Bonjour tout le monde et joyeuse Pâques! Quoi de mieux qu'un nouveau chapitre pour commencer la journée du dimanche hein?

Appréciez et lisez, tout simplement!


Chapitre 7 : Faire face à la première image

Kelly et Gabby regardaient Matt dormir en silence. Il semblait si... En paix avec lui-même. Kelly n'en revenait toujours pas que le docteur Charles ait pu, en quelques sortes, obtenir quelque chose de Matt.

« Comment il a fait... », murmura-t-il plus à lui-même qu'à Gabby.

Mais elle avait entendu ce qu'il avait dit.

« Quoi ? », murmura-t-elle en retour tout en ne détournant pas le regard de l'homme qu'elle aimait.

« Matt n'a jamais fait cela auparavant. Se faire aider par un psy je veux dire. Il s'est toujours débrouillé seul, alors... Comment il a fait ? »

Gabby caressait tout doucement la main de Matt.

« Peut-être... Qu'il est vraiment désespéré et que le docteur Charles lui a promis quelque chose en retour », finit-elle par dire après plusieurs secondes de réflexion.

« Ouai. Peut-être », répondit Kelly tout simplement.

Il ferma ses yeux et soupira tout en passant ses mains dans ses cheveux. C'était à ce moment que tout bascula. Le moniteur de Matt commençait à s'affoler, son rythme cardiaque augmentait. Gabby pouvait sentir qu'il commençait à trembler, que sa respiration devenait de plus en plus superficielle, saccadée. Il bougeait dans ce lit, sans aucune cohérence.

« Non... »

Et il parlait dans son sommeil. De plus en plus. Gabby et Kelly comprirent tout de suite : Matt faisait un cauchemar.

« Kelly va chercher un médecin s'il te plaît ».

Il acquiesça et se dirigea vers la porte. Et là, le vrai cauchemar commença pour eux. Matt se réveilla en sursaut, de la sueur froide coulant sur le visage, sa respiration totalement hors de contrôle, le moniteur sonnant à cause de son rythme cardiaque. Kelly sursauta lui aussi quand il entendit la porte s'ouvrit et vit apparaître un médecin et une infirmière. Tous deux coururent vers le lit, s'inquiétant pour lui.

« Matt, prenez de grandes inspirations. Tout va bien ».

Mais malgré tous les encouragements, il n'y arrivait pas.

« On passe un masque le temps que la crise passe ».

L'une des infirmières se hâta dans le couloir et ramena un masque à oxygène qu'elle connecta au réseau d'oxygène.

« Poussez à dix litres ».

Le médecin se tourna alors vers Matt et lui agrippa le bras.

« Matt, prenez des grandes et profondes inspirations ».

Il avait fermé les yeux, prêt à s'évanouir à cause du manque d'oxygène et de la fatigue. Mais il n'y arrivait toujours.

« Donnez-moi deux milligrammes de midazolam ».

La seconde infirmière revint après deux minutes dans le couloir à chercher un chariot, une seringue et le midazolam. Elle injecta alors le produit dans le port IV et après plusieurs secondes qui semblaient interminables, le rythme cardiaque de Matt diminua et sa respiration redevenait un peu plus calme.

« C'est ça, de grandes et profondes inspirations... »

La main gauche toujours sur le masque à oxygène pour le maintenir en place, il prit le poignet droit de Matt pour sentir son pouls tout en regardant le moniteur.

« Il se stabilise. Matt ? Vous pouvez ouvrir les yeux pour moi s'il vous plaît? »

Toujours à prendre de profondes inspirations, Matt ouvrit lentement et difficilement les yeux. Ils brûlaient comme jamais, et il les referma aussitôt.

« Je sais que vos yeux doivent brûler, ce qui serait logique mais il faut que vous ouvriez les yeux ».

Totalement réticent, il les rouvrit tout de même malgré la douleur et posa ses yeux sur ceux du médecins.

« Vous pouvez expliquer ce qu'il s'est passé ? »

À travers le masque, Matt ouvrit la bouche. Ses lèvres tremblaient, et aucun son ne sortait. Il referma sa bouche et hocha la tête de gauche à droite.

« Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ? »

Matt tourna la tête vers la gauche et ne la bougea plus. Le médecin s'apprêtait à parler quand Gabby l'arrêta.

« Vous ne voyez pas que vous le perturbez ? Matt ne veut pas parler, alors laissez-le reprendre ses esprits avant de lui poser de telles questions ».

« Mais... »

« Il n'y a pas de mais docteur ! » continua Kelly, comprenant parfaitement ce que Gabby voulait. « Maintenant s'il vous plaît, je vous demanderai de sortir, Matt a besoin de se reposer ».

Après plusieurs secondes, il acquiesça et ordonna aux infirmières de quitter la chambre avec lui. Il retira le masque à oxygène et se tourna vers Gabby.

« Vous savez comment il marche. S'il en a encore besoin, utilisez-le ».

Quand la porte se ferma, Kelly et Gabby soupirèrent et se tourna vers Matt.

« C'est fini. Il n'est plus là. Ça va ? »

Il ne répliqua pas, ne voulant pas parler, mais secoua sa tête légèrement de haut en bas après plusieurs secondes. Gabby caressa son front, puis ses cheveux tout en lui souriant pour le déstresser.

« Tu... Tu veux qu'on... Qu'on s'en aille ou... Ou qu'on appelle le docteur Charles ? »

Kelly lui lança un regard interrogateur pendant que Matt restait de marbre.

« Bon, je vais demander au docteur Charles de revenir te parler. Peut-être qu'il peut t'aider mieux que nous ».

Matt ne bougea pas quand elle retira sa main, il ne bougea pas ni parla quand elle se leva et quitta la chambre en compagnie de Kelly. Une fois sortis, ce dernier lui attrapa le bras pour la faire tourner vers lui.

« Tu veux qu'on s'en aille ou qu'on appelle le docteur Charles ?! Tu es folle ou quoi ? »

« Matt ne nous parlera pas. Tu le connais, on le connaît. Le docteur Charles a réussi à faire quelque chose avec lui, alors on devrait lui faire confiance non ? »

Kelly soupira en posant ses mains sur ses hanches.

« Très bien », arriva-t-il à dire après quelques secondes de réflexion. « J'espère qu'il va vraiment pouvoir faire quelque chose avec lui. Et pour lui surtout ».

Gabby acquiesça et se tourna vers le bureau des infirmières.

« Excusez-moi, pourriez-vous appeler le docteur Charles s'il vous plaît ? »

« Le psy ? Pourquoi ? »

« Je crois qu'il peut aider Matt ».

« Je vois. Je vais le biper ».

Après cinq minutes, le docteur Charles se tenait devant eux.

« Un problème ? »

« On peut dire ça. Il faut vraiment faire quelque chose pour Matt. Il vient de se réveiller en panique après un cauchemar et... Il ne voudra pas nous parler, mais peut-être qu'à vous oui. Il semble avoir établi une connexion avec vous ».

« Vous voulez que je le fasse parler donc... »

« Je vous demande de faire votre travail docteur. Sans vouloir vous offenser ».

« Ne vous inquiétez pas, vous ne m'offensez pas. Je vais aller lui parler. Je viens de parler avec le docteur Moren et je suis en train de confronter son diagnostic au mien. Je crois savoir ce qu'il se passe mais je tiens encore à l'observer un peu avant de l'arrêter ».

« Vous pensez à quoi ? » demanda Gabby.

« Je ne peux rien vous dire pour le moment, mais dès que je confirmerai mon diagnostic, je vous en ferai part. On est d'accord ? »

Kelly et Gabby acquiescèrent faiblement, laissant le docteur Charles entrer dans la chambre de Matt.

« Matt ? »

Le docteur Charles s'avança doucement vers lui pour ne pas l'effrayer s'il s'était rendormi. Ce n'était pas le cas. Matt regardait par la fenêtre, encore une fois, à regarder la pluie. Cela fit sourire le docteur Charles.

« Vous aimez bien cette pluie hein ? Cette... Liberté ».

Il s'assit là où Gabby était auparavant. Matt restait une statue.

« J'ai entendu pour votre... Mésaventure d'il y a quelques minutes. Un... Un cauchemar ? »

Matt avala sa salive et se laissa acquiescer.

« Cela vous arriver souvent ? De faire des cauchemars ? »

Cette fois, il hocha la tête de gauche à droite.

« Vous avez encore... Repensé à cet incident ? »

Le psychiatre faisait allusion à ce petit garçon de quatre ans que Matt avait vu mourir quelques jours plus tôt. En réponse Matt ferma les yeux et se laissa pleurer. Il ne comprenait pas comment de telles émotions pouvaient sortir de lui alors qu'il ne les exposait jamais aux yeux du monde extérieur. Il avait honte de pleurer.

« C'est tout à fait normal de pleurer. Ne vous inquiétez pas pour cela. J'aimerai essayer quelque chose si vous le voulez bien ».

Les yeux rougis, Matt les ouvrit et lui fit face.

« Il y a environ une heure, je vous ai expliqué ce que je voulais faire avec vous, le travail que l'on va faire ensemble, vous vous rappelez ? »

Matt commença à se redresser et acquiesça de nouveau.

« Ce n'est pas quelque chose que vous allez appréciez au départ, mais vous devez réellement me faire confiance sur ce coup-là, sinon cela ne marchera pas ».

Matt ne bougea pas, toujours à fixer le médecin en face de lui.

« D'accord. Je veux qu'avant tout, vous vous détendiez, que vous vous relaxiez d'accord ? »

Matt secoua sa tête très légèrement et ferma les yeux en prenant une grande inspiration. Et il expira profondément, calmant pas la même occasion son rythme cardiaque qui avait augmenté.

« Maintenant, je voudrais que vous vous focalisiez sur ce drame ».

Soudainement, Matt ouvrit ses yeux. Ils étaient remplis de peur et son cœur s'emballa à nouveau. Il ne voulait pas repenser à cet événement. La seule image qui lui venait en tête de ce moment précis, c'était ce petit garçon se faire avaler par les flammes sans qu'il puisse y faire quelque chose. Il secoua la tête vigoureusement, voulant montrer au docteur Charles qu'il ne voulait pas y repenser.

« Je sais que ce que je vous demande est très difficile, je le conçois. Mais, inconsciemment vous y avez pensé n'est-ce pas ? »

Matt tentait de reprendre le contrôle de sa respiration. Sa poitrine lui faisait mal, il pouvait sentir son cœur battre tant il tapait fort. Brièvement, le docteur Charles passa son regard sur le moniteur. Matt était à 118 battements de cœur par minute. Mais finalement, ce dernier acquiesça.

« Et... Qu'est-ce que vous avez vu ? »

Matt referma la yeux et tourna la tête vers la droite, comme pour éviter le regard du médecin. Il comprit très vite ce que Matt avait eu dans la tête.

« Le petit garçon ? »

Matt pleurait de nouveau, ce qui était tout à fait compréhensible. Le médecin avait tapé dans le mile.

« Très bien, je voudrais à présent que vous vous focalisiez sur... Une image positive qui en découlerait ».

Matt tourna brusquement la tête tout en ouvrant les yeux.

« QUOI ?! »

« Je sais que ce que je demande vous paraît impossible, mais c'est faux ».

« Il n'y a pas d'images positives de cela ! Un garçon est mort car je n'ai pas fait mon boulot ! C'est si difficile à comprendre ça ?! »

Le docteur Charles leva ses mains et ses avant-bras, comme pour lui montrer qu'il était là en paix.

« Je sais que cela est difficile », commença-t-il sur un ton très calme, presque un murmure, « mais essayez. J'en vois au moins une ».

« Ah ouai ?! » dit Matt d'un ton colérique.

« Gabby ».

Le regard de Matt changea en un instant. Et sa colère diminua quelques peu. Il comprenait ce que le docteur Charles entendait pas là.

« Même si vous n'avez pas réussi à sauver ce petit garçon pour plusieurs raisons tout à fait cohérentes, vous êtes toujours vivant et pouvez profiter de Gabby ».

« Et la mère ne peut plus profiter de son enfant ».

Il n'avait pas tout à fait tort. Et cela faisait un peu mal au médecin.

« Concentrons-nous sur vous, et uniquement vous si vous le voulez bien ».

Matt soupira, puis acquiesça doucement.

« Je souhaiterai que vous vous asseyez sur le bord du lit, en face de moi. Cela nous facilitera la tâche ».

Matt accepta avec réticente et doucement, il bascula ses jambes en dehors du lit. Et se mit droit, en face du psychiatre.

« Vous pouvez me donner une note de 0 à 10 sur cette... Image négative que vous avez eu ? »

D'un air interrogateur, Matt réfléchit sur ce que le docteur Charles attendait réellement.

« Je souhait savoir si cette image a un grand impact ou non. 0 et l'image ne vous fait rien, 10 et l'image est traumatisante ».

« Alors... Disons... 9? »

« Et quand vous y repensez, cette image vous fait... Mal où, principalement ? »

Matt repensa à ce petit garçon. Tout en fermant les yeux, son estomac se noua et son cœur battit un peu plus vite.

« Je dirais... Quand j'y repense vraiment j'ai... L'estomac qui se noue ».

Il posa son regard sur la fenêtre derrière le psychiatre. Il ne voulait pas rencontrer son regard de psy. Cela le mettait mal à l'aise.

« D'accord. Est-ce que cela vous dérange si je fais appel à Gabby pour la suite de ce que je souhaiterais faire ? »

« Vous pensez à quoi ? »

« Ah... Vous n'avez toujours pas compris à ce que je vois... »

Matt réfléchit quelques instants, et après plusieurs secondes, il comprit plus ou moins ce que voulait le docteur Charles.

« L'image positive ».

Le psy sourit, satisfait que Matt ait trouvé seul la réponse.

« Vous aurez sans doute les yeux fermés tout le long du processus, mais je souhaiterais qu'elle vienne participer pour... Pour éveiller vos sens. Quand je vous ai expliqué comment j'allais fonctionner, je vous ai dit que cette... Méthode reposait sur les sens », finit-il par dire en se rappelant que Matt détestait le mot 'thérapie'.

« D'accord ».

« Je vais la chercher donc ? Pas de bêtises ? »

Matt feignit un sourire et acquiesça très légèrement. Le docteur Charles quitta la pièce et chercha Gabby. Selon lui, elle devait être aux urgences ou à la cafétéria. Il la trouva plusieurs minutes plus tard attablée devant un café avec Kelly. Il s'avança vers eux.

« Rebonjour ».

« Vous avez laissé Matt tout seul ?! » s'écria Kelly.

« Matt est un grand garçon, il sait se tenir tranquille quand il faut. Un peu de bon sens tout de même ».

« Dans son état, ce n'est pas très recommandé non ? »

« Je suis venez vous chercher Gabby », dit-il sur un ton neutre, ne faisant pas réellement attention à ce que lui criait Kelly. « J'ai besoin de vous pour aider Matt ».

« Et moi ? », demanda Kelly, offensé.

« Oh vous pouvez venir aussi. Mais c'est surtout de Gabby dont j'ai besoin ».

« Vous pouvez au moins nous expliquer ici ? »

Il comprit alors que Gabby n'allait pas bouger avant de savoir ce qu'il se passait. Il soupira et commença son explication.

« Je souhaiterais court-circuiter les pensées négatives de Matt. Et pour cela, il me faudrait votre aide. Quand il a des pensées négatives, il est du genre à avoir des images de vous pour les contrer ».

Kelly et Gabby comprenaient parfaitement, ce qui fait qu'il n'y avait plus de problèmes.

« Je vous suis alors. Tu m'attends ici Kelly ? »

« Ouai. Ne t'inquiète pas pour le café je t'en recommanderai un autre ».

Gabby sourit puis suivit le docteur Charles jusque dans la chambre de Matt. Celui-ci s'était levé et avait marché un peu tout en se tenant au lit d'après ce que pouvait voir le médecin.

« On se dégourdit les jambes ? » dit-il en souriant. « Sans moi ? »

Matt se rassit sur le bord du lit.

« J'avais des fourmis » dit-il en regardant Gabby.

Puis il baissa le regard vers ses pieds.

« D'accord, on peut reprendre là où on en était ? J'ai expliqué à Gabby ce que j'avais l'intention de faire, mais elle ne sait pas encore comment elle peut m'aider. Cela ne vous dérange pas que je lui explique ? »

Toujours la tête baissée, Matt hocha la tête.

« Très bien ».

Il se tourna vers Gabby et lui expliqua la situation.

« J'ai demandé à Matt de se focaliser sur une image de l'événement, de déterminer la 'douleur' de l'événement et sa situation sur son corps. Et ensuite je lui ai demandé de se focaliser sur une image positive qui en découlerait ».

Ne voulant pas dire de bêtise ni aggraver la situation, Gabby réfléchit un moment.

« Et l'image positive c'est moi je suppose. Sinon vous ne m'auriez pas demandé d'aide ».

« Exact. Je voudrais que vous preniez le siège et que vous vous mettiez en face de Matt ».

Gabby acquiesça et s'assit sur la chaise en plastique. Matt évitait encore et toujours son regard.

« Matt, je souhaiterais qu'on refasse notre démarche de tout à l'heure. Cela marchera mieux, on est d'accord ? »

Le regard toujours baissé, il acquiesça.

« Bien. On se détend, comme tout à l'heure, et quand vous serez prêt, on continue ».

Gabby passa ses yeux sur le docteur Charles qui était juste à côté d'elle. Elle s'interrogeait sur le pourquoi de sa présence ici. Après plusieurs secondes interminables, Matt acquiesça, permettant ainsi au docteur Charles de continuer.

« Maintenant, je veux que vous vous concentriez sur cet événement ».

Aussitôt, Gabby put sentir que Matt se tendait. Il tremblait, sa respiration et son rythme cardiaque était rapide, il serrait ses poings.

« Maintenant, je veux que vous vous concentriez sur cette image positive dont on a parlé. Concentrez-vous bien dessus ».

Matt arrêta de trembler après une dizaine de secondes.

« Gabby, je souhaiterais que vous le réconfortiez en utilisant tous ses sens ».

Elle se tourna vers le docteur Charles, toujours d'un air interrogateur. Celui-ci baissa sa tête tout en la regardant. Gabby prit alors la décision de l'écouter. Si Matt lui faisait confiance, alors elle aussi devait lui faire confiance. Elle se tourna vers Matt et lui attrapa doucement les bras pour l'enlacer, s'approchant toujours plus de cet homme qu'elle aimait.

« Je suis là Matt, je serai toujours là. Peu importe la situation dans laquelle tu es, je serai toujours là ».

Maintenant dans ses bras, elle réconfortait Matt comme elle pouvait. Elle pouvait entendre sa respiration reprendre un rythme normal, son rythme cardiaque baisser. Matt avait planté sa tête dans le cou de Gabby. Elle avait chaud, lui froid. Le contraste les fit frissonner tous les deux. Il pouvait sentir son parfum, ce parfum qu'il aimait tant.

« Je suis là... », murmura-t-elle dans son oreille.

Le docteur Charles sourit. Il était satisfait.

« Comment vous vous sentez Matt ? »

Les yeux toujours fermés, profitant en quelques sortes du moment, Matt mit du temps à répondre.

« Mieux ».

« Bien. Je vais autoriser votre sortie, à condition d'être surveillé par vos proches. Disons qu'on se voit... Tous les jours pour le moment ? Ça vous va ? »

« Mh... »

« Très bien. Je vais vous aider à vous rallonger et vous allez vous reposer un vais préparer les papiers et les donner à Gabby d'accord ? »

Gabby aida le docteur Charles à remettre Matt dans le lit. Il s'endormit presque aussitôt. Ils quittèrent la chambre et le médecin se plaça juste devant elle pour lui barrer la route.

« Il y aura quelqu'un pour le surveiller? »

« Je... Je travaille ce soir mais Kelly va veiller sur lui. Ils vivent ensemble alors cela devrait bien se passer ».

« D'accord. Je vais lui prescrire des somnifères pour l'aider à dormir s'il n'arrive pas à se détendre. Il peut en prendre un à deux avant d'aller se coucher mais pas plus. Je vais aller faire les papiers de sortie et vous les donner. Si je ne vous trouve pas à la cafétéria, vous serez dans sa chambre ? »

« Oui. Et merci. Je suis... Impressionnée par la confiance que Matt vous accorde. Il... Il n'est pas ce genre de personne à faire confiance immédiatement ».

« Disons que je ne lui ai pas donné le choix. En quelques sortes ».

« Vous lui avez dit quoi ? Pour qu'il vous fasse confiance si vite ? »

« La vérité. Je peux le débarrasser des images négatives qu'il a dans la tête ».

« Vraiment ? Comment ? »

« Je crois que vous avez une partie de la réponse ».

Le docteur Charles lui sourit tandis qu'elle réfléchit. Après trente secondes, elle trouva.

« Vous... Vous allez vous servir de moi ? Pour lui enlever les images négatives ? »

« Pas tout à fait. Bon, je vous explique. Pour enlever une image négative, il faut principalement une image positive et une stimulation sensorielle. L'image positive qu'il a pris pour cet événement avec le petit garçon, c'était vous. Et le fait de le réconforter en utilisant ses sens, cette image va s'ancrer plus facilement dans sa tête. De ce fait, si cette image négative revient dans son esprit... »

« Alors mon image et les sensations que je lui ai apportées apparaîtront, c'est ça ? » continua Gabby.

« Pour simplifier oui. Mais il ne suffira pas d'une séance pour cela. Il en faut beaucoup rien que pour une image négative. Alors imaginez le nombre de séances que je dois planifier pour toutes ces images dans sa tête ».

« Ça va être long en effet. J'espère que vous réussirez. Pour Matt ».

Le docteur Charles acquiesça et la laissa partir à la cafétéria rejoindre Kelly.