Je sais, je suis en retard... Mais, je vous livre un grand chapitre ! Plus de cinq pages word, je suis contente :D
Merci encore pour toutes vos reviews, et à ceux qui se sont manifestés, ça me motive énormément ! :')
Je précise que ce chapitre est surtout centré sur l'horreur, du point de vue du Moine (que j'ai essayé de garder le + IC possible), donc âmes sensibles s'abstenir. Si ça vous tente, j'ai beaucoup écouté la musique de la bande annonce de la saison 5 d'SLG, "Come out and play (EWQL Royalty Free Creepy Music)", elle m'a beaucoup aidée à me mettre dans l'ambiance de ce chapitre, de plus c'est une très jolie musique ! :)
Ensuite, j'annonce un petit changement sur les publications : je passe de deux à trois jours d'espacement entre les chapitres. D'une part parce qu'avec l'école ça devient assez difficile (les devoirs arrivent #joiedevivre), et de l'autre parce que je pense que ça vous fera plus apprécier la lecture... Et puis, qui sait, si j'ai de l'avance, je pourrais peut-être vous faire une surprise ! :D
Quelqu'un : De l'action, comme je l'ai dit, y'en aura un peu dans ce chap'... Mais ce sera surtout un peu glauque ^^' J'aime beaucoup le point de vue sur une nouvelle personnalité, soit dit en passant ! :)
kaptainnope : Beaucoup me parlent de Mathieu ! Il arrivera dans quelques chapitres, c'est promis ! ;D
Disclaimer : Le Moine ne m'appartient pas, d'autres personnalités sont aussi citées mais ils sont tous les créations de Mathieu Sommet. De même pour le dessin qui appartient à Ayane 45 sur DevianArt.
/!\ ATTENTION : Ce chapitre contient de la violence, de la torture psychologique et physique, ainsi qu'une légère tendance à la dépression. Vous êtes prévenus /!\
Chapitre 7 | Le moins important
Un élancement lui parcourut la tête. Un grognement s'échappa de ses lèvres, tandis qu'il émergeait lentement du sommeil dans lequel on l'avait plongé, et avec difficulté, il ouvrit les yeux.
Un sursaut le prit lorsqu'il vit un visage penché à quelques centimètres de lui, semblant l'observer. Un visage surmonté de lunettes, dont le nez était légèrement tordu comme après un coup, et qui lui semblait familier sans pour autant qu'il puisse se rappeler de son identité.
— Enfin, lança d'un ton pressé l'homme en face de lui.
Puis, il disparut aussitôt de son champ de vision.
Il ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait. Son esprit était embrumé, très loin de son état habituel. Il avait l'impression d'être ralenti, d'être freiné. De ne pas avoir ses capacités normales.
Il était assis et sentait quelque chose entraver ses pieds. La surface sur laquelle il se trouvait était dure, il supposa donc qu'il était au sol, contre un mur vu le soutient qui le maintenant rudement assis dans son dos. Il voulut relever le regard afin d'en savoir un peu plus sur l'endroit où il était.
Mais, soudain, ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il sentit un objet se poser sur son épaule droite.
Un courant électrique traversa son bras et le Moine releva la tête en hurlant tandis que la décharge se propageait dans tout son corps.
Il se rua dans les escaliers et faillit trébucher à cause de sa vitesse inhabituelle. Mais il fallait qu'il se dépêche.
Comme expliquer ça ? C'était comme un pressentiment. La sensation que le danger approchait, et qu'il fallait faire quelque chose. Rapidement.
Il entendit la chaîne Hi-Fi de la Fille s'arrêter soudainement. Elle aussi, avait peut-être entendu les cris.
Sa main s'agrippa encore plus à la rampe et il sauta carrément des marches sous l'adrénaline.
Son souvenir s'effaça au moment où il sentit l'électricité partir. L'homme de foi respira à grande goulées d'air, surpris par cette attaque inattendue, et laissa échapper des balbutiements affolés sous la surprise. L'ampoule bon marché qui éclairait la pièce grésilla.
Soudainement, son champ de vision s'élargit. Il vit l'homme qui était en face de lui arborer une mine concentrée, et se détourner de lui, un objet à la main.
Il hoqueta brièvement en se sentant tressaillir sans qu'il ne le veuille. Son épaule droite tremblait sans qu'il ne puisse contrôler ses mouvements, et l'endroit où il avait reçu la décharge s'était crispé d'un coup.
L'autre se retourna à nouveau pour lui jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, et une lueur étrange dansa derrière ses lunettes. Il s'était appuyé sur une table en bois à l'air ancienne, et avait la main posée une feuille de papier assez chiffonnée, tandis qu'un stylo à bille se trouvait dans sa main droite.
L'objet dont il s'était servi pour l'électriser reposait à côté de la feuille de papier. À côté du taser se trouvait un autre objet électronique dont il s'empara. Le Moine le regarda faire, encore secoué par la décharge qu'il avait reçue dans son épaule droite.
L'homme appuya sur un bouton, et un voyant rouge s'alluma sur l'outil. Après un dernier regard lancé dans la direction de l'évangéliste, il s'autorisa à parler sous l'œil attentif et encore un peu ébranlé de ce dernier :
— Lundi 15 septembre, opération S, récita-t-il d'un ton habitué à ce genre de discours. Lendemain du premier jour. Nous sommes à la première expérience en compagnie du sujet numéro 7. Le sujet est capable de répondre aux agressions de type électrique dont l'intensité est aux environs de 15 mA. Nous continuerons l'expérience avec un test de la corporéité du sujet, notamment aux armes blanches.
Une fois sa déclaration terminé, il appuya de nouveau sur un autre bouton, et cette fois-ci le voyant s'éteignit dans un petit "bip".
Si au début le prêcheur de Dieu écoutait d'une oreille incompréhensive le monologue de l'homme aux lunettes, son rythme cardiaque s'accéléra brusquement lorsqu'il entendit la phrase à propos des armes. Que voulait dire cet inconnu ?
En repassant le soliloque dans sa tête, il comprit après un instant que le sujet 7, c'était lui.
Craintif, il porta sa main gauche sur son épaule endolorie et leva lentement la tête. Il croisa le regard de son tortionnaire – il se sentait en droit de l'appeler comme cela, maintenant – et il sentit une suée froide lui parcourir l'échine en voyant la lueur calculatrice dans les yeux de ce dernier.
Pour la première fois, l'envie de s'enfuir de cet endroit le prenait aux tripes en même temps que l'odeur douceâtre de peur qui s'infiltrait dans ses poumons. Il tenta de bouger une jambe.
Mais il avait oublié l'entrave qui l'empêchait de bouger ses pieds. Horrifié, il regarda les chaînes enroulées autour de chacune de ses chevilles. Il remonta du regard leur trajet, pour constater que celles-ci étaient fixées de part et d'autre au mur sur lequel il était appuyé.
Dans un mélange d'appréhension et d'affolement, il releva la tête des chaînes pour plonger ses yeux écarquillés par la peur dans ceux triomphants de l'homme en face de lui.
— Ne cherche pas à t'échapper, fit-il comme s'il avait lu dans ses pensées. Tu devrais plutôt penser à coopérer, ça me facilitera la tâche et t'éviteras d'autres… Désagréments.
Son geôlier esquissa un faux sourire rassurant. Le Moine regarda le dit-sourire avec un sentiment à mi-chemin entre l'inquiétude et le dégoût. C'était le genre de sourire hypocrite que les gens prenaient lorsqu'ils annonçaient que tout allait bien se passer. Le genre de sourire qu'on réservait aux fous.
Cette dernière phrase sonna dans la tête du fanatique comme un avertissement. Il repensa un instant au nez décalé cet homme mystérieux aux allures de scientifique avec sa chemise froissée par l'activité au travail.
« Tu croyais tout de même pas que j'allais me laisser faire comme ça, sans rien dire ?! »
« Tu l'as tué ?! Ne me dis pas que tu l'as tué ! »
« J'aurai pu faire bien pire… Regarde-moi dans les yeux et ose me dire que tu reproche rien à cet enfoiré. »
« Des dégâts ? »
« J'ai cassé la gueule à ce putain de psychiatre. »
L'homme lui tourna soudainement le dos tandis que les voix de ses collègues lui revenaient à l'esprit, et contourna la table qui lui servait de plan de travail pour se rendre dans un coin opposé de la pièce.
Le Moine rassembla tout son courage, et lança d'une voix à deux doigts de se briser :
— Vous êtes le Docteur Frédéric ?
Son geôlier, qui entre-temps s'était baissé pour ramasser quelque chose au sol, sembla se figer, puis se releva lentement. Le fanatique déglutit.
L'autre se retourna lentement, et un reflet passa sur ses lunettes. Puis, au bout d'un moment, il se rapprocha à pas de loup vers l'homme de foi resté au sol. Il contourna à nouveau la table, et esquissa un léger sourire. Un sourire qui fit frissonner sa victime.
— Je vois qu'on se souvient de moi.
Un silence glacial s'abattit sur la pièce. Le fanatique sentit son cœur s'emballer de nouveau lorsque son regard glissa involontairement vers le reflet qu'il avait vu au bout de la main gauche de son tortionnaire.
La personnalité croyante sentit l'épouvante le saisir en voyant la lame effilée d'un couteau de chasse luire sous la lumière vacillante de la salle. L'autre dû voir son coup d'œil au couteau, car il laissa échapper un petit ricanement moqueur, avant de s'approcher lentement du Moine à présent terrorisé.
Ce dernier ne pouvait pas détacher son regard de la lame parfaitement affutée de l'arme blanche, complètement horrifié à l'idée de ce que cet homme allait lui faire. Il se terra contre le mur dans son dos, mais ne pouvait pas envisager l'idée de fuir à cause des chaînes attachées à ses chevilles.
Le docteur s'avança encore. Il le surplombait à présent de toute sa hauteur et le plongeait dans l'ombre par la même occasion, masquant la faible lumière de l'ampoule grésillant au milieu de la pièce.
Il avait peur. Il mourait de peur. S'il avait eu un peu plus de courage, il aurait sûrement été en mesure de murmurer quelques paroles raisonnantes et pleines de foi envers l'homme en face de lui, mais les prières tournoyaient dans sa tête sans qu'il ne puisse les formuler, apportant avec elle un message de danger imminent.
Sa respiration se fit pressante, et il observa son geôlier s'accroupir devant lui. Celui-ci l'observa par-dessus ses lunettes. Une flamme dansaient dans ses yeux, à mi-chemin entre la fascination et le besoin pressant d'agir.
Il aurait pu dire n'importe quoi avant que le couteau de chasse ne le touche. Le prier de le laisser en vie, le raisonner à l'aide de paroles concernant Dieu, ou il ne savait quoi encore.
Mais une image s'imposa dans son esprit au moment où un reflet passa sur la lame du couteau. Celle de Mathieu.
Dans le reflet de cette arme, qui aurait dû lui renvoyer son image à lui, il vit le visage de son Créateur. Un visage triste, au bord de la dépression. Un visage qui le regardait avec toute la peine du monde dans les yeux.
Il écarquilla les yeux devant cette image. Était-ce une hallucination ? Un message de Dieu avant sa fin ? Allait-il donc mourir maintenant ?
Puis, sans prévenir, Mathieu lui sourit.
Le Moine observa ce sourire en fronçant les sourcils, sans détacher son regard de l'arme. Ce n'était pas un sourire ironique. Ce n'était pas non plus un sourire de joie.
C'était un sourire rassurant, de ceux qui vous donnaient la force d'avancer lorsque vous aviez l'impression que plus rien ne comptait.
Il scruta encore un peu son Créateur dans le reflet du couteau, et qui le regardait toujours de cet air rassurant.
Mathieu ne l'avait pas souvent regardé comme ça. La plupart du temps, c'était d'un air réprobateur qu'il l'observait lorsqu'il essayait de convertir tout le monde à sa foi. Les rares fois où il y avait eu droit, c'était lors de son apparition au sein de la famille, ou plus récemment, en s'échappant de l'asile.
Le fanatique sentit son cœur se calmer légèrement en regardant le visage de son Créateur. Cela avait quelque chose de rassurant.
Il releva lentement la tête pour plonger ses yeux dans ceux froids et déterminés du docteur, l'image du sourire encourageant de son Créateur imprimé dans sa tête.
Alors, il comprit.
Il comprit qu'il devait gagner du temps.
Étrangement, ce fut d'une voix claire et ferme qu'il s'adressa au docteur en face de lui :
— Pourquoi moi ?
L'homme arrêta l'avancée de la lame vers lui, et l'observa d'un air intrigué. Le Moine retint sa respiration, avant de constater qu'il l'avait touché. Il allait répondre à sa question.
Il jeta à nouveau un coup d'œil au poignard, mais Mathieu avait disparu. Il reporta rapidement son attention sur son geôlier qui le regardait d'un air vague, comme plongé dans ses pensées.
Un silence pesant s'était abattu. L'un ne parlait pas, trop occupé à chercher une réplique, et l'autre retenait son souffle en attendant la réponse de son tortionnaire.
Puis :
— Parce que tu es le moins important, avoua-t-il en esquissant un léger sourire de satisfaction.
L'homme de foi ne comprit pas immédiatement la réponse du docteur.
Il sentit son cœur se serrer douloureusement, et cette fois-ci ce n'était pas à cause de la peur. Il fronça les sourcils, peu sûr de savoir où voulait en venir l'autre.
— Tu es le sujet numéro 7. Celui qu'on ne voit pratiquement jamais dans les vidéos de Mathieu Sommet. Quand tu apparais, ce n'est que pour déblatérer des sottises à propos de religion ou autres croyances sur la fin du monde.
La sensation dans son cœur s'accrût avec les paroles de son geôlier. Une sensation étrange lui venait du plus profond de l'estomac. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement sous la surprise.
— Tu n'es pas essentiel, continua le docteur Frédéric avec un air supérieur. Tu ne comptes pas. Jamais je n'ai remarqué une quelconque attention avec toi de la part de ton Créateur. Alors, s'il me faut tester quelque chose de violent sur l'un d'entre vous, c'est toi qui prendras. Évidemment, nous referons les mêmes tests sur les autres, mais en beaucoup moins violent. Tu ne seras pas une grosse perte.
Après cela, il rajusta ses lunettes et observa les réactions de sa victime qui ne se firent pas attendre.
L'homme de foi regarda le docteur, l'air perdu, avant que son esprit n'assimile ses paroles.
C'était vrai.
Il ne comptait pas.
Jamais les fans ne l'avaient aimé. Il aurait pu disparaître de l'émission, cela aurait paru naturel. En général, la popularité ne l'intéressait pas, mais il était vrai qu'il ne comprenait pas les réactions du public envers lui.
Il n'avait pas le charisme fou du Patron, ce dernier était un criminel mais était le plus populaire. Il n'avait pas l'air mignon et fragile comme le Geek. Il n'était pas un pacifiste comme le Hippie avec des rêves plein la tête. Il n'était pas fort en science, comme le Prof que le public réclamait souvent depuis la disparition de sa chronique. Il n'avait pas l'humour bien que parfois douteux de la Fille qui, même si elle ne participait que très peu aux émissions depuis la saison 4, était quand même une habituée. Il n'avait pas le don du Panda adoré par les fans pour son air de peluche vivante.
Non, lui, il n'avait rien de tout cela.
C'était le moins important. Celui qu'on oubliait, celui dont on ne voyait pas l'intérêt.
Ses interventions dans l'émission se résumaient à faire la propagande de ses croyances d'un air un peu imbécile, et ainsi faire rire les gens. Il n'était qu'un clown, au final, destiné à distraire éternellement l'assistance.
Mathieu ne l'avait fait apparaître que pour amuser la galerie. C'était le moins important.
Le Moine sentit quelque chose se briser au fond de lui. Comme si sa volonté était partie en fumée. Sa vie ne se résumait à rien, au final. Mais avait-il vraiment une vie ? Ne risquait-il pas de disparaître, au fil des mois, lorsque Mathieu en aurait marre de lui ? De toute façon, il ne manquerait à personne.
Il ne réagit pas en sentant la pointe du couteau érafler sa chair. Il sentit le sang couler sur son bras, mais n'y fit pas attention. La douleur physique n'était rien comparée à ce qu'il ressentait en ce moment.
Il était inutile. Inutile.
La lame appuya un peu plus sur son bras gauche. Il jeta vaguement un regard au psychiatre concentré sur sa tâche, mais qui observait ses réactions du coin de l'œil.
La douleur, aigüe et lancinante se fit sentir au bout du moment. Il laissa échapper un gémissement de souffrance, mais ses pensées étaient orientées ailleurs.
Il arriva en bas des escaliers, le souffle court. Il jeta un regard circulaire à la pièce, et il se figea en voyant le Hippie, immobile, ne pas réagir à l'homme fonçant sur lui d'un air menaçant.
Il ne réfléchit pas en voyant le drogué en danger.
Il se jeta sur la trajectoire de son agresseur, et sentit quelque chose lui traverser l'épaule.
Ça faisait mal. Mais d'un autre côté, il savait qu'il avait fait le bon choix.
Sa vue se brouilla et le noir envahit sa vision. Il entendit le Hippie l'appeler, mais il ne répondit pas. Il ne pouvait pas.
Mais après tout, Dieu le protégeait, non ?
Le docteur Frédéric sembla comprendre qu'il avait mal, mais aussi qu'il s'en fichait. Alors, il appuya plus fort, et le filet de sang s'accentua.
Cette fois-ci, la douleur se fit beaucoup plus présente.
Il écarquilla les yeux en sentant son bras lui brûler horriblement. Il releva brusquement la tête, et il hurla, tandis qu'il sentait son sang couler le long de son bras, lui léchant la peau comme une langue de feu.
Il hurla à pleins poumons tandis que des larmes de souffrance perlaient aux coins de ses yeux. Le docteur aurait pu croire que cela était la faute au couteau enfoncé dans son avant-bras. C'était en partie vrai.
Mais il hurlait aussi son abandon. Sa douleur intérieure.
Celle de n'être, finalement, que le moins important.
Alors, je ne vous cache pas que je suis assez stressée pour cette scène... C'est l'une des premières scènes "d'horreur" que j'ai écrite, et j'espère sincèrement que ça ne sonnait pas trop faux dans les descriptions.
Pour une fois, j'ai vraiment eu l'impression que le personnage n'avait pas un côté OOC. Je pense que le Moine réagirait comme ça, mais après, chacun son avis... Et encore désolé pour les souffrances occasionnées ^^'
... Reviews ? :D
