coucou!! Voilà le chapitre 7 ! Merci pour vos reviews !

Bonne lecture !

Phenix


Chapitre 7

Il était bien plus de minuit quand Malefoy se pointa dans la chambre d'Harry.

- Hé bien… Tu as un léger retard on dirait, ironisa ce dernier en se redressant sur un coude.

- Tu dormais ?

- Non, non, je me repose seulement, je ne peux pas dormir, j'ai trop mal… Mais entre va… Pourquoi tu viens si tard ?

- J'étais coincé à Serpentard, dit le blond en prenant place dans le fauteuil en osier garni de coussins pourpres près du lit. Pansy ne voulait pas me lâcher, elle voulait à tous prix faire ses devoirs avec moi alors que j'en avais pas envie, elle me prend toujours mes cours et en général, elle les recopie sans même chercher à savoir de quoi ça parle…

- On dirait Ron, dit Harry en souriant. Il prend les cours d'Hermione et les recopie sans chercher à les comprendre, résultat, il se retrouve avec des P et de T aux devoirs…

Malefoy eut un léger sourire en coin puis il posa ses coudes sur ses cuisses et soupira :

- Et toi ? fit-il en relevant la tête. Comment tu va depuis ce midi ?

- Pas fort, Pomfresh est passée en milieu d'après-midi, elle m'a dit que si je ne sentais plus mes jambes c'était à cause des mouvements perpétuels de cette horreur… Drago, je veux m'en débarrasser… gémit alors le Gryffondor, couché sur le flanc, un bras sous l'oreiller.

Le blond haussa un sourcil. Ces derniers temps, quand le brun l'appelait par son prénom c'était que ça n'allait vraiment pas.

Se levant, le Serpentard alla s'asseoir au bord du lit. Harry se contorsionna malgré la douleur et posa sa tête sur les genoux du blond qui dit doucement :

- Ne t'en fais pas… On va te trouver une solution, même s'il faut, pour cela, payer un lourd tribut…

- J'ai déjà choisit ce lourd tribut, dit alors Harry en fermant les yeux.

- Ha oui ? Et qu'est-il ?

- Si je te le dis, tu vas pousser des hauts cris et tenter de me faire changer d'avis, mais avec ce prix, Voldemort ne pourra pas refuser de m'aider…

Un silence passa puis Malefoy dit :

- Attend, tu ne vas quand même pas lui donner ce qu'il attend depuis toujours ?

- Si tu parles de moi, rassures-toi, ce n'est pas le cas, dit Harry en rouvrant les yeux.

Le Serpentard soupira discrètement puis Harry ajouta :

- Je vais juste lui donner une partie de moi…

- Hein ? Potter, attends, je sais que ta situation n'est pas du tout enviable et que je ne sais probablement pas ce que tu peux ressentir en ce moment, mais ne va pas commettre l'irréparable, je t'en conjure…

- Tu pourras me supplier autant que tu veux, tu ne me feras pas changer d'avis, dit Harry en se redressant.

Il se rallongea sur ses coussins et resserra sa veste autour de lui.

Malefoy le regarda de travers. Quelle idée saugrenue avait encore bien pu germer dans cette tête de linotte ? S'il n'allait pas se « donner » à Voldemort, alors qu'allait-il donc lui donner ? Qu'entendait-il par « une partie de moi » ?

- Potter…

Le brun ne bougea pas. Malefoy l'appela de nouveau puis utilisa son prénom :

- Harry…

- Quoi ?

- S'il te plait… Quoi que tu aies pu décider, n'en fait rien, il y a très certainement un autre moyen…

- Un autre moyen qui m'amènera droit à la mort ? fit Harry en fixant son regard d'émeraudes sur le blond. Je ne veux pas d'autre moyen, Malefoy, Voldemort est le seul et unique sorcier suffisamment puissant pour me débarrasser de ce petit de Harpie sans me tuer ! Il pourra le faire par la suite s'il le désire, mais dans un combat loyal, où je ne serais pas affaibli ni martyrisé par une douleur qui aurait terrassé n'importe quel Moldu depuis longtemps !

Un grand geste de la main du brun mit fin à la discussion. Malefoy pinça les lèvres puis il se leva du lit dans un froissement de tissu. Il passa ses mains sur sa robe de sorcier pour la lisser un peu puis il se détourna et demanda :

- Et qu'est-ce que tu as décidé de lui « donner » ?

Harry ne répondit pas et un lourd silence s'abattit sur les deux sorciers. On aurait presque pu entendre le mouvement des flammes des bougies dans les bougeoirs.

- Je vois, fit le Serpentard. Bonne nuit…

Il se dirigea vers la porte, posa sa main sur la poignée et l'ouvrit. Il allait la franchir quand Harry dit :

- Je vais lui donner l'amour que j'ai pour toi, Malefoy…

Malefoy ferma les yeux. Il hésita à se retourner puis déglutit et quitta la pièce rapidement, laissant la porte ouverte sur l'obscurité du couloir, tentant d'ignorer ses yeux qui le brulaient.

Harry soupira alors puis il baissa les yeux et, d'un geste de la main, il referma la porte qui se verrouilla d'elle-même. Il souffla ensuite la bougie la plus proche et tenta de dormir.

///

Le soleil se levait sur l'Angleterre. Assit sur une plateforme en bois vermoulu, transi de froid et affamé, Rogue attendait patiemment que la nouvelle Directrice décide de son sort. Une porte claqua soudain puis des pas se firent entendre. Il ne bougea pas, se contentant de lever seulement la tête quand la porte de sa cellule pivota, laissant entrer Lupin chargé d'un plateau dont l'odeur tortura l'estomac creux de Rogue :

- Voilà le petit-déjeuner, dit Lupin en refermant la porte derrière lui. Hé bien quoi ? fit-il ensuite. Tu n'a pas faim ?

- Si…

- Alors mange donc… Tu croyais peut-être que Minerva allait te laisser mourir de faim ? Si tu avais été plus épais, à la rigueur un petit jeûne ne t'aurais pas fait de mal, mais là… Le Lord ne donne donc rien à manger à ses fidèles ?

- Nous sommes chargés de nous nourrir nous-mêmes, dit Rogue en prenant un bout de saucisse avec la pointe d'un couteau. Et parfois, la nourriture que nous volons ne nous suffit pas du tout, rares sont les fois où nous mangeons à notre faim…

- Parle au passé, tu veux ? Tu ne fais plus partie des leurs, maintenant…

- Malheureusement, que je parle au passé ou au présent, une partie de mon âme restera quand même Mangemort… tout comme la tienne restera à jamais un Loup-garou…

- Loup-garou est une malédiction, Severus, par Mangemort… C'est un choix, c'est différent.

- Si tu le dis…

Rogue mangea alors un autre morceau de saucisse et Lupin soupira. Il s'assit en tailleur sur le sol humide et, les mains sur les genoux, il demanda :

- Severus, pourquoi ne pas t'être manifesté plus tôt ? Tout le monde te croyait mort…

- Toi aussi ?

- Que… Moi ?

Lupin rougit alors brusquement et baissa les yeux. Il se racla la gorge puis reprit :

- Un simple hibou, ou un mot balancé dans une cheminée nous aurait permis de savoir que tu étais toujours quelque part… vivant…

- Je ne mérite pas autant d'inquiétude, dit alors Rogue froidement. Je suis une ordure, je ne mérite que la mort et si Minerva m'avait rejeté quand je me suis présenté aux portes ce matin, je l'aurais fait.

- Ne dis pas n'importe quoi ! répliqua soudain Lupin avec véhémence.

- Mais ? Remus, je suis sérieux…

- Tu es un idiot, Rogue ! siffla alors Lupin en fronçant les sourcils. A quoi bon se donner la mort, hein ? Moi je peux t'aider, Minerva peut t'aider ! Il y a des dizaines de personnes qui sont prêtes à t'aider ! Tu as juste à regarder autour de toi, par Merlin !

La vive réaction de son ami avait surprit Rogue. Cependant, accrochant son regard dans les iris gris clairs du Lycanthrope, le professeur de Potion parut brusquement déstabilisé. Il recula contre le mur suintant d'humidité et il ferma les yeux :

- Par Merlin, Remus, ne me dis pas que tu…

- Que je quoi ? Que je tiens à toi ? Severus, tu es mon unique ami ! Tu es le seul qui ne se soit pas détourné de moi à cause de ce que je suis !

- Dumbledore…

- Dumbledore est mort ! s'exclama Lupin en bondissant sur ses jambes. Tu ne peux pas savoir le sang d'encre que je me suis fait alors que personne ne savait où tu étais !

La voix pourtant faiblarde de Lupin résonnait dans la petite cellule, lui donnant encore plus de force, et Rogue, agacé, se leva soudain. Sa tête manqua heurter le plafond de pierre voûté, mais il l'ignora et se jeta sur Lupin. Il le plaqua contre le mur en appuyant son bras contre sa gorge et il siffla :

- Continue encore de crier comme ça, et je te jure que c'est toi qui va disparaître, et pour longtemps…

Cela coupa aussi sec la voix du professeur de DCFM. Son expression changea alors et il leva les bras pour en entourer le cou de son ami en disant :

- Severus… Pour rien au monde je ne voudrais qu'on m'arrache à toi… Tu es mon seul ami…

Fermant les yeux dans un soupir, Rogue entoura le Lycanthrope de ses bras et le serra contre sa grande carcasse maigre.

Rares étaient les effusions d'affection entre eux avant qu'il (Rogue) ne disparaisse dans les ombres de Voldemort après avoir supprimé Dumbledore. Mais, au lendemain de chaque pleine lune, alors que Lupin redevenait un humain normal, Rogue passait la journée avec lui, enfin suivant son emploi du temps, et ils restaient souvent assit l'un en face de l'autre, sans bouger ni parler, se sustentant simplement de la présence de l'autre.

Soudain, un raclement de gorge les fit sursauter :

- Pardon de vous déranger, grinça la voix de McGonagall. Severus, suivez-moi.

Rogue recula aussi sec, les joues roses, et Lupin semblait avoir quelque chose de coincé dans la gorge. McGonagall se racla de nouveau la gorge puis Rogue la suivit en silence.

Ils gagnèrent, non pas le bureau du « Directeur » mais celui de McGonagall, à la grande surprise de Rogue qui avait pensé qu'elle allait d'installer dans l'ancien bureau de Dumbledore :

- Si vous vous demandez pourquoi j'ai gardé mon bureau, simplement parce que là-haut, ce sera toujours le bureau de Dumbledore, ou tout du moins tant que mon deuil ne sera pas terminé.

Rogue prit cette remarque en pleine poitrine. La rancœur de son ancienne amie le blessa plus qu'il ne le pensait et il déglutit discrètement. Regagner la confiance d'une femme telle que Minerva McGonagall n'allait pas être simple…

///

Lupin faisait le pied de grue devant le bureau de McGonagall. Il n'entendait absolument rien, ni voix ni bruit, et cela l'inquiétait un peu. D'autant plus que McGonagall se tenait près de lui et que c'était le professeur Flitwick qui était à l'intérieur avec Rogue.

- Minerva, pensez-vous que… fit Sinistra, adossée à une tenture passablement déchirée.

- Je ne préfère pas m'avancer, dit la vieille sorcière, les bras croisés dans les grandes manches de sa robe en velours vert.

Lupin regarda la sorcière. Il baissa alors les yeux puis les releva et croisa le regard de Sinistra. Celle-ci fronça les sourcils et le Lycanthrope en conclut que Minerva avait encore trop parlé…

///

Deux heures s'étaient écoulées. Les élèves étaient entrés en cours, ressortis, sortis en récréation, et venaient de retourner en cours. Flitwick avait été obligé d'aller assurer son cours et Lupin, qui n'avait pas de cours de toute la matinée, se proposa derechef pour finir l'entretient avec Rogue. McGonagall, trop occupée pour discuter, accepta et s'en alla ensuite donner son cour.

- Severus…

Lupin chercha son ami des yeux et le trouva près de la fenêtre en arcade, en train de reboutonner sa manchette droite :

- C'est toi qui va terminer cet entretien déshonorant ?

- Déshonorant ? Cet entretien est justement pour voir si l'honneur de ta famille peut être remonté, dit Lupin.

Rogue lâcha un son bref par le nez puis il demeura tourné vers la fenêtre, obstiné.

- Severus… Je t'en prie…

- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Voldemort m'a libéré du serment que j'ai prononcé il y a vingt ans ! Et moi, je rentre chez moi, pensant que j'allais être accueillit…

- A bras ouverts ?

- ... moins froidement que cela, et bien non, d'office, on me jette dans le plus lugubre de mes cachots et on me fait subir un test déshonorant et humiliant ! Je n'ai jamais été aussi humilié de ma vie, Remus !

Rogue fit alors volte-face. Il avait les yeux brillants et les joues rouges. Ses poings se crispèrent soudain, il s'effondra sur une chaise près du bureau. Il plongea son visage dans ses mains et Remus lui bondit dessus :

- Severus, je t'en prie… Non, ne te laisse pas aller…

- Je n'en peux plus Remus… Je suis épuisé, meurtrit… Pendant les vingt dernières années, alors que j'aurais pu devenir un professeur modèle, avoir une femme et des enfants, hé bien non ! Je n'ai rien pu faire de tout cela ! Tout ça parce qu'un Mage Noir détraqué m'a pourrit la vie pendant toutes ces années ! Je n'en peux plus…

Il plongea de nouveau son visage dans ses mains et Lupin se baissa devant lui. Il repoussa les longues mèches noires puis il prit les poignets de son ami en disant :

- Severus, rien n'est perdu… Ce n'est pas encore trop tard, tu n'a que trente-huit ans…

- A cet âge je devrais avoir un enfant d'au moins vingt ans ! gémit Rogue en se redressant.

- Qui sait ? Tu as peut-être des enfants par delà le monde…

- Peuh !

Rogue détourna la tête. Lupin soupira puis il se releva et tira Rogue à lui. Celui-ci, après avoir résisté une seconde, finit par obéir en grognant et Lupin dit :

- Cesse donc de grogner et viens avec moi.

- Où ? Tu ne finis pas les tests ?

- A quoi bon ? Je sais parfaitement qui tu es, moi… Et si McGonagall doute de ses propres professeurs, alors ma foi…

Rogue haussa un sourcil puis il soupira et prit sa veste posée sur une chaise.

- Allons chez moi, fit le Lycanthrope.

Rogue ne dit rien. Il se contenta d'opiner du chef puis il suivit Lupin dans le dédale de couloirs du château pendant environ cinq bonnes minutes. Lupin se planta ensuite devant une porte, agita sa baguette devant la serrure puis poussa le panneau et Rogue le suivit.

///

Harry gémit. Son ventre lui faisait très mal. Il était midi passé et Malefoy n'avait pas pointé son nez depuis la veille et de toutes façons, il n'allait probablement pas venir. Du reste, personne n'était venu depuis la veille et le Gryffondor, même s'il avait réussit à dormir quelques heures, avait de plus en plus envie de voir du monde.

- Et si j'essayais de me lever ? fit-il soudain. Ça fait presque deux semaines que je suis couché…

Il repoussa les couvertures puis, s'agrippant au montant du lit, il s'assit. Il grimaça de douleur puis il tira péniblement ses jambes hors du lit. Lorsque ses pieds se posèrent sur le tapis épais étalé devant le lit, le brun eut une drôle de sensation. La plante de ses pieds semblait extrêmement sensible et les poils du tapis, normalement si doux, lui faisaient l'effet de graviers.

- Aller, courage…

Tendant les mains vers le fauteuil en face de lui, il se propulsa dans sa direction et ses mains saisissent les accoudoirs. Il s'y agrippa et attendit sans bouger. Il se redressa ensuite et, fermant les yeux, il songea qu'il aurait bien besoin de béquilles. Un bruit se fit alors entendre près de lui et il rouvrit les yeux pour voir deux longues cannes en bois clair, ornées toutes deux d'une tête de Gryffon en guise de pommeau :

- Allons bon, fit le brun en se penchant difficilement pour ramasser les deux cannes. Voilà que je peux matérialiser des choses rien qu'en y pensant…

Il soupira puis s'appuya sur les cannes et tenta un pas. Il assura son pied puis avança l'autre jambe. Il avait l'impression d'avoir d'atroces courbatures. Ses cuisses étaient dures comme du bois, comme tétanisées. Il continua cependant à avancer et, alors qu'il atteignait le bout du lit, il fit demi-tour et retourna s'asseoir dans le fauteuil. Il était épuisé :

- Je peux marcher, c'est déjà ça, fit-il en regardant ses jambes victimes de tremblements incontrôlés et incontrôlables. Mais si je ne t'avais pas en moi, tout irais encore mieux, soupira-t-il ensuite.

Il posa une main sur son ventre et il sentit les mouvements du petit de Harpie. Parfois, il sentait une griffe contre sa paroi abdominale, ou un coude. Contrairement aux bébés normaux, celui-ci semblait se tourner et se retourner sans cesse, comme quelqu'un qui ne trouve pas le sommeil et qui se tourne et se retourne sans arrêts entre ses draps.

Harry était persuadé que l'atroce douleur dont il souffrait venait de là. Avoir un petit être qui grandit dans son ventre ne provoque pas de pics douloureux aussi vifs sinon les femmes n'aimeraient pas être enceintes. Non, la douleur venait uniquement du fait que le petit ne cessait de bouger dans ce cocon trop petit.

Un étrange sentiment prit soudain le Gryffondor. Il crut y percevoir de la culpabilité pour ce petit qui allait mourir et qui n'avait rien demandé, mais il se reprit bien vite. Si on laissait vivre cette chose, c'était lui qui allait mourir, or il n'en avait aucune envie. Il voulait continuer à vivre, continuer à connaître Malefoy, pouvoir venger la mort de Dumbledore et celle de ses parents.

Soupirant, le brun se releva péniblement du fauteuil et se recoucha dans son lit. Il se cala sur le côté, un coussin sous son ventre qui, en une semaine avait doublé de volume, puis il passa un bras sous sa tête et ferma les yeux.

///

Rogue soupira. Assit dans un fauteuil qu'il avait fait apparaître en face du bureau de Lupin, il regardait celui-ci corriger ses copies.

- Remus…

- Mhm ?

- Minerva ne va pas te faire des reproches pour m'avoir amené ici ?

- Quoi qu'elle dise ou quoi qu'elle fasse, je me porterais garant de toi, tu le sais parfaitement, répondit le professeur de DCFM en posant sa plume.

Il se leva alors et contourna son bureau. Rogue leva la tête vers lui quand le Lycanthrope fut à ses côtés, et ce dernier dit :

- Severus, toutes ses années où tu as prit soin de moi avec ta potion Tue-loup… Je te dois bien ça, nan ?

Rogue cligna lentement des yeux, les lèvres pincées. Lupin lui sourit alors affectueusement puis il posa une main sur la joue hâve et Rogue dit :

- Arrête Remus… Je t'en supplie, ne t'éprends pas de moi, je ne mérite pas ton affection.

Repoussant la main du Lycanthrope, Rogue se leva de son fauteuil. Il se dirigea vers la fenêtre, les mains dans le dos, puis il soupira :

- Emmène-moi voir Potter.

- Hein ?

- Emmène-moi le voir, je veux savoir ce qu'il a et pourquoi Minerva fait tant de secrets, dit Rogue en se retournant.

- Je ne peux pas… Minerva surveille sa chambre…

- Sa chambre ? Il n'est pas à Gryffondor ?

- Non, nous… nous l'avons installé dans les appartements inoccupés du professeur de Défense Contre les Forces du Mal.

- Mais c'est toi ça…

- Oui, mais je préfère habiter ici, dit Lupin en montrant son bureau partiellement en désordre.

- Peu importe, fit alors Rogue en secouant la tête. Conduis-moi là-bas, j'ai besoin de lui parler.

- Il ne t'écouteras pas et s'il te voit, je suis certain qu'il va chercher à t'étriper. Seulement, dans l'état où il est, il vaut mieux qu'il reste allongé et ne s'énerve sous aucun prétexte.

- C'est si grave ?

- Oui.

- Il risque d'en mourir ?

- Si notre accord avec Voldemort ne se fait pas rapidement, oui.

Rogue pinça les lèvres :

- Dans ce cas, fit-il. Va le voir et essaie de le raisonner.

- Moi ? Mais tu veux ma mort ou quoi ??

- Jamais voyons ! Seulement, tu es son parrain, il t'écoutera.

- A d'autres ! Harry n'a jamais écouté personne d'autre que lui. S'il ne veut pas quelque chose, il ne veut pas et rien ni personne…

Lupin se tut soudain.

- Oui ? Rien ni personne quoi ? demanda Rogue, surprit.

- Je viens d'avoir une idée…

- Ha ? Laquelle ?

- Il court une rumeur entre les professeurs, comme quoi Malefoy rendrait souvent visite à Harry dans sa chambre…

- Ha oui ? Allons bon…

- Quand j'ai demandé à Minerva si c'était vrai, elle ne m'a pas répondu, hier…

- Minerva cache donc bien quelque chose. Aller Remus, s'il te plait, va le voir pour moi…

- Et que je te laisse tout seul dans mon bureau ? Non, non, tu rêves. Tu va m'accompagner.

- Mais tu viens de dire que…

- Je suis suffisamment doué en magie pour arrêter un élève affaiblit par une maladie qu'il traine depuis deux semaines, dit Lupin, comme froissé.

- Okay, okay, fit Rogue. Te vexes pas, je ne voulais pas dénigrer tes compétences magiques…

Lupin regarda son ami du coin de l'œil puis il soupira et fit un signe de tête en direction de la porte :

- Allons-y, fit-il.

Ce fut alors une véritable prouesse que d'accéder à la chambre du Gryffondor sans se faire surprendre par McGonagall, un autre professeur, un élève ou un Fantôme, mais les deux sorciers y parvinrent sans encombres mais avec quelques frayeurs.

///

Dans sa chambre, cependant, Harry somnolait. Il avait accéléré le débit de sa perfusion, ayant de plus en plus mal, et le calmant l'avait assommé. Lorsque des coups résonnèrent contre la porte de la chambre, il marmonna une vague autorisation, pensant que c'était Pomfresh ou McGonagall.

- Harry, c'est moi, dit Lupin doucement. Je te dérange ?

- Jamais… marmonna le brun en souriant. Entre…

- J'amène un ami, Harry, dit alors le Lycanthrope. Promets-moi de ne pas te mettre en colère…

- En colère ? Remus, je suis à moitié dans les choux…

Le Gryffondor soupira alors et les deux professeurs se regardèrent. Ils finirent par entrer dans la chambre complètement noire, mis à part un chandelier sur la table de chevet du brun, et Remus s'approcha alors du brun et son visage blanchit. Il fronça les sourcils, pinça les lèvres puis il se pencha et caressa le front de Harry, couvert de sueur :

- Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-il alors.

- Tu n'es pas au courant ? Dans ce cas… Tu dois partir…

Harry soupira alors puis il gémit et ses doigts se crispèrent sur le drap.

- Seuls… reprit-il. Seuls ceux qui savent ont le droit d'entrer ici… Tu dois partir. Vous aussi, professeur… Rogue.

Rogue sursauta. Remus le regarda, surprit, et Harry ajouta :

- J'ai un sixième sens maintenant, je peux voir sans regarder… Et je vous ai sentit.

- Sentit ? Potter, gronda Rogue en fronçant les sourcils.

- J'ai sentit votre aura et j'ai mit quelques secondes à vous identifier…

- Pourquoi ? demanda soudain Lupin. Dis-moi pourquoi tu es ici, Harry… Tout seul, dans le noir… et perfusé ?

- Je suis malade, Remus, dit le brun, toujours allongé sur le flanc, serrant le drap sur son ventre. Je suis malade et je risque de mourir si Voldemort n'arrête pas de faire sa tête de pioche rapidement.

La porte de la chambre s'ouvrit soudain et la voix de McGonagall claqua :

- Vous ! tonna-t-elle. Sortez d'ici tout de suite ! Vous n'avez rien à faire ici ! Dehors !

- Minerva, dit Lupin. Minerva, attendez…

- J'ignore pourquoi vous êtes ici tous les deux, mais vous n'avez pas d'autorisation, dit McGonagall, apparemment furieuse. Allez-vous-en, vous entendez ?

- Minerva ! s'exclama soudain Lupin. Ça suffit ! Harry est de ma famille ! S'il est malade au point de risquer d'en mourir, alors je dois le savoir !

- Et moi aussi, dit Rogue en croisant les bras. Je peux très probablement le soigner.

- J'en doute… fit Harry avec un petit rire qui se transforma en toux puis en gémissement de douleur.

Aussitôt, Pomfresh, qui se cachait derrière McGonagall, se rua sur le Gryffondor :

- Potter, votre perfusion est à quatre, vous êtes fou…

- J'ai trop mal… Pompom, faites quelque chose, dit le brun en agrippant la main de l'infirmière Je vous en supplie…

- Dehors, dit soudain McGonagall. Tout le monde dehors!

Elle fusilla Rogue et Lupin du regard puis tourna les talons et les deux hommes la suivirent sans piper mot. La porte de la chambre se referma ensuite et Pomfresh décrocha la main du brun de la sienne :

- Bien ! fit-elle. Je n'en peux plus de vous voir souffrir.

Elle plongea une main sous son tablier et en tira une fiole en cristal fermée d'un bouchon de liège.

- C'est…

- C'est la potion d'avortement que j'ai modifiée, dit Pomfresh.

Elle matérialisa une seringue dans sa main, planta l'aiguille à travers le bouchon plat puis elle posa la fiole sur la table de chevet et piqua la seringue dans la perfusion :

- Vous allez avoir très mal, Potter, presque autant que ce soir, prévint l'infirmière Il se peut que vous sombriez dans le coma, mais je vais rester près de vous. Il ne faudra pas vous endormir maintenant sinon vous mourrez.

- Peut-être cela vaudrait-il mieux…

- Idiot ! tonna soudain l'infirmière

Harry sursauta :

- Vous ne savez pas à quel point le monde sorcier a besoin de vous, Potter ! Songez aux personnes qui vous aiment, à vos amis, à monsieur Malefoy, à nous autres professeurs ! couina la femme.

Des larmes roulaient sur ses joues comme des billes, transformées en larmes de feu par le reflet des chandelles.

- Pompom…

- Taisez-vous maintenant, dit l'infirmière.

Harry déglutit et Pomfresh appuya sur le piston de la seringue. Aussitôt, le produit se diffusa dans le sang du Gryffondor, propulsé à toute allure par le cœur emballé. Harry sentit aussitôt ses muscles se tétaniser. La chose dans son ventre remua et il jura l'entendre hurler de douleur.

- Maman… fit le brun en se crispant violemment.

Pomfresh lâcha la seringue et elle saisit le brun par les épaules. Elle s'assit au bord du lit et le serra très fort contre elle car il se débattait. Au même moment, la porte de la chambre se rouvrit à la volée et McGonagall apparut. Lupin la bouscula alors et il se rua au pied du lit :

- Restez en arrière ! dit l'infirmière.

- Pompom, vous n'avez pas…

- Je n'avais pas le choix, dit l'infirmière. Il allait mourir…

- Mais ? dit Lupin. Minerva…

- Pompom, lâchez-le, messieurs, maintenez-le immobile, dit alors la femme.

Rogue et Lupin, désormais au courant de ce qu'avait Harry, s'agenouillèrent de part et d'autre du brun sur le lit et ils l'immobilisèrent à l'aide de leurs mains.

- Surtout, n'utilisez pas de magie, dit Pomfresh en remettant une mèche de cheveux sous sa coiffe. Son corps en est saturé, une dose de plus le tuerait instantanément.

- Il souffre, dit McGonagall, en portant ses mains à sa bouche. C'est atroce.

- Allez-vous-en, dit alors Rogue. Vous ne devez pas voir cela…

Pomfresh hocha la tête. Elle entraina McGonagall dans le couloir puis la porte se referma. Lupin poussa un cri de douleur et il plaqua le bras du brun sur le matelas :

- Saligot ! gronda-t-il en se massant la joue. Il vient de me mettre un poing !

- Vengeance, dit Rogue avec un sourire.

Son ami lui tira la langue puis Lupin dit :

- Mets-toi sur ses jambes, tu es plus grand que moi…

Rogue hocha la tête. Il s'installa à cheval sur les jambes du Gryffondor et Remus se mit à genoux derrière la tête de Harry, lui maintenant les bras relevés vers lui. Soudain, les deux hommes remarquèrent le ventre renflé du jeune homme. Rogue avança une main mais un violent mouvement de Harry le déséquilibra et l'obligea à poser ses mains sur les genoux du brun.

- Maman… fit soudain Harry. Maman… Papa…

- Harry, on est là, dit Remus. On est là, ouvre les yeux, regarde-moi.

- Remus ? Remus… Sirius…

- Harry… fit Lupin doucement.

- Potter, gronda soudain Rogue. Ouvrez les yeux ! Il ne faut pas vous endormir !

Harry sursauta. Sa tête valdingua à droite et à gauche, ses yeux se révulsèrent et il ouvrit la bouche. Il la referma aussitôt et continua d'appeler ses parents. Lupin et Rogue se remirent à lui parler, Remus lui donnant des claques pour le maintenir conscient.

Ce ballet dura une demi-heure, une demi-heure durant laquelle Harry cracha du sang, hurla de douleur, se souilla à maintes reprises, cracha encore du sang, et surtout, se débattit. En voulant se dégager de la prise de Remus, il lui assena un coup de poing dans l'estomac et le Lycanthrope se vit contraint de le lâcher. Bien mal lui en prit, car il reçu un autre coup de poing, dans la mâchoire, et ce fut Rogue qui saisit les mains du brun à la volée.

Bien qu'il sembla les comprendre et les entendre, Harry ne répondait pas aux deux hommes qui lui parlaient, ou plutôt lui criaient dessus. Ils essayèrent de lui faire tenir une conversation, mais Harry continuait d'appeler sa mère, son père, Sirius et toutes les personnes qu'il connaissait. Le nom de Malefoy revint plusieurs fois, plus souvent que ceux d'Hermione et Ron d'ailleurs…

Soudain, le corps du Gryffondor se détendit brusquement. Il cessa de se débattre et de crier et aussitôt, Lupin plaqua son oreille contre sa poitrine. Il soupira en se redressa :

- Il est vivant, dit-il. Mais je crois que c'est terminé…

Les deux sorciers se regardèrent puis Rogue se releva du lit en grimaçant. Il avait aussi prit sa dose de coups et, comme il s'approchait de son ami pour l'aider à se relever, celui-ci soupira et s'effondra dans ses bras :

- Il va m'entendre ce gosse, quand il reviendra à lui, gronda-t-il. Pourquoi est-ce qu'il ne m'a rien dit ? Hein ?

- Peut-être justement pour éviter que tu réagisses ainsi… dit Rogue.

Il resserra sa prise une seconde puis tous deux allèrent s'asseoir plus loin, à même le sol, le dos contre le mur.

Au bout de quelques minutes de silence, comme Harry ne donnait toujours pas signe de conscience, Lupin souffla :

- A ton avis, il y a vraiment un petit de Harpie dans son ventre ?

- C'est très possible, dit Rogue. Mais je pense qu'il est mort à présent… J'ignore quelle mixture Pompom lui a donné, mais à mon avis, ça a été radical.

- Et il va avoir des séquelles ?

- Comme pour tout, dit le professeur de Potions en baissant les yeux. Ce genre de mésaventure ne laisse pas indemne, cela se rapproche d'un avortement normal, une femme qui perd son bébé n'en ressort jamais indemne.

Lupin haussa brièvement les sourcils puis le silence revint et régna ensuite en maître.

- Minerva m'a dit que le professeur Benzine était responsable de son état… dit alors Rogue. En quoi…

- Le professeur Benzine est une Harpie, dit Lupin. Il est un mâle très beau et très attirant, pas étonnant que Harry ait succombé à son charme, cependant… Je savais mon filleul intrépide mais à ce point… Enfin, j'espère qu'il a comprit la leçon à présent…

- J'imagine, Minerva a dit qu'il était prêt à donner une partie de lui-même pour qu'on le sorte de ce pétrin. Seulement, donner une partie de soi-même à Voldemort, c'est en général lui donner son âme à tout jamais.

Lupin secoua la tête :

- Je ne pense pas qu'il aurait donné son âme, dit-il. Mais juste… quelque chose de moins… mortel.

La porte de la chambre s'ouvrit alors et McGonagall apparut. Elle regarda vers le lit, puis vers les deux hommes, inquiète :

- Il est inconscient, dit Lupin en secouant la tête. J'ignore s'il est dans le coma mais je crois que la potion a fait son effet.

McGonagall soupira alors puis elle s'approcha des deux hommes et s'assit à son tour à même le sol en disant :

- Il pourra se vanter de nous avoir fait très peur… Et je crois bien qu'il aura une retenue.

- Non, dit Lupin avec un sourire. Vous n'allez quand même pas oser… Après tout, si quelqu'un mérite une punition, c'est Voldemort…

- C'est lui qui en est l'origine, après tout, acheva Rogue.

- Punir Voldemort ? Allons bon, dit Minerva. Vous dites n'importe quoi tous les deux.

Lupin sourit puis McGonagall dit :

- Severus, vous avez réussit à embarquer Remus dans vos histoires à ce que je vois.

- Non, dit Lupin aussitôt. C'est de ma faute.

- Ais-je accusé quelqu'un ? demanda McGonagall en fronçant les sourcils.

- Pardon… Quoi qu'il en soit, ne le chassez pas, s'il vous plait…

McGonagall regarda son professeur de DCFM puis elle soupira :

- Soit. Je vous autorise à rester au château, Severus, mais il est hors de question pour vous d'enseigner quoi que ce soit à qui que ce soit, est-ce bien clair ? Vous serez consigné dans des appartements inoccupés, Ashley occupant les vôtres.

- Et toutes mes affaires ? demanda Rogue.

- Dans le grenier de Poudlard, naturellement, dit la femme en haussant les épaules. Nous n'allions pas les jeter, quand même…

- Vous auriez pu, dit Rogue.

- Et je ne vous cache pas que cela m'a traversé l'esprit, dit McGonagall. Mais vous nous avez été fidèle pendant seize ans quand même, c'est un fait non négligeable. Remus vous aidera demain à vous installer dans votre nouvel appartement et, pour votre bien, j'aimerais autant que vous évitiez de vous montrer lorsque les élèves sont dans les couloirs ou dans la cour.

- Je suis prisonnier ?

- En quelques sorte, mais un prisonnier de luxe alors, dit McGonagall. Je vous mets en garde Severus, à la moindre incartade, quelle qu'elle soit, je vous jette dehors corps et biens et vous ne pourrez plus jamais compter sur moi. Je fais déjà un gros tort à la mémoire d'Albus en acceptant que vous reveniez ici alors ne me faites pas regretter mon choix.

Sur ce, la vieille femme se releva. Elle lissa sa robe, s'approcha de Harry et lui caressa le front. Elle quitta ensuite la chambre en soupirant et Lupin regarda son ami :

- Elle a du avoir très peur pour Harry, dit-il. Sinon elle t'aurait déjà jeté dehors comme un malpropre… Tu dormiras chez moi ce soir, ajouta-t-il. A moins que tu ne veuilles…

- Passer la nuit ici ? A quoi bon, Potter est out…

Lupin hocha la tête puis ils se levèrent de concert et le Lycanthrope dit :

- Aller viens, laissons-le se reposer, je crois qu'il en a grandement besoin.

- Il ne craint rien tout seul ?

- Pompom ne va pas tarder, elle va veiller sur lui tout la journée s'il le faut…

Rogue soupira alors puis tous deux quittèrent la chambre sombre. Ils se faufilèrent dans un passage secret non loin puis Lupin entraina son ami dans son bureau-appartement :

- Tu n'as pas de cours aujourd'hui ? demanda Rogue comme son ami rangeait des classeurs en vrac, les enlevant d'une chaise pour les mettre sur une autre plus loin.

- Ce soir, j'ai un cours à seize heures et deux heures ensuite de rattrapage pour un Serdaigle qui a manqué des cours à cause d'une vilaine grippe.

Rogue hocha la tête puis ils s'installèrent en silence, qui dans un fauteuil, qui dans une chaise. Profitant de la présence d'un professeur, Lupin lui donna même des copies en retard à corriger, ce qui n'enchanta pas trop Rogue mai il se retint de dire quoi que ce soit.

///

A midi, les deux hommes se firent porter un repas dans le bureau, Rogue n'ayant pas le droit de se montrer quand les élèves étaient dans les couloirs, et Lupin en profita pour lui faire raconter ce qu'il avait vécu depuis sa fuite après la mort de Dumbledore.

- J'imagine que c'est un épisode assez douloureux, mais…

- Non, dit Rogue. J'ai vécu des choses bien pires, crois-moi.

- Hum, si tu le dis… Vas-y, si tu peux nous aider à y voir plus clair pour vaincre Voldemort…

- Tu sais tout comme moi que pour réussir à atteindre Lord Voldemort, il faut être bien plus rusé que lui. Seulement, être plus rusé que le plus puissant de tous les sorciers est une chose impossible. Même Potter en serait incapable.

- Il nous a déjà démontré par bien des actes qu'il peut être plus rusé que lui, dit Lupin. Il lui faut juste le temps nécessaire pour se préparer.

- Cependant, le temps, nous ne l'avons, et nous n'avons pas non plus le « héros ». Si Potter arrive à se sortir de cette passe où son imbécilité l'a fourré, il ne sera pas en état de combattre Voldemort avant de longues semaines, voir même plus.

Lupin se contenta de hocher la tête et Rogue haussa un sourcil :

- Tiens ? fit-il. Tu ne me dis pas de ne pas traiter Potter d'imbécile ?

- Non, parce que sur ce coup-là, il en est un beau…

Rogue eut alors un sourire vicieux puis ils continuèrent de déjeuner en silence, échangeant une phrase de temps en temps.

///

Pendant ce temps, dans sa chambre, Harry était toujours inconscient. Pomfresh et McGonagall étaient près de lui :

- Pompy, vous ne pouvez rien faire ?

- Dans l'immédiat, non, répondit l'infirmière Dans un premier temps, il doit revenir à lui, ensuite, je dois m'assurer que le petit de Harpie est bien mort, seulement alors je pourrais tenter de le retirer. Mais il faut pour cela que Potter soir conscient.

- Conscient ? Vous voulez dire que vous allez pratiquer…

- Non, je vais l'endormir au préalable, je voulais dire, qu'il ne soit pas dans le coma. Une telle opération, que je n'ai jamais pratiquée, cela va sans dire, est d'un facteur risque extrêmement élevé. J'ignore comme le petit de Harpie a arrangé les entrailles de Potter pour se faire une place, j'ignore quels organes ont étés endommagés et s'il y en a, de même que j'ignore s'il se réveillera un jour… La prise de la potion modifiée a rendu une réaction d'une violence que je n'avais pas soupçonnée. Il aurait pu en mourir, j'ignore ce qu'il l'a maintenu en vie.

- Sa volonté de vivre, probablement, dit McGonagall. Où son amour pour une certaine personne…

- Vous parlez de Monsieur Malefoy ? Comme est-ce possible ? Ils se haïssaient…

- Les mystères de l'amour, Pompy… dit McGonagall avec un sourire mystérieux. Harry et Drago ont voulu essayer de comprendre pourquoi ils se haïssaient depuis tant de temps, ils ont finit par comprendre qu'ils n'étaient finalement pas si différents l'un de l'autre et de fil en aiguille, ils en sont venus à s'apprécier. Je ne pense pas que l'on puisse parler d'amour proprement dit, mais il est clair qu'ils tiennent l'un à l'autre et cela, quoi que nous fassions, je ne pense pas que nous pourrons l'empêcher.

- Ce n'était pas mon intention, dit Pomfresh en secouant la tête. Simplement, je suis étonnée de ce retournement de situation.

McGonagall hocha la tête puis elle laissa l'infirmière au chevet du Gryffondor pour retourner à ses cours.


Et de 7 ^^

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Bisouxxx

Phenix