Me revoilà!
En période d'exam, juste avant de manger, juste après la nouvelle que mon projet pour l'exam de demain est pas fini, et que je dois encore faire la finition de la revue XD BREF, chapitre 7, vous l'attendiez, le voilà! Des réponses, des révélations, j'espère que vous apprécierez!
Réponses aux review, comme promis:
iantocullen : Ha! à propos de Daryl... Ho oui, c'est un bel homme. Mais mon avis est pas celui de Alex. C'est son point de vue pas le mien, sans compter qu'il avoue que ce gars à un truc de vachement attirant. Donc il en est conscient, mais cherche quand même un défaut, histoire de pas faire son écolière amoureuse *OUT*
Shadows1399 : La suite donc! Daryl jaloux et possessif? Haha XD Pour ça, il faudrait qu'il accepte de se rendre compte qu'il tient à Alex, et ça, j'ai pas encore l'impression qu'il le sache!
misscofee : Mignons? Cool! j'ai réussi ! *sbaf* nonnon, pas de torture, du moins pas tout de suite, et pas si c'est pas justifié! Daryl avait promit de veiller sur lui, c'est chose faite! Et il continuera de le faire, parce que Daryl est un brave gars finalement.
MyFairLadyRose : Woua, tout d'un coup? Flattée que tu aies accroché autant à ma fic! Comme tu l'as vu, je décris Alex plus tard, au fur et à mesure que j'ai les idées et les images en tête. J'en ai certaines qui seraient pas mal, et qui "justifie" la couleur des cheveux et yeux ^^
Soso77G : Volà la suite, j'espère que tu aimeras!
Chapitre 7
La petite était assise à table, avec nous tous. Elle dévorait tout ce qu'on lui présentait et sa présence détendait l'atmosphère alourdie par les derniers événements. Elle expliquait entre deux bouchées ce qui lui était arrivé, qui elle était et combien elle était heureuse d'être ici, au chaud. Puis Glenn demanda si quelqu'un savait jouer de la guitare et Cassandra tapa des mains, excitée à l'idée d'entendre de la musique. Sauf que personne ne savait jouer et que l'unique bonhomme qui pouvait prétendre en jouer justement, reposait dans l'estomac d'une dizaine de rodeurs.
Le repas reprit son cours et j'aidai à débarrasser, à faire la vaisselle avec la petite et rejoignis la chambre de Daryl, que Carol venait de quitter. Elle fixa Cassandra avec un sourire doux et se pencha pour embrasser sa petite tête blonde. Elle hocha ensuite doucement la tête, comme pour me donner sa bénédiction pour je ne sais quoi. Ou juste pour me dire qu'elle était heureuse, malgré tout. J'ouvris silencieusement la porte et Cassy entra, moins silencieusement. Daryl la regarda comme si un bras poussait au milieu de son front avant de m'interroger du regard. Question légitime, il ne savait pas qui c'était. Je m'étais occupé de la petite tout l'après-midi, je l'avais lavée, bichonnée parfumée. Je lui avais rendu figure humaine et à présent, elle ressemblait à un ange tombé du ciel.
- Daryl, je te présente Cassandra. Ma fille.
- Ta... ?
Il regarda à nouveau Cassandra, essayant de trouver des points communs qui finalement, n'était pas si difficile à trouver. Restait maintenant à intégrer l'information.
- Depuis quand t'as un môme toi?
- Depuis cinq ans.
- Mais elle était où depuis tout ce temps?
- Elle m'a été enlevée au début de l'épidémie. Je l'ai cherchée avec Matthew, mon frère, pendant près deux mois. Puis Mat est... Mort, et j'ai continué tout seul pendant encore trois mois entiers. Puis... Puis j'ai préféré penser qu'elle était en sécurité.
Cassandra fixait Daryl intensément, si bien que le chasseur commença à s'agiter, mal à l'aise. Il remonta la couverture pour se couvrir, puis Cassy poussa un cri victorieux, pointant mon amant en sautillant, toute excitée.
- Papapapapapapapapa! C'est lui! C'est lui le monsieur effrayant que j'ai suivis et qui m'a aidé!
Vu le regard que me lança Daryl, lui ne comprenait rien du tout. Il avait aidé ce microbe? Première nouvelle. Elle grimpa sur le lit et avança à quatre pattes, comme un chat. Elle rampa jusqu'à lui, alors que lui essayait vainement de la fuir. Et quand plus aucune retraite ne fut possible, il se résigna à faire face. Elle sourit et posa un gros baiser sonore sur la joue de Daryl, qui crispé, attendait que ça passe.
- Tu seras mon prince charmant!
- Je suis pas charmant.
- Mais j'étais la princesse en danger! Et toi, tu m'as sauvée! Donc tu es mon prince et moi, ta princesse!
Cette fois, j'éclatai de rire. Daryl, outré, m'envoya un coussin tandis que ma fille se lovait contre lui, sa tête contre son torse. Elle ferma les yeux et s'endormit en un temps record. Ce qui obligea mon amant à se tenir tranquille.
- Elle est jolie.
- Elle ressemble beaucoup à sa mère.
- Sans connaître sa mère, je dirais que la petite te ressemble beaucoup plus.
Même s'il ne s'en rendait probablement pas compte, c'était un beau compliment. Je regardai ma fille qui dormait à point fermé, comme tous les enfants de cet âge. Elle était adorable, personne ne pouvait résister à son charme innocent. D'ailleurs Daryl avait passé un bras protecteur autour de la petite, caressant doucement son dos. Ils formaient un tableau attendrissant, un peu cocasse, mais attendrissant. Je tirai une chaise pour m'asseoir à côté du lit et me penchai légèrement, silencieux. Il me regarda un moment avant de soulever la couverture, faisant un petit mouvement de la tête. Il m'invitait à le rejoindre, ne trouvant aucun mot pour continuer la conversation, même s'il devait avoir beaucoup de questions. Je grimpai sur le lit et me lovai contre lui. J'entendis son rire léger et je l'interrogeai du regard.
- Tu t'es couché exactement comme ta fille.
- C'est Cassia qui se couche exactement comme moi, boudais-je.
Il sourit un peu plus et posai un unique baiser dans le haut de mes cheveux avant de se détendre. Il posa sa tête contre la mienne. Je m'endormis étrangement rapidement et ne me réveillai que très tard le lendemain. Cassia était étendue de tout son long dans le lit, serrant dans ses petits bras l'oreiller sur lequel mon amant avait dormi. Daryl était absent, alors même qu'Hershell lui avait demandé de rester au calme. Je soupirai et secouai ma fille qui miaula une protestation. Elle tendit les bras vers moi dès qu'elle me reconnu et se s'accrocha comme un koala à mon cou. Direction, la salle à manger où je lui préparai du pain perdu. Elle dévora son plat quand le maître de maison apparu.
- Vos prières ont porté leurs fruits.
- Dieu est un enfant capricieux. Il n'en a rien à faire des suppliques de ses ouailles.
- Il vous a rendu votre fille saine et sauve. Dieu à un plan pour chacun de nous. Les malades ne touchent pas les enfants par exemples.
- Vous n'avez jamais mis les pieds en dehors de la ferme pas vrai? Quand j'ai perdu Cassandra, je me suis mis à sa recherche, et j'ai vu le chaos. J'ai vu des parents dévorer leurs enfants, des hommes tirer des bouts d'intestin, et des femmes tenir encore debout malgré la plaie béante qui leur ouvrait le ventre.
- Ces gens sont malades.
- Soit. Ils sont malades. Et on trouvera une manière de les guérir. Et puis quoi? Quand ils verront ce qu'ils ont fait, croyez-vous sincèrement qu'ils souhaiteront encore vivre? Croyez-vous réellement que leur esprit restera intact?
- Ils comprendront qu'ils n'étaient pas dans leur état normal.
- Votre naïveté est touchante. Mais dangereuse. Et moi les dangers, je les écrase.
- Papa?
Je pris ma fille dans mes bras, posant un baiser protecteur sur sa tempe, ma main dans ses cheveux pour la bercer.
- Je respecterai vos choix, mais si un rodeur approche mon enfant, je le tuerai. Que vous le vouliez ou non, que cela vous plaise ou non.
- Votre fille ne craint rien ici.
- J'ai appris que nous n'étions jamais vraiment en sécurité. Nous n'avons qu'un sursis.
Je quittai la cuisine et déposai Cassandra dans le poulailler. Elle était heureuse comme jamais et s'amusait à courir dernière les poules, à caresser les poussins et je lui demandai de ne pas quitter cet endroit sans me le dire. Sauf si c'était pour entrer dans la maison. Elle hocha la tête, obnubilée par les poulets plumés. Je cherchai Daryl et le trouvai à l'écurie, en grande discussion avec Carol. Réaction puérile, je ma cachai derrière une porte pour les écouter.
Et je me sentais mal. Malgré tout, je sentais que Daryl aimait beaucoup Carol. Voire, l'aimait tout court. Et le sentiment était partagé, ça j'en étais certain. C'était à la fois blessant et... blessant. Cela faisait toujours mal de savoir la personne aimée avec quelqu'un d'autre. Seulement j'aimais beaucoup Carol. C'était une bonne amie et elle méritait d'être heureuse après tout ce qu'elle avait vécu.
- Hershell a dit que tu devais te reposer.
Comme quoi, je n'étais pas le seul à me soucier de sa santé.
- Ha ouais? Bah je m'en fous.
- Pas moi. Rick va suivre la piste et poursuivre les recherches.
- Ouais, mais je veux pas rester là à me tourner les pouces.
- "Ouais" tu préfères retourner dans la forêt pour qu'il t'arrive quelque chose de pire?!
Daryl ne répondit pas. Le silence s'éternisa et ça, ça voulait juste dire que mon amant était mal à l'aise. Il n'était pas habitué à ce que quelqu'un se soucie de lui. Du coup il ne savait pas comment réagir.
- On ne sait pas si on la retrouvera Daryl... On ne sait pas!
Nouveau silence. J'imagine fort bien le choc de mon amant. Lui qui croit dur comme fer que la petite est vivante, qu'on la retrouvera et que tout sera comme avant... Les paroles de Carol ne sauraient que le mette en colère. Il se déplaça, probablement pour faire face à la maman. Pour la jauger, lui faire prendre conscience de ses mots. Qu'en tant que maman, elle n'avait pas le droit d'abandonner.
- Quoi?
La question était agressive et il fallut un moment avant que Carol ne réponde, hésitante.
- Si toi aussi je te perds...
Elle ne termina pas sa phrase, un sanglot lui brisant la gorge. Carol et moi nous ressemblions plus que je ne l'imaginais. Nous avions perdu nos enfants, nous avions cessé de croire et nous aimions le même homme, intensément, au point de ne pas imaginer une suite de vie sans lui. Il s'énerva. Mais jamais il ne lèverait une main sur elle. Il n'est pas comme ça. Pas envers une femme qui a déjà été battue, pas envers un être foncièrement bon et fragile. Il jeta un objet lourd et lâcha une exclamation douloureuse.
- Daryl! Est-ce que ça va?
- Fous-moi-la-paix!
Je fermai les yeux et baissai la tête, me laissant glisser contre le portique en bois.
- Pauvre conne!
Il partit en grandes enjambées sans un regard en arrière, sans même me voir.
Cela commençait à s'agiter à la ferme. Rick et Hershell étaient introuvables, Dale manquait à l'appel et Shane avait disparu. Moi je m'inquiétais que Dale soit parti et que l'abruti de meilleur ami de Rick soit partit le chercher. Depuis quelques temps, ces deux-là, c'était à qui tirerait le premier. Et forcément le vieil homme incapable du moindre crime méchant, était perdant.
- C'est quoi ce bordel?
Daryl et sa délicatesse habituelle... Cassia courut vers lui avec un grand sourire. Il la prit dans ses bras sans même réfléchir et continua:
- Putain, je suis le seul à prendre ça au sérieux ou quoi? On a une piste!
Shane arriva pile à ce moment là. Je devais reconnaître qu'il soignait ses entrées ce con. Daryl alla à sa rencontre, toujours avec ma fille dans les bras. Shane quant à lui avait le stock de munitions.
- Qu'est-ce que tu fais avec tout ça?
- T'es avec moi ou pas? répliqua l'ancien flic en lui fourrant un fusil entre les mains, ne faisant pas grand cas de Cassandra qui le fixait avec ses grands yeux effrayés. Ouais, il est temps d'agir en adulte.
Daryl posa son petit fardeau au sol et arma le fusil, suivant le couillon. C'était pas bon ça... Ils allaient forcément aller dans la grange bourrée de rodeurs pour tous les dégommer. Hershell allait faire un caca nerveux et nous allions tous nous retrouver à la rue.
-T'as déjà le tien Andrea?
- Oui. Où est-Dale?
- Il va pas tarder.
- Je croyais qu'on avait pas le droit... nota T-Dog en prenant une arme.
- C'est plus qu'un droit c'est un devoir!
Je me plaçai devant Shane et la grange, le défiant du regard. Il allait encore foutre la merde et je ne risquerai pas l'unité du groupe et sa survie sous prétexte qu'il faisait un caprice.
- Bouge-toi.
- Sinon quoi? Tu me colles une balle entre les deux yeux?
- Ca se pourrait.
Il se retourna pour commencer à motiver les troupes, exposant arguments sur arguments avant de se mettre à la hauteur de Carl.
- On doit retrouver Sophia pas vrai? Je veux que tu prennes cette arme, que tu la prennes et que tu protèges ta mère à n'importe quel prix, c'est compris?
- Shane, n'emmène pas Carl dans ton délire!
- Rick à dit pas de flingue!
Faut pas faire ça devant une mère... Lori, comme une lionne, avait retiré son fils du "méchant", pour le protéger. Cassandra aussi se cachait derrière moi, tremblante. Mais peu importait ce qu'on pouvait faire car dès l'instant où Rick arriva avec deux rodeurs au bout d'un bâton, la décision était prise. Tout se précipita. Sous les cris de ma fille, Shane tira une balle, puis deux... Et encore une, dans le ventre d'un des rodeurs. Et comme il voulait le démonter, la créature restait debout, insensible. Il visa la tête et instinctivement, je cachai les yeux de ma fille. Le marcheur tomba, sans vie. Hershell s'écroula aux côtés du mort, forcé de voir l'évidence. Et Shane qui continuait.
- Ma puce... Tu vas courir aussi vite que tu peux et te cacher dans la maison. Sous le lit où tu as dormi, d'accord? Tu ne sors que si tu m'entends? Que moi, c'est clair?
Elle hocha la tête et me quitta, rejoignant la demeure sans hésitation. Puis je sortis mon arme, la chargeai et la pointai sur les portes de la grange qui s'ouvraient, déversant son lot d'horreurs. Les coups de feu firent mouche, les corps s'entassaient et quand enfin tout le monde pensa que c'était fini, un dernier sorti.
Un instant ébloui, le corps du rodeur resta immobile, nous laissant le temps d'encaisser l'information. Un petit corps, une peau pâle et salie par sa vie momentanée dans la forêt.
- SOPHIA!
Daryl se jeta à moitié sur Carol. Elle tendait désespérément la main vers ce que fut sa petite fille, comme si cela pouvait changer quelque chose à l'atroce vérité. Le chasseur la gardait contre lui, essayant de la calmer tandis que je me mettais à sa place, ressentant sa douleur comme si elle était mienne. Elle ne cessait de répéter le nom de son bébé, encore et encore... Je fermai les yeux, sentant les larmes menacer de couler. Je savais ce qu'elle ressentait. J'avais vécu à peu de choses près ce qu'elle vivait. Carol ne méritait pas ça. Personne ne méritait de voir son enfant dans un tel état.
- Lori... appelais-je.
La jeune femme me regarda et hocha la tête.
- Ne regarde pas Carl.
Le petit enfouit sa tête dans les bras de sa mère, et je m'avançai jusqu'à Sophia. Elle tendit les bras vers moi dans l'espoir de m'attraper et de mordre, mais je me reculai. Je tendis mon arme vers sa tête et les dents serrées, murmurai une prière. Et j'appuyai sur la gâchette sous le cri de Carol. Je rattrapai le corps de l'enfant avant qu'il ne tombe et le posai délicatement au sol, caressant son visage pâle, chassant les mèches de cheveux sales.
- Regarde pas!
Daryl en fond, qui essayait de retenir Carol folle de douleur. Elle le repoussa et me rejoignit pour prendre sa petite dans ses bras, la berçant. Un peu plus loin la cadette de Hershell se précipita sur le corps de sa mère... Qui lui sauta dessus pour la dévorer. Tout le monde réagis rapidement, la tirant en arrière, la sauvant et achevant le monstre. Carol et moi restions près de Sophia, incapable de la lâcher des yeux. J'aurais préféré que jamais elle ne voit une chose pareille. J'aurais aimé ne pas devoir tuer sa fille, ou ce qu'il en restait. Seulement la vie depuis quelques temps se jouait de nous. Elle nous riait au nez. Et on accusait les coups de plus en plus difficilement. Et notre hôte fit ce qu'il avait promit de faire, surtout après l'éclat de Shane. Il nous mit dehors. Nous étions priés de faire nos bagages. Je me relevai, tout comme Carol qui en avait assez vu pour aujourd'hui.
Quant à Rick et Shane, une fois n'est pas coutume, ils se disputaient. Rick était presque hystérique et Shane... d'une colère froide.
- Qu'est-ce qui t'a pris hein? Qu'est-ce qui t'a pris!
- Daryl a failli crever en cherchant la petite. On aurait pu tous y laisser notre peau alors que ce connard, putain, il savait!
- Il nous a hébergé!
- Non! Il nous a tous mis en danger avec sa grange bourrée de rodeurs!
- Et alors quoi? Ca justifie de lancer la rébellion? De distribuer les armes et de massacrer sa famille?
- Ils étaient déjà tous morts.
- Il les croyait malades!
- Je m'en fous de ce qu'il croyait! Il nous mettait tous en danger!
- Je gérais ça!
- Non! Je vais te dire: tu as envoyé tout le monde ratisser cette forêt pour chercher une gamine alors qu'on savait tous pertinemment qu'elle était MORTE ! Voilà ce que t'as fait.
Je m'avançai vers les deux hommes qui se turent à mon approche. Je les regardai tour à tour avant de porter mon attention sur Shane.
- Oui nous savions qu'elle était morte. Mais tu sais pourquoi on continuait malgré tout? Pour l'espoir. Parce que si nous nous arrêtions, si nous abandonnions cette enfant alors qu'il pouvait rester une chance, une seule chance, même infime de la retrouver, nous aurions perdu notre humanité. Quand nous en arriverons à penser que notre vie vaut plus que celle d'un enfant, là sera vraiment notre perte. Ce que tu as fait Shane, c'est briser les derniers espoirs du groupe de voir cette enfant heureuse. Tant qu'on ne savait pas, on pouvait l'imaginer en sécurité. Et non comptant de nous avoir retiré ça, tu viens de nous condamner à l'exile.
Je me retournai vers Rick pour achever ma tirade.
- Quant à toi, le jour où tu sauras enfin faire face, le jour où tu sauras prendre des décisions difficiles sans te lamenter après, alors ce jour là, peut-être que nous aurons une chance, une chance réelle, de survivre.
Je les bousculai brutalement et entrai dans la maison, allant chercher ma petite fille. Je restai un long moment avec elle, silencieux, elle respectant mon besoin de ne rien dire. Elle ignorait ce qui c'était passé, mais elle devinait que cela avait dû être difficile. Elle devinait, à cause de mon état, que ce qu'elle avait raté avait été violent. Je me rendis à l'enterrement, Cassia serrée contre moi, pleurant même si elle ne connaissait pas les morts. Ma fille, comme tous les gens ici, avait enterré trop de personne. Ma fille, à cinq ans, faisait face à la mort, comprenait qu'elle était partout et cela l'effrayait. Et si elle mourrait? Si son père la quittait, qui la protègerait? Ces gens qu'elle ne connaissait pas? Ces gens qui avaient tué tous les autres près de la grange? Est-ce que c'était ça, la vie? Une succession de cadavre que l'on brûlait ou enterrait? Oh! Bien-sûr elle ne savait pas tout... Mais elle devinait. Et c'était suffisant.
- Ce que t'as fait...
Je tournai à peine la tête vers mon amant qui ne quittait pas la petite tombe des yeux.
- T'as fait ce qu'il fallait.
- Entre ce qu'il faut et ce qu'on veut, il y a un monde.
- Ne culpabilise pas. Si tu n'avais pas tiré, Rick l'aurait fait.
Je me penchai sur Cassia, lui demandant d'aller jouer avec les poules. Elle hocha docilement la tête et s'enfuit en trottinant. Je restai accroupi, la tête baissée. Je sentis une main se poser sur mon épaule, la serrant brièvement, essayant de me remonter le moral sans y parvenir.
- J'aurais pu faire quelque chose.
- Arrête, t'aurais rien pu faire. C'était fini.
- Tu ne comprends pas...
- C'est toi qui comprends pas. Sophia était morte. On ne pouvait plus l'aider. On a tous fait notre possible, mais c'était déjà trop tard.
- Daryl...
- Quoi?
- Si un jour je venais à être mordu... Ne me tue pas. Attends. Enferme-moi, attache-moi, peu importe ce que tu fais, mais ne me tue pas. Attends. Et même si la fièvre me terrasse, même si tout espoir semble perdu... Attends.
- Qu'est-ce que tu me chantes encore?
- Promets-le moi. Jure-le.
- Tu sais bien que je te tuerai si tu devais te transformer en une de ces choses.
- Daryl, je ne rigole pas. Au contraire, si je suis mordu ou griffé, prends mon sang. Qui sait, la clef de tout ça réside peut-être dans l'avant transformation.
- Tu dérailles complètement.
-Daryl...
- Okay... Je te le promets. Je ferai de mon mieux pour te garder "en vie."
- Daryl?
- Quoi encore?
- Je t'aime.
Je m'étais pourtant juré de me taire à ce niveau là, mais peu importait à présent. Je quittai mon aîné, lui évitant de devoir me répondre ou de fuir poliment. Franchement, y'avait rien à dire après ça.
