Disclamer : Les personnages de NCIS appartiennent à leurs auteurs respectifs, je ne fais que les emprunter. Je ne fais aucun bénéfice en écrivant cette histoire.
Merci à Sirius08, Lokness et Pandi74 pour leur gentille reviews et tous ceux qui n'ont pas le temps d'en laisser mais qui lisent mon histoire avec intérêt.
Chapitre court mais qui a son importance...
Je remercie ma gentille bêta Chtimigirl pour son travail exemplaire.
Bonne lecture
Chapitre 6 - Course contre la montre
Sur la route allant à Norfolk, les deux agents du NCIS ne parlèrent pas. Le silence était même pesant autant pour l'un que pour l'autre. Pourtant, d'habitude Gibbs demandait à Tony de se taire mais là, il aurait voulu qu'il déblatère, même des âneries. Un comble pour le chef de l'équipe. Il ne supportait plus de le voir dans cet état. Il avait envie de le voir sourire, rire de bon cœur mais surtout revoir en lui, l'enfantin agent qu'était Anthony DiNozzo. Il avait envie de le dérider, alors il commença à parler.
-Alors DiNozzo, si tu me disais comment s'est passée cette infiltration dans le monde de la nuit ?
-Hein ?
« Où voulait en venir son patron ? »
-Ça t'a fait quoi de te faire reluquer par ces mecs ?
« Holà, terrain glissant » pensa Tony.
Mais il devait répondre.
-Rien de spécial, c'est comme avec une femme, j'avais l'impression d'être un morceau de viande.
-Tu t'es fait draguer ?
Là, Tony sentit Gibbs vraiment intéressé.
-Ben, en fait, oui.
Il hésitait ne pouvant pas parler de William sans se dévoiler.
-Et ?
Là, le jeune homme n'avait plus le choix.
-Une pulpeuse blonde à la Marylin Monroe avec une voix de ténor. Pas tout à fait mon genre, boss.
Il lui jeta un coup d'œil pour voir sa réaction et à cet instant, il le vit sourire.
-Et quel est ton genre ?
« Gibbs voulait lui faire avouer quoi ? »
Il ne savait pas mais cette petite conversation avait détendu l'atmosphère. Il aurait pu lui dire qu'il rêvait d'un gaillard un peu plus petit que lui, les cheveux grisonnants et un caractère de chien... Mais il ne lui semblait pas que ce soit le moment d'en parler et ce moment ne viendrait sûrement jamais, alors...
-Aucun en particulier, du moment que je passe du bon temps et que je puisse faire pâlir d'envie Kate ou Tim en racontent mes exploits.
« Ça, c'est ce que Gibbs voulait sûrement entendre de la part de son agent senior » pensa Tony.
Gibbs était content de lui, il avait réussi à dérider son jeune subalterne. Il ne savait pas comment lui dire qu'il l'aimait bien et qu'il était important pour lui. Il savait qu'il était plus dur avec lui qu'avec les autres membres de son équipe, parce qu'il avait vu en lui de grandes capacités gâchées par son côté gamin. Il voulait pour lui un avenir meilleur, mais que voulait DiNozzo. Avec cette dernière réplique, il ne pouvait pas faire autrement. Il lui assena une tape derrière la tête mais bien moins forte que d'habitude.
-Aie !
-Ça t'apprendra à dire des âneries pareilles.
-Je... Euh !
Il se demandait quoi dire quand...
-On est arrivé, Boss.
-Bien. Direction le service informatique de la base, DiNozzo.
Tony hésita, il allait y trouver William, et celui-ci ne se gênerait pas pour l'envoyer balader devant son patron qui finirait par comprendre.
-Oui, chef.
Il gara la voiture devant le bâtiment principal. Gibbs précéda son agent et demanda à voir le chef des opérations. On les dirigea vers le bureau du capitaine de corvette John Fitz. Celui-ci leur fit signe d'entrer et de s'asseoir pendant qu'il finissait sa conversation téléphonique. Quand il eut raccroché, il s'enquit de savoir ce que voulait les deux agents du NCIS. Gibbs lui expliqua qu'ils avaient une piste sur le vol des données qui semblait intervenir dans une de leurs autres enquêtes. Il demanda à voir le première classe William Bell, ainsi que le responsable du poste réceptionnant et inscrivant les fichiers incriminés.
Le capitaine Fitz sembla hésiter. Puis il leur dit que Bell était en congé pour la journée et leur proposa de rencontrer le lieutenant Rabb qui chapeautait le groupe d'informaticiens. Suivant Fitz et Gibbs deux pas en arrière, DiNozzo prit son portable perso et appela Will. Il tomba directement sur la messagerie. Il hésita, devait-il laisser un message ? Il dit alors simplement
« William, c'est Tony. Rappelle-moi dès que tu as ce message. S'il te plait. C'est important. »
Et il raccrocha. Son patron l'avait vu faire, du coin de l'œil, se demandant ce qu'il faisait. Il était de plus en plus inquiet pour son subalterne, bien qu'évitant de le montrer. DiNozzo lui cachait quelque chose d'important et il découvrirait quoi.
-Messieurs ! Que puis-je faire pour votre service ?
Rabb était devant eux. D'apparence plutôt froide et un regard bizarre, l'homme parlait professionnellement, sans émotion.
-Avez-vous eu de nouveaux vols de données ?
-Aucun, Monsieur.
-Que pouvez-vous nous dire sur William Bell ?
-Bon élément, quant il le veut. Très doué en informatique mais cantonné à la maintenance...
Tony voyait Gibbs l'interroger mais n'entendait rien. Il n'arrivait pas à se concentrer sur son travail. William ne l'avait pas rappelé et cela l'inquiétait. Il avait peur pour lui, peur que son intuition soit vraie. Il avait l'impression d'un vide en lui.
-Où se trouve le Caporal Bell ?
-Il n'est pas venu aujourd'hui. Il nous a signalé un problème de famille.
-Vous avez son adresse ?
-Oui, elle se trouve dans son dossier...
Il se mit à pâlir en imaginant le corps de son amant sans vie devant lui, photographiant la scène de lui. Non, il ne pouvait pas être mort, Gibbs allait empêcher que cela arrive. Le chef se retourna sur son subalterne après son interrogatoire. Il ne l'avait jamais vu comme ça. Il avait l'air d'un mort vivant. Il se rapprocha de lui et posa une main sur son épaule.
-On y va, DiNozzo.
Le jeune homme se reprit et suivit son patron vers la sortie. Il n'avait pas parlé depuis plus d'une heure et cela l'inquiétait. Arrivés devant la voiture, Gibbs prit Tony par les épaules et le retourna pour lui faire face. DiNozzo s'immobilisa devant le regard de son boss. Il n'arrivait pas à lire ce qu'il y voyait.
-Parle-moi, Tony !
-Boss ?
-Dis-moi ce qui ne va pas ?
-Rien, Gibbs, j'ai juste envie que cette affaire se termine.
-Tony, je vois bien qu'il y a plus et je veux une explication, maintenant.
« Tut, tut, tut... »
L'alarme de la base venait de se mettre en marche les stoppant net dans leur conversation. Gibbs s'enquit de ce qu'il se passait auprès d'un soldat courant vers le bâtiment dont ils venaient de sortir. Il leur apprit qu'il y avait une alerte à la bombe. Il devait faire évacuer l'immeuble et trouver la bombe.
Gibbs lui expliqua qu'il prenait les choses en main. Il fit signe à DiNozzo pour qu'il appelle leur équipe, le service de déminage. Celui-ci hocha la tête en prenant son portable et composa le numéro de Kate. Il exposa rapidement le problème. Elle s'occuperait de contacter les services dont ils auraient besoin pendant que lui et Gibbs évacueraient le personnel encore présent dans la base.
-Il y a urgence, Kate.
-Ok, McGee est déjà à la voiture. Nous serons là dans vingt minutes.
-Bien.
Rapidement, Tony prit la suite de Gibbs qui désigna à son équipier les étages. Il y avait trois niveaux. DiNozzo monta au dernier, Gibbs prit le second et demanda au soldat près de lui de s'occuper de faire évacuer le rez-de-chaussée. Chacun s'occupa de son travail.
Vingt minutes plus tard, tout le personnel du bâtiment avait été évacué et attendait les ordres des services de sécurité. Gibbs et Tony n'avaient pas le temps de penser à leur autre enquête, ils couraient dans tous les coins et recoins de l'immeuble à la recherche de la bombe. Les hommes de la sécurité faisaient de même sous les directives de Gibbs, mais personne ne trouva d'engin explosif.
DiNozzo n'avait pas donné de signe de vie depuis dix bonnes minutes. Son patron se demandait où son entêté d'employé pouvait être. Il essaya de le joindre mais sans succès. En interrogeant les personnes présentes, il apprit qu'il s'était dirigé vers les sous-sols à la recherche des vestiaires et d'autres personnes. Arrivé près de l'endroit, il appela son agent à haute voix.
-Tony !
-Ici, Boss. Je crois que j'ai trouvé l'objet en question.
Il le trouva couché sous une petite table, d'où seul sortait le bas de son corps. Il semblait occupé à vérifier les contours du petit meuble.
-DiNozzo, ne me dis pas que tu essaies de désamorcer la bombe tout seul ?
-Non, boss. J'essaie seulement de la sortir de cet endroit. Il reste quatre minutes avant l'explosion et le temps de faire venir les démineurs, elle aurait explosé.
-DiNozzo, sors de là immédiatement. Tout le personnel a été évacué, il ne reste plus que nous, on a le temps de s'échapper.
-Trois minutes, Boss. Je ne crois pas que tu vas aimer ce que j'ai à te dire.
-Tony ?
-En essayant de la sortir de là, je me suis coincé et je ne peux plus bouger au risque de la déclencher. Je crois que tu devrais partir sur le champ.
-Je ne pars pas sans toi, DiNozzo.
Il s'accroupit à côté de lui et regarda l'engin. Une des vis le maintenant était tombée près de la main de Tony. Le jeune homme l'immobilisait de son mieux. Gibbs contacta les démineurs pour avoir la marche à suivre. Plus que deux minutes, le temps leur était compté. Il décrivit la bombe, demandant comment la désamorcer. L'homme à l'autre bout du fil, lui intima de sortir et qu'il arrivait. Mais Gibbs ne voulait pas laisser son agent.
-Tu devrais y aller, Boss. Je vais attendre les démineurs.
-Non, je reste avec toi.
Puis il reprit sa conversation avec son interlocuteur. Tony ne comprenait pas pourquoi Gibbs restait auprès de lui. Il savait qu'il risquait sa vie mais son patron n'avait pas le droit de risquer la sienne. Pourtant, dans un sens, il était heureux de l'avoir à ses côtés dans cet ultime moment. Il l'entendit maugréer en farfouillant sur la table à la recherche du matériel dont il allait avoir besoin. Puis il le vit se coucher près de lui. Il lui tendit le téléphone pour qu'il lui tienne pendant qu'il essayait de désamorcer la bombe.
-C'est fait. Après ?
Tony le regardait faire. Il surveillait en même temps la minuterie qui affichait désormais une minute. Gibbs avait déjà coupé deux fils et dévissé une petite plaque cachant d'autres fils. Il en fit la description à son interlocuteur. Il fit alors une grimace. Tony comprit que ça allait être plus dur qu'il ne l'avait cru au départ. Il regarda encore les secondes défiler.
-Boss, 45 secondes, tu as encore le temps de...
-La ferme, DiNozzo.
Ils se regardèrent l'espace d'une seconde, ni l'un ni l'autre ne partirait sans l'autre et ils le savaient. C'était une course contre la montre mais ils avaient peur de la perdre celle-là. Sentant sa dernière heure arriver, Tony prit conscience que la mort était proche. Dix secondes, il lui restait dix secondes pour être honnête envers lui-même. Sept, six, cinq...
« Mon dieu, nous allons mourir. Je ne veux pas qu'il meurt, je l'aime trop. J'aurais dû lui dire avant. Maintenant, il est trop tard. Gibbs, je t'... »
-Je t'aime...
-Je l'ai eue. Trois secondes et on n'était plus là.
Ils avaient dit cela en même temps. Soudain, Tony prit peur, il venait d'avouer ses sentiments à son boss croyant sa dernière heure arrivée. Il espérait que Gibbs n'avait pas entendu, car sinon, il ne donnait pas cher de sa peau. Pourtant, il avait entendu et avait mis cela sur le compte de la peur. Lui aussi aimait son agent, son équipe qui étaient devenus sa famille. Il le regarda sortir de dessous la table, lui tendant la main pour se relever.
Déjà les démineurs arrivaient pour prendre en charge l'engin. Tony et Gibbs poussèrent un « ouf » de soulagement. Puis une main s'abattit sur la tête de DiNozzo mais elle avait quelque chose de différent. Il y avait de la douceur, de la tendresse. Il osa enfin regarder son patron dans les yeux. Il put y lire le soulagement et une petite lueur qu'il ne pouvait analyser. Il allait lui parler quand Kate et McGee entrèrent dans la pièce. Leur patron se retourna sur eux.
-Kate, croquis ; McGee, empreintes ; Tony, photos.
-Ok, patron.
Chacun fit ce que leur boss venait de demander, pendant que Gibbs partit discuter avec le chef des démineurs. Il en profita pour demander les images des caméras vidéo, de lui faire un rapport sur la bombe... Tony mitrailla toute la pièce avec son appareil photo. Après, il fit le tour des casiers. Il se figea devant celui du première classe Bell. Il n'avait toujours pas eu de nouvelle de son amant. Il ouvrit la petite porte pour pouvoir voir ce qu'il contenait.
A suivre...
Alors, l'aveu ne vous choque pas trop ?
