L'épisode du troll dans le château avait semé le trouble parmi tout le monde, mais aussi rapproché les élèves, qui en parlaient encore plusieurs jours après dans les couloirs. C'était le cas de nos quatre petits héros.

Alors qu'Hermione s'était enfermée dans les toilettes, pleurant face à la méchanceté de Drago et surtout car elle avait cru qu'Harry l'aurait aidé et qu'il n'avait pas même daigné la regarder dans les yeux après cela, un troll était entré dans ces mêmes toilettes et avait bien failli tuer la jeune fille avec sa massue. Mais c'était sans compter sur le secours de trois garçons téméraires : Drago, Harry et Ron. Ayant appris que la jeune fille s'était réfugiée dans les toilettes sans savoir qu'un troll se promenait dans le château, les deux autres Gryffondors avaient accourus sans se soucier du danger. Et Drago les avait suivis, préférant suivre son frère plutôt que de le laisser affronter le danger par lui-même.

— —Harry ! Attention !

Harry se baissa immédiatement, évitant un coup de massue qui frôla ses cheveux pour finir sa course dans un miroir qu'il brisa en mille morceaux. Drago, qui avait réussi à se glisser le long du mur jusqu'à Hermione l'aidait à se relever avec prudence. Ron, quant à lui, essayait d'attirer l'attention du troll. Harry profita de cette diversion de la part du rouquin pour sauter sur la massue. Mais plutôt que de la lui arracher des mains, cela ne fit que rappeler à l'ordre le troll qui souleva sa massue en grognant. Harry, désemparé, s'agrippa comme il put tandis que l'ogre le balançait de haut en bas pour le faire lâcher. Il tomba, se recula avant d'être acculé contre un mur. L'ogre s'approchait de lui, la massue tendue.

- —Ron ! Fais quelque chose, le supplia-t-il.

D'un même mouvement, Ron et Drago sortirent leur baguette et jetèrent des « wingardium leviosa » parfaitement effectués. Aussitôt, la massue s'échappa des mains du monstre, puis retomba sur sa tête, l'assommant par la même occasion.

Les professeurs en arrivant dans les toilettes des filles furent estomaqués par l'étendue des dégâts, mais surtout par la prouesse avec laquelle les quatre jeunes avaient réussi à affronter le troll. Harry et Drago cependant, remarquèrent la blessure à la jambe du parrain de Drago, et s'en inquiétèrent. Ils firent le lien entre la blessure et l'énorme chien à trois têtes cependant, lorsqu'ils lui demandèrent, Rogue nia totalement l'existence d'un tel chien et leur dit qu'ils feraient mieux de se concentrer sur leurs études s'ils ne voulaient pas que leurs parents les grondent.

HPHPHPHP

Le lendemain, c'est en voyant Hagrid que les quatre jeunes eurent l'idée de lui demander ce qu'il savait sur la bête. Et cela se révéla efficace puisqu'ils apprirent le nom de Touffu, le chien, et que la chose qu'il protégeait concernait un certain Nicolas Flamel.

Depuis l'évènement d'Halloween, Drago et Harry se reparlaient comme s'ils ne s'étaient jamais éloignés l'un de l'autre, et Harry était devenu populaire chez les Gryffondors. Hermione et Ron restaient cependant les deux jeunes avec qui il appréciait le plus de passer du temps.

Ron se révélait être un garçon agréable, et toujours prêt à admirer les exploits du jeune Harry, qui comprit vite que le méprit qu'avait montré Ron au début n'était en fait que de la déception face à l'idée que le Survivant ne soit pas celui qu'il avait espéré rencontrer.

Mais le plus étonnant restait la proximité entre Hermione et Drago. Tous deux parlaient souvent ensemble, cherchant qui pouvait bien être ce Nicolas Flamel, si bien qu'au bout d'une semaine Harry se demandait presque si son frère se souvenait qu'il n'était pas censé être ami avec une « sang de bourbe ».

Harry, quant à lui, souffrait parfois d'une étrange douleur au niveau de sa cicatrice mais n'aimant pas ce que celle-ci représentait, il considérait que tout ce qui avait un rapport avec elle, de près ou de loin, était à éviter. Aussi gardait-il ces douleurs passagères pour lui.

HPHPHPHP

Le temps passa, et Noël arriva. Entre temps, Hermione, Drago et Harry, avec la participation plus que réticente de Ron, avaient feuilletés tous les livres de la bibliothèque sans trouver de trace de cet énigmatique Nicolas Flamel. Tout comme Hermione, les garçons Malfoy devaient normalement rentrer chez eux pour Noël. Mais comme Ron devait rester à Poudlard en raison du voyage de ses parents en Roumanie, Harry réussit à obtenir de passer Noël à l'école puis de revenir pour le lendemain de la fête chez eux. Drago décida de rester aussi. Ils ne l'admettaient pas à voix haute, mais les deux frères appréciaient cette ambiance détendue, où leur rang n'était pas l'unique raison d'être, et où ils pouvaient réellement faire ce qu'ils voulaient. C'était particulièrement le cas pour Harry qui découvrait le bonheur de ne pas avoir à se cacher des regards comme il l'avait fait toute son enfance. Seul le regard désapprobateur du professeur Rogue ne leur faisait pas oublier totalement d'où ils venaient, et parfois, ils se reprenaient et redevenaient distants avec les autres, leur éducation refaisant surface.

Harry, plus que Drago, commençait à se demandait qui il était réellement. Il avait découvert que son père biologique avait été dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor avant lui, et une pointe de fierté l'avait envahie, avant de se sentir coupable d'éprouver cela pour quelqu'un qu'il ne considérait pas vraiment comme son père.

Puis il y eut Noël. Le lendemain du grand repas festif, les garçons se réveillèrent tôt, impatients de découvrir leurs cadeaux. Ils s'étaient mis d'accord pour ouvrir leurs cadeaux de leur côté, puis pour se les montrer après le petit déjeuner, puisque Drago n'était pas dans la même maison que Ron et Harry.

Ainsi, les deux lions s'écriaient devant leurs cadeaux, tout heureux. Harry eut la surprise de découvrir un pull en laine grossièrement fait dans sa pile de cadeau. Lorsqu'il l'ouvrit, Ron rougit et baissa la tête.

- —J'ai… Maman a tenu à en faire un pour chacun de mes amis.

Harry le regarda, l'air sérieux, et demanda d'une voix lente :

- —Je suis ton ami, Ron ?

Ron rencontra son regard et sourit :

- —Bien sûr Harry ! Vous êtes tous mes amis désormais.

Le cœur d'Harry sembla s'emplir d'une douce chaleur. Il sourit discrètement et répondit :

- —Tu es aussi mon ami Ron… Aller, cessons cette effusion stupide ! Je veux savoir ce qu'est ce paquet !

Il tenait un gros cadeau souple. Il découvrit le présent de son emballage, et le déplia devant lui. C'était une longue cape, dans ce qui ressemblait à un mélange de soie et de velours. Le tissu était doux et agréable, extrêmement léger. Il la mit sur ses épaules, et les yeux de Ron s'écarquillèrent de surprise. Sous le choc, il en laissa tomber le paquet de bonbon dont il s'empiffrait jusque-là.

- Mince Harry c'est…

- Une cape d'invisibilité, compléta Harry, tout aussi incrédule.

Il attrapa la carte qu'il n'avait pas pris la peine de lire avant et la survola rapidement.

- Je ne comprends pas… Ça dit que c'était à mon père… Mais…

- Ton vrai père, tu crois ?

Harry se tût, réfléchissant. Il reposa la cape sur un fauteuil et regarda la cheminée où brulait un bon feu.

- —Je pense que oui. Père ne m'aurait jamais offert un objet aussi précieux. Il l'aurait certainement offert à Drago… Regarde la qualité du tissu ! Comment monsieur Potter a-t-il pu obtenir un objet d'une si grande valeur ?

Ron ne sut quoi répondre.

- —On ferait peut-être bien de montrer ça à ton frère, tu ne penses pas ?

A cet instant, Harry ressentit un sentit étrange, qu'il ne comprit pas bien. Il doutait d'avoir envie de partager cela avec son frère, comme si c'était son secret, ce qui le rendait spécial. Cependant ce sentiment s'éloigna rapidement et il se leva.

- Allons-y, de toute façon il doit nous attendre dans la grande salle.

- Tu vas l'emmener là-bas ?

- Oui, mais je vais la cacher. Je ne veux pas qu'on me la confisque dès le premier jour !

Les deux enfants descendirent donc les nombreux escaliers. En chemin ils croisèrent Peeves qui, heureusement pour eux, était déjà bien trop occupé à bombarder les murs des toilettes des filles de boules puantes.

Drago les attendait déjà devant la porte de la grande salle. Il garda son calme en voyant les garçons arriver, jusqu'à ce qu'il remarque les pulls. Lui-même en portait un, et ses joues d'ordinaire si blanches se colorèrent légèrement.

- —Je vois que… Ta maman aime tricoter Ronald. C'est… fort aimable de sa part de penser à nous.

Ron devint pour le coup couleur tomate et baissa la tête, regardant avec un intérêt tout particulier ses chaussons abimés.

Harry s'interposa face à l'humour sarcastique de son frère.

- —Ne l'embête donc pas avec ça. Tu le porte bien, toi, ce pull !

Drago redevint immédiatement sérieux et cacha le D argenté sur son pull en croisant ses bras.

- —Dépêchons-nous donc d'aller manger. Je meurs de faim !

HPHPHPHPHPHPHPH

Les trois garçons se quittèrent après le déjeuner, Ron restant à Poudlard avec ses frères tandis que Drago et Harry rentraient chez eux. Ils furent accompagnés par le professeur Rogue qui venait passé la soirée chez eux. Lorsqu'ils arrivèrent à la demeure familiale, en fin d'après-midi, Narcissa leur tendit les bras et les serra contre elle, heureuse de revoir ses enfants. Lucius, toujours maître de lui-même garda son calme et salua ses enfants d'une poignée de main très formelle, puis entraîna son ami vers son bureau privé, laissant à sa femme la charge des deux jeunes. Drago et Harry retirèrent leurs capes, s'attirant le regard surpris de leur mère. En effet, ils n'avaient pas pensé à retirer les pulls tricotés par madame Weasley.

- —Drago, Harry, qu'est-ce que c'est que ces pulls ?

Les deux garçons se mordirent les lèvres, gênés.

- C'est un cadeau de Noël, mère, fut le premier à répondre Drago.

- Ça, je m'en doute bien mon fils, répliqua sévèrement l'élégante jeune femme. Ce que je veux savoir c'est qui vous a offert ces…

Ses lèvres pincées parlaient d'elles-mêmes. Madame Malfoy désapprouvait les nouveaux pulls de ses fils, et bien qu'elle n'ait pas complétée sa phrase, les garçons le comprirent clairement.

- —Severus a mentionné dans l'une de ses lettres que vous sembliez avoir des relations douteuses… J'espère qu'il n'en est rien. Il serait dommage que votre père soit obligé de demander un transfert en urgence à Dumstrang pour vous deux, vous m'avez bien saisi ?

Harry et Drago déglutirent difficilement. Le message était clair. La fameuse école nordique était tenue par un ancien mangemort, comme leur père, Igor Karkaroff, et bien que les relations entre les deux hommes ne soient plus ce qu'elles étaient avant la naissance des garçons il n'en était pas moins de notoriété que tout ancien mangemort se soutenait en cas de besoin. Karkaroff étant connu pour mener son école d'une main de maître, les garçons n'avaient pas particulièrement envie d'être envoyés dans le nord, dans cette école si peu tentante.

-Et maintenant allez-vous changer. Nos invités doivent arriver dans une heure et le dîner sera servi peu après. Harry…

Harry qui était déjà en train de monter les escaliers aux côtés de son frère, se retourna pour faire face à sa mère adoptive.

-Oui Mère ?

- Change toi aussi. Tu dineras avec nous.

Les yeux d'Harry s'arrondirent. Il n'en croyait pas ses oreilles. Il allait dîner avec sa famille, être présenté aux fréquentations de ses parents. Il n'aurait jamais cru cela possible. Même Drago suspendit son pied à quelques centimètres de la marche qu'il s'apprêtait à gravir et se retourna vivement.

- Vraiment ? Il sera avec nous à table ?

-Il me semble que je n'ai pas de fils sourd, aux dernières nouvelles, tempéra Narcissa. Drago, aide donc ton frère à choisir un costume convenable. Je veux que vous soyez tous deux irréprochables. C'est un dîner très important pour votre père et moi-même.

-Oh merci Mère !

Harry dévala les quelques marches qu'il avait gravi et se jeta dans les bras de la belle blonde, dont le visage perdit sa rigueur habituelle et s'adouci en un sourire tendre. Elle serra son deuxième fils contre elle puis l'écarta.

-Filez vite maintenant.

Elle regarda ses fils monter les escaliers en courant, le regard attendri. Son mari, qui était venu la rejoindre, se glissa derrière elle et l'enveloppa de ses bras, geste protecteur qu'il ne faisait que lorsqu'ils se savaient seuls, à l'abri des regards.

- Tout se passera bien Narcissa. Il est assez grand désormais. Et nous devrions être fiers de l'avoir élevé comme notre fils.

- Tu as raison Lucius. C'est juste que je m'inquiète de ce qui se passera par la suite. Il est désormais notre fils, mais si le Seigneur revenait ? Que se passerait-il pour Harry ?

-Nous ferons selon la volonté du Seigneur des Ténèbres. Mais je suis certain qu'il sera clément en découvrant l'éducation que le garçon a reçue.

Narcissa ne répondit pas. Elle se tourna ver son mari et posa sa tête contre son torse ferme. Severus, qui avait surpris la conversation, s'éloigna de la porte du bureau à laquelle il se trouvait et alla se mettre à la fenêtre, contemplant le jardin qui s'étendait sous ses yeux. Tout cela n'allait pas être facile...

HPHPHP

Et voilà ! Enfin le chapitre 6 publié ! Cette histoire reprend peu à peu vie dans mon esprit, après une grosse période de "page blanche".. J'espère que je réussirai à la poursuivre.. J'ai plusieurs autres projets que je compte bien mettre en place, donc n'hésitez pas à passer sur mon profil pour voir ça !