Titre : Coming off the Ropes

Auteur : enahma

Traductrices : Thamril et Méphisto

Disclaimer : Comme vous vous en doutez, rien ne nous appartient. Le monde d'Harry Potter est à J.K.Rowling et l'histoire à enahma.

Note : Pas de spoilers du tome 5.

Chapitre 7 - Qu'est-ce que l'amitié ?

Severus avait raison, remarqua tristement Harry. C'était la troisième nuit en deux semaines qu'il restait éveillé à cause des attaques continues de Voldemort. Et encore, il était chanceux : il y avait eu beaucoup plus d'attaques et de massacres, mais il devait seulement subir ceux qui rendaient Voldemort plus en colère que d'habitude. Il recommençait à détester les nuits à la pensée des cauchemars ou des possibles visions, qui n'étaient pas mieux que ses pires cauchemars. Il ne sentait aucune douleur physique, mais le fardeau émotionnel et psychologique de ces nuits lui pesait fortement - comme maintenant.

Il jeta un court regard à l'autre lit et vit Severus dormant paisiblement. Il lui sourit, sortit du lit avec précaution, et quitta la chambre. Non, il ne voulait pas réveiller Severus si, pour une fois, l'homme était assez chanceux pour rester endormi. En général, c'était lui qui le sortait de ses cauchemars et de ses visions en le secouant et, jusqu'à maintenant, il avait passé de longues heures éveillé avec Harry jusqu'à ce que le garçon se rendorme. Il méritait donc de dormir en paix.

Harry s'étira sur le canapé, ouvrant le livre qu'il avait lu le soir. Il l'avait découvert dans la bibliothèque lorsqu'il cherchait des informations pour son essai d'Histoire sur les sorciers sombres – c'était encore un roman historique sur la 'Double Guerre' en Europe, au milieu du 20ème siècle. Ca parlait beaucoup des batailles moldues contre le dictateur allemand et montrait leur convergence avec les batailles sorcières. Harold Potter et Dumbledore jouaient un rôle important dans le roman, et Harry se rendit compte qu'il considérait toujours les Potter comme sa famille.

Stupide situation.

Apparemment, il n'était pas encore capable de s'identifier, pensa-t-il amèrement.

Il se tourna sur le ventre et serra la couverture plus étroitement autour de ses épaules, les cachots étaient toujours trop frais à son goût. En fait, il détestait les cachots, mais il aimait assez Severus pour les supporter. Et, en réalité, il n'était pas mauvais de vivre dans les quartiers de Severus. Harry aimait les pièces, la cuisine, la salle de bains - décorées avec des couleurs chaudes : du brun, du rouge, de l'orange, de l'acajou, du noir, du vert foncé à quelques endroits. C'était beau et ça semblait chaud. Mais ça ne l'était pas, c'était juste une apparence.

Le regard d'Harry fut attiré par la cheminée, puis par ce qu'il y avait dessus et il sourit largement. Il y avait beaucoup de photos dessus : une de Severus et de son frère (il était toujours plus facile de penser à lui comme cela), et au moins cinq d'Harry ou d'Harry et de Severus ensemble. Lors des trois derniers mois, il y avait eu plus de photos prises de lui que chez les Dursley en 15 ans, et Severus était déterminé à les mettre sur la cheminée ou sur la table (et Harry en avait même vu deux dans son bureau). Harry avait remarqué que Severus était vraiment comme Tante Pétunia avec son obsession d'inonder leur maison avec les images de son beau-fils.

C'était tellement étrange… Severus n'avait jamais semblé sentimental - et il l'était, sourit Harry. Et maintenant, il était extrêmement partial envers Harry. Depuis que Neville avait accepté son neveu, il avait même changé son comportement envers lui. Il avait arrêté de le harceler - et après quelques semaines, il lui avait même proposé de l'aider avec Harry, à l'immense horreur de Neville. Harry rit en pensant au visage de Neville suite à l'offre de Severus.

« Quietus, si tu es réellement mon ami, s'il te plait, aide-moi à y échapper… Je ne veux pas avoir de petits cours… »

Mais Harry avait été impitoyable et, après une semaine de travail commun, Neville s'était calmé, même sa crainte de Severus avait légèrement diminué.

Harry avait finalement mis en place une routine quotidienne, qui incluait des périodes avec Neville, Hermione et Severus, et il en était entièrement satisfait - ou presque. Ron lui manquait toujours, et il était très triste à propos d'Ares. Severus, après de nombreuses disputes sérieuses, lui avait finalement interdit d'être ami avec le garçon. Il avait tort, Harry en était absolument sûr, mais il respectait et aimait suffisamment l'homme pour considérer leur paix plus importante que le Serpentard.

Et bien, il n'ignorait pas totalement Ares, ils s'asseyaient ensemble pendant les cours d'Arithmancie et il les rejoignait souvent (Harry et Hermione) à la bibliothèque. Mais Ares avait senti la distance d'Harry, et il s'était aussi un peu éloigné en retour. Harry détestait cela : pas Ares mais la guerre et la méfiance mutuelle entre les gens, ce qui était la conséquence directe de la guerre.

Guerre… Harry bailla et retourna son attention sur le livre. Il était vraiment bien écrit mais, après un moment, ses yeux commencèrent à brûler de fatigue et sa tête se mit à tourner. Il bailla à nouveau et appuya la tête sur le livre ouvert.

Quand il se réveilla le matin, il était dans son lit, sa couverture enroulée étroitement autour de son corps. Harry grogna avec indignation. Severus n'avait pas le droit de le porter ici et là comme s'il était un petit bébé ! S'il dormait sur le canapé, il pouvait y rester jusqu'au matin. Il fulminait quand il entra dans le salon, mais il n'était pas vraiment furieux. Le fait que Severus l'ait ramené dans son lit était un signe visible de son attention, et bien qu'Harry veuille être considéré comme un adulte (il avait plus de 15 ans, bon sang !), il appréciait qu'il prenne soin de lui.

« Tu le mérites, Quiet. Tu as assez souffert pour toute ta vie. Je ne pense pas que ça te gâtera, ne t'inquiète pas. »

Et Harry ne s'inquiétait pas.

Mais Severus n'était pas dans le salon. Il y avait seulement un morceau de parchemin sur la table :

Après le petit déjeuner, va chez le Directeur. Il t'attend. S.

Donc, il avait découvert qu'il avait encore eu une vision, sourit Harry d'un air moqueur. A présent, il était l'espion du Côté Lumineux avec ses stupides visions, et, bien qu'il souffre de manque de sommeil, c'était moins dangereux que d'envoyer quelqu'un dans les rangs de Voldemort, en particulier quand ce 'quelqu'un' était Severus. Harry prit son sac de son bureau - il était dans le coin opposé à celui de Severus, à côté de la simple fenêtre, et se dirigea vers la Grande Salle pour prendre son petit déjeuner.

Là, il fut choqué. L'habituel bourdonnement était absent, et tout le monde était assis dans un silence considérable. Harry prit un siège à côté d'Ares.

« Salut, camarade, qu'est-ce qui se passe ? » Chuchota-t-il ne voulant pas attirer l'attention.

« Tu-Sais-Qui a attaqué hier. Il a tué tous les habitants de Meersack, un petit village près de Liverpool. » Expliqua-t-il. « Beaucoup de sorciers vivaient là-bas aussi, et de nombreux élèves y avaient de la famille. »

Harry acquiesça, à demi figé. Il y avait des sorciers aussi ! Ca expliquait beaucoup de choses. La résistance désespérée de la bataille, la quantité de sorts qu'il avait vus dans sa vision - il n'y avait pas que les serviteurs de Voldemort qui avaient jeté ces mauvais sorts, mais également les habitants du village pour se défendre.

Et lui, bien sûr, avait discerné seulement quelques scènes de la bataille - seulement les parties qui avaient été vues par le Seigneur des Ténèbres lui-même. Il avait été obligé d'observer un groupe de petites filles être amené au mauvais bâtard… Il secoua la tête en essayant de repousser les images terrifiantes de sa vision de la nuit. Voldemort recherchait cette fille avec autant de force qu'il avait recherché la mort d'Harry.

Il y pensa pendant la conversation avec le Directeur.

« Monsieur, vous ne savez pas qui peut être cette fille dont il parle tout le temps ? » Demanda-t-il à la fin, après que Dumbledore ait fini son interrogatoire.

« Severus pense que c'est la petite Anne et je suis d'accord avec lui, à cause des coïncidences évidentes des faits. Mais nous n'avons aucune idée de pourquoi il la veut tellement. »

Harry, qui était sur le point de partir, se rassit pensivement.

« Et pourquoi, monsieur, voulait-il me tuer ? » Il posa finalement la question dont il voulait connaître la réponse depuis des années.

Le visage de Dumbledore sembla soudainement fatigué.

« Cela, Harry, est… une histoire intéressante. C'était une erreur de sa part, mais une erreur très… étrange. Je vais te donner un exemple. Tu sais, il y a les cas où tu essayes de résoudre un problème mathématique et où tu fais une faute dans ton calcul - mais où tu obtiens quand même le bon résultat, juste par chance. Ton cas était comme ça. »

« Que voulez-vous dire, monsieur ? » Harry était sûr qu'il n'avait rien compris aux paroles du vieil homme.

« Il y avait une prophétie bien connue à propos de l'enfant de la lumière et de la né-moldue qui détruirait celui du mal. La 'lumière' était évidemment ton père, Quietus, qui, comme on te l'a dit beaucoup de fois, était le sorcier lumineux le plus fort du siècle. Ta mère était la né-moldue prévue. Mais Voldemort ne savait rien à propos de ton père - quand il l'a capturé, Quietus ne lui a pas montré sa puissance, au contraire, il lui a montré de la faiblesse et il s'est sacrifié pour son frère, ainsi que, je pense, pour ses parents. Donc, Voldemort n'a rien su à son sujet, juste comme Severus. Mais il était trop paranoïaque pour laisser grandir un enfant qui pourrait le vaincre, donc il tuait systématiquement tous les enfants nés d'un sorcier lumineux puissant et d'une sorcière née moldue. James - en tant que fils d'Harold Potter - était considéré comme l'un d'eux. Il n'y en avait pas beaucoup, juste trois couples avec trois enfants, qui correspondaient plus ou moins à la prophétie : il y avait deux filles et toi. Severus nous a avertis du plan de Voldemort, mais nous avons été trop lents et, avant que nous puissions penser à un plan pour les protéger, l'une des filles était déjà morte. Puis, risquant d'être découvert, il a personnellement averti les Potter et a aidé à cacher l'autre fillette à l'étranger. »

Harry acquiesça pensivement. Il pouvait finalement comprendre pourquoi le Directeur avait gardé cela secret pendant des années. Son père… Quietus était la raison. LE sorcier lumineux le plus puissant du siècle.

Qui était mort pour trouver un moyen pour que son frère vive.

Harry ressentit une vague de gratitude pour lui pour la vie de Severus et sourit chaudement. Quelqu'un sur Terre avait considéré que le vieux bâtard était digne d'être sauvé - comme Harry l'avait fait. Peut-être qu'il avait vraiment quelque chose en commun avec son père. Une obsession avec Severus au moins.

Mais une autre idée lui vint à l'esprit.

« Et… peut-être que ça signifie que l'un des parents d'Anne était un sorcier lumineux et… »

« Non, Quietus. Les parents d'Anne étaient des moldus. J'ai interrogé la fillette deux fois, et ses réponses ne laissent aucun doute quant au fait qu'elle vivait dans une famille absolument typiquement moldue comme beaucoup d'autres dans les Iles Britanniques. »

Harry réfléchissait toujours aux paroles du Directeur quand il arriva au cours de Soin aux Créatures Magiques. Il était en retard mais il savait que Dumbledore l'excusait et qu'Hagrid l'aimait assez pour ne pas le harceler à cause de son retard. Il se joignit silencieusement à la classe et alla à côté de Neville.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

« Encore de nouvelles créatures. Hagrid les appelle les Lutins cracheurs d'aiguilles. »

« Quoi ? » Cria Harry sans pouvoir s'en empêcher. « Mais… ça n'existe pas ! »

Neville haussa les épaules et sourit.

« Ca doit être comme les Scroutts à pétard. J'espère qu'ils seront moins dangereux et plus utiles. »

Une partie de la classe rit.

« Ca n'a pas l'air. » Dit Parvati.

Harry devait l'approuver. Les créatures ressemblaient au résultat du croisement d'un hérisson, d'un ver et d'un scorpion, et elles crachaient furieusement sur quiconque osait les approcher.

« Hagrid nous a dis qu'ils grandissaient très vites et que le soin que nous devions leur donner est le même que ce que nous devons faire pour nettoyer leur jardin. »

« Nouvelles possibilités de retenues. » Grogna quelqu'un.

« A la place de Rusard, tu peux venir et nettoyer leur demeure. »

« Pourquoi à la place ? Tu peux venir et nettoyer avec Rusard aussi. »

Cette fois, le rire était plus fort qu'auparavant. Les lutins avaient l'air sales et ils puaient. Hagrid leur montra comment nourrir les créatures répugnantes mais, après un moment, tout le monde remarqua qu'elles mangeaient sans que les élèves aient besoin de les nourrir. Donc, ils les laissèrent seuls et parlèrent des événements de la guerre. Cette fois personne ne rit. Même l'habituel trio de Malfoy, Crabbe et Goyle ne se faisaient pas de grands sourires. Ca devait être un avertissement de Voldemort, pensa Harry. Depuis qu'il avait puni le vieux Malfoy pour le comportement de son fils, Draco avait changé. Harry ne savait pas si c'était la conséquence de la punition ou s'il y avait d'autres raisons derrière cela. Draco n'avait jamais été un bon acteur et, ces dernières semaines, son comportement était presque… humble. Et Harry n'avait pas vu Lucius Malfoy dans ses visions depuis lors. Que s'était-il passé la nuit après que Severus l'ait réveillé ?

Parfois, Harry était presque sur le point de poser la question à Malfoy, mais il combattait cette envie. Non. C'était le problème du blond. Ca ne le regardait pas.

Mais… bien qu'il détestait l'idée - et même Malfoy - ils étaient reliés. Son cousin au deuxième degré… Est-ce que ça importait ?

Harry soupira. Il ne voulait pas demander à Severus à propos de ça - il était vraiment blessé par le comportement de son filleul au cours des derniers mois. Il s'inquiétait pour le garçon, mais Malfoy le détestait maintenant à cause d'Harry. Si Harry n'avait pas existé… Non. Il ne pouvait pas continuer à penser à ça. La dernière fois qu'il avait dit quelque chose comme ça à l'homme, il était devenu tellement furieux qu'il avait hurlé sur Harry pendant une demi-heure à propos de sa stupidité et de son manque de compréhension. Et bien… Severus n'avait pas changé. Il avait toujours un mauvais caractère, sourit grandement Harry.


« Hermione, as-tu vu mes calculs d'Arithmancie ? » Harry la regarda par-dessus le désordre de leur table. « Je ne les trouve pas. »

« Ils sont là. » Elle désigna le parchemin. « J'ai juste vérifié tes équations, mais je pense que c'était inutile. J'aurais dû savoir que ce serait parfait. »

« Tu exagères, Hermione. » Rougit légèrement Harry.

« Non, Quiet. » Hermione secoua la tête. Elle avait décidé d'utiliser ce surnom après avoir entendu Severus l'appeler ainsi et Harry n'y faisait pas attention. Il y était habitué maintenant. « Je suis sérieuse. Malgré que tu n'aies jamais étudié l'Arithmancie auparavant, tu es devenu le préféré du professeur Vector pour une raison. Tu es excellent. »

« Non. » Gémit Harry sans joie. Il n'avait pas besoin de l'admiration d'Hermione, mais elle le coupa d'une voix assurée.

« Oh, Quiet, ne soit pas stupide ! Rappelle-toi tes derniers essais et tes devoirs ! Tu as eu Optimal partout ! Il ne te donnerait pas de telles notes si tu ne les méritais pas ! »

« Je ne suis pas tellement intelligent… »

« Arrête ! Tu n'es vraiment pas intelligent si tu dis des choses comme ça. Mais les professeurs ont une très haute opinion de toi ! » Elle baissa ses livres et lui lança un regard sérieux.

« Ils se trompent. » Harry haussa les épaules.

« Non ! »

« Ecoute, Hermione, je vais te dire un secret. Je n'ai jamais été un bon étudiant dans ma vie. Mais à présent, à cause de mon père et de son frère, les professeurs sont partiaux envers moi et ils me surestiment. » Il la regarda tristement. « Crois-moi, je ne suis pas aussi bon… »

« Vous êtes fou, M. Snape ! » Cria Hermione tellement fort que la bibliothèque devint silencieuse pendant un moment, cependant, personne ne pouvait les voir dans leur coin caché, et Harry était sûr qu'ils regardaient vers eux à travers les étagères. Elle rougit et se calma. « Quiet, tu as tort. Tu ES bon et vraiment doué. Tu pense que le professeur Vector te mettrait des O à tes tests si tu ne les méritais pas ? Que le professeur McGonagall te permettrait de pratiquer et d'apprendre des métamorphoses hors-programme juste pour ton père ? Et à propos du professeur Binns ? Je suis sûr qu'il ne sait même pas qui est ton père, mais tu es le seul depuis que j'ai commencé mes études ici de qui il connaît le nom ! Il ne sait même pas MON nom ! »

Harry eut un grand sourire. Sa nouvelle passion pour l'Histoire n'était pas non plus passée inaperçue auprès du professeur mortellement ennuyeux. En effet, depuis les fameux événements de la Chambre des Secrets, Harry avait été le seul qui avait interrompu le cours de la leçon avec quelques corrections et remarques sur les révoltes des gobelins et, plus tard, sur les sorciers sombres du dix-neuvième siècle.

Quand il l'avait fait pour la première fois, une conversation très intéressante avait commencé entre eux.

Le professeur Binns récitait les noms des chefs gobelins quand Harry s'était éclaircit la gorge et l'avait corrigé.

« Ce n'était pas Ulric le Laid, professeur. C'était Ulric le Désordonné, son neveu. » Avait-il dit doucement, mais fermement.

Il y avait eut un moment de tension. Quelqu'un avait ronflé dans son rêve, Hermione avait levé la tête de son devoir de potion (elle avait toujours utilisé les cours d'Histoire comme ça) avec curiosité, et Dean avait maugréé dans sa barbe.

« N'est-ce pas les mêmes, Snape ? »

Le professeur Binns, cependant, avait été si choqué qu'il était resté bouche bée pendant quelques longues minutes avant de répondre.

« Votre nom est… ? » Avait-il demandé en regardant Harry, incertain.

« Quietus Snape, monsieur. » Avait-il répondu poliment.

Le professeur Binns avait cligné des yeux.

« Intéressant. Je croyais que vous aviez déjà reçu votre diplôme il y a trois ans… »

Harry avait rougi violemment à cause de son rire réprimé.

« C'était il y vingt ans, monsieur, et ce n'était pas moi… » Avait-il commencé, mais le professeur avait fait taire le garçon d'un geste de la main.

« Je vois, tel père, tel fils, M. Snape. » Avait-il dit, apparemment perdu dans ses pensées. « Mais vous avez néanmoins raison. C'était Ulric, le Désordonné, fils de Godric, le Foutu. »

Quelqu'un avait étouffé un rire, et Harry avait ouvert la bouche.

« C'était mon oncle. Pas mon père. »

Les yeux du professeur s'étaient écarquillés.

« Qui ? Godric, le Foutu ? »

Toute la classe avait éclaté de rire, même Harry, seul le professeur avait cligné des yeux, confus.

Mais depuis ce cours, il connaissait le nom d'Harry, et ils avaient même discuté de quelques détails intéressants (et de beaucoup d'ennuyeux) à propos des événements historiques pendant les leçons suivantes.

Harry sortit brusquement de ses pensées et approuva Hermione.

« Je vois ce que tu veux dire. Mais je pense que je sais pourquoi : je passe tout mon temps libre à étudier avec toi ou avec père… Je ne fais rien d'autre. Cependant… »

« Hello, Hermione, salut, Quietus. » Neville se tenait à leur table.

« Salut. » Répondit Harry, incertain. « Nous n'avons pas de cours particulier de potion aujourd'hui. » Ajouta-t-il.

« Je sais. » Sourit Neville. « Mais aujourd'hui c'est mon anniversaire et j'ai prévu de faire une petite fête dans la salle commune de Gryffondor, et je voudrais vous inviter, toi et Hermione… »

Harry bougea inconfortablement et jeta un regard à Hermione, puis à Neville.

« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. » Dit-il finalement.

« Quoi ? » Demanda Neville de manière innocente.

« Moi - dans la salle commune de Gryffondor. » Expliqua Harry. « Je ne veux pas gâcher ton anniversaire avec une querelle stupide… »

Neville haussa les épaules.

« Je me moque de ce qu'ils disent. Je veux que tu sois là et c'est tout. J'ai déjà demandé au professeur McGonagall et elle a accepté… »

« Oh, non. » Harry secoua la tête. Ca devenait TRES mauvais. « Comme ça, même elle sera au courant de l'agitation des prochaines heures… Neville, je ne veux pas que père jette des sorts à la moitié des Gryffondors. »

« Tout ira bien, Quietus, tu verras. » Dit Neville de manière rassurante, mais ni Harry, ni Hermione ne semblèrent convaincus.

« Je ne sais pas, Neville… » Commença Hermione, mais elle ne finit pas sa phrase.

Le visage de Neville s'assombrit de tristesse.

« Quietus, s'il te plait… »

Harry acquiesça, mais son cœur était lourd lorsqu'il se leva. Pendant le temps qu'ils mirent à atteindre le portrait de la grosse dame rose, Harry put ressentir tous les effets de la panique. Son cœur s'emballait, ses paumes suaient, sa gorge était serrée et il pouvait à peine respirer. Il jeta un regard désespéré à Hermione qui le regarda avec le même désespoir dans les yeux.

« Je ne le veux vraiment pas. » Lui murmura-t-il, et elle acquiesça avec compréhension.

« Je peux le voir. »

« Est-ce si évident ? » Harry essaya de déglutir.

Hermione ne répondit pas, approuvant simplement. Cela ne calma pas Harry.

Lorsqu'ils entrèrent, toute la salle se figea. Non, pas au premier moment - tout le monde eut besoin d'un peu de temps pour réaliser la présence d'un SNAPE dans la Tour sacrée de Gryffondor - mais dans la seconde.

Le visage d'Harry brûlait de gêne, la peau pâle de ses joues et de son cou devenant d'un rouge-brique laid, mais il ne baissa pas la tête : il se tint droit et fier. Il sentit une vive douleur dans sa poitrine – à une époque, ils étaient tous ses amis, ou au moins ils se considéraient eux-même comme cela, mais maintenant… En dépit de l'opinion et de la haute estime de Neville et d'Hermione pour Quietus Snape, personne d'autre ne le considérait comme une personne qu'ils voulaient près d'eux. Les jeunes enfants n'osèrent pas dire un mot, mais les cinquième, sixième et septième années de Gryffondors se fâchèrent.

« Qu'est-ce que tu fais là ? » Seamus fit un pas vers lui. « Tu n'es pas le bienvenu ici ! C'est suffisant de t'avoir en cours, je-sais-tout arrogant ! »

Avant qu'Harry puisse ouvrir la bouche, Neville se mit entre eux et lui répondit.

« Je l'ai invité à mon anniversaire. Et maintenant, si tu veux bien être gentil… » Neville fit un geste de la main dédaigneux.

« Non, je ne veux pas. » Répondit sombrement Seamus. « Si tu veux fêter ton anniversaire avec ce… avec ce… »

« Tu n'as pas besoin de finir. Je pars. » Harry poussa Neville sur le côté et regarda fermement Seamus. Puis, il se tourna vers un Neville incertain. « On se voit demain, camarade… »

« Non ! Tu ne partiras pas ! Tu ne dois pas ! » Cria-t-il à moitié de désespoir et de colère.

« Neville, s'il te plait… »

« Laisse-le partir, Neville. Nous ne voulons pas de lui ici. » Dean se joignit à Seamus.

« Non. J'ai demandé au professeur McGonagall et elle m'a donné la permission… »

« Mais tu ne nous as pas demandés ! » Une nouvelle voix s'ajouta au bruit naissant.

Harry leva les yeux vers les escaliers qui menaient aux dortoirs et pâlit de frustration. C'était Ron.

Le garçon roux croisa les bras sur sa poitrine et se rapprocha d'Harry avec des pas lents, voulant l'intimider. C'était assez. Une autre dispute, une autre effraction du règlement… non. Harry se tourna pour partir, mais Ron le rejoignit et attrapa violemment son bras.

« As-tu peur, Snape ? »

« Je n'ai pas peur, et particulièrement pas de toi, Weasley. » Siffla Harry les dents serrées. « Et maintenant, lâche mon bras et laisse moi partir. »

« Tu n'as pas peur de moi ? C'est mauvais pour toi… »

« J'ai eu des ennemis plus dangereux et j'ai survécu à des situations plus sérieuses que tu ne pourrais jamais l'imaginer, Weasley. » Dit-il tellement bas que seul Ron put l'entendre. « Je n'aurai jamais peur de toi, stupide bâtard. »

« Comment oses-tu… » Il resserra sa prise sur le bras d'Harry.

« Lâche mon bras si tu ne veux pas passer une autre semaine à l'Infirmerie avec un nez cassé… » Dit Harry, combattant sa maladie du contact.

Le visage d'Hermione était pâle alors qu'elle regardait les deux garçons, mais elle était figée sur place. Ses yeux étaient fixés sur le bras d'Harry tenu par Ron et Harry savait qu'Hermione se rendait compte de ses sentiments. Neville tremblait à cause de la nervosité.

« Je ne te laisserai pas partir si facilement… » Murmura Ron à Harry.

« RON ! Laisse-le partir MAINTENANT ! »

Ron se retourna avec surprise. En haut de l'escalier se tenait Fred, la baguette dirigée vers son frère, sans tremblement.

« Je te lance un sort si tu ne le laisses pas partir. MAINTENANT ! Es-tu sourd, Ronnykins ? »

Ron rougit violemment, mais lâcha le bras d'Harry. Celui-ci le secoua et regarda Fred.

« Merci, Fred. » Puis, il tourna le regard vers ses deux amis, toujours à moitié figés. « Je te l'avais dit, Neville… Bonne nuit… » Il fit juste un signe de la tête vers Hermione ne voulant pas une autre dispute à cause de lui et partit.

Il sentit un besoin urgent de s'effondrer juste devant le portrait, mais la pensée de l'arrivée de Gryffondors l'empêcha de le faire. A la place, il se redressa et, avec des pas réguliers, il se dirigea vers les cachots, Severus, sa maison, sa famille… En pensant à lui en tant que sa Famille (oui, Famille, et pas seulement famille), il sourit et sentit ses fardeaux s'alléger et les événements des minutes précédentes devenir moins douloureux. Il n'était pas seul.

Et il n'y avait pas seulement Severus. Il y avait Neville, Hermione et les jumeaux aussi - Fred, qui était prêt à se battre contre son propre frère pour le protéger… Il sourit encore.

La vie semblait belle. Ou… au moins plus belle qu'il ne le pensait auparavant. Mais juste à ce moment là, une voix douce atteignit ses oreilles.

Des pleurs. Quelqu'un pleurait près de lui. La bonne humeur d'Harry partit. Ares était assis au pied du mur du hall, les jambes repliées vers sa poitrine, la tête appuyée sur ses genoux, les épaules secouées par des sanglots désespérés.

Harry s'agenouilla à côté de lui instantanément.

« Ares. » Il posa une main sur son épaule et la secoua doucement. « Ares, hé, camarade, qu'est-ce qui se passe… ? »

Ares se dégagea violemment, mais ne leva pas la tête.

« Pas tes affaires… laisse-moi tranquille… » Marmonna-t-il à travers ses sanglots.

Harry s'assit sur ses talons et laissa sa main de l'épaule de l'autre garçon.

« Quelqu'un est mort ? Un ami, quelqu'un de ta famille… »

« Laisse-moi tranquille, Quietus ! » Répondit-il furieusement à Harry. « Tu n'étais pas tellement intéressé par mon bien-être ces dernières semaines, alors qu'est-ce que tu veux maintenant ? Pars ! »

« Non. » Dit Harry calmement. « Et je m'excuse pour mon comportement, Ares. C'était déplacé. Je suis désolé… »

« Pourquoi ? Veux-tu mes secrets sans moi, Quietus ? Laisse-moi tranquille ! »

Harry secoua la tête et ne bougea pas.

« Je ne veux pas tes secrets, Ares. Mais laisse-moi rester avec toi jusqu'à ce que tu te calmes. Tu n'as pas besoin de me dire quelque chose. Ca te va ? »

Ares, toujours la tête baissée, murmura quelque chose, qu'Harry prit comme un oui, et il s'assit à côté de son camarade. Ils restèrent assis là en silence.

Après un moment, Ares soupira et leva la tête.

« Tu le savais, n'est-ce pas ? Et c'est la raison pour laquelle tu ne voulais pas devenir mon ami ? »

Harry fut choqué.

« Je ne sais pas de quoi tu parles. » Dit-il d'une voix rauque.

« Mon père. » Dit Ares avec un faux sourire. « Mon Mangemort de père. »

Harry se figea.

« Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? » Demanda-t-il avec beaucoup de précautions.

« Je l'ai appris aujourd'hui. Le Ministère l'a arrêté juste après l'attaque d'hier. Ils l'ont interrogé, et il a tout avoué. Ils vont le condamner à l'emprisonnement à vie, j'en suis sûr. Mais je ne suis pas sûr de comment me sentir, de comment continuer à vivre. Je savais que père était intéressé par la magie noire, comme presque tous les Serpentards de sa génération, mais je ne l'ai jamais soupçonné d'être un fidèle serviteur de Tu-Sais-Qui… » Sa voix se brisa à nouveau alors que les pleurs le submergeaient.

« Tu ne le savais pas, n'est-ce pas ? » Harry toucha de nouveau son épaule. Ares secoua simplement la tête en réponse.

« C'est tellement horrible… » Ares ne combattait même plus les sanglots. Pendant qu'il parlait, d'énormes larmes coulaient des ses yeux et mouillaient son visage. « Il était toujours si gentil… et je l'aimais aussi… j'ai toujours voulu être comme lui… un homme fort et aimant qui prend soin de sa famille… mais maintenant, mais maintenant… » Il ne put pas continuer. Il appuya son front contre ses genoux et pleura encore.

Harry jeta un sort de Silence sur le couloir, et enroula un bras autour des épaules d'Ares. Il ne dit rien, il ne savait simplement pas quoi dire, quels mots étaient censés soulager dans cette situation - Harry pensait qu'il n'y en avait pas.

« Je lui ai toujours fait confiance… Maintenant, je me sens trahi… Et que dois-je penser de ma mère ? Elle savait sûrement… Est-elle un Mangemort aussi ? » Il se pencha sur Harry qui le tenait étroitement. « Jusqu'à aujourd'hui, tout était tellement simple… mais maintenant… que puis-je, que dois-je, ressentir ? »

Harry fredonna juste d'une manière rassurante.

« Et je me déteste pour pleurer… Je te déteste, je déteste que tu me voies pleurer, que tu me vois comme un faible… Je ne suis pas supposé être faible, être exposé à quelqu'un qui n'est pas de ma famille… mais ma famille a cessé d'exister aujourd'hui… et maintenant je me plains à toi, qui n'est rien, qui n'est personne pour moi… »

« Je suis désolé… » Chuchota Harry sans joie. « Je suis tellement désolé… Je ne voulais pas te blesser. Et… et je veux que tu saches que tu peux compter sur moi pour t'aider toutes les fois où tu en as besoin. »

« Ne fais pas de promesses idiotes, Quietus. Et je n'ai pas besoin de ta pitié. »

« Je n'ai pas pitié de toi. Je… je veux juste être ton ami, d'accord ? »

Ares leva son visage mouillé de larmes et regarda Harry.

« L'avenir le dira. L'amitié n'est pas une question de décision. »

« Si, ça l'est. » Indiqua Harry fermement.

« Non, pas seulement. Nous verrons, d'accord ? »

« Très bien. Mais maintenant… Je dois retourner à la maison si je ne veux pas que père nous tue tous les deux pour traîner dans l'école après le couvre-feu. »

« Ouais, tu as raison. » Ares fit un grand sourire à Harry, « Comme toujours, M. Je-Sais-Tout. »

« Ne m'appelle pas comme ça ! » Réagit Harry avec colère.

« Un problème ? »

Harry était sur le point juste de faire un geste de la main dédaigneux, quand il se rappela soudainement sa promesse. S'il voulait être ami avec Ares, il devait s'ouvrir à lui en retour - au moins partiellement.

« J'ai eu une dispute plutôt inconfortable dans la salle commune de Gryffondor avec quelques camarades de classes. »

« Pourquoi es-tu allé là-bas ? » Demanda Ares surpris.

« J'étais invité à l'anniversaire de Neville. Mais ils se sont vite débarrassés de moi. Et l'un d'eux m'a appelé Je-Sais-Tout, d'une manière très… grossière. »

« Ils t'ont battu ? » Ne put s'empêcher d'hoqueter Ares, choqué.

« Non. C'était simplement des abus verbaux. Mais, crois-moi, parfois c'est mieux d'être battu physiquement que maltraité verbalement. »

Ares acquiesça.

« Je peux imaginer… »

Il était presque minuit quand il arriva à la maison. Il était légèrement nerveux à propos de la réaction possible de Severus sur son retard, mais quand il entra dans le salon, il trouva un Maître des Potions apparemment furieux, les yeux brûlant de colère, sa nervosité devenant abruptement de la fureur.

« Salut, Severus… » Il essaya de sourire à l'homme, mais celui-ci ignora sa tentative.

« OU ETAIS-TU ? » Hurla-t-il si fort qu'Harry eut envie de lancer un sort de Silence à leurs quartiers pour que toute l'école ne soit pas au courant le lendemain.

« J'ai été invité à l'anniversaire de Neville. » Répondit-il et il baissa la tête.

« Tu n'es PAS autoriser à errer dans l'école après le couvre-feu, et certainement pas dans des temps comme CA ! »

« Mais, Severus, et si les temps restent toujours comme ça ? » Il eut un demi-sourire.

Mais cette fois, Severus n'était pas d'humeur à digérer son impertinence.

« Silence ! Tu aurais dû me contacter avant d'accepter l'invitation ! »

« Mais je n'y suis pas resté longtemps ! » Lui cria Harry. Le visage de Snape s'obscurcit.

« Non ? » Harry secoua la tête. « Alors je répète ma première question : où étais-tu précisément ? »

« Dans un couloir, assis contre un mur. » Harry croisa les bras sur sa poitrine.

« T'ont-ils blessé ? »

Le brusque changement de l'humeur de Severus choqua Harry.

« Quoi ? »

« Je suppose que tu es parti si rapidement parce qu'ils t'attaquaient. »

« Oui, mais ce n'était pas la raison… » Harry soupira profondément. « Est-ce que je peux m'asseoir ? Je suis complètement épuisé. »

Severus acquiesça et le regarda avec suspicion tandis qu'il se déplaçait jusqu'au canapé pour s'y asseoir.

« Donc ? » Demanda l'homme en regardant Harry intensément.

« J'ai trouvé Ares dans ce couloir. Non ! » Cria-t-il en voyant Severus ouvrir la bouche. « Laisse-moi finir, s'il te plait. Donc, je l'ai trouvé en train de pleurer. Il a dit qu'il avait découvert aujourd'hui que son père était un Mangemort, parce que le Ministère l'a arrêté et qu'ils en ont officiellement informé Ares. Il était brisé. Je ne pouvais pas le laisser là. »

Severus fit un pas vers lui et s'accroupit de sorte que leurs yeux soient au même niveau.

« C'était très gentil de ta part, Quiet. Vraiment. Mais je te demande toujours de ne plus le refaire. Il n'est pas sûr pour toi d'être seul avec lui dans un couloir vide, après le couvre-feu. Je sais que tu lui fais confiance, mais pas moi. Non. » Il éleva la voix alors qu'Harry essayait de l'interrompre. « Cette fois, laisse-moi te dire ce que je veux sans m'interrompre. »

Harry acquiesça.

« J'ai vu de nombreuses choses pendant ma vie, la dernière guerre et mon rôle d'espion. Tu ne peux pas être sûr de quelqu'un, Quiet. Et certainement pas des enfants des Mangemorts. »

« Mais Ares… »

« Es-tu sûr que c'est par chance que tu l'as trouvé seul dans ce couloir ? »

« Mais il ne savait pas pour l'invitation de Neville. »

« En es-tu sûr ou le supposes-tu ? »

« Tu es paranoïaque. »

« C'est la raison pour laquelle je suis toujours en vie. » Le visage de Severus s'adoucit. « Quiet, je ne veux pas te perdre. »

« Je sais, mais je ne peux pas vivre comme ça. Je veux être ami avec les gens que je trouve sympathique et c'est tout. Tes restrictions inutiles m'ennuient. »

« Restrictions inutiles ? » La voix de Severus atteignit des hauteurs incroyables. « C'est la seule chose que je te demande ! »

Harry haussa les épaules et tourna le dos à l'homme.

« Je lui ai promis d'être son ami. »

« Tu ne le seras pas. »

« Tu ne peux pas me donner des ordres sur avec qui je veux être ami ! »

« Je le peux et je le ferai ! »

« Jamais ! » Cria finalement Harry. Il partit vers la chambre et claqua violemment la porte derrière lui.

Le moment suivant, Snape se tenait à côté de lui et attrapait son bras.

« Quiet ! » Dit-il de manière menaçante. « Tiens-toi bien ! »

Ils se regardèrent et Harry retira son bras de la prise.

« Laisse-moi tranquille ! » Dit-il finalement.

« Surveille ton langage ! »

« Dégage ! » Cria Harry impatiemment. « Je n'ai pas besoin de ta présence suffocante ! Je veux vivre ma vie ! MA vie ! »

« Mais… »

« Je déteste quand tu veux me dire quoi faire, quoi ressentir. C'est toi qui as raté ta vie et tu me parles toujours de… » Harry ne continua pas. Soudain, mais trop tard, il réalisa ce qu'il venait de dire. Il pâlit et regarda Severus, dont le visage était maintenant fermé et distant.

« Severus… »

« Va au lit. » Lui siffla Severus. « Maintenant. »

Quand Harry fut dans son lit, il était toujours furieux contre l'homme. Il s'étendit sur le dos, regardant le plafond, le poing serré de colère.

'C'est ma vie. Je veux décider de ce que je fais ! J'étais très bien sans ses conseils avant !' Fulmina-t-il à intérieurement.

Mais derrière sa colère, il sentait la douleur de la culpabilité à cause de ses mots grossiers. Severus ne les méritait pas.

Mais il ne laissait pas Harry tranquille. Il interférait dans la vie d'Harry.

Comme Harry interférait dans la sienne.

Mais Ares était digne de l'amitié d'Harry.

Mais Severus essayait juste de le protéger.

Son dilemme interne continua jusqu'à ce que Severus vienne aussi se coucher, beaucoup plus tard.

Harry soupira de soulagement. Il ne pouvait plus dormir seul.


Le jour suivant fut horrible. Severus l'ignora, Ares l'évita, les Gryffondors lui jetèrent des coups d'œils menaçants et l'insultaient quand personne ne pouvait entendre. L'après-midi arriva, et Neville et lui allèrent aux cours de soutien de Potions, mais le Maître des Potions les repoussa avec impatience.

Harry haussa les épaules et s'en alla ; suivi par un Neville très troublé.

« Hé, Quietus, qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Demanda-t-il quand ils furent hors de portée.

Harry renifla avec impatience.

« Nous avons eu une… dispute hier. Mais je ne veux pas en parler. »

« C'était mon anniversaire…. ? »

« Non. Mais je ne veux toujours pas en parler. »

« Mais… »

« Laisse-moi tranquille ! » Fit sèchement Harry à Neville et il l'abandonna sur le chemin de la bibliothèque.

Merveilleux. A la fin de la journée, il ne parlerait plus à personne, pensa-t-il sarcastiquement en atteignant sa table habituelle – heureusement vide. Hermione n'était pas là.

Il sortit son livre d'Arithmancie et pria pour qu'Hermione n'arrive pas. Il ne voulait pas la blesser elle aussi, et aujourd'hui, apparemment, il était trop bourru pour quiconque.

Naturellement, elle arriva à l'heure, et quand elle remarqua qu'Harry s'était plongé dans un livre, elle ne dit rien, elle commença juste à faire ses recherches habituelles.

Ils étudiaient en silence depuis deux heures. Tout d'un coup Hermione cria.

Harry l'interrogea du regard.

« Je pense que je l'ai trouvé ! » Murmura triomphalement Hermione.

« L'ingrédient pour la potion ? »

Hermione acquiesça et posa le livre en face d'Harry.

« Ici ! Regarde ! »

Harry regarda le livre.

'Potions pour différents types de morsures' disait le titre du chapitre.

'Potions pour morsure de loup-garou' était le premier paragraphe.

« Tu es merveilleuse ! » Lui sourit Harry. « Allons voir père pour lui montrer ! »

Hermione glissa un bout de parchemin pour marquer la page, ferma le livre, mais elle ne bougea pas.

« Viens Hermione ! Allons lui montrer ! »

Elle opina sans bouger.

Harry lui lança un regard suspicieux.

« Hermione ? »

« Tu vas t'excuser auprès de Neville, hein ? »

Harry bougea mal à l'aise et regarda l'obscurité à travers la fenêtre. »

« Je ne lui ai rien fait. Je ne voulais pas lui parler, parce que ce n'était pas ses affaires. »

« Tu l'as blessé. »

« Non. »

Hermione soupira et prit le livre.

« Allons voir ton père. », Dit-elle finalement. « Mais ne pense pas pouvoir échapper aux excuses. »

Harry secoua sa tête de colère.

Tout n'était pas entièrement de sa faute. Il voulait juste protéger Ares – de Severus et des Gryffondors. Pourquoi devait-il se battre avec tout le monde ?

Eh bien, ses paroles étaient plutôt déplacées. Même s'il avait raison, il n'avait pas le droit de blesser ceux qui l'entouraient.

Il s'arrêta et se tourna vers Hermione.

« Je ferai des excuses à Neville demain. Promis. »

« Très bien. »


Au moment où ils atteignirent les cachots, ils courraient presque.

Dans une grande silhouette qui se tenait dans un coin.

« Il est interdit de courir dans les couloirs. Pour vous deux. », Severus lança un regard froid à Harry. « Cinq points en moins pour Gryffondor et une retenue pour toi, Quietus. »

Harry s'arrêta net. Quoi ?

« Nous vous apportons un livre, monsieur. », Hermione tendit la main avec le volume, « Nous avons trouvé la potion… »

Severus regarda la jeune fille pensivement.

« Très bien. Dix points pour Gryffondor, alors. »

« Et moi ? » Demanda prudemment Harry.

« Je parlerai de ta retenue avec M. Rusard. »

« Mais professeur… » Commença Hermione mais Snape l'interrompit.

« C'est à moi de décider des punitions et des récompenses, Miss Granger. Je ne pense pas avoir besoin de vos conseils », dit-il froidement. « Quant à toi, Quietus, je veux te voir tout de suite après dîner à la maison. Compris ? »

Harry opina, hébété. Il était encore en colère contre lui.

Quand Severus parti, ils se jetèrent un coup d'œil nerveux.

« Je pense que je comprends pourquoi tu as évité Neville… »

Harry sourit amèrement.

« J'ai dit des choses beaucoup plus déplacées à Severus qu'à Neville hier… » Il soupira. « Mais… je ne voulais pas le blesser. J'ai juste… » Il baissa les bras. « J'ai juste essayé de lui expliquer qu'Ares n'est pas aussi dangereux qu'il le pense. »

Quand Hermione croisa les bras et attendit pour la suite, Harry lui raconta toute l'histoire depuis qu'il était sorti de la salle commune de Gryffondor.

« Je pense que tu devrais l'écouter, Quiet. Il est le directeur des Serpentards depuis des années, et il connaît sûrement mieux les relations et les coïncidences que toi. Tu as grandi dans le monde moldu, mais il a toujours été un sorcier. Et tu ne peux vraiment pas savoir si… »

« Je peux savoir, Hermione. Je suis peut-être un moldu stupide, mais je suis un humain et j'ai de l'expérience avec les autres. Je suis sûr qu'Ares ne ment pas. Je peux le voir dans ses yeux. Je peux l'entendre dans sa voix. Il était si désespéré… »

« Je ne sais pas qui a raison ou pas, Quiet. Mais je pense que tu dois tout de même t'excuser auprès du professeur Snape. »

« Je ne sais pas comment », Harry semblait dévasté.

« Dis-lui : je suis désolé. C'est plutôt approprié. »

« Parfois désolé semble être le mot le plus difficile du monde. C'est comme avouer que tu as tort. Mais je n'avais pas tort à propos d'Ares. »

« Mais tu avais tort avec ton père. »

Hermione avait raison. Mais Harry ne fut pas capable de parler à Severus. Ils passèrent la soirée dans un silence total, à part lorsque Severus l'informa des détails de sa retenue avec Rusard. Harry haussa les épaules avec une fausse indifférence, mais il bouillait à l'intérieur.

Et cette nuit-là, il eut une vision, encore.

Une vision, où les Mangemorts et Voldemort interrogeaient un homme sur quelqu'un d'autre. Harry ne pouvait pas comprendre le nom de la personne qu'ils cherchaient, il observa juste la torture, tremblant violemment.

Il ne connaissait pas l'homme, et après quelques minutes, il fut sûr qu'il ne le reconnaîtrait plus jamais. Harry voulait sortir, mais il ne pouvait pas. Il était emprisonné dans sa vision et obligé d'observer la torture qui n'était que trop similaire à ses expériences précédentes.

« Non, non, non », Marmonna-t-il silencieusement alors qu'il regardait la torture.

« Où est-elle ? » Demandait parfois Voldemort.

Harry essaya de fermer les yeux, mais il ne pouvait pas. Stupides visions. Où était Severus ?

« Tu nous le diras, fais-moi confiance. Nous avons plein de moyens de te persuader… »

« Non », murmura-t-il.

Harry était emprisonné.

Il voulait désespérément se libérer.

Il ne pouvait pas.

« Où est-elle ? »

'Dis-lui, dis-lui !' Hurla-t-il, de douleur, à l'homme. 'Il va te tuer si tu ne le fais pas !'

« Non », après un moment, il parvint à dire ce mot. « Non. »

'S'il te plaît.'

« Non. »

'Dis-lui !'

« Non. »

Où était Severus dans cet enfer? Le laisserait-il ici ? Avec le Bâtard Suprême ? Dans un manoir si semblable à Nightmare Manor ?

Alors qu'Harry regardait l'homme avec pitié, il réalisa qu'il commençait à sentir les sorts, les tortures comme s'il était là, comme s'il était à la place de l'homme blessé. Sa respiration devint saccadée, son cœur s'accélérait de panique. Comment est-ce que cela pouvait arriver ?

Il gémit de douleur et commença à transpirer.

Il ne pouvait pas s'échapper.

Il avait mal.

Tout faisait mal.

Il ne voulait plus sentir ça. Plus jamais.

Pourquoi devait-il tout de même le sentir ? Pourquoi ? Il cria la question.

Il se sentit déchiré en deux quand Voldemort lança le Doloris sur eux.

Mais il ne hurla pas.

Seulement quand Avery arriva.

Non.

Sa peau s'embrasa.

NON !

Plus jamais !


Le chapitre arrive donc avec un peu de retard... Prenez-le comme un cadeau de Noël... Oui, c'est n'importe quoi, mais bon... Sinon, les réponses aux reviews arriveront ce soir ou demain. C'était les RaR ou le chapitre... On a pensé que vous préféreriez le chapitre...

Joyeux Noël!