Je fixais l'écran. Mes yeux ne pouvaient plus se détacher, un peu comme des aimants – j'étais donc impuissante. Quelque chose avait emporté le contenu de ma raison et de mes pensées. Tout souvenirs, toutes réflexions ou autres conneries si douloureuse s'envolèrent au moment où j'avais vu ces cinq prénoms. La sensation était étrange, l'impression de flotter dans l'irréel surtout. Plus rien n'existait autour de moi, les gloussements des deux niaises derrière moi, les « Chuuut !! » de la documentaliste, la cohue dans le couloir, le tic-tac stressant de l'horloge, la sonnerie stridente qui signalait le retour en cours, je ne les entendais pas. J' étais comme dans ma bulle, un monde qui avait pour centre deux mots et 12 lettres. Edward Cullen.
Lorsque je recouvrais mon état normal, le choc fût brutal. Tout me revint abruptement semblable à une claque. La scène dans la forêt, sa trahison, le dégout des Forkiens, l'abandon de mes parents … Je haïssais ma vie. Je jetais un bref coup d'œil à l'horloge mural, il était déjà 4 heures et je venais de séché une après midi entière lors de mon premier jour pourtant c'était la dernière de mes préoccupations. Ils revenaient, il revenait.
Une fois ne leurs avaient pas suffi, ils voulaient me détruire une seconde. J'en étais sûr, le hasard ne faisait pas parti de cette histoire. Il faut croire que l'on s'acharnait sur moi. Pourquoi ? Il allait tout briser ! Je n'allais pas survivre une deuxième fois de plus qu'en ce moment j'étais fragile et à n'importe quel moment l'ancienne Bella reprendrait le dessus. Je n'étais pas encore préparé.
Mon cœur commença à dérailler et mes yeux à me piquer, j'attendais patiemment les larmes. Je mis la règle n°1 entre parenthèse – exceptionnellement – puisque la situation était exceptionnelle. Pourtant rien ne vint et ma respiration se fît plus lente, presque éteinte. Un courant brûlant surpris mon corps qui s'engourdit aussitôt. J'avais mal. Très mal. Et l'effort que je fis pour pas que ça se remarque fût herculéen, muni de mon ordinateur portable je quittais la bibliothèque lorsque quelqu'un m'interpella.
« Isabella ! »
Je reconnu le fameux Mike. Je me tendis encore plus, ce n'étais vraiment pas le moment de me chercher parce que je pourrais être très méchante. Même si l'article sur le site n'avait plus la même importance maintenant.
« Bella , le corrigeai-je, mais désolé, je dois y aller »
Ma voix tremblotait, il crût sans doute que j'étais intimidée, ça m'aurait fait rire en temps normal, comment un garçon aussi prétentieux aurait pu plaire. Sans prévenir, un coup me vint droit dans le cœur et je hoquetais de douleur pressant mes bras contre ma poitrine. Je tournais les talons, une envie présente de vomir.
« Attends Bella, je voulais te parler. Je ne sais pas si tu as entendu la rumeur qui circule depuis ce matin. Apparemment tu m'as mis un rateau, mais tu sais autant que moi que c'est impossible, ce genre de chose ne m'arrive jamais. »
Il était direct, celui là. Je me retournais, le fixant avec l'air le plus mauvais que je pus. Mais putain je m'en fiche de ça, mes pires cauchemars reviennent et toi tu me parles d'un truc aussi stupide !! avais-je envie de lui répondre
« Il faut une première fois à tout » dis-je
Il soupira, agacé.
« Je voulais juste que ce ragot arrête de circuler dans je me demandais si tu voulais prendre un verre avec moi »
Il eut un nouveau coup, plus fort encore. Mon estomac n'allait pas tenir.
« Il ne fallait pas le crier sur tout les toits, et de toute façon c'est non !»
Le courant se fît plus intense, plus ardent.
Le visage jusqu'à présent souriant voir charmeur de Mike s'assombrit. Maintenant il arborait d'un sourire malveillant.
« De toute façon, tu n'as pas le choix. » déclara t-il.
« Pardon ? » m'étonnais-je le cœur au bord des lèvres.
« Je ne supporte pas les filles dans ton genre. Petite nouvelle qui se croit irrésistible. Donc tu viens où je te fais une jolie réputation »
J'avoue, j'aurai pu encore me contrôler mais devant tant de bêtises je ne pouvais que lui dégobillais dessus. Il resta quelques secondes, bête.
Je ne vis pas la suite, elle était d'ailleurs prévisible. Je courrais, encore et encore. Plus loin, je m'arrêtais épuisée rendant tout ce que j'avais, mon angoisse, ma douleur, ma souffrance. Je me laissais écroulé sur l'herbe pleurant de toutes mes forces. La vie était trop dure, tout me tombait dessus. J'enlevais mes chaussures dégelasses ainsi que mon pantalon. Mes jambes frêles tremblaient sous mes leggings-short tout fins et les gravions rentraient dans ma peau, pourtant je me relevais puis marché , sans but précis.
Je ne sais pas à quel heure je rentrais chez moi. La nuit était tombé depuis un certain temps. Mes jambes étaient égratignées et mes pieds en sang. Signe de mon passage dans les bois, où j'avais pu réfléchir. Le calme de ce paysage se montrait bénéfique. La seule chose dont j'étais certaine, c'était que je ne fuirais pas une deuxième fois. J'allais donc rester ici, et peut être si j'avais de la chance, ils ne me reconnaitraient pas. Bien sûr que si, j'étais débile... mon prénom.
Tout ce que j'avais tenté pour me rassuré s'évaporèrent.
La nuit fût agitée.
Au matin, les pires scénarios défilaient dans ma tête et une boule de stress se forma dans mon ventre. J'allais les revoir. Ma peur lorsque je devais retourné au lycée de Forks n'avait été qu'un avant goût.
De plus, j'avais un pressentiment mais je n'arrivais pas à dire si il était bon ou mauvais. J'eus pas l'appétit de prendre un petit dej' ni la volonté de bien m'habiller.
J'arrivais en avance. Une petite voix résonnait dans ma tête, elle m'insupportait
« Au fond de toi, tu veux les voir»
Non, non et non ! Je voulais qu'ils reste le plus loin possible de moi. Je les déteste !
Je crus que j'allais tombé dans les pommes, lorsque au loin j'aperçus la volvo.
