Chapter 7

POV Bonnie

« Oui oui, tout va bien à Mystic Falls... Enfin dans la mesure du possible évidemment !

- Non, pas depuis l'épisode chez toi l'autre soir...

- L'éviter ? Je le sais bien Elena, mais je peux toujours essayer !

- Il va très bien, j'ai hâte qu'il me raconte ses voyages !

- Ce sera fait, il te fait un bisou d'ailleurs. Sinon, t'as des nouvelles de Stefan ?

- Oui, j'ai compris quand tu n'as pas appelé, tu dois être fatiguée... Tiens-moi au jus d'accord ?

- Merci. Tu me manques déjà, Mystic Falls est bizarre sans toi...

- Toi aussi, bisous Elena. »

Je raccrochai avec un air de nostalgie sur le visage. J'avais préféré rester plutôt que partir avec Elena en France, et je m'interrogeai sérieusement sur la raison qui m'avait poussé à faire une chose aussi stupide lorsqu'un baiser sur mon front me fit revenir à la réalité.

« Bonjour ma puce, bien dormie ? » me demanda mon père, encore ensommeillé.

Je cessai immédiatement de réfléchir : c'était pour ça. La France ne valait pas un week-end avec mon père. Ils étaient tellement rares que je profitais de chaque instant et gravais chaque détail de ces moments dans ma mémoire.

« Ce n'est pas à toi que je vais poser la question, marmotte ! » riais-je.

« C'est le décalage horaire, ça me tue à chaque fois... »

Pour accentuer ses paroles, il bailla à s'en décrocher la mâchoire puis se dirigea vers la cuisine, probablement pour se servir une grande tasse de café. Il était plus de midi, le soleil rayonnait dehors et un sourire incontrôlable naquit sur mes lèvres. Je n'avais aucune raison de ne pas être heureuse à cet instant, il ne me manquait rien. Cependant, un pincement au cœur me rappela qu'il me manquait quelqu'un...

TOC TOC

« J'y vais ! » me cria mon père.

Penser à Jeremy me rappela la conversation houleuse que nous avions eue la dernière fois que je l'avais vu. J'avais été forcé de le quitter, pour son bien... C'était pour son bien, alors pourquoi ne pouvais-je m'empêcher de regretter ? Il me manquait tellement...

Cinq minutes plus tard, j'entrai dans le salon, bien décidée à ne rien laisser gâcher ce moment particulier avec mon père.

« Papa, qui a sonné à l... » Commençais-je.

Je n'eu pas le courage de terminer ma phrase, j'avais devant moi un spectacle très...inattendu. Mon père se tenait devant la porte, riant aux éclats avec quelqu'un. Ce quelqu'un, je ne le voyais pas. Cependant, je l'entendais.

« J'espère ne pas vous déranger, est-ce que Bonnie est là ? » demanda-t-il.

J'ignorais ce qu'il fichait ici, ce qu'il voulait ou pourquoi s'amusait-il à taper la causette à mon père, mais ça ne me plaisait pas du tout. Je m'approchai lentement, curieuse de voir où leur conversation allait les mener. Mon père ne savait rien de lui, à part que Jeremy était le frère de ma meilleure amie.

« Jeremy Jeremy, tu es le frère d'Elena c'est bien ça ? »

« Il se trouve que je suis aussi le petit ami de votre fille... »

« Oh ! » s'étonna mon père.

Il manqua de s'étouffer avec son café, et je trouvai ce moment idéal pour intervenir. Lorsque Jeremy me vit entrer dans son champ de vision, son regard changea. Il passa par plusieurs émotions : Tout d'abord la joie de me voir, puis la douleur du souvenir de notre dernière rencontre, et enfin une nouvelle fois une joie incontestable.

« Papa, tu voudrais bien refaire du café s'il te plait ? » demandais-je d'une vois d'ange.

« Bah, y'en a une pleine cafetière... »

Je lui jeta un regard entendu et il acquiesça, avant de marmonner que de toute façon, le café était dégueulasse et qu'il allait de ce pas en refaire. Je pris sa place initiale, bloquant la porte pour faire comprendre à Jer' que je ne l'invitais pas à entrer.

« Salut ! » lança-t-il, visiblement content de lui.

« Qu'est-ce que tu fais là Jeremy ? » demandai-je sèchement.

« Je passais dans le coin, j'me suis dis ''tiens, si je passais dire bonjour !'' »

« Hé bah bonjour. »

Je me rendais compte que j'étais blessante mais je ne pouvais pas m'empêcher d'être froide. Je voyais sa présence ici comme une crise rebelle d'un ex mécontent, même si une petite voix au fond de ma tête me soufflait que je lui manquais et qu'il n'avait rien fait de mal. Je le vis soupirer, mais il ne se dégonfla pas. Apparemment, une motivation invisible l'incitait à me pourrir la journée.

« Tu ne crois pas que si quelqu'un doit être en colère, c'est moi ? Après tout, c'est moi qui a été largué sans raison valable... »

« Il y avait une raison ! Je veux te protéger espèce d'idiot ! » M'emportai-je.

« Certes. C'est bien ce que je dis, aucune raison ''valable''. » Répondit-il simplement, un peu joueur.

Je ne comprenais pas où il voulait en venir. Il était clair que je lui avais fais beaucoup de mal, mais j'avais cru qu'il saisissait l'importance de mon choix, aussi difficile fut-il à faire. Soudain, il y eut une explosion. Je fus secouée mais m'accrocha aux larges épaules de Jeremy, qui s'était avancé pour me rattraper. J'étais sonnée mais je n'eu pas le temps d'y prêter attention. Me relevant, je couru jusqu'à la cuisine pour voir mon père au sol, trempé.

« Papa ! »

J'accouru pour l'aider à se relever, ne cessant de lui demander s'il allait bien, s'il n'avait rien de casser. Une fois rassurée sur ces deux points, je cherchai à savoir ce qui s'était passé.

« Je l'ignore ! J'ai voulu rajouter de l'eau dans mon café, et lorsque j'ai ouvert le robinet, j'ai été propulsé à l'autre bout de la pièce. »

« Ce doit être un problème de canalisation, peut-être qu'il est seulement bouché, mais il faudrait s'en occuper assez rapidement... »

Je fis volte-face vers Jeremy, venant de remarquer qu'il m'avait suivi dans la cuisine. J'étais sur le point de lui rappeler qu'il n'avait pas été invité à entrer, mais me ravisa, décidant qu'il s'était juste inquiété de l'explosion. Le fil de mes pensées s'interrompu lorsque je remarqua mon ex, plongé sous l'évier de ma cuisine, et mon père, le questionnant.

« Tu penses que ça peut être plus grave que ça ? »

« Je ne sais pas... J'ai passé plusieurs été chez mon grand-oncle plombier, je travaillais avec lui. Si vous voulez, je m'en occupe. »

Je décidai d'intervenir à cet instant.

« Non c'est bon, on va faire appel à un plombier, il viendra dans la journée et ce sera fini »

« Enfin ne sois pas bête Bonnie chérie, ça va nous couter un bras si on le fait venir un dimanche. Jeremy a l'air de s'y connaitre. »

« Mais enfin papa... »

« Non, désolé mais tu vas devoir te passer de ton chéri aujourd'hui, je l'engage. » ria-t-il.

Je ne réussis pas à en vouloir à mon père. Après tout, il ne savait rien. Il ignorait qui j'étais, ce que j'étais. Il ignorait tout ce qui se passait dans ma vie de fou, et bien sur, il ne savait pas que je n'étais plus avec Jeremy. Et celui-ci n'avait pas l'air décidé à le lui dire.

Je soupira, leva les mains en signe de soumission à la décision de mon père.

« Bien. Je sors »

« Tu vas où ? » demanda mon père.

« Le frigo est vide, je vais faire quelques courses... »

Je jeta un coup d'œil à Jeremy qui s'essuyait les mains. Il me fixa quelques secondes, et je compris exactement ce qui se passait. Tout était clair, et la colère monta en moi sans que je puisse la contrôler. Je choisis de fuir jusqu'à ma voiture, espérant qu'il n'aurait pas la mauvaise idée de me suivre. J'avais besoin de me calmer, seule. Jer' était en train de manipuler mon père pour avoir une bonne raison de rester près de moi. Il insinuait que la raison de notre rupture n'était pas valable ? Elle l'était, avant qu'il ne décide de me coller aux basques. Quelle différence cela faisait qu'on soit ensemble ou pas, s'il ne me quitte pas d'une semelle je ne pourrais quand même pas le protéger. Il était près à se mettre en danger pour jouer les rusés et tenter de me récupérer !

A cette pensée, et malgré toute la colère qui m'animait, mon cœur loupa un battement. Je devais me l'avouer, il était fort…