Une Rose désemparée, un Ron frustré et condamné...
A vous la suite...
Chapitre 7 : Des questions sans réponses…
- Allez, on rentre à la maison !
Rose ne comprenait rien… Vraiment rien… Elle se retrouvait complètement perdue. Sans lui demander son avis, son père la prit dans ses bras. Il la serra contre lui, et récupéra d'une main ses affaires personnelles. Pour Rose tout cela était bizarre. Son étreinte était tendre, comme s'il s'agissait d'une embrassade… Ses gestes étaient doux, il ne fit aucun geste brusque ou saccadé. Pourtant, son père ne l'avait jamais prise dans ses bras de cette manière, et son comportement n'avait jamais été d'une gentillesse pareille. Rose n'avait certes aucun souvenir de son enfance, mais il ne lui en avait jamais parlé non plus, et cette étreinte lui parut mystique, presque magique. La complicité que Rose avait toujours rêvée d'avoir pendant sa jeunesse avec son père lui était enfin donnée. Son embrassade était ferme, elle s'y sentait en sécurité et se laissa aller quelques secondes, profitant de ce court moment de tendresse. Mais en humant l'extérieur de sa bulle, elle ne put s'empêcher de relever la tête.
Elle ne voyait rien, certes… mais même sans vue, elle put sentir que son père n'était pas dans son état normal… Son paternel ne s'était jamais énervé de la sorte. Mais malgré tout, à travers sa voix féroce et furieuse, elle l'avait toujours reconnu. Son attitude avait changé, lui d'habitude si pacifiste, mais il y avait eu autre chose en lui qui était resté identique. Mais une fois encore, Rose ne savait dire quoi.
Pourtant, en cet instant précis, cloitrée dans ses bras, plus rien de ce qu'elle ne connaissait n'était encore présent. Et ce sentiment lui fit peur. Elle avait reconnu sa voix, elle en était certaine, c'était la sienne et celle de personne d'autre. Mais elle se sentait étrangère à cet homme. Elle aimait ce nouvel aspect de lui, ce nouvel aspect de sa personnalité, mais il lui était totalement inconnu. Et elle en était presque effrayée…
Son père était la personne qu'elle connaissait le plus au monde. Depuis cinq ans, elle ne voyait sa mère que très rarement, et par conséquent, elle n'avait pas eu cette complicité mère-fille que toute ado rêve d'avoir… Elle avait toujours imaginé Ron Weasley comme un père aimant, mais sans plus. Pas de câlins à toutes les sauces (elle ne s'en était jamais plainte…), il ne s'immisçait pas dans ses affaires, et au fil des années, il avait naturellement pris de la distance avec l'ado qu'elle était. Mais elle aimait mon père, et il le savait.
Mais là, c'était autre chose. Quelque chose de meilleur, quelque chose de plus… fusionnel. Elle avait beau savoir qu'elle était dans les bras de l'homme qui l'avait élevé, Rose n'arrêtait pas de se poser des questions. Et elle ne pus s'empêcher de les lui poser :
- Papa ?
- T'inquiète pas ma puce, on rentre…
Cette voix était douce. Elle était sucrée et le seul fait de l'entendre l'apaisait.
Elle l'entendit pousser une chaise, puis ouvrir une porte avant qu'il ne se mette à marcher à grand pas. Derrière eux, des voix s'élevaient, continuant d'interpeler son père. Inquiète, elle leva son visage au niveau du siens, de manière à ce que lui, puisse la voir.
- Papa… répéta-t-elle. Pourquoi m'emmènes-tu ?
- Je te l'ai déjà dis, on rentre.
- Mais pourquoi ?
Sans s'en rendre compte, elle avait pris une voix aussi mielleuse que celle de son paternel. Son père n'ayant pas répondue à la question, Rose s'obstina :
- Je ne comprends pas… Pourquoi ne veux-tu pas que je reste à l'hôpital ? Ils me prodigueraient des soins beaucoup plus surs et efficaces que ce qui m'attend à la maison… En plus, ils étaient sur le point de me faire passer une radio… J'ai la main en bouillie papa… Pourquoi ? implorait la jeune femme.
- Ne pose pas de question chérie… Je n'aime pas les hôpitaux, et nous avons quelqu'un qui te remettra sur pied beaucoup plus vite que ces charlatans de médecins… J'ai encore moins confiance en eux qu'en un hyppogriphe.
- Un quoi ? s'étonna-t-elle soudain.
Brusquement son père se figea. Rose essayait désespérément de comprendre. Mais aucune hypothèse plausible ne lui venait à l'esprit. Inquiète, elle tenta de comprendre ce qu'il se passait pour que mon père se plante au milieu d'un couloir.
- Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta la rouquine…
Silence…
- Papa ?
- Rien du tout… On est reparti… Tu ne comprendrais pas.
- Mais explique moi alors ! le supplia-t-elle de plus belle.
Pour la deuxième fois, son père s'immobilisa et un frisson le parcouru. Comme si la question avait réveillé en lui quelque chose d'enfouit au plus profond de son âme…
- Arrête avec tes questions ! maugréa-t-il… Et ne me demande plus jamais de t'expliquer quelque chose sur ce ton…
Rose ne comprenait en rien sa réaction… Sa voix n'avait pas été aussi dur qu'avec les chirurgiens, mais elle comprit immédiatement qu'elle avait intérêt à obéir. Malgré tout, sa curiosité était trop importante pour qu'elle le laisse continuer sans explications.
- Très bien, je ne poserais plus cette question. Mais tu as intérêt à me fournir une justification à la hauteur de mes espérances ! lui répondit-elle sur un ton sec, abandonnant cette tonalité trop douçâtre à son gout…
- On dirait ta mère, voilà ce qui ne va pas ! rugit-il tout en se mettant à courir.
- Maman ?
Quelle rapport cette question a-t-elle avec ma mère d'abord ? Si on a même plus le droit de parler comme on le souhaite !
Rose état plus décidée que jamais à en reparler, mais visiblement son père avait autre chose en tête. Il se mit à courir tellement vite – dans la mesure où il transportait quarante-huit kilos dans les bras – qu'il franchit la porte d'entrée à toute allure, et les deux faillirent tomber à la renverse. L'impression avait été des plus étranges. Yeux bandés, Rose avait senti qu'ils chutaient avant même que les genoux de son père ne fléchissent. Bizarrement, elle eut pour réflexe de bouger son poignet droit. Etrangement, son poignet se mit à tourner, avant de brusquement s'abaisser à la fin de la première rotation. C'était ce même genre de réflexe que celui de mettre les mains en avant lorsque l'on trébuche. Rose ne savait pas pourquoi, mais elle avait eu la très étrange impression que remuer ainsi sa main lui permettrait de rester en lévitation, dans les airs, sans même effleurer le sol.
Mais Ron eut un réflexe plus ordinaire et efficace que le siens : il se cambra en arrière, faisant contrepoids, leurs permettant ainsi de se rééquilibrer. Puis il tourna sur la droite avant de s'immobiliser. Le bras gauche de Rose qui pendait mollement au dessus des biceps de son père toucha ce qu'elle reconnut comme étant un buisson.
- Mais qu'est-ce que tu fous ? s'exclama-t-elle interloquée. Qu'est-ce que l'on fiche à coté d'un bosquet papa ?
Ron pris une grande bouffée d'air puis rompit enfin le silence qui l'habitait depuis deux minutes.
- Rose, commença-t-il avec peine…
Son odeur était abominable… il sentait la transpiration, comme s'il avait parcouru des kilomètres en courant pour venir me chercher. En se rapprochant de son torse, Rose put toucher son t-shirt de son bras intact et fut prise au dépourvu : son maillot était trempé, et aucune fibre du tissus n'était épargnée. Il était aussi mouillé que s'il sortait d'un bain… Alors que son père cherchait encore ses mots, Rose parcourut le reste de son corps de sa main rescapée. Sur ses longs bras musclés, une fine pellicule d'eau s'était déposée. La totalité de son bras gauche était humidifié de la même manière que l'herbe haute par la rosée matinale. Les perles de pluie dégoulinaient le long de ses poils blonds, laissant à la peau une texture moite. Elle s'imagina qu'il en était de même pour son autre bras, mais elle ne pouvait l'atteindre… Inquiète, elle se posa de nouveau une multitude de question…
- Papa ? Pourquoi est-ce que tu dégoul…
Ce n'est ni le moment ni le lieux pour parler de moi, la coupa-t-il. Bien, Rose, laisse moi t'expliquer : je n'ai pas beaucoup de temps, donc j'aimerais que tu me laisses finir avant de m'interrompre comme toi et ta mère avez la fâcheuse habitude de faire.
Rose était inquiète et très intriguée : parler de sa mère était une habitude qu'il avait perdu. Remémorer son nom était la preuve que quelque chose n'allait pas. Mais pour des raisons qui lui étaient inconnues, Ron semblait avoir beaucoup plus peur qu'elle. Par conséquent, cette dernière hocha la tête et attendit la suite.
- Voila… Je ne suis pas venu en voiture ou en taxi, et j'ai juste le temps de te ramener à la maison pour t'expliquer la suite des évènements. Je ne peux pas t'expliquer comment nous allons rentrer chez nous, tu me prendrais pour un fou. Aussi je veux que tu ais totalement confiance en moi, et que tu me promettes de ne poser aucune question sur le fameux voyage que nous allons faire. Ni à moi, ni à ta mère. Est-ce bien clair ?
Rose ne saisissait strictement rien, mais depuis le temps, elle commençait à s'en accoutumer et obtempéra. Hochant de nouveau la tête, son père poursuivit.
- Nous allons être à la maison dans quelques secondes. La sensation va certainement être douloureuse. Je veux, j'exige que tu t'accroches à moi de toutes tes forces : je sais que ton poignet est hors-service, mais il va falloir t'en servir tout de même. Accroche-toi à moi comme si ta vie en dépendait. Pour être vraiment franc, elle en dépend énormément.
Tout à coup, Rose eut une très mauvaise intuition. Son cœur se mit à battre à toute vitesse, et ses mains devinrent poisseuses, la sueur prenant peu à peu du terrain sur ses doigts et ses paumes. Elle senti qu'elle transpirait, et l'angoisse de ce voyage ne l'aidait pas à stopper toute cette agitation. Prise de panique, Rose se mit à respirer bruyamment par la bouche, avalant par grande goulées le plus d'air possible.
- Ne panique pas, conseilla son père. Le truc, c'est que je vais avoir besoin de mes deux bras. Il faut donc que tu t'agrippes comme tu le peux. Essaye de m'enlacer avec les jambes si tu préfères, mais si tu glisses pendant le trajet, je ne pourrais pas te tenir… Et cette éventualité ne doit en aucun cas se produire ! Alors écoute moi encore deux secondes Rose : lorsque je te le dirais, prend une grande bouffée d'air, et n'essaye pas de respirer avant de ne sentir… enfin, ne respire pas pendant le voyage. De toute façon tu comprendras bien assez tôt quand est-ce que tu seras en mesure d'inhaler.
Rose était habitée d'une trouille monstre. Comment veux-tu faire pour être chez nous dans trente secondes ? En écoutant son père, elle avait l'impression qu'elle mourrait si jamais elle lâchait son torse ou si elle aspirait une bouffée d'air. Mais combien de temps va donc durer ce satané voyage ?
- Bien, tu es prêtes ? demanda une dernière fois Ron.
- Non attend, j'ai des questions !
- Pas le temps ! Ah, j'oubliais, de toute façon tu ne peux rien voir, alors surtout, n'ouvre pas les paupières. En aucune manière n'ouvre la bouche ou n'essaye de parler. Prépare toi ! On part dans dix secondes.
Maman je t'en supplie ! Aide moi ! supplia la jeune fille au milieu des larmes qui ruisselaient sur ses joues. Elle ne pu s'empêcher de les laisser couler. La panique l'avait gagnée toute entière, et en cet instant, elle était certaine qu'il s'agissait d'une sorte de mission suicide. Sa respiration était irrégulière, et elle avait du mal à expirer, dû aux sanglots qui se coinçaient dans sa gorge. Rose tenta de toute ses forces d'avertir son père qu'elle n'était pas prête, qu'elle avait besoin de temps pour se calmer et pour reprendre possession de ses aptitudes à respirer et à contrôler ses émotions, mais déjà son paternel la serrait plus fort tout en sortant un objet de sa poche de pantalon.
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Avant d'avoir pu prononcer la moindre syllabe, Ron lui ordonna d'inspirer un bon coup. Affolée, Rose prit le plus d'air possible malgré son chagrin, et ferma bêtement ses yeux aveugles, priant une divinité, peu importe laquelle, pour arriver en un seul morceau. Si elle n'avait aucune idée du «mode de transport » qu'ils eurent à emprunter, elle fut vite mise au courant…
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Rose crut d'abord qu'elle sombrait dans un trou de plusieurs dizaines de kilomètres de long. La sensation de vide était abominable. Elle se sentait tomber, et aucune prise ne lui permettait de s'accrocher. Prise d'effroi, elle lâcha d'une main son père pour essayer d'attraper le moindre rebord ou forme solide dans ce trou béant. Puis à la seconde même où sa main se détacha du corps de son père, elle se mit à glisser, sa main gauche étant incapable d'agripper la moindre fibre, incapable de s'agripper aux vêtements de son guide. Rose poussa un hurlement lorsque sa « patte » droite ne put s'accrocher au jean de son géniteur. Elle se retrouva suspendue dans le vide, et le fait d'avoir hurler avait expulsé la totalité de l'air qui stagnait dans ses poumons. Sa gorge était en feu. Incapable de respirer, ses poumons s'atrophiaient de secondes en secondes. Elle avait la perception que elle allait exploser. Au fur et à mesure que sa poitrine s'amincissait, ses muscles se tendaient, puis se relâchaient, puis se contractaient encore, et ainsi de suite, jusqu'à ce que ses jambes, réduites à l'état de bâton de bois, ne se détachent des quilles de son père. Elle se sentit alors tomber, et malgré ses yeux aveugles, elle sentit le besoin de voir son père, de lui faire signe qu'elle tombait, de le supplier de l'aider. Mais à peine les paupières entrouvertes, ses yeux s'embrasèrent, carbonisés par ce vide qui l'attirait. Rose voulut hurler. Ses yeux hurlaient. Ses muscles hurlaient. Sa gorge criait. Tout en elle n'était que douleur, affliction, brûlure, enfer et torture. Chaque mouvement était une blessure nouvelle, et Rose implorait de l'aide, de l'air, la vie et même la mort.
Mais à l'instant même où le calvaire prenait possession de mon âme, elle sentit une main la hisser vers le haut. Cette poigne était ferme, et alors que ses yeux calcinés se fermaient, alors que ses doigts endoloris se refermaient, alors que son cœur se paralysait, elle s'écroula sur un sol dur comme la pierre et froid comme la toundra. Ses poumons braillèrent à l'arrivée d'une cascade d'oxygène, et sa douleur devait jaillir : Rose rugit donc, s'époumonant, vociférant des sons indistincts et incompréhensibles…
Mais elle n'arrivait pas inspirer correctement. Ses poumons recrachaient l'air qu'elle leur offrait. Elle avait beau se débattre pour qu'on lui obéisse, aucun muscle ne l'écoutait, aucun organe ne se conformait à ses exigences.
Au dernier moment, elle sentit des bras solides la retenir de tomber, puis tout disparu…
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Rose avait l'étrange impression d'être en apnée, à des kilomètres de la surface. Elle se débattait, hurlant pour qu'on lui sorte la tête de l'eau. Mais personne ne venait.
La douleur était telle que Rose ressentait à chaque battement de son pauvre cœur l'énergie qu'il lui prélevait. Cette force même dont elle avait besoin pour se battre. Mais rien ne s'effectuait comme elle le désirait. Son corps refusait tout ordre, et chaque muscles, chaque organes se disputaient le peu de vitalité qu'il lui restait.
Rose ne pensa pas un seul instant qu'il puisse exister une plus grande et pénible douleur que celle qui prenait possession de son corps à ce moment là…
Les heures passèrent sans qu'elle ne sache où elle se trouvait… Il lui semblait entendre des voix parfois. Mais elles étaient si peu claires, si peu audibles qu'elle ne savait si elle rêvait. Ses désirs étaient pourtant simples : répondre à ses besoins !
Respirer, respirer et encore respirer.
Elle eus l'abominable impression que tout l'oxygène de la Terre était goulument avalé par un voisin qu'elle ne pouvait voir.
Et plus les minutes passaient, plus la lumière qui perçait la falaise lui faisant face se cachait, pareille aux rayons de soleil du mois d'août en fin de journée. Rose s'imageait ce qu'elle voyait à un coucher de soleil. Le dernier de sa vie. Elle savait qu'elle ne le verrait plus jamais se lever sur le lac Erié. Rose avait peur : peur de ne plus jamais voir. Peur de ne plus sentir. Peur de ne plus toucher… Peur de mourir. Elle avait peur de ne plus jamais revoir les membres de sa famille : son père qui l'avait embarqué dans cette galère, sa mère qui lui manquait terriblement depuis le temps qu'elle ne l'avait pas vu, et tous les autres qu'elle n'avait jamais connu ou qu'elle avait oublié. Elle avait peur. Peur de rejoindre son frère dans un monde froid et cruel. Au fur et à mesure que les minutes passaient, l'angoisse gagna Rose au plus profond d'elle-même. Un gouffre se créa lentement au creux de sa poitrine.
Un gouffre sans fin, que la totalité de ses larmes, de ses prière et de ses supplices ne remplirent jamais. Un trou qui se nourrit de ses tourments, de la douleur que lui était infligé, de la torture et de la totalité de ses pauvres souvenirs !
Rose était aveugle, elle devenait sourde…
Sourde à ses propres paroles, sourde à ses propres besoins, sourde à son propre corps.
Celui-ci refusait de lui obéir et le supplier donnait de si altruistes résultats qu'elle devenait indifférente à tout ce qu'il demandait.
Tu refuses de me rendre mon énergie ? Et bien soit ! Rose refusa de se battre plus longtemps ! Abandonnant toute force, toute tentative de survie, elle lâcha prise, libérant ainsi le peu d'énergie qu'il lui restait… Que son corps consomme la totalité de celle-ci, qu'il la réduise en esclave, mais pour tout au monde, Rose voulait avant tout qu'il la laisse tranquille. La mort n'en sera que plus vite atteinte !
Puis soudain, un troisième élément se rompit : Rose ne sentait plus rien ! La douleur était venue à bout d'elle même ! Elle ne ressentait plus aucune notion du toucher. Même sa main broyée ne lui faisait plus mal…
Enfin, dans la continuité des choses, tout son devint impossible à produire dans la frêle gorge de la jeune fille. La douleur ne l'affectant plus, elle n'avait plus la nécessité de hurler sa souffrance.
Ne lui restait donc plus que l'odorat… Mais la mort ne sentais rien… Elle était tellement plaisante, que devoir abandonner la dernière sensation qui lui rappelait sa condition humaine ne lui déplaisait pas du tout.
Elle avait devant elle l'entrée d'un tunnel. Un tunnel qui lui accordait la sérénité et la paix qu'elle réclamait et suppliait depuis tellement d'heures !
Une dernière pensée pour les siens, puis Rose franchit la ligne qui sépare vie et mort...
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La souffrance fut abominable. La douleur exécrable.
Alors que Rose pensait avoir enfin trouvé la paix à laquelle elle aspirait tant, une secousse réduisit à néant tous ses efforts. Elle ne put soudain plus bouger… Au contraire, quelqu'un luttait, au-delà de ce qu'elle ne pouvais plus voir, pour la ramener !
On l'avait laisser mourir à petit feu, dans la douleur, et maintenant que la plus grande délivrance s'offrait à elle, on l'en priva encore une fois…
Rose aurait voulu hurler qu'on la lâche, qu'on la laisse choisir et qu'on respecte son choix, mais la décision n'avait pas l'air de provenir d'elle…
La violence que chaque secousse provoquait dans le crane de la jeune fille s'accentuait au fur et à mesure que leurs fréquences se rapprochaient. Petit à petit, les saccades réveillèrent les sens disparus de Rose.
L'oxygène, même s'il n'en restait que très peu dans ses poumons, se remit à circuler dans son corps !
Mais Rose n'avait pas envie de cette vie là… Ce qu'elle avait découvert lui plaisait bien plus. La mort avait été si douce dans le fond. Elle l'avait privée de sa douleur.
Puis brusquement, alors que Rose se retournait pour accueillir la mort, des images, des paysages, des sourires, des hommes et des femmes qui lui étaient étrangement familiers défilèrent devant ses yeux. Elle les avait déjà vu, elle en était certaine. Elle vit passer devant ses yeux guéris des sortes de films, qui n'en étaient pas vraiment. Elle vit une maison, une famille, un château, des amis, un lac et un train. Puis elle vit un jeune garçon. Tout juste onze ans. Un garçon craintif, mince, dont les yeux gris étaient translucides.
En réalité il ne s'agissait pas de films ni de rêves. Il s'agissait de souvenirs ! Ceux perdus depuis dix ans. Ceux que Rose avait tenté de retrouver pendant toute une décennie. Mais elle eut à peine le temps de les voir passer. Seules quelques images avaient captées son attention. Seules quelques unes d'entre elles avaient pu se greffer sur ses pupilles brunies. Les visages n'avaient été visible que le temps d'une brève seconde. Seul l'un d'eux avait marqué la jeune femme. Le seul qu'elle connaissait. Le seul qu'elle avait déjà rencontrer et dont elle se souvenait parfaitement : ce visage si diabolique qui lui fichait la chair de poule… Ce jeune garçon qui n'avait alors que onze ans : Scorpius Malfoy.
Cette seule distraction suffit à la déconcentrer, et la dernière secousse fut décisive.
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Lorsque Rose rouvrit les yeux, elle fut tout d'abord éblouie. Elle ne vit d'abord rien, comme elle s'y était si bien habituée. Puis, des couleurs apparurent, des formes floues, suivies de voix déformées qui résonnaient comme des canons dans sa tête. Elle discerna avec peine un « Rose ! » lui rappelant ainsi qu'elle était bien revenue chez elle, parmi les siens, parmi les vivants. Puis sa vision se fit plus nette, laissant apparaitre une crinière brune devant elle.
Après plusieurs secondes d'hésitation, plus de doute possible : Rose réalisa que Hermione Granger était penchée sur son corps fatigué. Sa mère éclata en sanglot puis la prit dans ses bras…
