Auteur : Nat, qui aime s'amuser sur le dos de ses personnages préférés.
Disclaimer : Elrond, Celebrían, Celeborn, Galadriel, Thranduil, Glorfindel, Haldir et Erestor (et Double-G ^.^) ne m'appartiennent pas. Ils en remercient Illuvatar de tout leur cœur. Et le concept de la fic est de Miss-Tako-chan. C'est une de ses histoires qui m'a inspiré celle-ci.
Spoiler : Aucun contexte précisé. Se passe avant le Seigneur des Anneaux, au Deuxième Age.
Warning : Persos totalement OOC. C'est normal, c'est un délire. La réelle chronologie de Tolkien est parfois respectée par erreur. ^^'
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Mémoires d'un jeune Elfe rangé, jour 7
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Bonsoir journal !
Tu sais quoi ? Je déteste de plus en plus cette corvée stupide. A cause d'elle, j'ai Erestor et Glorfindel qui me harcèlent sans arrêt pour des bêtises. Heureusement que Thranduil n'est pas de la partie. Et heureusement que mes deux traîtres d'amis ont la présence d'esprit de ne rien dire de louche à mon sujet quand il est là. Etant donné sa réaction lorsque Celebrían m'a félicité pour ma victoire sur Glorfindel il y a quelques jours, je ne veux même pas imaginer ce qu'il me ferait s'il venait à apprendre ce que Glorfindel m'a raconté aujourd'hui.
Il m'énerve, celui-là, tu n'imagines pas à quel point. Mais en même temps, il a trouvé le moyen de piquer mon intérêt. Oui, je sais, c'est ridicule, mais c'est comme ça. J'accorde maintenant de l'attention aux élucubrations dénuées de sens de Glorfindel. Et d'ici peu, le monde tournera carré. Peu importe, plus rien ne m'étonne.
Non, rectification : plus rien ne m'étonne concernant Glorfindel. Parce que le jour où je verrai Thranduil faire la bise à un nain et Erestor brûler un livre, je crois que je me poserai tout de même quelques questions. Notamment quant à l'état de leur santé mentale.
Enfin.
Journal, l'heure est grave. Il faut que je t'explique ce que le tueur de Balrog m'a lui-même expliqué aujourd'hui. Peut-être que ça m'aidera à mieux le comprendre, parce que pour le moment j'ai surtout l'impression d'errer dans mes pensées désorganisées comme une âme en peine en plein brouillard par une nuit sans lune. Et la comparaison est faible.
Ça a commencé ce matin, vers neuf heures trente à peu près. Nous étions tous les quatre dans la bibliothèque, Erestor, Glorfindel, Thranduil et moi, assis autour de la table qui jouxte les étagères des philosophes Noldor du Premier Age. Erestor tenait à tous prix à me montrer quelque chose dans un de ces livres, Glorfindel avait envie de se renseigner sur la fabrication des armes orques et a découvert un ouvrage traitant de cela; quant à Thranduil, il voulait connaître les noms des pierres précieuses qu'il a trouvées dans le lac hier. Il a passé une partie de la matinée à comparer ses cailloux avec ceux représentés sur les pages du Traité des trésors de la terre qu'il a déniché je ne sais où. Il peut faire preuve de calme et de patience, quand quelque chose l'intéresse vraiment. Dommage que ce soit si rare.
Nous étions donc attablés là tous les quatre et nous vaquions à nos occupations respectives sans rien demander à personne. Glorfindel avait renoncé à me faire remarquer que ma joue droite était "légèrement" plus rouge que la gauche et Thranduil avait cessé de ricaner quand ils s'étaient rendu compte que je ne répondais pas à leurs bêtises.
Jusque là, tout allait bien. Les choses ont commencé à se gâter lorsque Celebrían est entrée dans la pièce.
Elle nous a vu, a rougi, nous a salué de loin et est allée s'installer près d'une fenêtre après avoir choisi un livre de poésie ancienne. Erestor, qui était assis à ma droite, m'a donné un coup de coude en me souriant d'un air taquin que je ne lui avais encore jamais vu. Je crois que j'ai rougi. En tout cas, j'avais chaud au niveau des joues. Face à moi, Thranduil nous a regardé d'un air bizarre et a froncé les sourcils. Chez lui, ça signifie généralement qu'il commence à réfléchir sur quelque chose qui ne lui plaît pas forcément. Heureusement pour Erestor et moi, il n'a pas pu pousser sa réflexion trop loin parce que Glorfindel lui a tiré sur la manche pour lui montrer quelque chose dans son livre sur les orcs. Ils se sont mis à rire très peu discrètement, ce qui a évidemment attiré notre attention. Et nous sommes tous les quatre partis dans un débat très animé sur la culture orque.
De la culture, nous sommes passés aux mœurs, et des mœurs, nous en sommes venus à nous demander comment les orcs faisaient-ils pour être toujours plus nombreux alors que les guerriers elfes, hommes et nains en tuent des centaines par jour. Et pour finir, nous avons eu une discussion très approfondie sur le thème de : comment les orcs se reproduisent-ils ?
Après une heure de dissertation et de formulations d'hypothèses plus ou moins crédibles et plus ou moins plaisantes à entendre qui ont toutefois présenté l'intérêt de nous faire mourir de rire, nous en avons conclu que nous n'avions absolument aucune envie de le savoir.
J'ai tout de suite beaucoup moins ri quand je me suis rendu compte que Celebrían nous avait écoutés tout du long et que la teinte verdâtre de son visage annonçait, outre la montée imminente d'une crise de nausée due à nos bêtises, la très probable chute libre de l'estime qu'elle me portait.
Thranduil a dû arriver à la même conclusion que moi en ce qui le concernait, parce qu'il s'est précipité pour s'enquérir de sa santé et lui proposer son bras pour l'emmener prendre l'air. Je suppose que je dois lui en être reconnaissant, parce que cela leur a permis à tous les deux de ne pas voir ma, je cite ici Glorfindel, « tête de poisson frit ». Non, je n'avais pas le visage couvert d'écailles et des branchies derrière les oreilles, mais je suppose que j'ai eu une expression étrange lorsque j'ai réalisé que Celebrían allait désormais me voir d'un autre œil. Et que le changement ne me serait pas forcément très bénéfique.
Et le pire, c'est que Glorfindel et Erestor, trop perspicaces pour leur bien, ont tout de suite compris de quoi il était question. Ils n'ont rien pu dire tant que Thranduil et Celebrían étaient là, mais leurs regards à tous les deux m'ont clairement fait comprendre que, tout comme le poisson dont j'avais la tête, je n'allais pas tarder à passer à la casserole. Et le rire étouffé de Glorfindel n'a fait que me conforter dans cette idée.
Une fois Thranduil et sa chère cousine partis et le danger écarté, le blondin a voulu qu'on ait une "discussion sérieuse". Ça a été laborieux. Non pas parce que je n'étais pas d'accord (de toute façon, je n'avais pas le choix), mais parce qu'il éclatait de rire à chaque fois qu'il tentait d'ouvrir la bouche. C'était vexant.
D'ailleurs, avoir une "discussion sérieuse" avec Glorfindel, c'est comme essayer de faire manger du lembas à un dragon. Impossible et dangereux.
Entre deux éclats de rire, il a fini par réussir à me demander ce que je pensais de Celebrían. Je lui ai répondu, bêtement mais honnêtement, qu'elle était belle, gentille, douce, drôle, qu'elle avait une jolie voix, qu'elle portait toujours de magnifiques robes, que ses cheveux étaient splendides et que j'aurai bien aimé avoir les mêmes, qu'elle chantait admirablement bien, qu'elle était intelligente et vive d'esprit, et que c'était une excellente amie.
J'ai dû dire une bêtise quelque part, parce qu'Erestor s'est cogné le front contre son livre d'un air désespéré. Et Glorfindel a éclaté de rire en faisait un geste de la main, comme s'il essayait de chasser une mouche. Sachant qu'il n'y avait pas l'ombre d'une mouche dans la bibliothèque, inutile de préciser qu'il est passé pour un abruti fini l'espace d'une seconde.
La seconde d'après, il me demandait de bien vouloir oublier l'amie deux minutes et d'essayer de voir au-delà. Je n'étais pas sûr de bien comprendre sa question comme je le devais, et il est parti tenter de calmer sa crise d'hilarité dans un lieu où Brethildor ne risquerait pas de lui demander de se taire, en me laissant réfléchir un moment.
C'est ce que j'ai fait. Et après une intense réflexion qui a beaucoup amusé Erestor, je me suis jeté sur Glorfindel lorsqu'il est revenu pour lui demander ce qu'il entendait par-là.
Tout ce que j'ai pu tirer de lui, hormis deux ou trois gloussements, c'est que j'étais dans un tel déni de ma situation et de celle de Celebrían que même s'il me le marquait noir sur blanc, je ne comprendrais pas. Ensuite, il m'a conseillé de continuer à réfléchir là-dessus, parce qu'Erestor était définitivement trop sérieux et que ça lui faisait du bien de se détendre un peu en admirant la tête d'abruti que je faisais.
Erestor n'a pas pu se détendre beaucoup, parce que Glorfindel a esquivé son lancer d'ouvrage philosophique et est parti en courant avec, ce qui a forcé le rat de bibliothèque à le poursuivre pour le récupérer. C'est fou ce qu'il court vite quand la survie d'un livre est en jeu.
A leur retour (je soupçonne Brethildor d'être intervenu pour les séparer), Glorfindel semblait calmé. Il m'a dit qu'il me laissait jusqu'à cet après-midi pour réfléchir à sa question et qu'il me faisait même la grâce de me donner un indice. C'est Erestor qui me l'a donné, sous la forme barbare d'une référence d'ouvrage et d'un chiffre de page. « Septième mot en partant du haut », a-t-il précisé. Ils sont ensuite partis à la recherche de Thranduil et Celebrían, en me laissant seul avec mes questions et mon "indice".
Dès que la porte de la bibliothèque s'est refermée sur eux, je suis allé voir Brethildor pour lui demander à quel ouvrage correspondait la référence qu'Erestor m'avait donnée. Il s'agissait d'un dictionnaire de quenya. Je l'ai ouvert à la page demandée et j'ai compté les sept mots en partant du haut de la feuille. Devine sur quoi je suis tombé.
"Amoureux".
Oui journal, le septième mot de la page 97 de ce maudit dictionnaire est "amoureux". Je te jure. Sur le coup, j'ai cru à une mauvaise blague. C'est tout à fait le genre de Glorfindel. Mais je me suis souvenu que seul Erestor pouvait trouver aussi vite la référence et la page de ce livre, et Erestor ne fait pas de blague. Surtout d'un goût aussi douteux.
J'ai dû rougir tout seul devant mon livre (et avoir l'air idiot, mais ça, je commence à avoir l'habitude), et je l'ai refermé aussi sec. Après, je crois que je suis sorti de la bibliothèque et que j'ai déambulé un peu au hasard dans Caras Galadhon. Je ne sais plus. Je ne sais pas exactement à quel moment j'ai commencé à faire le lien avec Celebrían, mais je sais que je me suis retrouvé à midi pile devant la grande salle avec en face de moi…
Alors journal ? A ton avis ?
…Celeborn ! Quoi, tu t'attendais à ce que ce soit Celebrían ? Pour être honnête, moi aussi. C'est le genre de chose qui arrive fréquemment dans les chansons. Heureusement pour moi, nous n'étions pas dans une chanson. Mais j'ai quand même fait un bond quand le seigneur des Galadhrims m'a posé la main sur l'épaule. Il m'a demandé d'un ton inquiet si j'allais bien. Je lui ai répondu que oui et il m'a dit que j'avais l'air perturbé. Glorfindel est arrivé à ce moment-là et a fait remarquer à Erestor que j'avais « très probablement compris de quoi il retournait » et que ça « n'était pas trop tôt ». Celeborn a renoncé à comprendre quand il a interrogé Thranduil du regard et que ce dernier a haussé les épaules en signe d'ignorance.
Pour ma part, j'ai très bien compris ce que Glorfindel pensait que j'avais compris. Il s'imagine que je suis amoureux de Celebrían.
Euh… Je n'aurais pas dû écrire ça, moi. Si Thranduil tombe là-dessus, je suis un semi-elfe mort. Ça me fait une raison de plus de cacher mon journal.
Enfin. Je n'étais pas tout à fait d'accord avec Glorfindel, mais pendant le repas, Celebrían n'a eu de cesse que de m'ignorer pour discuter des fleurs et des petits oiseaux avec son cher cousin, j'ai nommé cet horripilant prince de Vertbois-le-Grand. Ça m'a… blessé.
C'est vrai. Ça m'a fait mal. J'ai réussi à donner le change en discutant philosophie avec Erestor et Celeborn, mais au fond, je n'étais vraiment pas bien.
Mais ça n'a peut-être rien à voir avec tout ça. Peut-être que j'étais trop en dehors de mon assiette avec tout ce qui s'était passé dans la bibliothèque, et que c'était juste la goutte d'eau qui a fait déborder le vase… Et… Enfin, elle m'ignorait pour Thranduil. Thranduil ! Le Sinda ! Le décoloré ! Le raciste ! Le narcissique ! L'insupportable sale gosse pourri gâté d'Oropher !
…Thranduil, quoi. Je crois que c'est surtout ça que je n'ai pas réussi à digérer.
Ce n'est pas possible. Je vois Glorfindel, juste en face de moi, il écrit calmement dans son journal sans me prêter la moindre attention, il ne fait pas un bruit, et j'ai pourtant l'impression de l'entendre me parler de déni. Même tranquille et silencieux, il trouve le moyen de m'énerver.
Bref. Tout ça pour dire qu'après le repas, je suis allé voir Glorfindel pour lui dire que, partant du principe qu'il était éventuellement envisageable qu'il soit possible que j'ai peut-être quelques sentiments pour Celebrían, cela n'expliquait pas du tout son comportement à elle, ni ma gifle d'hier, et j'en ai profité pour lui demander à quoi ça pouvait bien nous arranger tous les deux que j'admette une chose pareille.
Glorfindel s'est frappé le front d'un air désespéré. Et il m'a conseillé de continuer à ne rien comprendre. Puis il est allé demander à Erestor la permission de lire son journal.
Il m'a rappelé Double-G quand il essayait de lui inculquer les bases du principe des tables de trigonométrie.
A ma connaissance, il n'a d'ailleurs toujours pas réussi. Les tables de trigonométrie resteront un mystère pour Glorfindel.
Bon. Voilà journal, tu sais tout. Et moi, je ne sais toujours pas quoi penser.
Oh, tu sais quoi ? J'en ai assez de réfléchir là-dessus et de tourner en rond sans jamais rien comprendre. J'abandonne. J'y reviendrais quand je serais susceptible de comprendre quelque chose à cet embrouillamini de première catégorie.
Glorfindel vient de finir sa rédaction. Il a donné son journal à Thranduil et se lamente maintenant parce qu'Erestor a encore refusé de le laisser lire son journal. Et Thranduil vient de lui répondre qu'il s'en « contrefiche de ce que notre lettré y a écrit », et qu'il préfèrerait que ces maudits journaux n'existent même pas. C'est vrai qu'il a toujours du mal à remplir ses pages quotidiennes. Il y passe des heures chaque jour. Hier, il ne savait tellement pas quoi y écrire qu'il fini sa page en y répertoriant tous les noms de pierres précieuses qu'il connaît, dans toutes les langues. Il me l'a montré. Je ne pensais pas qu'il avait autant de vocabulaire.
Pour en revenir à Glorfindel et Thranduil, ils viennent de tomber d'accord sur une chose : le monde serait bien plus beau si les journaux intimes, et plus particulièrement les nôtres, n'existaient pas. D'autant plus que Glorfindel voit sa première vie défiler un peu trop vite à son goût, et qu'il ne sait pas ce qu'il va bien pouvoir écrire une fois qu'il l'aura terminée.
Les blondins viennent de décider que Galadriel et son miroir sont la cause de tous leurs malheurs. Je pourrais presque en dire autant.
D'ailleurs, je vais le dire.
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Journal, j'ai fais une bêtise.
Non, j'ai dit une bêtise. J'ai proposé en plaisantant que Thranduil et Glorfindel rendent le miroir de Galadriel inutilisable, comme ça ils n'auraient plus à remplir leurs pages de journal. Ils m'ont regardé comme si j'étais leur sauveur en me disant que c'est une excellente idée.
Je les connais suffisamment pour savoir qu'ils vont essayer de détruire le miroir de Galadriel. Et je la connais, elle, suffisamment pour savoir qu'ils ne vont pas en sortir indemnes. J'ai presque peur pour eux.
Tiens, j'ai écrit presque deux pages et demi, aujourd'hui. Peut-être qu'en faisant un effort, je pourrais en écrire trois ?
J'essayerai un autre jour. Il se fait tard, je vais me coucher.
Bonne nuit, journal.
Elrond Eärendilion
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Merci à toutes pour vos reviews ! Je ne m'attendais pas à ce que ce petit délire ait un tel succès.
J'espère que la suite ne vous décevra pas et qu'elle continuera à vous plaire !
Bonne fin de semaine, à lundi !
