Pride and Prejudice chapitre 7
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RAR :
Coeur de lys : J'en suis ravie! J'espère que la suite de l'histoire te plaira autant.
Gayel : Merci pour ces si gentils mots. J'essaye de faire passer les sentiments de Harry comme « palpables », alors si j'y arrive, c'est plus que du bonheur! Pour le lemon, c'est décidé et ce sera oui, j'espère en temps voulu qu'il te plaira! C'est moi qui te remercie d'avoir pris le temps de m'écrire et de complimenter si joliment l'histoire :)
Miss-Mandragore : Merci beaucoup pour tes compliments incomparables, tu m'as émue. J'espère que la suite de mon histoire confirmera tes ressentis. Il est vrai qu'avec le style que j'ai adopté pour cette fiction le lemon paraît un peu complexe à écrire, mais je pense que c'est surtout parce qu'on a l'habitude de lire des lemons bien crus, assez trash pour certains même. Ici je vais essayer de le faire dans l'intensité, sans la grossièreté (qui peut être extrêmement satisfaisante, je ne critique en rien les lemons hards, j'en écris moi-même). J'ai déjà commencé à le rédiger et même si c'est particulier parce que très accès dans les sens et les sensations, je pense réussir mon pari et vous donner assez chaud... Merci encore!
Guest : La suite est enfin là, je m'excuse du retard, je sais que c'est frustrant d'attendre après l'auteur... Bonne lecture!
Note de l'auteur : Encore une fois toutes mes excuses pour ce retard, mais voilà enfin la suite, j'espère que vous serez encore là pour la lire ! Merci pour toutes vos attentions, follows, favs. Vos reviews n'ont jamais été aussi fabuleuses, je me moque de moi-même, toute émue que je suis, en vous remerciant sincèrement pour vos mots. Je tiens à vous préciser que nous sommes à peu près à la moitié de ma fiction et que je ne souhaite pas dépasser les 15 chapitres.
Au chapitre précédent je voulais savoir si vous pensiez pouvoir apprécier le style d'écriture de ma fiction transposé dans un registre sexuel. Visiblement la réponse est oui et j'en suis super contente parce que j'aurais été bien frustrée de ne pouvoir écrire de lemon et de devoir faire passer cette fiction en rating T. Je trouve intéressante l'idée d'incorporer de la sexualité à cet écrit si chaste, et je veillerai à ne pas faire un fiasco destructeur de la poésie, je vous le promets. Il n'est cependant pas pour tout de suite car ça ne collerait pas au scénario instauré. Merci encore pour vos avis !
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Ce n'était simplement pas envisageable. Il devait toujours être en train de dormir. Draco se tenait devant lui, détrempé. Il lui fallut un temps pour prendre pied dans la réalité et prendre conscience que tout ceci n'était pas un rêve, que l'homme qui lui faisait perdre la tête était bel et bien là, au beau milieu de la nuit, essoufflé, gelé de toute évidence, et crispé.
Oui, Draco avait l'air tendu. Ses cheveux tombaient mollement sur son visage, voilant ainsi en partie son regard. Son corps était teinté de gris par la pénombre ambiante, son éternelle chemise blanche sur le dos, à nouveau humide, mais entièrement cette fois. Harry sentit ses joues s'échauffer à la réminiscence de cette coupable pensée malgré la fraîcheur qui régnait. Son vis à vis faisait également un détail minutieux de sa personne, son souffle semblant s'apaiser petit à petit.
Il se remit à pleuvoir. Le bruit des gouttes d'eau sur les feuilles des arbres était assourdissant mais pas assez pour que Harry ne puisse plus entendre les battements fous de son cœur. Il était là. Encore une fois. Et il le regardait lui, personne d'autre. Il s'était levé en pleine nuit, Harry ne comprenait toujours pas bien pourquoi, pour finalement se tenir à nouveau devant lui. Debout, silencieux et insondable. Mais il était là. Et il était beau. Le grondement d'un éclair fit sortir Harry de sa rêverie. Draco sembla lui aussi prendre conscience que cela faisait quelques minutes qu'il avait trouvé celui qu'il cherchait. Pas un mot ne fut échangé.
Le constat d'une soudaine gène ambiante amena Harry à se racler la gorge tandis que le blond dégageait son visage, remettant subrepticement des mèches de cheveux sur l'arrière de son crâne. Harry n'osait plus le regarder à présent, trop conscient d'avoir eu l'air émerveillé par l'arrivé du blond. C'est ce dernier qui prit la parole en premier, d'une voix basse et mal assurée.
- Je vous ai cherché partout. Il semblait décontenancé par ses propres paroles. Je vous ai entendu sortir de votre chambre... Dans votre vaine démarche d'être discret. Il fit une pause. Je ne vous ai pas entendu rentrer. Même trois heures après, alors...
Harry releva la tête pour ancrer son regard dans celui de son interlocuteur, mais c'était lui qui détournait les yeux à présent. Etait-il en train de se justifier ? Non, pire encore, était-il entrain d'exprimer son inquiétude ? Son cœur s'emballa à nouveau. C'était à lui de dire quelque chose, il le savait. Draco, cet homme si étrange qui était parti à sa recherche en pleine nuit, attendait une réponse. Mais rien ne venait ; Harry était désarçonné, ébahi, mal réveillé... Il dit alors la seule chose cohérente qui lui vint à son esprit embrumé.
- Vous êtes trempé.
Draco émit un son que Harry jugea délectable. Il riait. Un rire franc, un rire vrai. Et tout son être répondit à cette mélodie, le rendant encore plus incapable de former une pensée cohérente tant le sang dans ses veines pulsait de plaisir. Oh, il ne savait que trop bien ce qui lui arrivait... Mais avant d'avoir pu continuer ses digressions intérieures, Draco s'assit à côté de lui, tout contre le tronc du sol pleureur.
- Vous êtes incroyable. Lui dit-il de but en blanc. Vous l'a t-on déjà dit ? Même à cette heure. Il fit une pause. Mais vous radotez, aussi.
Il fallut une minute à Harry pour saisir ce que Draco voulait dire par là. Lorsqu'il comprit enfin l'allusion à leur entrevue charnelle de toute à l'heure qui avait débutée par le même constat de Harry en voyant la chemise de Draco, il n'y eut pas que son cœur qui s'emballa. Sa gorge se fit sèche. Sentait-il lui aussi cette tension ? Divines palpitations qui le rendait vivant...
Il devait avoir l'air idiot, plongé dans ces pensées, réduit au silence, dès qu'il lui disait quelque chose. Mais comment aurait-il pu en être autrement ? Il venait de lui dire, à nouveau, qu'il était incroyable. Lui, incroyable ? Évidemment qu'on ne le lui avait jamais dit. Tout simplement parce qu'il n'avait rien d'incroyable.
Draco le regardait. Il le savait parce qu'il le regardait aussi. Et Draco souriait. Plaisait-il réellement à cet homme ? Ça, c'était incroyable. Irrationnel. Incohérent. C'était magique. C'était Draco, en quelques mots.
Un constat le frappa alors ; Draco semblait plus soulagé qu'agacé.
- Vous pensiez que je m'étais enfui ?
La réponse ne vint pas tout de suite. Les deux jeunes hommes regardaient à présent en face d'eux. La pluie tombait, tonitruante, écrasant les feuilles qui se trouvaient à l'extérieur de l'étau que formait l'arbre protecteur sous lequel ils étaient assis. De l'eau filtrait tout de même parmi les branches de l'arbre. Une goutte vint s'échouer dans na nuque de Harry qui frissonna et qui se réveilla un peu plus. Il regarda à nouveau son vis-à-vis qui arborait maintenant un petit rictus, celui qui annonçait...
- Vous êtes parti de chez moi tel un voleur afin de vous réfugier sous un arbre en plein nuit. Avouez que le contexte s'y prêtait.
Voilà, celui-la même qui annonçait qu'on entrait à présent sur un terrain plus familier. Un terrain de petite joutes verbales et provocations en tout genre. Au clair dans son esprit, Harry put enfin être cohérent.
- J'avais besoin d'air. Et de silence ! Vous jouiez du piano en pleine nuit... Nous avons de toute évidence tout deux des comportements déviants.
Draco lui sourit franchement.
- Effectivement...
Et ce fut tout. Harry ne savait s'il devait répondre à ça. De toute évidence, c'était un sous entendu. Un de plus. Mais est-ce qu'il fallait en parler sans sous entendu ? D'un côté cela semblait pour le mieux, ne pas devoir se poser les sempiternelles questions existentielles qui le torturaient depuis ces deux semaines. Mais de l'autre côté, le côté de Harry qui lui criait que, malgré tout, il n'était pas un lâche ; il souhaitait en parler, souhaitait mettre les choses au clair. Allaient-ils vraiment prétendre qu'il ne s'était rien passé dans sa chambre ? Ils restèrent ainsi un court moment, l'un et l'autre perdus dans leurs pensées.
Harry ne voulait pas faire semblant. Il acceptait de se questionner, de se remettre en question, d'avoir le cœur mal accroché et les doutes empoisonnant sa santé, si cela voulait dire quelque chose. Si tout ceci avait un sens. Mais s'ils fermaient les yeux sur ce qu'il s'était passé, alors tout ce pour quoi Harry ne trouvait plus le sommeil, n'avait aucun intérêt, aucune justification. Et ce n'était juste pas acceptable. Faire fi de ce qu'il s'était passé, c'était comme tirer un trait sur l'expérience la plus significative et le plus troublante de sa vie. C'était faire peu de cas de ce qu'il l'avait rendu, certes, si chamboulé, si perdu, mais aussi si vivant. Et alors qu'il était convaincu qu'avoir une discussion était la meilleure chose à faire, qu'il se tourna vers Draco pour le regarder d'un regard qu'il voulait confiant, ce dernier détourna les yeux et se redressa.
- Nous devrions rentrer... Dit-il d'un ton bas.
Harry ne répondit rien mais se leva à son tour et le suivit jusqu'au manoir. Ah elle était belle la détermination d'il y a quelques secondes... Pourquoi n'arrivait-il pas à parler à cet homme ? Il le suivit dans le couloir. Il était simple de comprendre ce qu'il se passait en lui. Ils traversèrent le corridor. Il ne l'avait que trop lu. C'était ce qui ébranlait ces héroïnes, ces princesses... C'était un sentiment. Il gravit les marches, fixant sans la voir cette nuque pâle, ne prêtant attention qu'aux battements de son cœur qui luttaient avec vigueur contre sa raison qui lui hurlait de ne pas formuler, même en pensée, ce qu'il se tramait en lui, ce qui le torturait.
Mais c'était bien connu, les héroïnes les plus torturées n'étaient pas les plus heureuses. Il s'arrêta sur le palier. C'était un homme. Soit. C'était un vrai. Pas un homme comme lui l'était, à demi mots, qui n'avait que trop de mal à s'identifier.
En toute objectivité, Draco Malfoy était beau, mystérieux, intelligent, arrogant et réservé à la fois. Inatteignable, dédaigneux et solitaire. En toute subjectivité, il l'irritait autant qu'il l'attirait, et cette attirance semblait aller bien au delà de toute cette peau divinement blanche et envoûtante... Même lorsque c'était en mal, il pensait à lui, il parlait de lui, il rêvait de lui. Et à présent, il le fixait.
Draco Malfoy était devenu une obsession.
Et Harry était sûr d'une chose. Il s'avança d'un pas vers le blond qui se tenait droit, le regardant, l'interrogeant silencieusement. Puis d'un autre. Il se retrouva alors juste en face de cet homme insondable et détestable par trop de cotés, mais qui donnait sens à son existence trop futile et trop loin de ce qu'il rêvait. Et il rêvait de Draco Malfoy. Il leva la main. Il allait, indéniablement, faire partie de son histoire. Il la fit partir d'une mèche de cheveux, qu'il roula lentement entre ses doigts, se rassasiant de la texture. Il se rapprocha encore. Son aventure. Ses doigts délaissèrent la mèche de cheveux pour descendre, tremblants, effleurer une pommette, parfaite mais crispée, sans doute par son audace. L'effleurement se transforma en caresse, et du bout des doigts il retraça la joue. Son épopée. Un souffle brûlant et haché butait sur son front tandis qu'il dessinait des arabesques confuses sur cette peau, allant parfois jusqu'à toucher le lobe d'oreille et descendre un doigt inquisiteur sous la mâchoire, la retraçant également. Une main vint rejoindre la sienne, mêlant ses doigts aux siens, et stoppa son mouvement.
- Arrêtez... Dit Draco dans un souffle.
Se redressant sur la pointe de ses pieds, sa bouche à présent à quelques centimètres de celle de son vis-à-vis, Harry lui répondit tout aussi bas.
- Vous faut-il un piano pour vous laisser aller ?
Dans le silence de la nuit et dans l'odeur de charpente du manoir, Harry assista comme hors de son corps, à un baiser qui lui fit tourner la tête et les sens. Draco scella ses lèvres aux siennes, emprisonnant sa nuque d'une main ferme. Harry crût s'évanouir quand le jeune homme posa sa main, d'une douceur incomparable, sur sa joue, avant de la descendre dans son cou, son pouce semblant retracer un quelconque dessin. Elle glissa sur son épaule puis descendit le long de son bras, et Harry revit en même temps ce que Draco avait fait à sa jambe un peu plus tôt. Il s'arrêta quand il atteignit le coude afin de pencher un peu plus la tête de Harry et de caresser ses lèvres de son souffle, les yeux à demi-clos.
Harry, lui, ne pouvait se résigner à fermer les yeux. Lorsqu'il reprit son mouvement ascendant, les pieds se joignirent à la danse, l'entraînant contre la rambarde de l'escalier, Harry à moitié penché dans le vide. Il gémit faiblement, s'accrochant aux cheveux de son bourreau et mettant ainsi fin à la descente de Draco sur son bras. Ce dernier plaça alors sa main sur la hanche du brun avant de la faire lentement glisser jusque dans le bas de son dos, reprenant possession fermement de ses lèvres.
Perdu dans l'incandescence charnelle du baiser qui se faisait à présent les lèvres à demi-ouvertes, Harry ferma les yeux. Il ne vit pas Draco ouvrir les siens d'un air résigné, mais il sentit, il sentit ces bras qui le tenaient si fermement s'alourdir, ce corps si chaleureusement investi se raidir, il sentit cette peau nacrée devenir marbre, comme si, soudain, il était seul.
Draco posa son front contre celui de Harry, mettant ainsi fin au baiser. Haletant, Harry fit de son mieux pour se calmer, craignant ne pas entendre l'homme qui l'étreignait tant le sang de ses veines pulsait furieusement dans ses oreilles. Draco parla d'une vois basse, mais suffisamment pleine pour que Harry puisse l'entendre jusqu'au plus profond de son âme.
- Je ne peux vous apporter ce que vous désirez... Oubliez-moi. Allez vous coucher...
Mais pendant qu'il lui lacérait son désir, Draco ne le regardait pas. Il fermait obstinément les yeux, le corps entièrement tendu. Il lâcha Harry. Il se recula enfin, passant une main rageuse dans ses cheveux et jura. Harry avait fermé les yeux cette fois, incapable de dire quoi que ce soit. Draco se retourna et s'en alla dans sa chambre, qu'il ferma.
Harry ne savait que faire pour venir en aide à son cœur qui se faisait marteler par sa raison. Il songea l'espace d'un instant à retourner sous le saule pleureur mais il craignait que ses jambes refusent de l'y emmener. Il fit alors quelques pas et s'effondra dans le lit, trempé et perdu comme jamais.
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La nuit avait été courte et loin d'être reposante. C'est donc un Harry un peu bougon qui se réveilla le lendemain matin, un mal de crâne surplombant son corps endolori d'avoir dormi assis l'échine collée à un tronc d'arbre. Lorsqu'il sortit de la pièce qu'il avait occupé pendant la nuit, la porte de la chambre de Draco était ouverte. Il soupira. L'oublier ? Comme ça ? Sans préambule, sans explications ? Il ne savait s'il devait rire ou pleurer. Dans tout les cas aucune de ces deux émotions ne l'habitait. Il était juste confus, et certainement énervé. Mais plus que tout, il était las de penser. Il allait trouver Ginny et s'en aller. C'était le mieux à faire, et visiblement c'était ce que son hôte blond attendait.
Dans l'escalier il entendit des rires et distingua très clairement celui de sa jeune sœur. Son pas se fit plus rapide et c'est en courant qu'il traversa le long corridor menant au salon. A l'interstice du couloir, pris dans sa course, il percuta quelqu'un de plein fouet. Il n'avait guère besoin de lever les yeux vers la personne concernée pour savoir de qui il s'agissait, son odeur la trahissant parfaitement. Il frissonna. Une voix quelque peu moqueuse se fit entendre alors.
- L'adresse n'est pas votre fort...
Il lui répondit du tac au tac, agacé à l'avance par un échange qui allait certainement mener à de profondes et longues réflexions de sa part, et certainement à un désir non feint qu'il ne pourrait assouvir désormais. Il ancra un regard qui se voulait sévère dans les yeux gris, troublant dès le réveil, de son interlocuteur.
- Le tact n'est pas le vôtre.
Et il le contourna, essayant d'y mettre un peu de grâce, avant de continuer sa route au travers du couloir. Il sentait un long regard dans son dos et sa nuque le brûla, lui remémorant ce même long regard que Draco Malfoy lui avait asséné lors de leur première rencontre au bal public. Ne pas se sentir satisfait, et surtout, surtout, ne pas y penser.
Dans le salon il vit alors sa sœur, plus malade pour un sou, dans les bras de Blaise qui la faisait danser sur un air inventé qu'il fredonnait gaiement. Les deux riaient, et Harry n'aurait su dire si les rougeurs de sa sœur n'étaient dues qu'à son hilarité. Quand enfin elle le vit, elle lâcha les mains du jeune homme pour se jeter dans les bras de son frère.
- Harry ! Nous ne voulions pas te réveiller. Mr Malfoy nous a dit que tu n'avais pas beaucoup dormi.
Harry grommela quelque chose à l'encontre du-dit Mr Malfoy et sourit à sa sœur qui pétillait de joie. Il salua Blaise et commencèrent à discuter un peu de l'état de Ginny lorsque Pansy les rejoint. Il ne devait pas être dix heures qu'elle était déjà sur son trente et un. Harry se sentit quelque peu minable dans sa tenue et se fit la remarque que s'ils étaient amenés à se revoir il faudrait qu'il essaye de se vêtir un peu plus élégamment. Voyant son regard scrutateur, elle le gratifia d'un sourire mi-charmeur mi-amusé.
- Bonjour Harry. Mal dormi ? Vous avez une tête à faire peur à nos cuisiniers ! Elle fit une pause en lui faisant un clin d'œil. Toutefois ils vous attendent pour savoir ce que vous souhaitez manger. Je vous y conduis.
- Je vous remercie mais nous allons rentrer, ce n'est pas la peine de vous déranger plus. Merci beaucoup de nous avoir hébergé cette nuit.
- Oh, Harry ! Ne pouvons-nous pas rester encore un peu ? Mrs Parkinson souhaiterait m'entraîner à la pratique du violon...
Harry se retourna vers Pansy qui lui asséna un nouveau clin d'œil. Le violon, évidemment... Blaise s'était rapproché de Ginny et hochait vigoureusement la tête. Il regarda sa sœur en espérant lui faire passer un message par son regard qui lui suppliait de rentrer.
- Mais Molly va s'inquiéter...
- Nous avions prévu d'écrire à nos familles respectives un peu plus tard dans la matinée. Lui fit savoir Blaise. Miss Weasley et vous pourrez ainsi en faire de même, qu'en pensez-vous ? Draco est allé chasser très tôt ce matin et nous a ramené du gibier pour le déjeuner...
Harry n'écoutait plus. Son message n'était de toute évidence pas passé car Ginny répondait à présent avec entrain à Blaise et le regardait à son tour d'un air suppliant. Harry n'était pas quelqu'un d'égoïste. Il était même tout le contraire. Et quand il s'agissait de Ginny... Il fut donc contraint d'accepter. Pansy eut l'air satisfaite et lui demanda de le suivre jusqu'aux cuisines.
Draco était allé chassé ce matin ? N'avait-il pas dormi ? Il ne put s'empêcher de faire une moue au constat que même après une nuit sans dormir le jeune homme avait l'air frais comme un linge. Et bien voilà une chose de plus à lui reprocher! Et il prit son petit déjeuner, un peu plus satisfait.
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Mon très cher frère,
Ne te sens pas obligé de revenir ici rapidement. Je vais bien. La solitude ne me fait plus peur, et j'ai bien des divertissements qui occupent mon esprit. A vrai dire, ta condition m'effraie plus que la mienne. Qui est cette personne qui te trouble tant ? Sache que je ne la déteste pas. Au contraire, je serais ravie que mon frère tant aimé ait trouvé une belle âme qui ait su ravir la sienne.
Ne repense pas à Seamus. Il a longtemps fait partie de nos vies, mais il en est loin maintenant. Et jamais il ne doit y revenir. Ce n'est qu'une coïncidence qu'il soit dans un village proche du tien. J'ai tourné la page, tu dois en faire autant, Draco.
Écris-moi. Comment te sens-tu ? As-tu trouvé des réponses ?
Ta fidèle, etc.
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Harry était assis dans un canapé en face de Blaise et de Ginny qui conversaient, regardant Draco lire sa lettre sans qu'aucune émotion ne viennent voiler son visage. Comment était-ce possible ? Il ne remarquait pas que dans sa contemplation, il se faisait lui même observé par Pansy, adossée à un des murs de la pièce ovale. A ce que Harry avait compris, ce salon était destiné à leur activités d'écriture. Lorsque Blaise proposa à Ginny de lui montrer l'écurie, Pansy en profita pour prendre leur place en face de Harry. Comme ces deux là s'obstinaient à se regarder en silence elle décida de prendre un peu les choses en main, à nouveau, et non sans souffler.
- Que doit faire une femme pour ravir votre cœur, ou du moins votre regard, Harry ?
Harry s'étrangla avec sa salive sous le coup de cette question si abrupte qui venait interrompre ses observations. Il bafouilla quelque peu ne sachant que répondre.
- Il doit bien y avoir un type de femmes que vous affectionnez particulièrement, non ? Lui dit-elle malicieusement, remarquant que Draco avait cessé d'écrire.
- Euh, je ne sais pas bien, à vrai dire. Mon amie Hermione me semble tout à fait... appropriée. Finit-il par dire.
- Hm, donc il faut qu'elle ait du mordant, de l'intelligence, du savoir vivre et du culot tout à la fois. C'est intéressant, ça me fait penser à quelqu'un...
- Avez-vous déjà parlé à Hermione ?
- Les mots sont peu de choses face au regard d'une femme, Harry. Je peux la connaître sans lui avoir jamais parlé.
Face au regard un peu sceptique de Harry, elle ajouta, récalcitrante.
- Quoi qu'il en soit ce n'est pas le cas, j'ai un peu discuté avec elle au bal public...
Ils rirent doucement avant qu'elle ne reprenne la parole.
- Draco a bien plus d'exigence que vous. La femme idéale doit être gracieuse, cultivée, intelligente, drôle, sensible. Elle doit savoir jouer du piano et du violon, savoir écrire, lire beaucoup mais pas trop, savoir danser, coudre et peindre. Et ce n'est là que liste non exhaustive.
- Je ne connais aucune femme qui réponde à tous ces critères. Je doute même fortement qu'une telle femme existe. Lui répondit Harry, amère.
- Effectivement. Il n'existe aucune femme qui puisse plaire à Draco.
Le silence accueillit la déclaration de Pansy, que seul vint troubler le bruit de la plume de Draco qu'il venait de briser en deux. Elle savait que nul doute n'était possible quant à ce qu'elle avait voulu dire par là ; elle savait que Harry savait, et elle savait que Draco savait qu'elle savait. Afin de rompre l'ambiance tendue qu'elle avait délibérément engendrée, il fallait que tous les deux soient au moins au courant des penchant de l'autre si ce n'était toujours pas le cas, elle se leva.
- Marchez avec moi, Harry, voulez-vous ?
Sceptique et un peu forcé par l'intonation de la jeune femme, Harry se leva tout même et elle s'agrippa à son bras, lui faisant faire le tour de la grande pièce.
- Est-ce là votre exercice quotidien ?
- Seriez-vous en train d'essayer de m'offenser ? Elle fit une pause et sembla réfléchir. Mais... Oui. Draco n'est pas très sportif non plus, c'est un artiste... Lui dit-elle sur le ton ironique de la confidence, tout en sachant que Draco les entendait très bien.
Celui-ci ne parlait toujours pas, mais avait repris sa rédaction, les sourcils froncés. Pansy se dit qu'il était sûrement en train de se plaindre du comportement de sa cousine.
- Draco chéri, tu ne viens pas te joindre à nous ?
- Sans façon. Tu l'as dit toi-même, je suis un artiste. Je suis bien meilleur avec mes doigts qu'avec mes jambes. Lui répondit-il directement, d'une voix sombre, sans lever les yeux de son pupitre.
Harry ne put s'empêcher de rougir. La tension était à son comble et sa phrase avait un air de sous-entendu qui ramena Harry à sa condition d'homme.
- Et puis, enchaîna-t-il, tu as, de toute évidence, envie d'attirer l'attention sur vous. Je suis donc bien mieux ici pour vous observer.
Se faisant, il leva les yeux et les ancra directement dans ceux de Harry qui en eut le souffle coupé. L'arrogance, aussi forte que l'attirance, le saisit de plein fouet. Qu'il était fier !
- Si c'est là tout ce que vous savez faire, il vaut mieux, certes, continuer à écrire des lettres.
Pansy regardait la scène, dépitée. Ça ne s'était pas passé comme prévu... Mais bon, ils avaient au moins communiqués. Non ? Et Dieu, que la tension était grande entre eux ! Encore un peu et elle devrait s'éventer.
- Sortons un peu, Pansy, voulez-vous ?
Reprenant la phrase précédente de Pansy, Harry ne lui laissait que très peu de choix de réponse, ayant lui-même accédé à sa requête précédemment. Malin. Très malin.
Ce n'était pas gagné.
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Harry voulait rentrer. A vrai dire, il voulait même ne pas être venu la veille. L'après midi était longue. Il appréciait beaucoup Pansy, mais sa compagnie n'était pas de celles que recherchait Harry. Draco jouait du piano à l'étage, énervant ainsi Harry d'être ignoré de la sorte. En fin de compte, tout l'agaçait.
Ginny, elle, semblait être aux anges. Il ne l'avait jamais vu parler autant. Alors certes, elle faisait plus écouter que parler quand même, mais son sourire ne fanait pas et dès que Blaise la quittait des yeux quelques instants elle en profitait pour se recoiffer discrètement.
Mais sa patience avait des limites, même concernant sa sœur adorée. Il se décida donc à lui signaler qu'il fallait partir à présent. Mais avant d'avoir pu enclencher un seul mouvement pour s'extraire du canapé, le valet de Blaise entra dans la pièce.
- Mrs Weasley, Mr Weasley, Mr Weasley, Mr Weasley et Mr Weasley.
Et l'après-midi fut bien pire encore. Après avoir reçu la lettre de Ginny, Molly avait décidé qu'elle aussi avait bien le droit de passer un peu de temps avec la noblesse londonienne. Ses frères avaient naturellement suivi le mouvement et voilà qu'ils se trouvaient tous dans le salon, assis sur le divan en face de celui de Harry, qui n'en revenait pas de les voir tous là.
Molly se ravissait de la beauté du manoir et le faisait bien savoir. Les jumeaux discutaient avec Blaise, donnant à Ginny l'opportunité, non désirée, de parler à sa mère qui monopolisait Pansy. Le silence de la demeure fut remplacée par un brouhaha ambiant qui ne ravit guère Harry. Draco fit irruption dans la pièce à ce moment, allant saluer les arrivées impromptues d'un œil un peu sévère, la fatigue lui mangeant à présent une bonne partie du visage. Ron s'installa à côté de Harry et lui tendit une lettre.
- Seamus est passé à la maison hier après-midi, il souhaitait te voir. Il reprit d'un ton un peu plus bas. Je lui ai dit que tu étais à Netherfield, Harry. Il ne semblait pas très content. Il m'a demandé s'il pouvait t'écrire une lettre ici, que je devais te faire poster si tu ne revenais pas avant ce soir.
Harry ouvrit la lettre. Seamus l'enjoignait à le retrouver en fin d'après-midi près du lac de Meryton. Il la plia et la glissa dans sa poche. Lorsqu'il releva son regard il croisa celui de Draco, adossé contre un mur. Il entendit Ron lui murmurer quelque chose mais n'y prêta pas attention. Enfin, il daignait lui porter intérêt. Il l'avait ignoré royalement depuis leur joute du matin, ce qui avait contribué énormément à l'humeur de Harry qui ne supportait pas son comportement. Ah il voulait faire comme si rien ne s'était passé ? Il voulait qu'il l'oublie, qu'il fasse semblant de ne pas sentir la tension plus que palpable entre eux ?
Eh bien Harry allait lui donner ce qu'il voulait. Si Draco ne voulait pas de lui, Seamus, lui, le voulait. Harry en était certain. Il ne pouvait plus faire l'aveugle sur ces derniers jours depuis qu'il était au clair avec lui-même, et le comportement qu'avait eu l'officier à son égard était loin d'être ambigu.
Il rompit le contact et se leva. Il s'adressa alors à Ron, mais parlant assez fort pour qu'il l'entende.
- Je vais rejoindre Seamus. On se retrouvera pour le souper.
Il n'osa recroiser le regard de Draco, mais savait que ce dernier le fixait. Et, il s'en doutait, avec mépris ; Seamus et lui se détestant cordialement.
Il fit ses au revoir à Pansy, qui, bien qu'alpaguée par Molly, n'avait rien loupé de l'échange. Elle le salua également.
- Nous nous voyons au bal après demain, n'est-ce pas, Harry ?
- Évidemment qu'Harry sera de la partie ! Le régiment est invité en plus ! S'exclama Georges.
- Mrs Parkinson n'a pas fait les choses à moitié ! Ce bal va être génial, Harry ! Enchaîna Fred.
Le concerné osa un regard en direction de Draco qui le regardait d'un air affolé. Cela ne fit qu'accroître son sentiment de colère. Cet homme ne savait même pas ce qu'il voulait, alors comment quelqu'un pourrait savoir qui il était vraiment.
- Je ne louperai ça pour rien au monde. Dit-il toujours en fixant le blond. Puis il sortit, grisé par son audace, encore une fois.
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Au prochain chapitre, le bal de Pansy ! Les choses se corsent... Qu'en avez-vous pensé ?
Merci de votre lecture,
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