J'ai pas le temps, je ne le prends pas...Arrgh, je galère !
Queen-Mebd : Je suis contente que ca te plaise, vraiment ! Mercii ! Il n'y a pas d'Omega prévu dans l'histoire, Néokles est juste Alpha. Pour l'instant, il n'a l'air qu'un peu dur..pour l'instant. Hehe
Nash-elle : Le mystère, aah, le mystère... (Wouaaah ! J'arrive carrément à en mettre dans mon histoiiire !) Mercii
NOTE DE L'AUTEURE :
Alors, quant à savoir où se situe l'action c'est un peu délicat..! Je ne voulais pas que la meute soit sous l'autorité du Marrok, donc pas en Amérique, ni sous celle des Européens. Et puis, je n'ai pas vraiment de lieu précis...Enfin, imaginez que l'action se déroule sur une île, quelque chose comme ça... Un gouvernement indépendant.J'ai du mal à produire un lien réel que je ne connais pas et j'avais bien trop de mal à imaginer les USA, peu importe où. Je ne les voyais vraiment pas résider en France ou au Gabon. Enfin, le style de vie pourrait ressembler à un mixte de ceux-ci, mais rien de bien consistant...Donc voilà, c'est un lieu totalement issus de mon imagination, une île, surement en milieu tropical, qui ne dépend pas de l'autorité des grands. Le Boss la bas, c'est Néokles - dit le Grec.
Bon, sans plus tarder, le chapitre suivant...
Chapitre 5.
Les mains sur le lavabo de porcelaine je refusai de lever les yeux pour me regarder. Après cette bataille intérieure pour contenir ma détresse, ma colère et ma peur, je laissai tomber les vêtements qu'Edward m'avait apportés au sol et m'approchai de la baignoire élégante. J'ouvris les robinets dorés, et lorsque l'eau me parue suffisamment chaude, je plaçai le bouchon sur le siphon. Je retournai dans la chambre. Une pièce simple, qui aurait sa place dans un hôtel : propre, ordonnée, accueillante mais impersonnelle. Et surtout close, sans fenêtre. Le bureau, le lit et les placards étaient également dans le même ton de bois sombre, et je me demandai si toutes les pièces l'étaient. J'ouvris ces derniers, une penderie vide à gauche, et des étagères à droite. Je pris l'un des deux bas de survêtement, et un débardeur noir, aux bretelles fines c'était des modèles féminins, taille unique. Puis un des boxers noirs sur l'étage inférieur. Je retournai dans la salle d'eau et posai les affaires sur le meuble du lavabo, toujours en évitant mon reflet. Le bain était presque plein et je coupai l'arrivée d'eau avant de rentrer dedans. L'eau était chaude et brulait ma peau, mais je n'en avais que faire. Je rentrai doucement alors que je frissonnai sous le changement de température. La vapeur qui s'élevait du bassin humidifiait mon corps et saturait l'air de chaleur. J'inspirai profondément. Cela faisait tellement de bien de sentir un tel instant de douceur, de félicité même. Je m'accroupie et soufflai de nouveau quand l'eau brulante dévora mon ventre. Je m'allongeai ensuite, haletant quand tout mon corps fut immergé. La buée qui s'élevait devant moi brouillait ma vision, et je ne distinguais presque plus rien autour de moi. Je me laissai aller à l'instant présent, tachant d'oublier ma situation pour me concentrer uniquement sur le bien être qui s'insinuait en moi. La tête me tournait, je me sentais si bien, si moi, libérée de la folie qui s'abattait. Tout mon corps se détendit, chaque muscle, chaque nerf semblait s'imprégner de douceur. Le temps passa.
Je regardai ma main blessée, qui n'en avait plus l'air. Je tendis mes doigts fripés et seul un léger engourdissement me prit. Je me levai donc, retirant le bouchon, et me saisis du pompon de douche et d'un gel parfumé à la cannelle. Je commençai à me frotter, appuyant sur ma peau jusqu'à la faire rougir de propreté. Puis je me mis du shampoing, lavant avec autant d'insistance mes cheveux frisés emmêlés, puis me rinçai. Je m'assis dans la baignoire et les enduits d'après-shampoings, pour enfin entreprendre la longue tâche qu'était de les démêler avec mes doigts.
Assise en tailleur sur le lit, j'hésitai. Aller me regarder, rester ici à me retourner encore et encore… Je soufflai et me levai, décidée. Avant de me laisser retomber sur les draps, découragée pour la énième fois. Une trouillarde, j'étais une putain de trouillarde. Où était-elle maintenant ma supposée puissance ? Je m'allongeai sur le ventre et continuai à réfléchir, à me tourmenter. J'étais tellement dépassée par la situation, qu'il me semblait ne pas en prendre la pleine mesure. Mais peut être que ce n'était pas plus mal ainsi. J'étais déjà bien trop désorientée.
Néokles. Quel nom étrange. Qui était-il vraiment avec ses grands airs ? Comment savait-il mon nom complet ? Cet homme était effrayant. Et puis, il n'avait rien arrangé du tout, ma famille, mes amis, l'école. Toute ma vie, comment pouvait-il envisagé avoir une quelconque solution pour justifier…ça. Ne t'inquiètes pas, avait-il dit. Mais comment voulait-il que je ne m'inquiète pas lorsque j'étais retenue dans une chambre sans fenêtre ! Je grognai. Il ne fallait pas que je m'énerve. Ma gorge se serra et mes yeux me piquèrent dangereusement il fallait sérieusement que j'arrête de pleurer à un moment. Doucement, je me laissai glisser par terre pour rassembler mes genoux près de ma poitrine et m'autorisai une fois de plus à extérioriser ma peine et ma douleur. Je n'en revenais toujours pas. Ces derniers jours n'étaient que pleurs et rage, c'était le chaos dans mon être. Un chaos qui portait le nom de Loup et qui me rongeait de l'intérieur.
Après un temps plus ou moins long, j'essuyai mes joues en reniflant bruyamment. Je me dirigeai ensuite dans la salle de bain. Tête baissée, je me résignai, m'efforçai à me confronter à mon reflet. J'avais peur, bien trop peur. Mon cœur battait fort dans ma poitrine, et je levai enfin les yeux pour contempler d'abord ma bouche et ma mâchoire contractées sous l'appréhension. Puis mon nez, mes joues rougis par les pleurs. Et quand finalement mes yeux se rencontrèrent, encore humides, je réalisai que rien n'avait changé. Le soulagement me prit et je respirai mieux. Je ne savais à quoi je m'étais attendu, mais mon reflet était toujours absolument le même, j'étais bien moi. Pourtant, je me sentais tellement différente, habitée…
Mes cheveux encore mouillés, tombaient en boucles grossières sur mes épaules, indisciplinés comme d'habitude. Ma peau mate l'était toujours, et mes yeux étaient aussi bruns que depuis ma naissance. Je me regardai, partagée entre ce moi apparent qui n'avait pas changé, et ce moi si différent, étrange et inconnu que je sentais s'agiter dans les tréfonds de mon être.
Puis je sursautai en entendant des coups secs frappés à la porte. La voix d'Edward s'éleva : « Christane ? ». Comme souvent, son apparition me renvoya à la colère de ma louve qui bouillait en retrait. Je fermai les yeux pour me concentrer. Je retins un hoquet de surprise en les rouvrant. Était-ce un éclat doré que je venais de voir dans mes iris ? Je me penchai sur la glace pour les observer. Mais ils semblaient tout à fait normaux à présent. Le bruit de la clé dans la serrure me ramena à la réalité, et je retournai dans la chambre pour voir Edward entrer.
- Chris, dis-je en le toisant.
- Excuses-moi, se reprit-il. Veux-tu quelque chose ?
- Oui, sortir d'ici.
- Nous verrons quand Néo reviendra. C'est lui qui a tes affaires aussi. Et si tu te le demandes, il a appelé ta faculté pour dire que tu étais malade. Et je suppose que pour tes amis et ta famille, cette version peut expliquer cette courte absence.
- Quel jour sommes-nous ?
- Jeudi.
- Il est quelle heure ?
- 15heures.
- Deux jours que je suis séquestrée ici. Quoi d'autre ?
- Il va falloir justifier une absence supplémentaire. Je ne savais pas que tu étais si jeune…
- J'ai 19 ans, et alors ? Si tu avais su tu te serais retenu peut être ? crachai-je.
Il parut de nouveau embarrassé. Son embarras m'énervait tellement, comme si ce n'était vraiment pas sa faute. Je savais qu'assumer ses erreurs n'était pas aisé, mais je ne pouvais simplement dépasser cela aussi facilement. Il m'avait tué. Ne m'avait-il pas dit que pour devenir loup il fallait être laissé pour mort ? Puis le fait que je commençais à comprendre ce que c'était de posséder une bête incontrôlable n'excusait en rien ce qu'il m'avait fait. C'était pour cela que j'étais enfermée non ? Par ce que j'étais incontrôlable. Il aurait dû s'enfermer lui-même au lieu de « penser qu'il n'y aurait personne ».
- Quel âge as-tu ?
- 64ans.
- Pardon ?! m'étonnais-je. Mais tu n'as même pas l'air d'avoir passé la trentaine !
- Cela fait une trentaine d'année que je suis loup. Notre corps ne vieillit plus vraiment. Nous ne sommes pas figés dans le temps, mais le corps se maintient à sa meilleure forme.
Je restai interloquée. Des dizaines de questions commençaient à se former dans ma tête, et je reculai pour m'asseoir sur le lit. L'invitant à poursuivre.
- Je ne vais plus vieillir ? demandais-je.
- Je pense que ton corps va finir sa croissance assez rapidement, après, en effet, tu ne vieilliras plus de manière visible. Le métabolisme de ton corps change, il va lui falloir quelques temps pour s'adapter, et avant la prochaine pleine lune, tu Changeras. Mais tu n'es pas obligé de le devenir, tu as toujours le choix…
- Quel choix ? Le coupais-je. Il y a moyen qu'elle s'en aille ?
Il sembla comprendre que je parlais de la louve en moi, et la culpabilité s'imprégna sur ses traits. Je la sentais, dans l'air, une odeur âpre et sourde. Elle me piquait le nez, il remarqua cela aussi.
- Tes sens se développent, tu sens ça ? c'est la tristesse. La plupart des émotions et des sentiments ont une odeur distincte, le mensonge aussi.
- Quel choix ? lui rappelais-je
- Non, tu ne peux la faire partir, il n'y a pas de remède à la lycanthropie, le virus s'installe dans ton corps.
- Alors quoi ? C'est vivre ainsi ou mourir ?
Il ne répondit pas et se contenta de baisser les yeux.
- Un virus… Il se transmet ce virus ? demandais-je inquiète. Si j'ai des enfants, ils le seront aussi ?
- Non, répondit-il en un souffle. Tu n'auras pas d'enfant. La grossesse n'est pas compatible avec ton état, la louve rejetterait l'embryon au bout de quelques semaines.
Ma mâchoire se décrocha, et je clignai des yeux hébétée. Hein ?
- Un loup, un homme peut faire des enfants, mais ils seront nécessairement humains, d'une mère humaine. Des fœtus possédant des gènes lupins ne sont pas viables, et les louves ne...
- Sors.
- Pardon ?
- Sors d'ici. Vas t'en ! Maintenant !
Il se retourna et quitta la chambre sans un mot. C'était tellement étrange, presque dévastant de savoir que jamais, jamais je ne pourrais donner la vie. J'avais toujours voulu savoir ce que c'était, ce que ça faisait de sentir son ventre s'arrondir, de sentir la vie grandir en soi, ce que c'était de fonder une famille. Et d'un seul coup, toutes ces images s'effondraient. Balayées par la barbarie de cette espèce ! Je ne voulais pas en faire partie, non. Il me détruisait déjà. Je n'eus même pas la force de pleurer encore et restai juste assise, assistant à la destruction d'un avenir que je croyais presque certain.
Des coups frappés à la porte me tirèrent de mon sommeil, et je me levai pour entendre Edward me dire qu'il m'apportait à manger. Je lui grognai de dégager avant de réaliser à quel point j'avais faim.
- C'est bon, entres, lui dis-je.
Il déverrouilla la porte et entra dans la pièce. Je lui en voulais, je lui en voulais tellement. J'avais prévu de l'ignoré et de lui tourner le dos jusqu'à ce qu'il parte, mais la louve n'apprécia pas de lui exposer un angle de faiblesse si évident et je fis volte-face avec rapidité. Il me regarda avec un air de pitié amusée avant de détourner les yeux vers le bureau pour y déposer un plateau repas. C'était la deuxième fois qu'il faisait ainsi, renonçant à l'affront visuel sans pour autant le perdre. C'était deux fois de trop. Je grognai, premier avertissement. Ses épaules se tassèrent, forçant son corps à se courber, mais il garda son regard fixé sur un point derrière moi, à hauteur de mon visage. Il luttait, il refusait de se soumettre, sachant pertinemment qu'il ne pouvait rien contre moi. Au loin, j'entendis du bruit, mais je n'en tins pas compte, concentré sur le problème présent.
- Tu l'as reconnu toi-même, je suis plus forte, menaçai-je.
- Et faible à la fois, murmura-t-il.
- Si je le veux. Et je te hais. Jamais plus je ne te permettrai ! grondais-je.
Il y avait cette puissance dans ma voix, qui m'étonnait et me donnait pourtant l'impression d'être moi-même. Pour la première fois, ma colère grandissante semblait réellement de mon fait, et non de celui de la louve. Ou plutôt, nous la partagions. Nous le haïssions comme d'un commun accord et cela me rassurait autant que ça m'effrayait.
- Regardes moi !
Son corps se tassa sur lui-même, et il releva le visage pour me révéler ses yeux jaunis par la contrainte. Debout sur le lit, je plissai les miens et montrai les dents. Il lutta du mieux qu'il le put, serrant les poings tellement forts qu'ils en tremblaient, puis quelque chose sembla se briser en lui et il s'effondra, posant un genou à terre.
- Je suis désolé…souffla-t-il entre ses dents.
Il se devait de se soumettre. C'était ainsi, je le sentais clairement dans mes entrailles et je ne tolèrerais pas qu'il me manque de respect à ce point, pas après m'avoir rendue ainsi. Il était celui qui m'avait arraché à ma vie, il devait assumer et faire face à sa faute.
- Pas autant que moi, lui répondis-je.
Des applaudissements coupèrent ma concentration et je sursautai en tournant la tête. Le grand corps doré de Néokles se tenait dans l'embrasure de la porte.
J'écris beaucoup en ce moment. J'avance. Les histoires se construisent. Et plus j'écris, plus je perds la réalité de vue, je me laisse entrainer par les personnages. Récemment, je me suis dis "woooooaw ! Mais à quel moment Chris est-elle devenue si réelle à mes yeux ?" et en conséquence, il arrive bien trop souvent que sans réellement comprendre pourquoi, les évènements s'enchainent sans être prévus à la base. J'aime ça, j'adore ça. Mais je me demande si cela sera à votre goût...
En espérant toujours que cela vous plaise...
Aiko, l'Unique.
...DES REVIEWS !
