Blabla de l'auteur : Salutation. ^^ J'espère que votre semaine a été agréable. La mienne non donc je me venge en mettant la suite des aventures… Plutôt cool ma vengeance non ? Plus sérieusement, merci à aureliascott (Salut la belle. Ravie que ça te plaise. Bisous), nouna, et Vicky-1864 pour leurs reviews. Merci les filles. Je me sens soutenue grâce à vous ! (L)

Disclaimer : L'univers, ainsi que ses lieux, et ses personnages, ne m'appartient toujours pas ! (Hélas) C'est toujours la propriété de Disney ! Je ne fais que l'emprunter un court instant ! Et naturellement, je ne touche absolument rien, mais vous avez le droit de me laisser votre avis ! :p Et les corrections sont de chris87

PS : Je ne le précise pas mais on ne voit que la version de Mitchie. Bon si finalement, je le précise !

Chapitre 06

Lorsque je revins de cours vendredi, papa était là, et semblait m'attendre. Il m'expliqua rapidement qu'il voulait rejoindre maman, mais qu'un livreur devait passer, et il me demanda donc de réceptionner le coli. Aucun problème ! Il m'embrassa la tempe et partit. Je me dirigeais aussitôt à la cuisine pour me servir un verre de jus de fruit. Je mis ensuite les plats au sale, avec l'intention de les laver avant que mes parents ne rentrent, puis montais à l'étage me changer. J'étais en week-end, donc libre de m'habiller comme je le voulais. J'optais pour un jeans large, qui était passé de mode depuis longtemps mais que je ne jetterais pour rien au monde, avec un débardeur bleu. Je m'attachais aussi les cheveux, et redescendis. Je commençais par nettoyer la vaisselle du midi, souriant à la pluie de compliment que je devais transmettre à maman, puis m'installais au salon pour réviser au calme. Je commençais par mes devoirs de math, logique, et attaquais l'espagnol, quand on sonna à la porte. Supposant que c'était le livreur, je prévins que j'arrivais, puis lâchais mon stylo. Seulement, lorsque j'ouvris la porte, c'était Shane.

« - Salut, je venais voir ta mère. C'est la mienne qui m'envoie, elle est là ?

« - Non, elle rentrera pas avant vingt heures, je peux prendre le message ?

« - Euh ouais ! Maman m'a dit de dire à la tienne que c'était d'accord pour demain. Me demande pas de quoi elles parlent, j'en ai aucune idée… Au fait, j'adore ton jeans !

Je rougis, et le remerciais. J'allais fermer la porte quand UPS se gara. Le livreur vint vers moi et me demanda de signer le reçu, ce que je fis avant qu'il me laisse avec un carton super lourd sur les bras. Je soupirais et tentais de le rentrer dans la maison, quand Shane m'aida. Bon pour une fois, je n'étais pas contre de l'aide, je ne dis rien. Nous le déposâmes dans le bureau de papa, comme il me l'avait précisé, et par politesse, je proposais au jeune homme s'il voulait boire. Il acquiesça, et je fermais la porte d'entrée, avant d'aller à la cuisine.

« - C'est vachement beau chez vous !

« - Merci. Du jus d'orange, ça te convient ?

Il acquiesça, et je le servis avant de le conduire au salon, ce qui serait plus agréable que de boire dans la cuisine. Il m'avoua qu'il aimait beaucoup les couleurs des murs, puis s'arrêta devant la dvd-thèque de papa. C'est un grand cinéphile. Y a de tout, des films américains à gros budget, aux films d'auteurs japonais.

« - C'est toi qui choisis, demanda-t-il à la vue du nombre impressionnants de styles différents.

« - Euh non, je ne suis pas film du tout. Sauf certains…

« - Ah oui, tu es plus musique, c'est vrai. Je serais curieux de voir ta fameuse collection. Bon je vais te laisser terminer tes devoirs, ajouta-t-il en voyant mes cahiers. Au fait, c'est toi qui as écrit sur mon devoir de civilisation ?

« - Euh oui, j'avoue. C'était une des raisons les moins connues, et je trouvais ça dommage que tu ne la notes pas. Je ne sais pas si tu en as tenu compte mais bon.

« - Si, je l'ai rajouté, et Daniels m'a félicité pour ma culture, donc bravo, tu es très cultivée petit oiseau. Et merci !

Je rougis, sous le compliment, et il partit. Restée seule, je repris mes devoirs, reléguant cette conversation au fin fond de mon cerveau. Quand mes parents rentrèrent, j'étais dans ma chambre, en train de jouer de la guitare et en songeant à ma nouvelle vie. Malgré que je vive depuis presqu'un mois à Akron, je n'arrivais pas à m'y faire. Je ne me sentais même pas chez moi ici. Juste en vacances. Ce qui est étrange. Enfin, je suppose qu'il me faut encore un peu de temps pour que je m'habitue à ma nouvelle vie. Après, ça sera comme à Salt Lake. Enfin j'espère !

Je descendis manger quand maman m'appela, et lui transmis les différents messages, avant d'ajouter :

« - Si jamais je leur parle encore quand tu ouvriras, je leur donnerais l'adresse.

« - Pourquoi ne leurs parlerais-tu plus d'ici là ? Ils ont l'air vraiment sympathique et mignon, ce qui ne gâche rien.

Je haussais les épaules, et les laissais disserter sur les garçons, que papa n'avait jamais rencontré. Le veinard ! La soirée passa rapidement, et maman me prévint que demain, nous recevions quelques voisins afin de faire connaissance. Quand je disais qu'elle a besoin d'avoir des amis. Enfin, je passerais rapidement, sans m'éterniser. Une soirée entourée d'adultes que je ne connais pas ? Le cauchemar ! Secouant la tête, j'acquiesçais avant de réprimer un bâillement. Je débarrassais rapidement la table, puis les embrassais, avant d'aller me coucher. Je n'avais pas spécialement mangé mais tant pis. Je dormirais mieux.

Allongée dans mon lit, je réfléchis à ma journée du lendemain. J'avais révisé mon contrôle, et demain je n'aurais qu'à lire mon livre sur le langage corporel, pendant que mes parents se lieront d'amitiés avec des gens du coin. Je passerais en coups de vent, histoire de faire acte de présence.

Le lendemain, quand je me levais, une bonne odeur de repas mexicain flottait dans l'air. J'adore manger mexicain, c'est super épicés, et même si ça me fait pleurer, je n'enlèverais pas un gramme d'épice pour autant. Je sortis du lit rapidement, descendis saluer ma petite famille, puis mangeais légèrement. Je pourrais me gaver toute la journée de toute façon même si je savais qu'il ne fallait pas grignoter entre les repas. Mais le week-end, tout est permis.

Je montais me laver, et fis ma chambre avant de m'asseoir à mon bureau pour jouer un peu de guitare. J'entendis sonner à la porte à plusieurs reprises, et levais les yeux au ciel, lorsque papa vint me demander de descendre. Lâchant ma musique, je soupirais. Prions que tout le monde soit déjà là, comme ça, une distribution de salut et de sourire d'un coup, et je serais tranquille pour deux heures. Je vérifiais, quand même, dans le miroir de la salle de bain, que j'étais encore jolie. Pour l'occasion, j'avais mis une de mes seules jupes noire, ainsi qu'un haut bleu froid, comme dirait Jason, à col bateau, et manches courtes. Je détachais mes cheveux, et rejoignis tout le monde en bas. J'étais sur la quatrième marche lorsqu'il entra. Par il, j'entends Nate. Il était accompagné de ses parents, sans doute, et ne me vit pas de suite. Il salua mon père, avant de rejoindre ses deux amis, dans un coin. Ils discutèrent tous les trois, et je les vis grimacer. M'approchant doucement, et sans qu'ils ne me voient, je soufflais à l'oreille du dernier arrivé :

« - Vous pouvez toujours partir, si vous vous ennuyez.

« - Salut Mitchie, répondit ce dernier. En fait, c'est surtout qu'on devait répéter, mais… Nos parents nous ont dit de venir, pour faire connaissance avec nos voisins. Enfin, Shane surtout, après il nous a proposé de venir, si ta mère n'y voyait pas d'inconvénients. Et toi, tu t'amuses ?

« - Jusqu'à il y a cinq minutes, oui, dis-je les joues rouges.

« - Et nous, tu nous salues pas ?

« - Désolée ! Salut tous les trois. Bienvenue chez mes parents ! Bon, je vais faire un tour, histoire de saluer tout le monde. A lundi en bio, dis-je en regardant Nate.

Je partis aussitôt rejoindre maman. Déjà que je n'étais pas enthousiaste à l'idée de recevoir plein de monde, mais savoir qu'ils avaient à présent mon adresse, m'enchantait encore moins. Sans trop savoir pourquoi, cependant. Peut-être parce qu'après cet évènement, je n'aurais plus d'excuses pour les snober. Je fis la connaissance de plusieurs personnes, sans retenir les noms. De toute façon, je ne les reverrais pas pour la plupart, et leurs enfants, je ne connais déjà pas les prénoms, alors les noms de famille… Comme prévue, je ne m'attardais pas et remontais discrètement dans ma chambre. Seulement une surprise de taille m'y attendait. La porte était ouverte, et Shane était devant.

« - Visiblement, c'est pas là.

« - Tu… Cherches quelque chose peut-être, hasardais-je.

« - Les toilettes, en fait.

« - La porte au fond.

Il me remercia et commença à partir. Pour ma part, je haussais les épaules, et entrais, en ne fermant pas entièrement la porte. De toute façon, j'allais devoir redescendre rapidement, alors… Je me rassis à mon bureau, et repris ma mélodie, en fredonnant doucement la balade que j'écrivais en ce moment. C'était la première fois que les mots me venaient tout seul. La chanson parlait de mon sentiment d'abandon, enfant perdue dans un monde d'adulte qu'elle ne comprend pas encore. La mélodie était mélancolique et les notes semblaient en accord avec mon sentiment d'abandon. Prenant plaisir à l'écouter, je la repris depuis le début, en baissant les paupières pour savourer le moment. Y a pas à dire, elle est presqu'aussi belle que la musique de mes parents. Rouvrant les yeux, je décidais de l'enregistrer avant de l'envoyer à Sierra, pour qu'elle me donne son avis, mais je me stoppais en voyant Shane devant la porte.

« - Pour redescendre, suffit simplement de prendre l'escalier.

« - Je m'en doute petit oiseau, mais je t'écoutais en fait ! Tu joues bien, pour quelqu'un qui n'a pris que quelques cours de piano.

Je rougis et baissais les yeux sur mon instrument. Finalement, je ferais le reste plus tard, je crois que là, je ne pourrais pas enregistrer de toute façon. Il y a trop de bruit. Légèrement ennuyée qu'il voie ma chambre, je lui proposais de retourner au jardin. Connaissant maman, je savais qu'elle avait prévue pour un régiment, et puis, un repas mexicain c'est toujours délicieux. Nous arrivâmes au jardin et sans trop savoir pourquoi, je le suivis lorsqu'il retourna voir ses deux amis. Probablement parce que ce sont les seuls visages que je connaisse. Ils discutèrent quelques secondes, puis une jeune fille nous rejoignit. Elle ressemblait beaucoup à Jason, sauf qu'elle était blonde, et je me demandais si c'était sa sœur. J'eus rapidement la réponse.

« - Jay, papa veut te parler. Salut Nate, ajouta-t-elle avec un grand sourire qui les fit rire.

M'éclipsant discrètement, je fis le tour du jardin, quand maman m'arrêta. Elle était en train de discuter avec la mère de Shane, et je lui souris. Elles étaient en train de commenter ma soudaine passion pour la biologie, et je crus bon de leur expliquer.

« - En fait, je me suis renseignée, et si je veux entrer dans une fac de psycho, il faut que j'ai une bonne moyenne en bio et en math. J'ai déjà commencé à tout reprendre depuis le début mais, ce n'est pas drôle. J'ai du mal à rester concentrer sur les formules mathématiques.

« - Demande donc à Shane, il adore calculer. Souvent mon mari et moi plaisantons sur le fait qu'il est né avec une guitare dans une main et une calculatrice dans l'autre.

« - Moi ma fille, c'est avec un livre et une guitare qu'elle est née.

Je restais quelques instants avec elles, parlant avenir, avant de m'éclipser une nouvelle fois, prétextant une soif inexistante. Je rejoignis la cuisine, et soupirais. Je détestais toute cette mondanité, mais bon si je ne voulais pas avoir de leçon de moral demain, je devais faire comme si, ça me plaisait. Ayant abandonné mes chaussures à l'entrée du jardin, personne ne m'entendit, alors que de mon côté j'entendais tout. Trois voix, que je reconnaîtrais entre mille, pour les entendre souvent au lycée, parlaient avec animation. Intrigué, je les écoutais.

« - Non, je sais pas, mais ce que j'ai entendu c'était pas mal. Pas mal du tout ! Peut-être même mieux que ce qu'on fait.

« - Faudrait voir pour l'entendre, déclara Nate. Pas que je ne te crois pas Shane, mais je suis curieux.

« - Finalement, on a peut-être trouvé ton maître, mon vieux. Meilleure que toi en cours, et en musique.

Ils rirent puis continuèrent de parler, de moi, je crois, jusqu'au moment où je décidais de signaler ma présence. Grimaçant, comme si j'avais les mains sales, je les frottais l'une à l'autre, sans regarder où j'allais. Jason m'interpella, et je leurs demandais ce qu'ils faisaient à l'intérieur.

« - On essaie d'échapper à ma sœur, sinon elle ne va pas lâcher Nate.

« - Je vois.

« - Et toi, tu vas où ?

« - Me laver les mains. Serrer la main d'autant de personnes, ça finit par salir. Et avec cette chaleur… On se croirait en Californie.

Je montais rapidement, et pris la direction de la salle d'eau, réfléchissant à ce que j'avais entendu. A priori, Shane leur avait dit que je jouais de la guitare, et ils voulaient m'entendre. Bah bonne chance, parce que je ne joue que pour ceux que j'aime. Ayant les mains propres, je les posais de part et d'autre du lavabo et fixais mon reflet. J'avais l'air triste et ça me fis de la peine. Enfin, encore un petit mois et je passerais deux semaines dans ma famille. En attendant, faudrait que je reprenne quelques couleurs, parce que je fais pâlotte. Je m'attachais finalement les cheveux en une queue haute, puis soupirais avant de retourner au jardin. Seulement, les garçons étaient encore là. Je notais le regard de Shane et me demandais ce qui clochait avec ma tenue. Bon, il n'aimait peut-être pas mes jambes. Ça nous fait un point commun, je ne les aime pas non plus. C'est d'ailleurs pour ça que je passais le plus clair de mon temps en jeans. Cela dit, je leur demandais de rejoindre les autres. Pas que je n'ai pas confiance, enfin si je n'ai pas confiance, mais c'est en tout le monde, mais je sais surtout que maman n'aime pas que certaines personnes s'exilent. Nous retournâmes donc au jardin et je m'arrêtais le temps de mettre mes chaussures. Ils attendirent, par galanterie, que je sois chaussée, puis nous rejoignîmes le peuple.

Maman avait prévu beaucoup de chaises, mais franchement, je ne me voyais pas m'asseoir à table tout de suite. Je leur proposais donc d'aller chercher une couverture pour s'asseoir au sol, et m'éclipsais le temps d'aller la chercher. Ça donnerait un air de pique nique, pas du tout approprié mais bon. Quand je revins, la jeune fille de tout à l'heure était revenue. Je plaçais la couverture au sol, en me pinçant les lèvres pour ne faire aucune remarque. Enfin à mon avis, elle devrait arrêter de sourire comme une idiote. Son frère nota ma grimace et me demanda ce que j'avais.

« - Euh, rien. Enfin si, mais je vais m'abstenir de répondre, je ne voudrais pas me faire d'ennemie. Vous pouvez vous asseoir, vous savez.

Pour ma part, j'étais assise comme Arielle sur son rocher. Ils s'installèrent en tailleur, sauf Shane qui s'était appuyé contre l'arbre, et avait plié ses genoux en posant ses pieds à plat sur le plaid. Jason soupira et pria sa sœur d'aller voir ailleurs s'il n'y était pas, puis embraya sur nos cours, sans doute pour la faire fuir. Je lui lançais un regard d'excuse. Pauvre tiote ! Si ça se trouve, il n'y a personne de son âge. D'ailleurs maintenant que j'y pense, il n'y a pas beaucoup de jeunes, ici. Principalement des parents en fait. C'était peut-être pour ça qu'elle restait avec nous. Enfin, plus maintenant, puisqu'elle est partie toute triste. Me sentant solidaire envers elle, je me levais d'un bond et rentrais rapidement chez moi. Je m'enfermais dans ma chambre, pris mon livre de psycho, et commençais à lire. Deux minutes plus tard, quelqu'un frappa, et j'allais ouvrir pour faire face à Nate. Tant mieux, des trois, c'était encore celui que je préférais voir.

« - Oui ?

« - Je venais juste savoir si on avait fait quelque chose de mal, ce qui expliquerait que tu sois partie d'un coup.

« - Non, c'est juste que… La sœur de Jason…

« - Mia ou Abby ?

Comme je le regardais interdit, il jugea bon de me donner plus d'informations.

« - Mia, c'est la plus jeune. Brune, les yeux marrons, et toujours une corde à sauter dans la main. Abigaël, c'est la plus âgée. Blonde, les yeux verts toujours à me sourire.

« - Abigaël, alors ! Je sais pas, ce n'est pas sympa de l'envoyer bouler comme ça. Je sais pas si Jason s'en est aperçu, mais il n'y a pas beaucoup de jeune. D'ailleurs, je crois que vous êtes les seuls. Elle va s'ennuyer toute la journée, ou jusqu'à ce que partent ses parents. Je ne sais pas, on serait chez lui, d'accord, mais là… En plus, s'il n'habite pas le coin, elle doit connaître personne, et sous prétexte qu'elle te sourit beaucoup, il la condamne à une après-midi en solitaire.

« - Oh, je vois que mademoiselle est solidaire ? Et bien soit, je supporterais ses nombreux sourires, et elle restera avec nous. Mais t'as intérêt à participer activement à la conversation en contrepartie, parce que tu n'imagines pas mon calvaire.

« - Il va être semblable à celui que je vais subir.

Nous nous levâmes, puisque nous étions assis sur mon lit, et s'il vit ma guitare, il ne fit aucun commentaire. Nous descendîmes donc, pour la quatrième ou cinquième fois, j'ai perdue le fil, et je repris ma place, pendant que Nate demanda à son ami de rappeler sa sœur.

« - Je t'avoue, ça m'enchante pas des masses, mais Mitch' a raison, elle va s'ennuyer toute seule sinon.

« - C'est quoi ce surnom débile ? Mitch' ? Tu me prends pour un homme ? Comme l'autre là dans la série avec pleins de badauds en maillot de bain rouge.

« - Alerte à Malibu, proposa Jason tout sourire.

« - Probablement, la question n'est pas de savoir le nom de cette série, mais d'où me vient mon surnom atroce.

« - Désolé, c'est sortit tout seul. Je vais l'oublier, et t'en trouver un autre.

« - Elle veut entrer dans le groupe des volatiles, si ça peut t'aider à avoir des idées, lança Shane en souriant.

« - C'est ça, grommelais-je.

Sur ce, Jason se leva et partit à la recherche de sa sœur, sûrement, puisqu'il revint avec elle au bout de deux minutes. Il se rassit alors qu'elle fit le tour pour venir me faire un bisou. Je me tendis malgré moi, avant de sourire, et elle s'assit près de son frère, à côté de Nate. De toute façon, c'était soit à côté, soit en face près de Shane. Cependant même, si ça l'ennuyait, il n'en dit rien, et se tourna vers moi.

« - Au fait, la guitare, c'est à toi ?

« - Oui, sinon elle serait dans une autre pièce. Pourquoi ?

« - Et tu en joues ?

« - Non je la prie chaque soir de passer l'aspirateur durant mon sommeil, me moquais-je.

« - Dis donc, t'as mangé un clown, nous coupa Jason.

« - Euh non, chez moi, c'est naturel. Comme cultiver le mystère, selon vos oiseaux.

« - Bref, dit Nate. Alors tu joues de la guitare ! Mais t'as pris des leçons ?

« - Non. J'ai pris des cours de piano, et comme ce n'est pas assez transportable, je me suis mise à la guitare. Ça passe le temps, et c'est doux. Pourquoi toutes ces questions ? Shane ne vous a pas dit qu'il m'a espionné tout à l'heure ?

« - Je n'ai pas espionné, soupira l'intéressé. Je comptais descendre, j'y peux rien si ta chanson m'a envoûté. Je l'ai trouvé triste, douce et j'ai adoré ! Après, j'ignorais que c'était toi, j'ai juste suivi le son.

« - Et tu n'as pas signalé ta présence. Tu as attendu que je te remarque, ça revient au même que de m'espionner, espèce d'agent du KGB à la manque.

« - Tu as raté au passage. Comme tu le vois, je suis toujours vivant.

« - J'ai pas encore agi, nuance. Je vais attendre que tu oublies cette menace pour la mettre à exécution. Histoire que tu ne te doutes de rien. Je frapperais le moment venu.

« - Je vois, dit-il en hochant la tête.

La discussion continua tranquillement, et à plusieurs reprises, je me contentais de répondre par de vague « Je vois » ce qui amena Abigaël à me le faire remarquer, d'une drôle de manière.

« - Je vois, je vois, je vois, mais dis donc, vous allez arrêter tous les deux avec vos « je vois » ? A croire que c'est un code entre-vous.

« - Pas vraiment, c'est juste qu'on voit ce que la personne veut dire. Ou dans mon cas, quand je ne vois pas quoi dire d'autre, tu sais pour clôturer la conversation poliment, expliqua le jeune homme.

De mon côté, je rougis en l'entendant, et notais le sourire de Nate. J'allais l'interroger, lorsque regardant sur sa gauche, je notais le regard rêveur d'Abby. Y a pas à dire, elle semblait vraiment l'apprécier. Elle a quel âge déjà ? Il ne me l'avait pas dit, je crois. Bon admettons douze treize ans, lui en a dix-sept, ça fait… Je fronçais les sourcils en réfléchissant à cette opération d'une simplicité renversante*. Quatre à cinq ans d'écart ! C'était jouable ! Faudrait juste qu'elle arrête de sourire niaisement, et qu'elle grandisse un peu. Oh et qu'elle mûrisse, mais ça, ça viendra avec le temps.

Maman vint nous prévenir qu'il était l'heure qu'on passe à table, et je mis mes pensées en pause. Je remis mes chaussures, et vis une main me proposer de l'aide. Sans regarder, je sus qui me la tendait. Shane, naturellement ! J'ignorais pourquoi, mais il se sentait obligé de m'aider tout le temps, à croire qu'il avait toujours un œil sur moi. Il était là à chaque fois que j'avais besoin de lui. Même quand je n'avais pas besoin d'ailleurs. Enfin, ça ne durera pas, puisque je compte partir d'ici le plus vite possible pour retourner à Salt Lake. Connaissant maman, les « enfants » étaient relégués dans un coin, et je pris donc place à l'autre bout de la table. Les garçons me suivirent, et je grimaçais en les voyants trop proches. Seulement, je ne pouvais m'écarter de l'un sans me rapprocher de l'autre. J'aurais du me mettre en bout de table. Etre proche de Nate ne me changeait pas trop, même si en biologie les tables étaient plus grandes, mais je n'étais pas habituée à être près de Jason, qui lui a eu l'intelligence de se mettre au bout de la grande table. Je me contentais de reculer ma chaise au maximum, et croisais les jambes.

« - Dis-le si on sent mauvais, se moqua le grand frère d'Abby.

« - Euh, j'ai pas dit ça.

« - Non, mais à t'éloigner comme ça, on le croirait. J'étais pourtant persuadé de m'être lavé ce matin, sourit-il.

Je haussais les épaules, et croisais le regard moqueur de son ami en face de moi. Nate se tourna alors vers Jason.

« - Toi aussi, t'as remarqué, qu'elle s'éloigne tout le temps ?

« - Ouais, peut-être qu'elle ne supporte pas nos odeurs, qui sait…

Le plat arriva à ce moment-là, et ils se servirent. Pour ma part, j'attendais sagement qu'ils aient tous remplis leurs assiettes, avant d'en faire de même. Loin de changer de conversation, mon voisin de biologie, me demanda la raison de mon éloignement.

« - C'est simple. En fonction de notre éducation, et des épreuves qu'on a, ou non, traversé dans la vie, on a tendance à se rapprocher ou s'éloigner des gens. Non pas parce qu'ils sentent mauvais, dis-je en coulant un regard vers mon voisin de gauche, mais simplement parce que chaque personne a un territoire mental. Chez certaines personnes, il est minuscule, chez d'autre énorme. Ce territoire délimite la distance physique qu'on prend avec les autres en fonction de notre état mental, expliquais-je. Plus on se sent en confiance avec les gens qui nous entoure, plus on va se rapprocher, alors qu'à l'inverse, on se tiendra plus loin si c'est une personne qu'on ne connaît pas. De plus, si on manque de confiance en soi, ou qu'on se sent agressé, par un regard ou un geste, pas nécessairement avec un couteau, on va avoir tendance à faire un pas en arrière, pour protéger ce fameux territoire. Et comme il est, en plus délimité par l'enfance qu'on a eu… Bon, dis-je en voyant leur airs perdus, prenons un exemple : un fils d'ouvrier pauvre du début du siècle dernier, ayant vécu dans une famille nombreuse et une maison petite aurait tendance à se rapprocher des gens physiquement, parce qu'il a vécu comme ça, entouré d'un tas de personne. Il prendrait donc mal qu'une personne s'éloigne de lui, pour lui parler. A l'inverse un roi aura un territoire beaucoup plus large, et ne supportera pas qu'on soit trop proche de lui… Moi, c'est pareil. Je déteste qu'on soit proche de moi. Seuls mes parents ont le droit de me coller en quelque sorte… Je ne sais pas, si ce que je viens de raconter est clair.

« - Dans l'ensemble, bon je ne suis pas sûr qu'Abby ait tout suivi, se moqua son frère, mais qui s'en soucie ?

« - Moi, par exemple, répondis-je avant de rougir.

« - Merci de me défendre Mitchie. En tout cas, c'est délicieux. C'est ta mère qui l'a cuisiné ?

J'acquiesçais simplement. Maman est une cuisinière hors pair, et après ce repas, sa réputation ne sera plus à faire. La regardant, je hochais la tête, et elle sourit de satisfaction, avant de se tourner vers un de ses voisins. Le père de Shane, si je me souviens bien.


* : Je tiens à préciser que j'ai du mettre 30 secondes pour faire cette même équation de tête ! Oui, je sais, c'est honteux mais bon !

Et voilà, encore un de boucler. J'en suis pas trop fière, enfin la fin surtout, mais, tout comme Mitchie, j'espère que vous avez compris son histoire de territoire mental, sinon demandez, je précise ! Et surtout, j'espère que vous avez appréciés ?

Miss Tagada (L)