Booonjour ! Tout d'abord, bonne année à tous ! J'espère que ces vacances ont été reposantes et que vous attaquez l'année avec joie et tout et tout :D

Je commence 2014 avec des excuses, je voulais vraiment poster, mais j'ai pas pu. Mon bêta-lecteur m'a autorisé à le dire alors je le fais uhuh, il n'a pas pu corriger pendant les vacances, du coup pas de post :/ Il a cependant corrigé ce chapitre rapidement hier donc je peux vous le poster :D Il est important pour moi, alors j'espère qu'il vous plaira.

Autre nouvelle : j'ai fini la fic ! Et ce depuis bientôt un mois, j'avais hâte de vous l'annoncer :D Elle fait environ 200 jolies pages Word, je pense qu'on arrive à un tiers du tout avec ce chapitre. C'était vraiment émouvant de finir, et étrange en même temps parce que je continue de la poster, du coup elle ne me quitte pas complétement. Mais j'ai vraiment été passionnée par cette histoire pendant des mois, du coup, dire au revoir à Roxas et Axel était dur...

C'est pourquoi...j'ai commencé une nouvelle fic AkuRoku! :D Impossible de m'en empêcher. Je préfère ne pas trop en parler, les choses peuvent changer, mais elle me passionne aussi beaucoup, je passe plus de temps sur l'univers cette fois et il y aura plus de personnages. Elle est donc plus difficile à écrire, plus longue. Mais j'espère pouvoir la partager avec vous, je pense à la fin de la publication du Saut de l'Ange. Je vous parlerai de l'univers s'il vous intéresse au chapitre prochain.

Alors, comme d'hab', merci pour vos supers reviews ! Xoen : héhé, Axel jaloux, c'était génial à faire. Pareil pour le côté un peu sérieux de Demyx, un plaisir de montrer un autre aspect du personnage. Miss Manga : Par rapport à Axel, j'ai hésité à faire cette scène, mais elle donne un côté plus sombre et réaliste. On a tendance à enjoliver les criminels dans les histoires quand ils en sont les protagonistes. Çà montre à quel point Axel a évolué aussi. Imthebest: Apparement beaucoup ont aimé l'arrivée de Demyx héhé, j'en suis contente. J'aime beaucoup ce personnage et j'espère que vous vous y attacherez aussi. Merci à tous en tout cas !

Ah oui, j'ai remarqué que mes titres n'ont JAMAIS la même typo. J'en suis vraiment désolée, je suis pas douée x)

Je vous souhaite une bonne lecture !


Partie 3 : L'envol

(3/5)

Ça faisait une éternité qu'il ne s'était pas rendu dans un bar pour une autre raison qu'une mission. Il y avait entrainé deux fois Roxas, la première, dans un lieu mal famé à l'ambiance glauque où son équipier s'était fait reluquer par des vieillards écœurants. La seconde, c'était dans un bar du genre de celui où il se trouvait désormais. On y buvait sans limite, chantait des chansons de mauvais gouts, se battait de temps à autres et surtout, surtout, on y rencontrait de quoi finir la nuit agréablement.

Axel avait tout de suite songé à ça une fois sorti de chez lui. Il n'avait même pas profité de la présence de Demyx pour jouir du temps libre qui s'offrait à lui. Il était bien trop occupé à…

Peu importait à quoi. Il n'était pas venu là pour y penser.

Quelques connaissances le saluèrent, deux Sans-cœurs quittèrent le bar lorsqu'ils le virent. Axel se rendit au comptoir, commanda quelque chose de fort tout en discutant avec un ancien ami d'enfance qui l'avait reconnu.

Sans qu'il ne s'en rendît vraiment compte, les pensées d'Axel allèrent vers le souvenir de ce soir où Roxas et lui étaient allés dans un bar similaire à celui-là. Il avait fait boire son équipier en attendant que la femme qui devait leur donner des informations n'arrivât. Il avait juste oublié le fait que, dans son ancienne vie, Roxas n'était peut-être pas habitué à l'alcool. Si bien qu'après quelques verres, l'autre idiot était ivre. Axel avait dû se forcer à garder son sérieux pendant la discussion avec leur informatrice tandis que son équipier vacillait sur sa chaise.

- Eh, arrête de sourire comme un con ! s'exclama l'homme qui parlait à Axel. J'ai dit quoi ?

Il se ressaisit, une partie de lui rageant intérieurement de s'être laissé aller.

- C'est ta gueule, répliqua-t-il, tu t'es pas embelli !

Il se demanda durant quelques secondes si l'autre n'allait pas le frapper. Une petite bagarre à mains nues ? Pourquoi pas après tout ! Il était encore blessé au bras, mais il était certain de le maitriser avec celui de droite.

L'autre décida finalement de rire, décevant un peu Axel.

- Toujours aussi con, Axel ! fit-il en lui tapant l'épaule.

« Je te retourne le compliment », songea-t-il en lui rendant son coup faussement amical.

La soirée se prolongea jusque tard dans la nuit. Axel fut seul, puis accompagné, puis seul à nouveau. Les retrouvailles et les rencontres se succédèrent, plus ou moins intéressantes. Hommes, femmes, peu importait tant qu'Axel pouvait boire tout en oubliant ce qu'il enfermait au plus profond de lui.

L'alcool commençait à embrouiller son esprit lorsqu'un inconnu s'assît à côté de lui et lui lança un sourire carnassier. Axel le toisa quelques secondes. Il avait un plutôt beau visage, des cheveux noirs en bataille et des yeux d'un brun orangé, presque dorés à la lumière tamisée du bar. Sûr de lui en apparence, il émanait de lui une espèce de cruauté, de froideur fascinante.

« Un beau salaud », déduisit Axel dans un sourire. Au moins autant que lui. Exactement ce qu'il lui fallait.

- L'Organisation XIII autorise ses membres à décompresser ?

Il avait la voix coupante, et Axel décida qu'il l'appréciait d'autant plus.

- Si tu sais que j'en suis membre, j'imagine que tu n'es pas venu me parler pour me provoquer.

Le garçon commanda deux verres.

- Loin de moi l'envie de me mettre l'Organisation XIII à dos ! Je pense plutôt me mettre l'un de ses membres de face.

Subtil et délicat, vraiment ! Axel sourit.

- Ça risque d'être un peu compliqué, rétorqua-t-il.

Les verres arrivèrent, l'inconnu lui en tendit un.

- Si tu aimes les femmes, autant me le dire tout de suite, que je ne perde pas mon temps.

- Tu sais très bien qui je suis, et tu sais très bien ce que j'aime.

- Et l'Organisation XIII, ils prennent comment tes gouts particuliers ?

Axel ricana, trinqua avec l'homme puis but une gorgée. L'alcool se déversa le long de sa gorge, lui brûla l'estomac.

- Tant que je tue correctement, ils n'ont rien à dire.

C'était vrai. S'il avait eu droit à quelques remarques déplacées au début, les autres avaient bien vite fait de se la fermer après qu'il les eût remis en place. Le fait qu'il soit aussi attiré par les femmes, et sa relation avec Larxène avaient contribué à calmer les choses.

« Saïx n'a pas eu mon courage, lui. » Il chassa cette pensée de son esprit. Loin de lui Saïx, tout comme l'Organisation XIII et surtout, Roxas. Il ne voulait pas y penser ce soir.

- C'est vrai, j'ai en face de moi un grand criminel !

- A l'ironie de ta voix, j'imagine que tu n'es pas tout à fait innocent non plus.

- Exact, approuva l'inconnu. On survit comme on peut.

Si ça sonnait comme une justification, il n'avait nullement l'air de se sentir mal à l'aise. Au contraire, le sourire ravi qu'il arborait était la preuve que tuer le réjouissait. Ce type était dangereux. Et excitant, décida Axel.

- Et je peux savoir qui m'offre un verre ?

- Vanitas, se présenta l'homme. Je peux savoir qui va m'en offrir un ?

Axel éclata de rire, commanda deux nouveaux verres au serveur.

- Axel. Mais tu le savais déjà.

Une heure plus tard, après des promesses provocantes glissées à son oreille, Vanitas avait guidé Axel jusqu'à son appartement, non loin du bar. Ils s'étaient embrassés dans les escaliers, et encore devant la porte d'entrée. Rapidement, les lèvres de l'homme s'étaient déplacées sur le cou d'Axel et l'avaient mordu violemment.

- Je vais te sauter, susurra Vanitas.

Axel rit.

- C'est ce qu'on verra !

La porte de l'appartement se referma derrière lui et Vanitas s'écarta d'un pas, comme pour le laisser le contempler. Et il le fit, sans retenue. Il le dévora du regard, se demandant quelle partie de son corps il allait bouffer en premier. Il avait besoin de ça, besoin d'un type comme lui. Un gros connard bien vulgaire sans aucun sentiment, un type dangereux qui risquait de le tuer le lendemain matin. Il le ferait avant lui s'il le fallait. Peu importait tant qu'il baisait ce soir-là.

L'alcool faisait perdre la tête à Axel, ou alors c'était ce mec. Ou alors était-ce autre chose, mais il refusait d'y songer. Cette nuit était la sienne, et il allait en profiter.

Quelque chose le bloqua soudain. Il se figea lorsqu'il réalisa enfin ce qu'il avait ignoré durant tout ce temps. Lorsque Vanitas se rapprocha de lui, il eut un mouvement de recul.

- T'as peur ? T'es pucelle encore ?

Axel se saisit de la gorge de Vanitas, menaçant. Puis il le rejeta en arrière et sortit de l'appartement. Il dévala les escaliers, la fureur s'emparant peu à peu de son corps.

Le visage de Vanitas. Son nez, ses joues, sa bouche, chacun de ces traits ressemblait à ceux d'une personne qu'il connaissait bien, un peu trop même à son goût. Sans ses cheveux noirs et si l'on oubliait ses yeux à la couleur déconcertante, c'était lui. Comment avait-il pu croire qu'il allait parvenir à l'ignorer ? Et quand il l'aurait baisé, qu'aurait-il fait ? Il aurait pensé à Roxas ?

Cette dernière pensée fit vomir Axel.


Roxas avait fini par s'endormir lorsqu'un bruit le réveilla. Il se leva en sursaut pour voir Axel au milieu de l'appartement, se heurtant à tout ce qui se trouvait en travers de son chemin.

- Fils de pute ! grogna ce dernier à l'encontre d'un ventilateur.

- Ça va ? s'inquiéta Roxas.

Axel le fusilla du regard.

- Toi. C'est la faute à ton putain de visage.

Il n'eut pas le temps de finir qu'il s'effondrait à genoux. Roxas bondit de son lit et le rejoignit.

- Dégage ! ordonna Axel. Je vais bien.

Sur ce, il vomit sur le sol. Roxas écarquilla les yeux.

« Ah ouais, c'est la grande forme ! »

- T'as bu, comprit-il.

- Mais quelle perspi… persica…

- Perspicacité.

Nouveau regard furieux d'Axel, sourire en coin de Roxas. Il tenta de l'aider à se relever, constata qu'il avait la peau brûlante.

- C'est la faute à Saïx tout ça, rageait Axel. Et à Xemnas. Ces fils de p…

- Essaie de te relever, le coupa Roxas.

Axel poussa sur ses jambes, mais elles semblaient s'acharner à lâcher sous son poids. Il appuya sa tête contre le mur derrière lui et ses yeux se mirent à valser. Roxas commença à paniquer : Axel semblait sur le point de s'évanouir.

- Tu comprends pas, murmurait-il. Tu peux pas comprendre parce que tu sais rien.

Roxas réfléchit rapidement. Qu'avait fait Axel lorsqu'il était ivre, déjà ? Ils étaient rentrés de ce bar où une femme les avait rencontrés, puis...

- On va à la douche, décida Roxas.

- C'est ça, tous à poil !

Il traina tant bien que mal Axel jusqu'à la salle de bain, puis l'assit dans la douche.

- Quand j'étais bourré, tu m'as foutu la tête sous l'eau pour que je me calme, expliqua Roxas tout en sachant que c'était inutile.

- T'es un petit con, Roxas. Tu comprends rien à rien.

- Je sais, je sais. Enlève ton haut.

- T'as qu'à l'enlever toi, sourit Axel.

Il fallait admettre que c'était tentant, mais Roxas se refusait à profiter de la situation. Si par malheur Axel en gardait un quelconque souvenir, il ne donnait pas cher de sa peau le lendemain matin.

- Tu m'as empêché de baiser ce soir, alors tu me dois au moins ça !

Roxas tenta de chasser les images que son aveu avait fait déferler dans sa tête. Une absence d'Axel le fit paniquer à nouveau. Il se décida et retira le tee-shirt de son colocataire, découvrant son torse.

Il avait déjà remarqué le contraste saisissant entre sa taille fine et ses épaules musclées, ainsi que toutes les cicatrices qui barraient son torse et son ventre. Mais d'aussi près, la peau d'Axel prenait un tout autre aspect. C'était la première fois qu'il ressentait à ce point l'envie de le toucher.

- Arrête de me mater, grommela Axel.

- Je ne matais pas, balbutia Roxas, gêné.

- Menteur. Comme moi. Menteur.

Il rit doucement et Roxas se demanda si son équipier ne sombrait pas dans la folie. Soudainement, Axel se saisit de sa nuque et le rapprocha de lui.

- C'est la première fois qu'on est aussi peu habillés, aussi près, souffla-t-il contre son visage.

L'odeur d'alcool lui emplit les narines mais Roxas ne grimaça pas. Axel disait vrai, comme il dormait à torse nu à cause de la chaleur, ils étaient tous deux à moitié dévêtu. Cette pensée remua quelque chose en bas de son estomac et il culpabilisa aussitôt.

- Et on fait quoi maintenant, Roxas ?

Il avait prononcé son nom comme si c'était la chose la plus belle et écœurante au monde. Comme s'il était possible que ces deux émotions cohabitassent dans un même mot.

Axel rapprocha un peu plus le visage de Roxas du sien, plantant ses yeux d'un vert fascinant dans les siens.

- Qu'est-ce que tu vas encore me faire ?

- Je ne t'ai jamais rien fait, murmura Roxas.

Il avait perdu toute volonté de résister, n'avait à l'esprit plus que ces deux prunelles vertes qui le dévoraient du regard, qui semblaient vouloir à la fois le posséder et le détruire.

- Tu as… commença Axel.

Et soudain, il se pencha sur le côté et y rependit un flot jaunâtre. Roxas s'écarta de lui brusquement, puis esquissa un sourire.

- Bordel… grogna Axel en s'essuyant la bouche.

- On va nettoyer tout ça, fit Roxas en se retenant de rire.

- Arrête de te foutre de ma gueule…

Roxas rinça le vomi, puis Axel, tout en évitant soigneusement de mouiller son bras gauche. Il l'aida ensuite à se lever et le sécha tant bien que mal tandis qu'il s'appuyait contre le lavabo. Lorsqu'il leva la tête, il vit qu'Axel fixait son propre reflet. L'expression qu'il arborait serra le cœur de Roxas : il y avait du dégout dans ses yeux, du dégout et de la culpabilité.

Il le guida ensuite jusqu'à son lit où il l'allongea. Il alla lui chercher un verre d'eau et le força à boire. Puis il s'assit sur le bord du lit et posa sa main contre son front.

- T'es encore brûlant.

- C'est parce que je suis le feu, marmonna Axel, les yeux fermés.

- Bien sûr.

- C'est ce qui te fait peur, quand je mets le feu aux gens.

Roxas hocha la tête, conscient qu'Axel ne le voyait pas.

- C'est toi qui me fais peur, parfois, avoua-t-il.

Axel ouvrit un peu les yeux, parvint à esquisser un sourire.

- Je me fais peur, à moi aussi.

Roxas alla lui chercher une serviette qu'il imbiba d'eau fraîche. Lorsqu'il alla la poser sur le front d'Axel, il s'était endormi.

Il passa un bon moment à nettoyer les dégâts qu'il avait causés. Puis il retourna se coucher, jetant un regard inquiet à son ami.

S'il pouvait encore le nommer ainsi.


Les souvenirs étaient flous, mais malheureusement bien là. Si bien qu'Axel n'avait qu'une envie depuis son éveil : se mettre le visage dans le four et l'y faire cuire à deux-cent degrés. Roxas aurait certainement hurlé un peu, mais en quelques secondes il n'aurait plus été en mesure de l'entendre vu que ces oreilles auraient fondu.

C'était ce genre de pensées gaies et enjouées qui lui occupaient l'esprit depuis le matin, comme si songer à la sensation de sa peau devenant peu à peu une jolie flaque pouvait le détourner de ses véritables préoccupations.

Roxas s'était montré absolument adorable. Peut-être était-ce même le pire. S'il se souvenait bien, Axel s'était montré exécrable avec lui, avait embelli leur sol avec le contenu de son estomac et failli en asperger le visage du blond.

Il était pathétique.

Lorsqu'il s'était éveillé, la bouche sèche et le cerveau embrouillé, Axel avait été accueilli par la voix de Roxas :

- Tu t'es remis ?

Il avait grogné et s'était un peu redressé, décidant d'ignorer l'air moqueur de son colocataire.

- Ouah… ça a pas l'air.

Roxas avait pouffé.

- Quoi ?

- Si tu voyais ta tête !

- Je t'emmerde.

Il avait fini par le remercier, conscient qu'il avait de quoi lui être reconnaissant. Il préférait ne pas trop repenser à ce qui s'était passé pour le moment, se concentrant plutôt sur la façon dont il pouvait se remettre de sa gueule de bois. Après quelques heures, il se sentait bien mieux. Il avait la chance d'avoir un corps capable de supporter à peu près n'importe quoi.

Il reçut un message de Saïx lui annonçant qu'ils étaient convoqués à une réunion chez Xemnas le lendemain matin. Roxas y compris.

- Ça sent la mission importante, ajouta Axel après l'avoir annoncé.

Le sourire de Roxas s'éteignit un peu et il acquiesça.

L'idée de l'entraîner à nouveau dans une mission périlleuse ne réjouissait pas vraiment Axel. Il se demandait combien de temps il faudrait pour que Roxas finît par être blessé. Il faisait de son mieux pour le protéger, l'exposer le moins possible aux risques, mais il ne pouvait pas le laisser à l'arrière. Il était forcé de l'entraîner en mission, sinon, comment aurait-il pu croire qu'il était son équipier ?

Mais malgré sa bonne volonté et ses efforts, Roxas était loin d'avoir le niveau pour être un membre de l'Organisation XIII. Il était encore vivant uniquement parce que tout ce temps, Axel l'avait couvé comme un gamin. S'il était forcé de le laisser seul face à des ennemis, il ne donnait pas cher de sa peau.

« Il y a quelques temps, tu aurais rêvé de ça. Tu aurais simplement eu peur d'échouer ta mission, mais l'idée de te débarrasser de lui t'aurait plu. Maintenant, qu'est-ce que tu as, Axel ? Peur qu'il soit blessé. Peur qu'il ne meure. Peur de le perdre. »

Bon sang, il était donc bel et bien foutu.

- On va sur le toit ? proposa Roxas. Ça devrait te faire du bien, de prendre l'air en plus.

Axel répondit à sa moquerie par une bourrade.

- Je vais très bien ! Mais va pour le toit.

Tandis qu'ils regardaient le soleil se coucher, Axel se permit d'observer Roxas pendant quelques secondes. Sa peau pâle que le crépuscule dorait peu à peu, les mèches blondes qui recouvraient ses yeux azur. Le visage enfantin, la silhouette fine. Les lèvres pâles.

Il ne se souvenait pas vraiment de ce qu'il avait bien pu dire la veille, mais une image l'obsédait. Celle de Roxas, torse nu qu'il avait tiré à lui dans la douche. Celle de sa face entière à quelques centimètres de la sienne. Celle de l'expression qu'elle avait arborée, ce mélange de peur et d'envie.

Un jour, Axel avait demandé à son reflet de ne pas se perdre. Peut-être parce qu'il pressentait ce qui était sur le point de se passer. Peut-être parce que cela faisait des semaines que cela n'attendait que de pouvoir exploser.

Roxas remarqua enfin qu'il le fixait, se tourna vers lui.

- Ça va ?

Toujours cette inquiétude, cette attention. Axel l'avait bel et bien sali, comme il l'avait souhaité, il n'en restait pas moins quelqu'un de bien.

- Hier soir, j'ai vraiment déconné.

- Je sais, fit Roxas en hochant la tête d'un air approbateur.

- Je suis sérieux.

Il aurait voulu lui dire ce qui se bousculait au bord de ses lèvres. Il avait fui la vérité que lui avait assenée Roxas en se soulant, avait fui le fait qu'il avait été jaloux de Demyx. Il avait voulu se perdre dans les bras d'un homme qui était l'opposé de Roxas, avant de réaliser que si son caractère différait, ses traits lui ressemblaient. Et ça l'avait terrifié.

Il avait peur de tout ça. Et c'était ridicule parce qu'Axel risquait sa vie pratiquement tous les jours depuis qu'il était en état de marcher. Mais ce qui l'effrayait, c'était ce petit gamin blond. Ou plutôt ce qu'il déclenchait chez lui.

« Tu t'es perdu », songea Axel.

- Je suis désolé, dit-il.

Roxas lui sourit, haussa les épaules.

- Tu t'es occupé de moi quand j'étais bourré, toi ! rappela-t-il.

Axel se dérida, s'exclama :

- Et c'était pas beau à voir !

Le soleil finit par disparaitre complétement derrière la mer. Les deux se regardèrent longuement, des milliers de questions et de mots silencieux dansant autour d'eux.

- Et on fait quoi maintenant, Axel ?

Et on fait quoi maintenant, Roxas ?

« On pourrait se casser. Loin de cette ville de merde. Loin de l'Organisation XIII. Loin de mes mensonges. Et je te ferais croire ce que je veux durant toute ta vie. On pourrait fuir la mort et la vérité, la misère et la richesse. Je pourrais me fuir moi-même, et tu pourrais fuir Roxas De Lorentis. On pourrait partir, maintenant.

Et puis, un jour, ta mémoire reviendrait. Ou l'Organisation XIII nous retrouverait. Ou je réaliserais que tout ça est de la folie, que tu es un ennemi, un otage, et pas Roxas Johnson, mon équipier. Je me rappellerais enfin que tout ça n'est qu'une mission. Je me serais retrouvé, ou toi avant moi.

Qui tuera l'autre en premier, Roxas ? Qui sera rattrapé par sa vie passée avant l'autre? Qui réalisera qu'il n'est plus lui-même, qu'il est entouré de mensonges ?

Mensonges.

Axel, tu mens, tu mens tout le temps. Mais à qui mens-tu le plus ? A Roxas ? Ou à toi ? »

- On rentre, répondit-il.

Axel se leva, ne jetant même pas un œil à Roxas, préférant ne pas voir quelle expression il affichait.

« Tu n'as pas le droit de gâcher les efforts de toute une vie pour un gamin, Axel. Tu n'as pas le droit de tout détruire pour ça. Tu n'es même pas capable d'assumer ce que tu ressens. Arrête de faire l'imbécile et ressaisis-toi. »


Xemnas se tenait à sa place habituelle, derrière son bureau. Saïx, Zexion, Luxord, Vexen, Larxène, Xaldin, Demyx, Axel et Roxas lui faisaient face, l'écoutant plus ou moins attentivement.

- Les Sans-cœurs s'en sont pris à une politicienne avec laquelle nous étions en contact, déclara leur chef. Il semblerait qu'ils aient décidé de s'immiscer dans nos affaires politiques, et n'hésitent désormais plus à nous provoquer directement.

Axel et Roxas lancèrent un regard à Demyx qui fit comme s'il n'avait rien remarqué.

- Il est temps de mettre un terme à tout ça. Vous irez demain à leur repère. Ils ont une réunion importante.

- Dans le genre des nôtres ? bougonna Demyx.

- Il y en a qui ont eu du mal à se réveiller ce matin, ricana doucement Larxène.

- Et qu'est-ce qu'on est censés faire pendant leur réunion ? demanda Axel. Je pense pas qu'on doive papoter avec eux, non ?

Xemnas leva les yeux vers lui, un – très – mince sourire apparut sur ses lèvres. La dernière fois qu'il avait souri, leur chef avait confié à Axel la mission de se charger de Roxas. Ça sentait la bonne idée bien périlleuse.

- J'imagine qu'on doit faire le ménage, sourit Larxène.

- Exactement. Aucun Sans-cœur ne doit sortir de cette réunion.


- Axel ?

- Mmh ?

- Quand est-ce qu'on aura assez d'argent pour partir ?

Ils mangeaient une glace à l'eau de mer sur le vieux phare. La mission devait se dérouler le lendemain, et elle promettait d'être plus compliquée que d'habitude. Xemnas avait convoqué tout le monde, et ne pouvait donc par laisser Roxas de côté. Il se serait douté de quelque chose.

Axel savait que s'il ne parvenait pas à le protéger, il risquait de mourir. Les Sans-cœurs avaient déjà menacé de s'en prendre à lui.

- Ca fait des années qu'on économise… on n'a pas assez d'argent pour quitter Illusiopolis ?

Axel se tourna vers Roxas. Il le dévisageait.

« Putain de gamin curieux avec ses maudites questions. »

- On pourrait partir oui. On a de quoi se payer un bateau. Mais pas de quoi refaire notre vie.

- Et quand est-ce qu'on aura assez d'argent pour refaire notre vie ?

- D'ici quelques temps… Je veux être certain qu'on ait de quoi vivre là-bas. On ne peut pas partir ailleurs pour vivre la même vie qu'ici.

Roxas fronça les sourcils, sceptique.

- C'est pas ça, le problème, hein ?

Axel se raidit. Effectivement, ce n'était pas ça. Mais Roxas ne le devinait pas, non ?

- C'est par rapport à l'Organisation ?

Axel bondit sur l'occasion :

- Ouais. Je t'ai déjà parlé des membres qui se sont fait gicler ?

- Morts durant une mission ou écartés par Xemnas, récita Roxas.

- Exact. Et ce sont les seuls à avoir jamais quitté l'Organisation XIII. Quand tu décides d'en faire partie, tu t'engages à y rester. C'est le genre de choses qu'on t'explique à moitié quand tu décides d'en devenir membre. On est au courant de trop de choses pour pouvoir s'en aller sans craindre qu'ils nous poursuivent.

C'était la vérité. Axel évitait de trop y penser, mais il savait pertinemment que le jour où il quitterait Illusiopolis, ses anciens collègues seraient certainement envoyés à sa poursuite. C'était une des choses qui le retenaient ici. La perspective de quitter la ville était ce qui lui permettait de tenir le coup, d'une certaine façon. Mais ça lui semblait lointain, voir même impossible à atteindre.

- Alors… ça veut dire qu'on pourra jamais partir ?

Ça… Roxas ne partirait certainement jamais, non. Quant à Axel, si les choses étaient déjà compliquées avec l'arrivée du gamin, la situation actuelle était encore pire.

- Bien sûr, qu'on pourra. Il nous faut juste beaucoup d'argent, et attendre le bon moment. On pourra aller très loin, changer d'identité, on trouvera un moyen. C'est juste une question de temps.

- Et on sera libres.

Roxas souriait, les yeux rivés vers l'horizon baigné de rouge.

- Ouais, approuva Axel. Libres de cesser les missions, libres de vivre comme on le souhaite.

« Libres de faire ce qu'on veut, toi et moi. »

Une part de lui qu'il persistait à refouler voulait y croire. Cet Axel perdu qui rêvait de se baigner dans ses propres mensonges et d'en faire sa vérité.

Quelque chose le reliait encore à la réalité, un rien qui l'empêchait de sombrer définitivement. Une voix dans sa tête qui lui hurlait que Roxas n'était pas réellement son équipier depuis deux ans, qu'ils n'étaient pas amis et qu'ils ne partiraient jamais ensemble loin de cet enfer. C'était Roxas qui devait y croire, pas lui.

- En attendant, on a une mission très importante demain, et t'as intérêt à assurer !

- Et je vais assurer ! s'exclama Roxas.

Axel finit sa glace, son sourire disparut lentement.

- Les Sans-cœurs n'hésiteront pas à te tuer, Roxas. Il faudra que tu sois prudent.

- Je tirerai s'il le faut, assura le blond.

- T'as intérêt, ouais… Reste avec moi le plus possible, sinon va avec Demyx. Il te montrera où te cacher.

- J'ai pas envie de me cacher !

- Tu dis ça maintenant ! se moqua Axel. En tout cas, évite Larxène. Xaldin a beau ne pas t'aimer, il ne te laisserait pas tomber. Elle, je ne peux pas en dire autant. Evite de rester seul quoiqu'il arrive. Et…

- Axel, l'interrompit Roxas. C'est bon, t'inquiète pas. Je m'en suis toujours sorti.

Il lui souriait d'un air confiant.

- Je sais que depuis mon amnésie je ne suis plus le même, mais j'ai ça en moi.

« Non, justement tu ne l'as pas. »

- J'ai eu un bon professeur. Ne te fais pas de soucis pour moi.

Ne pas se faire de soucis pour lui. Parce qu'il s'en faisait ?

Axel contempla le visage du gamin qui était entré dans sa vie. Gamin… non, ce mot ne lui convenait plus. Ca faisait un moment qu'il ne parvenait plus vraiment à le voir comme ça.

Bien sûr qu'il s'inquiétait pour lui.

- Tu passes ton temps à t'occuper de moi, poursuivit Roxas. Je crois que j'ai été un poids tout ce temps. C'est fini maintenant, je te jure que si je dois tuer quelqu'un, je le ferai. On a une autre vie qui nous attend.

- Roxas…

Les mots se bloquèrent. Axel resta là, muet, tandis que son équipier le dévisageait, attendant qu'il parle. Mais il ne savait tout simplement pas quoi dire. Il tendit la main vers son visage, la passa dans ses mèches dorées puis se figea, réalisant ce qu'il était en train de faire.

Le soleil s'était couché.

- Ne t'inquiète pas, répéta finalement le blond qui ne le quittait pas des yeux.

- S'ils te tuent, j'irai pas à ton enterrement, lança finalement Axel en se levant.

- Sérieux ? fit mine de se révolter Roxas tout en l'imitant.

Ils commencèrent à descendre les escaliers, l'un derrière l'autre.

- Je pisserai sur ta tombe, ouais ! Alors t'as pas intérêt à crever !

- Je viendrai te hanter pour te punir si tu fais ça !

- J'ai pas peur des fantômes.

- Tu verras quand ce sera moi qui viendrai te faire chier ! « Axeeeeel, Axeeeel ! »

- Très convaincant, vraiment.

- Ça le sera plus quand je serai invisible et que mes cris résonneront dans ta chambre, la nuit.

- Ça peut être très mal pris ce que tu dis.

Axel devina la gêne de Roxas derrière lui et ne put s'empêcher de sourire.

- Et puis, franchement…

Il s'arrêta de marcher, jeta un regard par-dessus son épaule au blond qui fixait ses pieds.

- Évite de mourir. Vraiment.

Roxas leva les yeux vers lui, lui adressa un faible sourire et ils se remirent à marcher. Axel ignora la voix qui continuait de hurler dans sa tête. « Parce que tu as peur qu'il meure ? Parce que tu en as quelque chose à faire ? C'est ton ennemi ! Sa vie ne t'est pas précieuse ! »

Bon sang, si, elle l'était.


Roxas et Axel se trouvaient dans une voiture que le second avait volée une heure auparavant, garés non loin du bâtiment où les Sans-cœurs se réunissaient. Ils attendaient l'appel de Saïx censé donner le signal.

La nuit était tombée depuis un bon moment et Roxas devait admettre que l'obscurité et le calme menaçaient de le faire basculer dans le sommeil. De temps en temps Axel le bousculait un peu, comme pour le ramener à lui.

Son équipier se tenait derrière le volant, dans une posture faussement désinvolte. Son fusil d'assaut entre les jambes et sa main se serrant et se desserrant sans cesse trahissaient son véritable état. Il était rare de voir Axel stressé avant une mission.

Le téléphone de ce dernier vibra, il répondit, hocha la tête plusieurs fois, puis raccrocha. Roxas sentit les muscles de son corps se tendre, son pouls accélérer. Il lança le regard le plus confiant qu'il pouvait à Axel. Celui-ci dut déceler sa peur puisqu'il lui sourit doucement.

- Reste derrière moi et tout ira bien.

Roxas hocha la tête. Il s'empara de son propre fusil d'assaut, vérifia qu'il avait bien ses munitions, son pistolet et son poignard à leurs emplacements respectifs. Puis ils sortirent tous deux.

« Tout ira bien, tout ira bien » se répétait-il comme une prière.

Il avait honte de ressentir ça. Après tout, il était censé être Roxas Johnson, membre de l'Organisation XIII ! Pas ce poltron que devait se coltiner Axel.

« Tout ira bien, tout ira bien. »

Ils avançaient furtivement jusqu'au bâtiment. Roxas repéra d'autres membres qui faisaient de même un peu partout. Ils allaient prendre les Sans-cœurs en embuscade, il n'y avait aucun risque que cela échouât.

Axel lui avait demandé de ne pas mourir. Et à vrai dire, Roxas n'avait aucune envie de le faire.

« Tout ira bien. »


Les tirs fusèrent, les cris résonnèrent dans la salle. Ils étaient une vingtaine, pas tous armés. Certains parvinrent à quitter la pièce où ils s'étaient réunis, et bientôt il n'y resta que l'Organisation XIII et ses victimes. Des corps sans vie sur le sol, baignant dans leur sang.

- Axel, Roxas, Demyx, Larxène prenez à gauche, ordonna Saïx dont le sang-froid faisait presque peur. Les autres venez avec moi.

Axel fit signe à Roxas de le suivre tandis qu'il s'élançait jusqu'à la porte de gauche par laquelle des Sans-cœurs s'étaient enfuis. Larxène le dépassa et défonça la porte qui s'ouvrit sur un long couloir vide qui donnait sur une autre entrée.

- On me colle l'équipe de bras cassés, grogna Larxène tandis qu'ils arrivaient devant la porte.

- C'est plutôt à moi de me plaindre, répliqua Axel.

Il ouvrit la porte et pénétra d'un bond dans la salle où il fut accueilli par une salve de coups de feu. Il entraina Roxas avec lui et se jeta derrière une des colonnes en métal qui soutenaient le plafond. Les balles rebondirent contre sa surface dans un vacarme infernal.

Ils avaient eu le temps de se préparer pour la contre-attaque, les salauds.

Larxène l'avait imité, derrière une autre colonne, et Demyx s'était caché derrière un amas de caisses en bois. Axel observa les lieux.

La salle, pas trop grande, servait d'entrepôt. Pour que leurs ennemis tirassent sans modération, le contenu des boites ne devait pas être des armes ou des explosifs. De la drogue, peut-être. Quoiqu'il en fût, ces caisses étaient d'excellentes cachettes. Les Sans-cœurs l'avaient compris puisqu'ils s'étaient mis à l'abri derrière elles pour leur tirer dessus.

Impossible de les atteindre depuis là. Il avait quelques grenades mais ne voulait pas les gaspiller en les envoyant au hasard. Il échangea un regard avec Larxène qui lui fit signe qu'elle allait sortir de son abri.

- Reste caché, ordonna Axel à Roxas.

- Non, je…

- Dès que tu le peux, retourne dans le couloir.

Axel désigna à Demyx la porte par laquelle ils étaient arrivés, puis Roxas.

- Reste avec Demyx, depuis le couloir vous pourrez descendre toute personne souhaitant entrer. Vous serez en meilleure position qu'ici.

Larxène se mit à tirer pour décourager leurs ennemis de s'avancer jusqu'à eux. Ils répondirent par d'autres coups de feu.

- Qu'est-ce que tu vas faire toi ?

- Larxène et moi on va tenter de les rejoindre dans leur cachette.

Roxas s'apprêta à protester, mais Axel le coupa.

- Tu ne peux pas venir avec moi, et si je m'inquiète pour toi derrière moi, j'arriverais pas à faire mon boulot correctement.

- Tu m'as dit de rester avec toi. Et je ne vais pas te laisser y aller seul.

Nouvelle salve de tirs.

- Fais ce que je te dis.

Face à l'expression furieuse de son équipier, Axel s'adoucit. Il ressentit une soudaine envie de le serrer contre lui. Luttant contre, il se contenta de se mettre à sa hauteur et d'approcher son visage du sien, s'efforçant de paraître le plus rassurant possible.

- On va s'en sortir.

- C'est faux. Ils sont mieux placés que nous, c'est eux qui nous tendent une embuscade maintenant. Vous ne serez que deux si on part.

- Tout ira bien.

Roxas plissa les yeux, puis poussa un soupir.

- Comme tu veux. Tes idées de grand malade marchent en général.

Axel lui sourit, hocha la tête. Puis il se détourna de lui, résistant au désir de le toucher, au moins un peu, avant de s'en aller. Il fit un signe à Larxène et les deux s'élancèrent en même temps vers un autre abri, évitant les tirs ennemis. Rapidement et furtivement, il avança ainsi jusqu'à un bloc de caisses d'où provenaient certains coups de feu. Il en fit le tour prudemment, puis lorsqu'il repéra sa cible, agenouillée dos à une caisse, son arme collée à elle. Il tira avant même qu'elle n'ait pu se retourner.

Et de un.


Lorsque Demyx hocha la tête dans sa direction, Roxas s'élança jusqu'à la porte. Son ami le couvrit jusqu'à ce qu'il pénétrât dans le couloir. Puis ce fut à son tour de tirer en direction de leurs ennemis par l'entrebâillure afin que son aîné le rejoignît.

- Faut que je recharge ! s'exclama Demyx en refermant la porte derrière lui.

Il s'avança dans le couloir tout en s'activant sur son pistolet. Derrière lui, Roxas pensait à Axel, qui de l'autre côté de la porte, était en train de risquer sa vie, quand lui se trouvait là en sécurité.

Il aurait bien volontiers désobéi à ses ordres. Il aurait voulu couvrir ses arrières, se battre lui aussi, prouver qu'il était capable de faire ce qu'on attendait de lui. Mais en l'occurrence, ce qu'Axel avait attendu de lui, c'était qu'il fuît. Et Roxas ne voulait pas être un boulet, alors il avait obéi.

Quitte à abandonner Axel derrière lui.

- Putain, j'ai foutu où mes munitions déjà… marmonna Demyx en fouillant ses poches.

- Peut-être qu'il faudrait qu'on y retourne, proposa Roxas.

- T'es fou !

- Ils ne sont que deux.

- Et nous aussi !

- Sauf que nous, on est à l'abri.

- Parce que tu crois qu'on est en sécurité ici ? Ah, voilà !

Demyx sortit la main de l'une des poches de son pantalon, l'objet convoité entre les doigts. Il entreprit de recharger son pistolet.

- Axel nous a envoyé ici parce que c'était trop chaud de l'autre côté, mais aussi pour qu'on puisse se charger de ceux qui viendront là. Si quelqu'un essaie de s'enfuir, on le chope directement.

Comme pour illustrer ses propos, des pas résonnèrent de l'autre côté de la porte. Demyx, soudainement affolé, fit signe à Roxas de se coller contre le mur, derrière elle. Caché du mieux qu'il pouvait, Roxas eut juste le temps de s'apercevoir que Demyx n'avait pas fini de recharger son arme lorsqu'un homme entra.

Sans même réfléchir et abandonnant son fusil d'assaut, il se jeta sur le dos de l'homme et enfonça ses doigts dans ses yeux. Ignorant la sensation écœurante et les cris déchirants de l'homme, il entreprit de chercher son pistolet dans son fourreau. Mais l'autre recula soudainement et le cogna contre le mur pour le faire tomber.

Roxas s'agrippa de son bras gauche malgré la douleur tandis que sa main droite tombait sur son poignard. Il s'en empara et le planta dans le bras de l'homme à plusieurs reprises.

- Lâche-le ! ordonna Demyx.

Roxas obéit, s'abaissa et trois coups résonnèrent dans le couloir. Le Sans-cœur s'effondra devant eux. Il resta là quelques instants, essoufflé. Puis il leva la main qui tenait la lame vers ses yeux. Elle était ensanglantée. Roxas ne sut si cette vision l'effrayait ou lui procurait une étrange et macabre satisfaction.

- Merci, souffla Demyx. Juste le temps de recharger.

- J'y retourne.

- Ok, à toute à l'heure ! … Hein ?!

Demyx voulut le retenir, mais Roxas ouvrait déjà la porte du couloir.

Il était hors de question qu'il laissât Axel se débrouiller seul.


Axel balança une grenade derrière l'amas de caisse où se réfugiaient leurs trois dernières proies. Il alla se réfugier derrière une poutre et se boucha les oreilles. L'explosion retentit et il vit Larxène qui souriait d'un air sadique, non loin de lui.

- C'est fini, annonça-t-elle. Je vais rejoindre Saïx et les autres.

- Je vérifie qu'il n'y a aucun survivant, déclara Axel.

Il se dirigea vers un cadavre tandis que la blonde disparaissait derrière une porte à la droite de la salle, menant certainement au lieu où se trouvait l'équipe de Saïx.

Il poussa la tête de l'homme qu'il avait tué du bout de son pied. Pas de réaction.

Finalement, la mission n'avait pas été si compliquée.

- Pose ton arme.

Axel se raidit. La voix féminine qui provenait de son dos lui était familière.

- J'ai pas buté tout le monde, on dirait.

- Pose ta putain d'arme.

Il obéit.

- Retourne-toi. Lentement.

Axel s'exécuta, faisant bientôt face à la femme du Sans-cœurs qu'il avait tué dans sa chambre, quelques semaines plus tôt. Cette même femme qui l'avait déjà menacée. Elle se tenait devant lui, essoufflée, du sang ruisselant de son épaule. Mais malgré son état déplorable, elle le menaçait d'une arme.

- J'aurais dû te tuer dans son lit, soupira Axel. Ça m'aurait évité ce genre de situations fâcheuses.

- La ferme ! Ça fait tellement de temps que j'attends ça.

- Oh, pardon de te gâcher ton plaisir. Je vais me taire et te laisser profiter pleinement de ta vendetta.

Il avait beau réfléchir, il ne voyait aucune échappatoire. Son arme était posée sur le sol, le moindre mouvement entrainerait sa mort. Il n'y avait pas de caisse assez proche pour qu'il tente de se jeter derrière. La femme était trop loin pour qu'il puisse tenter une offensive à mains nues.

Il sourit. Il était condamné.

Elle n'allait pas parler plus longtemps. Elle attendait ça depuis trop longtemps pour perdre son temps en discours inutiles. Elle allait tirer, là, tout de suite. Et elle allait le regarder se vider de son sang, rire comme une hystérique devant son œuvre. Vengé, l'homme qu'elle aimait ! Tué, son meurtrier !

Quelle belle victoire, vraiment.

Axel leva doucement la tête vers le plafond. Qu'elle vienne, la mort. Il se refusait d'avoir peur.

« Roxas », résonna dans son esprit lorsque l'écho du tir retentit.

Roxas et ses questions naïves. Roxas le gamin, l'otage, le gosse de riche, qui était devenu Roxas l'équipier, le colocataire, l'ami. Voir pire.

Roxas et ses yeux bleus, Roxas et sa gueule d'ange, Roxas qui cachait quelque chose de noir, plus noir encore que l'âme d'Axel, au fond de lui.

Roxas qui avait lutté pour reconstruire une vie qui était fausse. Roxas qui avait fait découvrir à Axel plus de choses que lui ne lui avait enseignées.

Maintenant que la mort arrivait, sa mission, l'Organisation XIII, Illusiopolis, tout ça lui était égal. Tout ce qui restait était ce petit blond qui était entré dans sa vie et avait tout foutu en l'air. Roxas, Roxas, Roxas. Il mourrait en chantant ce nom dans son esprit.

La douleur ne vint pas. La sensation déchirante d'un objet étranger perçant son corps ne se fit pas sentir. Rien. Que le nom de Roxas dansant dans sa tête, et les lumières brillant au plafond.

Il baissa la tête lentement, pour voir la femme tomber à genoux, puis face contre terre. Derrière elle, Roxas brandissait son arme devant lui. Il mit quelques temps avant de réaliser ce qui venait de se passer. Son équipier l'avait sauvé.

Il ne lui avait encore jamais vu cette expression. La détermination faisait partie de lui depuis toujours, et Axel avait toujours perçu en Roxas quelque chose de sombre. Mais cette fureur, cette haine qui émanait de lui, jamais il ne l'avait encore vue.

Axel ne réfléchit pas. Il marcha jusqu'à la femme, enjamba son corps, continua jusqu'à Roxas.

C'était à lui qu'il avait pensé juste avant de mourir. Et il n'était pas mort finalement. Grâce à Roxas.

« Roxas, Roxas, Roxas » chantait son esprit au rythme de ses pas.

Le blond restait immobile, ses yeux désormais levés vers Axel. La fureur avait déserté son visage.

« Roxas, Roxas, Roxas. »

Lorsqu'il arriva à son niveau, Axel plongea sa main dans ses cheveux, l'attira vers lui et l'embrassa. Il ne songea même pas aux membres de l'Organisation XIII qui étaient dans les parages, ni aux éventuels autres survivants. Il voulait que tout disparût autour de lui, absolument tout, pour qu'il ne restât plus que lui et Roxas.

Ce dernier s'agrippa à son dos, l'embrassant à son tour. C'était comme si le feu qui avait attendu de brûler depuis des semaines s'embrasait enfin en lui. Axel avait l'impression qu'un être maléfique rouait l'intérieur de son ventre de coups, qu'une folie s'était emparée de son corps tout entier. Plus rien n'avait de sens, plus rien ne comptait.

Il rompit le baiser et enfouit son visage dans le creux du coup de Roxas. Il murmura des choses qu'il ne comprit lui-même pas vraiment. Des mercis, des paroles sans aucun sens, des excuses. Roxas n'avait pas même l'air de l'écouter.

Lorsqu'Axel leva les yeux, Demyx se tenait à l'autre bout de la pièce, un regard grave posé sur eux. Il se redressa lentement, s'écartant de Roxas sans quitter des yeux l'autre blond. Ce dernier disparut discrètement derrière une porte, laissant derrière lui une impression glacée à Axel.

« Et merde. »


Niéhéhéhé.

C'est tout. Je ne dirai rien d'autre.

J'espère que vous avez passé un bon moment et que ce chapitre vous a plu ! Bonne soirée, bonne semaine, bonne année :D Et comme d'habitude, n'hésitez pas à me donner votre avis :)