Hey ! Voici le chapitre 7. Mine de rien on se rapproche de la fin ^^ (ou pas…), bon, rien ne vaut mieux qu'une bonne révélation sur Lelouch dans ce chapitre pour se remettre d'aplomb =p
Chapitre 7 :
En se rapprochant, les contours de la ville se précisèrent. C'était une petite bourgade aux maisons typiques, toutes identiques les unes aux autres. Elles auraient pu se ressembler parfaitement si l'une d'elle n'était en flammes et se consumait lentement. C'était de cette maison d'où provenait la fumée aperçue par Lelouch. Kallen pâlit davantage. Il n'en fallut pas plus au brun pour comprendre que cette demeure avait été la sienne.
Juste devant se tenait un groupe de cinq soldats en uniforme aux couleurs du roi. Il entendit Kallen maudire le nom de Charles, et avant qu'il n'ait put faire le moindre geste, elle s'était élancée vers eux avec rage.
Kallen avait beaucoup d'expériences. Son père l'avait initiée très jeune à tout ce qui touchait de près ou de loin aux arts martiaux. Elle aurait facilement pu le battre si elle n'avait été aveuglée par cette haine; et c'était justement la stratégie préférée du sergent : attiser la colère pour mieux prendre le dessus.
Deux des cinq soldats coururent à sa rencontre. Kallen attrapa le bras de l'un, et pivota de suite sur son buste. Celui-ci émit un cri de douleur au craquement que produisit son poignet. Elle lança son pied droit sur le même temps, foudroyant l'autre garde qui avait tenté de l'attaquer par derrière. Il tomba sur l'autre. Kallen continua sa course sans se soucier de ses deux victimes. Cinq mètres…quatre mètres…un autre soldat courut vers elle pour faire barrage. Elle fit un pas de côté puis frappa au cou avec le tranchant de sa main. L'assaillant tomba avec un bruit mat, inerte. Plus que deux à mettre hors combat. Deux ? Pourquoi n'en voyait-elle qu'un devant elle ? Tans pis, de toute manière, c'était le sergent qu'elle avait dans le viseur. Le dernier avait peut-être pris la fuite. Elle s'élança en hurlant, mais il fut plus rapide. Une main jaillit et l'attrapa à la gorge. Elle sentit ses pieds quitter le sol. Le sergent n'avait aucun mal à la soulever, et il la projeta violemment en avant comme un débris. Lelouch serra les dents. Malgré le sentiment d'impuissance, Lelouch ne s'interposa pas, ce n'était pas son combat, Kallen lui en aurait voulu.
Tant bien que mal, la jeune fille se releva, mais ce ne fut que pour foncer tête baissée. Elle enchaîna une série de coups de poings violents qui ne touchèrent aucunement son ennemi. Elle tenta alors de l'immobiliser, mais il esquiva sans peine. Elle s'essoufflait à présent. Et, dans un continuel mouvement, elle s'entêtait à l'attaquer de face. Lassé du jeu, il finit par riposter par un crochet du droit. Elle s'écroula au sol, à bout de forces, face contre terre. Il s'approcha d'elle et plaqua son pied sur le cou de Kallen. Le sergent ricana :
-Tu te rappelles d'hier ?
-Eh comment ! Souffla Kallen. Je t'ai mis une raclée avec mon knightmare !
-Exact, j'ai juré que j'allais me venger de cet affront, tu vois, je tiens toujours mes promesses. Atteinte à un soldat gradé, trouble de la tranquillité de la ville, et délinquante en plus, ça mérite bien un séjour au cachot tout ça.
-C'est vous qui m'avez provoqué en mettant le feu à…
Elle ne put finir sa phrase, le sergent avait appuyée plus brutalement encore son pied. Lelouch fit un mouvement, mais C.C l'arrêta d'un geste. C'est elle qui prit la parole avant lui:
-Kallen, murmura-t-elle, tu es supérieure à lui, ne te rabaisse pas.
Celle-ci fronça les sourcils, et serra instinctivement les poings au fond d'elle, sa fierté se ranima. Elle se leva péniblement sur les coudes. Le soldat manifesta une grande surprise. Comment peut-t-elle ? Cette détermination l'effraya. Il laissa échapper un rire nerveux, et accentua la pression, mais Kallen résista.
-Vous, les soldats du roi, vous m'avez tout pris, cracha-t-elle avec dégoût. Mais ça va changer…bientôt.
Elle regarda vers Lelouch et prit une inspiration. Soudainement, elle saisit la jambe de l'ennemi et tira. Celui-ci surpris, perdit l'équilibre et tomba en avant, avant de recevoir le poing joliment présenté de la jeune fille. A moitié conscient, il tenta de se débarrasser du poids qui lui pesait au niveau du ventre. C'était Kallen qui l'avait immobilisé. Elle lui appliqua une claque qui produisit un fort bruit sonore. Le sergent cracha un peu de sang, mais il sourit.
-C'est la fin pour toi sale orpheline. Frank à toi ! hurla-t-il en direction d'un toit du voisinage.
Elle se tourna en direction du regard du sergent, et vit une ombre perchée. La crosse du fusil étincela.
Ce ne fut pas Kallen qui écarquilla les yeux mais le sergent lorsqu'il vit que Lelouch était perché, fusil à la main, le canon encore fumant. Derrière gisait le corps du dernier soldat, les yeux exorbités. Il laissa tomber le fusil et sauta avec souplesse au sol avant de se diriger vers eux. Le sergent tremblait de tous ses membres.
Le premier soldat regardait la scène, couché à terre. Non, personne ne touchait à son chef. Il n'était qu'un novice, mais depuis qu'il était arrivé dans l'armée, personne ne lui avait porté autant de considération. Il ne voulait pas être un lâche, il ne voulait pas voir son sergent être tué. Il réussit, en gémissant faiblement, à sortir le mini-revolver de sa poche. Il l'arma et pointa vers la silhouette fine qui représentait la menace. C.C le vit, mais trop tard. Lorsqu'elle frappa la main qui tenait l'arme, celle-ci avait déjà actionnée la gâchette. Le coup de feu partit. Le jeune homme s'immobilisa net. Non, pensa C.C, il en faut plus pour qu'il meure. Le visage caché par les mèches de cheveux, Lelouch se dirigea lentement vers le soldat qui l'avait attaqué. Un filet de liquide bleu argenté coula de la plaie, située au niveau de l'épaule droite.
C.C s'écarta lorsqu'il arriva à leur niveau, inquiète. La peur se lisait sur le visage du novice.
Lelouch prit la main du soldat, et la serra, d'une main. Il serra jusqu'à ce qu'on entendit les jointures craquer et devenir blanches. La douleur lui arracha un cri, mais Lelouch s'abaissa à son niveau, et lui tint le menton.
- Repends-toi.
Le jeune soldat regarda son chef, puis il déglutit péniblement.
-Je me repends, pitié…
San un mot de plus, le brun fit un mouvement brusque, et le cou du soldat se romput. La tête retomba lourdement sur le sol, blême. Sans rien ressentir, il se leva, et fit face au sergent.
-Je déteste les menteurs, dit-il sur un ton neutre. Mais je déteste encore plus les hypocrites qui rabaissent les gens…comme toi.
Il toisa de haut le sergent à terre, paralysé par Kallen. Celle-ci aussi ne cillait point, il l'effrayait. Lelouch fit un pas, mais une force le retint au bras. Il se tourna et C.C put enfin voir son visage. Des yeux cerclés de rouge. Elle lâcha instinctivement le bras, troublée au plus haut point.
-Qui…qui es-tu ? bredouilla-t-elle.
Un sourire froid se figea sur le visage de l'inconnu, mais il ne prit pas la peine de répondre. Il se contenta de se diriger vers la sortie de la ville. C.C ne bougea pas, incrédule. Une fois qu'il fut hors de son champ de vision, elle se ressaisit, et lança à Kallen :
-Tu…tu pourras te débrouiller ?
-Oui, ne t'inquiète pas. Va le rattraper.
C.C s'enfonça à son tour dans les bois. Kallen la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle ne la distingua plus. Elle murmura, comme pour elle-même :
-Lelouch, je compte sur toi, Charles paiera…bientôt.
A peine était-elle entrée dans la forêt qu'elle ressentit des frissons. Elle fit quelques pas, et vit son prisonnier, adossé contre un chêne massif, la main pressée sur la blessure. Elle s'approcha avec précaution, et arrivée à sa hauteur, elle hasarda :
-Ton disque a été endommagé ?
Il la fixa d'un sourire narquois.
-Non, juste l'alliage. Ça me brule.
Il y eut un silence avant qu'il n'ajouta :
-Alors…c'est toi…C.C. enfin, je te rencontre pour la première fois. C'est toi, la clé de ma promesse. J'ai besoin de toi, pour accomplir ce pourquoi j'ai été crée. Mais, si tu n'existais pas, cela aurait été plus facile, je n'aurais pas eu besoin de m'angoisser, de compliquer encore plus toutes les pensées qui vont dans mon esprit. Et si…je te tuais ?
Lelouch rit, C.C ne comprenait rien à ses divagations, elle déclara :
-Alors…qui es-tu ?
-Je suis…l'autre moitié de Lelouch. Je suis cette carte que l'on lui a insérée contre son gré. Je peux ressentir tout ce qu'il éprouve. Je suis ses sentiments les plus profonds et les plus cachés. Tout son subconscient…Je suis Zero.
Il la tira soudainement vers lui et posa ses lèvres sur les siennes. Trop étourdie, C.C ressentit au fond d'elle des palpitations inconnues. Les lèvres de Lelouch étaient douce, mais elle revint subitement à elle et se retira de son étreinte. Il la regarda longuement, mais la blessure en lui le rappela vite à la réalité. Ça brulait si fort, au fond de lui. Il tenta de se lever, tituba et s'écroula au sol. Quand il leva le regard, C.C vit que ses yeux avaient retrouvé leur couleur d'origine.
-Lelouch…
Elle n'arrivait plus à se calmer, Lelouch éprouvait des sentiments…pour elle ? Elle qui l'avait méprisé toujours avec une pointe d'ironie ? Ah ! Et lui qui ne savait rien de ce qui venait de se passer. Mais si ce Zero était le reflet des sentiments de Lelouch…elle tressaillit tout d'un coup lorsqu'il posa sa main sur son bras, comme s'il l'eut blessé. Elle se releva promptement, le regard vague. Dans ces conditions, elle se sentait incapable de le livrer à Charles. Et encore moins d'accepter qu'elle aussi, dans un sens, elle l'affectionnait au point de…
Lelouch se redressa à son tour, et posa sa main sur le chêne pour s'appuyer. Il lui demanda :
-Le château du roi, c'est…encore loin ?
-Non…mais il fait nuit, on continuera demain.
Elle choisit un coin à l'abri d'un saule, et s'allongea.
-Qu'est-ce que tu fais ? S'étonna-t-il.
-Je dors.
-Toi ?
-Oui, moi. Le roi ne pourra pas m'en tenir rigueur si tu t'échappes pendant la nuit.
Elle ferma les yeux. Non, si elle s'attachait à lui, elle le condamnait. Il fallait, même si cela était douloureux, qu'ils se séparent maintenant. Ça ne peut pas aboutir, ça ne peut pas, se répéta-t-elle. Elle entendit un bruit mat et ouvrit les yeux. C'était Lelouch qui s'était lui aussi allongé, un peu plus loin d'elle, à l'écart. Bon sang, il n'avait vraiment rien compris, à croire qu'il tenait à mourir. Leur destin semblait si lié.
-Lelouch.
-Quoi ?
-Je DORS.
-Moi aussi.
- Tu ne peux pas, tu es sans surveillance.
-Hein ?
-Tire toi j'ai dit ! enfuis toi.
-Mais…
-Va-t-en je t'ai dit ! cria-t-elle. Laisse-moi…seule, murmura-t-elle.
Lelouch fit un sursaut, il regarda tristement C.C sans trop comprendre, mais elle lui tournait le dos. Il se leva silencieusement et fit quelques pas. Il se retourna avec un mince espoir, mais ne distinguant que la longue chevelure émeraude de la jeune fille, il s'enfonça dans les ténèbres de la forêt.
