Quand je me suis réveillée j'avais… Super mal à la tête. J'ai l'impression que des vélanes dansaient sur mon crâne. L'instant d'après, en ouvrant un peu plus grand mes yeux, j'ai aperçu ma mère, de dos, mon père, de profil et Fred, Georges et Charly qui me regardaient avec attention. Puis j'ai entendu Fred claironner « Maman, elle s'est réveillée ! » J'ai aussitôt eu l'intime conviction qu'une bande de trolls sautaient sur ma tête.

Ma mère a aussitôt fondu sur moi, en larmes. Elle m'a serré à m'étouffer, j'ai bien cru que j'allais m'évanouir une deuxième fois. Puis Harry et Hermione sont entrés, à leur tour. Tout le monde s'est mis à parler, et à me poser des questions en même temps. Un joyeux brouhaha s'était élevé dans la pièce, et les trolls étaient de plus en plus présents sur mon crâne. Avant que j'ai pu ouvrir la bouche pour dire quelque chose, Madame Pomfresh est entrée.

« Cette jeune femme vient de tomber de balai ! Elle souffre de multiples contusions, de fractures et d'une commotion cérébrale. Elle a besoin de repos ! Tout le monde dehors, les visites ne seront autorisées que dans deux heures, le temps qu'elle ai pris sa potion de régénération, et seulement deux personnes à la fois !»

Évidemment, son ton était sans appel. Ma mère l'a regardé d'un air courroucé. Elle déteste qu'une autre femme lui donne des ordres, surtout quand il s'agit de ses enfants. Elle m'a lancé un regard plein de tendresse, avant de se diriger vers la porte. Ils sont sortit, après que Fred et Georges m'aient promis un « bon petit remontant » dont ils avaient le secret. J'ai entendu ma mère leur dire qu'ils étaient infernaux, tandis que Madame Pomfresh fermait la porte derrière eux.

Elle s'affairait à coté de moi, l'air concentré. Et je n'ai pas pu m'empêcher de me demander pourquoi Ron n'avait pas été là, à coté de moi, lui aussi. Puis notre conversation me revint partiellement en mémoire. Le plafond devint flou, et j'eus très envie de pleurer. Mais avant que j'ai pu verser une seule larme, Madame Pomfresh m'avait donné la potion de régénération à boire, et une douce chaleur m'avait envahie.

J'ai du dormir, car quand j'ai ré ouvert les yeux, Harry et Hermione étaient à mon chevet, l'air préoccupé. J'ai essayé de leur sourire, et j'ai répondu à leurs questions. Oui, j'allais bien, non je n'avais pas trop mal, non je ne savais pas ce qu'il s'était passé, oui, j'avais sans doute perdu le contrôle de mon balai, non, je ne me souvenais pas d'avoir été transportée jusqu'à l'infirmerie. Puis j'ai posé la question, d'un air dégagé, craignant la réponse.

« Ou est Ron ? »

Harry fronça les sourcils, et Hermione éclata en sanglot. A ce moment là, je me souviens que j'ai eu très mal au ventre, et très envie de vomir.

« Il t'aime tellement Ginny, tu es… Tu es sa petite sœur » Commença Hermione entre deux sanglots.

La terreur me saisit au ventre, et je me redressais vivement dans mon lit, sentant la pièce tourner dangereusement. Le bras d'Harry m'empêchât de tomber du matelas.

« Ginny, il… Il est partit. Juste après que le match se soit terminé. Il t'a porté jusqu'à l'infirmerie. Il... Il n'avait pas l'air bien, il était tout blanc. Il a dit que c'est de sa faute, il a dit... Je n'ai rien dit à ta mère. Il a dit qu'il veut mourir. On a essayé de le retenir, mais... Mais il s'est débattu, il a même... Il a même donné un coup de poing à Harry!»

J'ai eu mal. J'ai voulu me lever. Je devais le trouver.

Si Ron meure, je n'ai pas d'autre choix que de mourir aussi. Il est ma vie, mon… Mon amour, mon frère.

J'ai repoussé Harry de toutes mes forces, et j'ai mis un pied en dehors de la couette, fébrile. Et c'est là que c'est redevenu noir et que j'ai heurté le sol de plein fouet, pour la deuxième fois de la journée.