Titre : Bleu
Auteures : Margue et Pauline C
Résumé : Harry, 5e année, précoce et désinhibé, vit un peu trop pleinement son homosexualité. Draco, 7e année, agressif et intolérant dirige d'une main de maitre tout Poudlard. Ils n'étaient pas fait pour se rencontrer. Et pourtant... HPDM.
Rating : M et pas des moindres ; obscénités, lemons, violence (un peu)
Genre : romance, UA.
Disclaimer : on pompe quand même beaucoup à J.K Rowling donc à elle, pas à nous.
Oyé ! Nous espérons que vous passez un bel été (nous on est trop dévasté par la fin "officielle" d'Harry Potter pour profiter).
Pour ceux qui ne se rappellent pas du pourquoi de la chasse d'Harry par les moldus, je vous ramène au prologue, tout est expliqué par Dumbledore à la dernière scène.
Ce chapitre devrait vous plaire si tout va bien.
Merci à Thecrasy pour sa bêtalecture.
Réponse à Matou : ton mail ne s'affiche pas dans la review ! Il faut que tu mettes des espaces, dans tous les cas vérifie bien que ça s'est affiché une fois que tu nous l'as envoyé, ne va pas croire qu'on t'a oublié! :p
Bonne lecture !
Chapitre 6 : frayeur inédite
Le dimanche qui suivit le scandale de Malfoy au Babylone, alors qu'Harry prenait une gorgée de chocolat chaud, Draco descendit déjeuner en sa compagnie en lui offrant un rapide hochement de tête en guise de bonjour, ce dont il ne se remettait toujours pas.
C'était étrange mais, il lui semblait que Malfoy essayait de faire une ébauche de trêve avec lui, seule explication au fait que le blond avait passé la journée à ses côtés à la bibliothèque au lieu de disparaitre jusqu'à la nuit tombée et, bien qu'il ne lui ait pas adressé un traitre mot, Harry avait apprécié sa présence silencieuse à ses côtés.
À tous les coups, Draco surveillait qu'il ne s'échappe pas de chez lui et le Gryffondor avait trouvé son rôle de cerbère plutôt cocasse. Mais cela l'empêchait aussi de s'inquiéter, ce loup-garou pouvait toujours courir pour le trouver avec un prince des Serpentard aussi déterminé, ce dont il s'enorgueillissait fièrement à la première occasion.
Bien qu'il ait trouvait la façon dont le Serpentard était venu le tirer des griffes du Babylone un peu trop théâtrale, il se satisfaisait de cette fougue qu'il y avait mise et ce, malgré le fait qu'il était dans l'obligation de se rendre dans un lieu rempli d'homos.
Finalement, ils avaient passé la journée à lire dans la même pièce jusqu'au départ pour Poudlard, même si Harry avait bien plus observé les lignes du visage du blond plutôt que celles du bouquin.
Quand, le lundi matin, les cours reprirent à nouveau, il avait l'espoir que maintenant que Draco était moins froid envers lui, les choses changeraient peut-être un tantinet à Poudlard.
Tendre naïveté.
Même s'il devait reconnaitre que l'enfer qu'il avait vécu avant les vacances s'était atténué, les élèves semblant moins préoccupés par son abjecte personne, ce qui était en soit un élément positif, Malfoy n'avait pas cessé de l'ignorer, ce qui était le plus agaçant à ses yeux. Il avait beau l'espionner du coin de l'œil, le Serpentard ne s'aventurait jamais dans sa direction. Il passait devant lui comme s'il était totalement invisible, comme s'ils étaient revenus en arrière, à la différence que maintenant Harry avait ses souvenirs...
Il ne supportait plus cette situation. Si seulement Malfoy pouvait lui offrir un simple regard, même méprisant, il s'en serait contenté, il saurait alors qu'il existe à ses yeux.
Il lança un dernier coup d'œil mi-irrité, mi-implorant vers la table des Serpentards et, constatant que Draco était entrain de rire entouré de sa cour, il soupira, s'attirant les regards curieux de ses amis. Sa vie, qui avait été si compliquée au cours de ses dernières semaines, lui semblait à présent si mortellement tranquille que s'en était frustrant.
-Ça va mec ? s'informa Ron à ses côtés qui avait toujours eu un peu -beaucoup- de mal à le suivre dans ses humeurs.
Il fallait dire que le jeune homme ne se confiait jamais à lui, ou à qui que ce soit d'autre, d'ailleurs. Lui-même ne trouvait pas ce comportement très sain de garder tout pour lui constamment, mais à l'évidence, Harry préférait taire ses problèmes, soit par gène ou simplement pour ne pas ennuyer son entourage.
-Ça va, répondit le brun sans un regard, d'une voix neutre.
Harry appréciait les efforts du rouquin mais il ne voulait pas parler de ce qui le tracassait et il ne pouvait s'empêcher de se sentir affreusement seul alors qu'il s'isolait de lui même.
Et la semaine de reprise continua ainsi, s'étirant longue et monotone. La seule chose qui vint briser son quotidien fut quand il remarqua qu'un sixième année de Serdaigle recommençait à lui faire des avances, comme s'il ne s'était rien passé, comme si lui et tous les autres homos du coin ne lui avaient jamais tourné le dos comme le dernier des parias qu'il était sensé être aux yeux de Poudlard. Et même s'il mourait d'envie de pouvoir reprendre sa vie d'avant, celle où, pratiquement chaque jour de la semaine, il s'envoyait en l'air, il dut reconnaitre que sa rancœur était trop vivace pour qu'il puisse ne serait-ce même que penser baiser avec l'un de ces faux-culs sans saveur.
Il avait donc repoussé toutes les maigres avances qui s'offraient à lui, du moins pour le moment, il verrait ensuite s'il était plus enclin au pardon.
Outre son évidente solitude, les nuits d'Harry étaient de plus en plus éprouvantes, il continuait à voir Malfoy à l'agonie chaque fois qu'il fermait les yeux et il ne pouvait s'empêcher de le manger du regard toute la journée pour s'assurer qu'il soit en parfaite santé.
Il allait vraiment devenir complètement barge à ce rythme là.
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Où est-ce que je peux te parler en privé ? D.M
Harry n'arrivait pas à croire qu'il tenait un mot de Draco dans ses mains après tous ces jours de silence. Sa chouette, la belle Hedwige, son amie la plus fidèle, le lui avait apporté dans sa salle commune alors qu'il entamait un devoir de métamorphose. Faire ses devoirs s'était révélé être la meilleure distraction qu'il ait trouvé pour se vider la tête. Autant dire que la situation était particulièrement alarmante.
Le cœur d'Harry avait pris un rythme dangereusement irrégulier tandis qu'il lisait l'écriture fine et penchée du blond. Il sourit doucement, se sentant idiot d'avoir penser que Malfoy puisse l'oublier aussi facilement.
La main presque tremblante, il griffonna en guise de réponse :
Retrouve-moi vers 22h devant le tableau de la Dame Grise au 6e étage. H.P
Harry ne savait pas si Malfoy le rejoindrait à son rendez vous si tardif, après tout, ils auraient pu se contenter d'une classe vide dans l'après midi mais le brun voulait absolument lui montrer quelque chose afin qu'il ne regrette pas de l'avoir contacté.
Il attendit presque vingt minutes devant le tableau, désespérant de le voir arriver.
Il baissa la tête vers ses mains tremblantes d'anticipation, se sentant vraiment stupide d'avoir une attitude aussi niaise, comme une étudiante pré-pubère attendant son rendez-vous avec le beau blond de ses rêves. Mais, viendrait-il ? Après tout, il n'avait rien confirmé par courrier et ne lui avait pas accordé un regard approbation au diner.
Par ailleurs, le petit goût d'interdit que signifiait cette rencontre fit courir de long frissons de plaisir sur son épiderme car nul doute que Malfoy ne pouvait pas le voir en public. Etrangement, que le blond ait honte de lui lui importait peu, car il allait le voir, lui parler après tout ce temps, et rien n'aurait put entacher sa visible bonne humeur.
-T'aurais dû trouver un endroit encore plus isolé, siffla une voix veloutée derrière lui.
Harry sourit doucement et se tourna vers le blond, se forçant à ne pas lui sauter au cou tellement il se sentait stupidement heureux de le voir enfin s'adresser à lui seul.
Il plongea dans son regard vaguement ennuyé pour s'y noyer et y perdre pied. Depuis combien de temps n'avait-il pas réellement croisé ces si beaux yeux colorés d'un savant mélange de gris et de bleu, tout simplement trop hypnotisants pour ne serait-ce que pensait détourner la tête quand un tel regard se posait dans le vôtre.
Il avait était conquis par les yeux de l'enfer et se fit la remarque qu'il était incroyable qu'après tout ce temps, ce détail lui fasse encore de l'effet.
-Désolé. Fallait que je te montre un truc, expliqua le brun en lui souriant, viens...
Il prononça alors un mot de passe improbable et le tableau représentant une nuit étoilée s'ouvrit, laissant apparaitre un étroit passage. Draco s'engouffra à sa suite, un peu intrigué.
Il avait longtemps hésité avant de lui donner ce mot, il s'était longuement interrogé sur cette nécessité qu'il éprouvait à vouloir rester près du brun, à savoir où il était et ce qu'il faisait, qui il fréquentait, pourquoi… Trop de questionnements pour un stupide gamin en somme. Et puis, il sentait bien ses longs regards sur sa personne, il les sentait, même s'il ne lui en rendait aucun.
Il commençait même à intriguer les membres de sa cour qui se demandaient pourquoi cette pédale ne le lâchait plus du regard et surtout pourquoi il ne faisait rien pour y remédier.
Il grogna sourdement quand ses pieds glissèrent pour la deuxième fois sur ce qui semblait être de la mousse.
-Potter, où tu m'emmènes ? demanda t-il après plusieurs minutes de montée épuisante.
Le passage était fort étroit, l'obligeant à se courber désagréablement vers l'avant pour pouvoir continuer sa difficile ascension dans cette obscurité humide, Potter n'ayant pas utilisé de Lumos pour se déplacer. Il ne voulait pas montrer son inconfort dans le noir en en invoquant un alors que le brun ne semblait pas en avoir besoin pour avancer.
Il détestait les espaces clos, et il avait hâte d'arriver au bout de ce foutu tunnel qui semblait s'étirait sur des kilomètres de long.
-Viens, se contenta de répondre Harry en continuant sa marche.
Draco soupira plus fort, montrant son mécontentement.
Harry ne pouvait s'empêcher de sourire. Si le blond n'avait pas été derrière lui, il aurait surement laissé éclater son euphorie en riant comme un dément, mais il préférait se contenir. Son sourire s'agrandit quand ils arrivèrent à une très légère intersection en pente. Il ne restait que quelques secondes de marche avant d'accéder à son paradis personnel.
Ils débouchèrent quelques instants plus tard sur une large passerelle donnant sur le vide le plus profond où l'on entendait avec une acuité stupéfiante le bruit dangereux du vent qui fouettait contre les fondations du mur de briques qui se trouvaient dans leur dos.
Harry avança sans crainte, fermant les yeux et levant la tête vers la nuit étoilée qui s'étendait devant eux et où siégeait une lune pleine, envoyant sur son visage ses doux rayons argentés.
Draco resta époustouflé.
Ils étaient tellement haut, et la nuit si calme rendait le tableau encore plus magnifique qu'il ne devait l'être en réalité. Ils avaient une vue imprenable sur tout le parc et particulièrement sur le lac si habituellement difficile à apercevoir du château. Il contempla distraitement un petit groupe de Sombrals sortir précipitamment d'entre les arbres noirs qui formaient une masse compacte, comme une tache d'encre immense, avant de replonger rapidement dans la forêt. C'était vraiment magnifique, même si ça le tuerait de l'admettre à haute voix.
-Pas mal la vue, commenta t-il feignant de ne pas être si impressionné que ça.
Il se tourna vers Harry avec un sourire moqueur. Vu le cadre idyllique et reposant de l'endroit, il sentit une sourde répulsion grandir en lui alors qu'il imaginait parfaitement l'utilité de ce lieux dans la tête de ce petit décérébré nymphomane.
-Alors c'est ici que Potty ramène tous ses coups ?
Harry lui rendit le même sourire narquois.
-Enfin Draco, je croyais que tu savais depuis le temps que je ne baisais qu'au manoir Malfoy ou près du bureau du directeur, fit-il, sarcastique, lui remémorant les deux fois où le Serpentard l'avait surpris en plein ébat.
En vérité, c'était la première fois qu'il ramenait quelqu'un dans ce qu'il aimait appeler son refuge même s'il préféra garder cette information pour lui. Il ne voulait surtout pas que Malfoy se braque, ce qu'il ferait indubitablement s'il lui livrait ce genre d'information.
Même si le blond était spécial pour lui, il doutait franchement qu'il en soit de même pour son vis-à-vis qui ne le considérait que comme une mission donnée par Dumbledore ou comme un boulet qu'on avait attaché à sa cheville.
Il souffla doucement avant de retourner à sa contemplation du ciel dégagé.
-On est juste en dessous de la tour d'astronomie. Je viens souvent ici pour... réfléchir, murmura le brun le regard perdu dans les cieux, trouvant après coup, sa phrase un peu trop clichée.
Draco continuait à observer les lieux d'un œil intrigué. Le vent frais de la nuit le faisait frissonner mais sur le moment, il s'en fichait totalement. Il n'y avait que cette vue imprenable, cette sensation de voler, ce sentiment de bien être qu'il ressentait si rarement.
Même si la passerelle sur laquelle ils se tenaient donnait l'impression qu'elle allait s'écrouler d'un instant à l'autre, il se sentait bien, presque apaisé. L'air sentait le frais d'une nuit d'automne, un mélange savant entre les herbes mortes en décomposition et l'humidité ambiante de la forêt. C'était très agréable, bien plus qu'il ne l'aurait jamais imaginé.
Sa vie ne lui permettait pas de se réjouir de joies toute simple qu'offrait mère nature, mais en cet instant précis, il ne s'était jamais senti aussi proche d'elle de toute sa vie, bien qu'il trouva cette pensée ridicule après coup.
Il soupira, contemplant du coin de l'œil le visage détendu du brun qui brillait faiblement sous les rayons lumineux de la lune.
Le Gryffondor lui semblait presque irréel dans ce décor insolite, comme un ange ou un fantôme qui refusait de détacher ses yeux du ciel, en attente de quelque chose que lui seul savait. Il se prit à nouveau à le trouver étrangement séduisant en cet instant, ses mèches folles voletant sous la brise, son visage détendu et souriant doucement à la nuit qui lui ouvrait ses bras. Il savait que, si le plus jeune ouvrait les yeux, il tomberait sur une mer d'émeraude brillant de mille feux, envoûtant et ravageant tout sur son passage, et lui le premier.
Il sut, à l'instant même où un petit sourire en coin se dessina sur les lèvres pleines du plus jeune, qu'il était perdu, sans aucune rédemption possible.
Il se secoua fermement quand il se rendit compte du rythme de ses pensées. Il devait arrêter de songer à des choses pareilles. Jamais ! Admettre cette répugnante vérité, c'était l'accepter, et il n'accepterait jamais une chose aussi écœurante et complètement stupide qu'une sorte de vague béguin pour Potter.
Tout venait de ce petit pédé et de l'ambiguïté qu'il mettait entre eux de par son attirance pour la gente masculine et particulièrement pour lui-même. Il fallait qu'il arrête de confondre attraction et surplus de flatterie à son égard.
Mais rien ne lui semblait plus réel que son absence de pouvoir pour se raisonner. Il n'en avait même plus la force à cette minute. Pas quand Potter était ainsi abandonné à ses cotés, lui accordant toute sa confiance en l'amenant dans un lieu si secret, ou du moins, l'espérait-il.
Il détourna le visage vers le parc de Poudlard, vide et silencieux à cette heure.
-Comment t'as fait pour trouver cet endroit ? demanda t-il curieux pour se forcer à ne pas penser à autre chose qu'à la réponse qu'il lui donnerait.
Harry haussa les épaules, bien loin du conflit intérieur du blond à ses cotés.
-Je connais bien le château, répondit-il d'une voix détendue.
Il était satisfait de voir Malfoy si impressionné. Même si celui-ci ne disait rien, il avait parfaitement senti son regard le détailler doucement. La brulure de ses yeux de glace l'avait transpercé avec une force redoutable, il s'était sentit acculé, il frissonnait et tremblait doucement, et cela n'avait absolument plus rien à voir avec le froid. C'était plutôt dû à la chaleur et à l'excitation de savoir Malfoy si proche de lui dans un territoire que lui seul avait conquis. Il était si bien en ce moment, partageant son doux secret avec le blond, et il avait l'impression que le monde lui appartenait tout entier.
Il sursauta néanmoins quand Draco tourna alors brusquement la tête vers lui, le détaillant d'une manière qui le mit mal à l'aise, comme s'il l'évaluait.
-Parce que tu connais d'autres passages de ce genre ? s'étonna t-il de plus en plus intrigué.
Voila qui pouvait s'avérer fort intéressant pour ses projets d'espionnages du château, surtout si le gamin en connaissait d'autres. Il se sentit immensément soulagé car il avait trouvé une raison suffisamment fiable pour expliquer sa présence ici, il ne faisait qu'accomplir sa mission après tout, telle que Regulus la lui avait assignée.
-Ça sera pour une autre soirée, répliqua Harry, mutin, qui tenait là une une raison parfaite pour voir le Serpentard la nuit pendant une période assez longue, le château possédant une bonne vingtaine de passages secrets en tout genre.
Draco s'empêcha de forcer Potter à en dire plus, il voulait éviter à tout prix qu'il ne se doute de quoi que se soit mais sentit une sorte d'anticipation incroyable à l'idée d'en découvrir plus sur Poudlard.
Il ne fit pas attention au fait que sa conscience lui soufflait qu'il aurait été bien moins impatient si ces éventuelles découvertes ne rimaient pas avec le brun.
Il redevint soudainement plus sérieux en repensant sur le pourquoi de sa volonté de voir le gamin ce soir.
Il grogna à cette pensée, son regard devenant plus froid et plus calculateur et songea avec une très légère pointe de déception que la magie du lieu s'était subitement évaporée, le faisant retomber brutalement sur terre.
Sans un regard pour le plus jeune qui continuer de laisser son visage prendre un bain de lune, il déclara, incisif :
-J'ai de nouvelles infos sur celui qui a été assigné à ta capture, commença-t-il sans préambule, s'attirant un regard peiné du plus jeune, c'est bien Greyback, un des loup-garous les plus fous furieux que la terre ait jamais porté. Il a été vu près de Londres cette semaine.
Harry baissa la tête.
-Ce qui rime encore avec privé de sortie ce weekend je suppose, soupira le jeune homme presque désespéré par cette nouvelle.
Il en avait vraiment marre de toute cette merde qui s'abattait sur lui ces temps-ci. Il avait besoin de sortir le weekend, il avait besoin de voir du monde, de décompresser et de s'amuser. Il n'était pas un gentil petit chérubin casanier qui appréciait d'être enfermé dans une maison ,aussi grande soit-elle. Le Babylone était son seul salut. Mais même ça lui avait été retiré.
Il coula un regard en coin vers Malfoy qui se tenait droit, un étrange sourit satisfait ornant ses lèvres fines alors qu'il observait les montagnes qui se dessinaient au loin. Il s'était résigné à ne plus lui demander comment il avait eu ce genre de renseignements, sachant que le blond l'enverrait balader avant même qu'il n'ai fini de parler, mais était-ce une raison pour paraitre si satisfait de son malheur ?
-Ça te fait plaisir, cracha-t-il en colère, t'es content de me voir séquestré chez toi, hein ?
Il sursauta quand la voix sèche du blond claqua comme un fouet :
-T'inquiète, j'aurais aussi préféré que tu te tires aussi mais j'ai pas non plus envie d'être arrêté et crois moi, s'il t'arrive un truc, c'est ma famille qui trinquera alors t'as intérêt à te tenir.
Draco entra ses mains des ses poches avec brutalité.
Harry baissa les yeux, un peu déçu que se soit l'unique raison pour laquelle Draco se sentait si concerné par sa protection, il s'en doutait un peu, mais le voir confirmer de façon aussi abrupte était toujours un peu douloureux. Mais qu'espérait-il au juste ?
-Encore et toujours entrain de penser qu'à ta gueule, murmurât-il d'une voix éteinte sans regarder le blond.
Ce dernier eut un reniflement méprisant avant de répliquer, perfide :
-Qu'est-ce que tu croyais ?
Draco s'en alla sans un regard en arrière sur cette note froide et le brun regretta de ne pas avoir laissé ce Serdaigle le baiser, comment allait-il tenir tout le weekend ?
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Maintenant qu'il était complètement privé de sortie, Harry devait se rabattre sur des proies faciles à Poudlard mais ces dernières se faisaient rares, sa réputation étant toujours bien ancrée dans les esprits et il se retrouvait de plus en plus frustré. Même si certains ne se gênaient pas pour le baiser, quelles que soient les rumeurs colportées sur son compte, c'était souvent par une marchandise de mauvaise qualité.
Certaines fois, il se dégoûtait même de les avoir laissé le toucher mais il n'avait pas le choix, il avait besoin de sa ration de sexe -question de survie- même si ces parties de baise étaient plus un calvaire qu'une véritable partie de plaisir.
Sa relation avec Draco avait tout de même légèrement évolué : le Serpentard continuait à l'informer sur l'avancée de Greyback de temps à autre. Puis c'était tout naturellement qu'ils commençaient à prendre le temps de parler d'autre chose bien que cela restait très sommaire.
Pourtant, il avait l'impression que le blond devait toujours avoir une raison valable pour venir lui parler car la plupart du temps, il continuait à l'ignorer superbement, même lorsqu'ils étaient protégés des regards des élèves les weekend, comme si aucune évolution positive n'était possible dans leur relation.
À Poudlard, il s'éloignait toujours de lui le plus possible, il refusait toujours que les gens sachent quel esquisse de lien il y avait entre eux et pour cause ; savoir que lui, Draco Malfoy fréquentait non sans réluctance une petite tarlouze de quatorze ans serait une disgrâce totale et irréversible. Même si Drago avait accepté passer un peu de temps avec le brun, ces moments avec lui ne suffisaient pas pour qu'il mette sciemment sa réputation en danger.
-Putain Malfoy ! s'indigna Harry une fois que Draco l'eut relâché pour fermer la porte avec précipitation, je sais que t'as honte de moi mais tu pourrais au moins avoir plus de manières, t'es pas obligé de me traîner d'une pièce à l'autre comme si j'étais un vieux paquet de lessive !
Le blond grimaça, toujours agacé lorsque le brun utilisait un vocabulaire trop moldu puis soupira profondément, attendant que les bruits de pas et de rire des élèves disparaissent totalement.
-Ecoute Potty, commença-t-il avec colère, c'est pas parce que ta réputation est au plus bas que tout le monde a envie de suivre ton exemple. Perso, j'ai pas envie qu'on me prenne pour une pédale juste parce que j'ai l'extrême générosité de te communiquer certaines infos nécessaires à ta survie. Alors t'arrêtes de te lamenter sur ton sort.
Harry serra les points avec hargne, c'était toujours pareil. À chaque fois qu'ils marchaient ensemble dans un couloir quelconque, Malfoy le poussait violemment pour le cacher au moindre bruit suspect.
Au début ça le faisait bien rire, son visage pâle et défait quand il croyait que quelqu'un les avait surpris ensemble, mais à présent c'était plus vexant qu'autre chose.
Il repoussa le blond qui était resté près de la porte dorénavant close, écoutant le rire d'une fille diminuer jusqu'à disparaitre totalement au détour d'un couloir.
-Tu sais quoi ? C'est bon ! J'ai compris, tu risques gros avec moi et je te promets de plus me plaindre de la situation mais là tout de suite, je vais te faciliter les choses : je me tire, j't'ai assez vu. Rien ne t'oblige à te mouiller comme ça, tu me fileras les infos ce weekend. À plus.
Et sur ces dernières paroles, il quitta la salle de classe vide et marcha d'un bon pas dans le couloir sombre et désert, espérant secrètement que Malfoy le suivrait pour le retenir.
Mais ce fut loin d'être le cas.
Draco serra les dents avec force, s'empêchant d'étrangler le mioche qui passait devant lui la tête haute. Il était vraiment bouché, ou il le faisait exprès. En seulement quelques secondes, il venait de ruiner leur petite trêve, le défiant ouvertement et pourtant malgré lui, cela lui plaisait.
Il soupira profondément, cherchant un moyen de faire revenir le brun à lui, n'étant absolument pas d'humeur à retourner dans sa salle commune aussi tôt, quand une voix froide et moqueuse l'arrêta brusquement, la main sur la poignée de la porte ouverte, un pied lever en signe d'un futur déplacement qu'il ne pouvait plus s'octroyer maintenant que le couloir était occupé.
-Tiens tiens tiens, prononça une voix froide, mais c'est la petite pute du monde sorcier en personne.
Draco sentit ses entrailles se contracter au son de ces voix hostiles.
-Qu'est-ce vous voulez les tafioles ? fit la voix amusée du Gryffondor, désolée les gars, je suis pas d'humeur ce soir et sans vouloir vous vexer, avec vos gueules, j'crois que j'préfèrerais encore me taper une nana.
Draco leva les yeux au ciel, se retenant d'aller étrangler le gamin pour qu'il se la ferme au lieu de tendre le bâton à ses assaillants. Comment réagirait-ils si Potter se faisait tabasser sous son nez alors qu'il était tout simplement hors de question qu'il lui vienne en aide devant plusieurs témoins poudlariens ? Il devait conserver sa couverture et son influence sur Poudlard pour pouvoir continuer de servir à la cause des Ombres, et soutenir la personne la plus tyrannisée de l'école ne l'aiderait sûrement pas dans sa tâche.
Il eut à peine le temps de se poser la question qu'il entendit un bruit de claque suivit d'un geignement et d'un bruit de corps qui tombe ce qui lui fit fermer douloureusement les yeux.
Il ne voulait pas regarder ce qu'il se passait ou il ne répondrait plus de ses actes. Aussi resta t-il simple auditeur tandis que le jeune homme qu'il avait juré de protéger se faisait tabasser par deux petites raclures qui s'en donnaient à cœur joie.
-Alors ma chérie, reprit le plus grand, t'aimes ça te faire castagner ? T'aurais quand même pas des tendances sadomaso en plus ?
Il entendit un nouveau coup et se mit à serrer les poings à s'en faire saigner les jointures, se contrôlant au maximum pour ne pas intervenir. Il aurait tellement aimé que Potter se remette à les insulter, mais il ne l'entendit que gémir de douleur.
-Du calme, ordonna une seconde voix, j'aime pas les petites salopes dans ton genre mais je dois t'avouer qu'on aime bien les dresser.
Le rire mauvais qui suivit suffit à Draco pour se décider -enfin- à faire marcher son cerveau à cent à l'heure pour trouver quelque chose qui pourrait aider le gamin.
Un autre gémissement plaintif raisonna jusqu'à lui.
Draco se mordit la lèvre jusqu'au sang, sa baguette qu'il avait saisit sans même sans s'en rendre compte crépitait avec hargne des étincelle d'un rouge sang. Ses yeux étaient de l'argent en fusion alors qu'il fixait avec force le mur qui lui faisait face. Il allait les tuer ces petits fumiers, il se jura qu'il allait les massacrer à tel point qu'ils en seraient défigurés à vie.
Le nouveau gémissement douloureux qui atteignit ses oreilles décupla sa haine et il se focalisa alors sur la fenêtre entre ouverte qui finit par claquer avec une telle force que la vitre se brisa en milliers de petits éclats de verre qui s'éparpillèrent partout dans la salle.
-Putain, s'écria l'une des voix des attaquants à l'entente du fracas assourdissant, c'était quoi ça ?
-Je sais pas, répondit la seconde voix, inquiète, viens on se casse Davies, ça va rameuter Rusard.
Draco soupira, ravi de ne pas avoir été découvert, d'avoir pu raccourcir le supplice de gamin et, en plus, connaitre le nom du principal responsable qu'il se ferait une joie de détruire en temps voulu. Il patienta quelques secondes puis sortit de la salle pour y trouver un Potter complètement prostré sur le sol, totalement replié sur lui-même.
Il grimaça en constatant que cette vision lui tordait encore plus le ventre plutôt que de ressentir un quelconque désintérêt et comble du ridicule, il ne savait absolument pas comment réagir.
-Ma baguette, souffla Potter d'une voix faible.
Harry avait du mal à respirer convenablement, le dernier coup porté à son thorax lui ayant coupé momentanément le souffle. Il ferma les yeux de douleur, laissant couler doucement le sang qui envahissait sa bouche. Il n'avait même pas eut le temps de se défendre que ces deux molosses lui étaient tombés dessus, le frappant jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger, le corps perclu de douleurs et de courbatures.
Il vit la silhouette de Malfoy lui tendre sa baguette et se concentra pour conjurer les sorts de guérison adéquats puis se redressa complètement une fois guéri. Il posa un regard méprisant vers le Serpentard qui le scrutait avec une once de pitié au fond des yeux.
-T'inquiète, c'est l'histoire de ma vie, fit-il d'une voix profondément indifférente comme s'il ne s'était pas fait tabasser jusqu'au sang la minute précédente.
Avec le temps, il avait appris à encaisser rapidement, ce n'était pas la première et ce ne serait certainement pas la dernière fois. Malfoy restait incroyablement silencieux sans cesser de sonder le jeune homme face à lui qui remettait ses habits correctement.
Il sentit sa gorge se serrer quand Potter releva doucement la tête vers lui, vrillant dans son regard troublé, des émeraude brillantes de détermination.
-Au fait, pourquoi ce temps de réaction pour intervenir ? Par curiosité ? "Voyons voir comment le pédé de service va réagir, j'parie qu'il va prendre son pied, y'a vraiment que les petites pédales vicieuses pour aimer s'en prendre une."
Draco n'avait aucune réponse à formuler mais ne cilla pas alors que les yeux verts le méprisaient tout entier, et le Serpentard envia son calme froid qu'il avait retrouvé en quelques secondes, le trouvant beau dans sa déchéance. Potter subissait les coups sans jamais laisser tomber, se fichant totalement de ce qu'on pouvait penser de lui et ce, malgré les lourdes conséquences que cela lui coûtait.
-Tu me dégoûtes, murmura doucement le brun, le sortant brutalement de ses pensées élogieuses, avant de tourner les talons.
Et il l'observa partir la tête haute, sans un regard pour lui, le laissant seul dans ce couloir, la baguette à la main.
Que pouvait-il répliquer à cela ?
Il réalisa qu'il se dégoûtait lui-même suffisamment fort pour le laisser entendre dire à voix haute.
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-Je ne veux surtout pas de carnage gratuit cette fois ci, les enjeux sont trop grands, déclara Regulus d'une voix froide, vous n'attaquez que quand vous êtes sûrs de votre cible. Si j'apprends que l'un d'entre vous n'a pas scrupuleusement obéis à mes ordres, il va passer un sale quart d'heure, vous pouvez me faire confiance là-dessus, susurra-t-il dangereusement en caressant doucement sa baguette. Allez, au boulot !
Un léger brouha s'éleva de l'assemblé qui commençait à se disperser rapidement, chacun ayant reçu des directives très claires pour cette nouvelle mission.
Draco soupira doucement, avachi élégamment dans son fauteuil tout en observant les visages réjouis des Ombres qui avaient hâte d'aller se battre.
Ils avaient débusqué l'un des quartiers généraux d'une association anti-sorcier qui faisait des ravages en France. La difficulté de la mission résidait dans le seul fait que la dite base se trouvait en plein centre d'une rue constamment fréquentée. Les Ombres avaient donc pour ordres de ne tuer que ceux faisant partie de l'association incriminée, ce qui allait sans doute se révéler assez difficile, surtout connaissant le tempérament tueur de la plupart des sorciers. Mais Regulus tenait à ce que ce ne soient pas les sorciers qui commencent une guerre ouverte.
Il sourit froidement, observant distraitement la salle se vider et son cousin donner quelques dernière directives aux chefs d'élite. Lui-même n'avait pas à s'y rendre principalement parce que la mission se déroulerait dans trois jours, soit lundi, pendant qu'il serait à Poudlard.
Il leva les yeux au ciel, réalisant qu'avec le diner de famille de prévu de ce soir, il était coincé chez lui pour ce joyeux début de weekend, sans pouvoir éviter le petit brun qui hantait constamment ses pensées.
Cela faisait une semaine qu'avait eu lieu l'attaque du squatteur, et cela faisait aussi une semaine que ce dernier ne lui avait pas adressé la moindre parole ou le moindre regard, ce qui le rendait doucement mais sérieusement dingue. Il conjura distraitement un Tempus et vit qu'il était dix-neuf heure trente. Il ne devait pas tarder à rentrer s'il ne voulait pas que sa mère lui tombe dessus avec toutes ses questions assommantes de génitrice .
L'un dans l'autre, cette soirée allait être un bain de sang.
Il eut un sourire glacial quand il repensa à ce qu'il avait fait deux jours auparavant. Les deux Serdaigles qui avaient osé attaquer son petit protégé étaient présentement placés en soin intensif à l'hôpital St-Mangouste. Pour la première fois, il avait lui-même réglé ses comptes de ses propres mains. Cela avait fait des gorges chaudes à Poudlard et particulièrement au sein des Serpentards.
Distraitement, il observa sa main droite qui était rougie par endroits, et encore un peu douloureuses des coups qu'il avait donnés. Il s'était tout simplement déchainé sur eux, faisant passer dans ses frappes toutes sa haine, sa frustration et son incompréhension face à ce comportement nouveau qu'était le sien.
Après coup, il avait été choqué de ce qu'il avait fait, lui qui ne se salissait jamais les mains mais il avait purement et simplement vengé Potter, comme si, d'une certaine manière, il se rattrapait de ne pas avoir eu le courage nécessaire pour l'aider au moment opportun.
Il soupira avec force, essayant de chasser une nouvelle fois ce visage trop fin et ces yeux trop verts qui l'envahissait à chaque heure de la journée.
Pourquoi la vie d'autrui lui avait toujours paru d'un ennui mortel et pas celle ci en particulier ?
-La tête que tu fais, fit Regulus en s'assayant à ses côtés, qu'est-ce qui se passe ?
Il ne répondit rien. Il n'y avait rien à répondre.
-Tu penses encore à lui, pas vrai ? demanda doucement Regulus en observant ses ongles.
Draco lâcha une exclamation étouffée avant de répliquer froidement, mais intérieurement saisi :
-Je vois pas de quoi tu parles, là !
Il reçut un petit rire moqueur alors que les yeux gris de son cousin se tournaient doucement vers lui.
-Allez Draco, je te connais depuis le temps, dit-il d'une voix moqueuse. Quand tu penses au squatteur, tu as toujours ce visage un peu perdu. Et je peux t'assurer que cette expression te quitte plus depuis un bon mois.
Il se releva brusquement à l'entente de la critique à peine déguisée de Regulus.
Le problème n'était pas qu'il pense à lui -il s'était fait une raison- mais qu'il ne pense plus qu'à lui, délaissant sans même y prendre garde ses obligations de meneur. Regulus lui avait bien dit d'accentuer plus encore la surveillance de Poudlard, des sang-mêlés et de Dumbledore, mais il ne pouvait tout simplement pas se sortir de la tête ces yeux trop verts pour ce concentrer sur les tâches primordiales qui lui étaient destinées dans sa lutte contre les moldus.
Putain, qu'est ce qu'il m'a fait ?
Draco se laissa tomber sans aucune grâce dans son fauteuil.
Regulus observa son cousin quelques instants, en silence. Il devait avouer que le blond avait beaucoup changé depuis que Potter était sous la tutelle de ses parents. Il était plus expressif, moins froid et plus altruiste, enfin, dans la mesure réduite où cela concernait le plus jeune. Mais c'était tout de même un changement positif pour le jeune blond, malgré le faite que ce dernier ne s'en rendait pas encore compte.
-J'ai peut-être bien fait de te forcer la main finalement, pensa t-il à voix haute.
Draco se contenta de lui pointer son majeur droit mais son cousin ne s'en formalisa pas et continua :
-D'ailleurs ça avance avec lui ?
-Je suis sur le coup, prononça Malfoy d'une voix ennuyée.
-Et ces passages secrets ?
-Pas encore, faut que je le relance là dessus.
-Bien.
Ils restèrent dans un mutisme apaisant et Draco se demanda comment reparler à Potter de cette histoire de passages secrets, lui qui avait espéré que le plus jeune ramènerait le sujet de lui-même.
-Il sera au diner ce soir ? s'enquit soudain Regulus.
Draco sentit quelque chose de désagréable remuer dans son ventre à cette demande et au regard calculateur de son cousin poser sur lui. Il ne la sentait vraiment pas cette soirée.
-Où veux tu qu'il soit, connard ! cracha-t-il, vraiment à fleur de peau ces temps-ci. Je sais pas à quoi tu penses, mais je te préviens que si tu recommences ton petit jeu de...
-Allons Draco, susurra Regulus d'une voix profonde, tu sais bien que ce n'est pas du tout mon genre de faire ce genre de chose…
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Pas du tout mon genre tu parles ! Cela faisait à peine dix minutes qu'il était arrivé au manoir Malfoy que Regulus "flirtait" déjà effrontément avec ce foutu gamin. Celui-ci semblait d'ailleurs plus que ravi d'être au centre de l'attention de son cousin qui n'avait d'yeux que pour ce petit con.
Ils s'installèrent tous au salon après les apéritifs d'usage. Il fut d'autant plus contrarié quand il vit que Potter et Regulus était placés côte-à-côte, lui était assis en face du décérébré et à droite de sa tante Bellatrix. Il s'était résolu à ne pas desserrer les lèvres de tout le repas quand il manqua de s'étouffer à une remarque de Potter dite d'une voix aguicheuse :
-Vous êtes vraiment musclé Regulus, complimenta t-il en touchant, ou plutôt, en caressant sensuellement le bras de son cousin qui eut un sourire mutin, vous pratiquez quel genre de sport ?
Le dernier des Black sourit doucement.
-Je ne pratique que le sport de chambre, dit-il son regard plongé dans celui du petit brun qui n'avait cessé ses douces caresses, peut être veut-tu que je te donne quelques leçons .
-J'en serais ravi, répondit Harry avec un grand sourire enjoleur.
Il lâcha doucement le bras du brun avant de retourner à son assiette sans vraiment prêter attention à la discussion qui avait lieu entre les trois adultes. Seul le regard noir et furieux du blond importait. Il savait bien que Regulus jouait la comédie juste pour énerver Draco, lui-même savait également que jamais rien ne se passerait entre lui et le brun ténébreux, mais cela le comblait d'une certaine manière de jouer à ce petit jeu de séduction sans autre conséquence que celle de rendre furieusement jaloux le blond de ses pensées.
Car oui, nul doute à présent que Draco Malfoy était juste jaloux. Quand il l'avait quitté après l'épisode douloureux des deux Serdaigles, il l'avait tout simplement ignoré, faisant comme s'il n'existait pas, arborant la même attitude indifférente que le blond après les vacances. Mais c'était juste pour la forme que par réelle rancœur envers lui. Il ne pouvait pas lui en vouloir de l'avoir laissé se faire passer à tabac quand il ne se serait jamais douté une seconde qu'il finirait quand même pas intervenir. Il avait même été après coup incroyablement flatté que le blond lui ait finalement sauvé la mise, sentiment renforcé quand il avait appris que ses deux agresseurs avaient été envoyés d'urgence à St-Mangouste dans un état critique.
Maintenant, Draco aurait beau jouer les connards de service, ils étaient arrivés à un point où le Serpentard ne pouvait plus nier tenir un tant soit peu à lui, même si cela semblait être contre sa volonté.
Le repas se passa dans un calme relatif, même si Harry et Regulus se plaisaient à flirter gentiment sous le regard de plus en plus noir de Draco qui n'avait pas desserré les dents de la soirée.
Sa rédemption eut lieu environ une heure plus tard. Sa mère proposa à Regulus et Bellatrix de rester passer la nuit étant donné l'heure avancée et poussa un profond soupire de soulagement quand sa tante déclara qu'elle se retirait dans ses appartements, vite suivit par ses parents, les laissant seuls dans le salon.
Il se tourna vers son cousin et déclara tout en se levant souplement sans un regard pour le plus jeune.
-Bon, on va boire un dernier verre dans ma chambre ? dit-il à son cousin sur un ton plus froid qu'il ne le crut.
Il voulait à tout prix que le dernier des Blacks détache enfin son attention. Il en avait vraiment marre de tous ces hommes qui n'avaient de cesse que d'observer le gamin, même son cousin, fier hétéro. Et puis c'était son meilleur ami, alors pourquoi l'ignorait-il ainsi au profit d'un petit écervelé pédéraste ?
-Black, tu te ramènes ? s'agaça Draco alors que son cousin ne détachait toujours pas les yeux de Potter.
-Et si Harry venait boire un dernier verre avec nous ? proposa t-il au plus jeune sans même consulter le blond.
Mais quel enfoiré !
-Vous voulez peut être aussi que je vous laisse ma chambre et que je vous attende dans le couloir ? s'énerva franchement Draco de plus en plus irrité de les voir ensemble.
Il se crispa entièrement quand il vit une petite main fine et brune caresser doucement un bras musclé.
-Mais non, tu peux aussi participer, rit un peu Harry devant son air perpétuellement grognon.
Voilà que le brun se remettait à lui parler, il aurait peut-être préféré qu'il garde son attitude distante de ces dernières jours après mure réflexion.
Harry passait une soirée tout simplement magnifique, se nourrissant exclusivement et sans modération de la jalousie presque maladive du blond.
-Ou au moins mater, rajouta Regulus avec une moue moqueuse, faisant doucement sourire le petit brun.
Harry n'aurait jamais pensé que Regulus Black serait un précieux allié dans sa chasse au Malfoy sauvage.
Son sourire se fit plus grand tandis que la main forte de Regulus passait doucement sur sa joue pour enlever un cil qui y avait élu domicile, le faisant rougir doucement.
Draco plissa les yeux, grimaçant devant leur humour foireux et devant ce geste trop tendre pour être toléré sereinement.
-Vous êtes vraiment pathétiques, crachât-il avec hargne tout en se levant rapidement.
Il ne pouvait pas croire que son propre cousin le trahissait ainsi. Il grogna à nouveau quand le rire harmonieux du gamin raisonna fraichement dans la pièce silencieuse.
-Détend toi Draco, s'amusa t-il, je peux très bien être ami avec un mec canon sans arrière pensée tu sais...
Il accentua sa remarque par un petit regard aguicheur et Draco détourna la tête pour éviter de sentir la température de son corps augmenter dangereusement. Il devenait vraiment fou. Un simple regard de la part du gamin et il perdait tout contrôle sur son corps et son esprit. Fallait dire que cela faisait longtemps qu'il n'avait pas senti le regard chauffant du Gryffondor à son encontre...
Aussi se dirigeât-il sans un regard en arrière, vers sa chambre, se foutant complètement de savoir si le môme viendrait ou non. Il se maudit d'espérer qu'il vienne malgré ses directives.
-Allez viens, entraina Regulus en prenant Harry par le bras pour l'emmener dans la chambre de Draco.
Le trajet fut étonnement court et silencieux, Malfoy marchant en tête d'un pas vif, vite suivit par les deux bruns, complices.
Harry se fit la réflexion, quand ils arrivèrent à destination, que c'était la première fois qu'il y entrait depuis qu'il y avait trouvé Draco à moitié mort.
La pièce était très faiblement éclairée mais Harry reconnut qu'elle avait beaucoup de classe, elle était bien différente des chambres de garçons adolescents mais cela lui plut, une fois encore Draco avait décidé de ne pas emprunter le même chemin banal que tous les autres, tout comme lui. Neutre sans être impersonnelle, elle était remarquablement bien rangée.
Un grand lit à baldaquin trônait en plein milieu de la chambre, les tentures d'un beau vert Serpentard se mariant avec grâce à l'argent de ses draps de soie et de ses couvertures de velours. Un bureau en bois sombre se situait à droite du lit, proche de la porte d'entrée ainsi qu'une petite bibliothèque remplie de livres divers. Une gigantesque armoire prenait tout un pan de mur et, au centre de la pièce, devant une cheminée, se trouvait une table basse, un petit canapé et deux fauteuils.
Il aimait beaucoup l'ambiance classe et intime à la fois, chaleureuse et froide. Des contrastes se mariant avec grâce, lui donnant l'impression de devenir dingue.
-Me dis pas que c'est la première fois que tu entres, s'exclama Regulus en remarquant le regard scrutateur d'Harry.
Draco se sentit un peu mal à l'aise à cette remarque pourtant anodine. Non, ce n'était pas la première fois qu'il entrait dans sa chambre, mais il avait décidé d'oublier la première.
Il jeta un regard froid vers le môme, le dissuadant de dire la vérité et le Gryffondor décida qu'il ne voulait pas le gêner plus qu'il ne l'était déjà :
-Si. C'est très joli, Malfoy, très original, dit-il d'une voix douce, non sans lui lançait un regard moqueur, lui signifiant implicitement qu'il lui devait une fière chandelle.
Malfoy grogna sourdement sous le regard moqueur de son cousin qui s'était déjà installé sur le canapé, invoquant d'un coup habile de baguette deux bouteille de Whisky Pur Feu.
-Je sais, j'fais faire des tours de visite toutes les heures mais le soir c'est fermé donc tu peux te casser maintenant, assena Draco furieux que le gamin gâche sa soirée avec son meilleur ami.
Harry le fusilla du regard et Draco le soutint.
Regulus sentit l'ambiance devenir électrique tant les deux étudiants s'assassinaient du regard, attendant que l'un ou l'autre gagne ce combat visuel.
-Ne sois pas désagréable blondinet et sers-nous plutôt à boire, proposa l'ainé pour détendre l'atmosphère.
Ils s'installèrent sur les fauteuils confortables et burent tous trois le verre que le blond leur avait servi. Regulus et Harry pensèrent que si le Serpentard buvait un peu, sa rancœur et sa jalousie seraient apaisées, leur permettant ainsi de passer une bonne fin de soirée.
Ils continuèrent à boire pendant encore un moment dans un silence apaisant, finissant sans même s'en rendre compte la première bouteille, avant que Regulus ne propose :
-Et si on faisait un Poker Inviolable ?
Draco se redressa légèrement, étonné et Harry haussa les sourcils, un peu confus.
-Tu veux jouer avec lui ? s'indigna Draco en désignant le plus jeune d'un signe de tête, sois t'es réellement pédé, soit t'es complètement malade.
Le blond ne fit même pas attention au regard noir qu'il reçut d'Harry qui se sentit violemment insulté par sa remarque haineuse. Mais c'était quoi son problème à lui ? Il lui soufflait le chaud et le froid à une vitesse trop vertigineuse pour qu'il puisse le suivre.
Il s'apprêtait à lui lancer une remarque glaciale quand la voix suave et moqueuse de Regulus retentit, perfide :
-Et pourquoi pas ? Ça ferait de nouveaux défis justement. À moins que t'aies peur...
Harry se laissa aller contre son siège, sachant déjà que le brun avait gagné la partie. Il défiait le blond, ce que ce dernier détestait le plus. Qui plus est, il avait horreur d'être traité de lâche, par qui que se soit.
Regulus sourit doucement, défiant du regard son cher et tendre cousin qui le fusillait des yeux, hurlant silencieusement à la mutinerie.
-J'ai peur de rien, se résigna Draco en croisant les bras.
L'ainé eut un sourire satisfait, il allait bien s'amuser ce soir au final.
-Tu sais jouer, Harry ?
Ce dernier secoua la tête négativement et Regulus se mit à lui expliquer les règles.
La différence avec le poker moldu était qu'à chaque fin de manche, le vainqueur désignait un des joueurs et lui laissait le choix entre un défi ou une révélation. Mais la victime désignée par le gagnant était forcé de se soumettre à ce qu'il aurait choisi puisqu'il serait soumis au sort "invioli" qui obligeait à parler ou à faire ce pourquoi on était engagé. Mais ce qui était principalement ludique était qu'il était facile à contourner, on pouvait facilement y résister mais dans ce cas, la personne qui refusait de se soumettre au sort était tout de suite démasquée dans ses éventuels mensonges. Voilà pourquoi les autres joueurs devaient miser pour savoir si la victime se soumettrait ou non, si elle y arrivait, c'est elle qui remportait tous les jetons misés.
Un sourire mutin naquit au coin des lèvres du jeune garçon en songeant à que ce jeu pouvait impliquer mais lui ne s'en inquiétait pas, il n'avait jamais rien eu à cacher.
-Je crois que j'ai compris le principe, dit-il avec un sourire aguicheur.
Ils se mirent alors à jouer.
Harry n'était pas très doué niveau bluff et n'avait toujours pas gagné une seule manche, ce qui le frustrait. Il aurait aimé donner un défi ou poser une question très embarrassante au blond qui, dans tous les cas, ne se contentait que des défis tout comme Regulus, lorsqu'ils perdaient.
Draco n'allait d'ailleurs pratiquement jamais jusqu'au bout de ses défis : il ne but que la moitié des verres qui lui était demandé de boire, de peur d'être ivre avant les autres, n'avait simulé un orgasme que pendant quelques secondes -qui suffirent au Gryffondor pour augmenter la température de son corps de plusieurs degrès alarmants- alors que cinq minutes étaient requises et avait carrément refusé de se mettre complètement nu, se contentant seulement de retirer son pull.
De ce fait, Harry se retrouvait à la fois complètement excité et bien trop frustré, ce jeu étant une bénédiction et une malédiction à la fois.
Lui se contentait de prendre les questions, révélant en détail et sincérité, dû au sort, toutes ses aventures de débauchées ce qui rendait Draco incroyablement mal à l'aise. Ce dernier évitait d'ailleurs toujours de le désigner lorsqu'il gagnait, ce qui était plutôt fréquent, et Harry en était d'autant plus frustré.
Le jeu en règle générale se révélait bien moins prometteur qu'il ne l'avait espérait.
Alors que Regulus gagnait une nouvelle fois, il désigna Draco qui choisit pour la première fois la révélation ; il en avait assez de jouer au looser tout ça parce que la présence de Potter le gênait atrocement.
Harry misa très gros, persuadé que le Serpentard se défilerait à nouveau.
-Qu'est-ce que tu ressens pour Harry ? demanda son cousin d'une voix onctueuse avant de jeter le sort sur sa nouvelle victime qui n'avait même pas eu le temps de cracher son indignation.
Comment son meilleur ami osait-il lui poser une telle question ? Il se sentit presque acculé au mur quand il sentit les regards des deux bruns posés sur lui. Que pouvait-il répondre ? La vérité était totalement exclue mais dire un mensonge était totalement inutile et vain, le sort le démasquerait avant même qu'il n'ait terminé de parler.
Quelle option était la moins humiliante ?
Harry croisa les pupilles argentées du Serpentard soumis et ce dernier se sentit happer par la force de se regard brillant d'espoir et d'impatience.
Il se résigna donc à détourner le regard, sa décision enfin prise :
-Simplement une indifférence totale, j'aurais juste aimé qu'il n'ait jamais débarqué dans ma vie, annonça le blond avec une assurance déconcertante.
Bien que le Gryffondor fut atrocement blessé par ces paroles cassantes, il fut rassuré de constater que la lumière du sort projetée par la baguette de Regulus était restée rouge pendant toute sa "révélation", signe indiscutable qu'il mentait.
-Parfois la vérité est trop blessante pour être révélée, se justifia Draco, très sûr de lui.
-Va te faire, Malfoy, lança le Gryffondor tout en encaissant les gains qu'il avait gagnés avec une certaine amertume.
Et Draco lui offrit un magnifique sourire narquois en guise de réponse.
-Est-ce que t'as envie de te faire mon cousin ? demanda Draco au Gryffondor qu'il désignait pour la première fois de la soirée.
Soumis au sort, Harry ne se fit pas prier pour répondre très franchement :
-Il est très attirant mais étant donné que j'ai conscience qu'il est hétéro et que je n'ai aucune chance, je le drague simplement pour t'énerver parce que ça te rend jaloux et qu'il n'y a rien de plus jouissif que de te voir dans cet état.
La lumière ne s'allumant pas, Harry ayant dit l'entière vérité, il empocha ses gains et Draco le fusilla du regard. Comment osait-il ce petit con ? Regulus, quant à lui, les observait du coin de l'œil avec un grand sourire amusé.
-Pourquoi toujours mentir quand ça me concerne ? demanda Harry qui avait enfin gagné une manche et désigner Draco.
-Parce que je ne te laisserai jamais connaitre quoi que soit sur moi.
La lumière ne s'alluma pas et Harry se sentir bouillir sur place. À cet instant, alors que le Serpentard lui offrait son plus grand sourire sarcastique pendant qu'il empochait ses gains, Harry eut envie d'aller le frapper sur place.
-Pourquoi as-tu besoin d'avoir l'impression de me rendre jaloux ? s'enquit Draco au Gryffondor lorsque ce fut son tour.
-Pour te prouver que t'es un gros pédé refoulé !
Il arriva un moment où Regulus cessa presque de jouer, se couchant à chaque fois pour les laisser se poser leurs questions stupides et interminables. Le spectacle qu'ils livraient était assez cocasse, tous deux se fichaient de gagner, de mentir ou non, du moment qu'ils pouvaient s'insulter librement :
-Faut vraiment que je sache, est-ce que t'es toujours puceau ? fit Harry en ricanant.
Plus tard, alors que Regulus commençait à être fatigué, l'heure se faisant de plus en plus tardive, il décida de mettre un terme au jeu en gagnant une dernière manche, il désigna Harry qui choisit cette fois ci un défi.
-Je veux que tu ailles embrasser le cou de Draco pendant toute une minute.
Le Serpentard se liquéfia sur place puis se leva de se chaise subitement.
-Va crever ! Ce mec m'approche et je le bute, rugit-il indigné.
Regulus soupira.
-T'es vraiment une petite nature, moi qui étais persuadé que j'avais choisi un défi très soft pour toi...
-Mais va te faire foutre, comme si toi t'aurais laissé un mec te baver dessus !
-Bien sur que oui, intervint Harry sur un ton condescendant, ayant brusquement très chaud rien qu'à l'idée d'être autorisé à poser ses lèvres sur la peau douce du blond, tout le monde aurait accepté, y'a vraiment que toi pour avoir peur d'un truc pareil, au moins tu restes constant, tu te seras défilé jusqu'au bout, même quand c'était pas à toi d'être mis au défi.
Sa remarque eut le mérite de le calmer et de toucher sa fierté. Il se rassit lentement, contenant sa rage remarquablement.
-Je n'ai pas peur...
-Alors qu'est-ce que t'attends pour la fermer et me laisser faire, histoire que je vous mette la raclée de votre vie à tous les deux ? s'enquit Harry très confiant en se levant de son siège avant de se diriger vers le blond, tremblant presque d'anticipation.
-C'est qu'une minute, rappela Draco, furieux mais résigné.
Harry se positionna derrière lui, se pencha lentement à son oreille.
-T'inquiète, je promets de ne presque pas t'abîmer, susurra t-il d'une voix langoureuse et Draco fronça les sourcils, peu rassuré.
-Invioli ! lança Regulus tout excité et Harry se soumis à sa tache sans broncher.
Il commença d'abord doucement, embrassant lentement la peau douce et pale avec de petit baisers rapides, juste pour savourer le fait de toucher de sa bouche cette épiderme si ardemment désirée. Il devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas enlacer le corps tendu qui lui faisait face. Il soupira de bonheur et gloussa doucement en sentant les frissons de Malfoy qui résista pour ne pas fermer les yeux de plaisir. C'était rien, juste quelques baisers ridicules et pourtant, il se sentait déjà brûler.
Drago retint difficilement un gémissement quand une langue lécha doucement son cou, suçant sa peau fragile, mordant sensuellement sa nuque comme pour la marquer. Il crut mourir quand la bouche insidieuse remonta très légèrement vers cette partie si sensible se trouvant proche de son oreille. Il serra les dents quand il sentit les mains fines du brun se poser sur sa taille, juste pour pouvoir le toucher, juste pour empêcher ses mains de glisser sur tout le corps offert devant lui.
Draco ferma doucement les yeux, laissant sans s'en rendre compte sa tête se pencher vers la droite, laissant toute la place disponible au brun pour qu'il puisse l'embrasser plus profondément, ce que le Gryffondor fit avec un plaisir évident. Il se pencha et embrassa avec force le cou ainsi dévoilé, plongeant avidement sur cette peau tendre qu'il martyrisa tendrement.
Harry mordit férocement la nuque du blond qui gémit avec force, serrant les lèvres pour s'empêcher de soupirer alors que ses propres mains aller saisir celles du petit brun pour les serrer avec une passion non feinte qui ravie le plus jeune, lui permettant de mettre plus de dévotion encore dans ses baisers. Malfoy ne savait plus où il était mais il se sentait si bien et appréciait tant sentir ce souffle saccadé dans son cou à présent humide, il adorait serrer ces mains si fines qui se contractaient contre son corps, il aimait tellement sentir cette bouche audacieuse l'embrasser avec ferveur qu'il se sentait commencer à bander sans possibilité de retour en arrière, s'obligeant à serrer les jambes avec force pour ne pas être découvert.
Incapable d'ouvrir les yeux, il profita de cet instant de total d'abandon, préférant oublier qui était en train de lui prodiguer de si délicieux baisers. Il ne put d'ailleurs retenir un gémissement frustré quand la bouche se retira doucement, non sans l'avoir baisé une dernière fois, comme un adieu.
-J'ai gagné, souffla Potter à l'oreille de Draco qui n'arrivait pas à croire qu'il bandait comme un âne, les sens à fleur de peau.
Il fallait que ce mioche s'éloigne, qu'il ne se rende surtout pas compte de l'effet qu'il lui faisait.
Harry se releva doucement, sachant pertinemment que son érection était clairement visible à travers son pantalon. Il se dirigea d'un pas chancelant vers son fauteuil où il se laissa tomber, le souffle court. Il leva un regard troublé vers le blond qui était resté assis sur son siège, arborant un magnifique suçon, le visage rougis et le regard fiévreux.
Il était tout simplement bandant. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres pleines.
-Faut que je sorte, annonça brusquement Malfoy en se levant de son siège, je viens de penser que j'ai oublié un truc important chez Blaise, à plus tard.
Draco s'enfuit de sa chambre d'un pas pressé, ignorant les regards perplexes des deux autres. Il avait conscience de ne pas avoir été crédible une seconde, il était plus de trois heures du matin et son sexe était douloureusement compressé dans son pantalon. Il avait l'impression de ne jamais s'être senti aussi excité de sa vie. Il voulait du sexe et maintenant. Pour l'instant, il décidait de mettre Potter de côté dans cette équation inquiétante.
Regulus observa son cousin quitter la chambre avec précipitation, lui-même ne se sentait pas capable de bouger.
Il était vrai que la scène était particulièrement excitante de là où il était posé. La façon dont le brun avait embrassé Draco, le visage extatique et totalement abandonné, la ferveur dans leurs caresses timides...Cela avait été si érotique qu'il sut que s'il n'avait pas été là, ils auraient sûrement été plus loin. Au vu de toute la tension sexuelle qui régnait dans la pièce, lui-même aurait surement déjà sauté sur l'autre, peu importait son sexe.
Il soupira avec force, tentant d'ignorer la respiration rapide du petit brun qui se contrôlait difficilement au vue de la crispation de ses mains sur ses genoux tremblants. Il espéra secrètement que le blond ne ferait aucune connerie cette nuit.
Malfoy transplana au pas de la porte de l'appartement de Millicent Bullstrode, une étudiante au ministère qui avait finie ses études à Poudlard un an auparavant. Draco était sorti avec elle un certain temps alors qu'il était en cinquième année et après qu'il ait rompu, il avait quand même tenu à garder quelques contacts physiques avec elle.
Il fallait dire que sur le plan sexuel, ils s'entendaient plutôt bien.
Bien que Millicent fut un peu surprise de le voir débarquer si tard, elle laissa son bel ange blond l'embrasser avec une fougue qu'elle aurait presque apparenté à du désespoir. Elle ignorait ce qui avait bien pu mettre le Serpentard dans un tel état mais sur le moment, alors qu'il lui offrait l'orgasme de sa vie, elle n'en avait cure.
Draco rentra au manoir une heure plus tard, Regulus ne fit aucun commentaire et lorsqu'il croisa Potty le lendemain, ce dernier se contenta de lui faire un petit sourire amusé mais n'ajouta rien non plus.
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Draco avait décidé que son comportement ne devait absolument pas changer envers Potter depuis ce qu'il aimait appeler "l'incident", il était déjà bien trop tolérant avec lui depuis quelques temps et voilà où cela l'avait conduit : à se laisser embrasser et toucher par le gamin. Le pire étant sans doute le fait qu'il ait aimé cela, bien plus que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Il avait vraiment espéré être dégoûté ou ne rien ressentir d'autre qu'une vague réluctance, mais rien de tout cela, bien au contraire, il en avait bandé si dur que rien que d'y repenser, il en avait des frissons de plaisir et de honte.
Il redoutait seulement que le brun ne se soit rendu compte de son état d'excitation cette soirée là, il avait une manière de le regarder à présent, bien plus aguichante, bien plus intense et cela le mettait incroyablement mal à l'aise si c'était encore possible. S'il était tout à fait objectif, il aurait dû avouer que ces regard en coin lui plaisait énormément, il aurait aussi admis qu'il les provoquait, aimant secrètement sentir sur lui la morsure de ces yeux luisant de désir pour lui.
Mais il était très loin d'être objectif, et il préférait penser que cela l'écœurait. Il aurait aimé pouvoir le remettre à sa place, être froid avec lui, ou au moins se remettre à l'ignorer proprement. Pourtant il ne pouvait s'éloigner de lui comme il l'aurait voulu, le weekend parce qu'il devait surveiller qu'il ne sorte pas du manoir, la semaine, parce qu'il avait besoin de lui désormais :
-Viens, murmura t-il discrètement alors qu'il le croisa volontairement dans un couloir vide.
Il l'entraina dans une salle de classe déserte et ferma la porte, craignant que des élèves ne les voient ensemble. L'épisode avec les Serdaigles n'étant pas encore digéré, il préférait être cordial avec le brun plutôt que de le remettre une seconde fois en danger.
Il soupira avant de se tourner vers le brun qui l'avait sans réchigner.
-Salut, dit le Gryffondor, toujours ravi lorsque Draco cherchait à lui parler.
C'était si rare ces temps-ci, depuis le fameux jeu de Regulus qui avait dévoilé beaucoup plus de choses qu'il n'en aurait espéré. Rien que d'y resonger, ses joues commençaient à chauffer doucement et son corps se mettait à réagir. Il se gifla mentalement et préféra se concentrer sur l'objet de ses désirs qui semblait d'ailleurs fortement mal à l'aise.
Il sourit doucement, c'était juste parfait. Au moins, il n'était plus dégoûté de lui.
-Faut que je te demande un service, annonça le blond se sentant à la fois inconfortable d'oser lui demander quelque chose mais également au souvenir de cette bouche offerte devant lui, sur sa peau...
Il ferma brusquement les yeux, tentant d'effacer ses souvenirs de sa mémoire. Il sursauta presque quand la voit douce et curieuse raisonna dans la pièce vide :
-Je t'écoute.
Il releva la tête automatiquement vers le petit brun qui se tenait face à lui, les bras croisé, un petit sourire au coin des lèvres. Il se racla la gorge, se força à revenir à la réalité.
Il avait une mission après tout !
-L'autre soir tu m'as parlé d'autres passages secrets dans le château que tu connaitrais, commença-t-il d'une voix sûre.
Harry fronça doucement les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir.
-Exact, dit-il sans grande conviction, scrutant le visage impassible du blond qui lui faisait face.
-Il faudrait que tu me les montres, tous si possible, déclara-t-il d'une voix impérieuse et sans réplique.
Si les Ombres voulaient qu'il espionne bien plus intensivement à Poudlard, il avait décidé d'employer les grands moyens et il était certain que les souterrains de Potter pouvaient lui être fortement utiles. Et si cela lui permettait en plus de surveiller le gosse, c'était absolument parfait.
Harry plissa un peu les yeux, suspicieux. Il était content à l'idée que Draco puisse dépendre de lui et de ses secrets mais il avait peur que cela ne se retourne contre lui après coup.
Aussi préféra-t-il abdiquer, non sans poser ses conditions.
-Ok si tu promets de ne rien montrer à personne, dit-il d'emblée avec un regard noir.
Il voulait bien dévoiler au blond ses secrets, mais il n'accepterait surement pas que les petits endroits où il aimait se cacher quand il se sentait mal soient le nouveau point de rendez-vous de tous les Serpentards du château. Si Malfoy refusait, alors il n'aurait qu'à se faire mettre. Il n'avait pas passé toute sa scolarité à chercher des lieux qui lui assureraient une parfaite solitude pour se voir déposséder de ses biens.
Draco acquiesça, lui donnant sa parole.
Il n'était vraiment pas sûr que tout ceci soit une excellente idée, mais il voulait trop avoir Malfoy pour lui tout seul pour être prêt à accepter n'importe quoi.
Ils se retrouvèrent donc tous les soirs pour la découverte d'un nouveau passage et Draco semblait à chaque fois complètement bluffé. Pour la première fois depuis que le gamin était entré dans sa vie, il se prit à franchement plus qu'apprécier sa compagnie ou du moins à accepter que cela puisse être possible.
Chaque soir, il souriait stupidement à l'idée de retrouver le Gryffondor si tard dans un endroit encore complètement dissimulé des autres élèves. Et cela ne l'horrifiait même plus. Toute la journée, il n'attendait qu'une chose avec une impatience fébrile, le retrouver et découvrir ce lieu si insolite qui l'avait abrité durant sept longues années. Il ne souhaitait même plus songer que tout cela était fait par calcul dans le cadre d'une mission assignée.
Son sourire se fit plus grand quand il vit le brun se tenir contre un mur les bras croisé, le regard perdu sur le mur qui lui faisait face.
-Hey ! héla-t-il quand il fut sûr que les lieux était déserts.
Harry se tourna violemment vers lui, inquiet. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne l'avait même pas entendu venir.
-Oh c'est toi ! soupira-t-il, une main sur le cœur.
-Qui tu voulais que ça soit ? grogna le blond qui ne souhaitait absolument pas savoir si le brun avait rendez vous avec un mec pour tirer son coup.
Le Gryffondor lui sourit, secrètement heureux de le voir aussi jaloux.
-Rusard traine dans les parages, vaut mieux se bouger, dit-il en commençant à avancer.
Draco le suivit, tentant de ne pas paraitre trop enthousiaste, ce qu'il échoua d'ailleurs misérablement, ses yeux étant trop brillant pour que cela ne soit naturel.
-Tu t'es vraiment jamais fait gaulé, Potty ? demanda t-il curieux.
Après tout, il n'avait jamais entendu parler d'un élève de cinquième année trainant constamment dans les couloirs durant la nuit.
Harry se tourna vers lui et leva un sourcil hautain.
-Nop. Jamais. Je suis bien trop malin, déclarât-il pompeusement avec une certaine dérision.
-Je t'ai connu plus modeste.
Harry eut un petit rire amusé. Il aimait vraiment cette atmosphère détendue qu'il y avait entre eux pendant leurs sorties nocturnes depuis quelque temps. C'était comme si la froide indifférence de la journée disparaissait complètement pour quelque chose d'intime et de secret. Et il adorait positivement l'idée qu'il partageait quelque chose de spécial et d'unique avec le blond. Cela lui faisait se sentir important dans la vie du Serpentard. Et il avait parfois l'impression qu'il n'avait jamais eu une telle alchimie avec qui que se soit dans sa vie, que son attirance pour lui dépassait l'attraction physique qu'il avait toujours ressentie à son égard.
-C'est parce que t'as une mauvaise influence sur moi.
Draco le suivit un peu silencieux, se faisant la réflexion que Potter avait une bien plus mauvaise influence sur lui-même.
-Moi aussi j'ai quelque chose à te demander, osa Harry un peu timidement alors qu'ils étaient sur le chemin, lui faisant entendre par là que lui-même avait déjà accédé à une demande en lui montrant tout ces passages.
Draco attendit, non sans devenir suspicieux devant l'air gêné du brun qui évitait son regard, semblant chercher ses mots.
Il n'aimait vraiment pas ça, persuadé que la suite n'allait pas lui plaire.
-Est-ce que ce weekend je pourrais sortir ? demande Harry d'une traite, ne quittant pas le sol des yeux.
Le Serpentard s'arrêta net, espérant secrètement qu'il avait mal entendu.
-Quoi ? cracha-t-il furieux.
Il rêvait où il venait de lui demander l'autorisation de se faire sauter ? Il serra les dents avec violence quand il croisa le regard suppliant du brun qui débita à une vitesse folle et d'une voix implorante :
-Juste pour une heure, je risquerai rien, je serais rapide mais là j'en ai trop besoin...
Malfoy se crispa quand il entendit la fin de la phrase être à peine murmurée, comme une plainte discrète et douloureuse. Mais il n'était pas devenu tolérant en si peu de temps non plus.
-C'est hors de question, répliqua le blond catégorique, d'autant plus qu'on a toujours aucune trace de Greyback en ce moment, il peut être partout.
Il sentit sa colère se faire plus grande quand le brun reprit, le suppliant du regard d'accepter :
-Mais s'il te plait, j'en aurai vraiment pas pour longtemps, je...
Draco le coupa brutalement, peu désireux d'en entendre plus :
-C'est non, Potty, plutôt crever que d'être responsable de ta mort simplement parce que t'auras eu le cul en chaleur.
Harry fronça les sourcils, vexé.
-Pauvre coincé, cracha t-il avant de faire demi tour retournant directement dans son dortoir.
Malfoy l'observa partir sans chercher à le retenir. Il sourit, satisfait de le voir abdiquer si facilement, mais intérieurement déçu de voir leur soirée s'écourter aussi tôt.
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Le weekend qui suivit fut assez tendu. Harry se sentait de plus en plus frustré de devoir se rabattre sur des vieux coups à Poudlard, d'autant plus maintenant qu'il profitait du corps parfait et désirable de son ange blond quotidiennement. Bon, pas vraiment de la façon dont il l'espérait mais le fait de le voir de près et de pouvoir le toucher plus ou moins discrètement lui suffisait pour le moment. Il ne savait pas s'il pourrait se passer de lui toute une journée entière maintenant qu'il avait goûté à son contact prolongé.
Malfoy était devenus sa drogue, une dépendance encore plus violente et excessive que celle qu'il avait pour le sexe. Mais il aimait tellement être avec lui qu'il se foutait royalement des conséquences de leurs étranges échanges.
Il devait reconnaitre qu'il aimait la façon dont leur relation évoluait. Cela lui paraissait tellement improbable après leurs débuts difficiles mais il ne pouvait s'empêcher de le désirer de plus en plus. Il voulait Draco à un point qui le faisait peur et être privé du Babylone depuis un mois n'arrangeait en rien les choses, pire encore, il en était de plus en plus frustré et coléreux.
Alors qu'il s'apprêtait à aller se coucher après avoir passé un énième dîner avec Lucius et Narcissa Malfoy en tête à tête, il passa par la chambre de Draco pour savoir s'il était rentré, ce dernier l'évitant un peu depuis leur dispute qui avait eut lieu la veille.
Il frappa sur la porte en bois finement ouvragée et entendit patiemment que le Serpentard daigne lui accorder quelques instants dans sa vie si trépidante.
Ce dernier lui ouvrit, torse nu, encore complètement trempé, ne portant qu'un ample pantalon noir.
Harry déglutit difficilement face à ce spectacle électrisant et violemment bandant.
Malfoy n'était pas à proprement parler très musclé, mais sa carrure était tout de même joliment imposante, son torse était imberbe et finement ciselé, le rendant beau comme un adonis. Il avait les cheveux trempés et plaqués sur son visage, laissant sensuellement dégringoler quelques gouttes d'eau le long de ses pectoraux respectables, avant de disparaitre dans ce foutu pantalon qui entenchait vraiment la vue. Ses yeux brillaient tellement, il était si beau, si sensuel dans cette absence de tenue qu'il sentit son sang bruler dans ses veines et sa respiration devenir laborieuse.
Il savait qu'il rougissait comme une écolière, mais il ne pouvait détacher son regard de ce corps trop sexy pour son bien, même si le Serpentard devait bien voir qu'il le reluquait sans aucune gêne, ni discrétion.
Putain, comme il le voulait ce mec !
Draco cligna difficilement les yeux devant ce regard brusquement fiévreux qui parcourait son corps, le détaillent sans aucun scrupule. Il avait ouvert la porte pour virer Potter, mais maintenant qu'il se trouvait face à lui et son regard de prédateur, il était incapable de parler ou de bouger.
Comment un regard pouvait-il pétrifier une personne ? Il n'en savait rien, mais alors que les yeux verts et assombris du plus jeune l'observaient avec une envie ravageuse, il ne pouvait rien faire d'autre que se laisser détailler avec une certaine excitation.
Il poussa un soupir tremblant, sentant de doux frissons de plaisir envahir sa peau mise à nue. Cela eut apparemment le mérite de sortir le Gryffondor de sa magnifique contemplation.
Harry se sentait bander si rapidement que c'en était presque humiliant.
Il fallait qu'il sorte d'ici, il avait bien trop chaud, s'il ne bougeait pas de là immédiatement, ce long mois de frustration et de baise fadasse aller le rattraper et le forcer à sauter sur le blond pour le violer dans les règles de l'art...
-Désolé...Bon, je vais te laisser t'habiller, à plus tard, dit Harry très précipitamment refusant de croiser le regard du Serpentard.
Il devait fuir et maintenant. Il avait envie de baiser et personne ne le forcerait à rester lire un livre toute la soirée comme un gentil père de famille sous prétexte qu'il était en danger dehors. Il ne pouvait plus là, il craquait.
Il dévala les escaliers quatre à quatre, se précipita discrètement hors du manoir pour ne pas éveiller les soupçons des Malfoy puis pressa le pas une fois dehors pour se diriger vers la zone de transplanage.
Sur le moment, il n'en avait rien à faire de désobéir ou de courir des risques. Il avait trop besoin de s'envoyer en l'air pour penser à de quelconques conséquences. Il sentait sa tête tourner, ses membres trembler et sa respiration se faire erratique. Il allait mourir s'il continuait ainsi, il le sentait dans toutes les fibres de son être et il s'en fichait d'avoir l'air de jouer un mélodrame.
Mais au moment où il gagnait presque sa destination, il entendit quelqu'un derrière lui. Il se retourna, surpris, et vit Draco, toujours aussi peu vêtu, lui courir après. Exaspéré, Harry se mit alors à courir à son tour mais le blond fut trop rapide et l'empêcha d'atteindre sa cible.
-Potter, tu restes là ! ordonna le Serpentard en le saisissant par les bras pour l'empêcher d'avancer jusqu'à la zone de transplanage.
-Lâche moi putain ! s'écria le plus jeune en se débattant furieusement.
Il était furieux que le blond ait deviné ce qu'il avait en tête et qu'il l'ait si facilement rattrapé.
Ils se débattirent comme des enragés pendant quelques instants jusqu'à que Malfoy le plaque durement à terre, dans l'herbe humide, coinçant les mains du gamin au dessus de sa tête et se servant de ses cuisses pour bloquer ses jambes.
Draco haleta quelques instants lorsque Potter cessa tous mouvements puis réalisa après coup qu'il était pratiquement nu contre le corps d'un homo en chaleur. Il décida d'ignorer cet état de fait, le Gryffondor ne devait surtout pas sortir de la propriété, c'était ce qui importait.
-Ca va, t'es calmé ? demanda t-il après un long silence pesant.
Harry voulait que Draco reste ainsi installé sur lui, il aimait sentir tout le poids de son corps contre lui et avait l'envie incongrue de remonter ses jambes de chaque coté de ses hanches que leur position soit encore plus suggestive si c'était possible. Ne pouvait-il pas comprendre qu'il était arrivait au bout de ses limites ?
Il voulait lever la tête pour humer et embrasser son cou si près de lui. À nouveau.
Il voulait lui aussi retirer ses vêtements pour sentir ce torse nu et humide contre sa peau.
Il voulait que Draco lui fasse l'amour à même le sol et tout de suite.
Il savait aussi qu'il fallait qu'il atterrisse rapidement avant que le blond ne le tabasse sur place. Il détourna la tête sur le côté pour éviter de croiser son regard gris si troublant.
-Tu devrais te lever, prévint Harry qui se sentait durcir à nouveau, son érection ayant était quelque peu malmenée par sa rage d'avoir été retenu par le blond.
Mais Draco sentait parfaitement le sexe du plus jeune grossir contre sa cuisse, pourtant, il ne pouvait pas bouger, il trouvait cette sensation parfaitement grisante qui prouvait une fois encore l'étendue du désir que le petit brun éprouvait à son égard et d'un autre coté, il avait bien trop peur que le gamin lui file encore entre les doigts pour le laisser partir.
-T'es vraiment incapable de te contrôler, ricana le blond, un torse dénudé et une petite bagarre puérile pour que tu pètes les plombs, faut vraiment que tu te fasses soigner.
Harry le regarda à nouveau sévèrement.
-Tout ce qui t'intéresses, c'est de me pousser à bout, hein ? Comme toujours et depuis le début, reprocha t-il amer.
-Arrête d'être parano.
Puisant dans ses forces restantes, Harry poussa le blond et le fit rouler à terre, inversant leurs postions. Il haletât soudainement quand son bassin se plaqua contre celui du blond.
Énervé de s'être si facilement laissé avoir, Draco s'apprêta à pousser son assaillant derechef.
-Non, ne bouge pas, je ne te retiens pas là, murmura le brun en se penchant à son oreille, et je ne vais pas m'enfuir...
Et étrangement, Draco le crut.
Il lui aurait été si facile de virer le brun de son corps pour le ramener au manoir et pourtant il restait là, irrésistiblement envoûté. Il repensa à l'épisode du Poker Inviolable et à la sensation si grisante que Potter lui avait fait ressentir...
Harry se pencha doucement, soupirant et humant sensuellement la nuque du blond qu'il avait marqué si récemment. Rien que d'y repenser, il sentait son sexe vibrer avec force dans son pantalon. Si seulement il pouvait ne serait-ce que l'embrasser...
Il sortit de ses douces pensées quand la voix du Serpentard le ramena brutalement à terre.
-Alors qu'est-ce que tu fous ? s'énerva le blond qui se sentait cette fois ci très mal à l'aise de supporter le poids d'un Potter en train de bander sur un lui à moitié vêtu.
Il serra les dents quand il crut sentir des lèvres douces effleurer sa peau hypersensible et encore humide. Des frissons de plaisir le saisirent soudainement, comme la dernière fois, le faisant soupirer doucement. Il se frappa mentalement pour cela, il ne devait en aucun cas laisser le brun avoir le dessus sur lui, il ne devait pas perdre son précieux contrôle.
Il était un homme, il était un Malfoy, il avait plus d'honneur et de dignité que cela.
Le gamin releva doucement la tête, encrant ses deux émeraudes lumineuses et sombres à la fois dans les yeux gris confus.
-Tu as peur ? murmura le Gryffondor d'une voix fiévreuse.
Draco secoua la tête.
A présent, il pouvait sentir le souffle de Potter sur son visage tant le sien s'était rapproché. Il gémit légèrement en sentant le sexe dur du plus jeune se presser volontairement contre son entrejambe. La seconde d'après, il fermait les yeux, sentant les lèvres de son assaillant se presser contre les siennes, tout aussi délibérément.
Harry soupira de soulagement en sentant enfin la douceur de ces lèvres dont il avait toujours rêvées et qui lui étaient gracieusement offertes. Malfoy était complètement soumis sous lui, abandonné à son bon vouloir, si beau, si sexy, si lui. Il savourait avec un incommensurable bonheur la douceur de cette bouche humide, il frissonnait en sentant le souffle chaud du blond qui respirait si vite contre son visage, il adorait sentir les mains du blond tenir timidement ses hanches, comme s'il avait cherché à le repousser mais qu'il s'en trouvait incapable.
Voyant qu'il n'était pas rejeté, il introduisit doucement sa langue dans la bouche du blond qui gémit sourdement, crispant ses mains sur le corps du plus jeune qui bougea sensuellement ses hanches, frottant érotiquement leurs deux sexes ensemble, les faisant gémir et frissonner de plaisir.
Draco ne pouvait plus penser, il ne voulait d'ailleurs pas le faire car s'il le faisait, il serait alors forcé de repousser le brun, et il ne pouvait pas s'y résoudre. Il gémit avec force, entourant brusquement ses bras autour des épaules du plus jeune qui se coucha alors complètement sur lui, l'écrasant de son poids, ondulant plus violemment encore du bassin contre lui, le forçant sans même sans rendre compte à lever les jambes pour entourer le corps en mouvements qui le dominait de la plus exquise des manières.
Il ne savait même plus à quel moment son sexe était devenu si dur...
Les gestes étaient brusques et précipités, effrénés et impatients, ne cherchant qu'une délivrance qui tardait à venir, les faisant souffrir d'une façon délicieusement torturante.
Leurs bouches s'écrasaient l'une contre l'autre, leurs langues se mêlaient avec fureur et désespoir, leurs corps se frottaient l'un contre l'autre avec une force et une puissance hors norme.
Et pourtant, cet instant de passion fut brusquement brisé par un aboiement de chien alentour qui raisonna avec force à travers leurs soupirs et gémissements, figeant les corps de deux jeunes hommes qui reprenaient peu à peu pied avec réalité.
Lorsque Harry se recula enfin, tout aussi haletant que lui, ils se regardèrent quelques instants sans oser prononcer le moindre mot.
Aucun mot ne pouvait être prononcé, l'un comme l'autre devant se retenir violemment de ne pas reprendre leur précédente activité mais l'instant était passé, il n'y avait plus la passion effrénée de spontanéité du début.
Draco eut un soupir tremblant. Il n'arrivait pas à croire de ce qu'il venait de se passer...
Il avait embrassé un homme, il avait embrassé Potty, il bandait contre lui et il ne se souvenait pas avoir ressenti un plaisir aussi intense s'il omettait le passage où ce même pédé lui avait grignoté le cou un soir où il était un peu trop bourré pour refuser, ce qui était d'autant plus humiliant.
Il frissonna légèrement ; il avait froid, il était fatigué de tous les sentiments honteux et contradictoires qu'il ressentait toute à la fois.
-Viens, murmura Harry en se relevant, tu vas attraper la mort.
Draco faillit lui hurler de rester près de lui lorsqu'il sentit le corps de Potter se détacher du sien, et d'un autre coté il se mit à ressentir une brusque colère envers lui, car tout était de sa faute. Il était frigorifié désormais, et pensa qu'il s'était assez ridiculisé pour le restant de ses jours.
Et pourtant, jamais humiliation ne fut si jouissive à vivre.
À suivre !
On vous prévient, on aura besoin de beaucoup d'encouragements pour la suite parce qu'on risque de pas être ultra dispo toutes les deux ces deux prochains mois, donc on compte sur vous.
Bises,
Margue et PaulineC.
