3 heures du matin.
Hermione , se réveille haletante de son rêve. Snape. Elle avait rêvé de lui.
Dans ce rêve qui lui avait donné des sueurs froides , elle s'approchait du lit de l'homme. Il avait brusquement ouvert les yeux , la sclère teintée de noir , murmurant une phrase qui semblait être un charabia , il parlait à l'envers.
Dans le salon , Tabitha fumait une pipe d'opium , se relaxant dans son fauteuil. Elle avait entendu Hermione crier et se débattre dans son lit. Elle se rend dans sa chambre , vérifier si tout va bien.
«Alors on rêve de se faire bouffer la chatte » fit elle en rentrant dans la pièce en ricanant. Le regard que lui jeta Hermione lui fit comprendre que son rêve n'était pas de cette nature agréable.
« -C'est mon professeur.. Je crois qu'il risque de mourir... J'ai fait un rêve si étrange , ses yeux étaient noirs et...
- Et ce n'est qu'un rêve ma petite. C'est ton inconscient , il te joue des tours.. Je comprends que ça soit choquant. Après tout , il a été ton professeur pendant des années.
- Je peux pas le laisser comme ça.. Mourir seul.
- Occupe-toi de lui. Ta formation peut attendre et de toute façon être à l'hôpital avec Pye., ça va te faire accumuler des connaissances »
Hermione acquiesce , le regard dans le vide. Son maître lui tient compagnie , elle la rassure et finalement elle finit par s'endormir.
Quelques heures plus tard , elle est réveillée par Dash , un hibou de sainte mangouste. Il tambourine furieusement la fenêtre avec son bec.
Tabitha , qui s'était endormie , jure en Écossais en entendant l'oiseau qui se hâte devant la fenêtre.
Hermione se précipite pour lire le message lui étant destiné.
« Mademoiselle Granger.
Étant donné la surcharge de travail des soignants à Sainte Mangouste,
Monsieur Severus Tobias Snape , sera sorti de son coma magique. Nous ne pouvons plus le garder , nous devons faire de la place pour de nouveaux arrivants »
Elle ne prit même pas la peine de lire les formules de politesse au bas de la page. Elle fulminait de rage.
Tabitha vit son expression et se saisit de la lettre :
«Quoi ?! Ils osent décider de lui retirer la vie ? Enculés d'anglais , lâches !... pardon Hermione» ajouta la sorcière en guise d'excuses pour sa vulgarité habituelle.
Cette fois-ci , Hermione ne répondait pas. Elle prenait ses vêtements et s'habillait hâtivement.
Tabitha elle , avait compris sa détermination et fit de même.
En moins d'une dizaine de minutes , elles avaient déjà transplané .
«Ah c'est ça sainte Mangouste ? Tu parles d'un hôpital , on dirait un mouroir ouais !
- Ça je ne te le fais pas dire. »
Le guérisseur Pye , dès qu'il vit Hermione se sentit extrêmement confus et surtout con. Il avait obéi aux ordres du ministère par contrainte , on ne lui avait pas laissé le choix. Il essaya de s'expliquer à la jeune femme , mais celle-ci ne l'écoutait pas. Tabitha la suivait en dévisageant Pye.
«- Guérisseur ! Il y a un problème avec Monsieur Snape !» Fait subitement une voix provenant de la chambre du potionniste
Le cœur d'Hermione bat à tout rompre et elle se met à courir pendant que l'Écossaise repousse violemment Pye en vociférant.
Dans la chambre , un binôme de soignant se hâte autour de lui. L'un d'eux laisse choir sa baguette sur le sol en voyant Hermione folle de rage. Elle s'empare de sa baguette et expluse les soignants et se précipite devant le lit. Tabitha est là aussi , elle s'empresse d'enfermer Pye à l'extérieur de la chambre avec ses collègues.
«- Par Merlin , que vous ont-ils fait monsieur Snape ?! » se met-elle à crier en prenant sa main se tétanisant dans la sienne. L'homme ne répond pas , il gargouille. Il convulse. Ses yeux roulent en arrière... La sclère est noire comme les ténèbres , Hermione pousse un hurlement qui fait frémir son aînée.
Cette dernière s'approche du lit et éloigne Hermione en lui disant de ne pas s'inquiéter.
Quelque chose a l'air d'obstruer la gorge de l'homme. Tabitha le relève brusquement et lui tape dans le dos violemment. Une glaire est subitement crachée par Snape qui hurle.
Pye à l'extérieur , tente tous les sortilèges pour entrer , mais l'experte en poisons , plus rapide que lui et plus futée avait protégé la pièce , il ne pouvait rien entendre
L'air. La première goulée. Oxygène. Les muscles se relaxent. Tout s'apaise. Tout. Aucun bruit extérieur . Juste le bruit d'une respiration laborieuse. Le battement d'un petit tambour. Le battement du cœur. Le muscle le plus puissant du corps humain. Un nombre incalculable de globules rouges chargés en oxygène sont projetés à toute vitesse dans les artères , capillaires , organes , cerveau.
Dehors sous la neige , une fleur se met à éclore.
Un sifflement douloureux vient aux oreilles de l'homme. Un cri. Une dispute qui éclate. Tout paraît si loin. Tout paraît étrange. Tout est une redécouverte.
Sur ses paupières fermées dont il reprend conscience est pointé un rayon lumineux.
Le choc.
La lumière entre subitement. Presque brûlante. Sa pupille se rétracte pour s'habituer.
Le halo disparaît. Tout est flou encore . Mais c'est alors que tout devient clair. La main gracile féminine se pose sur son front.
C'est le premier contact après toutes ces années. Les capteurs sensitifs se réveillent. Il sent la chaleur et la douceur qui semble quasi maternelle quasi divine.
«Monsieur ... Monsieur... vous m'entendez ?»
