Hello all !

Voici le chapitre 6 !

La première Némésis approche et Hrungrir sort un peu des sentiers battus !

Bonne lecture ! :D


Chap 6 : la colère de l'hiver

Voilà une semaine que j'attends... Étant donné la situation dans laquelle mon contingent et moi nous nous trouvons je pensais recevoir de nouvelles instructions au plus vite...

Mais en leur absence j'ai passé la semaine à organiser et fortifier le camp avec l'aide de mes hommes. Cependant si nous ne recevons pas de renfort très vite nous abandonnerons notre position, je ne veux pas livrer un combat perdu d'avance.

La nuit va bientôt tomber et chaque jour qui passe voit mon malaise s'amplifier. A tel point que malgré le fait que la tempête se soit arrêtée j'en viens à la regretter. Si jamais nous devons fuir il n'y a aucun moyen de se camoufler un minimum.

Je retourne sous ma tente et je me débarrasse du ceinturon qui porte ma lourde épée avant de m'allonger sur ma couche. Par acquis de conscience je jette un coup d'œil aux documents sur la table au milieu de la tente mais il n'y a rien de nouveau. Je me détends au maximum mais je ne cherche pas à m'endormir et ce pour deux raisons : premièrement ce n'est pas le moment et deuxièmement des que je ferme les yeux je vois le visage désespéré de l'homme que j'ai interrogé qui revient me hanter.

Pourtant ce n'est pas le résultat de mes actions qui me met le plus mal à l'aise... J'ai la désagréable impression d'avoir brisé quelque chose d'important pour moi-même en torturant cet homme...

Plusieurs heures plus tard alors que je suis toujours perdu dans mes pensées quand Sjuris fait irruption dans ma tente.

« Commandant, il y a un petit groupe des gardiens du 1er bataillon qui approche de notre campement. »

Je me redresse subitement, très surpris par cette annonce.

« Qu'est ce que le 1er bataillon peut bien faire ici ? Ils ont annoncés leur arrivée ? » Je demande à mon officier.

« Non commandant. Ils sont chargés de défendre sa majesté Lissandra, ils ne devraient pas être... »

Sjuris et moi réalisons en même temps ce que leur présence signifie : la reine est venue en personne.

Je saute de ma couche précipitamment et je récupère toutes mes affaires.

« Prévenez tout le monde et préparez l'arrivée de la reine. Tous les soldats doivent être prêts et que ceux qui gardent la porte Est forment une haie d'honneur. Sjuris, prévenez Adfar nous devons être là tous les trois pour accueillir la reine. »

« A vos ordres commandant. » Acquiesça-t-il.

Il quitte ma tente aussi vite qu'il est rentré. Quant à moi je récupère l'épaulette qui témoigne de mon grade et je l'attache à mon manteau.

En sortant je constate que tout le camp est en pleine effervescence mais je n'ai pas le temps de m'occuper des détails et je me rends à la porte Est directement. Une fois arrivé je monte sur la tour de garde et je scrute les alentours.

Il y a bien un petit contingent de soldats qui approche. Ils sont facilement reconnaissable à la lourde armure caractéristique du 1er bataillon. Au milieu de la colonne se trouve un carrosse, qui semble taillé dans de la glace, tracté par deux énorme bêtes cornues. Ils devraient arriver d'ici peu.

J'entends en contrebas la haie d'honneur qui commence à se former. Je suis vraiment très étonné que Lissandra soit venue en personne... Est-ce que Sejuani serait à ce point un problème ?

On m'a dit qu'elle est une guerrière féroce, impitoyable et extrêmement douée mais qu'elle ne possède aucune capacité magique d'aucune sorte. Quel genre de guerrière peut espérer rivaliser avec une magicienne avec sa seule maîtrise des armes ?

Je descends de mon perchoir en voyant mes deux officiers prêt à recevoir la reine qui m'attendent en contrebas. Ils sont beaucoup plus serein que moi. J'imagine qu'il s'imagine que la présence de leur souveraine est la garantie d'une victoire facile. Personnellement je ne suis pas rassuré... Que quelqu'un comme elle qui possède une philosophie du secret aussi développée se mette ainsi en pleine lumière n'augure jamais rien de bon.

Quelques minutes plus tard nous sommes en position pour accueillir la reine dont le carrosse franchit le seuil de la barricade. Mes hommes s'agenouillent au fur et à mesure qu'avance le convoi. Ce vision me rappelle qu'ils ne m'obéissent que par ce que leur reine a ordonnée ainsi... Je ne suis qu'un pantin.

La partie de l'escorte finit de former la haie d'accueil et le véhicule de la reine pivote d'un quart de tour vers la gauche avant de s'arrêter. Sjuris, Adfar et moi nous posons un genou à terre.

« Bienvenue à vous reine Lissandra. » Je déclare solennellement.

La porte du carrosse s'ouvre toute seule et la silhouette fine de la reine se détache du reste. Elle porte toujours sa tenue d'apparat bleue et noire. Elle sourit en descendant les marches et s'adresse à moi.

« Conduisez-moi à vos quartiers commandant Hrungrir, vous pourrez ainsi m'informer des dernières avancées. »

« A vos ordres majesté. » Je réponds.

Je me relève et j'ouvre la marche. Lissandra me suit en passant entre mes deux officiers.

Nous arrivons à ma tente rapidement. Je fais signe aux deux sentinelles d'écarter les tissus qui délimitent l'entrée et la reine entre à ma suite dans la tente.

Elle observe l'intérieur avec intérêt et je vois qu'un petit sourire amusé apparaît sur son visage lorsqu'elle voit le foyer en train de produire une douce chaleur. Elle se tourne ensuite vers moi pour que je lui fasse son rapport. Je prends donc la parole.

« Nous n'avons pas de nouvelles informations quand au nombre de membres de la Griffe Hivernale qui convergent sur cette position mais je ne pense pas qu'ils aient pu recevoir des renforts au vu des renseignements que nous avons obtenus. »

« Êtes-vous sur que cet homme a livré tous ses secrets ? » Demanda Lissandra avec une voix charmeuse.

« Je n'ai pas de doute sur ce point majesté. » Je réponds simplement.

« Je vous crois, commandant Hrungrir. Dit Lissandra en souriant. Dans combien de temps seront-ils ici ? »

« J'attends toujours le rapport d'un groupe d' éclaireur qui ne devrait pas tarder à rentrer mais de ce que nous savons déjà ce sera aux alentours du crépuscule ce soir. »

Lissandra regarda la deuxième carte, celle du camp et curieuse demanda :

« Vous avez pris toutes les dispositions nécessaires pour parer aux imprévus, pensiez-vous vraiment avoir à combattre commandant Hrungrir ? »

« Cela me paraissait le minimum vital majesté. » Je réponds, toujours avec politesse.

Elle me posa sur moi des yeux malicieux... Décidément, je n'arrive pas à deviner comment pense la reine à qui j'ai juré fidélité. J'ai toujours l'impression d'être un enfant pris sur le fait. Je décide donc d'être totalement honnête.

« Puis-je parler librement majesté ? »

Elle me fit un simple geste de la main, montrant qu'elle approuve.

« Je comptais me retirer avec mes hommes si jamais nous nous retrouvions seuls contre une telle armée. Je fais une pause pour reprendre mon souffle. Mais j'ai fait fortifier le camp au cas où nous serions pris de vitesse. Cela nous aurait permis de tenir en attendant des renforts... ou d'emporter le plus de monde possible avec nous dans la tombe. »

Lissandra eut un petit rire amusé avant de me répondre.

« Vous n'aurez pas à combattre commandant Hrungrir, rassurez-vous. »

Elle a l'air confiante en son jugement et j'avoue ne pas avoir de raison de douter venant d'elle... Mais je ne vois pas pourquoi quelqu'un irait déplacer une telle armée, plus de trois cents milles soldats, dans un autre but que de conquérir ou de mener une expédition punitive...

Moins d'une heure plus tard, alors que je suis en train d'affûter mon arme pour me distraire et ne pas penser à toutes mes inquiétudes un soldat rentre en trombe dans ma tente. Il est couvert de sang et une triple lacération qui ressemble à une trace de griffe à ouvert le plastron de son armure.

« Commandant ! S'écrit-il, Sejuani arrive ! Elle a emmenée les Ursidés avec elle et... »

Il se fige instantanément en voyant que sur la droite, à moins d'un mètre, se trouve sa reine. Pris de panique il ouvre la bouche et la referme comme un poisson hors de l'eau. Je pourrais trouver ce spectacle drôle si ce que je venais d'entendre n'avait pas fait remonter mon stress au plus haut niveau.

Je n'ai pas le temps de lui poser une question que Lissandra pousse un petit rire amusé et satisfait qui me semble déplacé tant il est hors contexte.

« Jamais je n'aurais pensé que Sejuani puisse être à ce point stupide. » Déclara-t-elle plus pour elle même que pour le gardien de givre ou moi.

Elle se lève et quitte ma tente d'un pas léger. Au bout des deux secondes nécessaires pour que mon cerveau se remette en route je me lance à sa poursuite laissant le soldat blessé seul et déboussolé.

Une fois dehors je repère la silhouette de Lissandra sans difficulté puisque tous les soldats s'écartent et s'agenouillent pour la laisser passer. Je la rejoins au pas de course et une fois à sa hauteur je relance la conversation.

« Veuillez me pardonner majesté, mais qu'est ce que sont les Ursidés ? »

« Les Ursidés sont une une tribu d'ours guerriers qui se sont alliés à Sejuani dans leur guerre contre moi. » Répondit-elle sur le ton de la conversation.

On a donc négligé ou volontairement omis de me transmettre certaines informations essentielles. Je me demande à quoi peut bien jouer Lissandra... entre ça et son comportement en ce moment.

« Je n'ai pas été informé de l'existence de cette tribu. » Répondis-je à mon tour, une pointe d'exaspération dans la voix.

« Et pour cause commandant Hrungrir, répliqua-t-elle, les ursidés ne sont pas sortis de leur territoire depuis plusieurs siècles. Le seul représentant de leur race à s'être aventuré au-delà de ces limites jusqu'à présent était Volibear, chaman et chef de la tribu.»

Je cru percevoir un certain agacement dans la voix de la reine. Elle n'a probablement pas appréciée que je fasse une remarque de cette manière. Je n'ai, cependant, pas l'intention de faire des excuses. Je ne suis certes qu'un soldat mais j'ai quand même besoin d'avoir un minimum de renseignements

pour pouvoir agir efficacement et peu importe que je doive faire preuve d'un certain manque de courtoisie pour les obtenir.

Je n'ai pas le temps de poser d'autres questions que Lissandra coupe court à notre échange en déclarant :

« Vous aurez vos réponses en temps voulu, commandant Hrungrir. Dans l'immédiat nous allons à la rencontre de Sejuani. »

Je la suis en silence jusqu'à la sortie Ouest du camp. A notre arrivée je vois la gigantesque marée humaine qui s'avance dans notre direction. Ils sont déjà là...

Il n'y a rien de très étonnant qu'ils aient accélérés le pas en trouvant notre patrouille. Non, ce qui m'étonne le plus c'est que devant cette armée il y a quelqu'un qui semble avoir une monture... Mais ce n'est pas un cheval ni même une de ces espèces de bêtes cornues que j'ai pu voir dans les plaines glacées en arrivant ici... C'est autre chose.

Nous nous arrêtons à mi chemin la reine et moi. En un rien de temps nous sommes rejoins par tout mon bataillon prêt à en découdre. Ils semblent heureux de pouvoir enfin se battre... Pour ma part je préférerais éviter un combat en 1 contre dix...

Nos deux armées se font maintenant face. De notre coté, Lissandra avec moi à ses cotés attends patiemment alors qu'approche un petit groupe très hétéroclite avance vers nous.

A gauche un guerrier de grande taille à la musculature saillante vêtu d'un habit taillé dans une seule pièce de cuir . Son casque à cornes et sa longue barbe rousse m'empêchent de voir son visage. Il est armé de deux haches de grande taille.

A gauche se trouve un ours à la fourrure blanche comme la neige qui porte une armure couvrant son torse, son dos et sa nuque. Ses pattes avant sont couvertes par des espèces de brassards ornés d'une imposante gemme d'une couleur bleue électrique. Probablement un de ces fameux Ursidés.

Pourtant c'est la femme au milieu qui m'impressionne le plus.

Sa monture en soit à quelque chose d'effrayant : c'est un énorme sanglier qui halète d'impatience. Il semble attendre les ordres de sa maîtresse pour piétiner à loisir les malheureux sur son chemin.

Celle qui chevauche à quelque chose que je ne saurait pas définir... Tout chez elle exulte la grandeur et la force. Son armure où se mélange, sans trop pouvoir définir les délimitations, acier et fourrure. Son arme, un immense fléau dont l'extrémité semble être faîte dans la glace la plus pure.

Mais c'est surtout l'espèce d'aura qui émane d'elle qui me fait prendre conscience qu'elle n'est pas à prendre à la légère.

C'est étrange... Mais le plus perturbant dans cette sensation c'est l'impression que j'ai de me retrouver devant une entité d'une origine semblable à celle de Lissandra...

Voilà donc la fameuse Sejuani...

« Tu es venu implorer ma pitié, Sorcière de Glace ? » Railla Sejuani.

« Je suis venue te faire une proposition simple. Répondit Lissandra. Agenouille-toi devant moi et je décuplerai ta force ! »

Les deux femmes se toisèrent avec un regard meurtrier. Il est clair qu'elles se haïssent profondément.

« Bientôt tu seras à mes pieds, vaincue et humilié et tu verras ce qu'est la vrai force ! » Répliqua Sejuani en faisant tourner son fléau d'un air menaçant.

Le reste du ''dialogue'' n'a pas le temps de venir. Le guerrier avec les haches perd patience et charge Lissandra en hurlant.

« Assez parlé ! Battons-nous ! »

Arrivé près de sa cible il saute à pieds joints, les haches levées bien hautes. Je m'élance à mon tour, je dégaine mon épée et je me positionne devant lui.

Il abat ses armes avec force alors que je monte mon épée en opposition. Au moment où vient l'impact je suis surpris par sa force et je parviens à peine a stopper son attaque avant qu'elle n'atteigne son but.

Lissandra, pourtant, n'a pas bougée d'un pouce et regarde Sejuani droit dans les yeux pour la narguer. Le guerrier affiche un sourire carnassier et amusé.

« Ha ha ! Tu me plais toi ! Je suis Olaf de Lokfar, et toi, quel est ton nom ? »

« Je suis Hrungrir, commandant du 4ième bataillon des Gardiens du Givre. » Je lui réponds d'une voix neutre.

Il se repositionne pour un deuxième assaut quand Sejuani l'arrête.

« Assez Olaf ! Tu auras ton tribut en sang dans cette bataille mais pour l'instant reste en retrait. »

Déçu et contrarié il abaisse ses haches et repart non sans m'adresser la parole une dernière fois.

« Reste en vie Hrungrir. Je veux prendre ta tête moi-même. »

Je l'ignore et je range mon épée au fourreau tout en allant me replacer derrière la reine. Je vois en passant qu'elle affiche un sourire satisfait qui ne manque pas de faire réagir Sejuani qui tient toujours fermement les rennes de son sanglier.

« Qu'est ce qui t'amuses, sorcière ? »

« Jamais je n'aurais pensé qu'une gêne comme toi disparaîtrait aussi aisément. » Déclara Lissandra.

« On dirait que tu es devenue folle à force de rester seule à écouter les voix de l'Abîme, sorcière ! » Railla une fois de plus Sejuani.

« Je suis impatiente de connaître la punition que t'infligera L'institut de la Guerre pour avoir provoqué un de ces conflits qu'ils punissent avec tant de dévotion. » Répondit la Sorcière de Glace en ignorant complètement la provocation de son adversaire.

L'Institut de la Guerre ? Qu'est ce que cela encore ? Je vais devoir réclamer des éclaircissements sur une telle rétention d'informations. Mais pour l'instant je dois rester concentré sur ce que j'ai sous les yeux.

C'est là que se produisit une réaction que Lissandra ni moi n'avions absolument pas imaginé, même dans les cas les plus extrême. Sejuani rigola... Mais ce n'est pas un rire amusé, non, c'est un rire d'exultation.

« L'Institut a été à moitié ravagé par une expérience ratée il y a deux jours sorcière ! Il ne sauront jamais ce qui s'est passé ici puisque tu seras morte quand ils reviendront ! Elle lâcha sa prise sur les rennes de sa monture et hurla : Bristle, à l'attaque ! »

Elle chargea en direction de Lissandra et toute son armée se rua à sa suite. Je fait signe à mes hommes d'attaquer. Nous devons les retenir le temps que la reine puisse s'échapper.

C'est ce que je craignais... La Colère de l'Hiver n'a pas l'intention de reculer et nous ne pourrons pas faire barrage longtemps. Je lis la surprise sur le visage de ma reine mais rapidement elle se ressaisit et une fureur glacée se dégage d'elle.

Je sens la température s'abaisser brusquement. Lissandra lève se main droite et je vois sa peau à cet endroit prendre une teinte bleutée alors que la neige semble tourbillonner autour d'elle. Je m'arrête d'avancer pour ne pas être pris dans une attaque.

Une seconde plus tard elle fait un large mouvement en arc de cercle en direction de Sejuani qui se trouve presque à portée d'attaque.

Une onde de glace se propage à grande vitesse et gèle tout ce qui se trouve sur son passage, Emprisonnant Sejuani et toute son avant garde dans une formation de stalagmites de glace.

Je suis très impressionné mais si jamais je m'étais trouvé un mètre plus loin j'aurais été touché de plein fouet. Cependant je me met à grelotter en dépit de mes habits tant la température s'est abaissée. Sejuani doit probablement se trouver dans un état de tétanie en ayant reçu un tel sort de face... Et Pourtant non... Je la vois encore remuer dans sa prison de glace.

Alors que Lissandra rassemble ses forces pour lancer un autre sort, son adversaire se libère avec un mouvement violent de son fléau.

J'ai juste le temps de lever mon épée, pour protéger ma tête d'un impact direct, mais elle se brise comme une brindille et le coup m'éjecte comme si je ne pesais pas plus lourd qu'un fétu de paille.

J'atterris, à moitié sonné, deux mètres plus loin.

En me redressant je vois les deux femmes se battre mais à cette distance Sejuani est clairement avantagée.

Lissandra dressa un mur de glace pour se protéger d'un coup circulaire mais prise par surprise elle n'a pas le temps de le rendre assez épais et il ne tient pas plus le coup que mon épée.

La masse de glace crève cette fragile protection et le coup porte avec force sur la tempe de Lissandra qui s'écroule.

Je me relève et lance ce qui reste de mon épée en direction de Sejuani qui doit faire un mouvement ample pour l'éviter. Sa monture l'interprète comme un ordre de demi-tour et commence à s'éloigner.

J'en profite pour me ruer aux coté de la reine. Je ne vois pas de sang sur la neige, c'est bon signe. La blessure n'est peut-être pas trop grave.

Au moment où j'arrive au niveau de Lissandra, Sejuani est déjà en train de revenir. Je n'ai pas le temps de m'arrêter, je vais devoir saisir la reine à bras le corps et me fondre dans la masse des gardiens du givre qui convergent vers nous.

Au moment où je vais la saisir, je me fige sur place... Son visage, où plutôt l'espèce de masque qui jouais le rôle de visage est craquelé. J'ai juste le temps d'apercevoir quelques détails, sa peau est bleue et on dirait qu'une vieille cicatrice court en travers de son visage, avant qu'elle ne se rende compte que je vois son vrai visage.

Elle pousse alors un hurlement de fureur et je sens un froid plus intense que tout ce que j'ai jamais pu ressentir jusqu'à présent m'emprisonner. Je suis catapulté en arrière sous la violence du sortilège qui s'abat sur moi et je perds conscience avant même de toucher le sol.

Lorsque je me réveille, j'ai beaucoup de mal à reprendre totalement mes esprits. Je suis transis de froid et pour cause : je suis attaché par les poignets à croix en bois au milieu des restes de mon camp qui a été complètement rasé par la Griffe Hivernale. Mes habits sont en lambeaux, probablement à cause du sort de Lissandra, et la tempête s'est remise à souffler.

Je suis encore vivant mais à ce rythme, je vais succomber dans peu de temps... Ma deuxième ''vie'' aura été bien courte... Mais bon, ce n'est pas comme si j'accordais une importance à mon existence au départ.

« Finalement réveillé ? Tu es plus coriace que je ne pensais. » Déclara une voix que je reconnue comme celle de Sejuani.

En effet la chef de la Griffe Hivernale est un peu plus loin en train de nourrir son sanglier de guerre. Elle s'approche de moi et me toise de toute sa hauteur en fixant de ses yeux d'un bleu profond qui ressemble tant à ceux de Lissandra.

« Je peux mettre fin à tes souffrances avant que le froid ne t'emporte si tu veux. » Déclara-t-elle.

« Gardez votre pitié. Je réponds sur un ton de défiance. Je ne vais pas vous supplier. »

Sejuani se met à rire. Un rire ouvertement moqueur.

« Pourquoi ne rejoins-tu pas mon armée alors? Je reconnais ta volonté et tu pourras faire grandir ta force en son sein. »

« Je ne suis pas intéressé. » Je réplique simplement.

Nos regards se croisent à nouveau et plusieurs secondes passent dans le plus grand silence. J'ai froid et tout mon corps me hurle sa douleur mais je n'ai pas l'intention de céder.

Elle ramasse une épée brisée qui traîne sur le sol au milieu des cadavres des deux camps confondus puis s'approche de moi. Je soutiens son regard même lorsqu'elle abat l'épée sur moi.

Elle tranche un des deux liens qui me retiennent et lâche l'épée sur le sol avant de retourner vers sa monture sans un mot.

« Qu'est ce que ça signifie ? » Je demande, surpris.

Elle grimpe et s'assoie sur la selle avant de saisir son fléau. Elle s'approche de nouveau avant de me répondre.

« Je vois que ta loyauté envers la sorcière est inébranlable même après qu'elle t'ait attaqué et abandonné comme un animal et je respecte cela. Un guerrier de ta trempe ne mérite pas de mourir comme ça. Si nous nous recroisons alors tu auras prouvé ta valeur aux yeux de Freljord. »

Elle approcha la masse de son fléau et la posa sur mon bras encore attaché. Je sentis aussitôt le froid me brûler la peau. Je pousse un cri de douleur qui résonne à travers tout le camp.

« Voilà tout ce que donnera la Sorcière de Glace, ne l'oublie pas. Et n'oublie pas que tu me dois une vie. »

Elle se retourne et s'en va en me laissant seul. Tout le monde ici semble pense qu'ils peuvent disposer de moi comme bon leur semble. Je leur prouverais le contraire.


Fin du chapitre 6 !

Bon je vais pas citer ''Le Parrain'' pour deux raisons :

1) Je n'aime pas ce film (tiens d'où vient ce galet ?).

2) Ça ne va pas se finir comme ça.

Les prochains chapitre seront de ce même acabit (enfin j'espère :D).

A la prochaine fois !