Réponses aux reviews !
Salut Aomine ! Pour les Patronus : ils représentent un souvenir positif. Ils peuvent changer dans la vie d'un sorcier, si ton souvenir est gâché par une révélation, si tu te fais un meilleur souvenir, etc. Mais un Animagus ? C'ets le reflet de l'âme. Ca ne change pas, pas à mon avis... Ou alors, il faudrait un choc profond, une totale métamorphose. Bref. Quand à ta question sur Demy et James, la réponse ets NON, absolument NON !
Hey Lucie x) Bah, j'ai un peu zappé Faust, il n'est plus au sommet de la liste des Rôdeurs, comme problème. Surtout que lui et l'Ankou s'évitent comme la peste, bien conscient que ça va finir de manière sanglante s'ils s'accrochent... Ahem. Quand à Al', t'inquiète, lui et l'Ankou sont toujours soudé à la hanche xD
Plume Black, les hypothèses de malades xD Et il y en UNE QUI EST JUSTE ! Mais il va falloir attendre un peu. Et ON, Demy et James ne sortiront JAMAIS ensemble, ils se détestent. James respecte Demy comme étant une adversaire honorable : mais Demy ne respecte même pas James. Bref. Pour Zacharias et Kim... Kim a une grande gueule : elle adore les autres grandes gueules. Elle craquait sur Zach depuis des années. Dans le Parfum, en huitième année, elle a attendu en vain qu'il lui demande à la St Valentin x) Enfin bref, voilà le nouveau chap ! Elle en est où ton amie ? x)
Oui Morgane, tu gagnes ton pari pour savoir qui ferai le premier pas x) Mais pas tout de suite... Pour Al' et l'Ankou, comme je l'ai dit et répété, ils ne finiront PAS ensemble. Laisse un peu Scorpius expérimenter ! Quand à James et Demy... POUR LA CENTIEME FOIS, NON ! Jamais ! Ils vivent dans deux univers opposés, ils voient le monde de façon complètement différente, ils arriveraient à peine à se tolérer, ils n'ont AUCUN AVENIR ! Bref, voilà. Uh.
Chou-chan... Si encore UNE PERSONNE me parle de caser ensemble Demy et James, je pète un câble ! xD Je t'assure qu'ils n'ont aucun espoir, ces deux-là. Sinon pour le pamplemousse solitaire, tu as vu juste, c'est bien NAIMA ! Elle avait déjà commencé à fare de spetits mots avec l'histoire de l'apprenti ninja, si tu te souviens bien, dans la Cabane Hurlante xD. Voilà voilà, tu as gagné ! Nomme ton prix !
Salut amazonepotter ! Je suis en droit, en L2 plus précisément (L2 que je vais redoubler, joie). Les convictions politiques d'Al'... C'ets vrai qu'il ne partage pas celles de son père mais je ne pense pas qu'il va se détourner de lui pour autant. Al' n'a jamais été proche de sa mère : c'est son père, sa famille. Sinon ! Pour t'inscrire sur ce site c'est simple : en haut à droite tu clique sur "sign up". Ensuite t tape ton pseudo à "username", ton mail à "Email", et ton ot de passe à "password". Tu recevra un mail de confirmation. Ensuite, pour te connecter sur le ste, tu clique "Login" en haut à droite, et tu entre mail, mot de passe, et les chiffres qu'il te demande de taper pour vérifier que tu n'es pas un robot x) Voilà !
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Note du Kiwi Suprême : Le début de ce chap' est cool et drôle et tout x) Et paf, à la fin je voulais changer, écrire sur un perso que j'ai un peu trop tenu à l'écart depuis le début du récit… Et ce salaud s'est vengé en me faisant reprendre le récit sérieux, bordel de nouilles u_u
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BREF ! Ayant à nouveau du temps... Je reprend l'idée de "votez pour un perso pour avoir des infos dessus" ! Et cette fois, ça sera les Serpentards de quatrième année (à l'exception de Lucy Zabini qui a déjà gagné un vote de ce genre x) ) :
- Scorpis Malefoy
- Albus Potter
- Gareth Flint
- Owen Pritchard
- Jonathan Carter
- Flora Davies
- Melinda Parkinson
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Alea jacta est
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– Je pense que tu es au point, finit par dire Al' en clignant des yeux pour se donner le temps de reconstituer ses boucliers mentaux.
Ils venaient de se prêter à une nouvelle séance d'Occlumancie, chacun essayant d'entrer dans l'esprit de l'autre. Bien sûr Scorpius s'écrasait comme une mouche sur les barrières d'Al'. Mais désormais, Al' aussi se retrouvait rapidement pris au piège par l'Ankou. Ce dernier avait fait d'énormes progrès depuis l'été.
Scorpius sourit jusqu'aux oreilles, enchanté. Enfin ! Ça ne lui avait pris que quatre mois de plus qu'Al' mais il allait enfin pouvoir atteindre le stade de médiation nécessaire pour découvrir son Animagus !
– Ça a été rapide, fit pensivement Al'.
– Tu rigoles ? s'exclama son ami. Ça a pris un temps fou !
– On ne s'entraîne pas si souvent que ça, lui fit remarquer le jeune Potter. On passe plus de temps à fabriquer des Onibi ou lâcher des blattes dans les vestiaires de Quidditch.
– Si tu me dis que tu n'as pas aimé le hurlement de Molly Weasley, tu es un menteur.
– Ok, j'admets que c'était fun, gloussa Al'.
L'Ankou ricana, puis revint au sujet principal :
– Je m'entraîne aussi à l'Occlumancie avec Demy et Hyperion de temps en temps le week-end, et avec Reg aussi, pendant la semaine.
A chaque fois qu'Al' se trouvait avec Aenor en fait. Avec Reg, Scorpius arrivait à ne pas penser au fait que son meilleur ami était en train de draguer la fille de ses rêves et qu'en plus, comme le Gryffondor refoulé qu'il était, il leur avait plus ou moins donné sa bénédiction.
L'Ankou secoua la tête, chassant ces pensées déprimantes. Il était un Malefoy, que diable, il n'allait pas déprimer à cause d'une fille. Et puis, c'était déjà loin, tout ça, et puis, ce n'était pas comme s'il n'avait rien d'autre à faire… A Poudlard, on était toujours occupé. Naima avait récemment mit la main sur la boîte à défis sur laquelle il était toujours écrit T.A.D.A.F.A. en lettres capitales, et ne serai-ce qu'hier, Alan Parks avait été pris de convulsion en plein dîner avant de crier qu'il était la réincarnation de Michael Jackson et d'entamer un Moonwalk avec entrain.
Il sourit en ce rappelant de la scène –il n'avait jamais vu Carrie rire autant, et c'était un souvenir qu'il allait conserver précieusement– et changea de sujet :
– On le fait maintenant alors ?
Al' cligna des yeux :
– Là, tout de suite ?
– Pourquoi pas ? Au moins on est tranquille.
Ils se trouvaient dans leur labo, assis sur des coussins qu'ils avaient ramenés de la salle commune (et qui étaient plus confortables que les chaises quand ils s'asseyaient pour faire de l'Occlumancie). Al' haussa les épaules et changea de position, s'installant en tailleurs et posant les mains sur ses genoux.
– Ok, alors.
– Prêt ? fit Scorpius en trépignant sur place d'impatience.
– Prêt.
Ils fermèrent les yeux en même temps. Derrière ses paupières closes, l'Ankou visualisa ses barrières mentales, son esprit comme un château bien protégé, murailles de feu et de cascades et de marais sans merci, puis il bascula.
A l'intérieur de lui-même.
L'Animagus reflétait la personnalité bien plus fidèlement qu'un Patronus, par exemple. Un Patronus représentait un souvenir heureux, une personne aimée, et il pouvait donc changer au cours du temps, tout comme les gens changeaient. Par exemple, le père de Scorpius, plus jeune, avait eu un guépard comme Patronus. Désormais, c'était un loup.
La forme de l'Animagus était différente. C'était le reflet d'un mélange subtil entre l'esprit, l'âme, et la magie de la personne. Il fallait plonger très profondément dans son esprit. Plus loin que les pensées superficielles. Plus loin que les souvenirs. Plus loin que les barrières, les tabous, les automatismes, les émotions… Très loin.
Malgré ses plaisanteries et ses fanfaronnades à propos d'avoir une loutre comme animal-totem, l'Ankou ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Un loup, comme sa mère peut-être ? Il ressemblait beaucoup à sa mère après tout. Il avait des affinités avec le feu et la violence des Gryffondors, comme elle. Ou peut-être un félin, comme son père… Un animal racé et indépendant, délicat et noble à la fois. Il ignorait quel animal avait Demy, mais il penchait pour un prédateur. Mince, et s'il était un animal inutile comme un caribou ou autre herbivore stupide ?
Il haussa mentalement les épaules et continua à s'enfoncer. C'était comme nager vers le fond d'un lac, encore et encore, en sentant la luminosité faiblir de plus en plus, les mains tendues pour toucher le fond qui était encore bien plus bas. Plus bas… Encore plus bas…
Soudain, l'Ankou sentit qu'il touchait au but. Plus de souvenir, de mémoire, de pensées parasites. Magie. Sa magie à lui, pure et dorée, qui ondulait comme de l'or liquide. Il hésita, s'approcha, et fut happé par la lumière. Ce qu'il cherchait le regardait droit dans les yeux.
Des yeux bleus, comme les siens.
Scorpius savait qu'il ne respirait pas, en pensée, mais il eut pendant un instant le souffle coupé par l'émotion. La stupeur, la révérence. Les instructions de son manuel sur les Animagi préconisaient de noter les détails du corps de l'animal, pour s'en souvenir plus tard, faciliter la transformation… Mais l'Ankou sut d'instinct qu'il n'en aurait pas besoin. Même s'il ne se transformait jamais, cette vision resterait à jamais gravée dans son esprit.
Le tigre était large et massif. Des muscles roulaient sous sa fourrure. Il devait bien faire deux mètres de long, peut-être deux mètres et demi, et la queue à elle seule devait bien mesurer dans les quatre-vingt-dix centimètres. Il était blanc, un blanc de neige strié de larges rayures d'un noir marqué et d'autres, plus fines, d'un poil plus clair tirant vers le gris. Son nez était d'un rose sombre presque brun. Les poils étaient plus fournis au niveau du cou et des joues, donnant à sa tête une apparence plus massive. Ses oreilles étaient arrondies, noires sur l'extérieur, et il avait de longues moustaches blanches. Ses pattes étaient énormes, il aurait pu sans problème assommer un homme, et Scorpius n'osa même pas imaginer la taille de ses griffes.
S'il était possible de tomber amoureux de soi-même, Scorpius venait d'être sérieusement atteint.
Ce n'était pas tant la dangerosité latente de l'animal qui le fascinait, c'était sa puissance, sa force tranquille. Cet animal était mieux armé pour la vie que n'importe quel autre. Le tigre, lui, arracherait la tête de tous les Faust du monde avant même qu'ils aient pointé leurs baguettes sur Albus Potter. Il avait sans doute la même taille que le griffon albinos des Malefoy, Koriz, une fois qu'elle aurait atteint l'âge adulte !
L'Ankou caressa du regard une dernière fois l'imposant félin puis, tout doucement, se laissa remonter à la surface de sa conscience. Il était tellement heureux qu'il avait l'impression d'émettre de la lumière dans sa tête. Un tigre, il était un tigre blanc…
Il rouvrit les yeux et ne fut pas surpris de voir qu'Al' était déjà sorti de sa transe. Son ami les yeux qui brillaient d'émerveillement, et l'Ankou supposa qu'il devait avoir la même expression sur le visage. Un large sourire fendit son visage et…
– C'est un tigre ! s'exclama Al'.
La mâchoire de Scorpius se décrocha :
– Toi aussi ?!
Du coup Al' ouvrit des yeux ronds :
– Attends, comment ça toi aussi ? Tu es un tigre aussi ?!
– Oui, un tigre blanc !
Al' sembla un peu rassuré, mais toujours aussi sidéré. L'Ankou ne pouvait pas le blâmer : s'il n'était pas déjà assis, il se serait sans doute assis. Quel était la probabilité pour qu'ils aient le même animal-totem ?
– Le mien est doré, sourit Al'. Orange rouille, avec des rayures noires très larges, et le ventre et les pattes couleur blanc-crème… Et il a des poils blancs plus longs sur les joues et le menton. Il est grand, et large, immense ! Et il a les yeux verts, verts comme moi !
Scorpius émit un rire incrédule. Il n'en revenait pas.
– Le mien est blanc, avec des rayures noires et grises. Il a les yeux bleus. Et il est très grand aussi, avec des pattes rondes, énormes ! J'ai jamais vu un animal aussi grand !
– C'est un tigre du Bengale ! s'exclama son ami avec les yeux brillants. Il n'y a que les tigres du Bengale qui peuvent être blanc.
– Spécificité triviale, renifla Scorpius en feignant le dédain.
N'empêche, il était ravi. Il avait envie de courir partout en criant qu'il était un tigre blanc du Bengale, le roi des animaux (et que les lions brûlent en enfer), de sauter, de sauter de la tour d'Astronomie et de s'envoler !
– Je ne pense pas que le mien soit un tigre du Bengale, ou même de Sibérie, réfléchissait Al'. Sa fourrure était bien trop foncée, et puis il avait des tâches…
– Si tu veux, il y a des bouquins Moldus de zoologie dans la salle communes des Serdaigles, proposa Scorpius.
– C'est vrai ? Mais d'où ils viennent ?
– Les Serdaigles ramènent toujours plein de livres de chez eux ou d'ailleurs et ils ne finissent pas toujours à la Bibliothèque, expliqua le jeune Malefoy d'un air important. Greg avait des livres sur les animaux et il les a laissés là-bas par exemple. Et Dylan a ramené des revues scientifiques sur les espèces en danger aussi.
Greg, l'ancien Préfet des Serpentard, avait le projet de devenir Soigneur, l'équivalent sorcier de vétérinaire. Les deux Rôdeurs songèrent brièvement à ce qu'il devait devenir –il était probablement en train de faire un truc dangereux comme soigner un Crabe de Feu–, puis l'Ankou revint au sujet principal :
– Demande à Rose ou à Dylan de te ramener ce qui concerne les tigres et tu trouveras sans doute le pedigree du tien.
– C'est génial ! On y va !
– Quoi, maintenant ?
– T'as autre chose de prévu peut-être ?
Scorpius n'hésita qu'un instant :
– On a karaté dans dix minutes…
– Quoi, déjà ?!
Et il était inenvisageable de louper le karaté. Déjà, ils n'avaient aucune envie d'essuyer la colère d'Inari-sensei. Et en plus, le cours été génial. C'était l'un des rares où on pouvait se défouler en toute impunité, et beaucoup de leurs amis y étaient aussi. Cyrius, Abby, Naima, les quadruplés Condor, Devon et Alan, Alexis Jarvis (qui suivait les pas de son frère), et même Amy Rosalius et Carrie depuis le début de l'année !
– On ira après, décida l'Ankou en se levant. Allez, viens !
Ils bondirent sur leurs pieds et furent obligés de courir comme des dératés pour ne pas arriver en retard, et se changèrent en catastrophe dans les vestiaires déjà vides du dojo. Inari-sensei, heureusement, organisait d'abord les groupes les plus inexpérimentés, ce qui laissait le temps à Al' et l'Ankou, tous deux dotés d'un bon niveau, d'arriver en faisant semblant de ne pas être en retard. Charitablement, Inari-sensei fit mine de ne pas les remarquer et continua à donner ses conseils à Carrie, qui était avec le groupe des débutants. La Gryffondor, elle, jeta un regard moqueur aux Rôdeurs.
L'Ankou articula en silence dans sa direction "pas de ma faute", puis, réajustant les pans de son kimono blanc et de sa ceinture orange, il se tourna vers Al' pour commencer les katas d'échauffement…
… Et Albus Potter, repliant ses doigts comme des griffes et imitant l'expression d'un félin qui feule, émit un très audible « Miaou » qui leur provoqua à tous les deux un fou-rire monumental.
– Bande de débiles, marmonna très audiblement McLaggen.
– Va t'étouffer avec ton string Hello Kitty, gros lard ! persiffla Abby un peu plus loin.
Évidemment, ils furent très nombreux à ricaner tandis que Brian McLaggen prenait une teinte rouge cerise très intéressante.
– Un peu de calme, ordonna Inari-sensei.
Aussitôt un silence absolu tomba sur le groupe. Les élèves vénéraient Inari-sensei. Il y avait bien quelques mauvaises langues qui disaient qu'il était Cracmol, mais eh ! Un mec capable de flanquer un septième année baraqué par terre tout en ayant une main dans le dos méritait le respect.
– Groupe un et deux, au travail. Groupe trois venez par ici, je vais vous apprendre un nouvelle prise. Groupe quatre et cinq, continuez vos échauffements !
– Raaah, je ne peux pas attendre de pouvoir me transformer, chuchota Al' avec enthousiasme à l'Ankou tandis qu'ils reprenaient leurs katas d'étirement.
– On va être trop mortels ! fit Scorpius avec excitation.
Il était si enthousiaste qu'il manqua de trébucher sur son propre pied dans un pas exécuté trop rapidement. Alfonso Arvore, un Serdaigle de troisième année assez amer depuis que son oncle avait échoué aux élections du Magenmagot alors que Draco Malefoy avait réussi, marmonna un truc à propos d'un patapouf bond, et se mangea accidentellement le coude de Leah Condor juste après.
– Oh, excuse-moi, fit la petite Gryffondor en reculant avec un sourire parfaitement hypocrite.
– T'es malade, ça fait hyper-mal ! grogna le Serdaigle avec douleur en se tenant la joue.
– Chocotte.
– Tarée !
– Quelqu'un a du pop-corn ? demanda Cyrius à la cantonade.
– Pauvre petit geignard !
– Crève !
– Langage, les enfants, fit Inari-sensei d'un air de reproche.
Leah considéra la critique un instant puis rectifia à l'adresse d'Alfonso :
–Va te faire éviscérer et pourrir dans un fossé.
Bon. Au moins il n'avait rien à redire sur le langage. Inari-sensei sembla se retenir de lever les yeux au ciel, et mit Alfonso en binôme avec Carrie, qui s'empressa de la plaquer au sol, avant de diriger Leah vers Noah Kap, qui la regarda faire craquer ses jointures d'un air un peu effrayé.
– C'est pour ça que j'adore les cours de karaté, fit Scorpius sans s'adresser à personne en particulier.
Albus rigola.
– Et encore, ça a à peine commencé !
oOoOoOo
Lettre de Scorpius Malefoy à ses parents :
Chers parents,
J'ai enfin réussi la médiation permettant d'accéder aux tréfonds de mon âme ou autre. J'ai découvert mon Animagus. Et tenez-vous bien… C'est un tigre blanc !
Il est immense, quasiment trois mètres, blanc avec les yeux bleus, et le pelage rayé de noir et de gris. Il est superbe. Je ne tiens plus en place !
Voilà, c'était juste pour vous informer. Je vous embrasse et je retourne danser de joie sur mon lit.
L'Ankou Malefoy.
oOoOoOo
Lettre de Draco et Salvakya Malefoy à leur fils Scorpius :
Cher Scorpius,
Toutes nos félicitations ! Le tigre du Bengale blanc est l'un des animaux les plus splendides aux mondes. Et les plus rare d'ailleurs : ton oncle Nathan est formel là-dessus. Enfin, avec ton penchant Gryffondor, il est heureux que tu n'aies pas hérité d'un lion.
La métamorphose en félin est délicate mais, puisque ton père l'a surmontée, tu devrais y arriver. L'important est de procéder par étape, et de maîtriser la transformation de chaque partie du corps séparément avant de tenter de transformer le corps entier. Nous t'envoyons ci-joint les notes et le manuel sur lequel s'est basé ton père en apprenant à maîtriser sa propre forme animale.
Encore bravo pour ta réussite. Si tu as des questions, n'hésite pas à écrire.
Nous t'embrassons très fort,
Papa et Maman.
oOoOoOo
– D'après ce bouquin, le mien est un tigre de Sumatra, fit Albus en refermant le livre d'un air songeur.
C'était le petit-déjeuner et il dut faire attention à ne pas se mettre le coude dans ses œufs brouillés en rangeant l'ouvrage dans son sac. Magnum, perché sur la table à côté de lui, déchiquetait sauvagement une tranche de jambon avec tant d'entrain qu'il finit par se casser la gueule de la table. Il se redressa, regarda subrepticement à droite et à gauche comme pour vérifier que personne n'avait rien vu, puis repris sa lutte féroce contre la viande. Al' étouffa un gloussement.
Scorpius, qui lisait la lettre qu'il venait de recevoir de ses parents, hocha la tête et sourit en repliant la missive, qu'il glissa dans sa poche :
– Alors, c'est gros comme bête ?
– Moins que le tien, renifla Al' d'un air chagriné. Mais c'est encore plus rare alors je ne vais pas me plaindre.
– Vous allez adopter des chatons ou quoi ? demanda Lucy en haussant un sourcil.
– Nan, t'occupes.
– J'ai le vague pressentiment que vous préparer encore un sale coup.
– Ignore-le et ça passera, conseilla Scorpius. Tu me passes la marmelade s'il-te-plaît ?
La jeune Zabini lui jeta un coup d'œil suspicieux mais s'exécuta, avant de retourner à sa conversation avec la Préfète des Poufsouffles, Stella Bailey, au sujet d'un projet de loi présenté par les Réfractaires et portant sur la sécurité de la communauté sorcière. Scorpius sourit et se remit à manger, laissant traîner ses oreilles et percevant quelques brins de conversation. Reg et Carrie achevait leur devoir de Runes en se demandant si Mocking était totalement cinglée ou si elle faisait semblant pour les rendre cinglés, eux (son dernier devoir parlait de pingouins qui bavaient dans leur sommeil parce qu'ils rêvaient qu'ils étaient super-intelligents ou quelque chose du même goût). Non loin de là, Roxanne Sloper et Leah Condor hurlaient de rire à une blague que venait de raconter Rose, sous le regard amusé de Dylan. Hyperion, William Dawn et Antoine Cooper conseillaient avec amusement Lily Potter, qui avait pioché dans la boite T.A.D.A.F.A ce matin le défi de porter ses sous-vêtements par-dessus ses vêtements et qui désespérait. En face, Jo et Owen se chamaillaient tandis que Gareth dormait presque, la tête dans ses bras.
A côté d'eux, Marcus et Chiara parlait Quidditch avec Naomi Yukino et Aenor, et l'Ankou se tourna résolument dans une autre direction.
– Les mesures proposées par les Réfractaires sont trop paranoïaques, disait Lucy. Et je ne pense pas qu'un ajout de patrouilles…
– Tout dépend du point de vue que tu adoptes, la coupa Stella. Il s'agit d'une invasion massive de la vie privée, de la liberté de mouvement, mais ces libertés sont aussi restreintes pour les Ecorcheurs et c'est ça qui est important. La question qui se pose est : est-ce que le Ministère va s'arrêter à la détection et l'arrestation des Ecorcheurs ou est-ce qu'il va laisser traîner ses yeux et ses oreilles sur les autres citoyens ?
C'était une question valide, réalisa Scorpius avec un sursaut de surprise. Une question tellement valide que pendant un instant il imagina la même phrase dite avec la voix de son oncle Nathan. Du coup, le jeune Malefoy posa un regard neuf sur la Préfète et l'observa pour ce qui était probablement la première fois.
Il n'avait jamais vraiment fait attention à elle parce qu'elle ne marchait jamais dans les coups des Rôdeurs ou de James, mais il savait qu'elle était assez souple avec le Quatuor, et ne leur enlevait jamais de points. Elle devait sans doute bien s'entendre avec Cyrius Jarvis.
Stella avait un an de plus que lui. Elle était de petite taille, mince, et son uniforme était propre et soigné même si elle avait retroussé les manches de sa chemise. Elle avait les cheveux blond doré coupés assez courts, et retenus par un serre-tête noir. Ses yeux étaient d'une étrange couleur oscillant entre le bleu et le vert-de-gris. En fait, songea l'Ankou après un deuxième regard, elle était plutôt mignonne. Pas aussi jolie qu'Aenor ou charismatique que Lucy ou dynamique que Chiara ou même délicate que Lily. Mais avec ses traits doux, ses pommettes hautes et son nez retroussé, elle était loin d'être moche.
– Qu'est-ce que tu regardes ? lui souffla Al'.
– Je n'avais jamais fait gaffe, lui répondit distraitement l'Ankou. Mais c'est une Bailey, non ?
– Qui, la Préfète Poufsouffle ?
– Non, Merlin. Oui, la Préfète.
Al' haussa les épaules :
– Je suppose, puisqu'elle s'appelle Bailey. Pourquoi, c'est une famille connue ?
– Pas en Grande-Bretagne, expliqua son ami en se tournant vers lui. Mais aux Etats-Unis et plus spécialement dans le Nord-Est, c'est une famille sorcière très puissante. Ils sont un peu ce que les Malefoy ou les Black avaient été à leur âge d'or.
Al' cligna des yeux avec étonnement, puis coula un regard en direction de Stella :
– Pourquoi elle n'est pas à Salem, du coup ?
– D'abord, Salem n'est pas la seule école des Etats-Unis, le rabroua Scorpius. Ils en ont trois : Salem qui est traditionnelle et inspiré des magies européennes, Ozarkhawk qui apprend l'ancienne magie indienne, et Readviper qui est plus axée sur les arts sombres.
– D'où tu sais ça ?
– C'est le cours de l'an prochain en Histoire, rigola l'Ankou. Je l'air vu dans les notes d'Oscar. Enfin bref, les Bailey sont assez nombreux alors pour ne pas diviser leurs richesses, ils laissent toujours le patrimoine à une lignée principale, tandis que cousins et autres parents éloignés doivent se débrouiller tous seuls.
– Ah, comprit Al'. C'était sans doute pour ça que Stella a échoué en Angleterre : son père ou son grand-père a du quitter les Etats-Unis pour faire fortune ailleurs…
– Hum. La mère de Ryan Sullivan était une Bailey.
– Qui ? Ce nom me dit quelque chose…
– Ryan Sullivan, répéta Scorpius. C'est un ami de mes parents qui vit en Egypte. Il était aussi ami avec ton père je crois.
– Ah oui, ça se peut… Mais, attends, c'est la guerre en Egypte. Il y est toujours ?
Scorpius haussa les épaules :
– Je ne sais pas. Il n'écrit pas très souvent. Je ne l'ai vu qu'une ou deux fois dans ma vie en tout.
Al' se resservi en thé, songeur. C'était vrai que l'Egypte, c'était loin. Et plutôt chaotique en ce moment. Si la moitié des rumeurs qui circulaient étaient vraies, alors c'était vraiment très semblable à la guerre des Ténèbres qu'il y avait eu en Grande-Bretagne, seulement, là-bas, il n'y avait pas de Dumbledore.
Pas étonnant que Bill ait accepté la mutation offerte par les Gobelins pour travailler en Grande-Bretagne.
– On a quoi ce matin ? fit le jeune Potter pour changer de sujet.
– Défense et Sortilèges. Ô joie.
Reg, qui venait de terminer son devoir de Runes, lui lança un regard surpris :
– Tu rigoles ? Tu excelles dans ses deux matières.
– Peut-être, mais c'est parce qu'on y apprend rien d'avancé, fit Scorpius en haussant les épaules. J'ai pas mal d'avance en Sortilèges grâce à Demy et au Quatuor mais surtout, on apprend rien d'utile en Défense. L'art du duel ou la connaissance des démons des eaux japonaises ne nous servirait à rien si jamais on tombait sur un Ecorcheur.
– Et qu'est-ce que tu ferais, face à un Ecorcheur ? fit Reg en haussant un sourcil.
Autour d'eux, plusieurs personnes commençaient à prêter attention à leur conversation. Les Ecorcheurs n'avaient pas attaqué en bande depuis un bail. Par contre, les sorciers isolés voyaient de plus en plus des silhouettes masquées et bestiales rôdées chez eux, et une semaine plus tôt un vieux Né-Moldu qui vivait à la campagne avait été retrouvé trucidé pas loin de chez lui. Même sans groupe important, les Ecorcheurs étaient dangereux. ET ils étaient partout.
L'Ankou, pas du tout dérangé par le fait d'avoir un public, posa ses coudes sur la table d'un air pensif :
– Fuir serait la meilleure solution, mais imaginons que je suis coincé. Esquiver, tenir l'adversaire à distance, maintenir des boucliers, se défendre même quand on a perdu sa baguette… C'est le genre de chose qu'il serait utile d'apprendre.
– Savage ne nous laissera jamais faire ça, lâcha Lucy d'un ton définitif. Le Conseil d'Administration le tuerait si on commençait à faire des trucs dangereux.
– Ce qui est plutôt stupide de leur part, réfléchit Al'. Si on n'apprend pas à faire les "trucs dangereux" en classe, on sera obligé d'y faire face plus tard et sans supervision d'un adulte.
– Ce n'est pas leur raisonnement, déclara Dylan depuis sa place. Si on apprend des "trucs dangereux", l'expérience a prouvé qu'on a plus de chance d'essayer de les mettre en application que de s'enfuir.
– Moins de peur, plus de stupidité ? supposa Aenor.
– On peut dire ça, rigola le cousin de Scorpius. Mais c'est une approche psychologique tout ce qu'il y a de plus basique.
– Il n'y a que les amoureux des Moldus comme toi qui étudieraient la psychologie, fit Gareth d'un ton mi-dédaigneux mi-taquin en relevant la tête de ses bras.
Du coup Jo lui planta férocement une fourchette dans le bras. De toute la promo des Serpentards de leur année, il était le seul avec Melinda à avoir le sang impur : sa mère, la japonaise, n'étais pas d'une lignée sorcière. Gareth poussa un cri de douleur en tombant de son banc et Jo se remit mine de rien à manger son porridge, sous le regard effaré d'Owen (qui se garda cependant bien d'intervenir). A part le Serpentard blond, en fait, tout le monde ignora soigneusement le blessé : c'était bien fait pour sa pomme, le racisme était malvenu au sein des Rôdeurs, même quand ce n'était qu'une blague…
– Au pire il reste toujours les bagarres dans les couloirs, fit Naima pour les consoler.
Scorpius et Faust évitaient de se heurter de front, douloureusement conscient que ça finirait sans doute avec un mort sur le plancher, mais les autres ne se payaient pas cette difficulté. Se sauter dessus dans les couloirs à la moindre provocation allégeait énormément le stress des élèves tendus et inquiets à cause de la situation à l'extérieur du château.
L'Ankou jeta un coup d'œil à la table des Gryffondors et cligna des yeux avec surprise en voyant que James Potter et Margaret Fanz étaient aux bouts opposés de la table. Ce manège durait depuis un peu plus d'une semaine… Obligés de faire un choix entre eux, la plupart des Gryffondors s'étaient rassemblés autour de James, et Margaret avait l'air sombre et furieuse. Sans son auditoire où elle prêchait l'action et la guerre contre les Ecorcheurs, elle n'était pas grand-chose à Poudlard…
Haussant les épaules, le jeune Malefoy termina son petit-déjeuner, vérifia qu'Al' avait lui aussi terminé, puis se leva en lançant à la cantonade :
– Les Serpentards et les Gryffondors, on y va !
– Potions, youpi, grogna Reg en attrapant son sac.
– Duffy ne va pas te manger, se moqua Evannah.
– Il est moche, il pue et il est chiant ! pointa Naima.
– Et alors, il ne va quand même pas nous manger, si ? Alors arrêtez de vous plaindre.
– Facile à dire pour toi, petit génie, maugréa Gareth tandis que toute la bande se dirigeait vers le hall.
Eva avait toujours d'excellentes notes en Potions. C'était probablement l'élève la plus douée de leur année. Elle n'en faisait pas une passion comme Cameron mais elle avait indéniablement un don.
– Bonne chance ! leur lança Aenor avec un sourire amusé.
Al' lui adressa une espèce de parodie de salut militaire qui la fit pouffer, et Scorpius leva les yeux au ciel. En quelques pas, il rejoignit Reg, et proposa à voix basse :
– Ce soir, Occlumancie ?
– Un peu de répit, pitié, plaida le Gryffondor. On pourrait pas plutôt regarder un film ?
L'Ankou haussa les épaules : tant qu'il avait la compagnie de son ami et qu'il n'avait pas à voir Al' draguer Aenor, il s'en moquait. Il continua à marcher aux côtés de Reg, si proche que leurs épaules se touchaient, et répondit :
– D'accord, tu es invité chez les serpents. Le vendredi soir, c'est série américaine, t'es sûr de toi ?
– Ça t'embête si je ramène Carrie ?
– Elle est toujours la bienvenue. Oh, et le mot de passe est Haïku.
– Très poétique, rigola Reg.
Ce à quoi Scorpius répliqua d'un coup de coude, et les deux garçons se remirent à se chamailler comme des gosses sous le regard blasé de leurs amis.
Normal.
oOoOoOo
Notes échangées entre l'Auror Harry Potter et Khallia Kethoum :
Salut Harry, quoi de neuf chez les Aurors ?
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Salut Khallia, tu ne travailles pas ? C'est mal ! Sinon, rien de neuf, je remplis de la paperasse. La Commission des Capitaines s'est réunie hier et il faut que j'approuve leurs décisions et les commentaires sur des dossiers, les promotions, tout ça…
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Pas trop dur ?
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Etonnamment, non. L'équipe Epsilon est partie en entraînement, et j'ai un peu honte de le dire, mais c'est presque un soulagement. La guerre du silence entre Ron et moi est carrément horrible.
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Je suis vraiment désolée… Il n'a jamais répondu à tes lettres, non ?
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Oui. Et impossible de l'approcher au boulot, il est toujours entouré par des tas de gens (eh oui, Ron est vraiment populaire chez les Aurors… C'est encore plus sa vocation que la mienne, je pense). Et je n'ai pas le cran d'aller chez lui, j'ai trop peur de tomber sur d'autres membres de sa famille et de me faire trucider en règle.
Mais j'ai fait le premier pas avec mes lettres. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi il me fait toujours la tête… Même à Poudlard, on n'est jamais resté fâchés aussi longtemps.
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Je ne vais pas te dire qu'il reviendra à la raison, parce que je ne le connais pas assez, mais… Tu t'es un peu aliéné sa famille, non ? Ils le vivent comme une trahison, ton divorce…
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Je leur ai écrit ! Je me suis distancé des Malefoy ! Je me suis excusé ! J'ai fait des compromis pour la garde des enfants… Je ne sais honnêtement pas quoi faire de plus.
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Harry… La réponse m'effraie un peu mais… Est-ce que tu penses qu'ils t'en veulent parce que tu sors avec moi juste après ton divorce ? Parce que si c'est ça, ça ne me dérange pas, tu sais, si tu as envie qu'on se fasse discret.
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Quoi ?! On ne va pas se cacher parce qu'ils sont en colère, non plus !
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Tu dois admettre que pas mal de journalistes s'intéressent à nous. Peut-être que ça ne leurs plais pas de voir toute cette publicité. Surtout que c'est très positif. Ils doivent mal vivre la comparaison : les journaux n'étaient pas tendre avec les Weasley quand tu as divorcé.
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Pour une fois que les journalistes m'aiment et approuvent avec qui je sors, on devrait se cacher pour ménager Ron et son ego ?
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Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je disais juste que je comprendrai si tu ne voulais pas les froisser.
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Eh bien, je m'en moque. Je t'aime et j'ai fait tout ce que je pouvais pour recoller les morceaux avec les Weasley. Je ne vais pas mettre mon bonheur entre parenthèse pour leur plaire : j'ai déjà assez donné durant mon adolescence ! Ce soir, on va au restaurant.
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Tu es sûr ? Demain, il y aura une photo de nous et un article dégoulinant d'adoration et de mièvrerie dans le journal et Ronald Weasley va être franchement de mauvaise humeur.
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Pas mon problème. Je commence à être fatigué de tout ça. Je m'en sors bien sans eux ni les Malefoy, en fait, alors je ne vois pas pourquoi je me fatiguerai à éviter de froisser leur ego. Alors, d'accord pour le resto ?
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D'accord. Et merci. Et tu es adorable.
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A ce soir, alors. Je t'aime.
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Dans les vestiaires du centre de formation des Aurors, l'équipe Epsilon riait et plaisantait en se changeant. Ils venaient de faire une simulation d'attaque de géants, et ils s'en étaient sortis sans aucun mort ni blessé grave, une très bon score pour un scénario pareil.
– Tu t'es quand même mangé une belle gamelle, N'A-Que-Trois-Pattes ! rigola Jeremiah Hanson, un grand brun au visage doux et au sourire joyeux.
Jack Sloper, alias « N'A-Que-Trois-Pattes », agita sa prothèse de bras dans sa direction d'un air prétentieux, faisant cliqueter les pièges métalliques :
– Jaloux !
Valerian et Ron éclatèrent de rire, tandis que Maxwell Hill et Logan McDonald, les deux derniers membres de l'équipe, se contentèrent de sourire d'un air amusé. Jeremiah et Jack étaient très bons amis : ils avaient été binôme au CEFAMO, le centre de formation à toute magie offensive, et ils avaient le même âge. Le plus étonnant était qu'ils ne s'étaient quasiment jamais vus à Poudlard : Jack avait été à Gryffondor et Jeremiah à Serdaigle.
– Quelque chose de prévu ce soir ? fit Valerian à la cantonade en enfilant ses chaussures. Je vais faire un tour au Chat Qui Fume, si ça vous tente. Summers et les Iota y seront aussi.
Situé dans la Rue Errante, le Chat Qui Fume était un bar apprécié des Aurors et de toute compagnie assez rude de manière générale. Il n'était pas rare que Valerian y passe le vendredi ou le samedi soir, et reparte avec une jolie fille ou un mec mignon à ses côtés. Depuis peu, c'était aussi plus ou moins le quartier général des supporters des Réfractaires, et Valerian s'était glissé dans ce groupe en toute discrétion.
– Je ne sais pas, hésita Maxwell. Summers m'a saoulé avec son baratin toute la semaine.
– A propos des mesures de sécurité ? fit Logan en fronçant les sourcils. Eh, ils ont raison tu sais !
Maxwell, calme et posé, était un Traditionnaliste, mais très modéré. Il venait d'ailleurs de Poufsouffle, et ça se voyait. Il n'appréciait pas trop les changements drastiques proposés par les Réfractaires, mais suivait le mouvement… Sans trop s'impliquer. Au contraire, Logan McDonald passait très visiblement du parti des Progressistes à celui des Réfractaires, qui était selon lui le seul à proposer des solutions. En bon Irlandais, Logan avait le sang bouillant et soif d'action.
– J'approuve, fit Valerian d'un ton détaché. Et puis, cette idée de pétition pour faire des patrouilles supplémentaires d'Auror venait de notre département à la base !
– Elle venait de toi, tu veux dire, renifla Jack.
– Pas ma faute si je suis plus malin que vous.
Du coup Jack lui balança une chaussette, que l'ancien Serpentard esquiva en riant. Ron roula des yeux, habitué, tout comme Logan qui leva les yeux au ciel et se tourna vers Jeremiah :
– Tu viens, toi ?
– Non merci, refusa l'Auror. J'ai rendez-vous avec une fille.
– Oh oh !
– Tombeur !
– C'est qui, dis ? Allez, dis !
Jeremiah dissimula son amusement sous un air excédé :
– C'est une amie de fac et on va boire un verre, c'est tout ! Elle s'appelle Patricia.
– Patricia comment ?
– … Agrace.
– Mais il y en a partout ! s'exclama Ron avec un horreur feinte.
– Pff. Elle n'a pas une place importante dans la famille tu sais. Elle est secrétaire dans un des bureaux de la Gazette, pas journaliste, en plus !
Valerian nota l'info dans un coin de sa tête. Logan, lui, leva les yeux au ciel, et se tourna vers Maxwell :
– Et toi, tu viens ou pas au Chat Qui Fume ?
– Je préfère passer une soirée tranquille, merci, refusa Max.
Du coup, Valerian se tourna vers Jack, et Logan vers Ron. L'Auror au bras métallique grimaça :
– Moi aussi, j'ai autre chose de prévu. J'emmène ma femme au cinéma.
– Tu donneras mon bonjour à Cassandre, sourit Valerian.
– Et toi, Ron ? demanda Logan.
Leur chef haussa les épaules en décrochant sa veste du vestiaire :
– Je ne sais pas. Je ne me sens pas trop d'humeur à faire la fête.
Ses hommes échangèrent un regard inquiet, comprenant à demi-mot les implications mais hésitant à mettre les pieds dans le plat. Sans surprise, ce fut Jack, le Gryffondor, qui se jeta à l'eau :
– A cause d'Harry ?
– Le Directeur Potter, rectifia Maxwell qui était toujours soucieux des titres et grades.
– Directeur Tout-mou, oui, grommela Logan.
Comme beaucoup d'Aurors, de Réfractaires et d'Aurors Réfractaires, Logan était excédé par l'inaction d'Harry qui se refusait à adopter la ligne de conduite de son parti. Il ignorait bien sûr qu'Harry avait assisté, trois ans plus tôt, à l'interrogation d'un trafiquant de FullMood qui avait avoué bosser pour les Réfractaires…
– Ce ne sont pas vos affaires, dit sèchement Ron. Et Logan, ce surnom, tu l'oublies tout de suite.
Logan grogna, mais Jack persista :
– Vous devriez avoir une conversation face à face et crever l'abcès ?
– Il est toujours fourré avec Kethoum, soupira Ron. Je préférais encore quand il était pote avec Malefoy. Au moins, quand Blaise est dans les parages, Draco n'est pas trop infréquentable. Elle, c'est une arriviste profiteuse…
– Tu n'as pas essayé de lui écrire ? Ou d'aller chez lui ?
Ron lui jeta un regard noir, et referma son casier avec un peu plus de force que ce n'était nécessaire. Jack saisi le message et se la boucla soigneusement. Leur Capitaine renifla avec dédain en enfilant son manteau :
– Il est en tort, pas moi. Fin de la discussion. Je rentre chez moi.
– Donc pour le bar c'est non, marmonna Logan.
– Courage, Capitaine, sourit Valerian. Et si vous voulez je peux toujours mettre du fumier dans ses tiroirs…
Ron se dérida un peu, puis sembla se souvenir de quelque chose et se tourna vers Valerian :
– Au fait, ton dossier vient d'être examiné par la Commission des Capitaines.
L'ex-Serpentard se tendit avec espoir, et Jack bondit :
– Il a intérêt à avoir une recommandation ! Valerian est le meilleur d'entre nous. Enfin, juste après moi, bien sûr, puisque personne ne bat N'A-Que-Trois-Pattes.
– Vantard ! le tança Jeremiah.
Ron garda son sérieux, les yeux fixé sur Valerian qui ne respirait qu'à peine, mais le Capitaine semblait combattre l'envie de sourire :
– Il faut qu'Harry confirme, mais… Tu seras probablement promu Mentor. Félicitation Valerian, tu n'es plus un bleu !
Les autres hommes éclatèrent en hurlements d'allégresse tandis que Valerian éclatait de rire, les yeux pleins d'étoiles. Ron secoua la tête avec amusement, puis quitta le vestiaire, les mains dans les poches et le col relevé pour se protéger du vent de cette fin de novembre, tandis que ses équipiers poussaient des hurlements de Sioux. Valerian, riant de joie, passait de bras en bras et était félicité chaudement.
Il faisait froid dehors, et Ron frissonna. Rentrer et dormir lui ferai le plus grand bien. Il aurait bien pris un verre au bar, contrairement à ce qu'il avait affirmé à Logan : seulement, il ne tenait pas à être en compagnie des Aurors Réfractaires. Il avait le souvenir vague mais lancinant d'un interrogatoire d'un homme dont il ne parvenait pas à se rappeler le nom, mais qu'il méprisait, haïssait, voulait mort, et qui affirmait de la voix atone des victimes du Véritasérum qu'il travaillait pour les Réfractaires…
Ron secoua la tête et se mit à marcher vers le plus proche point de Transplanage. Ce souvenir n'avait pas beaucoup de sens. Mais il était là, et Ron savait que c'était réel.
Pourquoi ce souvenir était-il aussi flou ? Pourquoi semblait-il incomplet ? Pourquoi ne s'en était-il pas rappelé avant ? Est-ce qu'Harry savait ? Qui d'autre savait ? Il se souvenait que quelqu'un, quelqu'un avait dit de garder le secret, et il avait acquiescé, mais qui ? Et pourquoi ?
Ron grogna dans son col. Il ne le savait pas. Il était perdu, en colère, et angoissé. Le nœud d'anxiété dans son estomac ne se dissolvait pas, et il ne pouvait en parler à personne… Alors, oui, il aurait crevé d'envie d'aller dans ce bar, pour boire, rigoler et se détendre. Il n'avait pas envie de rentrer : Hermione était probablement toujours au travail, au Département de la Justice Magique, et même quand elle rentrerait… Elle était compréhensive, intelligente, mais pouvait-il l'impliquer dans cette histoire dont lui-même n'avait qu'une connaissance incomplète ?
Et Rose et Hugo étaient à Poudlard… Percy, George et Bill étaient chez eux, avec leurs familles… Molly et Arthur profitaient de leur retraite, enfin en paix… Ginny était à l'autre bout du pays, essayant de rattraper la jeunesse qu'elle avait perdue à s'occuper d'un grand gamin et de leurs enfants nés si tôt… Harry et lui ne se parlaient plus…
Ron Transplana chez lui. Il fallait qu'il fasse quelque chose, qu'il agisse, qu'il en parle à quelqu'un. Ce secret le dévorait. Il devait agir, et il devait se battre. Il devait confier ce souvenir à quelqu'un qui pourrait lui en dire plus, et l'aider à organiser la défense. Parce que les Réfractaires trempaient dans quelque chose de mauvais, de très mauvais, et ils grignotaient petit à petit tout le gouvernement. Ron devait agir.
Pour ça, il n'avait plus qu'un recours.
Alors, chez lui, Ron attrapa de l'encre, une plume et du papier, et s'assit à son bureau pour écrire d'une traite, avant que le courage ne lui manque. Il ne se relut pas. Il appela Peggy, la chouette de sa famille, et lui confia l'enveloppe en se disant avec fatalisme qu'il était en train de faire une grosse connerie. S'il se trompait, il était mal.
Mais il ne pouvait plus se reposer sur Harry et il devait protéger sa famille. Il avait besoin d'un allié puissant, intelligent, bien informé et pas corrompu par les Réfractaires. Pour ça, il pouvait bien mettre ses vieilles rancunes de côté.
oOoOoOo
Lettre de Ronald Weasley à Draco Malefoy :
Malefoy,
Je sais qu'on ne s'est pas parlé depuis un bail (ça fait au moins un an…). C'est en partie à cause d'Harry et en partie à cause de notre quantité de boulot. N'empêche, on arrivait relativement bien à se supporter, avant. Je maintiens que tu es prétentieux et teigneux, cela dit, et que ton frère est timbré.
Enfin bref. Vu que tu es l'une des rares personnes qui semble considérer de manière sérieuse les Réfractaires et quand même les envoyer au diable, j'ai un truc dont je voudrais te parler. En face à face. Evite d'impliquer le reste de ta famille : je n'en ai pas parlé avec la mienne non plus.
Recontacte-moi,
R. Weasley.
oOoOoOo
Draco cessa de lire à voix haute et posa la lettre au milieu de la table du salon. Alva grimaça et l'attrapa pour la parcourir brièvement des yeux, et le regard de son époux s'attarda un peu sur elle : c'était son jour de congé, et elle portait toujours la tenue d'équitation qu'elle mettait quand elle entraînait Koriz, le griffon blanc. Comme l'élevage de chevaux ailés des Malefoy avaient été saisi par le Ministère après la guerre, leurs enfants n'avaient jamais appris à monter à cheval, et Scorpius ne pourrait pas dresser Koriz comme Astrid avait dressé Zanor, son griffon doré. Du coup, Alva s'était attelée à la tâche et doucement, la créature à demi-sauvage devenait une monture calme et réceptive.
C'était un passe-temps comme un autre… Et puis, avec ses cheveux noués en queue-de-cheval, sa chemise crème et son pantalon moulant couleur fauve, Alva avait soudain l'air d'une adolescente. A chaque fois qu'il la voyait ainsi, Draco éprouvait une bouffée de tendresse pour sa femme.
Il chassa ces pensées d'un reniflement agacé. Ce n'était pas le moment de se laisser entraîner dans ce genre de digressions : ils avaient un problème à gérer. Alva avait reposé la lettre sur la table, mais ce fut Nathan qui parla le premier :
– Il a craqué. J'aurais pourtant pensé que ça serai Harry qui viendrait en premier…
Mais Draco secoua la tête :
– Potter n'est pas du genre à foncer dans le combat, pas si ça ne le touche pas directement. Il est un peu un Serpentard en ça. Weasley est un pur Gryffondor. Il sent qu'il y a un problème et il veut agir.
– Mais Harry a plus d'info, objecta Nathan. Il sait tout à propos de Djar et en plus il sait qu'on est impliqué. Ron ne sait rien, juste qu'il faut se méfier des Réfractaires, et pourtant il est le premier à bouger, et plus important, c'est vers nous qu'il se tourne… C'est inattendu.
– Weasley a toujours été bon pour voir les trucs tellement évidents que tout le monde les manque, fit distraitement Alva. Il a tout de suite deviné que je complotais quelque chose à Poudlard, par exemple, et comment me faire perdre le contrôle de mes nerfs.
Elle se souvenait très bien de ça. Ron lui avait dit que si elle ne cessait pas son manège –à savoir explorer le château pour trouver la cachette d'une arme placée là par Rogue, quitte à voler la Cape d'Harry–, il s'arrangerait pour que les Gryffondors se déchaînent sur Draco. Alva n'en était pas fière mais elle avait un peu pété les plombs à ce moment là. Même désarmée, elle avait méchamment amochée le Trio d'Or. C'était, en fait, une chance qu'elle ait été désarmée dans le combat : sinon Ron se serait mangé un sortilège de magie noire du style méchant.
– Du coup, on l'implique ? fit Nathan.
Mais Draco secoua la tête :
– Pas encore. On peut l'informer qu'on est en action et lui parler de la Confrérie, mais sans lui dire ce qu'on sait ni qui est impliqué, et ce pour la même raison que j'ai altéré sa mémoire. Il est un mauvais menteur, Summers le surveille de près et depuis un bail…
– … Et tandis que Weasley n'est pas Occlumens, il y a des Legilimens chez les Aurors, acheva Alva. Trop dangereux.
– N'est-ce pas trop dangereux de lui dire qu'on agit, alors ? demanda Cathy en parlant pour la première fois.
Nathan secoua la tête :
– S'ils ne savent pas qu'on est sur nos gardes, ils sont stupides. Et ils ne sont pas stupides.
Alva reposa la lettre sur la table, et sourit avec fatalisme :
– Alea jacta est.
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A suivre...
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N'oubliez pas de voter pour un élève de la promo Serpentard de 4ème année (sauf Lucy !) !
