Yo ! Comme promis voici le chapitre 7, enjoy ~ ! :P
VII
Outre la séance d'interrogatoire de Law qui m'avait mis quelque peu mal à l'aise, le reste de la journée s'était passé calmement et j'étais reconnaissant à mon cher colocataire de ne pas en avoir rajouté une couche. Le soir dans mon lit j'avais beaucoup repensé à tout ça et en étais venu à la conclusion qu'après tout Law avait raison, un baiser ce n'était pas grand chose, d'autant plus venant d'une personne complètement ivre. Mais mon vrai problème venait du fait que cela ne m'avait pas déplu d'être embrassé par un homme, au contraire, j'avais aimé ça. Pour moi qui vouais pratiquement un culte à la gente féminine je devais bien avouer que ça me faisait bizarre. Tout ça me fit réfléchir et peut-être que finalement ce que je ressentais n'était qu'un sentiment d'admiration et le désir d'aider les ladies que j'avais n'était rien de plus que l'envie de les protéger et de leur faire plaisir. Je ne m'étais encore jamais vraiment intéressé à quelqu'un et à cause de Law je réfléchissais trop à ce genre de choses ces derniers temps. Cet abruti de chirurgien ne me foutait pas la paix même dans mes pensées ! À cause de tout ça, le lendemain j'étais épuisé au travail car je n'avais pas beaucoup dormi, je m'étais fait engueulé par Zeff pendant tout le service et je n'étais pas plus avancé.
Pendant les jours qui suivirent je faisais des efforts pour me comporter comme d'habitude avec Law et j'y arrivais plutôt bien même s'il m'arrivait de ne pas être à l'aise lorsqu'il passait trop près de moi et je le soupçonnais même de le faire exprès le bougre. Nous discutions de tout et de rien comme d'habitude, je faisais le dîner quand je ne travaillais pas au Baratie et nous étions devenus de très bons amis. Je l'avais invité à sortir avec toute notre bande un samedi soir et j'avais pu remarquer qu'il buvait beaucoup moins que nous autres, peut-être pour éviter de réitérer les événements de la dernière fois et je lui en étais assez reconnaissant, j'avais déjà été assez troublé la dernière fois. Il s'était très bien intégré à nous, peut-être grâce à Luffy qui ne l'avait pratiquement pas lâché de la soirée. Law m'avait avoué avoir passé un bon moment lorsque nous étions rentrés, ce qui m'avait rendu heureux car en voyant ses sourcils éternellement froncés même pendant la soirée j'avais peur qu'il ne se sente pas à sa place, ou agacé. Je me surprenais d'ailleurs à être un peu trop affecté par ses états d'âme mais j'appréciais de plus en plus sa compagnie.
Cela faisait environ deux mois que j'avais emménagé chez Law et je m'y sentais chez moi, ma petite routine me plaisait et j'étais plutôt heureux. Le mois de décembre avait amené la neige avec lui et j'affrontais donc un froid mordant en sortant de l'appartement. J'y pensais depuis peu et j'avais décidé de parler au Marimo à propos de quelque chose qui me tracassait même si j'avais eu des scrupules à l'appeler. J'avais d'abord crains qu'il m'envoie carrément me faire voir, ce qui ne m'aurait pas étonné, mais ce dernier avait accepté sans crier ni m'insulter que je lui rende visite cet après-midi après son entraînement de kendo. C'était donc en ce glacial samedi après-midi que je me dirigeais vers le repaire de l'algue ambulante, une boule de stress au ventre.
Arrivé devant chez lui, une cigarette à la bouche que je venais d'allumer, je frappais à sa porte. Voyant qu'il n'arrivait pas je frappais plus fort et l'entendis crier de l'autre côté.
«Enfin ! Dis-je quand il ouvrit. Tu t'es perdu dans ton appart' ou quoi ?
-La ferme Love-Cook, je dormais, me répondit-il en baillant. Et si t'es pas content t'as qu'à rentrer chez toi.
Il se poussa pour me laisser passer malgré tout et je retirai mes chaussures et ma veste pour les laisser dans l'entrée. Même si la personne qui y vivait m'agaçait, j'aimais beaucoup l'appartement du Marimo, son salon était typiquement japonais et j'appréciais le sentiment de sérénité qui s'en dégageait, tout le contraire de Zoro quand j'étais en sa compagnie en fait. Je m'asseyais sur un des zabuton* et passais mes jambes sous le kotatsu**, soupirant de bonheur en sentant la chaleur se répandre dans mon corps. Zoro partit à la cuisine et revint quelques instants plus tard avec un café pour moi et une bouteille de saké pour lui avant de s'asseoir en face de moi. Je le remerciai avant qu'il prenne une grande rasade d'alcool, je ne comprenais toujours pas comment il pouvait boire autant à n'importe quelle heure de la journée, j'en étais presque admiratif. Il reposa la bouteille après quelques secondes et prit la parole.
« Alors sourcil en vrille, pourquoi tu voulais me voir ? T'as rien voulu me dire au téléphone l'autre jour. »
En effet, je lui avais seulement demandé si on pouvait se voir rapidement car j'avais à lui parler mais je n'en avais pas dit plus et en fait, si j'avais voulu le voir c'était par rapport à mon incompréhension qui était déjà bien présente depuis un mois. Après le baiser échangé avec Law dont ce dernier ne se souvenait plus, rien d'ambiguë ne s'était passé entre nous mais j'avais quand même cette impression que Law faisait souvent exprès de rester très près de moi, voir trop, et je m'interrogeais. Ce qui m'embêtait le plus c'était que je n'arrivais pas à oublier la sensation de ses lèvres sur moi, et j'en venais parfois à vouloir recommencer lorsque qu'il restait trop proche de moi. J'avais alors décidé de parler avec la seule personne gay de mon entourage : le Marimo. Celui-ci sortait depuis quelques mois avec Ace, le frère de Luffy et ils filaient depuis le parfait amour, bien que je me demandais encore comment ces deux là s'étaient trouvés. Mais ils avaient l'air heureux ensembles et je m'étais dis que lui pourrait m'éclairer car je ne comprenais pas vraiment ce que je ressentais.
Au début je pensais que c'était une bonne idée mais maintenant que j'étais devant Zoro, attendant que je lui dise pourquoi j'étais là, je devenais nerveux et je trouvais de plus en plus que c'était une très très mauvaise idée d'être venu. Cet abruti serait capable de se moquer de moi, on finirait forcément par s'engueuler, il me virerait de chez lui pour lui avoir fait perdre son temps et je n'aurais aucune réponse.
« Oï, Cook ! Dit-il pour attirer mon attention, qui était focalisée sur ma tasse. C'est toi qui voulais me voir alors exprime-toi.
-D'abord, commençai-je. J'aimerai que tu ne dise rien aux autres à propos de ce que je vais te dire, même à Luffy. Surtout Luffy en fait, ajoutai-je. »
Ces deux-là passaient leur temps ensemble, et je ne voulais pas que le Marimo aille raconter ce genre de choses à Luffy, qui n'était pas fichu de tenir sa langue plus de deux minutes. Il leva un sourcil en signe de curiosité et finit par hausser les épaules pour me signifier qu'il était d'accord.
« Je... À quel moment tu t'es rendu compte que tu étais attiré par les hommes ? »
J'avais très certainement rougi en posant cette question et le regard que Zoro posait sur moi ne m'aidait pas à me détendre, bien au contraire.
« C'est pour parler de ça et te foutre de moi maintenant que tu es venu ?
-Quoi ? Non ! M'exclamai-je. Je ne vais pas me moquer de toi, je l'aurai fait depuis longtemps si c'était mon intention. Juste réponds-moi, s'il te plaît Zoro. »
En entendant son prénom il fut surpris, car je ne l'appelais comme ça que quand j'étais vraiment sérieux. Il prit au final quelques instants pour réfléchir avant de me répondre en soupirant.
« J'sais pas, il paraît que c'est dans les gênes tout ça et disons que contrairement à toi je n'ai jamais vraiment regardé les femmes, commença-t-il. Elles ne m'intéressent pas, et encore moins quand je vois Nami, elle me fait trop flipper. Puis il y a trois ou quatre ans, un type que je connaissais m'as demandé de sortir avec lui alors je lui ai dit oui et c'était pas déplaisant. J'ai rien eu de très sérieux puis ensuite est venu Ace et voilà, tu connais la suite.
-Je vois... et euh... comment... comment tu as su que tu étais amoureux de Ace ?
-Je sais pas, c'est quoi ces questions Cook ? S'impatienta-t-il. Depuis quand tu t'intéresse à ma vie amoureuse ? »
Il me regarda comme s'il essayait de trouver la réponse sur mon visage et tout à coup il ouvrit la bouche, quelques connexions dans son cerveau avaient apparemment fini par se faire.
« Non ! S'écria-t-il. Toi ? Sérieux ?
-Quoi moi ? Lançai-je, sur la défensive.
-Toi, Ero-Cook, qui nous rabâche tes manières et tes « Melorines » à longueur de temps, t'es gay ? Celle-là c'est la meilleure ! »
Il éclata de rire en tapant sur la table, manquant de s'étouffer en buvant son saké et je serrais la main autour de la tasse que je tenais. Je savais que c'était une mauvaise idée de demander quelque chose à cet imbécile d'algue verte, alors je reposais ma tasse rageusement et me préparais à me lever quand Zoro, qui avait finalement cessé de rire, attrapa mon poignet pour que je me rassoie.
« S'cuse, dit-il avec encore un petit sourire aux coins des lèvres. C'est juste que je m'y attendais pas. Franchement de toutes les personnes que je connais t'étais pas le meilleur candidat... »
J'émis un grognement puis me rassis où j'étais précédemment et repris ma tasse dans les mains pour avoir une contenance avant d'en boire le contenu.
« Donc... commença le Marimo. C'est parce que t'es amoureux de Law que tu me poses ces questions ? »
Je m'étouffai avec le café que j'avais dans la bouche et en recrachai une partie sur la table devant moi. Autant il pouvait souvent être idiot et ne réfléchir à rien, autant parfois je préférerai vraiment que le cerveau de Zoro ne se mette pas en marche, surtout dans certaines situations comme celle-ci. Il alla chercher de quoi essuyer mon bazar sans rechigner et retourna à sa place.
« Je vais prendre ça pour un oui, dit-il avec un sourire.
-Non ! M'exclamai-je.
-Te moque pas de moi sourcil en vrille, j'ai bien vu la dernière fois quand on était au bar comment tu le regardais.
-J-Je sais pas, lâchai-je.
-Comment ça tu sais pas ? Tu ne viendrai pas me poser des questions comme ça si t'avais pas au moins un doute.
-Eh bien c'est que... hésitai-je. J'ai jamais été amoureux de quelqu'un donc je sais pas vraiment ce que je ressens. »
Jamais je n'aurai imaginé parler de ça avec Zoro. En fait je n'aurai simplement jamais imaginé échanger plus de dix mots ne contenant aucune insulte avec lui car nos « discussions » se finissaient toujours par des coups et je m'étonnai qu'il puisse être aussi attentif à mes problèmes.
« Qu'est ce qui te fait penser que tu ressens peut-être quelque chose pour lui alors ? Me demanda-t-il.
-J'en sais rien, c'est juste que… En y réfléchissant j'ai remarqué que j'avais les mêmes attentions pour lui que pour Nami-san ou Robin-chan, déclarai-je. J'aime bien lui apporte quelque chose à boire ou à manger quand il est à la maison et qu'il travaille sur son ordi et j'attends parfois qu'il rentre du travail avant aller me coucher pour le voir. Quand je cuisine pour lui je veux faire encore mieux que d'habitude parce que je veux lui faire plaisir et j'ai cette putain d'impression que je pense à lui toute la journée... »
J'avais déballé tout ça sans regarder le Marimo, réfléchissant seulement à ce que je ressentais lorsque je pensais à Law et essayais de mettre des mots dessus malgré la gêne de parler ainsi de mes sentiments. Plus intéressé par le bois de la table que par mon interlocuteur je n'avais relevé les yeux vers lui qu'à la fin de ma tirade pour voir sa réaction, qui ne se fit pas attendre.
« Ah ah ! Rit-il. T'es vraiment amoureux alors ! Merde, Ace a gagné son pari... ajouta-t-il plus bas.
-Quel pari ? Me méfiai-je.
-Ace s'était demandé il y a un moment si t'étais gay ou non et je lui avais dit qu'il n'y avait aucune chance pour que quelqu'un comme toi puisse l'être. T'es bien trop gaga devant tout ce qui a une paire de seins pour être attiré par hommes. Lui avait parié que c'était justement pour le cacher que t'en faisais des tonnes.
-Oi ! M'énervai-je. Je ne cache rien du tout ! Je m'étais jamais posé la question avant c'est tout...
-Oui, oui, bah le résultat est le même, tu es attiré par Law. »
Je ne niais pas, c'était vrai après tout. C'était peut-être une ou deux semaines plus tôt que je m'étais rendu compte que ce que je ressentais était quelque chose de différent de l'amitié envers Law.
« Et donc ? Tu penses que Law est du même bord ? Questionna-t-il. Parce que si lui n'est pas du tout intéressé tu vas te prendre un mur, vu le personnage...
-Je penses que oui, il est loin d'être contre les contacts avec les hommes, affirmai-je.
-Comment ça ?
-Eh bien... »
Je lui racontais ce qu'il s'était passé peu de temps après que j'ai emménagé, lorsque j'avais passé la main dans ses cheveux alors que je le croyais endormi et le baiser que nous avions échangé. Je dis également au Marimo que Law n'avait pas été choqué ou dégoûté quand je le lui avait raconté et qu'il avait plaisanté en me demandant si je voulais réitérer. Zoro y voyait un encouragement et nous continuâmes de discuter pendant près de deux heures, déviant parfois sur d'autres sujets. C'était la première fois que je prenais la peine de discuter avec lui et je devais avouer que c'était agréable que nous ne nous battions pas pour une fois, car je ne le pensais pas capable de m'écouter de la sorte et de m'aider à trouver des solutions.
Je quittais finalement son appartement sur les coups de dix-huit heures, il faisait déjà nuit et la température avait encore baissé depuis que j'étais arrivé. J'allumai une cigarette avant de partir rapidement en direction de la chaleur de mon propre appartement et sur le chemin je réfléchissais à tout ce dont nous venions de parler avec le Marimo. Ce dernier m'avait conseillé de tenter de me rapprocher de Law pour tester ses réactions plus franchement et d'arrêter d'être si gêné quand je lui parlais de sujets « sensibles ». C'était plus facile à dire qu'à faire, je n'avais pas l'habitude... mais je devais faire des efforts, je n'étais pas quelqu'un de timide ou réservé d'ordinaire, c'était même plutôt l'inverse. J'étais séducteur, sûr de moi, et de toute façon je n'avancerai jamais si je continuais d'agir comme ça, je devais sortir de ma zone de confort.
Je pris la décision d'agir comme le « vrai moi » le ferai dans n'importe quelle situation et je finirai bien pas réussir à faire quelque chose à propos de Law. Peut-être qu'il finira par comprendre mes sentiments et à ce moment là ce sera quitte ou double, soit c'était réciproque, soit je me prenais le râteau de ma vie. Je commençai à me faire du soucis à cette pensée mais je me repris bien vite, Law était devenu mon ami alors il ne m'enverrai jamais balader comme un inconnu. C'était donc déterminé que je marchais vers notre foyer, où j'attendrai que Law rentre du travail en cuisinant.
* : le zabuton est un coussin japonais assez plat posé sur le sol et sur lequel on s'assoit.
** : le kotatsu c'est la table basse qu'on voit parfois dans les mangas avec une grosse couverture, elle est chauffée et ça à l'air vachement agréable de se mettre là dessous x)
Voilà pour ce chapitre, pas beaucoup d'action certes mais quelques informations et un peu de temps qui passe x) j'espère d'ailleurs que la continuité est pas trop difficile à suivre, j'essaie de rester claire sur le temps qui passe mais au besoin je peux préciser.
Le prochain chapitre arrivera sûrement vendredi parce que j'ai une semaine chargée et je suis pas sûre de pouvoir le poster avant donc je vous souhaite une bonne soirée/journée, et on se retrouve en fin de semaine prochaine pour la suite, salut salut ! ;)
