Désolée pour l'attente. Mon travail m'a pris plus de temps que ce que je croyais.
Un chapitre et un point de vue que vous attendez tous…
Petit rappel : John a volontairement choisi de vivre avec Sherlock. John a décidé de passer le reste de sa vie avec Sherlock. John aime Sherlock. Donc, John est cinglé.
Avertissements : s'il reste des âmes sensibles et innocentes… ça ne devrait pas durer.
Hum… peut-être devriez-vous éviter de manger en lisant ce chapitre…
Bonne lecture !
Chapitre 7 :
John était frustré. C'était probablement l'euphémisme de l'année. Un embouteillage. Ils étaient coincés dans un p… d'embouteillage ! Le jour de son mariage. Comme si cela ne suffisait pas que sa future belle-mère avait décidé de transformer leur mariage en une fête de conte de fée. Comme si Sherlock ou lui avaient l'air d'un prince charmant… Non, il pourrait à la rigueur jouer le rôle du vieux soldat et Sherlock… celui du dragon ? Ou du magicien fou peut-être… Enfin tout cela était ridicule…
Victoire – appelez-moi Xena aujourd'hui ! Xena ! Pour son mariage ! Elle n'aurait pas pu choisir un nom plus approprié ? Pas que John l'appelait autrement que Victoire mais bon… – pouffa, clairement amusée par son énervement. Le colonel resta de marbre. Il devait avoir appris la patience en prison. Bande de cinglés… John ne regrettait pas d'avoir invité ses amis à son mariage. Même s'ils risquaient de produire quelques remous. John était impatient de voir cela. « Mummy » n'avait qu'à bien se tenir !
John ne détestait pas la mère de Sherlock. Elle était probablement une femme assez remarquable et John était mal placé pour juger de ce que devrait être une bonne mère – il n'avait pas vu la sienne depuis une bonne trentaine d'années et espérait que cela allait continuer jusqu'au dernier jour de sa vie – mais, en bon cliché, sa future belle-mère avait le don de lui porter sur les nerfs. Elle avait voulu s'occuper de tout pour le mariage. John ne savait pas si cela partait d'une bonne intention ou si elle était de ces mères castratrices qui veulent tout contrôler mais elle avait réussi à profondément l'exaspérer. John ne comptait plus le nombre de fois où il était parti en claquant la porte pour ne pas se mettre à hurler. Et s'apercevoir que Sherlock était un fils à sa maman n'avait pas exactement été une bonne surprise. Mais là encore, John ne jugeait pas. Après tout, peut-être était-ce une attitude normale que de chercher à faire plaisir à la femme qui avait souffert des heures durant pour vous mettre au monde et s'était levé plusieurs fois toutes les nuits pendant les dix mois suivant. Dommage que Sherlock eût choisi d'être normal pour une fois… Et peut-être que John était quelque peu sensible sur la question des mères. La sienne était tout sauf un bon souvenir. Une mère est censée protéger son enfant, pas l'offrir en échange de sa vie ! Pas que son père eût été vraiment meilleur. John ne s'était jamais fait d'illusion : si son père s'était jeté sur le bandit, ce n'était pas pour protéger son fils mais parce qu'il n'aurait jamais accepté de laisser un criminel s'en tirer. John s'étonnait toujours d'être aussi norm… – effacez cela, il n'avait rien de normal – de ne pas être devenu un fou psychopathe avec une famille et une enfance pareille. Alors vraiment, il était mal placé pour critiquer la famille de Sherlock.
Mais la mère de Sherlock avait rendu les choses difficiles. Entre son insistance pour qu'il invitât sa famille – inexistante en dehors de Harry – et ses propos sur le fait que John n'avait pas d'autres amis en dehors de ceux qu'il partageait avec Sherlock – enfin du moins pas d'amis connus – John avait passé des jours particulièrement pénibles. Aussi avait-il invité Harry – qui avait réussi à le surprendre et avait manifestement jeté son dévolu sur Anthéa ou quelque fût son véritable nom – et son groupe d'amis qui dataient de sa période militaire à l'exception de Victoire, nouvelle recrue mais qui avait fait ses preuves. Ils avaient été un véritable réconfort et ce même si Sherlock avait boudé de ne pas les connaître. Les présentations n'allaient pas tarder et personne n'en aurait de regret !
John soupira une nouvelle fois. Il voulait épouser Sherlock. La demande avait été plutôt inattendue – pas au-dessus d'un cadavre comme la déclaration mais alors qu'ils essayaient de désamorcer une bombe – mais John avait sauté sur l'occasion – mauvais jeux de mots. Il avait, après tout, toujours du mal à croire que Sherlock voulait passer le reste de sa vie avec lui. Son histoire avec Sherlock avait toujours été particulière. Et si John voulait être honnête, elle avait commencé au premier regard et John avait été perdu à la seconde où il avait tué un homme pour sauver Sherlock. Et peu importait qu'il eût passé des mois à répéter qu'il n'était pas gay – après tout, il ne l'était pas : il n'avait jamais été attiré par un homme avant Sherlock et oui, il avait testé. Une fameuse soirée alors qu'il était encore étudiant, lui et un de ses amis, tous deux bien imbibés, avaient décidé que l'université était le temps des expériences et qu'il serait trop bête de mourir sans savoir ce que valait le sexe entre hommes. Cela avait été étrange et décevant et ils avaient tous deux conclus que ce n'était pas pour eux et avaient repris leur vie habituelle et leur recherche de petites-copines. Donc oui, quand John disait qu'il n'était pas gay, il savait ce qu'il disait. Mais c'était Sherlock et tout était toujours différent avec Sherlock. John supposait que l'amour n'avait pas de sexe. Sherlock lui manquait… Cela commençait à faire long depuis qu'il l'avait vu. Tout cela à cause de « Mummy » et de son p… de mariage traditionnel. Comme s'il y avait quoi que ce fût de traditionnel entre eux ! Pas que John eût vraiment suivi les règles… Après tout, c'était son mariage !
Et pour commencer, ses amis lui avait organisé un enterrement de vie de garçon aussi original et cinglé qu'on pouvait si attendre lorsqu'on connaissait les individus en question. Il avait d'abord fallu faire évader le colonel de sa prison – il y retournerait après le mariage, pas d'inquiétude. Faire évader quelqu'un d'une prison de haute-sécurité sans blesser personne avait été un bon rappel de ses années en uniforme – encore qu'il n'en portait que rarement. Eh ! ce n'était tout de même pas de sa faute si tout le monde le prenait pour un simple petit médecin !
Puis ses amis l'avaient emmené sur un champ de tir de l'armée et ils avaient passé la nuit à essayer diverses armes – dont un tank John ne tenait vraiment pas à savoir comment ils se l'étaient procuré – et à jouer aux petits soldats. Au matin, ils s'étaient séparés après que John eût refusé la proposition de Billy de l'emmener en hélico et seuls Victoire et le colonel étaient restés avec lui, les autres les précédant de quelques minutes. Enfin, ça c'était avant que John eût raté un croisement, embourbât la voiture dans un chemin de terre qui traversait une porcherie, se fût perdu et finît par atterrir dans un embouteillage après avoir enfin retrouvé sa route. Il était probablement maudit. Et Sherlock lui manquait. Il ne l'avait pas vu depuis presque deux jours ce qui n'était pas arrivé depuis l'horrible période pendant laquelle il avait crû que Sherlock s'était suicidé. John ne voulait plus jamais revivre cela. Il ne voulait plus jamais passer un seul jour loin de Sherlock.
John s'était enfin engagé dans le petit chemin qui menait au lieu du manoir quand son téléphone bipa, annonçant un texto. John décida d'arrêter la voiture pour voir ce dont il s'agissait. Cela permettrait peut-être aussi d'éviter que le Colonel étranglât Victoire qui ne cessait de jouer avec la radio. Il avait vraiment un don pour attirer les individus instables et incontrôlables. Et en plus, ils étaient armés. Cela risquait vraiment de mal finir.
Le texto venait de Stephen. « Ciné demain ? ». John cligna des yeux, sourcils froncés avant de presque lâcher son portable.
« Il y a un problème ! s'écria-t-il. Stephen vient de m'envoyer un code noir ! »
Victoire lui arracha presque son portable des mains pour voir par elle-même. Le colonel, lui, saisit une paire de jumelles qui traînait à l'arrière du 4x4 – ils avaient gardé le véhicule qu'ils avaient utilisé la veille pour aller au champ de tir – et s'efforça de distinguer quelque chose à travers les arbres.
« On ne peut rien voir d'ici. Il faut s'approcher mais discrètement. Je vois un tournant à moins d'un kilomètre et un rocher qui nous dissimuleront de toutes personnes surveillant de la maison. »
John acquiesça et ils remontèrent tous en voiture pour franchir les quelques mètres qui les séparaient du tournant. John arrêta la voiture et tous trois sortirent. Ils coururent, penchés, quasiment accroupis pour être les moins visibles possible, jusqu'à l'amas rocheux. John était heureux d'avoir refusé de porter le costume prévu par la mère de Sherlock – un costume de grand couturier qui avait dû coûter un bras et dans lequel John avait l'air d'un pingouin – et d'avoir choisi son uniforme de cérémonie – toujours plus pratique en cas de nécessité, et au moins il avait pu l'accompagner de ses boots militaires et non de ses affreuses chaussures italiennes dont le prix devait dépasser ce qu'il gagnait en un an. Sérieusement, comment pouvait-on dépenser autant d'argent pour des chaussures ?!
Le colonel dirigea les jumelles vers la demeure.
« Il y a une muraille genre forteresse. Et une grille fermée, décrivit le colonel.
_ Genre château-fort ? s'étonna Victoire.
_ Oui… »
Même le colonel avait l'air quelque peu perturbé. Bon sang, qu'est-ce que la mère de Sherlock – appelez-moi Mummy, voyons ! après tout, nous serons bientôt de la même famille – avait encore inventé pour le mariage ? Elle avait loué un château royal ?
« Il y a des gardes, continua le colonel.
_ Mycroft a un service de sécurité. Rien d'étonnant à ce qu'il l'ait déployé… proposa John.
_ Je doute qu'ils appartiennent à un service de sécurité. »
John tendit la main, le colonel lui passa les jumelles. Des hommes vêtus de noir semblaient en effet surveiller la grille. Ils étaient quatre et munis de kalachnikovs, pas exactement les armes habituelles d'un service de sécurité.
« Tu as raison, acquiesça John. Et avec le texto de Stephen… »
Victoire lui retira les jumelles des mains et les équipa d'un petit boîtier qui semblait intégrer un téléphone portable avant de les diriger vers les hommes armés au loin. Le boîtier bipa moins d'une minute plus tard.
« L'un des hommes est un mercenaire sud-africain accusé de trafic de drogues, d'enlèvements, de tortures et de meurtres, lut-elle. »
John ne voulait absolument pas savoir où elle s'était procurée le boîtier. Il s'agissait probablement d'un appareil militaire ultrasecret. Et Mycroft n'avait pas besoin de savoir qu'il y avait des failles de sécurité dans les laboratoires de l'armée. Encore que Victoire avait peut-être pris subtilisé l'appareil dans un autre pays… Une femme décidemment pleine de ressources
« Pas le genre d'homme qu'emploierait Mycroft. Du moins pas pour le mariage de son frère, ajouta John après quelques secondes – Il s'agissait de Mycroft après tout… L'homme continuait à l'enlever et le faire conduire dans des entrepôts déserts lorsqu'il souhaitait lui parler.
_ Ce qui veut dire… commença Victoire.
_ Qu'ils ont été attaqués, poursuivit John. Oh mon Dieu, Sherlock ! »
John sentit une sueur froide lui couler dans la nuque. S'ils avaient fait quoi que ce fût à Sherlock…
« Il est probablement vivant, le rassura le colonel. S'ils voulaient juste les tuer, ils seraient déjà partis et certainement pas en train de surveiller la route.
_ Tu crois qu'ils nous attendent ? demanda Victoire.
_ Probablement. Et on ne voudrait pas qu'ils s'impatientent…
_ Attendez ! les arrêta John. Vous avez vu ces murs et cette grille ? Je ne sais pas de quand ils datent mais on ne pourra jamais les franchir. Même en fonçant dessus avec la voiture… »
Victoire et le colonel échangèrent un regard.
« Je crois que nous avons la solution. Un petit cadeau de mariage pour toi de la part de toute l'équipe. Il est dans la voiture, sourit Victoire. »
John haussa les sourcils mais suivit ses deux amis jusqu'au véhicule. Là, la jeune femme sortit un paquet ressemblant à un œuf de Pâques, papier doré et nœud fuchsia compris. Elle avait un sourire jusqu'aux oreilles. John prit le paquet, circonspect. Il le manipula avec précaution sans l'ouvrir avant d'écarquiller les yeux.
« Non ! Vous n'avez pas osé ! C'est de la médisance ! Je ne suis pas un fanatique des… Je n'en ai réellement utilisée une qu'une fois ! »
Victoire et le colonel étaient morts de rire.
« Je peux la reprendre, si tu n'en veux pas, proposa Victoire en tendant la main vers le paquet. »
John l'écarta rapidement, le ramenant contre lui. M… ! Il était un fou furieux. Il déballa le paquet avec empressement, extirpant la grenade qui miroita un instant au soleil. John tenait à ce que les choses fussent bien claires. Il n'était pas un fanatique des grenades. Il n'en avait réellement utilisé une qu'une fois – une fois mémorable certes – et il n'avait pas eu le choix ! L'état de ses mains l'empêchait de manipuler une gâchette alors que dégoupiller une grenade avec les dents – oui visuellement, ça en jetait – et la lancer ne posait pas de problème particulier.
« On ne peut pas l'utiliser, se calma John. Ils vont l'entendre de la maison et s'ils ont des otages…
_ Je doute qu'ils entendent quoi que ce soit. Un bois sépare la grille de la maison et ses murs sont en pierre et font plusieurs mètres d'épaisseur, le contredit Victoire. »
John haussa un sourcil interrogatif. La jeune femme leva son Smartphone.
« Google est mon ami ! »
John leva les yeux au ciel puis lança la grenade en l'air avant de la rattraper.
« Qu'est-ce qu'on attend alors ? J'ai un fiancé à délivrer ! »
Victoire et le colonel lui sourirent. Le militaire jeta un fusil d'assaut et une arme de poing à Victoire, un fusil à lunette et son revolver à John avant de s'équiper lui-même du deuxième fusil à lunette qui traînait dans le coffre de la voiture et d'une arme automatique. Tous trois se dirigèrent vers l'amas rocheux pour prendre position.
Et c'était Sherlock qu'on traitait de psychopathe…
« Attendez ! les arrêta John. S'ils ont un système de surveillance, ils pourraient tuer les otages en nous voyant…
_ Tout est prévu, le calma Victoire en brandissant un appareil qui ressemblait vaguement au rejeton d'un ordinateur portable et d'un OVNI. Ceci va me permettre de pénétrer leur système de surveillance et de fixer une image sur toutes leurs caméras…
_ Je ne te connaissais pas ces dons en informatique…
_ C'est Geekmy qui a inventé ce programme.
_ Dois-je comprendre que vos relations ont pris une nouvelle tournure ? »
La jeune femme le regarda un instant, interloquée.
« Si tu es en train de te demander si nous couchons ensembles, la réponse est non ! Mais il m'a montré l'appareil hier et… je l'ai peut-être emprunté sans sa permission ?
_ Aucune importance, les coupa le colonel. Fais marcher ton truc. On a du boulot. »
Victoire avait à peine fini de rendre inopérant le système de surveillance que le colonel et John avaient chacun abattu deux hommes, tireurs d'élite oblige. Eh, c'était des criminels et ils voulaient gâcher son mariage ils n'allaient quand même pas faire dans la dentelle !
« En voiture ! ordonna John. »
Victoire se glissa derrière le volant alors que le colonel prenait place à l'arrière, fenêtre ouverte pour pouvoir tirer. John se glissa à l'avant et ils approchèrent la voiture au plus près de grilles.
John sortit alors que Victoire effectuait un demi-tour.
D'un mouvement parfaitement mesuré, John dégoupilla la grenade et la lança contre les grilles dans un geste qui aurait fait verdir de jalousie un lanceur de baseball – sport que n'avait jamais pratiqué John, pas plus que le cricket, mais le lancer de grenades était un sport très en vogue à l'armée. Alors que John se jetait dans la voiture qui s'éloignait sur les chapeaux de roue, la grenade suivit une trajectoire parfaite avant de s'écraser contre les grilles et d'exploser dans un boucan infernal et les cris d'agonie des grilles déchirées. Des morceaux métalliques volèrent dans une pluie d'étincelles et l'un vint même heurter le 4x4 mais sans autres dégâts que de la tôle froissée.
Le silence retomba. Victoire freina brutalement, fit à nouveau demi-tour dans un crissement de pneu et les râles du moteur avant de foncer sur ce qui restait de la grille. La voiture écrasa les morceaux tombés et défonça ceux qui tenaient encore miraculeusement. La carrosserie auparavant rutilante avait maintenant un petit look punk.
« Je viens de me souvenir pourquoi on ne te laisse habituellement pas conduire, dit John. Ça va nous coûter un max auprès de l'entreprise de location… »
Grâce aux plans du château que Victoire avait téléchargés, ils arrivèrent rapidement, par des passages initialement prévus pour les déplacements des domestiques, dans les balcons qui surplombaient la grande salle, ayant débarrassé – souvent de manière définitive un homme mort ne revient pas vous tirer dans le dos – les couloirs des hommes armés qui y trainaient.
Du haut des balcons, ils avaient une vue parfaite sur ce qui se passait en dessous. John se figea alors qu'un homme menaçait Sherlock de s'en prendre à John s'il ne faisait pas une fellation au type qui le menaçait de son arme. Jusqu'à présent, John avait plutôt pris les choses à la rigolade. Tant qu'il n'avait que le texto de Stephen et des mercenaires armés, il était facile de prendre les choses à la légère. John n'avait pas voulu croire que Sherlock était réellement en danger. Après tout, se mettre en danger était une spécialité de Sherlock et si John passait son temps à s'inquiéter, il aurait fait une crise cardiaque depuis longtemps. Mais voir Sherlock dans cette position. Voir une arme pointée sur sa tête alors que tout autour des hommes armés menaçaient leurs amis et leurs familles… Voir du sang tâcher le visage et les vêtements de Sherlock… John passa immédiatement de l'autre côté de la fureur. Dans cette étendue froide et désolée qui faisait d'un homme une machine à tuer. Personne ne touchait à Sherlock. Et personne n'allait gâcher leur mariage. John prit position, visa et pressa la détente.
Le crâne de l'homme qui avait osé pointer son arme et sa queue sur Sherlock explosa, répandant du sang et des morceaux de cervelle dans une gerbe rouge.
Les assaillants demeurèrent quelques secondes tétanisés par la surprise, secondes que mirent à profit les amis de John présents dans la grande salle. Ils se saisirent des armes qu'ils avaient caché parmi les cadeaux – John aurait levé les yeux au ciel si les circonstances avaient été différentes – et se jetèrent sur les attaquants. Les gardes de Mycroft, devant ce changement inespéré de situation et la mort du traitre, reprirent courage et se lancèrent eux-aussi dans la bataille. Sally Donovan extirpa son arme de sa pochette – John avait du mal à croire que la minuscule pochette avait pu contenir une telle arme – et entama de couvrir Greg, Anthéa et Harry qui tâchaient de faire évacuer les invités. Mycroft, quant à lui, cherchait à rejoindre Sherlock mais la présence de l'homme qui semblait diriger les criminels l'en empêchait. Il menaçait toujours Sherlock.
Tout cela pour dire que quand John franchit les portes de la grande salle – il avait bien pensé sauter des balcons mais il n'était plus si jeune et n'aurait été d'aucune utilité avec une jambe cassée – la situation avait clairement tourné à leur profit et le sang maculait les murs.
« Un pas de plus et je le descends ! menaça l'homme qui avait à nouveau saisi Sherlock par les cheveux et pointait une arme sur sa tête.
_ Je vous aurai abattu avant que vous n'ayez pressé la détente, répondit John tout en continuant d'avancer et alors qu'autour de lui les balles sifflaient.
_ Encore un qui n'a pas reçu le mémo, balança Victoire en abattant l'homme qui tentait de viser Mycroft. Je t'avais dit qu'on aurait dû passer une annonce sur Internet…
_Un mémo ? demanda Mycroft.
_ Personne ne touche à Sherlock », répondit bien obligeamment Victoire alors que le criminel pointait alternativement son arme sur Sherlock et sur John ce qui arracha un gémissement à Sherlock : « John… »
« John ? Vous êtes le docteur Watson ? s'étonna l'homme. »
John leva les yeux au ciel. Ce n'était pas de sa faute si personne, pas même les génies qui l'entouraient, ne s'était aperçu que ses dossiers militaires avaient été quelque peu édulcorés…
« Cap'tain Watson ! rectifia John. Et si vous ne relâchez pas mon fiancé, vous allez regretter de ne pas être déjà mort !
_ Jamais ! Il a tué mon frère ! »
John se figea. Qu'est-ce que c'était encore que cette histoire ? Qui était ce type ?
« Apparemment, il est le demi-frère de l'autre dingue de Moriarty, répondit Eva en tirant sur un des sbires qui avait eu la mauvaise idée d'essayer de se relever – ce qu'il ne ferait jamais plus. »
John étouffa un soupir. Il ne savait pas si les parents des deux frères étaient encore vivants mais si c'était le cas, John avait fort envie de leur dire deux mots sur l'usage des préservatifs ou de tout autre moyen contraceptif…
« Sherlock n'a pas tué Moriarty, répondit finalement John en pointant toujours son arme – enfin une de ses armes, l'autre servant à tirer sur tout mercenaire qui montrerait des velléités de ressusciter – sur le demi-frère de Moriarty.
_ N'essayez pas de me faire croire qu'il s'est suicidé ! Il n'aurait jamais fait une chose pareille !
_ Oh je sais que c'était une feinte et qu'il ne s'est pas réellement brûlé la cervelle sur le toit de Saint-Barts… Mais il est mort et ce n'est pas Sherlock qui l'a tué… »
Le demi-frère de Moriarty se figea quelques instants.
« Menteur ! cracha-t-il en resserrant sa prise sur Sherlock.
_ Jusqu'à maintenant, Sherlock ne savait même pas que Moriarty avait survécu à son faux suicide, répondit calmement John. Pas longtemps certes…
_ Vous l'avez tué, chuchota l'homme.
_ Moi ? Oh non. Même si je suis certainement responsable de ce qui lui est arrivé…
_ Quoi ?
_ C'est moi qui l'ai tué, déclara le colonel en s'avançant pour rejoindre leur petit groupe. »
John sourit. Un instant de surprise et la famille Moriarty compterait un psychopathe de moins.
Et on est de retour dans une fic humoristique. Enfin, mon style d'humour…
Pour le prochain et dernier chapitre – arrivée prévue… avant 2014 ? – je vous prévois des petits passages romantiques – enfin ce que moi j'appelle romantique – et la fin de l'aventure.
