AXE II – l'amour est fougue -part4-
Toya resta évasif toute la journée au bureau, toute cette histoire le perturbait, entre Miki qui l'ignorait depuis leur retour et le dernier appel qu'il avait reçu. C'en était trop ! Il ne supporterait pas de passer une seule journée de plus dans un tel doute. Le soir venu, il se dirigea alors vers le night-club de Miki, certain de l'y trouver. Une fois entré, il fut accueilli par une hôtesse qui lui offrit son sourire le plus avenant.
- Je cherche Watanabe Miki, dit-il. Je souhaiterais m'entretenir avec lui.
- Veillez attendre ici, je vais voir s'il est disponible.
Toya resta ainsi seul dans le vestibule, à l'écart des autres clients qui entraient pour passer une bonne soirée à quelques mètres de là. Il en profita pour se regarder dans un miroir, détaillant son look dans le moindre petit détail. Il remit une mèche en place et arrangea son col de chemise. Il était tout excité à l'idée de revoir Miki mais aussi très nerveux, n'étant plus tout à fait sûr de la façon dont il allait être reçu. La jeune femme revint quelques minutes après, suivi de près par Miki, tout de blanc vêtu. Sans doute venait-il de sortir de chez le coiffeur car il avait fait un nouveau balayage à ses cheveux qui étincelaient sous la lumière artificielle du sas. Son visage était tout simplement parfait aux yeux de Toya qui retomba directement amoureux de cet homme qui l'avait séduit quelques semaines plus tôt. Il n'aurait jamais cru s'amouracher d'un homme, et pourtant il s'était laissé séduire si facilement. La démarche du rouquin était assurée, cependant il semblait presque aussi nerveux que lui. Dès qu'il posa les yeux sur Toya, Miki s'immobilisa quelques centièmes de secondes, puis il prit un air résolu en s'approchant de lui. Son visiteur ne put s'empêcher de sourire. Il s'avança lui aussi et fit un geste en avant pour l'embrasser. Miki répondit à peine au baiser. Il se retenait presque de le serrer contre lui, mais il ne fit rien au final.
- Que fais-tu là ?
- J'avais besoin de te parler.
- Je n'ai pas trop le temps ce soir.
- Je t'attendrai jusqu'au bout s'il le faut.
- Si tu veux, murmura Miki. Va t'assoir au bar en attendant.
Miki repartit aussitôt sans rien ajouter. Le cœur de Toya se resserra devant une telle froideur. Il aurait eu envie de pleurer. Alors il s'installa au bar en silence, contraint à rester là, attendant que Miki daigne bien s'intéresser à lui. Il commença par commander un cocktail sans alcool. Il semblait totalement perdu dans ses pensées et il resta des heures entières au comptoir. Puis il commença à demander des verres d'alcool pour chasser cette déprime. Il ne vint toujours pas. La tête posée sur sa main, il continuait d'attendre. Il ne sentit pas quelqu'un s'approcher de lui. C'était un jeune homme, plutôt beau garçon, qui avait l'air totalement confiant. Il était apparemment un habitué de la boîte. Il entama la conversation avec Toya qui l'ignorait totalement. D'après les murmures qui s'échappaient autour d'eux, il s'appelait Akihito et il avait un grand succès auprès des femmes mais surtout auprès des hommes. Il était fier de ses techniques de séduction. Voyant que Toya ne tombait pas dans le piège, il lui prit le visage entre les doigts et le força à le regarder. Il ne manquait pas de toupet, il semblait sortir du lycée.
- Ton attitude me donne encore plus envie de te séduire.
- Tu perds ton temps. Les hommes ne m'intéressent pas.
- Ah non ? Je t'ai vu pourtant embrasser ostensiblement Miki-sama tout à l'heure, répliqua Akihito, un petit sourire narquois au coin des lèvres. Mon petit Toya.
- Alors tu dois comprendre pourquoi tu ne m'intéresses pas, sale gosse, coupa le jeune homme en le rejetant en lui frappant le bras. Tu n'arrives pas à sa cheville.
- Et pourquoi es-tu si seul ? Tu t'ennuies de lui quand il ne te tient pas la main ?
- Occupe-toi de tes affaires.
- Oh je sais très bien ce qu'il vaut, Miki-sama. Quand on a couché une fois avec lui, on voudrait recommencer immédiatement.
Le cœur de Toya s'arrêta quelques secondes.
- Tu m'as l'air bien amoureux. Mais tu as l'air d'oublier une chose. Miki-sama ne s'attache pas. Même si tu es très mignon. D'ailleurs il doit voir en ce moment même que je suis près de toi, et il me connaît.
- Il n'est pas du genre jaloux.
- Bien sûr que non. Mais qu'il ne fasse rien alors que toi, qui te considère comme son compagnon officiel, se fait draguer, c'est qu'il m'autorise presque à coucher avec toi.
Toya se leva brusquement, furieux.
- Tu n'es qu'un connard.
- Et toi une écolière bien naïve.
Il s'éloigna sans rien répondre. Akihito ne le lâcha pas des yeux. Il hocha la tête négativement avant de commander un autre verre.
- Tu as été méchant, Aki-chan, dit la serveuse avec un sourire.
- Je sais.
- Si tu as tellement envie d'être avec Miki-sama, pourquoi ne le lui dis-tu pas ?
- C'est trop tard. Ce n'était qu'un jeu pour lui comme pour moi, et ça a duré le temps d'une seule nuit. Point barre. Il ne m'aime pas.
- Etait-ce une raison de te moquer de ce garçon ?
- Il ose faire tout ce que je n'ai pas fait. Il exige que Miki-sama l'entende, et il obtiendra sûrement de lui ce qu'il veut, répondit Akihito tristement. Le mec qui mène une vie banale, qui est plutôt bien mignon au quotidien et qui se révèle un doux amant la nuit… il mène une vie bien différente de la mienne.
- C'est sans doute pour ça qu'il plait tant à Miki-sama, ajouta la jeune femme sur un ton affectueux. Tu ne devrais pas boire d'alcool, Aki-chan. Tu n'es pas officiellement majeur.
Akihito enfouit sa tête dans ses bras croisés, étouffant un petit rire. Toya s'était réfugié dans le bureau de Miki. Il n'avait pas eu de mal à trouver son chemin. Au moins, là il était sûr de le voir. Obligatoirement, il passera par son bureau, au moins avant de partir. Toya s'assit sur le sofa, encore bouleversé par ce qu'il venait d'entendre. Il savait que Miki avait eu plein d'aventures d'un soir, mais être confronté à l'une d'entre elles sans avoir été prévenu, ça l'avait bouleversé. Ce garçon… avait-il dit la vérité ? Avait-il bien couché avec Miki ? Miki le considérait-il lui aussi comme une aventure sans lendemain ? Au début, il croyait qu'il était une exception aux yeux de cet homme. Mais maintenant il était en plein doute. Il ne tenait plus. Il devait absolument avoir une conversion avec lui.
L'aiguille de l'horloge ne cessait de tourner et rien ne se passait. Le doute qui s'était installé en lui s'intensifia. Toya se sentait ridicule et totalement idiot.
Les heures passèrent et Miki entra dans son bureau. Il avait été nerveux toute la soirée, et voir Akihito s'approcher de Toya n'avait rien arrangé. Mais il était parti aussi sec finalement. Il alluma alors la lumière et sursauta. Toya était là, allongé sur le sofa, profondément endormi. Rien ne semblait pouvoir le réveiller. Avec la plus grande discrétion possible, Miki éteignit le lustre et s'approcha de Toya. Il lui caressa affectueusement les cheveux avant de l'envelopper d'une couverture. Sans faire de bruit, il repartit non sans jeter un dernier regard sur l'endormi.
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Toya se réveilla. Il comprit immédiatement via la couverture que quelqu'un était entré. Miki ne l'avait pas réveillé. Il savait qu'il voulait parler mais il ne l'avait pas réveillé. Il se sentit profondément blessé. Il regarda l'horloge. Il était six heures du matin. Instinctivement il vérifia son téléphone. On lui avait laissé une dizaine de message. Aussitôt il sortit de l'immeuble et prit un taxi. Une fois arrivé à destination, il se précipita dans les escaliers d'un immeuble plutôt chic et frappa violemment à une porte.
- Miki ! Je sais que tu es là. Réponds-moi !
Rien, pas un bruit.
- Je ne sais pas ce qu'il se passe depuis que nous sommes rentrés. Je ne comprends pas. Explique-moi.
Toya posa son front contre la porte. Il commença à craquer. Miki était de l'autre côté, résolu à garder son silence.
- J'ai besoin de toi, aujourd'hui plus que jamais. Tu n'as pas le droit de jouer avec moi, de commencer à me séduire puis de m'ignorer ostensiblement.
Il pleurait. Miki l'entendait très bien. Bien qu'il avait la gorge nouée lui aussi, il se retint d'ouvrir la porte.
- Depuis quelques jours, rien ne va plus autour de moi. Je ne peux en parler à personne. Je t'aime Miki !
La peine de Toya se mêla de colère. Il donna un violent coup de poing à la porte.
- Putain Miki, ça te plait à ce point de jouer avec les autres ? Tu peux jouer autant que tu veux avec tous les Akihito de ton club, mais moi, tu n'avais pas le droit de me toucher comme ça ! Je ne suis pas comme toi. Je n'ai pas le même vécu, pas les mêmes expériences ! Je te croyais assez intelligent pour comprendre que je n'avais pas besoin de ça. Mais apparemment je suis aussi con que toi. Je savais comment tu étais et j'ai quand même foncé la tête la première dans ton piège. Tu dois être fier ! Tu me dégoûtes ! Je te hais !
Il laissa échapper un sanglot. Il tomba à genoux sur le sol, effondré. Il essayait de parler mais n'y arrivait pas. Quand il frappa à nouveau du poing sur la porte, le coup fut faible.
- Ne me laisse pas, parvint-il à dire. Je t'en prie.
Comme il n'eut aucune réponse, il finit au bout de quelques minutes par se relever. Il se sentait abandonné, et il partit aussitôt, les jambes lourdes et la tête douloureuse. Miki de son côté se laissa glisser. La main sur le cœur, il ne cherchait pas à comprendre pourquoi il avait si mal.
Toya rentra chez lui en silence. Les autres étaient déjà levés et se préparaient pour aller travailler. Eiji pâlit en voyant Toya se diriger vers sa chambre d'un pas si dénué de vie. Masao comprit aussitôt que son entrevue avec Miki s'était très mal passée. Eiji se précipita sur lui, inquiet
- Que s'est-il passé ?
Toya ne répondit pas. Ses yeux étaient rouges et gonflés. Il se défit de son ami et s'enferma dans sa chambre pour ne plus en sortir. Chris fronça les sourcils. Masao se leva, furieux, prêt à sortir.
- Quel connard, murmura Eiji en frappant le mur de son poing.
- Il est allé beaucoup trop loin, dit Masao en ouvrant la porte.
Son amant le prit par le bras.
- Laisse-moi lui parler, dit Chris. Tu m'as promis de me laisser faire si ça tournait mal.
- Mais…
- Je connais Miki. Je sais ce qui lui passe par la tête. Il me suffit de lui parler, quitte à lui balancer un sceau d'eau froide sur la tête.
Finalement Masao accepta de laisser faire Chris qui partit quelques heures après, ayant demandé un jour de congé à sa patronne. Les deux autres partirent travailler non sans s'inquiéter de l'état de Toya. Celui-ci était dans le noir complet, étendu de tout son long sur son lit.
Arrivé jusqu'à l'appartement de Miki, Chris ne prit pas la peine de frapper. Il prit sa propre clef et ouvrit la porte. Il se dirigea jusqu'à la chambre de son cher frère et ouvrit brusquement les volets, laissant entrer le soleil matinal. Miki remonta la couverture qui aussitôt s'envola. Il grogna.
- Allez ! Petit-déjeuner !
- Purée, Chris, je t'adore, mais tu sais que je travaille de nuit. C'est trop tôt pour que je me lève ! s'exclama Miki en se cachant la tête sous l'oreiller.
- Je ne veux pas savoir. J'ai deux mots à te dire !
Se doutant bien de quoi il voulait parler, Miki fut contraint à se lever, pas habitué à un Chris aussi strict. Il prépara le petit-déjeuner en silence. Il sentait le regard de Chris posé sur lui et cela le mettait mal à l'aise. Quand enfin il s'assit face à lui devant une grande tasse de café, son invité forcé prit enfin la parole.
- Peux-tu m'expliquer ce qu'il t'arrive ?
- De quoi tu parles ?
- La manière dont tu traites une certaine personne.
- Je ne vois pas.
- Je sais que tu as peur, continua Chris, calmement.
- Peur ?
- Tu n'as jamais eu de relation stable.
- Tu es mal placé pour me juger, toi qui es prêt à te foutre en l'air pour un seul mec.
Chris ne répondit pas. Miki comprit qu'il l'avait blessé alors qu'il venait l'aider.
- Je sais que tu n'es pas avec Toya comme tu es avec d'autres. Je t'ai vu t'épanouir auprès de lui pendant des jours entiers. Si tu avais voulu jouer avec lui, tu n'aurais pas tenté pendant des semaines de le séduire. Tu aurais abandonné pour trouver une autre proie.
Miki baissa les yeux.
- Et tu as peur. Peur d'aimer. Je le sais, n'est-ce pas ce que tu m'as dit ? continua Chris.
- Je ne pense pas pouvoir répondre à ses attentes.
- Que veux-tu dire ?
- Tu me vois, installé avec un mec ? Avec mon travail et le sien, nous n'avons pas les mêmes horaires, nous ne nous verrons pas. Il m'attendrait le matin « okairi » et moi « tadaima », il me dirait « iterashai » quand je pars…
- Tu délires un peu là. On n'est pas dans un manga.
- C'est bien une idylle pendant les vacances. Ce n'est pas le quotidien, on ne voit pas les défauts des autres. Et quand il me regarde, j'ai l'impression d'être le mec parfait.
- Il est juste amoureux de toi. Il te rend meilleur.
- C'est vraiment effrayant quand quelqu'un te dit « je t'aime », ajouta Miki.
Une larme coula sur sa joue. Il tremblait de tout son corps. Ils se retrouvèrent dans le salon, sur le canapé. Chris le serrait tendrement contre lui.
- Si je m'attache, je risque de le perdre un jour. Et je ne sais pas comment je pourrai le supporter.
- Dis-moi sincèrement ce que tu ressens pour lui.
Miki resta muet quelques minutes, le cœur serré.
- Je crois que je l'aime.
- Tu crois ?
- Non, c'est une certitude. J'aime Toya. Mais je ne me vois pas avec lui jusqu'à la fin de ma vie.
- Et pourquoi pas ? Si tu ne tentes pas à vivre avec lui, tu ne sauras jamais. Tu ne peux pas continuer à agir ainsi. Tu fais du mal à Toya et tu te fais du mal à toi aussi. Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce que tu veux faire avec lui ?
- Je veux être avec lui, mais…
- Il n'y a pas de mais. Tu veux vraiment le perdre ?
Miki se remit à trembler. Chris osa lui donner une gifle.
- Parce que tu es en train de le perdre. Et il faut que tu fasses quelque chose très vite. Réveille-toi !
Chris finit par passer toute sa matinée chez Miki. Celui-ci se reposa un peu en début d'après-midi, cogitant sur ce qu'il allait faire. Eiji et Masao rentrèrent tôt, trop inquiets au sujet de Toya. Celui-ci n'avait pas quitté sa chambre. Son téléphone n'avait cessé de sonner et cela le fatiguait. Il ne prenait plus la peine de répondre au risque d'être encore blessé. Il se sentait tellement con d'avoir cédé à Miki. Il ne sortit pas pour le dîner, et les autres devinèrent très bien qu'il n'avait rien mangé de la journée. Masao et Chris discutaient dans le salon tandis qu'Eiji préparaient le thé.
- Comment ça va se passer pour la suite ? demanda Masao.
- Cela ne dépend que de Miki.
- Un bon poing dans sa gueule, c'est tout ce qu'il aura, répliqua Eiji.
- Il essaie juste de remettre ses idées en place, dit Chris.
Au même moment, on frappa à la porte. Eiji alla ouvrir après avoir posé les tasses sur la table du salon. Il fut surpris de voir Miki en face de lui. Il avait oublié à quel point il était grand, et même s'il faisait la même taille, il se sentait diminué et il ne put s'empêcher de reculer. Miki ne dit rien et entra.
- Comment oses-tu ? s'exclama Eiji.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda Masao.
Chris souriait dans son coin. Il prit la main de Masao avec tendresse. Miki leur jeta un bref regard avant d'entrer dans la chambre de Toya. Masao empêcha Eiji de le suivre.
Miki était dans l'obscurité de la pièce. Il s'avança lentement vers le lit et aperçut Toya, allongé sur le ventre, immobile. Il lui caressa les cheveux, un tendre sourire aux lèvres. Il continua son geste jusqu'à ce que Toya ouvre les yeux. Avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Miki prit la parole :
- Je suis désolé. Je me rends compte à quel point je t'ai fait du mal.
- Explique-moi, dit Toya d'une petite voix en lui prenant la main.
- Tu sais que je n'ai pas pour habitude de m'attacher.
- Qu'est-ce qu'on fait alors ?
Comme réponse, Miki se glissa dans le lit et le serra contre lui.
- Il y a un mot qui me fait très peur, continua-t-il. Le verbe « aimer » est effrayant, n'est-ce pas ?
- C'est pour ça que tu m'ignores ? demanda le jeune homme, surpris.
- C'est une expérience que je n'ai pas. Parce que te perdre me ferais trop mal.
Toya ne répondit pas. Il se blottit un peu plus contre Miki. Son corps était si chaud et agréable. Il commença à pleurer.
- C'est pourquoi je suis désolé de t'avoir blessé. Ce n'est pas ce que je voulais.
- Et qu'est-ce que tu voulais ?
Miki haussa les épaules avant de l'embrasser timidement. Toya ne put s'empêcher de rire.
- Quoi ?
- Tu te compliques bien la vie. Tu aurais dû en discuter avec moi plus tôt.
- Je ne suis pas doué, tu devrais le savoir, non ? répondit Miki en lui rendant son sourire.
- Et maintenant ?
- Je te promets de ne plus me montrer égoïste ni de me conduire comme un parfait crétin.
- Tu as intérêt. J'ai vraiment cru que tu t'étais moqué de moi.
- Je ne suis pas con à ce point-là. Seulement, parfois j'agis et je me fais peur moi-même. Je ne me croyais pas capable d'avoir une relation stable aussi tôt. Et puis toi et moi ce n'était pas évident au premier coup d'œil.
- C'est sûr.
- Mais je crois que mon attitude seule n'a pas pu te désespérer à ce point.
Toya ne répondit pas. Il se contenta de soupirer.
- Dis-moi ce qu'il se passe, continua Miki.
- J'ai un petit souci personnel, mais ne t'inquiète pas, si tu es là, ça ne peut que s'arranger.
- Un souci personnel ? Et tu ne veux pas m'en parler ? s'étonna le rouquin.
- Plus tard. Je veux être tranquille avec toi.
- Je t'aime, Toya-chan, dit enfin Miki en lui embrassant le front.
Ils continuèrent à discuter presque toute la nuit. Chris et Masao ne dormirent pas non plus. Ils avaient instantanément compris qu'il n'y avait plus d'inquiétude à se faire au sujet de Miki et Toya. Chris se tenait contre son compagnon qui lui caressait les cheveux. Il commença à lui embrasser les doigts avec envie. Chris rougit. Il ferma les yeux et se laissa faire. Sa tête bascula en arrière. Aussitôt Masao l'allongea sur le lit et lui embrassa le torse. Il aimait quand Chris crispait ses doigts dans ses cheveux, soupirant de bien-être. Il remonta pour retrouver ses lèvres. Le baiser fut langoureux et sensuel. Chris fit glisser ses mains sur le torse de Masao avant de le pousser pour qu'il se couche. Surpris, il se laissa faire. Son amant commença à faire parcourir sa langue sur son ventre, descendant doucement. Il s'agrippa aux draps quand Chris entreprit de s'occuper de son intimité. Il rougissait tout en s'appliquant. Masao ne put s'empêcher de penser à quel point il était mignon. C'est alors que Chris se redressa et s'offrit à son amant. Il fit glisser ses doigts entre ceux de Masao et il commença à remuer le bassin. La chambre n'était éclairée que par les rayons de la lune qui entraient par la fenêtre et qui illuminaient le corps de nacre de Chris. Plus que jamais, Masao voyait un ange près de lui. Un ange qu'il voudrait protéger à tout jamais.
Dans la chambre d'à côté, Toya et Miki s'étaient enfin tus. Toya soupira de bien-être. Il était confortablement allongé contre Miki. Il aimait son odeur, sa chaleur. Puis, au bout de quelques minutes de béatitude silencieuse, Toya s'empara des lèvres de Miki qui lui répondit aussitôt avec ardeur. Le décoloré l'allongea avec douceur sur l'oreiller sans se délier de ses lèvres et il commença à lui déboutonner la chemise. Sa main glissait sur son torse et Toya frémit alors. Miki lui déposa un timide baiser sur la joue, puis lui embrassa la gorge avec envie, et il descendit encore un peu jusqu'à passer sa langue sur un de ses deux boutons de chair.
Le pantalon de Toya s'envola à travers la chambre, suivi de près par son caleçon blanc. La main de Miki continua son parcours sur les cuisses puis il lui caressa à l'intérieur. Toya se cambra légèrement. Ces doigts si habiles jouaient avec son corps comme personne ne pouvait le faire, puis ils s'introduisirent en lui. Miki ne cessait de l'embrasser avidement sur toutes les parties de son corps jusqu'à ce qu'il prit la décision de remplacer ses doigts par quelque chose de plus gros. Toya se mit à trembler et il s'agrippa aux bras de Miki. La nuit n'était pas encore finie.
Au matin, Toya était déjà éveillé et il ne détachait pas ses yeux du visage endormi de Miki. Il était si beau, le visage fin, un peu mâte, des lèvres douces et moelleuses. Il aimait tout particulièrement ses mains. Elles étaient longues et fines, fermes et tendres à la fois. Les sentir effleurer son corps lui faisait littéralement perdre la tête. C'était trop tard. Il était tombé éperdument amoureux de cet homme. Il était hors de question de le laisser partir.
- Toya-chan… murmura Miki dans son sommeil, un petit sourire au coin des lèvres. Aishiteru.
Toya devint aussitôt rouge comme une pivoine. Ces mots-là, sortant de sa bouche à lui, c'était le plus beau cadeau que la vie lui ait donné. Il lui répondit en lui embrassant la main. Il se réveilla quelques minutes après, le sourire jusqu'aux oreilles.
- Bonjour beau mec, dit-il.
- Salut Miki.
- J'aime ta voix, avoua-t-il aussitôt, sans prévenir.
Le jeune avocat enfouit sa tête dans l'oreiller. Son cœur battait la chamade.
- Qu'est-ce que j'ai dit ? s'étonna Miki, l'air innocent.
Quand enfin ils se levèrent pour aller dans la cuisine, le petit-déjeuner était déjà prêt et la table était totalement garnie. Chris était encore en train de préparer des bricoles, chantonnant joyeusement, tandis que Masao finissait de laver des casseroles. Joyeusement, Miki ébouriffa les boucles de son petit-frère avec amour en déposant un baiser sur sa joue. Toya, pas jaloux pour un sou, s'assit à sa place, l'air affamé. Ils n'avaient pas besoin de se parler pour se dire qu'ils vivaient intégralement dans le bonheur.
- Wouah ! Trop beau tout ça ! Je peux ? s'exclama Eiji, interrompant la symbiose matinale.
Il prit une pincée de ce que Chris avait préparé et l'engloutit aussitôt.
- Oishi !
Il s'assit à côté de Toya qui le regardait les yeux ronds. Tous les regards étaient posés sur lui.
- Ben quoi ? fit-il.
- Espèce de gorille ! s'écria son voisin de table en lui donnant en gros coup sur la tête.
- Mais…
- Aucune sensibilité, se désola Masao en soupirant tristement.
- Qu'est-ce que vous avez de bon matin ? râla Eiji.
- On a toi, voilà le problème, répliqua Toya.
- Ouais… bon… encore là toi ?
Eiji s'était tourné vers Miki.
- Comme tu vois.
- J'espère que t'en as fini avec tes conneries, sinon je t'explose.
- Bonjour Eiji, comment vas-tu ? Moi ça va très bien merci. J'ai pris soin de Toya toute la nuit. Et toi t'as fait quoi ?
Eiji pâlit et croisa les bras. Les trois autres se mirent à rire joyeusement et il rit avec eux.
- C'est assurément une belle journée, conclut-il avant d'ébouriffer les cheveux de Toya affectueusement.
Sans se soucier de se plaindre, Toya posa sur son meilleur ami un regard reconnaissant. Eiji était quelqu'un de très intelligent qui considérait ses amis comme sa propre famille et qui ne supportait pas qu'ils souffrent. C'est pour cela, même s'il avait eu tort, qu'il s'en était pris à Chris. C'est pour cela qu'il avait menacé Miki. Quand on touchait à ceux qu'il aimait, il agissait sans réfléchir une seconde et cela lui causait souvent du tort. Masao se souvint qu'au lycée, il se battait souvent contre ceux qui s'en prenaient à sa sœur d'un an sa cadette.
Après s'être régalés, Miki et Toya se rendirent à la douche ensemble. Ils prirent du plaisir à se défeuiller l'un et l'autre et à se caresser avec tendresse. Leurs corps semblaient ne faire qu'un sous le ruissellement de l'eau revigorante, et à ce moment-là, ils s'aimaient plus que jamais. Leurs passés distincts s'effaçaient peu à peu : ils ne voyaient que leur avenir ensemble. Miki lui proposa de venir s'installer dans son appartement bien trop grand pour une seule personne. Toya répondit d'un sourire. Il le désirait ardemment. Tandis que Miki le plaquait contre le mur carrelé de la douche, il releva une jambe et lui enserra la taille. Il était entièrement immobilisé entre le mur et son amant qui multipliait ses ardeurs. Le bruit de l'eau qui coulait abondamment couvrait leurs cris et leurs gémissements aux oreilles extérieures. Quelques instants après, ils flemmardaient au salon, amoureusement, discutant comme s'ils étaient seuls au monde.
- Quand on arrivera chez moi, qui sera bientôt chez nous, on le fera dans les moindres recoins de l'appartement.
- Je croyais qu'il était grand ?
- Cela annonce des journées bien prometteuses, répondit Miki dans un sourire carnassier.
Toya lui embrassa le cou, une nouvelle fois entièrement conquis par cet homme.
- Sinon, continua Miki. Tu avais quelque chose à me dire, il me semble.
- Où veux-tu en venir ? demanda Toya.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive depuis quelques jours ? Je t'ai senti paniqué et plus nerveux que tu n'aurais dû l'être la fois où tu es venu me voir à mon club.
- L'envie de te voir, sans doute.
- Non. Je sais qu'il y a autre chose.
Miki semblait résolu à en découdre avec cette affaire alors que Toya se sentait tellement bien en cet instant qu'il ne voulait pas remettre cette histoire au goût du jour tant qu'il pouvait profiter de son amant. Mais celui-ci lui fit clairement comprendre qu'une fois cette affaire réglée, il pourrait profiter entièrement de lui sans se soucier d'une éventuelle mauvaise nouvelle.
- Tu te souviens de mon ex qui m'a plaqué il y a trois mois ?
- Vaguement, tu l'as juste évoqué une fois.
- C'est la fille du patron du cabinet d'avocat où je travaille. Elle m'a quitté un matin, sans un mot. Je n'ai pas eu de nouvelles d'elle, j'ai juste entendu dire qu'elle s'était enfuie avec un motard pas très fréquentable qui venait de sortir de prison.
- Charmante.
- C'est le cas de le dire.
- Depuis quelques jours, elle s'est mise à me harceler au téléphone. Il l'a mise enceinte et elle voudrait que je reconnaisse l'enfant. Elle a peur d'être reniée par son père et ce serait plus acceptable que ce soit moi le père plutôt que son nouveau copain.
- En gros elle veut que tu sois son pigeon.
- Elle m'annonce qu'elle est prête à user de toute son influence sur son père pour me mettre la pression par rapport à mon travail. Ça a commencé avec un entretien avec le père dont l'issue est de savoir s'il me garde ou pas. Depuis quelques jours, je reçois des remontrances alors que je n'ai pas changé d'attitude dans mon travail. Elle se pointe plusieurs fois par jour pour me déstabiliser.
Miki resta muet tandis que Toya continua d'expliquer le flot de problèmes qui lui tombait dessus. Cette femme, du nom de Kyoko, était jusqu'à aller voir la mère de Toya pour une demande en mariage. Et la mère, ne se doutant de rien, avait aussitôt accepté la proposition.
- Et tu ne peux pas expliquer la situation à ton chef si tu n'arrives pas à la raisonner ?
- Accorderais-tu ta confiance à ta fille ou à ton employé ? soupira Toya.
- C'est pas faux. Mais si elle était est partie, son père a dû mal le prendre non ?
- Pas plus que ça.
- Sacré loustic celui-là aussi.
- Je ne sais plus quoi faire. Elle a toujours eu une énorme influence sur son père.
- Mais un homme instruit comme il doit l'être ne devrait pas être autant soumis à son enfant, marmonna Miki, songeur.
- Je l'aimais, murmura Toya d'une petite voix. J'étais profondément attaché à elle. Elle avait un tout autre visage. Quand elle est partie, je n'avais plus goût à rien. Si Eiji et Masao n'avaient pas été là, je ne sais pas où je serais en ce moment.
On frappa à la porte. Cela devint presque une manie de la part d'Eiji de toujours aller ouvrir sans laisser aux autres le temps de réagir. Une jeune femme aux vêtements très près du corps et aux longs cheveux noirs entra dans l'appartement sans attendre l'invitation. Elle n'ôta pas ses énormes lunettes de soleil et se dirigea vers le salon comme si c'était chez elle. Toya roula des yeux.
- Quand on parle du loup… commença-t-il.
- On en voit la queue, finit-elle.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Régler notre affaire, Toya.
- Mais ma grande, t'es pas invitée à ce que je sache ! coupa Eiji.
- Deux secondes, coupa le jeune homme en s'approchant d'elle, pas intimidé du tout. Imagine qu'on se marie et que tu mets au monde cet enfant. Que feras-tu ?
- Je serai ta femme.
- Ben voyons. Tu continueras surtout à courir après ton jules et tu profiteras nettement de ma situation. Je ne veux pas d'un ménage à trois.
- Tu sais que mon père…
- Soit elle est naïve, soit elle est vraiment très conne, coupa aussitôt Miki.
- Mi… fit Toya, surpris de cette intervention.
- Laisse-moi faire, je vais m'en occuper rapidement. C'est dingue comme t'es doué quand il s'agit des autres, mais quand il s'agit de toi, tu laisses couler.
Kyoko parut interloquée devant cet inconnu qui parlait si familièrement.
- Désolé ma belle, mais Toya ne sera pas ton pigeon, ni ta roue de secours. Quand on jette un mouchoir usagé, on ne le reprend pas.
- Qui tu es pour me parler comme ça ?
- Et puis tu as passé l'âge d'implorer papa dans tes petites magouilles. Sois grande et assume le père de ton enfant quitte à te fâcher avec le tien.
- Tu…
- Tu ne toucheras pas à Toya, ni à sa situation. Tu n'existes plus pour lui. C'est fini. Les salopes, il leur a dit sayonara tu comprends ? SA-YO-NA-RA !
Il s'approcha d'elle lentement, la dominant totalement de sa taille. Son regard était perçant. C'était comme s'il la passait aux rayons X.
- Maintenant tu prends tes clics et tes clacs et tu te casses. Je me charge de régler le cas du mariage. Touche encore à Toya et je m'en vais le voir ton père. Tu verras comment je saurai me montrer persuasif. Ton jeu a assez duré, tu as un gosse à t'occuper, commence à te conduire comme une mère responsable. Assume tes conneries, Toya ne le fera pas pour toi.
- Des fois il me fait peur, murmura Masao à l'oreille de Chris.
- C'est ça casse-toi, intervint Eiji, impatient.
- Toya est beaucoup trop gentil, il n'était pas capable de te sortir tout ça. Mais tu sais, y en a qui vont en prison pour moins que ça ma belle.
Elle pâlit. Son visage devint encore plus blanc quand Miki prit Toya par la taille et l'embrassa passionnément, lui léchant d'abord les lèvres avant d'y introduire sa langue, ostensiblement provocateur. Elle vit Toya y prendre un certain plaisir en répondant amoureusement au grand rouquin. Quand le jeu fut fini, Miki l'acheva.
- Non seulement tu ne l'intéresses plus mais tu n'as aucune chance désormais. De toute façon je suis plus doué au lit que toi. Il préfère quand je le pénètre avec amour plutôt que sentir tes gros seins suants sur sa poitrine. Faut t'y faire.
Elle semblait totalement paralysée comme si une image effrayante se dessinait dans son imagination. En cinq minutes, Miki réussit à obtenir d'elle ce que Toya n'avait pas pu en quelques jours. Des paroles crues du rouquin, les autres étaient totalement abasourdis. Surtout Toya qui était rouge comme une pivoine mais qui semblait acquiescer. Elle s'enfuit aussitôt de l'appartement sous le regard triomphal de Miki qui se lécha les lèvres. Toya appela aussitôt sa mère pour discuter de ce mariage bidon. Tout fut arrangé. Eiji était resté dans son coin songeur.
- Je dois avouer que tu m'épates, dit-il à Miki.
- Je sais. Ça te les coupe, hein ?
- Carrément.
- Je sais parler aux profiteuses.
Toya restait dans son coin, soulagé. Plus tard, Miki l'emmena loin du quartier sans prévenir les autres. Ils se promenèrent main dans la main dans les rues de Tokyo. Toya semblait nager dans le bonheur. Le regard des autres n'existait donc pas pour lui. Arrivés au parc, il se jeta dans les bras de son compagnon.
- Tu sais que je t'aime, toi ?
- Je l'ai su bien avant que tu ne me le dises, répondit Miki en lui caressant la joue.
- Et je t'aime de plus en plus chaque jour.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre et il l'embrassa amoureusement. Miki le prit par la taille et le souleva de terre. Ils continuèrent leur ballade jusqu'à ce que le téléphone de Toya se mette à sonner. C'était Eiji au bout du fil qui réprimanda pendant dix minutes les deux hommes qui étaient morts de rire.
Les cartons étaient prêts. Ils furent chargés dans une camionnette garée dans un coin de la rue. Eiji et Toya supervisaient les opérations avec Chris tandis que Masao et Miki installaient les nouveaux meubles dans l'appartement du couple établi. Quand enfin tout était prêt, Toya leur fit un repas spécial dans la cuisine neuve de Chris et Masao. De son côté, il avait déjà emménagé chez Miki au plus grand désespoir d'Eiji qui pourtant avait déjà réussi à trouver un petit studio à côté de son lieu de travail, plus en raccord avec son seul budget. Plus de loyer divisé en trois, il devait voir moins grand. Masao, Toya et Eiji dirent alors adieu à leur vie commune pour commencer de nouvelles aventures. Leur amitié n'en sortit que grandie malgré la séparation. Eux-mêmes avaient changé intérieurement et ce n'était pas une mauvaise chose. Une semaine après, Chris et Masao avaient organisé une pendaison de la crémaillère avec toute la famille. Ce fut un véritable moment de bonheur pour Chris que de retrouver ses parents qui l'embrassèrent chaleureusement. C'était un vrai repas familial. Mamoru Ikeda s'entendait même parfaitement avec Shinji Taori, lui apprenant à accepter que son fils n'entre pas dans la norme comme il l'aurait voulu. Chris vers la fin de la soirée se mit à pleurer. Tant de bonheur, il n'avait jamais pensé que cela lui arriverait. Touchée, Asuka l'enlaça tendrement avant d'invectiver Masao.
- Alors, vous l'avez fait dans chaque pièce déjà ou pas ?
- Asuka ! s'exclama Hanako, lançant un regard fâché à sa fille.
- Ben quoi ?
Chris eut un petit rire gêné et il rougit.
- Pas encore, répondit Masao le plus naturellement du monde. On garde la salle de bain pour la fin.
- Ça veut dire que dans la salle à manger, c'est déjà fait ? coupa Miki, faussement naïf.
Il y eut un long silence. L'image de Chris et de Masao allongés sur la table ne faisant qu'un seul corps passa furtivement dans l'imagination de chacun et on vit Shinji Taori blêmir. Il voulait mieux connaître son fils, mais pas dans ce sens-là. Chris changea immédiatement de conversation en évoquant leur séjour en France. Sa plus grande victoire fut le regard intéressé de son père quand il raconta leur randonnée dans les volcans éteints. Avant de partir, Shinji le serra dans ses bras.
- Un jour, j'aurai le courage de te demander pardon pour ma cruauté, mais sache que je ne te déteste pas, et je suis heureux de voir que tu es devenu un homme bien.
Que répondre à cela ? Chris en était profondément ému et il remercia ses parents d'être venus. Mamoru partit à son tour et ils restèrent entre amis quelques temps.
- Je voulais vous dire que dans un mois mon club organise une soirée déguisée. Alors je vous invite tous, déclara Miki dans un fauteuil, Toya sur ses genoux.
- Bonne idée, dit Masao, déjà inspiré par une idée de costume.
- Vous pouvez encore y réfléchir. Mais demain soir, allons-y simplement pour faire la fête.
- Moi j'dis pas non, répondit Eiji. J'aime beaucoup quand on sort tous ensemble.
La question était ainsi réglée. Tout le monde rentra chez soi après avoir passé une excellente soirée. Enfin seul, Chris se coucha sur le canapé, un peu fatigué. Il ferma les yeux et sentit Masao s'allonger sur lui avec envie.
- Nous voilà chez nous, lui susurra-t-il à l'oreille.
- Oui, chez nous.
Masao remonta le tee-shirt de Chris et lui embrassa le torse. Il commença à le caresser langoureusement. Oui, ils allaient bien profiter de leur intimité tous les deux. Masao passa sa langue sur un téton de son amant tout en lui enlevant son pantalon. Il fit glisser sa main sur l'entrejambe et, lentement, il introduisit deux doigts en Chris qui se cambra légèrement. Ils s'unirent cette nuit comme les autres nuits qui précédèrent comme tous les nuits qui suivraient, parce que leur amour était une flamme éternelle.
fin du deuxième axe :) nous allons débuter un troisième, donc nouveau couple aussi. A vous de deviner de qui il s'agit! Le troisième axe est toujours en cours d'écriture, donc si les deux premières parties arriveront vite, la suite sera plus longue.
