Lorsque j'arrive devant l'ascenseur, je constate qu'il ne veut pas se rouvrir.
Madoka pianote à toute vitesse sur son ordinateur. D'un œil expert, elle parcourt son écran rapidement et m'annonce :
-On ne peut pas faire remonter l'ascenseur. Il est piloté exclusivement par la télécommande de Ziggourat. Je peux essayer de la pirater mais... Oui, c'est bien ce que je pensais. Elle est protégée par une trentaine de mots de passe. Ça va me prendre des heures d'entrer dans ce système de sécurité...
-On n'a pas le temps !, répliquais-je. Il faut trouver une autre solution. Et pourtant, on est obligé de passer par là. Il n'y a aucune autre issue !
Je m'arrachais les cheveux en désespérant de trouver une solution quand Madoka me dit :
-La seule chose que je puisse faire, c'est ouvrir la porte extérieure de l'ascenseur. Celle qui est là. , me précise-t-elle en montrant la porte du doigt.
Une lueur d'espoir naît dans ma tête tandis que je lui réponds :
-Alors fait déjà ça ! Je me débrouillerai pour la suite.
Elle pianote quelques instants sur son clavier avant que la porte s'ouvre sur la cage d'ascenseur. L'ascenseur en lui-même n'est plus à cet étage. Je me penche pour le chercher des yeux. Apparemment, il est redescendu plusieurs étages plus bas. Pour aller à l'étage inférieur, je vais devoir escalader la grosse corde métallique qui permet le mouvement de l'ascenseur. Ça promet d'être risqué. Aussi, je me retourne vers Madoka en lui disant :
-Retourne auprès de Massamuné et de Tsubassa. Ils auront plus besoin de toi que moi maintenant.
-Mais Gingka... Qu'est-ce que tu vas faire toi ?
-Je vais chercher Kyoya., répondis-je simplement.
-Mais tu es dingue !, s'exclame-t-elle comprenant ce que « aller chercher Kyoya » dans ces conditions implique. Tu risques de tomber et de mourir ou de rester paralyser ou...
-Et si je n'y vais pas, qui sait ce qui arrivera à Kyoya ? Qui sait ce qu'ils lui ont déjà fait d'ailleurs ? Non je suis obligé d'y aller. Je n'ai pas le choix. A tout-à-l'heure Madoka !
Sans lui laisser le temps de réagir, je m'élance dans la cage d'ascenseur, attrapant le fil métallique de toutes mes forces. Emporté par mon élan et le fil étant très lisse entre mes doigts, je glisse malgré moi de plusieurs mètres vers le bas. Je m'agrippe de toutes mes forces pour ralentir ma chute avec mes mains et mes pieds et je m'arrête enfin en constatant que je suis devant la porte de l'étage inférieur. Se pose alors un nouveau problème : comment atteindre la porte de la cage d'ascenseur qui est bien à un mètre de moi depuis ma corde et sans élan ? Réfléchis Gingka ! Réfléchis !, me houspillais-je en me forçant à ne pas penser à ce qui se passerait si je devais rater ma réception. Après quelques secondes, je me décidais enfin à passer à l'action. Ne m'agrippant plus que par mes bras, je commençais à balancer mes jambes d'avant en arrière. Les muscles de mes bras, très sollicités dans cet exercice me faisaient très mal. Mais je n'y prêtais pas attention. Pour l'heure, le plus important est de retrouver Kyoya et c'est à cette seule idée que je me raccrochais. Lorsque mon balancement me parut suffisant, je sautai vers la porte d'ascenseur, me réceptionnant de justesse sur le pas de la porte. J'en forçai l'ouverture qui, heureusement pour mes bras endoloris, céda facilement.
Je me retrouvai donc à nouveau dans un couloir comme j'en avais vu des dizaines depuis que je suis rentré dans ce fichu bâtiment. Comme je l'avais fait avec Madoka, je courais de porte en porte et enfonçait chacune d'elle espérant à chaque fois y retrouver mon rival. Cela me prit plus de temps que pour les autres étages car Madoka n'étant pas là, j'avais le double de portes à vérifier. Heureusement pour moi, il n'y avait pas un seul agent de sécurité à cet étage. Il n'était sans doute pas assez intéressant ou Ziggourat le croyait inaccessible. Dans un cas comme dans l'autre, j'avais encore fait choux blanc. Kyoya n'était nulle part dans cet étage n°9. J'allais à nouveau devoir me confronter à l'ascenseur.
Je poursuivais mes recherches dans les étages inférieurs. Tout se passa exactement de la même manière. Les couloirs étaient déserts, Kyoya n'était nulle part et mes bras me faisaient beaucoup souffrir d'être autant sollicités à chaque fois que je devais descendre d'un étage. Pour me donner du courage, je pensais à Kyoya. A ce qu'il devait être en train de subir, à sa ténacité et à son courage dont je m'inspirai dans cette épreuve.
