Désolée pour le retard ! :3

-(retour Présent)-

Trois jours. Exactement trois jours c'étaient écoulés depuis la (courte) soirée chez Mathieu. Aucune nouvelle de lui. Mais de toute façon, je n'en donnais pas non plus... Le cri poussé sur le balcon me donnait encore des frissons.

Et une évidence : j'étais stupide. Con aussi. "MthSmt" et "Mathieu Sommet". Quel con je fais...

Je fixais l'écran de l'ordinateur. Il diffusait une lueur bleutée dans la pièce. Je cliquais sur la touche gauche de la souris.

Pseudo : MthSmt
Description : Je n'ai aucunement besoin de me décrire... Si tu te souvenais vraiment de moi tu le saurais. Je croyais pourtant avoir été clair...
Age : 26 ans.
-aucune autre information-

.Chat.

Antoine : Je suis désolé d'être partit comme ça...
MthSmt : De quoi ?
Antoine : De la soirée... Fait pas le con Mathieu... Je sais que c'est toi.
MthSmt : Non mais je t'avais rayé de ma vie. Donc j'avais oublié.
Antoine : Mais... Qu'est ce que je peux faire pour me faire pardonner ?
MthSmt : Appelle Victor. Il est a fond sur toi.
Antoine : Et si je n'ai pas envie ? -lu-

La dernière discussion avec lui. Finie en beauté. Datant d'il y a deux jours. Et je faisais tout pour ne pas la regarder... Mais mes yeux n'étaient pas d'accord.

"RAAAAH ! PUTAIN DE MERDE !"

Je composais le numéros fatidique.

"/Tuuuuut... Tuuuuut... Clic !\
-Allô ?
-Heu.. Ouais salut c'est Antoine...
-Antoine !... Comment ça va ? Il s'est passé quoi ? Mathieu est resté silencieux et après il a été gueuler au balcon... Vous vous êtes disputés à quel sujet ? C'est pas trpo grave j'espère ?
-Heu... Wow. T'aimes bien les questions toi hein..!
-T'as vu le dernier film qui est sortis que tout le monde attendait ? C'est une pure merde.
-Non j'l'ai pas vu... Pas l'time. Ça te dirais qu'on se voit aujourd'hui ? Dans un café ?
-Ben... Viens chez moi plutôt...
-...D'accord. Quand ?
-Vers 15 heures ?
-Ok. A tout à l'heure..."

Pfff.. Victor c'est le genre de gars qui passerait nickuel dans le rôle de psychopathe. Aller chez lui dès le premier rendez-vous ? Mathieu tu me fais vraiment chier.

Depuis le début...

-Passé-

Le monde tanguait.

Je ne savais pas qu'on pouvait se terrer autant dans sa bulle. Je ne savais pas que l'amour était si dur. Je ne savais pas qu'il m'aimait autant.

Je ne savais pas que je l'aimais autant.

Mais qu'est ce que je savais au final ?

Que nous nous aimions. Et que tu n'étais plus là. Pour toujours.

Dis moi...
Qui souffre le plus...
Dis moi...
Qui souffre le moins...
Dis moi...
Pourquoi mon cœur souffre autant...
Dis le moi.

Je ne savais pas vraiment écrire de poème, mais celui-ci envahissait mes pensées au point d'en faire une chanson. A la guitare. Au piano. Parfait pour un groupe.

Je m'étais perdu dans la musique, et le lycée n'étais pour moi qu'un souvenir de toi. Je m'y rendais la tête baissée, le visage crispé quand les coups pleuvaient, associés à des insultes.

"ANTOINE TU DESCEND MAINTENANT ! J'EN AI ASSEZ ! TU VA CHEZ TON PÈRE POUR LE WEEK END !"

Simple phrase mettant en déroute le monde. Et les habitudes.

La maison de mon père était à Saint-Etienne. Une ville bizarre. Enfin... C'était juste mon avis. Sûrement parce que je trouvais mon père étrange.

Il m'accueillit bras grands ouverts, des larmes de joie perlant aux coins de ses yeux.

"Antoine ! Mon grand garçon ! Tu as de la chance ! Il y a un festival de musique en ce moment ici ! Tu pourra y aller quand tu voudras !
-Merci papa.
-Ta mère m'a dit que tu n'allais pas très bien... Tu peux rester le temps des vacances si tu préfère.
-Ça va.. Ça va... Je verrais. Merci papa.
-Bien ! Fais ce que tu veux ! Tu es grand maintenant ! Bien. Bien biennn... Je vais au pub... Concours de belote. A plus fiston ! Installe toi !"

Et il montait dans sa fourgonnette, en mettant un son criard en route. Il s'en alla, le moteur crachotant.

Ma chambre ici était la seule de l'étage. Mais l'étage n'étais composé que d'une chambre. L'escalier menait à la porte, et quand on ouvrait celle-ci, la chambre apparaissait, grande et rangée, quoique légèrement enfantine par les bords, avec le lit sur la mezzanine.

Je posais mon sac.

La chambre me sembla soudain trop grande. Trop oppressante. Trop petite. Trop plein de choses.

Je m'enfuyais dehors.

Mes pas me guidèrent vers la musique confuse. Étouffée d'autres bruits sourds.

La scène était cachée par une foule de jeunes se déhanchant au rythme de la mélodie. La voix qui chantait avec émotion faisait crier les jeunes filles en manque de tout.

Une d'elles m'agrippa par le bras :

"T'es nouveau ou quoi ?! Bouge ! Danse ! VIIT !
-Je suis ici pour le week end en fait...
-Ah ouais ?

Elle m'entraîna plus loin de la marée de monde en souriant.

-Ouais. Tu t'appelle ?
-Lou ! Je m'appelle Lou ! dit-elle en riant.
-Moi c'est Antoine.

Lou rejeta ses belles boucles blondes en arrière et me regarda de ses grands yeux bleus.

-Antoine ?! Oh... C'est marrant... Le chanteur à dédié cette chanson à un Antoine... Viens voir !"

Je la suivit jusque devant la scène. Là, elle me montra du doigt celui qui chantait.

Larmes. Couteau. Cœur mort. Cri. Un seul cri. Un seul souffle.

"Mathieu..."

Ton regard s'abaisse sur moi. Tes yeux se brouillent de larmes. Mais moi seul les voit.
La musique s'arrête en même temps que ta voix.

"ENCORE ! BIIIIIIS !" hurle la foule

"Bien... Alors... Ça me va. Mon Prince j'espère que tu m'entendra cette fois ci...

"Le temps passe tu n'es pas là
Je ressens chaque jour, ta présence derrière moi
Comme si ton nom suivait mes pas
Ma vie se casse et je me noie
Ton visage au rivage me répète accroche toi
Mais mes forces m'abandonnent je ne sens plus mes bras
Je me sens las, seul ici bas, je perds pieds
Ma tristesse est telle que mes larmes couvrent le sol
Je ne peux plus faire face je me suis désisté
Je deviens fou, plus rien n'est drôle
Si tout se brise à mes côtés
C'est que je cherche un sourire de ta part quelque part
Une larme, un regard, un baiser
Une phrase, un espoir, pour me sentir aimé

Tu me regarde intensément en chantant plus fort, tandis que je pleure

Je ne suis plus rien sans toi
Je te cherche mais n'te vois pas
Mon Prince j't'en prie réponds-moi
Apporte-moi ta force
Je ne suis plus rien sans toi
Je te cherche mais n'te vois pas
Je t'en supplie reviens-moi
Ou que le diable m'emporte

Et si je pouvais plus qu'une fois, te serrer fort contre moi
Sentir mon corps se blottir contre ton torse
J'aurais sûrement la force de me battre d'affronter le combat des souvenirs
J'ai baissé les bras, je ne veux plus combattre, je te veux toi et ta voix pour me soutenir

Je ne suis plus rien sans toi
Je te cherche mais n'te vois pas
Mon Prince j't'en prie réponds-moi
Apporte-moi ta force
Je ne suis plus rien sans toi
Je te cherche mais n'te vois pas
Je t'en supplie reviens-moi
Ou que le diable m'emporte

Oh si je pouvais plus qu'une fois, te serrer fort contre moi
Sentir mon corps se blottir contre ton torse
Oh si je pouvais plus qu'une fois, revoir l'amour dans ton regard
Un dernier au revoir me redonnerait l'espoir"

Des cris. Des cris après le silence de la dernière note. Des bravos, des vivas. Et toi. Debout au dessus de tous. Et puis tu te penche vers moi.

Et tu m'embrasse.

-Présent-

Je marche dans les rues à la recherche de la station de métro qui m'emmènera au bon RER qui me permettra d'arriver chez Victor. Tout ça pour un café.

Le trajet est long, et parfois, en jetant un coup d'œil derrière moi, l'impression de sentir Mathieu est énorme.

L'amour est chiant.

Une fois arrivé chez Victor, je suis épuisé, et je ne regrette presque pas d'être venu.

La porte s'ouvre. Il apparaît, en t-shirt et jean. Une clope coincée entre ses lèvres.

"Salut.

-Coucou...! T'habite loin dis-moi...

-Ouais désolé... Tu rentre ? Enfin... Qu'est ce que je raconte moi... Suis moi."

Il referme la porte derrière lui et m'emmène à un petit salon près de l'entrée sur une terrasse laide.

La discussion va à bon train, et je me sens bien. J'en oublie mes problèmes, et je me rend compte que le cinéma, tout comme Victor, peuvent être très intéressants...

Victor s'approche de plus en plus de moi, tout doucement.

Et ses lèvres se posent sur les miennes.

Revieeeeeeews...? o/