Bonjour à tous, voici enfin la suite de la fic, je suis vraiment désolé pour le retard de publication et je vous remercie de votre fidélités. Mention spécial lydiamartin33430 qui fut la première personne à me suivre et qui n'a jamais manquer un chapitre.

En bref j'espère que cette suite vous plaira n'hésitez pas à laisser une review, c'est toujours enrichissant d'avoir vos avis.

Remerciement particulier à ma correctrice qui se reconnaitra et qui se rend toujours disponible quand j'ai besoin d'elle !

Chapitre 7 :

Il devait être aux alentours de 7 heures du matin, les premiers rayons de soleil traversaient difficilement les nuages gris en un éclat dissipé, il ne ferait pas beau temps aujourd'hui.

Stiles sentit une douce chaleur sur sa joue, une de celle qui sépare délicatement l'amant de l'étreinte de Morphée. Il ouvrit les yeux facilement mais resta encore quelques minutes blotti contre son oreiller. Les faisceaux lumineux envahissaient peu à peu la pièce et la douce chaleur qu'il avait senti contre sa joue occupait désormais toute la chambre. Cette nuit finalement, il avait bien dormi, d'un sommeil réparateur.

Il savait qu'il était seul au loft ce matin, la nuit dernière il avait entendu la porte claquer et ce n'était pas pour lui déplaire. Affronter le regard compatissant de Derek et devoir probablement parler des démons qui le hante chaque nuit serait de trop. Il en avait marre d'être faible, d'être celui qui se bat sans armes, il était fatigué surtout de faire face à sa propre condition, son impuissance, d'être celui qui n'a jamais le contrôle. Il se dit alors qu'il devait sérieusement apprendre à contrôler ses émotions, à devenir maitre de lui-même. Puis, à cette pensée, il songea à Derek et se fit la remarque que c'était peut-être dans ce but que le loup faisait toujours preuve de stoïcisme, sûrement pour cacher ses blessures et ses douleurs, celles d'un passé brisé par les flammes destructrices qui faisait écho aux événements qu'il était en train de vivre. Peut-être n'avait-il pas considéré que cet écho se faisait aussi chez l'homme loup et qu'il serait, le plus à même de le comprendre sans émettre de jugement.

Tranquillement le jeune homme se prépara, prit une douche, enfila ses nouveaux vêtements et bu une tasse de café bouillante.

Dehors, il faisait lourd, les nuages couvraient presque entièrement le ciel, seul quelques rayons parvenaient jusqu'au sol, la lumière du jour était blanche, presque aveuglante, l'ambiance était clairement mélancolique. Stiles se demanda à quel moment l'orage éclaterait, il avait de la marche avant d'arriver devant les ruines de son ancien foyer et récupérer sa Jeep. Il avait bien pensé à utiliser la Camaro mais Derek lui avait clairement dit « NON » lorsqu'il avait précédemment voulu la conduire, alors autant éviter de se retrouver plaqué contre un mur !

En réalité, il appréciait sa marche solitaire, il pouvait laisser son esprit vagabonder librement, allant ainsi d'une idée à l'autre. Chaque partiel du monde que ses yeux pouvait croiser faisait l'objet d'une analyse rapide et détaillée provoquant d'instantané réflexion, aussitôt vu, aussitôt oublié. Alors sans se rendre compte du chemin parcouru, il se retrouva à destination. Devant les décombres, se trouvait un mur de voiture. Il y'avait évidemment la Jeep bleu de Stilinski fils mais aussi trois véhicules appartenant au bureau du Sheriff ainsi qu'une camionnette blanche.

Stiles s'avança et traversa la barrière de véhicule pour constater la masse de monde qui se tenait sur ce qu'il restait de l'ancienne bâtisse. La zone était sécurisée par des bandes jaunes et quelques individus vêtus d'une combinaison blanche semblait faire des prélèvements à même le sol. Certains faisaient des vas et viens entre la camionnette et l'amas de débris. Stiles observa la scène quelques instants avant d'apercevoir l'adjoint du sheriff, Parish en pleine conversation avec un homme d'une quarantaine d'années vêtu d'une combinaison blanche. Il décida donc de s'approcher davantage pour écouter l'échange entre les deux hommes.

_ « …Il ne fait aucun doute que l'incendie est d'origine criminel, d'après les premières analyses le feu à était provoqué volontairement, on a retrouvé de l'essence sur le foyer initial... »

Stiles intervint aussitôt, surprenant les deux individus par sa présence.

_ « Parish, c'est vrai ? Ce que cet homme vient de dire est vrai ? C'est un incendie criminel ?

_ Stiles, qu'est-ce que tu fais ici ? C'est une enquête de police, tu ne devrais pas être là !

_ Réponds-moi, j'ai le droit de savoir !

_Je ne peux pas te répondre tant que nous n'avons pas tous les éléments en main. Je te promets qu'on reviendra vers toi quand on en saura plus, pour l'instant tu devrais nous laisser faire notre travail et retourner chez Derek, te reposer un peu… regardes-toi, tu tiens à peine debout, t'as l'air épuisé. »

Et, même si Stilinski fils se sentait bien, il était vrai qu'il ne paraissait pas l'être. Le teint blafard, les cernes creusées et le regard éteint en disait long sur son état. Parfois, l'évidence est tellement visible que peu importe ce que l'on voit, si l'on ne prend pas le temps de regarder, on peut passer complétement à travers !

Alors, comme un second état de conscience Stiles se tourna vers la projection de son reflet sur la carrosserie des véhicules, puis, comme si il venait d'être percé à jour, il détourna le regard, de honte. D'abord de lui-même et ensuite de celui de Parish.

La tête légèrement inclinée, il tenta de ne pas faire durer la situation, et trouver un échappatoire :

_ « Je suis venue récupérer ma Jeep ! Mais maintenant, je me rends compte que j'ai plus les clés… normal elles sont partirent en fumée en même temps que ma maison. Et pourquoi j'y ai pas pensé avant ? Ce n'est pas comme si j'avais eu tout le trajet pour réfléchir. Mais non évidemment Stiles Stilinski ne réfléchit pas, il a constamment de nouvelles idées qui viennent brouiller son esprit… »

Parish laissa le jeune homme s'agiter, sans y prêter réellement attention, se contentant de glisser les mains dans ses poches comme pour y chercher un trésor. Enfin, lorsqu'il finit par trouver le dit trésor il releva la tête en direction de Stiles avec un sourire léger sur le visage.

Il tendit la main en direction du garçon le laissant découvrir des clés neuves. Stiles s'interrompu alors et interrogea Parish du regard qui n'eut d'autre choix que de fournir une explication à son interlocuteur :

_ « On les a reçus ce matin au commissariat. Avec un recommandé de ton assurance. Je pensais venir te les donner chez Derek après l'analyse du terrain mais bon, tant qu'à faire, vu que t'es là … Ce serait dommage que tu rentres à pied ! »

Stiles arracha presque les clés des mains de l'adjoint, avec un large sourire aux lèvres. Parish ria instantanément tant la réaction du jeune homme était enfantine. Il avait cette impression complètement justifié d'offrir des bonbons à un enfant.

_ « Alors là c'est trop cool mec ! Merci beaucoup, je sais pas quoi te dire ! Tu me sauves la vie là !

_ C'est rien Stiles, vraiment je t'assure.

_ Bien sûr que si c'est quelque chose, j'aurais même pas su qui contacter pour faire fonctionner l'assurance. Pour dire vrai, j'sais même pas chez qui je suis assuré. C'est grave quand même hein ! C'est mon père qui s'occupe de tout ça normalement. Non pas que j'veux pas hein, c'est plutôt mon père qu'est contre cette idée. Je crois qu'il a peur que je fasse n'importe quoi avec tout ce qu'est administratif. En fait non… j'crois pas, j'en suis sûr. Il est catégorique à chaque fois, il me fait le sermon du : « C'est moi le père, c'est à moi de m'occuper de ce genre de choses pas à toi » alors évidemment qu'est-ce que je peux répondre à ça ?

_ Euh… je crois qu'il y'a un mal entendu Stiles, ce n'est pas moi qui me suis occupé de ça, je me suis contenté de les réceptionner ! Le recommandé était au nom de Hale. »

Il y'eu un moment de silence, Stiles ne réagit pas tout de suite. Il serra les clés entre ses mains puis finit par remercier Parish tout en se dirigeant vers la Jeep. Sans un regard il démarra et prit la route en direction de l'hôpital.

Derek avait fini par faire redescendre la pression après cette nuit à courir. Au lever du jour, il avait reçu un coup de téléphone de la part de Scott lui demandant de passer dès qu'il le pouvait. Il était revenu au loft pour se doucher et avait constaté que Stiles n'était pas là. Tant mieux, il n'aurait pas vraiment su quoi dire.

En arrivant chez Scott, il croisa Melissa Mc Call qui partait pour l'hôpital, visiblement pressée, elle se contenta d'un sourire et d'une salutation de la main auquel il répondit par un hochement de tête.

Scott ayant manifestement sentit la présence de Derek ouvrit la porte avant que celui-ci n'atteigne le perron de la maison.

C'est seulement une fois arrivé dans la cuisine que Scott prit la parole :

_ « Est-ce qu'il va bien ?

_ Il fait face… il essaie de tenir le coup ! »

Les deux hommes laissèrent un silence s'immiscer. Scott était réellement soucieux de l'état de Stiles, seulement il ne pouvait pas se permettre de basculer dans le coté émotionnel de sa relation avec lui. Il savait pertinemment que Derek veillait sur lui, et il devait se contenter de lui faire confiance. Pour l'heure, il devait se recentrer et faire face à son rôle d'alpha, le but étant de trouvé une solution quant à la menace « Dread doctors » et la seule solution qu'ils avaient trouvé pour le moment était de sollicité le cerveau de Stiles Stilinski.

Dès lors, Scott reprit la parole avec un ton bien diffèrent du précèdent. Un ton plus dur.

_ « Alors… Est-ce que t'as pu en tirer quelque chose, il accepte de nous aider ?

_ Pour l'instant il est encore bien trop préoccupé parce qu'il vient de lui arriver, je n'ai pas encore eu l'occasion d'avoir cette conversation avec lui.

_ Il faut agir maintenant Derek. On n'a pas le temps de faire avec ces états d'âme, il est notre seul chance de prendre une longueur d'avance sur eux. Les Docteurs ne nous ont pas laissés autant de répit depuis qu'ils sont arrivés en ville, c'est une opportunité qui ne se représentera pas deux fois. Si on doit mettre en place un plan d'action c'est maintenant, pendant qu'ils se tiennent encore à l' écart ! »

Derek observa Scott un instant, il devait bien admettre que son protéger avait bien changé, il était devenu bien plus ferme et décidé, un véritable leader, sûr de lui et de la direction qu'il prend. Il agissait en véritable soldat, les sentiments n'ayant plus leurs places dans la guerre qu'il livrait aux Docteurs.

Evidemment, comme à l'accoutumé, Derek se contenta d'un hochement de tête avant de quitter les lieux.

Stiles entra dans l'hôpital de Beacon Hills le visage déjà serré, rongé par l'inquiétude des nouvelles qui lui serait données.

Les murs blancs, les vastes couloirs, le nombre interminable de porte et cette odeur propre aux instituts médicaux le replongea instantanément dans un état de mal aise et d'appréhension.

S'il n'était pas venu pour son père, il serait reparti aussitôt.

À peine eu-il le temps de ce poster devant l'accueil qu'il croisa un regard familier, un regard maternel, celui de Melissa Mc Call.

_ « Hey mon grand, comment tu vas ? »

Elle n'attendait pas la moindre réponse, la question était purement conventionnelle. Elle s'approcha d'un pas sûr et le prit dans ses bras pour le saluer, un large sourire aux lèvres.

_ « Tu es venu prendre des nouvelles de ton père ? Malheureusement je pense qu'il est encore trop tôt pour que je puisse te donner un réel diagnostic. Tout ce que je peux te dire c'est qu'il n'a pas fait d'autres arrêts cardiaques depuis ton départ de l'hôpital et ça, c'est déjà positif. Mais pour le moment il reste en soin intensif, son état est encore instable. »

Stiles n'avait pas dit un mot, il n'avait pas non plus esquissé une seule expression faciale, se contentant de plonger son regard miel dans les iris charbonneuse de Melissa.

_ « Est-ce que je peux le voir ? »

Melissa pencha légèrement la tête sur le côté, comme une mère attendri et surprise par la réaction d'un enfant. Elle lui sourit légèrement et posa une main sur l'épaule de Stiles qui se tenait raide, les bras croisés devant elle avant de répondre :

_ « Ce n'est pas possible Stiles, comme je te l'ai dis il est en soins intensifs, ce n'est pas encore le moment… Il doit d'abord se stabilisé et je ne crains… »

Le jeune homme ne laissa pas terminer l'infirmière, ce qu'elle avait à dire n'avait pas la moindre importance, elle devait céder.

_ « S'il te plait ! » Il empoigna la main qu'elle avait précédemment posée sur son épaule comme pour l'attirer un peu plus vers lui. Il jouait au chantage affectif.

Melissa cessa de sourire, elle prit un air bien plus grave.

_ « Stiles, tu ne comprends pas, ça ne dépend pas de moi, c'est pour son bien… L'étendu de ces blessures… il n'est pas possible de le voir, il placé dans une chambre stérile. Et, je ne suis pas sûre que ce soit bon pour toi de le voir dans cet état. »

Comme lorsqu'il avait revu son foyer en cendre, Stiles sentit son cœur bondir hors de sa poitrine, les mots de Melissa lui faisaient l'effet d'une balle transperçant ces chairs. Alors, il prit pleinement conscience de la gravité des blessures du Sheriff. Puis comme un enfant qui grandit soudainement, il comprit que son père n'était pas un héros indestructible, ce n'était qu'un homme, tout comme lui. En une fraction de seconde le jeune homme devint adulte. Désormais, il fallait agir comme tel et savoir prendre des décisions responsables.

_ « Très bien, tu me promets de me tenir informé ?

_Evidemment, j'appellerais sur le portable de Derek à la moindre nouvelle. Tu peux compter sur moi. »

Dans sa Jeep, Stiles se sentait chez lui.

La vieille voiture avait elle aussi subit pas mal d'épreuve, son physique en était la preuve incontestable. Sa carrosserie était abimée, fatiguée par les coups brutaux et répétitifs, les vieux sièges de cuir avaient gardés les empreintes corporelles des différents passagers qu'elle avait accueilli. Le moteur était devenu capricieux éreinté par les conduites folles et les innombrables réparations « maison » de son pilote.

A l'intérieur subsistait des senteurs familières, indescriptibles, celle de sa jeunesse achevée. Des notes de muscat et de cumin flottaient de part et d'autre de l'espace confiné, mélangé aux fragrances corporelles de ses compagnons. Il pouvait y distinguer nettement l'arôme automnal de Scott et l'odeur sauvage et salé de Malia. Le tout s'harmonisant parfaitement et créant ainsi un effluve unique, le parfum de son passé, un arôme sécurisant et enivrant.

Si la plénitude avait une odeur, ce serait bien celle-ci.

Stiles s'y sentait tellement à sa place qu'il décida de ne pas s'arrêter lorsqu'il parvint au loft de Derek.

Il continua de rouler quelques heures et sur la route, il vit le soleil trébucher et s'éteindre peu à peu laissant ainsi la nuit fraiche s'installer à sa place. Les fenêtres ouvertes, il laissa l'air pénétrer dans son domaine comme pour chasser ses pensées de son esprit et faire le vide. La radio était restée muette, le jeune homme préféra aux notes de musique le chant de la route et le roucoulement de sa vielle voiture.

S'il s'était écouté ce soir-là, il n'aurait jamais arrêté de rouler et aurait passé le reste de sa vie en solitaire à manger les kilomètres. Non pas pour fuir mais pour s'affranchir, jouir de la liberté absolu et ne plus se confronté aux difficultés imposées. Mais il y'avait son père, celui qui ne l'avait jamais laissé tomber même dans les pires moments, celui qui n'avait jamais pris la route pour s'affranchir et avait combattu les difficultés imposées sans un instant se plaindre. Alors, Stiles finit par s'arrêter et faire marche arrière car c'était à son tour de ne pas le laisser tomber, de le soutenir face aux difficultés.