Auteur : Nachos4Children

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Romance/Humour

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Nachos4Children. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 7 -

Je passai le reste du week-end à fulminer à cause de ma soirée et à travailler sur mon devoir. Putain mais à quoi j'avais pensé? J'avais besoin d'arrêter ces plans d'une nuit. Je veux dire, franchement - est-ce qu'une de ces nuits s'étaient jamais bien fini? Pas vraiment, vu que je n'avais jamais revus la plupart de ces types. Je réalisai que même si je ne pensais pas que je pouvais faire mieux que des rencontres d'une nuit, je MÉRITAIS mieux que ça. D'avoir presque couché avec ce connard de Felix m'avait fait réaliser à quel point je n'étais pas satisfaite de ma vie sexuelle. Je savais que je devais changer les choses, mais comment? Je n'avais pas encore la réponse à cette question.

Angela n'arrêtait pas de s'excuser, mais je n'étais pas encore prête à lui pardonner. Je ne lui avais pas dit ce qu'il s'était passé, mais je pense qu'elle avait comprit que ça s'était mal passé. Finalement, elle réfléchit et comprit que j'avais besoin d'un peu de temps.

Lundi, je rendis une excellente dissertation sur deux des plus grands esprits diaboliques Shakespeariens, Claudius et Iago. Deux trous du cul avec qui j'aurais couché s'ils m'avaient payés un verre.

Je devais travailler à la bibliothèque cet après-midi là, de quatorze à vingt heures. Au lieu de ranger les livres, Nancy me fit 'faire des rondes', ce qui signifiait que je devais passer mon après-midi à errer dans la bibliothèque pour m'assurer qu'aucun livre n'était rangé à la mauvaise place ou à l'envers. Je DÉTESTAI 'faire des rondes'. Non seulement c'était complètement ennuyeux, mais à la fin de la journée, ma nuque et mon dos me faisaient un mal de chien.

Après ce qui me sembla être une éternité, je jetai un coup d'oeil à ma montre et réalisai que c'était l'heure de ma pause. Je m'arrêtai dans le bureau de Nancy pour la prévenir que j'allais à la cafétéria de la bibliothèque au cas où elle me chercherait.

Une fois arrivée, j'attrapai un muffin à la cannelle et une bouteille de Lipton Ice Tea. Je payai mes achats et cherchai une place où m'asseoir.

Oh bordel. Est-ce que c'est une blague.

Il était là, assis à boire du café (?). Il me tournait le dos, mais je reconnaîtrai ces cheveux blonds partout. J'hésitai. Serait-ce inapproprié d'aller le saluer? Il était venu me voir quand je faisais la queue au guichet. Je me dis que ça ne ferait rien d'aller lui dire 'Bonjour', n'est-ce pas?

Je commençai à me diriger vers lui lorsqu'une fille repoussa sa chaise pour se lever. Je fonçai droit dedans et commençai à tanguer. J'attrapai la table pour essayer de me retenir, mais ce faisant, ma bouteille de thé glacé me glissa des mains, et s'écrasa au sol, explosant sous l'impact.

Je réussis à poser mon muffin sur la table avant d'enfouir mon visage dans mes mains.

Ce n'est pas entrain de m'arriver.

Je pouvais sentir les yeux de tout le monde se poser sur moi, attendant que je me mette à pleurer ou quelque chose de ce genre, j'en étais sûre. Mais tout ce que je pus faire, c'est me figer.

"Oh merde, je suis désolée!" cria la fille qui m'avait fait trébucher. "Laissez-moi aller chercher quelqu'un pour nettoyer tout ça. Vraiment désolée."

"Oh, d'accord. Euh, merci," dis-je en redescendant sur terre. Et c'est à ce moment-là que LE vis approcher.

Oh Seigneur.

Avant même qu'il puisse parler, je crachai, "Non, je ne l'ai pas fait exprès!" Je ne pouvais même pas le regarder tellement j'étais embarrassée.

Mais il plaça son doigt sous mon menton pour me faire doucement relever la tête pour que je croise son regard. Ses yeux étaient toujours aussi beau et emplis d'inquiétude.

"Hey, est-ce que ça va?" me demanda-t-il doucement.

"Ça dépend. Est-ce que mon visage est encore rouge?"

Je sentis son pouce glisser doucement sur ma joue avant qu'il ne relâche mon menton. "Pas vraiment. Ce genre de choses arrive tout le temps; il ne faut pas vous mettre dans tous vos états."

Je déglutis difficilement et oubliai presque ce que je voulais dire. "Ouais, mais ça m'arrive tout le temps à MOI. Je suis un désastre ambulant."

"Peut-être que vous devriez vous asseoir alors." Il fit un signe de la main vers sa table. "Aimeriez-vous vous joindre à moi?"

Je suis prête à jurer que mon coeur arrêta de battre.

"Ummmm, bien sûr, je suppose." Il tira la chaise pour moi et m'aida à m'asseoir; quel gentleman. "Merci," dis-je.

"Alors, est-ce que vous travaillez aujourd'hui?"

"Ouais, je suis en pause là. Il me reste environ 20 minutes." J'étudiai tout ce qui se trouvait sur la table et mes yeux se posèrent sur un fruit. "Oh mon Dieu, ça doit être la plus petite orange que j'ai jamais vu! C'est mignon!" m'exclamai-je.

Il me regarda avec incrédulité. "Ce n'est pas une orange - c'est une clémentine."

"Une quoi?"

"Vous n'avez jamais entendu parler de clémentines?"

Je secouai la tête. "Euh, non? Est-ce que c'est un crime?"

"Non, je suis juste surpris, c'est tout. Ce sont de petites tangerines donc elles sont très faciles à éplucher." Il commença à éplucher sa clémentine. Je fus surprise de voir à quel point la peau du fruit partit rapidement, contrairement à une orange. "Et elles n'ont pas de pépins non plus, ce qui est un plus," continua-t-il. "Aimeriez-vous en goûter une?"

"Ça ira - j'ai mon muffin."

"Oh, allez - juste une bouchée." Il porta un quartier de clémentine à ma bouche. Comment aurais-je pu refuser ça? Je levai les yeux au ciel avec amusement avant d'entrouvrir la bouche. Lentement, très lentement, il poussa le quartier de clémentine dans ma bouche. Je refermai les lèvres, et réussi à effleurer le bout de son doigt lorsqu'il relâcha le fruit. Il me regarda droit dans les yeux avec impatience alors que je mâchai. Je devais bien admettre que c'était délicieux. La saveur explosa sur ma langue et le jus sucré m'emplit la bouche.

"Mmmmm. Oh mon Dieu, c'est délicieux," murmurai-je.

"Je sais," répondit-il. "Elles ne sont peut-être pas grosses, mais il y a plein de choses délicieuses dans ces petits fruits."

"Et bien, vous m'avez convaincu - c'était un régal," soupirai-je avec plaisir.

"Dîtes-moi, Bella, quelles études suivez-vous?"

"J'étudie l'anglais. Ne me demandez pas ce que j'ai l'intention de faire une fois que j'aurais mon diplôme."

Il rigola. "Okay, je ne vous le demanderais pas. Mais dîtes-moi, qu'est-ce qui vous plaît dans l'anglais?"

Personne ne m'avait jamais demandé ça auparavant. Je ne savais pas vraiment comment répondre. "Je suppose que j'aime lire. De la poésie. Du Shakespeare. Du Chaucer. Et surtout les classiques, comme Jane Eyre, Orgueil et Préjugés, Anna Karenina et cetera. Je relis souvent les livres que j'aime; je ne m'en lasse pas. J'ai suivi un programme ouvert ma première année ici, et les seules classes que j'ai vraiment aimé, c'était mon cours de rhétorique et mes cours de littératures, donc...

"Donc vous vous êtes tournée vers l'anglais."

"Voilà. Ça semblait être le bon choix pour moi. Mais sérieusement, je n'ai aucune idée de ce que je vais faire avec ma licence cependant."

"Vous pourriez toujours enseigner."

Je grimaçai. "Moi? Enseigner à une bande de gamins couverts de morve? Je ne pense pas."

"Est-ce que vous voulez écrire?"

"Pas vraiment."

"Travailler dans l'édition?"

Hmmmm, ça c'était pas une si mauvaise idée. "Peut-être. Mais j'ai tout mon temps pour me décider. J'ai prévu de poursuivre mes études après ma licence."

"Ahhh, je vois. Alors dîtes-moi, quels poètes aimez-vous?"

"Ummm, principalement Elizabeth Barrett Browning, William Blake, John Donne et Emily Dickinson. J'aime leur style comparé à disons, Charles Bukowski par exemple. Pas qu'il écrive mal, mais ses poèmes ne sont pas à mon goût." Je bavardai maintenant.

"Bella, vous savez que je suis professeur de musique, n'est-ce pas?"

Je hochai la tête. "Mmmmmhmmmm."

"En fait, j'écris un livre sur l'oeuvre, musicale et poétique de Claude Debussy. Est-ce que vous le connaissez?"

"Je pense. Clair de lune, n'est-ce pas?"

Il me sourit. "Correct. Il était non seulement compositeur, mais il écrivait aussi de la poésie. Et il mettait ses poèmes en musique. J'ai fait des recherches sur d'autres poètes de la même époque que j'aimerais mentionner dans mon livre. Je me demandais si vous aimeriez m'aider."

"Vous aider?" Comme pouvais-je bien aider cet homme à écrire son livre? Je ne connaissais rien à la musique, et encore moins à Debussy.

"Oui, ça m'aiderait énormément si vous pouviez rassembler les livres dont j'ai besoin et les feuilleter pour moi. J'apprécierais que vous marquiez ou photocopiez les passages ou les chapitres qui seraient utiles à mes recherches." Il fit un geste de la main vers un paquet de photocopies. "Ça me prend énormément de temps."

"Je pense que je pourrais faire ça." J'espérai que mon excitation ne s'entendait pas trop dans ma voix.

"Ça m'aiderait énormément. Mais, s'il vous plaît, si ça interfère avec vos études ou votre travail, je comprendrais que vous ne puissiez pas le faire. Vous êtes une étudiante avant tout, pas mon assistante de recherche," me dit-il avec sérieux.

"Je pense que j'arriverais à me débrouiller," lui répondis-je tout aussi sérieusement. Mais je savais que ça devrait devenir un terrible fardeau avant que je renonce à la chance de voir le Docteur Cullen régulièrement. "Par pure curiosité, quel genre de poésie écrivait Debussy?" lui demandai-je.

Il me sourit. "Je dois bien admettre que ses poèmes étaient un peu particuliers." Il ouvrit une de ses pochettes et en sortit un paquet de feuilles. Il les feuilleta avant de me tendre une des feuilles. Il hésita. "C'est l'un de mes poèmes préférés, mais je ne sais pas vraiment ce que vous en penserez."

"Laissez-moi jeter un coup d'oeil alors." Je lui fis un large sourire et m'adossai à ma chaise.

- De fleurs...

Dans l'ennui, si désolément vert, de la serre de douleur,

les Fleurs enlacent mon coeur de leurs tiges méchantes.

Ah! quand reviendront autour de ma tête,

les chères mains si tendrement désenlaceuses?

Les grands Iris violets violèrent méchamment tes yeux,

en semblant les refléter,

Eux, qui furent l'eau du songe où plongèrent

mes rêves si doucement enclos en leur couleur;

Et les lys, blancs jets d'eau de pistils embaumés,

ont perdu leur grâce blanche.

Et ne sont plus que pauvres malades sans soleil!

Soleil! ami des fleurs mauvaises. Tueur de rêves!

Tueur d'illusions, ce pain béni des âmes misérables!

Venez! Venez! Les mains salvatrices!

Brisez les vitres de mensonge,

Brisez les vitres de maléfice,

Mon âme meurt de trop de soleil! Mirages!

Plus ne refleurira la joie de mes yeux

Et mes mains sont lasses de prier,

Mes yeux sont las de pleurer!

Éternellement ce bruit fou de pétales noirs de l'ennui tombant goutte à goutte

sur ma tête

Dans le vert de la serre de douleur! -

Je pris un moment pour relire le poème une fois de plus. Je pouvais sentir ses yeux sur moi pendant toute ma lecture. Je n'étais pas sûre de la réaction qu'il espérait me tirer, donc je craignis soudainement de dire quelque chose de mal.

"Wow. Um, wow," fut tout ce que je réussis à dire.

"Ce n'est pas grave si ça ne vous plaît pas," m'assura-t-il. "Je veux sincèrement savoir ce que vous en pensez."

"C'est très intéressant en fait. Il a une relation d'amour/haine avec les fleurs, n'est-ce pas? Les associations qu'il fait sont plus proches du surréalisme que du symbolisme à mon avis. Ce texte fait naître beaucoup de questions." Je jetai un coup d'oeil à ma montre. "J'adorerais rester là et y réfléchir un peu plus, mais malheureusement, je dois retourner au travail maintenant," soupirai-je.

Le Docteur Cullen me regarda avec intérêt. "Bella, je...je ne sais pas quoi dire."

"Je suis complètement à côté de la plaque, c'est ça?" demandai-je en fronçant les sourcils.

"Non, en fait, c'est plutôt l'opposé. Pour quelqu'un qui n'a aucune connaissance approfondie de Debussy, c'était très perspicace. Je suis impressionné. Dîtes-moi, seriez-vous libre de me rencontrer, disons, mercredi soir, pour commencer? Ou est-ce que vous travaillez ce soir-là?"

Je dus y réfléchir un moment parce que ma tête avait commencé à tourner à l'instant même où il m'avait dit que je l'avais impressionné. "Je finis à dix-huit heures mercredi. Donc je peux vous rejoindre après."

"Ça m'a l'air d'un plan. Devrions-nous nous rejoindre ici, puisque c'est plutôt pratique pour nous deux?"

"Ça me va," souris-je. "Je ferais mieux d'y aller maintenant, mais je vous verrais mercredi, Docteur Cullen."

"J'ai hâte d'y être, Bella. Passez une bonne soirée."

Pour le reste de la soirée, je ne 'fis pas de rondes', je dansai dans les allées.


De fleurs, 1892-1893, Claude Debussy


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