Ma petite note: Enfin un peu de temps pour poster un chapitre! J'espère que vous aimerez!


-Maman ? Demanda-t-elle avec espoir alors qu'elle plongea dans l'espace obscure sans un regard en arrière.

La première chose qui frappa Clarke quand elle pénétra dans la pièce fût l'odeur de renfermé qui assaillit immédiatement ses narines. Malheureusement, cette surprise se retrouva vite remplacée par la vue de la silhouette inerte de sa mère, allongée sur le sol. Les yeux de Clarke, embués de larmes tièdes, se déplacèrent lentement des pieds à la tête du cadavre et elle se liquéfia au fur et à mesure que son regard remontait vers le visage de celle qui l'avait laissé seule quelques mois plus tôt afin de ne pas la contaminer. Son cœur lui faisait mal et elle aurait préféré se l'arracher plutôt que de devoir affronter un autre battement, et pourtant Clarke observa à nouveau le corps de sa mère une nouvelle fois tout en sachant que les images qu'elle verrait lui serraient impossible à oublier.
Non.
Elle avait beau avoir la preuve de sa mort sous son nez, elle ne pouvait pas y croire. Sa seule raison de vivre ses derniers mois avait été elle, et maintenant qu'elle n'était plus là...
Sa respiration était saccadée et elle avait beau prendre de brèves inspirations d'air, elle n'arrivait pas à expulser l'air de ses poumons. Est-ce qu'elle suffoquait ou ce n'était qu'une impression?
Clarke sentit ses jambes flageolantes rompre sous le poids du désespoir, et alors qu'elle s'attendait déjà à se retrouver au sol, deux mains fermes sortirent de nul part lui entourèrent la taille et la soutinrent.
Elle était tellement obnubilée par sa peine que Clarke ne chercha pas à savoir qui c'était, même si une partie d'elle se doutait qu'il s'agissait de Bellamy. Qui d'autre sinon l'aurait soutenu, au lieu d'avoir une réaction « normale » et d'en finir avec elle en lui tirant une balle dans le dos ?
Les sanglots que Clarke essayaient d'étouffés en recouvrant sa bouche de ces deux mains parvinrent quand même aux oreilles de ce dernier, mais elle s'en fichait. La seule chose qu'elle voulait s'était arrêter de pleurer et revenir plusieurs heures en arrière, là où tout sentiment de bonheur n'était pas encore perdu et qu'elle croyait encore que sa mère était en vie.
-Je suis désolé, murmura la voix grave de Bellamy à son oreille, tout en affirmant un peu plus son emprise sur Clarke et pour l'empêcher de s'écrouler par terre.
Malheureusement, sa force ne suffit pas à soutenir Clarke et cette dernière bascula en avant, atterrissant sur les genoux. Presque automatiquement, le corps de Bellamy suivit la trajectoire de celui de Clarke et il se retrouva très vite au-dessus d'elle, son torse contre son dos. Ne sachant que faire, il continua juste à l'étreindre, se jurant de ne pas la lâcher avant qu'elle ne se relève.
Clarke ressentait le torse de Bellamy collé contre elle et elle avait l'impression que de cette manière, il la protégeait du reste du monde, formant avec son corps une carapace entre la réalité et elle. Bien qu'elle aimait cette sensation de sécurité qu'elle n'avait jamais ressentie avant, plus que tout au monde, elle voulait être seule à cet instant précis où tous les membres de son corps lui faisait souffrir le martyr. Mais comment lui expliquer cela alors qu'elle n'arrivait pas à articuler un simple mot à cause de sa gorge nouée, et qu'une phrase entière aurait découlé du miracle?
« Tant pis » songea Clarke. Peut-être qu'il ne verrait pas ses larmes comme un signe de faiblesse de sa part, ou comme une humiliation qu'elle s'infligeait à elle-même, et qu'il essaierait de se montrer compatissant avec elle? À sa connaissance, il n'avait aucune raison d'agir comme s'il s'intéressait à elle, mais s'il était tout aussi humain qu'elle ne l'était, il se pourrait qu'il comprenne comment elle se sentait et qu'il la laisse pleurer en paix.
Elle ne pouvait dire pendant combien de temps elle était restée à terre, mais suffisamment pour qu'elle agrippe les mains de Bellamy et qu'elle le laisse enfouir sa tête dans ses cheveux. Elle pouvait sentir le souffle chaud de celui-ci se heurter à sa nuque en lui hérissant les poils aussi précisément qu'elle pouvait entendre les battements distincts de son cœur. Sur ses joues toujours brûlantes, les sillons humides qu'avaient laissé ses larmes commençaient à sécher et ses yeux irrités l'empêchaient de pleurer.

Le choc passé, la tristesse de Clarke céda sa place à un sentiment de colère et d'injustice pourquoi sa mère ? Elle n'avait jamais rien fait de mal !

Clarke se releva doucement, laissant Bellamy parcourir sa taille de ses mains afin de l'aider en ignorant la voix dans sa tête qui lui disait de ne pas le laisser être aussi proche d'elle, qu'il pourrait être encore plus dangereux que ce qu'elle pensait . Quand elle sentit ses forces la regagner, elle se tourna vers lui. Ainsi, elle pouvait se reposer contre une de ses épaules si jamais elle se sentait défaillir une nouvelle fois.

-Je suis là pour toi, murmura Bellamy à son oreille.

Là… ?

Elle trouva ses paroles étranges, mais pas parce qu'il disait être là pour elle, mais à cause de ce qu'il avouait. Puis Clarke comprit.

Là.

-Pourquoi…Chuchota-t-elle d'une voix à peine audible, tout en s'éloignant de lui à reculons en quelques pas et en se rapprochant de la porte par la même occasion.

Elle avait besoin de sortir de cette pièce, de s'en éloigner le plus vite possible, de courir jusqu'à ne plus pouvoir respirer et d'oublier la boucle d'images morbides qui se répétait sans cesse dans sa tête.

-Pourquoi ? Hurla-t-elle en baissant la tête vers le sol, même si Bellamy savait que c'était à lui qu'elle s'adressait.

Il avança doucement vers elle afin de ne pas la faire fuir, à la manière d'un chasseur traquant une biche, puis il prononça son prénom alors qu'elle releva la tête brusquement.

-Tu as ouverts la porte, affirma-t-elle sur un ton chargé de haine et d'un façon qui pouvait tout aussi bien signifier « C'est ta faute ».

Les yeux de Bellamy fuyait son regard et fixait l'espace vide qui se dressait entre eux. Clarke remua sa tête de droite à gauche, incapable d'expliquer pourquoi elle était déçue par lui alors qu'elle ne le connaissait pas.
Avec ce qu'il lui avait dit sur la mort de sa sœur, elle aurait penser qu'il respecterait le choix de sa mère, et le sien d'attendre...Mais apparemment, les personnes qui peuplaient ce monde étaient toute aussi décevantes que ce que sa mère lui avait laissé entendre: Tu es la seule humaine qui reste sur cette planète, les autres ne sont que des animaux disait-elle. Pendant une fraction de seconde, une partie de Clarke se demanda ce qu'aurait dit sa mère sur elle, maintenant qu'elle avait tué quelqu'un, mais comme elle aussi était morte, elle ne le saurait jamais.
Clarke recula encore et encore, jusqu'à se retrouver en dehors de la tombe de sa mère, alors que Bellamy la sentait s'éloigner, toujours incapable de la regarder dans le blanc des yeux, lui qui d'ordinaire n'était pas du genre à avoir honte d'une chose qu'il avait faite. Clarke s'adossa à un mur de l'extérieur tout en essayant de ne pas perdre le contrôle de ses jambes, même si elle finit par glisser le long de ce dernier et de se retrouver au sol. Les genoux repliés contre sa poitrine, la tête lourde d'images insoutenables, les yeux fatigués et irrités, les joues en feu et la respiration haletante, elle finit par arrêter de réfléchir, et dieu que c'était bon! C'était comme si elle venait d'atteindre le bouton "Off" de ses émotions, elle qui l'avait chercher pendant si longtemps...Sa tête n'était remplie que de vide et pour la première fois de sa vie, elle ne se demanda pas comment les choses allaient se dérouler après. Elle vivait l'instant présent et elle était prête à écouter son corps, affaibli et courbaturé par le manque de sommeil et ces récentes prouesses. Clarke ferma une paupière après l'autre et se laissa submerger par la fatigue, alors que Bellamy la regardait discrètement s'endormir.
C'était le moment de finir le travail qu'il était venu accomplir.


1 était inquiet. Bien sûr, il connaissait ce sentiment par cœur, mais cette fois c'était différent. Il ne craignait ni pour sa vie, celle de Bellamy, ou de quelqu'un d'autre, mais du fait qu'il pourrait se faire rejeter par sa cible. C'était si différent de ressentir l'inquiétude de cette manière, qu'il ne pût s'empêcher de se masser la nuque nerveusement. À travers une vitre tintée, il pouvait voir la fille d'Abigail Griffin, allongée et dormant paisiblement.

Enfin, dormir...Bellamy avait dût lui faire inhaler quelques vapeurs de chloroformes pour pouvoir la transporter jusqu'ici sans qu'elle ne se réveille. 1 songea que le produit devrait normalement arrêter de faire effet dans moins de quelques minutes et il se demanda comment il était supposer aborder Clarke.
Il savait qu'il ne devrait pas se montrer trop agressif, ou intéressé par elle de peur qu'elle ne se méfie de lui et ne se mette à poser un peu trop de question, ou qu'elle ne se renferme sur elle-même. Malheureusement, 1 savait aussi qu'il ne pouvait pas rater la dernière chance qu'il n'aurait jamais de récupérer le contrôle de son ancienne forteresse, que l'on pourrait tout aussi bien baptisé son héritage perdu.
1 passa sa main au dessus du verrou de la porte et celui-ci se déverrouilla instantanément, laissant passer l'homme vêtue d'une tenue militaire. Ce dernier s'avança vers le milieu de la pièce, avant de s'immobiliser à la seconde où Clarke ouvrit les yeux. Était-il possible qu'elle se soit réveiller en sentant sa présence? A moins qu'elle ait attendue qu'il arrive près d'elle pour ouvrir les yeux ?
1 ne broncha pas pour autant et il essaya de garder une expression aussi neutre qu'il le pouvait sur les traits de son visage alors qu'il regardait Clarke tourner doucement la tête vers lui.
Elle avait les mêmes yeux marrons que Abigail, à l'exception de la lueur de haine qui brillaient au fond de ces derniers. 1 se demanda s'il n'avait jamais vu Abigail aussi en colère que Clarke ne l'était, avant de se raviser. Elles n'étaient pas les mêmes, ils ne pouvaient pas les comparer.
Il vit Clarke ouvrir doucement la bouche, et il attendit d'entendre les mots qu'il redoutait tant.
-Je te connais, articula-t-elle difficilement, la voix fatiguée.
1 ravala sa salive, puis il sentit la tension entre ses deux épaules s'apaiser. Elle était la seule personne qui aurait potentiellement pût connaître son identité, mais pour l'instant tout ce qu'elle savait c'était qu'elle le connaissait. Plutôt étrange quand on savait qu'ils ne s'étaient jamais rencontrés auparavant. Peut-être qu'Abigail l'avait décrit à sa fille? Peut-être qu'elle l'avait même mise en garde contre lui?
-Non. C'est faux, affirma-t-il d'une voix calme et confiante
-La seule personne qui me connaisse est morte, ajouta-t-il à voix base alors qu'il tournait les talons, incapable de supporter de voir le même regard que celui d'Abigail, braqué sur lui comme s'il était la pire personne au monde.


Clarke se retrouva seule dans la pièce.

L'homme au visage familier s'était éclipsé et Bellamy n'était apparemment pas dans un coin de la salle. Une partie d'elle ne voulait plus jamais avoir à affronter l'idée de sa présence près d'elle, bien qu'une autre était prête à aller à sa recherche; il lui devait des explications, ainsi que des excuses et elle n'allait pas attendre qu'il décide de les lui donner pour les entendre.

Clarke fit à peine un mouvement pour s'extirper de son lit qu'elle sentie que quelque chose la regarda ses poignets, mais elle ne vit pas de menottes, ni de cordes ou autres. Ses yeux remontèrent doucement vers le creux entre son bras et son avant-bras,à la recherche du moindre indice, quand elle laissa échapper un gémissement de surprise étranglé de sa gorge.

Presque au même moment, Bellamy franchit le seuil de la porte et il s'arrêta net. Même si Clarke ne pouvait détacher ses yeux de son bras mutilé, elle savait qu'il était là et qu'il fixait sûrement la même chose qu'elle.

-Qu'est-ce que tu m'as fais ? Questionna Clarke dans un murmure, fixant les deux tubes reliés à une étrange machine et dans lesquels circulaient son sang ainsi qu'une autre substance du carbone 14.


Dans le prochain chapitre; Comment entrer dans une forteresse?