avant de poser sa tête sur ses mains et de fermer les yeux.

Une semaine plus tôt, il entrait dans l'équipe des Serpents d'Avebury. Dès le lendemain, tous les journaux faisaient grand cas de ce changement radical, mettant en avant le caractère original de l'équipe formée par deux anciens mangemorts graciés et celui qui avait mis fin à Voldemort. Mais Harry ne s'était absolument pas occupé de ces ragots, trop de choses lui occupant l'esprit. Assit dans les feuilles mortes, sur la terre boueuse du cimetière, les images de la chambre secrète lui retraversèrent brusquement l'esprit.

A peine la porte s'était-elle refermée sur lui, et la cape d'invisibilité tombée à ses pieds, que le silence de la pièce lui avait glacé le sang. Sur un lit à baldaquin et sous une couverture assez fine, il apercevait le corps de Draco Malfoy. Malgré l'obscurité presque totale de la chambre, le visage du blond lui parut serein. Les palpitations de son cœur mirent du temps à se calmer, lui laissant enfin la possibilité de s'approcher. Sa première idée avait été que Lucius, fou de chagrin, n'avait pu se résoudre à enterrer son fils, et le gardait donc ici, en parfait état, grâce sans doute, à quelques sorts de magie noire.

Pourtant, lorsque Potter se retrouva juste à gauche du serpentard, il aperçut avec surprise que le torse du blond se soulevait lentement, mais régulièrement, comme s'il dormait. Le brun se laissa alors tomber à genoux près du lit, lâchant des larmes incontrôlables, sans bruit. Depuis sa chute de la veille, lors du terrible match contre les Canons, ses nerfs le lâchaient dès qu'il repensait au blond. Sa main glissa sur la couverture où son front reposait, et rencontra celle de Draco. Les doigts étaient d'une pâleur extrême, bien plus que d'ordinaire, et légèrement froids. Harry les serra avant de se relever. Il ne comprenait plus rien.

Soudain, il aperçut une grande bassine posée sur la table de nuit, de l'autre côté du lit. A l'intérieur flottait une eau épaisse et argentée. En s'approchant de la pensine, Potter réalisa que l'autre main du blond flottait à la surface du liquide magique. Voulant à tout prix comprendre ce que cela signifiait, il n'hésita pas une seconde : il plongea la tête dans la pensine et se laissa entraîner dans les souvenirs qu'elle contenait.

Ce fut d'abord le bruit qui le choqua : des cris de joie, des hurlements, des applaudissements. Il se trouvait au beau milieu d'une tribune d'un grand stade de Quidditch. Sur le terrain, deux équipes s'affrontaient vaillamment. Harry reconnut sans peine les couleurs chaudes des Canons de Chudley, et celles de son ancienne équipe, les Flèches d'Appleby. Très vite, il remarqua les mouvements et les scores : c'était justement son match de la veille, celui où il avait passé dix heures à Sainte Mangouste.

Soudain, une ombre grise attira son regard parmi la foule. Il s'approcha. La personne se tenait juste derrière un homme aux longs cheveux blonds. Harry comprit aussitôt qu'il était dans les souvenirs de Lucius Malfoy. Mais alors qu'il allait tendre la main pour frôler l'épaule de celui qui semblait être ici en tant que spectateur, tout comme lui, le public du stade explosa : le cognard venait de le frapper. Harry se vit tournoyer en l'air sur son balai, à plus de vingt mètres de haut, et enfin tomber. L'arbitre avait ralenti sa chute, et un brancard voletait déjà vers lui.

- Ouch…, murmura une voix juste à côté de lui. Ça doit être douloureux… N'est-ce pas Potter ?

L'ombre se retourna vers lui, en souriant. Les cheveux étaient ternes, le visage presque transparent, les yeux d'un gris effacé. Draco Malfoy paraissait trente ans de plus. Le choc passé, Harry finit par lui répondre.

- Plutôt, oui.

Le blond ricana et se reconcentra sur le terrain.

- J'apprécie énormément ce match, souffla-t-il en croisant les mains dans son dos. Et j'adore l'enjeu qu'il y a derrière. C'est moi qui ai vivement conseillé à mon père de prendre Jenkins. Il est plutôt bon, non ?

L'imprévisibilité de la scène et son côté magique donnait à Harry l'impression de vivre un nouveau rêve. Il discutait Quidditch avec un homme censé être mort pendant la guerre parce qu'il n'avait pas su le sauver. Au bout d'un moment, le brun cessa de s'intéresser au match et aux commentaires du blond. Il voulait des réponses.

- Malfoy, où sommes-nous exactement ?

- Dans la pensine de mon père, répondit Draco comme si cela était évident.

- Tu n'es pas mort ?

- Non, désolé.

Un léger sourire apparut sur le visage du brun. Une sensation de bien être l'envahissait.

- Satisfait ? ricana Malfoy.

- Pourquoi ?

- Tu m'as sauvé la vie, répondit Draco en haussant les épaules. J'ai vraiment cru que j'allais y rester. Et puis tu m'as entendu et tu m'as attrapé.

- Mais je t'ai lâché, murmura Harry, plus ému qu'il ne l'aurait voulu.

- Tu m'as lâché juste au-dessus d'une clairière vaseuse de la forêt, lui expliqua le blond sans le regarder d'œil. J'ai commencé à m'enfoncer dans la boue. Au moins, elle arrêtait les flammes… C'est mon père qui m'a retrouvé. J'étais déjà dans le coma, mais en vie.

- Tu… tu es dans le coma ! s'exclama Potter en se tournant vers lui.

Le regard du blond fixait les joueurs dans chacune de leur cascade. Son profil parfait et concentré impressionna Harry. Malfoy n'avait pas besoin de lui répondre. Evidemment, il était dans le coma. Voilà pourquoi Lucius avait préféré annoncé la mort de son fils et lui installer même une tombe juste à côté de celle de Narcissa.

- Depuis trois ans ? murmura encore Potter.

- Et sûrement encore pour aussi longtemps, ricana faussement Draco. Mais je fais confiance à Severus, il trouvera comment me réveiller. Il a déjà très vite trouvé la solution pour que mon esprit continue de travailler. Aller dans la pensine me permet de faire fonctionner mes pensées et m'évitera sûrement de nombreux désagréments à mon réveil.

- Trois ans, Malfoy, lâcha Harry. Tu crois encore que…

- Non seulement j'y crois, siffla Draco en posant sur lui un regard froid, mais surtout je le sais. Severus me fait part de l'avancée de ses travaux très régulièrement.

- Et pourquoi le Quidditch ? demanda l'attrapeur qui préféra changer de sujet.

- J'ai toujours aimé te regarder jouer…, murmura le blond en se tenant bien droit. Surtout quand tu tombes, ajouta-t-il en ricanant. Et j'ai toujours aimé ce sport. J'observe chaque tactique des joueurs, leurs habitudes, les bonnes et les mauvaises, les meilleurs balais. Je sais tout, conclut-il.

- Et depuis trois ans tu…

- Arrêtes avec ce temps qui passe Potter, s'agaça le blond.

- Excuse-moi, mais…

Draco se tourna brusquement vers lui et lui intima le silence par un simple regard froid.

- Potter, siffla-t-il. Ici, il n'y a pas de mélodrame, pas d'excuses, pas de complexe du héros raté, et surtout Potter, surtout… le moins de questions possibles.

Harry hocha la tête tout en décelant la légère pointe de désespoir inavoué.

- Si tu respectes ces règles, poursuivit Malfoy d'un ton plus posé, tu pourras éventuellement revenir. Est-ce que mon père sait que tu…

- Je croyais qu'il ne fallait pas poser de questions ? le reprit aussitôt Harry, sèchement.

Draco haussa les épaules et se retourna vers le match. Soudain, les images autour d'eux commencèrent à se brouiller. Les lignes ondulaient, les bruits se faisaient sourds.

- Mon père a dû quitter le match un moment, murmura Malfoy. Accroche-toi Potter, ajouta-t-il en attrapant la main du brun.

Pendant quelques secondes, tout disparut. Seule la sensation de leurs doigts enlacés leur resta. Puis, le stade revint, les couleurs, les cris. Lucius était en train de se rasseoir à côté de Snape qui lui, ne semblait pas avoir bougé de tout le match.

- Jenkins est parti chercher les attrapeurs, murmura Severus d'une voix lasse.

- Tu aurais dû aller te reposer aussi.

- Non. Je complèterai tes souvenirs avec les miens. Draco pourra voir ce match en entier comme ça.

Lucius hocha la tête, posa brièvement une main sur celle du brun, et observa le match. Sur le terrain, deux craquements venaient d'annoncer le retour des attrapeurs.

- Mon père et Snape…, murmura soudain Draco. Tu le savais ?

- Oui, répondit Harry. Je le sais.

Le ton gêné étonna Malfoy qui lui jeta un coup d'œil mais n'insista pas. Leurs mains étaient toujours liées. Potter n'en revenait pas qu'ils puissent se toucher. Comment fonctionnait cette pensine ? Il soupçonnait Snape d'avoir fait de longues recherches sur ce système : c'était de la belle magie. Tellement de questions se bousculaient : comment Draco faisait-il pour garder espoir au bout de trois ans de coma ? Son corps vivait dans le monde réel et son esprit dans cette pensine… Pourquoi choisissait-il de regarder des souvenirs de Quidditch ? Comment faisait-on pour vivre saussi longtemps par procuration sans craquer ? Est-ce que Lucius ou Severus pouvaient-ils aussi le rejoindre dans leurs propres souvenirs ? Pouvaient-ils aussi lui parler ?

- C'est sympa d'être venu me voir Potter, lâcha soudain le blond en resserrant encore sa main.

- Je ne savais pas que tu…

- Personne ne sait. Et personne ne doit savoir.

Harry ne répondit rien. Il n'avait pas l'intention de dévoiler quoique ce soit.

- Pourquoi refuses-tu d'entrer dans la nouvelle équipe ?

- C'est une idée à toi ?

- Oui, répondit Malfoy de façon très noble. C'était agaçant de voir les mêmes matchs depuis trois ans. Ça manquait de piquant. Même si je dois reconnaître que celui-ci est vraiment pas mal, murmura le blond en désignant le terrain du menton. Il n'y a que le Quidditch qui est suffisamment passionnant pour ne pas m'ennuyer, et suffisamment complexe pour me faire travailler les méninges. Une nouvelle équipe, c'est ce qu'il y a de mieux pour apporter du sang neuf à tout ça.

Le brun reconnut que c'était une bonne idée.

- Severus m'a raconté comment tu as défendu le projet devant le conseil, lâcha Draco. Je ne m'attendais pas à ça de toi Potter.

- Si j'avais su que l'idée venait de toi…, grogna faussement Harry.

- Et donc, pourquoi tu refuses d'en être ?

Le brun ne répondit rien. Depuis qu'il était entré dans cette pensine, le froid semblait l'anesthésier. Seule sa main que tenait Malfoy se réchauffait lentement, lui procurant quelques frissons dans le bras. Il l'admirait pour son maintien et sa prestance, mais ne parvenait pas vraiment à mener une réelle conversation, trop perturbé par les événements.

- Dis-moi si je me trompe, reprit Draco. Je pense que tu ne veux pas être mêlé aux activités de deux anciens mangemorts.

- Tu te trompes, murmura Harry qui repensait à la façon dont il s'était déjà mêlé des affaires de Snape et Lucius, quoiqu'il arrive.

- Alors quoi ?

- Je voulais savoir la raison qui les poussait à créer une nouvelle équipe.

Draco hocha la tête d'un air entendu, un léger sourire naissant sur ses fines lèvres grises.

- Et tu pensais à l'argent, la gloire, la renommée, ricana-t-il.

- Oui, avoua le brun. Tout sauf à toi.

- La famille Malfoy a toujours été incomprise, soupira le blond avec exagération. Particulièrement lorsqu'il s'agit des Potter.

Autour d'eux, le public se mit soudain à applaudir et encourager les joueurs sur le terrain. Harry se vit en train de poursuivre le vif d'or. Même Lucius Malfoy s'était levé et observait attentivement le moindre geste de l'attrapeur qui refermait enfin sa main sur la petite balle d'or.

- Joli, Potter…, murmura Draco.

- Cet imbécile est vraiment bon, lança une autre voix, celle de Severus qui se leva à la suite de Lucius.

- Je veux parler à Jenkins, lui répondit simplement le blond. Il est le seul, je pense, qui pourra convaincre Potter de nous rejoindre.

Harry se sentait légèrement troublé d'entendre ainsi les deux hommes parler sur son compte. Il les vit s'éloigner. Le souvenir de la pensine les suivait automatiquement. Draco commençait à l'entraîner à leur suite. Mais ils s'arrêtèrent au bord de la tribune : Oglethorpe, présent au match également, venait d'engager la conversation avec Lucius et Severus. Potter en profita aussitôt.

- Malfoy…, murmura-t-il en tirant le blond par la main. Explique-moi, s'il te plaît.

Les yeux, autrefois d'un bleu puissant, rencontrèrent les pupilles vertes un peu perdues. Harry ne résista pas, il lâcha enfin la main du blond pour le prendre par les épaules et le serrer contre lui.

- Je croyais que tu étais mort, par ma faute, murmura-t-il encore dans le creux du cou froid qui l'accueillait.

- J'avais dit : pas de mélodrame ici, Potter, répondit Draco sur un ton pourtant doux.

- Je vais poser une putain de rose sur ta tombe tous les mois, se lâcha enfin le joueur en s'écartant pour le fixer à nouveau. Je fais des cauchemars à répétition, où je revois chaque scène de la bataille, particulièrement celle où je te vois retomber dans les flammes. Et je te retrouve là, par hasard, tu m'annonces que tu es en vie, que tu vas revenir, que tu me veux dans ta foutue équipe et… merde.

Le brun s'éloigna, le maximum qu'il put et lui tourna le dos. Les larmes montaient à nouveau. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement se réjouir que le serpentard ne soit pas mort, et passer à autre chose ? Comme retourner dans le monde réel, aller voir Joey, ou Severus, ou Lucius, aller jouer au Quidditch.

- Je suis absolument navré pour toi, Potty, siffla soudain la voix froide de Malfoy.

Harry se retourna, étonné que le blond fasse de nouveau usage de ce surnom qu'il détestait.

- Tu fais des cauchemars ? Moi je n'ai même pas l'occasion de rêver. Je passe mon temps à vivre la vie de mon père et celle de Snape. Sans vouloir comparer mes peines aux tiennes, Potter, j'aimerais juste pouvoir aller, moi aussi, déposer des roses chaque mois sur certaines tombes.

Sans attendre de réponse, il tourna les talons et rejoignit les deux autres sorciers qui s'éloignaient. Harry se sentit ridicule, une nouvelle tristesse l'envahit : celle d'avoir blessé celui qu'il avait, plus que jamais, envie de considérer comme un ami. Autour de lui, le souvenir s'effaçait. Il savait ce qui allait se passer : s'il ne rejoignait pas le maître de la pensine, Lucius, il serait éjecté, jusqu'à une prochaine fois.

C'est ce qu'il s'était passé. Il s'était à nouveau retrouvé dans la chambre sombre, devant la pensine.

Un vent froid traversa le cimetière et le fit frissonner. Il se redressa, fourbu de s'être ainsi assoupi sur la tombe vide de Draco Malfoy et s'éloigna doucement en shootant dans les feuilles mortes. Une semaine qu'il avait découvert ce lourd secret, une semaine qu'il était devenu l'attrapeur et le capitaine des Serpents d'Avebury. Une semaine qu'il évitait de croiser de nouveau le regard de Lucius Malfoy depuis leur dernier baiser. Une semaine qu'il ne communiquait qu'avec Snape quant aux problèmes concernant l'équipe, en essayant de ne pas lui sauter dessus à chaque fois.

Une semaine qu'il n'avait pas revu Draco.

Dans un tourbillon de feuilles, il transplanna. Cinq minutes plus tard, il poussait la grille du manoir Malfoy. Il entra dans le parc sans se cacher, se dirigeant droit vers la grande porte de la maison. Avant même qu'il ne frappe, Severus Snape ouvrait.

- Vous avez oublié quelque chose à l'entraînement ce matin, Potter ?

Harry grimpa les quelques marches du perron et se colla contre le maître des potions, le poussant à l'intérieur du hall. Il avait besoin d'oublier, de ne penser à rien. Il repoussa la porte du pied et plaqua l'homme contre le mur de l'entrée.

- Oui, vous, susurra-t-il avant de plonger sur les lèvres du brun.

Le baiser, vigoureux et sauvage, réveilla ce qu'il avait de plus bestial en lui, et effaça ses idées sombres, ses cauchemars. Snape, qui avait d'abord tenté de le repousser, pour la forme, le serrait à présent contre lui en glissant ses mains dans les cheveux, comme si le geste était désespéré. Une semaine qu'il attendait un nouveau signe du joueur, n'osant faire le premier pas depuis leur dernière tentative. Leurs gestes étaient précipités et ne laissaient absolument pas de place à des protestations ou quelques réflexions que ce soit.

Potter entendit parfaitement les pas claquant sur le carrelage du couloir qui s'approchaient d'eux. Severus se décala légèrement, un sourire sur les lèvres. Mais Lucius, qui venait d'arriver, repoussa Harry, le plaquant à son tour contre le mur, un bras contre sa gorge, le regard menaçant.

Potter préféra fermer les yeux. Ne plus voir ce rejet, ne plus voir les cheveux blonds, ni les yeux gris.

- Embrasse-le, susurra une voix grave.

Snape s'était glissé derrière Malfoy, et s'appuyait langoureusement contre son dos, le poussant doucement vers le plus jeune. Les lèvres de Lucius se posèrent ainsi d'elles-mêmes sur celles d'Harry qui agrippa aussitôt les hanches du blond pour l'attirer à lui. Leurs langues s'entremêlaient, se caressant sensuellement. Et toujours, la pression de Severus qui les poussait l'un contre l'autre. Malfoy avait fini par retirer son bras du cou de l'attrapeur pour s'appuyer contre le mur, de chaque côté de la tête du brun. Potter ne pouvait s'empêcher de comparer : la langue de Severus, plus sucrée, s'immisçait beaucoup moins que celle de Lucius, plus dominateur. Le blond quitta soudain sa bouche pour se retourner et fixer Snape.

- Et maintenant ? souffla-t-il en observant son amant.

Devant les yeux vitreux d'Harry, Severus réalisa le souhait le plus cher du brun, en embrassant Malfoy avec passion. Potter observait leur visage, adoucis par la tendresse du geste, sentant l'excitation monter en lui. Snape finit par se détacher du blond et plongea vers les lèvres du joueur, coinçant Lucius entre eux.

Puis les gestes s'enchaînèrent, parfois gauchement, souvent naturellement. Harry restait calé contre le mur, paupières closes, sourire aux lèvres. Il sentait les mains de Lucius glisser sur lui, remplacées par moment par celles de Severus. Les vêtements tombaient, les uns après les autres. Mais alors qu'une bouche l'embrassait fermement, Potter ne tint plus : il ouvrit les yeux et aperçut les cheveux noirs de l'ancien professeur de potions penché sur lui. Il se détacha, attrapa le poignet de Malfoy et l'attira contre lui. Ils étaient quasiment nus tous les trois, ne conservant, pudiquement sans doute, que leur chaussures et leur pantalon pourtant largement ouverts sur les objets de toutes leurs attentions.

Se serrant l'un contre l'autre, à tour de rôle, ils se déplacèrent petit à petit jusqu'au boudoir attenant à l'entrée du manoir.

- Est-ce que vous ne pensez pas…, commença soudain Lucius d'une voix rauque et en se laissant tomber dans un petit fauteuil.

- Je pense qu'il n'est plus l'heure de penser, Luce, le coupa Snape d'un ton doux avant d'attraper la taille de Potter pour l'embrasser de nouveau, là, juste sous les yeux de son amant.

- Et bien si ! insistait Malfoy tout en les observant. Je pense qu'il est justement temps de penser à tout ça.

- Pensez si vous voulez, Lucius, lança Harry en poussant Snape vers le canapé, et osant utiliser le prénom du serpentard. Mais laissez-nous agir.

Sans l'ombre d'une hésitation, il allongea Severus sur le divan, tout en le dévorant des yeux, et lui arracha son pantalon. Les corps nus des deux hommes commencèrent à se frotter lascivement sous le regard de braise du blond qui fut obligé de décroiser les jambes pour être à l'aise. De loin, il suivit ainsi la langue mutine d'Harry qui remontait le long du ventre de son amant, jusqu'aux boutons de chairs. Les gémissements lui poignardaient le cœur et l'excitaient tout autant. Il ne parvenait pas à déterminer s'il haïssait Potter de procurer autant de plaisir à Severus, ou bien s'il appréciait d'être ainsi le spectateur des ébats de deux magnifiques étalons. Depuis le fauteuil où il était confortablement installé, Lucius pouvait parfaitement voir chaque geste. Il les devinait même. Si la main de l'attrapeur glissait lentement le long de la cuisse de Snape, jusque sous le genou, ça n'était pas fortuit : le joueur avait sans doute l'intention de remonter les jambes du maître de potions afin d'accéder à son intimité la plus profonde. Malfoy s'amusait à deviner qui allait être le dominant. Très vite, son idée s'avoua être juste.

Les gestes de l'attrapeur se faisaient précis, et Severus se laissait complètement aller entre ses mains expertes. Lorsqu'enfin Harry fut sur le moment de le pénétrer, il jeta un léger coup d'œil au blond. C'est ses yeux verts éclatants perdus dans le regard perçant de Lucius, qu'il s'immisça en gémissant entre les fesses de Snape. Les mains de Malfoy serrèrent brusquement les accoudoirs du fauteuil, tandis que les pupilles dilatées du plus jeune semblaient lui envoyer chaque onde de plaisir ressentie par les deux hommes. Harry le défiait clairement de les arrêter, ou de les rejoindre. Lentement, devant le regard excité du brun, Lucius enroula son propre sexe entre ses doigts et commença à se masturber, sans quitter des yeux le mouvement de va-et-vient que Potter imposait à Severus.

Ce dernier, la tête sur le côté, ne manquait rien du spectacle, et laissa ses gémissements prendre une nouvelle ampleur. Harry reporta son attention sur lui, voulant profiter de l'instant où son rêve devenait enfin réalité. Il posa ses mains sous les fesses de Snape, soutenant ainsi ses hanches, et s'enfonçait, sans relâche. La tête rejetée en arrière, il laissait ses pensées vagabonder vers cet homme qu'il prenait avec force. Leur double capacité d'occlumens leur permit d'entamer une conversation par télépathie. Les images de l'un et de l'autre défilaient, les excitants davantage.

Etait-ce parce qu'il se sentait exclu depuis que Potter ne le regardait plus ? Etait-ce parce que finalement, l'envie était plus forte que la jalousie ? Quoiqu'il en soit, Harry sentit soudain une main glisser le long de sa colonne vertébrale, et un torse se cola à son dos.

- Vous voulez jouer, Potter ? susurra la voix froide de Malfoy.

Le joueur ne put que gémir, tandis que les longs doigts pâles de Lucius le préparaient lentement. Dans chacun de ses rêves, il s'était toujours retrouvé au-dessus des deux hommes, parfois sans trop savoir comment. Il n'avait jamais envisagé de se laisser dominer, voulant sans doute montrer son expérience, malgré son plus jeune âge. Mais à présent que le blond, confortablement installé derrière lui, commençait à glisser l'extrémité de son sexe en lui, il ne trouvait plus rien à redire. Severus, qui n'avait pas vu Malfoy venir sur le divan, sentit brusquement que chaque coup de rein avait à présent une force beaucoup plus marquée. Il entrouvrit les yeux, et vit Lucius qui embrassait Potter tout en l'assenant de violents coups de buttoir. Le brun avait la tête complètement tournée vers le blond et semblait pleinement savourer l'instant : il n'avait plus rien à faire, Lucius maîtrisait tout. Il put même lâcher les hanches de Snape que Malfoy tenait déjà lui-même, et passer ainsi ses bras au-dessus de sa tête, derrière le cou de Lucius, l'enlaçant tendrement.

Allongé sur le canapé, les deux hommes face à lui, Severus priait mentalement pour que ce moment dure le plus longtemps possible. Mais lorsqu'Harry redescendit une main vers lui pour l'enrouler autour de son sexe, il sut que ce serait très rapide. Les gémissements de l'attrapeur et du blond eurent raison de son endurance : il s'abandonna en grinçant des dents, satisfait du devoir accompli. Potter le rejoignit aussitôt, se soulageant contre lui avant de se laisser retomber sur son torse. Aussitôt leurs lèvres se joignirent dans un plaisir avoué.

Voyant cela, Lucius accentua encore chaque coup de rein qu'il donnait au joueur, jusqu'à le faire crier contre la bouche de Snape. Il atteignit lui aussi l'extase, couvert par le regard chaud de l'ancien professeur de potions.

Les trois hommes s'assirent confortablement sur le canapé, Harry au milieu. Ils avaient renfilé leur pantalon rapidement, et cherchaient à présent un moyen d'entamer une nouvelle conversation. Potter jeta un coup d'œil au blond qui se trouvait à sa droite. Snape ne lui avait pas menti : l'aristocrate avait les joues rougies et les cheveux en batailles. A travers cette image, pourtant, le brun revoyait le visage de Draco, lorsqu'ils se battaient dans les couloirs de Poudlard : les mêmes teintes aux pommettes, la même pagaille dans le blond des cheveux. Il détourna très vite le regard, gêné de penser au fils après avoir fait l'amour avec le père. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ? Ne venait-il pas d'obtenir ce qu'il cherchait depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois ?

- Bon, lança-t-il en soupirant, je dois vous laisser. L'équipe d'Angleterre joue ce soir, il faut que je me repose.

Les deux autres se levèrent à sa suite, et les trois sorciers reprirent leurs habitudes : se parler de Quidditch froidement, un sourire ironique aux lèvres. Au moment de les quitter, Harry eut envie de remporter la mise. Il se retourna brusquement vers Lucius, et l'embrassa à pleine bouche, avant d'attirer Severus à lui et de faire de même. Satisfait, il leur lança un dernier regard moqueur, et quitta la pièce. Les deux autres sorciers, restèrent dans le boudoir, debout l'un à côté de l'autre, encore un peu étonnés de l'instant qu'ils venaient de vivre.

- Tu…, commença Snape.

- Ne dis rien, le coupa Lucius en se dirigeant vers une commode pour se servir un verre d'alcool fort.

La porte d'entrée claqua. Ils étaient seuls. Du moins, le pensaient-ils. En vérité, Harry s'était glissé sous sa cape d'invisibilité et n'était jamais sorti du manoir. Il revint sur ses pas et jeta un coup d'œil dans le boudoir. Les deux hommes se tenaient enlacés, sans parler. Il se dégageait de la scène une étrange tendresse et une grande complicité. L'attrapeur se sentit brusquement de trop. Il préféra quitter les lieux et emprunter les grands escaliers jusqu'au troisième étage. En quittant le cimetière, quelques heures plus tôt, il avait eu envie de revoir Draco. Mais voir Snape lui ouvrant la porte de la maison lui avait brusquement fait perdre ses moyens, et son objectif premier.

Lorsqu'il entra dans la petite chambre, il fut étonné de voir que les volets étaient entrebâillés, laissant filtrer un peu de la lumière du soleil. Cela rehaussait encore la pâleur du sorcier allongé sur son lit. La chemise que Malfoy portait n'était plus blanche, comme la semaine passée, mais rouge. Harry vit dans cette coïncidence un hasard rassurant. Contournant le lit, il se dirigea directement vers la pensine. La main gauche du blond flottait toujours dans le liquide grisâtre. Potter le rejoignit.

Cette fois-ci, il ne mit pas longtemps à le trouver. La fine silhouette se trouvait encore une fois juste derrière celle de son père, mais Snape n'était pas présent. Harry s'approcha doucement : le blond allait-il encore lui en vouloir ?

- Salut Malfoy, lança-t-il simplement, en se positionnant à côté de lui.

Sur le terrain, les joueurs des Serpents d'Aveburry s'entraînaient. L'attrapeur se vit au sol, en train de resserrer ses protections.

- Toujours à la traîne, Potter, répondit tranquillement Draco. J'ai remarqué que tu étais en retard d'au moins cinq minutes à chaque entraînement.

- Je suis le seul à cumuler ce poste avec celui d'attrapeur en équipe nationale ! se défendit Potter. Et je ne te dois aucune explication, je coordonne cette équipe avec ton père et Snape.

- Grand bien t'en fasse, répliqua Malfoy en haussant des épaules.

Harry l'observait : son profil parfait, sa peau si douce, son buste légèrement redressé, le dos droit. Pourquoi n'avait-il pas remarqué plus tôt que le serpentard était beau ?

- Je reviens du cimetière, murmura-t-il pour ne pas laisser ses pensées partir trop loin.

- Magnifique, répondit Draco sur le même ton. Je reviens de nulle part.

- Ecoute Malfoy, je suis désolé pour la dernière fois. J'ai juste voulu…

- Me dire à quel point tu étais à la fois triste et heureux de m'avoir retrouvé ici, le coupa Draco en laissant échapper un ricanement moqueur. Je sais, Severus m'avait fait la même.

Harry ne répondit rien, observant les pupilles abîmées qui le regardaient avec colère. Il avait pourtant tellement de choses à dire au blond. De vieilles choses, un peu coincées entre ses lèvres et le fond de sa gorge par une boule de larmes et de colère. Il finit par détourner le regard et se concentra sur l'entraînement qui se déroulait sous leurs yeux. L'attrapeur s'était enfin envolé, et s'entraînait seul, comme dans toutes les équipes de Quidditch, même les meilleures.

Les sensations de la peau de Severus et Lucius contre lui ne l'avaient pas quitté. Il avait encore l'impression de sentir le sexe lourd et chaud du blond au plus profond de lui, à tel point que l'envie de se cambrer le prenait par instants. Il sentait encore la chair tendre de Snape autour de sa verge, alors qu'il le pénétrait avec force. Mais toutes ses perceptions se mélangeaient doucement, se dissociaient de moins en moins de l'instant présent, rendant Harry de nouveau dur et excité comme jamais.

- Au fait, chuchota soudain Draco à ses côtés, je n'ai pas dit à mon père que tu étais venu. Mais fais attention de ne pas te faire prendre, je ne pense pas qu'il apprécierait.

- Ne t'inquiète pas, lâcha rapidement Potter en se retenant de gémir.

Pourquoi la voix du fils ressemblait-elle tellement à celle du père, même en murmure ? Il fallait qu'il trouve quelque chose, avant que le blond ne remarque quoique ce soit.

- Parle-moi de toi Malfoy, lança-t-il en se tournant complètement vers lui, ignorant le terrain.

Draco lui jeta un coup d'œil étonné.

- Si c'est pour te foutre de moi, Potter, siffla-t-il, tu peux aussi bien repartir.

- Je ne me fous pas de toi, répliqua l'attrapeur le plus sérieusement du monde. On n'a jamais vraiment fait connaissance toi et moi. Alors je me dis que là, dans une pensine, le moment est sans doute idéal.

Le blond ricana.

- Et que veux-tu que je te raconte ?

- Tout.

Les yeux gris fixèrent un moment les pupilles vertes de l'attrapeur, puis Malfoy parla. Il raconta son enfance au manoir, douce et tranquille, et puis son arrivée à Poudlard, rendue excitante par la présence d'un héros qu'il trouva rapidement un peu débile. Il expliqua sa première rencontre avec Voldemort, la douleur de la marque, son hésitation devant Dumbledore. Il livra ses peurs, son détour vers l'Ordre, ses tentatives pour aider. Il décrivit les flammes, la peur, de nouveau, l'espoir quand il avait vu Potter passer en balai au-dessus de la forêt. Et puis il marqua un long silence.

- Tu sais ce que je préfère dans un match ? demanda-t-il enfin.

- Non, répondit Potter que les souvenirs du blond avaient calmé.

- Quand le souafle entre en zone rouge : il sort du terrain, mais n'est pas vraiment hors jeu, et les poursuiveurs peuvent encore le rattraper avant qu'il ne touche le sol.

- Pourquoi ? s'étonna Harry.

- J'ai l'impression d'être en zone rouge moi aussi, répondit Malfoy d'une voix lasse. Je suis en bordure de terrain : pas complètement sur la touche, mais pas dans le jeu non plus.

Le brun ne sut quoi lui répondre. Il préféra se placer juste derrière lui et l'enlacer.

- Ça ne te dérange pas que je vienne ici ?

- Etrangement non, répondit Draco en ricanant, mais en se calant également contre le torse de l'attrapeur.

- Est-ce que ça te dirait de vivre un match de l'équipe nationale de l'intérieure ?

- Comment ça ? s'étonna Malfoy tout en suivant Jenkins du regard sur le terrain.

- On joue ce soir, contre la France. Je peux te ramener mes souvenirs.

Draco se retourna entre ses bras et fixa les pupilles vertes sans ciller.

- Pourquoi tu fais tout ça Potter ? siffla-t-il, soupçonneux. On n'est pas censé se détester toi et moi ?

- J'ai tendance à voir la famille Malfoy différemment ces derniers temps, répondit Harry en resserrant sa prise autour de la taille du blond.

Les deux jeunes hommes s'observaient à la dérobée. Leurs yeux semblaient parler pour eux, glissant vers leurs lèvres, se goûtant du regard. Ce fut Potter qui fit le premier mouvement. Il eut la brève vision de Lucius fermant les yeux, les cheveux en bataille, mais l'image fut aussitôt remplacée par celle de Draco lorsque ses lèvres se posèrent sur la bouche glacée du serpentard.

Mais alors qu'ils allaient approfondir leur premier baiser, un courant d'air les sépara et se mit à tourbillonner autour d'eux. Harry se sentit tiré en arrière.

- Bonne chance Potter, murmura Draco d'une voix qui s'éloignait déjà.

En quelques secondes, les images du souvenir s'effacèrent et Harry se retrouva dans les bras d'une autre personne. Mais l'accolade était bien moins amicale : Lucius Malfoy le serrait au col et le secouait en lui reprochant mille et une choses.

- Vous n'êtes qu'un…

- Luce, calme-toi.

Snape venait de poser une main apaisante sur l'épaule du blond et l'écartait du joueur qui, sous l'effet du choc bascula en arrière sur le lit.

- Quittez cette chambre, siffla Lucius en le pointant de sa baguette. Immédiatement !

Harry se redressa et tenta une explication qui ne put jamais passer la barrière de ses lèvres : le regard sombre et triste de Severus le coupa net dans son élan.

- Pardon…, murmura-t-il simplement avant de quitter la pièce en courant.

Au moment où il transplanna, Harry Potter sut qu'il ne ressentirait plus jamais autant d'émotions à la fois : la honte, la tristesse, la déception, l'envie, la colère et… l'amour ?

à suivre...


Voilà ! Vous étiez trèèès nombreux à avoir pensé à Malfoy, bravo ! Et merci surtout... Merci de suivre cette histoire, de me laisser vos avis, de m'envoyer tant de messages si gentils.

Bon et sinon, c'est bientôt Noël, alors pour vous remercier, j'aimerais vous écrire un OS-lemon-slash un peu spécial. Peut-être le savez-vous pour certains, j'adore écrire sur des couples assez rares (genre Draco-Fred, Bill-Greyback...), mais surtout, j'adooore les commandes. Alors j'aimerais faire un petit sondage : quel couple voudriez-vous voir mis à l'oeuvre pour Noël ? Je prendrai celui qui reviens le plus. ^^

Merci pour vos idées ! Bisous et à très très vite c'est promis !

Lusaka.