Voici comme promis l'épilogue de cette fic, marquant ainsi la fin de ce qui fut une belle aventure, autant pour les personnages que pour moi. Et ce n'est pas sans émotions que j'ai fait mes dernières corrections... Ce fandom, je voulais m'y frotter depuis plusieurs années, même si je savais qu'il n'aurait guère d'amateurs. Quand j'ai enfin décidé de foncer il y a quelques mois, ça ne devait être qu'un petit OS, qui n'a eu de cesse de prendre de l'ampleur jusqu'à devenir ce qui s'avère aujourd'hui ma plus longue fic^^ Tant mieux, l'expérience n'en aura été que plus belle. Mais la séparation n'en est que plus douloureuse aussi... Comme toujours quand une histoire se termine. Mais peut-être bien que je reviendrai une prochaine fois dans ce beau fandom, je l'espère de tout cœur en tout cas. Un troisième film a été annoncé, ça sera peut-être bien l'occasion de s'y remettre^^

Pour la dernière fois, j'en profite pour remercier mes lectrices fidèles et surtout celles qui m'ont encouragée. Un mot de votre part et c'était des heures de motivation pour le laborieux exercice de la correction et la relecture. Ce site trouve son sens dans les échanges entre auteurs et lecteurs, sans ça autant laisser ses textes dormir à l'abri d'un disque dur. On ne le dire jamais assez, laisser un petit commentaire ça ne coûte rien mais ça apporte tellement à celui qui le reçoit...

Barjy, un merci spécial à toi pour avoir été là depuis le début, commentant chaque chapitre avec une régularité déconcertante pour une fic dont tu ne connaissait pas les personnages. ça me touche de t'avoir retrouver ici :)

Deryous50, chacun de tes mots m'a touchée, m'a motivée et je suis contente de ne pas t'avoir déçue.

Guest, merci. Pour un lecteur qui n'est pas enregistré, je trouve encore plus gentil de prendre la peine d'écrire quelques mots alors que ça serait tellement facile de demeurer anonyme. Comme tu l'as dit, j'espère moi aussi revenir pour une autre fic, nous verrons bien ;)

Katia, bienvenue. Je suis ravie que l'histoire t'ait plu et merci d'avoir pris la peine de le dire. C'est un cadeau inestimable pour un auteur. Comme tu peux le voir, l'épilogue est bien là, c'était important d'offrir une conclusion digne de ce nom aux personnages que nous aurons vu évoluer.

J'espère que cette petite fin vous plaira. Et on se retrouve bientôt pour d'autres aventures, que ce soit dans ce fandom ou dans un autre ;) En attendant je vous souhaite une bonne lecture pour ces quelques mots :)

Epilogue.

Benjamin gémit en donnant un coup de reins plus violent. Putain, voilà exactement ce qu'il aimait. Prendre son pied, en donnant tout autant de plaisir en retour, écouter gémir Mike alors que lui-même perdait peu à peu la tête.

Il n'y avait pas que leur corps-à-corps d'ailleurs, aussi plaisant qu'il soit, la situation en elle-même avait de quoi le combler. Faire l'amour au beau milieu de la matinée, la porte de la chambre ouverte, sans avoir besoin de retenir leurs cris de plaisir, voilà un luxe qui leur avait manqué bien longtemps. Désormais qu'ils avaient quitté la Maison Blanche, Ben n'en finissait pas de savourer chaque détail qui illustrait la normalité retrouvée. Tout comme il savourait le corps de Mike à cet instant.

S'ils avaient été heureux de s'installer ensemble, cela avait demandé une bonne dose d'adaptation, qui ne s'était pas faite sans heurts. Mais ils avaient réussi, privilégiant le dialogue, se laissant le temps de construire peu à peu la relation la plus épanouie possible. Ils ne s'en sortaient pas trop mal en fin de compte, mieux que bien des gens.

Ce matin en était un bon exemple. Benjamin s'était levé totalement nerveux en prévision des heures à venir. Ils étaient allés courir, ce qui l'avait calmé au moins le temps du petit-déjeuner ensuite. Puis il avait recommencé à tourner dans la maison comme un lion en cage. Quand Mike avait compris que parler était inutile, il l'avait entraîné dans la chambre. Une fois de plus son compagnon avait saisi le degré de son désarroi et agi au mieux pour lui offrir ce dont il avait besoin. A savoir lui cette fois en l'occurrence.

Faire l'amour à Mike, voilà justement un domaine dans lequel il excellait. Tant et si bien que c'était le seul domaine dans lequel il n'y avait jamais de prise de bec, les draps étant d'ailleurs le lieu de bien des réconciliations.

Aujourd'hui, comme le plus souvent, il n'y avait rien à pardonner, à exprimer autrement que par des mots. Il n'y avait que l'amour. Et le plaisir. C'était bon de voir Mike s'abandonner de la sorte, gémir et se tordre dans ses bras. C'était bon de se sentir partir peu à peu, le plaisir bouillant dans ses veines, avec l'impression que la terre pouvait bien s'arrêter de tourner, rien ne pouvait atteindre cette chambre, cette étreinte.

Chaque mouvement les rapprochait du point de non-retour, celui qu'ils appelaient de tous leurs vœux, tout en voulant le retarder encore pour en profiter autant que possible. C'était là une partition qu'ils jouaient depuis bien longtemps avec un talent toujours égal, une passion chaque fois renouvelée. Une mélodie parfaitement exécutée qui montait crescendo jusqu'à l'apothéose. Une explosion qui les laissa à bout de souffle.

Ils se blottirent l'un contre l'autre, frissonnant et souriant, sereins comme ils ne l'étaient que dans ces moments-là.

- Tu as l'art de me changer les idées bien comme il faut, dit Benjamin d'une voix lointaine.

- L'expérience.

Le ton était terriblement sûr de lui, tout ce qu'aimait Ben. S'il avait l'habitude de tout contrôler lors de leurs ébats, Mike reprenait ensuite ce rôle le reste du temps et c'était bon de lui faire confiance, de compter sur lui. Cela facilitait bien les choses au quotidien également.

- Ça va être une bonne journée, reprit le brun.

Oui, définitivement, avec lui et son assurance sans faille tout semblait terriblement facile. Satisfait, Benjamin planta un baiser sur ses lèvres et se leva.

- Il faut qu'on se prépare.

Mike soupira bruyamment en croisant les bras derrière la tête, ne faisant pas mine un instant de quitter le lit.

- Laisse-moi le temps de redescendre sur terre beau gosse, plaida-t-il. Tu pourrais peut-être m'apporter une serviette ou un truc du genre, rajouta-t-il avec un regard sans équivoque vers son bas-ventre, toujours souillé de sa semence.

Ce n'est qu'à cet instant que Benjamin remarqua ce détail. Les yeux brillants d'une lueur tout à fait lubrique, il revint vers le lit d'une démarche qui n'aurait pu être plus assurée.

- J'ai mieux, dit-il dans un souffle en s'installant à califourchon sur les cuisses de son compagnon.

Mike eut un hoquet de surprise quand il lécha le sperme, nettoyant la peau de sa salive.

- Oh merde, grogna Mike tandis qu'il se relevait, un sourire pas peu fier de lui sur les lèvres. Tu as conscience que c'est le truc le plus sexy que tu aies jamais fait ? Pourtant tu avais déjà placé la barre salement haute.

- Je suis un homme plein de surprises.

- Putain oui !

Ce n'était jamais prémédité, mais il prenait effectivement le plus grand plaisir à surprendre son homme par des actes, des gestes, le meilleur moyen de ne pas tomber dans une routine qui aurait pu leur être fatale. Mais il n'avait pas l'intention d'en faire trop ce matin, pas avec l'échéance qui approchait et l'angoisse qui remontait peu à peu, malgré leurs efforts à tous deux. Alors il se releva et se dirigea vers la commode.

- Mike, tu devrais te préparer toi aussi où on va être en retard, dit-il en se saisissant de la tenue fin prête depuis la veille, qu'il avait choisi avec soin.

Derrière lui Mike avait finalement bondit du lit et fonçait vers la salle de bain.

- Preum's, lança-t-il en riant. Et attends sagement ton tour ici, sinon on ne partira définitivement pas à l'heure.

Benjamin éclata de rire en se retrouvant face à la porte close de la salle d'eau. Un vrai gosse par moment, mais n'était-ce pas pour ça également qu'il l'aimait ? Nul n'aurait pu davantage faire diminuer la tension que Mike, tout ce dont il avait justement besoin ce matin.

ooOoo

Un peu plus tard, Mike entra dans la chambre en appelant son compagnon.

- Ben, on va vraiment être à la bourre cette fois, informa-t-il en trouvant celui-ci torse-nu, planté devant le lit sur lequel il avait disposé plusieurs chemises. Tu te fiches de moi ? Tu avais choisi tes vêtements hier soir et c'était parfait. C'est bien la peine de vivre avec un homme si c'est pour l'attendre pendant qu'il se pomponne.

- C'est pas drôle, grogna Benjamin. Tu y crois ? Pendant que je m'habillais j'ai eu un doute concernant de la chemise. Comme si ça avait une quelconque importance. C'est Connor la star du jour, alors on se fiche de ce que je vais porter. Mais je voudrais que tout soit parfait aujourd'hui.

- Tout sera parfait, quelque soit la chemise que tu porteras, plaida Mike en retrouvant son sérieux devant l'air abattu de son compagnon. C'est juste l'émotion qui parle. Moi qui pensais t'avoir suffisamment changé les idées tout à l'heure. Allez, laisse-moi faire.

Il sélectionna la chemise justement choisie la veille et l'aida à la passer, surpris de lui trouver les mains légèrement tremblantes. Il entreprit lui-même de boutonner ensuite le vêtement.

- Et calme-toi à présent, dit-il ensuite en mettant le col soigneusement en place sur la cravate de quelques gestes doux. C'est un grand jour, tu dois t'en réjouir mais pas besoin de te mettre une pression pareille.

Benjamin hocha la tête avant de vérifier une dernière fois son reflet dans la glace, puis le suivit au rez-de-chaussée. Mike savait ce qu'il avait sur le cœur et n'était guère plus rassuré lui-même, mais n'avait pas perdu l'habitude pour autant d'être là pour veiller sur lui en toute circonstance, même si ce n'était plus son activité officielle.

Cela faisait un peu plus de deux ans à présent qu'ils avaient quitté la Maison Blanche. Comme prévu, Benjamin avait accepté un poste d'enseignant à l'université d'Harvard. Mike n'avait pas hésité longtemps avant de décider de le suivre, même s'il n'avait plus de projet professionnel après ce déménagement. Ils s'étaient installés dans cette petite maison cossue quoi quand sans ostentation, se délectant de pouvoir enfin se réveiller chaque matin côte à côte.

Après quelques mois d'inactivité, Mike avait ouvert sa propre boîte de sécurité. Il faisait principalement de la prévention, du travail de bureau, rien de follement passionnant. Il n'en éprouvait pourtant aucune frustration, tant il était heureux de rentrer chaque soir auprès de l'homme qu'il aimait. Ce n'était plus son travail qui le définissait, comme cela avait été le cas bien longtemps, mais bien son couple pour lequel il était prêt à tous les sacrifices.

Après quelques temps pour se faire à une vie qui n'était plus exposée, Benjamin s'était épanoui dans ce nouveau travail. A la dernière rentrée, il était devenu directeur de tout nouveau département d'histoire américaine, une véritable reconnaissance pour lui.

Des rumeurs concernant leur relation n'avaient évidemment pas tardé à voir le jour. D'autant qu'ils n'étaient pas spécialement discrets, même s'ils n'étaient pas du genre à se donner en spectacle, n'officialisant rien. Cela n'avait empêché la tempête médiatique de s'abattre sur eux. Etrangement, ils s'en étaient plutôt bien sortis, mieux que ce qu'ils auraient pu espérer. Benjamin n'était plus une personnalité publique, n'offrait pas d'image croustillante à se mettre sous la dent à une presse avide, celle-ci avait fini par se lasser. D'autant qu'ils n'avaient rien à offrir, n'ayant jamais fait de déclaration prêtant foi aux rumeurs, quoi que le fait de partager une maison parlait pour eux. Quelques amis et collègues étaient dans la confidence et cela s'arrêtait là.

Aujourd'hui pourtant, pour la première fois, ils avaient décidé de se prêter à une sortie publique commune. Il y aurait des photographes, il y aurait du monde, leur présence conjointe ne serait donc qu'un aveu. Mais ils étaient prêts pour cela. Ils étaient simplement tombés d'accord sur le fait que s'ils étaient interrogés, et ils le seraient sans nul doute, ils raconteraient avoir commencé à se fréquenter qu'après la fin du second mandat du Benjamin. Une façon de se protéger contre les mauvaises langues qui ne manqueraient pas d'arguer que celui-ci avait pris certaines décisions sous le coup d'émotions malsaines. Il ne voulait pas que quoi que ce soit ne puisse venir entacher ces huit années durant lesquelles il avait toujours donné le meilleur de lui-même.

Bien sûr, ils auraient pu rester longtemps caché dans le déni, à ne sortir que rarement, ne vivant quasiment exclusivement que par et pour eux deux seuls, à l'exception de leurs enfants et quelques amis proches, mais aujourd'hui était un grand jour qu'aucun d'eux n'aurait voulu rater.

Connor serait diplômé dans moins d'une heure et c'était à ce couronnement qu'ils s'apprêtaient à assister, main dans la main. Pour Mike, ce garçon, maintenant un homme, comptait autant, quoi que différemment, que Lynne dans son cœur. Et il le lui rendait bien.

Quant à Benjamin, il était un père comblé. Même si la perspective d'affronter cette journée le terrifiait. Heureusement, comme à chaque moment qui comptait depuis quatre ans, Mike était là. C'était toujours plus facile quand ils étaient ensemble.

Quittant la maison, il soupira de contentement quand le bras de Mike entoura ses épaules. Ils avaient pu le prouver à bien des reprises, à deux ils géraient n'importe quoi. C'est donc le cœur léger, malgré les conséquences qu'ils ne manqueraient pas de devoir affronter, qu'il allait soutenir son fils.

Il avait cru sa vie finie à la mort de sa femme, condamné à ne jamais s'assumer, mais Mike avait été là. En fait, Mike avait toujours été là, lui avait simplement mis longtemps à s'en apercevoir. Il rattrapait à présent chaque jour ce temps perdu. Heureux autant d'être enfin lui-même que d'être là pour Mike. Une relation qui faisait couler de l'encre, le ferait certainement davantage à partir de demain, mais qu'il ne voulait plus cacher. Il avait courbé suffisamment longtemps le dos sous le poids des apparences, pour un métier qu'il était content d'avoir laissé derrière lui.

A présent, il ne vivait plus que pour lui, pour eux deux, c'était une raison bien suffisante de continuer à avancer.

THE END