Bonjour tout le monde...

A toutes les personnes qui se demandent encore qui est la mère de Liam, la réponse dans ce chapitre

OoOoO Bonne lecture OoOoO


Chapitre 6

La mère de Liam

Les jours au sein de la résistance semblaient filer comme des secondes pour Draco Malefoy.

Il passait de longues heures dans le laboratoire de la maison sous la surveillance de Ronald Weasley avec qui, aussi surprenant que cela puisse paraitre, il avait noué des liens ressemblant étrangement à de l'amitié.

Dans les premiers temps Ron n'avait fait que regarder Draco mélanger différents produits sans pour autant s'intéresser réellement à ce qu'il faisait mais après trois jours à ce régime le dernier des Weasley s'était décidé à ouvrir la bouche.

Au départ les discussions n'avaient tourné qu'autour des deux potions que Draco préparait car Ron s'inquiétait de l'état de santé de son meilleur ami ainsi que des conséquences à long terme que le Manglogle pouvait avoir sur sa Magie.

Petit à petit les sujets s'étaient étoffés Ron n'étant pas un grand fan de potions. Ils avaient alors commencé à parler Quidditch ce qui les avait ramené à Poudlard et à l'époque où les matchs Gryffondor Serpentard faisaient plus parler d'eux que les examens de fin d'année.

A présent, après 15 jours de cohabitation forcée dans le laboratoire, il arrivait aux deux anciens ennemis de passer une partie de la soirée à jouer aux échecs.

Draco n'était pas encore parvenu à battre Ron mais il en avait fait un défis personnel, un Malefoy ne restait jamais sur un échec.

Depuis que ce semblant d'amitié s'était créé entre les deux jeunes hommes, Draco avait le sentiment qu'il était perçu différemment par les autres membres de l'Ordre. C'était un peu comme si l'approbation de Ron était une un visa, un droit temporaire, d'être parmi eux jusqu'à ce qu'il prouve concrètement sa loyauté envers leur cause.

Hermione, par contre était toujours aussi distante et le jeune homme évitait de se retrouver seul avec elle. Chaque fois que cela arrivé, la jeune femme trouvait les mots parfaits pour le blesser et dernièrement elle avait trouvé le sujet qui faisait mal. Elle passait la plupart de son temps à lui parler de Liam, de ce qu'elle avait fait pour lui lorsqu'il était bébé et de la raison pour laquelle il ne serait jamais rien de plus que Draco le Mangemort de passage pour l'enfant…

Pourtant le fils d'Harry l'avait totalement adopté et ils passaient tous deux beaucoup de temps à jouer à Chasse Sorcière et à regarder des dessins animés que Draco trouvait exagérément nié.

Contre toute attente, une chose avait fait sourire le jeune homme lorsqu'il avait vu Merlin l'enchanteur pour la première fois. L'idée que les Moldus se faisaient du vénérable sorcier ressemblait à si méprendre au portait de Dumbledore, longue barbe blanche, petites lunettes en demi-lune et robe de sorcier bleu nuit, la ressemblance était réellement troublante.

Harry quant à lui ne descendait pratiquement plus de sa chambre. Le Spiritin'niger recouvrait la presque totalité de son torse provoquant des douleurs quasi insupportables lorsque le jeune homme cherchait à se lever. Seuls Liam et Hermione passaient du temps avec lui ce qui énervait grandement Draco qui n'avait pas ce privilège.

Mais pourquoi l'aurait-il eu ? Il était toujours perçu par le Sauveur comme le bourreau qui avait kidnappé son fils pour en faire cadeau à Voldemort.

Ce dimanche matin là Draco profitait des premiers rayons accordés par le soleil. Il était installé dans une chaise sur la terrasse à l'arrière de la maison et attendait patiemment que Ron ait finit de petit-déjeuner avant de descendre au laboratoire pour ajouter le dernier ingrédient de la Stopaniger, la potion qui détruirait le poison présent dans le sang de d'Harry. La concoction aurait besoin de quelques jours supplémentaires de maturation avant d'être consommable et Draco espérait qu'Harry tiendrait le coup jusqu'à ce qu'elle soit prête.

Il regarda d'un air inquiet l'aubépine dont la plupart des branches étaient cassées. Bientôt plus aucun sort ne pourrait obliger cet arbre à leur fournir des fleurs. Ils avaient abusé de magie sur lui et la plante ne tarderait pas à mourir.

- Tu prends l'air ?

Draco se retourna surpris et découvrit Harry debout, à quelques pas de lui. Il se leva instantanément.

- Tu ne devrais pas être debout cela augmente la circulation du sang et en même temps la propagation du poison.

- Tu aurais du faire médicomage au lieu de chimicomage, tu ressembles un peu à Pomfresh…, se moqua gentiment le blessé.

- Qui sait, je changerais peut-être de spécialité quand tout sera fini…

Harry haussa un sourcil perplexe sans que Draco en comprenne la signification.

- Je crois que j'ai besoin de m'assoir, murmura soudain le Survivant.

Draco lui tendit la chaise dans laquelle il était installé un peu plus tôt.

"Essaye de lui dire un truc de sympa pour voir… "

L'ancien Serpentard frotta ses mains l'une contre l'autre. Il avait envie d'obéir à James mais la seule question qu'il souhaitait poser à Harry, il n'était pas sur que le jeune homme veuille l'entendre.

- On a pas eu l'occasion de parler depuis que tu es ici…, s'exclama soudain l'ancien Gryffondor.

- C'est vrai.

- Je n'ai pas été très sympa avec toi…

- Tu avais tes raisons, coupa Draco qui se sentait trop coupable au sujet de Liam pour entendre Harry s'excuser.

- Je ne comptais pas m'excuser, lança Harry en souriant.

"Désolé, je l'ai pas vu venir"

Draco alla s'adosser à la rambarde de la terrasse pour faire face à Harry.

- Depuis quand tu utilises la legilimancie.

- Depuis que c'est devenu vital pour Liam que je la maitrise, ainsi que l'occlumancie.

- Tu le protèges de Voldemort ?

- En autre, répondit Harry.

Draco passa une main dans ses cheveux. Il était nerveux mais il fallait qu'il pause la question, il avait besoin de savoir.

- Et sa mère, tu ne cherches pas à la protéger ?

"Ben voilà comme ça c'est dit, tu pouvais pas t'en empêcher de parler d'elle…"

Harry ne sembla pas se formaliser de la question. Il regarda Draco d'un œil nouveau.

- A une époque je l'ai fait mais elle ne craint plus rien maintenant…

- Tout le monde est en danger avec Voldemort dans les parages, insista Draco

- Non…

Le Survivant se leva et fit quelques pas sur la terrasse.

- J'ai une chance de savoir qui elle est ?, questionna Draco

- En quoi ça t'intéresse ?

Harry était soudain passé sur la défensive et l'ancien Mangemort n'en comprit pas la raison.

- Je ne voulais pas être indiscret je me pose simplement des questions.

- Son nom n'a pas d'importance…, affirma le jeune père d'un ton redevenu calme.

- HARRY !

L'ancien Gryffondor se tourna en direction de la porte d'entrée et fixa Ginny dont le visage était défait.

- Ne restez pas dehors, ordonna la jeune femme.

Comprenant que la situation était grave les deux jeunes hommes obéirent rapidement.

A peine furent-ils entrés dans la cuisine que Draco remarqua l'étrange comportement du le petit gnome qu'il avait trouvé si laid la première fois qu'il l'avait vu. La petite statuette s'agitait comme un dément sur le plan de travail.

- Un Mangemort de catégorie deux, murmura Hermione.

Le visage d'Harry se crispa alors que celui de Draco se voilait d'étonnement face à l'appellation d'Hermione.

- Fred George, trouvez Liam et enfermez-vous dans la Salle cachée. Luna, Ginny, bloquez les issus et tachez de prévenir Blaise…

En une seconde le Survivant était passé de l'état de blessé moribond à celui de leader déterminé ce qui impressionna Draco qui n'aurait jamais pensé que le jeune homme puisse trouver la force ne serait ce que de tenir debout plus d'un quart d'heure.

- C'est un "catégorie deux", il n'est pas dangereux, s'exclama Hermione.

- Tous les Mangemorts sont dangereux, Hermione. Tu le sais très bien, répondit Harry.

- Apparemment non, murmura la jeune femme en fixant Draco de son éternel regard sombre.

Harry soupira avant de lever les yeux au ciel, il ne voulait pas entamer une nouvelle dispute avec la jeune femme.

Draco quant à lui se demandait ce que le Mangemort attendait pour se faire connaitre, il n'était certainement pas là pour attaquer la maison mais il avait tout de même eut l'imprudence de franchir le portail.

L'ancien Mangemort connaissait les méthodes des partisans du Mage Noir et une telle attitude n'avait rien de réglementaire.

Il se demanda si son maître n'avait pas tout simplement envoyé quelqu'un le chercher et surtout si Hermione ne saisirait pas cette aubaine pour le livrer à son ancien maître.

La sonnette de la porte d'entrée résonna dans la maison pour une fois silencieuse et les quatre anciens étudiants de Poudlard se regardèrent plus que surpris.

"Depuis quand les Mangemorts sonnent-ils aux portes ?"

Harry prit, d'un pas rapide, la direction de l'entrée suivi de ses deux amis et de Draco qui se demandait dans quel état serait le Survivant lorsque la situation se serait éclaircie et qu'il ne serait plus sous le coup de l'adrénaline.

Ron et Hermione pointèrent leurs baguettes en direction de la porte alors que la sonnette se faisait entendre pour la seconde fois.

Harry retint son souffle, posa une main sur la poignée et ouvrit lentement la porte.

- TOI ! hurla Hermione

D'où il se trouvait, Draco ne voyait pas qui se tenait devant sur le seuil mais l'expression de totale incrédulité d'Hermione le poussa à s'approcher.

Harry ne bougeait pas et Draco aperçut alors une jeune femme aux longs cheveux châtains. Il manqua de s'étouffer quand au premier coup d'œil il reconnu Daphné Greengrass.

La jeune fille portait une robe de sorcier toute simple d'un brun profond et ses yeux bleus étaient fixés sur Harry ignorant tout le reste. Elle se tordait les mains s'apprêtant visiblement à dire quelque chose.

- Harry, commença-t-elle soudain avant qu'aucune autre personne n'ait le temps de réagir. Ecoute moi je t'en pris…

"Ce ton suppliant ne te dit rien ?"

Draco tout comme James avait reconnu la voix qu'ils avaient surpris dans la chambre d'Harry alors que le jeune homme était encore prisonnier au Manoir.

- Je suis venue pour t'aider, continua la jeune Mangemort, il faut que tu quittes cette maison… Le lord n'a pas supporté ta fuite, il va venir vous attaquer dans quelques jours…

- Tais-toi, murmura Harry.

- Je t'en pris, s'entêta la jeune femme. Il faut que tu m'écoutes, j'ai pris la fuite du Manoir uniquement pour te prévenir. Je risque ma vie pour toi… parce que je te l'ai dit, je t'aime toujours…

- Il t'a dit de te taire, s'emporta Hermione sortant de sa torpeur.

Draco s'approcha encore un peu du groupe comprenant petit à petit pour quelle raison Daphné avait une place si privilégiée au sein des Mangemorts et pourquoi le Lord refusait de la marier.

Harry et Daphné… Un couple… Toutes les actions du Lord, les paroles de Pansy mais également celles de l'aînée des Greengrass prenaient un sens. Alors que Draco se répétait inlassablement ce qu'il venait de comprendre un cri strident retenti dans le couloir.

Le gnome de la cuisine, devenu totalement rouge et enragé, courrait dans tous les sens grimpant aux murs et courant à l'envers sur le plafond.

Daphnée venait de bondir sur Harry qui, incapable de supporter un tel choque, était tombé à la renverse. La jeune femme était à présent entrée dans la maison.

Allongée sur le Survivant, elle lui martelait le torse de coup de poings, hurlant telle une hystérique.

- Ne me rejette pas, écoute moi, ECOUTE MOI…

"Mais elle est cinglée… sa blessure…"

Draco et Ron furent les premiers à réagir, ils attrapèrent chacun un bras de la jeune femme pour la relever avant de la rejeter violement en arrière. Hermione lui jeta un stupéfixe et tomba à genoux près d'Harry qui était au bord de l'évanouissement.

- Qu'est ce qu'on peut faire ? demanda-t-elle à Draco oubliant momentanément sa rancœur.

Draco s'accroupit près du Survivant et glissa un bras sous ses genoux et l'autre dans son dos. Sous la pression exercée sur sa blessure déjà mis a mal par Daphné le jeune homme s'évanouit.

- Il faut le monter, l'allonger et surtout ne rien lui donner pour le soulager cela ne ferait qu'aggraver les choses, expliqua Draco avant de prendre la direction de l'étage supérieur.

OoOoO

Draco reposa le pot d'onguent à l'aubépine et releva le t-shirt d'Harry, il déposa lentement ses mains pleines de produit sur l'abdomen du jeune homme et massa doucement la partie qui n'était pas encore atteinte par la tâche du au Spiritin'niger.

Demain, au mieux après demain, le haut du corps du malade serait entièrement noir et cela inquiétait grandement l'ancien Mangemort.

Il avait terminé la potion après la scène qui avait eut lieu le matin mais la durée de maturation était encore longue et Harry s'affaiblissant de plus en plus. La tâche prenait de l'ampleur plus rapidement.

"Il te plait vraiment non ?"

- S'il vous plait, demanda Draco d'un ton las, arrêtez de dire des choses comme ça.

"J'ai accès à tes sentiments, même ceux que tu refoules"

Le jeune homme rabaissa le vêtement d'Harry et essuya ses mains sur une serviette avant de s'assoir sur le bord du lit. Il dégagea une mèche de cheveux bruns qui tombait devant les yeux clos du malade.

- Il est beau c'est indéniable, chuchota-t-il.

"Mais… parce que je sens qu'il y a un mais"

- Je ne sais pas… Il… Je… J'ai fait le mal autour de lui depuis que je le connais… J'ai adhéré aux Mangemorts et j'ai cru en leur cause pendant tant d'année… Ce que j'ai l'impression de ressentir aujourd'hui et avant tout basé sur la gratitude, il m'a libéré d'une vie qu'au final je ne n'ai jamais réellement voulu.

"Si tu étais réellement reconnaissant de ce qu'il a fait, tu ne te sentirais que redevable, pourtant lorsque tu le soignes tu ne cherches pas à effacer une dette… Tu le fais parce que tu en as besoin, parce que lorsque tu le vois aller mal tu vas mal et ça, ce n'est pas de la gratitude."

Harry papillonna des yeux avant que Draco n'ait le temps de dire un mot de plus et il en fut quelque peu soulagé car il n'aurait rien trouvé à répondre à la tirade de James.

- Daphné…

Le jeune homme blond se pencha sur blessé qui le fixa un instant.

- Où est Daphné ? murmura-t-il en cherchant à se redresser.

- Hermione a demandé à Ron de l'enfermer dans la salle cachée, elle ne peut plus faire de…

Le malade se redressa alors oubliant une fois de plus la douleur.

- Il faut la relâcher.

- Mais…

- Elle est la mère de Liam, assena sèchement le jeune homme, il est hors de question qu'elle soit traitée comme une prisonnière. Je veux qu'elle soit libérée… et je veux la voir ajouta-t-il plus calmement.

Draco se leva. Etait-il possible qu'Harry soit encore amoureux de la jeune femme ?

Il hésita un instant, s'il arrivait devant Hermione en lui disant qu'Harry avait demandé la libération de la Mangemort et qu'en plus il voulait absolument la voir, l'ancienne Gryffondor risquait de très mal le prendre. Cependant le regard sombre du Survivant fut plus décisif que la crainte de faire face à la fureur d'Hermione.

OoOoO

Draco plongea un sucre dans son café avant de mélanger le breuvage d'un léger mouvement de cuillère. Face à lui Hermione lisait la gazette du sorcier le visage fermé.

Elle n'acceptait pas la décision d'Harry et Draco en avait fait les frais lorsqu'il avait joué son rôle de messager. Elle avait tout de même fini par céder sachant qu'elle n'aurait pas gain de cause et depuis une demi-heure Daphné avait rejoint Harry dans sa chambre.

Draco avala une gorgée brulante de café sans lâcher des yeux l'ancienne Gryffondor. Tout dans le comportement de la jeune femme laissait transparaitre son énervement, du léger froncement de sourcils qui ne la quittait pas au mouvement régulier de ses doigts sur le journal qu'elle tenait probablement sans le lire.

Les Gryffondors n'étaient pas connus pour leur patience ni même pour leur sang froid et Hermione était à l'instant présent le parfait exemple du Gryffondor en colère.

En la voyant agir Draco remercia Merlin d'être un Malefoy car l'éducation qu'il avait reçue lui permettait de masquer ce qu'il ressentait.

- Par Merlin qu'est ce qu'ils fabriquent ?, s'impatienta Hermione en pliant rageusement le journal.

Draco ne répondit pas à cette question qui ne lui était pas vraiment adressée. Il regarda la jeune femme se lever et commencer une série d'allers retours, avant de reposer calmement sa tasse.

- Calme-toi, Harry sait ce qu'il fait.

Hermione s'arrêta et fixa Draco d'un regard sombre.

"Je crois que tu aurais mieux fait de te taire"

- Tu ne sais pas de quoi tu parles, dit-elle lentement, avec elle Harry ne sait absolument pas ce qu'il fait…

Draco allait répliquer mais la jeune fille reprit rapidement ne lui laissant pas le temps d'ouvrir la bouche.

- Tu n'étais pas là… Tu n'as pas idée de ce qui les unissait.

Le jeune homme crispa les poings, conscient que la jeune fille avait raison.

"Le calme légendaire des Malefoy commence à te faire défaut"

- Peut-être que tu pourrais m'expliquer.

Hermione poussa un profond soupir et reprit la place qu'elle avait quittée.

- Il n'y a pas grand-chose à expliquer. Un jour il y a à peu près cinq ans elle a débarqué ici et tout est allé de travers… Harry est devenu totalement inconscient mettant en danger sa vie ainsi que celles des membres de l'Ordre.

L'ancien Mangemort repensa à l'accueil qu'Hermione lui avait réservé et plaignit Daphné pendant une seconde.

La meilleure amie d'Harry n'était peut-être pas la personne la plus qualifiée pour lui expliquer ce qu'il s'était passé entre le Survivant et l'aînée des Greengrass.

Comment la jeune fille avait-elle fait pour séduire Harry Potter ? Comment-elle avait-elle réussi là où Ginny Weasley avait échoué ?

Draco posa les mains sur la tasse à présent froide du café qu'il n'avait pratiquement pas touché. Il regarda la pendule magique de la cuisine qui indiquait à présent dix heures… Quarante cinq minutes… La jeune femme était-elle venue avec de bonnes intentions ? Avait-elle obtenu le pardon du grand héros ?

Après plusieurs interminables minutes supplémentaires pendant lesquels Draco et Hermione n'échangèrent rien de plus que des regards exaspérés, la porte de la cuisine s'ouvrit enfin.

Harry entra dans la pièce suivit de peu par Daphné.

Le regard de Draco se posa immédiatement sur leurs mains dont les doigts étaient emmêlés. Harry avait cédé. Il avait pardonné…

Hermione se leva d'un bon et plaqua deux mains sur la table.

- C'est quoi ce bordel, hurla-t-elle. Harry, tu délires j'espère ! Tu ne va pas laisser cette traînée entrer dans notre maison.

Harry ne fit pas un geste, il regarda Hermione d'un œil morne comme si elle ne s'était pas exprimée.

- Espèce de garce, hurla la jeune femme à l'intention de sa rival, tu ne restas pas dans cette…

- Harry chéri, s'imposa calmement Daphné, tu ne vas pas la laisser me parler ainsi.

Le Survivant sourit à la jeune fille avant de tourner un regard sombre vers Hermione.

- Je t'interdis de parler à Daphné sur ce ton.

Hermione en resta bouche bée.

- Je lui ai retiré le Manglogle, se vanta la Mangemort d'un ton enjoué.

- Ce bijou appartient à Voldemort, intervint soudain Draco, lui seul peut l'enlever où donner ce pouvoir à quelqu'un. Elle ne peut pas l'avoir enlevé sans son aide, ajouta-t-il à l'intention d'Harry.

L'aînée de Greengrass lui jeta un regard haineux.

- Harry chéri, tu te rends compte de ce qu'il vient de dire.

L'interpelé sembla hésiter une seconde sur la conduite à tenir mais finit par répondre froidement.

- Tu n'avais peut-être pas réellement envie de me l'enlever.

"Il nous fait quoi là ?"

Draco ne prit pas la peine de répondre. Depuis deux semaines il avait créé avec Harry une relation qu'il avait espéré pouvoir qualifier d'amitié et aujourd'hui en moins d'une minute il venait de retrouver sa place de traitre. Il jeta un regard dégoûté à Harry.

- Si j'avais voulu te tuer Potter je n'aurais pas attendu que cette saleté de bijou le fasse.

Harry le regarda étrangement sans pour autant répliquer.

- Ouvre les yeux Harry, reprit Hermione qui ne comptait pas se laisser faire sans réagir, tu ne peux pas croire qu'elle ait changé… Tu le disais toi-même, elle ne peut pas changer…

Daphné plissa les lèvres dans une mimique totalement disgracieuse.

- Harry chéri, dit-elle un sanglot dans la voix. Je ne supporterais pas plus longtemps d'être traité ainsi.

- Hermione je te préviens, menaça le Survivant, soit tu traites Daphné avec plus de respect soit tu quitte cette maison.

Draco écarquilla les yeux. Harry avait perdu l'esprit. Hermione avait beau être la pire des emmerdeuses, elle ne méritait pas un tel traitement.

- Harry sérieusement tenta une dernière fois Draco, tu…

"Tais-toi !"

L'héritier Malefoy obéit à James. Sans savoir pourquoi il savait que c'était ce qu'il avait de mieux à faire

- Harry est assez grand pour savoir ce qu'il a faire, expliqua Daphné. Mon Harry chéri m'aime et vous ne pourrait pas changer cela, acceptez-le.

Une lueur de bonheur brilla au fond du regard émeraude qui se posa sur Daphné, un sourit niait s'étala sur le visage du jeune homme et Draco manqua de vomir. Harry était bel et bien amoureux…

OoOoO

Le retour de Daphné dans la vie d'Harry, inquiéta l'ensemble de l'ordre du Phoenix et du jour au lendemain, la fréquentation de la maison diminua étrangement.

Rogue ne fit plus aucune apparition, tout comme les Aurors dont l'appartenance à l'Ordre du Phénix n'étaient pas avérée.

Les discussions au sein de la maison se banalisèrent et les réunions furent suspendues.

La si vivante villa Potter devint peu à peu silencieuse et un malaise pesant s'installa parmi les habitants.

Draco évitait autant qu'il le pouvait de se retrouver en présence de Daphné et par la même occasion d'Harry car les deux amoureux ne se séparaient pratiquement jamais.

Hermione quant à elle s'était exilée dans sa chambre après une énième dispute avec Harry au sujet de sa maîtresse et elle n'en sortait que lorsque la faim la tenaillait.

Liam, lui, traînait lamentablement dans les couloirs de la maison oscillant entre sa chambre et celle de Draco. Harry ne lui prêtait plus aucune attention trop occupé à son amour retrouvé. Quant à Daphné elle agissait comme si l'enfant n'existait pas et Draco se demandait parfois si Liam avait conscience qu'elle était sa mère.

Assez étrangement alors que la plupart des amis d'Harry avaient espacé leur visite Ron semblait au contraire à deux doigts d'emménager. Il arrivait chaque matin vers huit heures et ne repartait que le soir tard lorsque le couple allait se coucher.

Il n'avait fait aucun commentaire au sujet des retrouvailles des amoureux, comme si cela ne le concernait en rien, et le pauvre avait du faire face à de nombreux reproches sur le sujet de la part des membres de l'Ordre et notamment de sa sœur Ginny. Tous croyaient qu'il était le seul à pouvoir faire réagir le Survivant mais Ron ne semblait pas voir les choses de cette façon.

Si Draco avait lui aussi été choqué de l'inaction de Ron il avait vite remarqué une attitude encore plus surprenante.

Ron regardait Daphné. Il l'examinait. Il inspectait, évaluait et jugeait chacun de ses mouvements comme s'il cherchait quelque chose que personne n'était en mesure de voir.

Pourtant pour Draco le couple semblait simplement filer le parfait amour. Harry et Daphné se levaient à la même heure, ils petit-déjeunaient ensemble et passaient une partie de la mâtinée dans la bibliothèque. Parfois ils sortaient faire quelques pas dans le jardin, puis ils déjeunaient sans prendre part aux maigres discussions qui animaient le repas, ensuite ils s'enfermaient dans le salon pour n'en sortir qu'en fin d'après midi. Le dîner, toujours silencieux, achevait leur journée identique à la précédente.

Cela faisait déjà deux semaines que Daphné vivait à la villa Potter. L'après midi touchait à sa fin et la nuit était déjà tombée. Installé dans un fauteuil du salon Draco regardait le feu crépiter. Liam venait de le quitter pour rejoindre Hermione et le jeune homme profitait de ce moment d'accalmie pour réfléchir.

Le fils d'Harry se sentait de plus en plus délaissé par son père et il reportait son affection sur lui ce qui était loin de lui déplaire, mais il craignait également le moment de la séparation, le bonheur qu'il effleurait aujourd'hui ne serait pas éternel.

"Je n'aime pas se sentiment…"

Draco ne répondit rien, James lui faisait de plus en plus souvent cette réflexion, mais le jeune homme n'y pouvait rien, il souffrait… Il aimait… Un mélange des plus désagréables autant pour lui que pour son convive.

La porte du salon s'ouvrit et Daphné s'avança dans la pièce. Pour la première fois depuis son retour, la jeune femme s'était séparée d'Harry.

- Bonsoir Draco

La jeune femme s'installa dans un fauteuil face lui et croisa les jambes.

Draco se demanda à quoi elle était en train de jouer. Cette attitude n'avait rien de naturelle, elle souriait froidement et le jeune homme comprit rapidement que la discussion qui allait suivre n'allait pas du tout lui plaire.

- Tu m'exaspères et je n'ai qu'une envie ,c'est de te voir mort…

L'ancien Serpentard regarda la jeune femme dont la douceur de la voix ne reflétait absolument pas les paroles.

- Je vais te laisser une chance...

- Attends je t'arrête tout de suite, la coupa Draco. Si tu veux que je quitte cette maison, c'est non.

Daphné sourit de nouveau et sortit une cigarette qu'elle alluma d'un simple mouvement de baguette.

"On peut dire que tu sais te faire aimer"

- C'est toi qui vois, reprit Daphné, mais disons que si tu pars maintenant, ça évitera que ce ne soit Harry qui te mette dehors.

- C'est fou mais j'ai l'impression d'avoir déjà eu cette discussion avec Hermione. Harry ne me laissera jamais quitter cette maison tant que l'âme de son père sera en moi.

- J'ai réussi à le détourner de son fils, crois moi, l'âme de son père n'est rien à côté de ça.

Draco se leva et arracha la cigarette des lèvres de la jeune femme.

- Je n'ai pas envie de choper un cancer à cause de toi, dit-il.

La jeune femme perdit son sourire mais garda la même voix calme et douce.

- Je vais te tuer Malefoy et après ça il arrêtera de parler de toi, il t'oubliera et je serais enfin heureuse avec lui.

L'ancien Serpentard ne répondit pas. Pourquoi tout le monde semblait certain qu'il avait une quelconque importance pour Harry alors qu'il était évident que le jeune homme lui en voulait toujours d'avoir kidnappé son fils.

La jeune fille jeta un œil à l'horloge avant de se lever et de quitter la pièce. Au moment où elle allait franchir la porte elle se retourna une dernière fois.

- Tu sais au fond je n'ai rien contre toi...

"Cette fille est folle, comment mon fils peut-il l'aimer"

- Le cœur à ses raisons que…

" Je t'en pris garde tes citations pour toi, mon fils ne peut pas aimer cette petite arriviste"

James n'avait pas tord, Daphné était folle et Harry pas assez pour ne pas voir qu'elle était un danger planant au dessus de leurs têtes.

L'horloge du salon sonna 7 coups, le repas n'allait pas tarder à être servit mais Draco n'avait pas faim. Cela faisait une heure qu'il réfléchissait aux paroles de James.

Harry ne pouvait pas aimer Daphné…

Le souvenir de la réaction qu'avait eu le jeune homme avait eu en présence de Voldemort lorsque la Mangemort s'était approchée de son fils était assez parlante. Il y avait forcément autre chose, la jeune femme avait peut-être menacé la vie de Liam si Harry ne faisait pas ce qu'elle demandait, ou alors elle utilisait un sort sur lui.

"A quoi tu penses ? "

- Rien d'intéressant… Etes-vous capable de détecter les sortilèges ?

"Je suis une âme sans corps, comment veux-tu que je sois capable de faire une telle prouesse Magique"

- Si j'avais ma baguette je serais capable de vérifier si Harry est ensorcelé…

"Demande à ce qu'on te la rende…"

Draco poussa un soupir exaspéré.

- Vous êtes vraiment en pleine utopie… Maintenant qu'Harry est complètement paumé, la seule personne qui a assez d'autorité dans cette maison pour me la rendre c'est Hermione. Et j'ai dans l'idée qu'elle ne le fera pas. D'ailleurs je suis sûr qu'elle a déjà du vérifier cette hypothèse.

"Certain sort son indétectable, sauf par de grand sorcier comme Harry ou…"

- Rogue.

"Tiens oui c'est vrai je l'avais presque oublié lui."

Draco se leva et s'approcha de la fenêtre, comment pouvait-il contacter son ancien professeur.

Il avait de nouveau neigé mais Liam n'avait pas redonné vit à Toby, l'enfant perdait sa joie de vivre, tous pouvaient s'en apercevoir mais seul Harry était en mesure de l'aider ce qu'il ne faisait malheureusement pas.

L'ancien Serpentard distingua rapidement Ron dans la pénombre, il était adossé à l'un des arbres du jardin et fixait la petite tonnelle située près de l'aubépine toujours en fleurs.

Depuis le temps qu'il voulait avoir une petite discussion avec lui c'était le bon moment, avec un peu de chance il comprendrait enfin pourquoi le dernier des Weasley agissait aussi bizarrement et il pourrait également lui faire part de son hypothèse et lui demander de prendre contact avec Severus.

Silencieusement Draco sortit de la maison et s'approcha de Ron. Le jeune homme semblait totalement absorbé par ses pensées.

- Tu n'es pas aussi discret que tu le crois, marmonna-t-il.

Draco fut surpris. Il n'avait pas cru une seconde que Ron détecterait sa présence mais l'entrainement des membres de l'Ordre était rigoureux, plus que ce que les Mangemorts ne pouvaient l'imaginer.

- Qui es-tu en train d'espionner ?, demanda le blond connaissant pertinemment la réponse.

Sous la petite tonnelle en bois Harry et Daphné semblaient en pleine discussion.

- Pourquoi tu l'espionnes ?, questionna une seconde fois Draco.

- Je cherche comment elle fait, répondit Ron, sans lâcher le couple des yeux.

- Je ne comprends pas.

- Harry ne peux pas être amoureux d'elle. C'est impossible…

Draco fronça les sourcils, alors comme ça Ron pensait lui aussi qu'Harry n'agissait pas naturellement.

- Il est peut-être réellement retombé amoureux, tenta Draco qui souhaitait savoir d'où Ron tenait sa certitude.

Pour la première fois depuis le début de leur conversation l'ancien Gryffondor se détacha de la scène qui semblait jusqu'alors l'obséder.

- Crois moi, leur histoire Harry a fait une croix dessus il y a bien longtemps. Il y a autre chose derrière son comportement… Je dois trouver quoi…

Draco regarda Daphné prendre les mains d'Harry, dire qu'à peine une heure plus tôt la jeune femme était venue le menacer de mort, à l'instant présent, elle ressemblait tout à fait à une jeune adolescente amoureuse.

D'où Draco se trouvait la scène était parfaite, peut-être même trop, elle semblait tout droit sortit d'un film Moldu à l'eau de rose.

- Qu'est ce que tu sais de l'imperium ?, demanda-il soudain à Ron qui avait repris son examen.

"Impossible que ce soit un impérium"

- Simplement ce que le faux Maugrey-fol-œil psychopathe nous en a dit en quatrième année. C'est un sortilège impardonnable difficile à détecter et surtout, il n'existe aucun contre sort.

- Et si Potter était sous l'effet d'un impérium.

Draco reporta son regard sur Harry qui avait passé ses mains autour de la taille de Daphné. La jeune fille se tenait sur la pointe des pieds et ses lèvres cherchaient avidement celles du jeune homme.

- C'est impossible, répondit Ron, Rogue est passé ce matin, il devait absolument voir Hermione. Même s'il a évité Harry et Daphné, il fait parti des rares sorciers à être capable de détecter les sorts de magie noir, il l'aurait ressenti si un impardonnable avait été jeté à l'intérieur de la maison.

- Pas si c'est un imperium modèle.

"Mais oui, comment n'y ai-je pas pensé ?"

- Un quoi ?

- Un imperium modèle. Il n'est pas considéré comme un sortilège impardonnable car bien qu'il ait les mêmes effets, l'imperium modèle perd toute son efficacité si le modèle ne reste pas présent auprès de l'ensorcelé.

Ron croisa les bras sur son torse et fixa Draco en fronçant les sourcils.

- Je ne comprends pas tout.

- Lors d'un imperium modèle, le sorcier qui jette le sort induit un geste ou un mot qui enclenche une réaction voulue. Le reste du temps le sorcier ensorcelé est conscient de tout ce qui l'entoure, de ce que vivent les autres, mais il est dans l'impossibilité de dire ou de faire quoi que ce soit qui va a l'encontre de ce que veut l'ensorceleur.

Un large sourire s'étala sur le visage de Ron.

- Ca expliquerait bien des choses… Pourquoi n'en as-tu pas parlé plus tôt ?

- Je n'y avais pas vraiment réfléchi… pour moi Potter était simplement en pleine phase de batifolage. Mais Daphné vient de dire un truc qui m'a dérangé sans compter James qui est persuadé que son fiston n'est pas dans son état normal…

- Que t'a dit Daphné? demanda Ron

- Elle a menacé de me tuer.

Ron ne put s'empêcher de sourire, en effet Draco ne semblait pas choqué par cette nouvelle, comme s'il était habitué à ce genre de politesse.

- Pourquoi t'a-t-elle dis ça ?

Draco soupira.

- Je gâche soit disant son bonheur. Potter parle trop de moi si j'ai bien compris.

Le sourire de Ron s'agrandit et c'est un regard entendu qu'il posa sur le couple qui était toujours sous la tonnelle.

- Pour être franc, reprit Draco, ce qui m'inquiète le plus c'est qu'elle soit parvenue à enlever le Manglogle. Seul le Seigneur des Ténèbres à ce pouvoir et si elle y est parvenue c'est qu'il le lui a donné. Il sait qu'elle est là. Il l'a même surement envoyé, mais reste à savoir pourquoi.

Ron passa une main nerveuse dans ses cheveux.

- Si nous parvenons à les séparer assez longtemps, le sort ne fera plus effet et Harry sera libre… Il ne nous restera plus alors qu'à quitter la villa.

- Tu crois peut-être qu'elle va se laisser berner si facilement… Il lui suffit probablement d'un geste pour retourner Harry contre nous et je ne crois pas que nous soyons de taille contre lui.

- Il suffit simplement d'agir avant qu'elle ait donné son ordre implicite.

Les deux hommes se retournèrent vers Hermione qui se tenait à quelques pas d'eux.

- Tu nous espionne ?, s'étonna Ron.

- Je vérifie que tu ne passes pas à l'ennemi, répondit-elle.

Depuis l'arrivée de Daphné les relations entre Hermione et Draco s'étaient légèrement améliorées, comme si face à la menace la jeune fille avait choisi de collaborer avec l'ennemi pour faire front.

- Tu as déjà un plan, assura Ron en souriant à son tour à son amie.

- Il nous suffit d'utiliser l'excuse de la potion contre le Spiritin'niger pour attirer Harry dans le labo.

- Et comment on occupe Daphné ?, demanda Draco. Elle ne laissera jamais Harry sans surveillance.

- On peut toujours employer la force, proposa Ron.

- Je pensais plutôt à l'effet de surprise… Un grand classique, répondit Hermione.

Draco regarda Hermione dont le sourire ne présagé rien de bon, Daphné allait regretter d'être revenue.

OoOoO

Le dîner ce soir là se déroula comme chaque soir, dans le calme.

Liam était installé sur les genoux de Draco. Il dormait la tête appuyée contre la clavicule de l'ancien Serpentard qui passait lentement sa main sur son front.

Depuis le retour de Daphné ce petit rituel avait lieu chaque soir et Draco s'en délectait.

Il aimait la relation qui s'établissait entre lui et Liam, en un sens il avait l'impression de se lier à Harry. Durant les quinze jours qui venaient de s'écouler Draco avait sentit à de nombreuses reprises le regard d'Harry sur le tableau qu'il formait avec son fils et il avait plusieurs fois cherché à engager la conversation sur ce sujet mais Daphné s'était imposée à chaque fois.

L'ancien Serpentard avait donc arrêté d'essayer de lui parler laissant à Harry la possibilité de l'observer lui et son fils car le survivant n'avait plus droit qu'à ça.

C'était l'une des premières raisons qui avait laissé penser à Draco qu'Harry était peut être sous l'influence d'un sortilège.

Dans son sommeil, Liam s'accrocha à la chemise de Draco, il murmura une phrase totalement inintelligible avant de serrer le tissu plus fermement et d'enfoncer sa tête dans les replis du vêtement.

Draco se leva alors doucement emportant l'enfant avec lui, il sentit le regard d'Harry suivre le moindre de ses mouvements jusqu'à ce qu'il quitte la cuisine.

Il monta l'escalier avec précaution, entra dans la chambre de l'enfant et déposa son fardeau sur le lit avant de rabattre les couvertures sur lui.

L'enfant battit des paupières laissant apparaître deux orbes vertes si semblables à celles d'Harry que Draco en était à chaque fois troublé.

- Pourquoi Papa m'aime plus demanda l'enfant dans un demi-sommeil.

Draco passa une main dans les cheveux de Liam et lui embrassa le front.

- Ton père t'aime… N'en doute jamais.

Liam esquissa un sourire avant de se rendormir.

Draco redescendit rapidement à la cuisine, Harry et Daphné étaient déjà partis et le jeune homme crut qu'ils étaient déjà montés se coucher.

En passant près de la bibliothèque il croisa Hermione dont le regard déterminé signifiait clairement « c'est maintenant ou jamais. » La jeune femme fit un mouvement de tête en direction de la bibliothèque à l'instant où Ron les rejoignaient.

Draco prit une profonde respiration et entra dans la pièce sans frapper. Il découvrit Daphné installé sur les genoux d'Harry dans l'un des fauteuils en cuir qui meublaient la pièce. La jeune fille posa sur l'intrus un regard sombre lui signifiant qu'il dérangeait.

- La potion est prête, annonça Draco sans se laisser intimider

Depuis qu'il avait été débarrassé du Manglogle, Harry avait repris des forces, mais le Spiritin'niger agissait encore sur lui et la potion lui était vitale.

- De quelle potion parles-tu ? demanda Daphné.

Draco prit conscience que la jeune femme ne faisait pas plus attention à la santé d'Harry qu'à son fils.

- J'ai mis au point la potion qui doit soigner le Spiritin'niger d'Harry. Sa magie ne le soignera pas indéfiniment.

Daphné se leva imité par son amant.

- Tu te sens bien Harry chéri, tu n'as pas besoin de cette potion n'est ca pas ?

L'ancien Gryffondor qui avait fait quelques pas en direction de Draco se figea instantanément.

- Tu as raison mon amour, récita-t-il, ma magie me soigne d'elle-même, je n'ai plus besoin de potion.

- Sans cette potion c'est la mort qui t'attend, s'emporta Draco sentant qu'il perdait la partie sans même l'avoir joué.

- Puisqu'il te dit qu'il va bien, claironna Daphné.

Draco se désintéressa de la jeune femme. Il devait absolument éloigné Harry de Daphné quoi qu'il lui en coute.

- Harry tu te rends bien compte que tu t'affaiblis de plus en plus, bientôt tu seras de nouveau aussi mal que lorsque tu avais le Manglogle. C'est inévitable.

- Il vient de te dire qu'il allait bien, inutile d'insister.

D'un geste brusque, Draco empoigna la jeune femme et la plaqua contre son torse la bâillonnant d'une main.

- Harry tu vas venir avec moi immédiatement.

Daphné se débâtit avant de mordre violemment la main de son agresseur qui la repoussa après un hurlement de douleur.

"Aieuh… Bordel, tu pisses le sang c'est une malade cette gamine"

Draco regarda sa main une seconde avant de l'essuyer sur son pantalon en grimaçant

- Harry chéri, il m'a fait mal… Tue le avant qu'il ne recommence.

"Hein ? Quoi ? Elle a dit quoi là ?"

Harry sortit rapidement sa baguette et la pointa sur Draco.

L'ancien Serpentard se figea. Sous son regard ébahi Harry lança un sort mortel dans sa direction.

Alors qu'il s'attendait à être frapper de plein fouet par l'éclair vert ce dernier passa simplement à quelques centimètres de lui.

Daphné se retourna en direction de son amant et le fixa d'un regard stupéfait ne semblant pas croire à ce dont elle venait d'être témoin.

- HARRY CHERI, je t'ai dis de le tuer et tu vas m'obéir…

La baguette du jeune homme se leva lentement. Draco voyait parfaitement qu'il luttait de toutes ses forces contre l'impérium modèle, mais le Spiritin'niger l'avait affaibli, et le sort franchit ses lèvres une seconde fois. Draco roula sur le coté pour éviter d'être touché et le guéridon près de la porte vola en éclat.

- Arrête Harry, tu peux résister… Pense à Liam, pense à tes amis, à l'Ordre, ils ont besoin que tu réagisses, tenta Draco alors que le Survivant le menacer de nouveau.

- TA GUEULE…, hurla Daphné

Draco se retrouva bâillonné d'un sort.

"La legilimancie, Harry peut t'entendre si tu y mets un peu du tien"

- Et maintenant Harry chéri fait ce que je t'ai demandé… TUE LE, aboya Daphné.

Draco paniqua totalement, il ne voulait pas mourir surtout pas tuer par l'homme qu'il aimait…

Pourquoi Ron et Hermione n'intervenaient-ils pas ?

L'ancien Serpentard accrocha le regard émeraude du Survivant. Pitié Harry ne me tue pas pensa-t-il laisse moi encore profiter de cette vie avec vous, avec ton fils… réagit je t'en pris…

Harry tourna brusquement sa baguette contre Daphné et l'immobilisa d'un Stupéfixe.

Au même instant la porte de la bibliothèque vola en éclat.

- Je t'avais dis qu'aucun sort de blocage ne pouvait résister à mon Destructum, se vanta Ron en entrant accompagné d'Hermione.

"Bravo la cavalerie…"

- Qu'est ce qui s'est passé, demanda la jeune femme en analysant rapidement la scène.

Harry la regarda en souriant avant de s'effondrer.

A suivre...


En espérant que ce chapitre vous ai plu, en tout cas merci de me lire.

Prochain chapitre : Le Manoir P