Chapitre 7 : Etablir ses règles
La période d'examen était imminente et j'étais en train de relire mes notes en marchant derrière Rogue qui se grouillait vers la salle d'examen. Il était de surveillance aujourd'hui et en même temps, je passais mon examen d'Histoire.
Dumbledore avait fait en sorte qu'il soit de garde pendant mes examens uniquement, ce qu'il l'avait bien arrangé quand il s'est rendu compte qu'il faisait 3 gardes de moins que les autres. Aussi il n'était pas seul pour que je puisse faire mon examen sans à avoir à me lever toute les dix minutes pour le suivre dans sa ballade.
Une fois dans la classe nous rendons nos baguettes à Rogue et on s'installe dans les places attribuées.
Je cherche Céline du regard et la trouve en train de me chercher aussi, 2 bancs plus loin derrière moi, dans la rangée d'à côté. Rogue était tout devant et ne bougeait pas. Il se contentait de regarder les élèves s'installer et de poser les baguettes dans un bac à côté de lui.
Bien sûr ces examens n'étaient pas des ASPICS, mais simplement des examens pour pouvoir passer en dernière année. Je devais absolument réussir, sinon je ne survivrais pas à mes parents. Il n'y avait bien souvent que des épreuves écrites, sauf pour les rares fois où l'on devait exécuter un sort en Sortilèges, Métamorphoses ou DCFM.
Cette année, je n'avais qu'un examen pratique et c'était celui de DCFM : les sortilèges informulés.
C'était une épreuve valable pour les deux autres cours aussi, mais Lupin supervisait l'épreuve cette année.
Mon regard retourne vers Céline et elle me fait un sourire, puis lève les mains.
« Tu te sens prête ? » me demande-t-elle à l'aide du langage des signes.
« Pour une fois, je suis confiante, oui. Les cours en solo avec Binns payent. Qui aurait cru que l'écouter pouvait aider ? »
Céline pouffe de rire. « Incroyable, on dirait que les profs sont là pour ça. »
« Dingue. »
-Chatterton, Martins, ça suffit, nous intime froidement Rogue.
Je me tourne rapidement vers lui et sourit. Il évite mon regard et continue de dire aux gens ou s'asseoir.
Quand la Grande Salle est pleine de 6ème année, toutes maisons confondues, le professeur Binns arrive doucement en flottant au-devant la salle. Flitwick le rejoint et nous fais un sourire.
Binns explique rapidement ce que comporte l'examen, combien de temps on avait puis les parchemins volent vers nous. On reçoit aussitôt les plumes et pouvons commencer.
A ma plus grande surprise, je ne trouvais pas les questions aussi difficiles que les années précédentes. Je savais de quoi il s'agissait au moins et je n'inventais pas ¾ des réponses.
Je sens parfois quelques picotements dans la poitrine quand Rogue commence à trop s'éloigner, ce qui me faisait me braquer sur ma chaise, anticipant la douleur. Mais elle ne vient jamais, le professeur de potion faisant très attention à ne pas dépasser la limite.
Une ou deux fois il est venu se poster pile à côté moi, regardant par-dessus mon épaule pour lire mes réponses. Je l'ai entendu soupirer la première fois et je m'étais rapidement mise à relire mes réponses une fois qu'il était reparti.
Mais je ne peux vraiment pas faire mieux. Je veux bien que je me suis améliorée mais tout savoir aurait été miraculeux.
Je fini mon examen et lève la tête pour regarder autour de moi. Je n'avais plus qu'à attendre que le reste finisse pour que Rogue puisse partir.
Quand Céline sort de la salle elle lève son pouce pour me faire savoir qu'elle s'en était sortie.
Les journées passent et se ressemblent toutes, à la minute près. Je me fais tellement chier.
Rogue fait comme si je n'existais pas et je passe mon temps à courir pour combler la distance entre nous. Lui fais passer des examens, corrige des copies et va à des réunions.
Un jour il s'était enfermé avec Dumbledore dans son bureau et je devais me coller à la porte. Cependant, je ne pouvais rien entendre vu qu'il avait lancé un sort de silence dans la pièce. Et j'ai attendu devant pendant une heure.
J'en peux plus.
XxX
Un matin, le jour de mon examen pratique, j'entends deux voix près de moi Je fronce les sourcils et tends l'oreille. Les deux voix chuchotaient et ça m'agaçait encore plus que s'ils étaient en train de gueuler.
Couché sur le ventre, un œil fermé je me tourne lentement vers Rogue et Lupin qui s'étaient arrêté de parler. Ils étaient debout près de la regarde l'horloge au-dessus d'eux : 05h43. Ils se lancent un coup d'œil et Lupin me fais un sourire d'excuse.
-Désolé Andréa, on pensait être plus discret.
Je lève les yeux au ciel sans répondre et laisse ma tête retomber dans mon coussin en grognant. Les yeux fermés je tâte pour trouver ma baguette.
-On se voit tout à l'heure Andréa ?
C'est la dernière chose que j'entends avant de me foutre des bouchons dans les oreilles.
Je suis prête pour mon examen, mais là, je veux dormir. Merde.
XXX
-Pourquoi il était là ? Demande Céline quand je lui raconte.
-Aucune idée et je m'en fous, je lui avoue. Je me sers une autre tasse de café.
Je ne me sentais pas au top de ma forme et ça se ressentais dans mon humeur. Quand Rogue m'a réveillé ce matin il n'a eu droit qu'à un soupir et une préparation rapide pour ne pas l'entendre rouspéter. Je voulais plus l'entendre. Céline avait raison. Plus ça va, moins je supporte son comportement.
Ce week-end était la dernière sortie à Pré-au-Lard. Mais ça m'étonnerais beaucoup que Rogue veuille m'y accompagner. Je décide donc de ne même pas lui demander juste pour pas l'entendre dire pour la énième fois qu'il n'était mon chaperon et que ce que je lui infligeais quotidiennement était déjà assez difficile comme ça.
Goujat.
-T'as l'air grognon, remarque Matthew en donnant à Sev du blanc d'œuf. Il va exploser ce reptile.
-J'en ai marre. Je veux dormir en paix. Faire la grasse mat'. Manger quand je veux. Sortir avec vous. J'en ai marre.
Ils me regardent tous avec pitié.
-On veut bien te croire... surtout avec Rogue, dis Matthew.
-Et ça ne fais que 22 jours... tiens bon ma belle, me murmure Céline.
Je soupire, leurs mots ne changeant rien à mon humeur.
Je ne pipe pas un mot de la matinée et reste concentré sur mon examen pratique à venir. Sans tenir compte des profs qui étaient pause dans la salle des professeurs, je m'entrainais munie de ma baguette pour être bien sûr de réussir l'épreuve de DCFM.
-Vous vous sentez prête, Miss ? Me coupe Flitwick.
J'hoche la tête.
-Oui.
Il reste la devant moi à me regarder, comme s'il attendait une suite. Je le regarde sans aucune expression et attend qu'il dégage.
Il a l'air de se rendre compte qu'il me dérange.
-Bien... heu... je vous souhaite bonne chance alors !
-Merci.
Il se tortille un peu sur place, mal à l'aise, puis me fais un rapide sourire gêné et me salue de la main avant de quitter la salle.
L'aprèm, Rogue me suit vers mon examen et je ne me retourne pas une seule fois pour voir où il en est. Si c'est pour voir sa tête boudeuse, non merci.
Je trouve Céline assise sur l'estrade et je vais vers, ignorant le "Chatterton" de Rogue, sûrement pour me dire de le suivre vers les autres profs. Mais je les voyais assez comme ça, j'aimerais juste être un peu avec mes amies.
Je vois Céline regarder derrière moi quand je me poste devant elle et elle lève les sourcils.
-T'as le droit d'être là ?
-Merde.
-Ok, d'acc.
Elle ne cherche pas plus loin et je ne cherche pas à voir si Rogue est oui ou non d'accord.
On discute un peu et je me surprends à me rapprocher d'elle, jusqu'à me retrouver dans ses bras.
-Tu me manque tellement ma Célinou.
Sa main passe sur mon dos d'un geste consolant.
-Tu me manque aussi. Je ne trouve personne qui me fait rire autant que toi. Vivement que ça soit fini.
-Tu m'attendras d'ici là?
-N'exagère pas.
On se met à rire et je m'éloigne un peu d'elle, la main toujours sur ses bras.
Je lui demande de ses nouvelles et elle me raconte les derniers potins. On parle et parle, en oubliant presque l'examen. Alors que je vois beaucoup de gens stressés, retrouver ma meilleure amie m'apaise tellement.
-Chatterton, Andréa, appelle Lupin.
Je soupire.
-Bonne chance ! Me lance Céline en me regardant m'éloigner.
Je me tourne pour voir Rogue à quelques pas, discutant avec un élève de 6ième de Serpentard. J'arrive à sa hauteur et le Serpentard se coupe.
-C'est à moi, je lance sans plus de cérémonie.
-Bien.
Il salue son élève et me suis une nouvelle fois jusqu'au local installé dans la Grande Salle pour l'occasion. J'entre et je retrouve McGo, Lupin et Flitwick derrière une table, me souriant.
-Bonjour, Andréa. On n'a pas eu l'occasion de se saluer proprement aujourd'hui, me salue Lupin avec un rictus amusé.
-Professeurs, je salue à mon tour.
-Vous allez bien, Miss? Vous ne me semblez pas être dans votre assiette aujourd'hui, s'inquiète McGo.
-Bien, et vous, professeur? Je lui demande à mon tour.
Elle me fait un sourire que je ne peux pas identifier, puis Lupin sort un parchemin, non sans un regard vers Rogue qui s'était posté à coté de leur table, face à moi.
L'examen dure un peu moins de 10 minutes. Je m'en sors avec la plupart des sorts, mais les derniers m'ont pris quelques essais.
-Très bien, Andréa! Me félicite Lupin. Tu peux être fière de toi.
-Merci.
Et je l'étais. J'avais réussie ce que je pensais même impossible il y'a quelques semaines...
McGo me fais un sourire que je rends. Puis je baille.
-Pardon. Désolée. On n'arrête pas de me réveiller pour rien en ce moment, je lance en m'essuyant les yeux.
Mes profs se lancent un dernier regard et je jure que Lupin a l'air gêné. Rogue lui lève simplement les yeux au ciel.
XxX
-Qu'est-ce qu'il vous arrive, bon sang ?!
On était dans les appartements de Rogue et celui-ci venait de poser son journal pour me demander ça. Je viens de passer dix minutes à soupirer, à me tourner dans mon lit et j'ai fini par craquer. Je me suis mise par terre à la table basse et j'étais en train de griffonner agressivement sur un parchemin. Sev s'était caché sous le coussin à la voix de Rogue, et je lève la tête, étonnée.
-Bah... rien.
Rogue soupire d'agacement et se prends la tête entre les mains.
-Vous avez été insupportable toute la journée.
Je fronce les sourcils.
-Comment ça?
Il secoue la tête comme pour se dire de ne plus parler. Comme s'il allait regretter ce qu'il allait dire si il ouvre la bouche.
Du coup il ne me répond pas.
Mais ça m'énerve. Il lance un sujet puis me laisse en plan.
-Si vous avez un problème il faut le dire professeur, je lui lance en retournant à mes gribouillages.
Il grogne et je relève la tête vers lui.
-Je n'ai pas à supporter vos sautes d'humeur, Chatterton.
-Je n'ai pas à supporter les vôtres non plus.
Je crois qu'on peut tous dire que je n'aurais pas dû lui répondre. Et je regrette déjà. Même lui ne réalise pas ce que je viens de dire vu le blocage qu'il a.
-Vous... Il commence, son teint pâle prenant une nuance rouge appelé "t'es-dans-la-merde".
Mais ma bouche ne voulait simplement pas s'arrêter.
-Je veux bien que c'est de ma faute qu'on en soit la. Mais par Merlin ça vous tuerais de faire des concessions de temps en temps?
Sa bouche forme une ligne droite et serré.
Ok, je me tais.
-Chatterton. Je vais vous laissez une chance de retirer ce que vous venez de dire.
Sa voix est tellement froide... et... je ne sais pas. Il y'a autre chose... vexé?
-Retirer quoi?
Bordel, mais arrête de parler, Andréa.
D'un coup brusque il se rapproche de moi et frappe bruyamment des deux mains sur la table.
-Ne me parlez pas de concessions quand vous vous attendez toujours à avoir ce que vous voulez, Chatterton. Vous feignez la gentillesse et vous avez ce sourire stupide qui manipule les êtres faibles autour de vous. Mais avec moi ça ne marche pas!
-Mais je vous ai rien demandé! Et je ne feigne rien et ne manipule personne. C'est vous qui êtes parano!
-10 points en mois à Poufsouffle.
-Merde.
-15 points en moins à Poufsouffle. Et lâchez-moi!
Je regarde pour voir ce dont il parlait et effectivement je m'étais tellement rapprocher de lui que je touchais presque son bras.
Mais aussitôt que j'essaye de m'éloigner de Rogue, je sais qu'on n'y arrivera pas.
Le cri de frustration que lâche ensuite Severus Rogue me fait frissonner de peur. Il se laisse tomber au sol à côté de moi.
A vue d'œil, seuls 40 petits centimètres nous séparait, et je sentais de nouveau cette corde entre nous.
Mais cette fois je ne cherche pas à m'excuser et croise les bras. Rogue avait la tête en arrière qui reposait sur le fauteuil, les yeux fermés.
On reste dans cette proximité et ce silence un moment. Puis mon estomac gargouille.
Fort.
Rogue passe une main sur son visage.
-Vous êtes pire que votre gecko, un besoin constant d'attention, lance-t-il.
Je préfère ne pas répondre. Tout ce que je sais, c'est que j'ai faim. Et que j'ai mal au ventre. Il qu'il a intérêt à me nourrir ou je le tue avec une porte.
Rogue lève la baguette et sur la table apparaît un grand panier plein de sandwichs, comme s'il avait entendu ma menace silencieuse. Comme si je pouvais lui faire peur.
Je n'attends pas qu'il me dise quoi que ce soit et prends un sandwich que je coupe en deux de la main pour tendre la moitié à Sev. Ce dernier saute sur le sandwich et il commence à se régaler.
Je suis son exemple et m'enfile deux, trois sandwichs d'affilé. Je ne ralenti que quand je remarque que Rogue ne mangeait pas.
Je lève le regard vers lui et nos regards se croisent. Le mien curieux, le sien dégouté.
-Vous mangez comme un troll.
Je soupire et balance le restant de sandwich sur la table.
-Bon c'est quoi aujourd'hui, la journée où dès que je fais un truc que me prends une remarque ? Oh, non, attendez, ça c'est juste un lundi pour vous.
-Silencio
Fais chier.
XxX
La corde invisible entre nous ne part pas, et vers 23h, Rogue décide de s'endormir dans son fauteuil. Pour ma part j'étais couché par terre à coté de lui.
Ça fait une demi-heure qu'il dort et je regarde son visage paisible, et l'écoute respirer de façon régulière.
On avait déjà fais une rapide sieste ensemble, mais je ne l'avais jamais vu dormir. Et c'est fou comme ça change.
Fini les sourcils froncés, le regard froid, les lèvres plissées de colère. Il avait l'air en paix. Il avait baissé sa garde et se reposait, tout simplement.
Je n'arrive pas à retenir un sourire, attendrie.
Je décide de le rejoindre au pays des rêves et tire vers moi mon coussin et ma couette. Sev vient s'installer à coté de ma tête, et on s'endort.
XxX
J'ouvre les yeux après ce qu'il me semble seulement quelques secondes. La douleur dans mon bas-ventre me lançait et je reconnaissais cette envie de mourir.
Oh, seigneur, non. J'avais oublié.
Je me relève et jette un coup d'œil à Rogue. Il dormait toujours, la tête tournée vers le coté qui m'opposait.
Il faut que j'aille voir Pomfresh. Et vite.
Mais j'ai peur de le réveiller. Et Il va falloir que je lui explique et tout. Et est-ce que j'ai vraiment envie de parler de ça avec Severus Rogue? Non. Est-ce qu'il y'a des chances qu'il sache ce que c'est, déjà? Non, ça m'étonnerais.
Plus les minutes passent, plus la douleur s'intensifie. Je me tiens le ventre et suis roulée en boule. Je commence à perdre tout sens et ne ressent plus que cette douleur. Je ne sens pas Sev tirer sur ma manche. Je ne le vois pas se mettre à grimper le fauteuil de Rogue. Je ne l'entends pas couiner dans la direction de mon prof pour le réveiller. Et je ne remarque pas tout de suite Rogue qui me regarde avec un air presque inquiet.
Je dis presque parce qu'il a aussi l'air vachement saoulé.
-Qu'est-ce qu'il vous arrive encore? Et je vous ai dis quoi à propos de cet animal? Lance-t-il avec la voix encore un peu endormie.
Je ne réponds pas et me contente de le regarder. A quoi bon, quoi que je réponde ce n'est pas assez bien. J'ai l'impression d'être avec ma mère.
Je mets ma tête entre mes jambes et ferme les yeux. Les couinements de Sev me parviennent mais je n'y accorde aucune importance.
Je sais. Ça m'arrive tous les mois, et je devrais être habituée. Mais c'est comme si à chaque fois ma mémoire s'effaçait et que le jour-J, je revivais l'enfer.
-Chatterton?
Je me crispe au ton de sa voix. Je soupire doucement et lève la tête. Il était prêt à dire quelque chose quand il remarque mes larmes. Il se coupe net et je crois bien qu'il a l'air perdu.
Je fais signe vers ma bouche, et il se rappelle qu'il m'avait lancé un sort de silence. Il lève le sort rapidement.
-Il faut que j'aille voir Pomfresh, je lance, profitant du fait qu'il ne m'engueule pas.
Rogue fronce les sourcils.
-Pourquoi? Vous êtes malade?
-Si on veut. J'ai simplement besoin d'un anti-douleur.
-J'ai quelques potions ici. Vous avez quoi?
Sans me demander ma permission il me prend le bras et le tire sans douceur pour me mettre sur mes pieds.
-Suivez-moi.
Il s'avance vers sa bibliothèque et prends la grosse boite en fer qui se trouvait dessus. Depuis que je suis ici je veux savoir ce qu'il se trouve à l'intérieur. Maintenant je sais. C'est sa boite à pharmacie.
-Alors? S'impatiente Rogue.
-Je...
Bon, je lui dis comment?
Je grimace quand une énième crampe me traverse le bas-ventre et je me plie un peu en deux. Sans m'en rendre compte, j'ai posé ma main sur l'avant-bras de Rogue, et le serre un peu.
-Chatterton, doit-je réveiller Pomfresh?
Je secoue la tête. La potion dont j'avais besoin était là, dans sa boite. Sans demander, je tends la main et prends le petit flacon avec le liquide transparent.
-Chatt... commence Rogue mais il se coupe. Il me regarde secouer faiblement le flacon, l'ouvrir et laisser 5 gouttes tomber sur ma langue. J'avale, puis apporte le flacon à ma bouche et en bois la moitié.
-Je vois que ce n'est pas la première fois… Constate mon colocataire.
Je referme le flacon et le tends à Rogue, qui le prend de sa main encore libre. Je tenais toujours son bras et m'y accrochais.
Quelque part, j'en avais pas tant besoin que ça. C'est juste qu'il se laisse faire et j'en profitais un peu...
-Aaaaaah, je soupire de soulagement. Les douleurs s'estompent rapidement.
-Qu'est-ce qu'il vous arrive?
Rogue me regardait comme si j'étais folle. Je lui lâche le bras et lui sourie.
XxX
Après lui avoir simplement dis que j'avais mes règles, je pouvais presque entendre le cerveau de Rogue fonctionner et les pièces du puzzle tomber au bon endroit dans sa tête.
-C'est pour ça que vous étiez aussi insupportable ?
Je lève les yeux au ciel, agacé.
-Ce n'est pas encore passé, calmez-vous.
Il n'est pas faux qu'il n'a pas l'air hyper confortable avec le sujet, mais je pense qu'il est content de comprendre au moins.
Un silence s'installe et je regarde l'heure : 01h24.
Je suis fatigué, mais la corde était toujours là. Je soupire, sachant très bien que si je ne m'excuse pas, lui ne le fera pas non plus.
-Néanmoins, je m'excuse pour aujourd'hui. Je sais que je ne suis pas facile à vivre durant cette période et...
-Si ce n'était que cette période, il me coupe.
Je lui lance un regard blasé et lève les deux mains en l'air.
-J'abandonne.
Aussitôt, je retourne sous ma couette et lui tourne le dos.
Malgré tout, le lendemain, la corde invisible avait disparu.
